Ce que le futur président de la Commission européenne a promis au Parlement

Photo The Guardian

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À l’image de ce qui se produit en Allemagne ou en Autriche, Jean-Claude Juncker a présenté un programme de « grande coalition » aux députés. Désormais élu, il a jusqu’à la fin du mois de juillet pour constituer son équipe.

Pendant une trentaine de minutes, Jean-Claude Juncker a exposé aux députés, mardi 15 juillet, les principaux axes du programme qu’il compte développer une fois à la tête de la Commission européenne.

Les idées détaillées sont le résultat de plusieurs jours de négociations avec les différentes familles politiques, aucune ne disposant de la majorité à elle seule au sein de l’hémicycle. Le groupe du Parti populaire européen (PPE), auquel appartient M. Juncker, ne détient que 221 sièges sur les 751.

Les lignes directrices proposées par le nouveau chef de l’exécutif reflètent ainsi le compromis noué avec le groupe des socialistes et démocrates européens (S&D, 191 sièges). Des concessions ont aussi été faites aux Libéraux (ALDE, 67 élus).

Pour tenter de convaincre les réfractaires, l’ancien Premier ministre luxembourgeois a pris soin d’envoyer un document explicatif d’une quinzaine de pages, traduit dans toutes les langues de l’UE, à chacun des élus.

Économie et finances

  • 300 milliards d’euros d’investissements publics-privés d’ici trois ans dans l’économie réelle. Une mesure à prendre avec des pincettes puisque le document laisse entendre qu’il s’agit avant tout de mieux utiliser l’argent existant. Une recapitalisation de la Banque européenne d’investissement (BEI) est toutefois évoquée, même si elle n’est pas chiffrée. En 2012, 10 milliards d’euros avaient déjà été injectés au capital de la BEI pour cofinancer des projets d’infrastructures.
  • En lien avec ces investissements, Jean-Claude Juncker souhaite ramener la part de l’industrie de 16 à 20% dans le PIB communautaire.
  • Il propose aussi de stimuler le marché unique du numérique en harmonisant les réglementations des télécoms, du droit d’auteur, de la gestion des ondes radio, et de la protection des données. Il estime le gain à 250 milliards d’euros sur cinq ans.

Social

  • “Révision ciblée” de la directive sur le détachement des travailleurs. Malgré la réforme de la fin de l’année 2013, les socialistes, en particulier français, ont poussé pour que le chantier soit à nouveau ouvert afin de réduire un peu plus les possibilités d’abus.
  • Extension de la garantie jeunesse de 25 à 30 ans. Cette disposition existe toutefois déjà. Chaque État est libre de la mettre en oeuvre.
  • Encourager les États à mettre en place un salaire minimum.

Énergie

  • Miser sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Lire  l’article.
  • Renforcer l’indépendance de l’UE, pour qu’elle soit “capable d’avoir accès” à d’autres ressources rapidement si les prix fixés par un partenaire deviennent trop élevés. Un message à peine voilé à l’intention de la Russie.

Institutions

  • Nommer un commissaire, qui aura le titre de vice-président, pour gérer la simplification et l’allègement de la législation européenne.
  • Réformer certaines procédures, comme celle d’autorisation des OGM, qui permet à la Commission d’autoriser une culture alors qu’une majorité d’États y est opposée.
  • Les contacts entre lobbyistes, commissaires ou représentants de la Commission européenne devront être publics. Le registre de transparence des institutions, qui existe depuis 2010, deviendra obligatoire,

Accord de libre-échange avec les États-Unis :

  • Jean-Claude Juncker s’est engagé à s’opposer à un abaissement des normes européennes. Il refuse également que les données personnelles soient incluses dans le traité. De plus, il rejettera la mise en place de juridictions qui règleraient les litiges entre entreprises et États et empiéteraient sur les systèmes nationaux.
  • Pour satisfaire aux demandes des Verts, M. Juncker a insisté sur le renforcement de la transparence. L’accès des députés aux documents sera plus grand.  L’UE n’a rien à cacher, a insisté le futur président de la Commission.

Élargissement et immigration :

  • «Aucun élargissement d’ici 2019”, a assuré M. Juncker. Même si les négociations avec les pays candidats à l’UE, en particulier les Balkans, se poursuivront. Aucune allusion directe à la Turquie.
  • Mise en place d’une politique migratoire européenne calquée sur les modèles américain ou canadien, qui permettent de faire venir des personnes pour répondre aux besoins de l’économie et “d’attirer les talents”.

Marathon jusqu’au 1er novembre

Un peu avant 13h, à l’issu d’un vote à bulletin secret, Jean-Claude Juncker a été officiellement élu à la présidence de la Commission européenne, avec 422 voix pour, 250 contre et 47 abstentions.

Parmi les partis français, l’UMP, et l’UDI-Modem ont voté en sa faveur. Le Front national et le Front de Gauche ont voté contre, et le PS s’est abstenu. Les Verts sont divisés, José Bové ayant soutenu le Luxembourgeois.

M. Juncker doit désormais constituer son équipe, le « collège des commissaires ». Lors de sa conférence de presse finale, il a pointé du doigt le manque de femmes parmi les noms proposés par les capitales.

L’objectif est d’arrêter une liste, et une répartition des portefeuilles, d’ici la fin du mois de juillet. Les 27 prétendants seront ensuite auditionnés par les députés entre le mois de septembre et le début du mois d’octobre. L’ensemble de l’équipe devra enfin être adoubé par le Parlement en séance plénière. La nouvelle équipe prendra ses fonctions le 1er novembre. Si tout va bien.

Source : Contexte 15/078/2014

Synthèse des principales propositions

Voir aussi : Rubrique UE, Juncker archives, rubrique Luxembourg, Politique Affaires, On Line : Élection de Juncker : méfiance au PS, confiance à l’Élysée,

L’Assemblée nationale a adopté la nouvelle carte à 13 régions

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Au terme d’une nuit de débat, la carte proposée par le PS mardi a été votée tôt vendredi matin.

L’Assemblée nationale a adopté tôt vendredi matin, après une nuit de débats, la nouvelle carte à 13 régions proposée par les socialistes, qui comprend notamment la fusion des régions Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine, ainsi que celle litigieuse du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie.

Cette carte, qui découle d’amendements identiques du rapporteur (PS) Carlos Da Silva et du groupe socialiste au projet de loi de réforme territoriale, prévoit également que la Champagne-Ardenne soit rattachée à l’Alsace et la Lorraine.

Cet article 1er sur la carte réduit ainsi le nombre de régions en métropole de 22 à 13 (Corse comprise), et non 14 comme le prévoyait le projet initial du gouvernement. Dans un hémicycle plutôt fourni après une nuit blanche, et en présence d’orateurs toujours aussi passionnés, ila été adopté par 52 voix, dont certaines à droite, contre 23.

Les autres fusions programmées sont: Auvergne et Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté,  Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, Haute-Normandie et Basse-Normandie. Six régions demeurent inchangées: Bretagne, Corse, Ile-de-France, Centre, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Pour le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, «il n’existe pas de carte idéale» mais «nous avons eu l’audace de faire (une carte) tout en étant ouverts à ce qu’on la modifie» – ce sur quoi s’étaient mis d’accord mardi matin les députés PS en réunion de groupe.

D’après Carlos Da Silva, proche du Premier ministre Manuel Valls, «cette carte est un point d’équilibre» et elle sera «peut-être amenée à évoluer», du fait notamment du droit d’option qui devrait être ouvert pour les départements afin de changer de région à partir de 2016.

L’Assemblée reprendra dans l’après-midi ses travaux sur ce projet de loi, dont l’examen doit s’achever dans la soirée, avant son vote solennel global en première lecture mercredi prochain.

«Déni de démocratie»

Les parlementaires doivent encore discuter de l’autre mesure phare du texte, le report des élections régionales et départementales de mars à décembre 2015.

Ils n’étaient entrés dans le vif des débats sur les articles que jeudi soir, après une douzaine d’heures de propos liminaires depuis mercredi, où chacun avait souvent évoqué sa propre région.

Mais l’examen de l’article 1er avait été longuement entrecoupé de rappels au règlement et suspensions de séance à la demande de différents groupes politiques, en raison de divergences sur la manière de débattre et voter la carte.

L’opposition avait demandé qu’il y ait bien des votes sur tous les amendements, criant au «déni de démocratie» sans cela (Laurent Wauquiez, UMP) ou aux «droits élémentaires du Parlement bafoués» (Philippe Vigier, UDI). Le centriste Maurice Leroy s’était demandé si le gouvernement ne cherchait pas à «régler les problèmes du groupe socialiste», où certains souhaiteraient modifier la carte proposée.

A l’issue de plusieurs heures de présentation des amendements, les élus sont finalement passés à leurs votes peu avant 6 heures, rejetant notamment l’un porté par 17 députés PS ou apparentés, dont 8 du département du Nord, qui visait à empêcher le rapprochement du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, qualifié d’«aberration économique et sociale», dans la lignée de l’appel lancé mardi avec la maire de Lille Martine Aubry et des hauts responsables socialistes du Nord. 

La position de ces nordistes a fait bondir la coprésidente du groupe écolo, Barbara Pompili, élue de la Somme, y voyant une «insulte» et «un manque total d’esprit de solidarité entre les territoires». François Lamy, ex-ministre de la Ville et proche de Martine Aubry, a au contraire rejeté l’idée d’un mariage qui ne serait pas «réussi».  

Ont été repoussées également des propositions du breton Marc Le Fur (UMP) et de l’élu écologiste de la Loire-Atlantique François de Rugy, prévoyant que ce dernier département se fonde dans la région Bretagne.

«On voit bien que l’Elysée a eu du mal à trancher, le gouvernement a du mal à trancher, c’est le rôle du Parlement de le faire» sur cette question d’une «unification» de la Bretagne, avait aussi lancé Jean-Patrick Gille (PS), élu d’Indre-et-Loire, partisan en parallèle de la création d’une région Val de Loire avec le Centre, option qui n’a pas été retenue non plus.

Un amendement de députés alsaciens UMP et UDI, réclamant le maintien de la région Alsace telle quelle, n’a pas eu davantage de succès.

Parmi les autres amendements retoqués, pour la plupart révisant le puzzle régional, figure celui de Jean-Christophe Fromantin (UDI) qui souhaitait construire les régions autour des métropoles.

Peu avant le terme de «la nuit la plus longue de la réforme territoriale», selon le mot de Denis Baupin (EELV), certains élus tweetaient «Libérez les députés», en comptant plus de vingt heures de travail depuis jeudi matin.

Source AFP

Voir aussi : Rubrique Actualité France,

29e Rencontres de Pétrarque. La difficile réinvention du progrès en débat

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Thomas Piketty animera la séance inaugurale ce soir au rectorat. Photo DR

Festival de Radio France. L’hypothèse joyeuse combat le discours de la déploration aux 29e Rencontres de Pétrarque qui débutent ce soir au Rectorat et se poursuivront jusqu’au 18 juillet.

Dans le cadre du festival Radio France, les 29e Rencontres de Pétrarque* débutent aujourd’hui à Montpellier. Elles se tiendront jusqu’au 18 juillet sur le thème  « De beaux Lendemains ? Ensemble, repensons le progrès ».

Lundi, Thomas Piketty ouvrira le bal des neurones au rectorat avec une attendue leçon inaugurale. L’économiste est cette année le lauréat du Prix Pétrarque de l’Essai France Culture Le Monde pour son livre Le Capital au XXIème siècle paru au Seuil. Un ouvrage  qui porte sur le retour en force des inégalités dans lequel Thomas Piketty émet l’idée que supprimer la catégorie des rentiers, peu active économiquement, mais dominant pourtant la hiérarchie, permettrait de dynamiser la croissance économique.

Ces rencontres interrogeront la notion de progrès sous l’angle du politique. La soirée du mardi 15 juillet a pour thème « La politique peut-elle se passer de l’idée de progrès » ou en d’autres termes l’idée répandue d’un peuple de gauche progressiste dans l’âme et d’un peuple de droite conservateur par nature ayant vécu, comment mobiliser l’imaginaire collectif ?

Elle réunira Cécile Duflot et la philosophe Blandine Kriegel, ex députée communiste devenue conseillère de Jacques Chirac et ex membre du Comité consultatif national d’éthique. Les lumières du physicien Etienne Klein spécialiste de la physique quantique seront peut être utiles à ce débat.

Mercredi les Rencontres se proposent de répondre à la question
« La révolution technologique nous promet-elle un monde meilleur ? »

Jeudi, il s’agira du déclin de l’occident et de la ré-émergence du progrès en provenance d’autres latitudes, l’Inde, la Chine, l’Afrique. Mais il sera vraisemblablement difficile de contourner l’ethnocentrisme vu que trois des quatre invités sont des intellectuels français reconnus.

Retour à la finance vendredi 18 avec un débat sur le thème : « Peut-on remettre l’économie au service du progrès ? » où l’on guettera l’intervention de l’économiste Gérard Dumenil, auteur de La Grande bifurcation (La Découverte) dans lequel il défend l’idée d’une structure de classes tripolaire comprenant capitalistes, cadres et classes populaires, et conçoit la réouverture des voies du progrès dans de nouvelles coalitions.

Jean-Marie Dinh

* Du 14 au 18 juillet de 17h30 à 19h30 Rectorat, rue de l’université à Montpellier.

 

 

Entretien avec Sandrine Treiner, directrice adjointe de France Culture en charge de l’éditorial.

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Sandrine Treiner. Photo France Culture

« De beaux Lendemains ? » « Ensemble, repensons le progrès ». Comment décrypter cette thématique à tiroir ?

Depuis plusieurs années nous nous étions positionnés sur des thématiques un peu pessimistes comme La crise démocratique ou Guerre et Paix l’année dernière, quand nous avions été rattrapés par l’actu. En préparant cette édition, nous nous sommes dit que nous nous laissions un peu porter par l’état d’esprit de la France et qu’il serait temps de proposer à nos invités de faire l’effort d’envisager l’avenir de manière positive et dynamique.

La notion de progrès porte interrogation. Elle nous renvoie une dimension idéologique qui est aujourd’hui totalement bouleversée…

Le terme progrès est en effet porteur d’une idéologie qui semble en panne. Sur ce point la question se pose à droite comme à gauche. Nous allons tenter de travailler ce que veut dire l’idée de progrès aujourd’hui en déclinant notre sujet à partir de grands thèmes qui remettent en cause l’idée de l’avenir comme la révolution technologique, le déclin de l’occident, l’orientation des politiques économiques…

Comment se porte France Culture ?

Très bien, je pense que les gens sont de plus en plus demandeurs de sens et que nous répondons à notre mission qui est à la fois de réinventer et d’éclairer le monde sur une base d’ouverture et de connaissances. En quatre ans notre audience a évolué de 22% passant de 1,6 à 2,1%. Nous avons passé la barre d’un million d’auditeurs/jour. En conservant notre public d’aficionados et en élargissant notre audience à des personnes qui ne pensaient pas que France Culture pouvait s’adresser à elles.

Quelle seront les innovations de la grille de rentrée ?

La grille sera assez stable dans l’ensemble. Il n’y aura pas de grand changement dans les fondamentaux, parce que ça marche bien et que nous avons déjà opéré beaucoup  de modifications depuis quatre ans. Denis Podalydès, sera une nouvelle voix quotidienne pour la littérature.

Quels ont été les grands axes du changement depuis l’arrivée d’Olivier Poivre d’Arvor ?

Le changement le plus important n’est pas forcément visible. Il a consisté à rendre la grille lisible. Nous avions beaucoup d’émissions thématiques éparpillées. Nous avons reclassé un peu comme on reclasse sa bibliothèque. Nous avons aussi rajeuni et féminisé l’équipe. Enfin on a réchauffé l’actu en proposant beaucoup plus de directs.

Craignez-vous des réductions budgétaires ?

Nous en avons déjà connu l’an dernier et sommes parvenus à faire des économies en évitant d’impacter les productions. Pour cette année notre budget ne sera pas en augmentation mais rien ne dit qu’il sera une nouvelle fois revu à la baisse.

Recueilli par JMDH

 Voir aussi :  Rubrique Festival, Festival de Radio France, rubrique Médias, rubrique Politique Politique culturelle, rubrique Rencontre, Jérome Clément, rubrique Livre, Essai, Thomas Piketty : Un capital moderne,

Gay Pride Montpellier. Fête et réaffirmation d’un combat politique

gay saurelLa Lesbian & Gay Pride Montpellier L-R fête ses vingt ans. La parade festive des diversités s’accompagne cette année d’une appropriation historique de la lutte pour l’égalité.

Un drapeau arc-en-ciel des costumes exubérants des musiques multiples et entraînantes, des milliers de personnes qui défilent dans les rues de Montpellier, une fête, un carnaval, c’est la Gay Pride. Cette année La Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon fêtait ses 20 ans. Le cortège qui a démarré hier en fin d’après-midi de l’esplanade du Peyrou a célébré avant l’heure son feu d’artifice culturel en partageant cet esprit de fête avec tous les Montpelliérains et les nombreux visiteurs ayant profité du décalage de la date de la manifestation pour se joindre aux réjouissances.

Gestion du succès

LGBT (Lesbien, gay, bi et trans) Montpellier qui lutte depuis sa création contre toutes les formes de discriminations a désormais pignon sur rue. Elle a aussi conscience que son combat et plus que jamais d’actualité. La retentissante célébration du premier mariage homosexuel à Montpellier donne à l’organisation une exposition importante qui l’intronise dans la sphère politique. Elle doit aujourd’hui trouver un juste positionnement entre son potentiel économique, ? le mouvement est considéré comme une filière à développer et un pôle d’attractivité pour la ville – et son engagement revendicatif.

Ainsi le décalage de la date de la Gay Pride pour permettre un plus large accès aux touristes de passage a été contesté par une partie de la communauté mais ce vingtième anniversaire a aussi été l’occasion de réaffirmer les luttes qui restent à mener, y compris en France, en recadrant le mouvement dans son histoire.

UNE dimanche MPT Gay prideVendredi à l’initiative de la LGBT Montpellier L-R, des personnalités symboliques du mouvement national et internationales étaient conviées, au Centre Rabelais, pour  évoquer l’histoire des luttes et rappeler l’importance d’affirmer sa différence pour l’avenir du monde. Une façon d’ouvrir les yeux à une partie de la nouvelle génération et de réduire les tentations consuméristes alimentées par l’image modèle que se donne Montpellier.

Retour historique

36 ans après l’assassinat de son oncle, Stuart Milk, le président de la Fondation Harvez Milk a rappelé l’histoire de son combat. Harvez Milk a été le premier conseiller municipal ouvertement gay de la ville de San Francisco. Il est mort assassiné avec le maire de San Francisco, George Moscone, le 27 novembre 1978. Leur meurtrier, Dan White, a été condamné à sept ans de prison, pour homicide involontaire et finalement libéré après cinq ans de réclusion. Le verdict, considéré comme trop clément par la communauté gay et au-delà, a provoqué des émeutes réprimées par la police de San Francisco connues sous le nom de White night riots.

« Mon oncle disait qu’il fallait être visible et ne pas se cacher. Il avait reçu des menaces de mort, il a continué conscient que les balles qu’il allait prendre dans la tête allaient aussi exploser les murs dans lesquels on s’enferme » a souligné Stuart Milk devant une assemblée soucieuse de se réapproprier son histoire.

Pour la côte Est, Alan Reiff du bureau exécutif de Queens Pride New-York est revenu sur le violent acte de naissance de la Gai Pride en relatant les émeutes de Stonewall (voir ci dessous). Hans De Meyer président de l’European Pride Organisers Association a souligné les persécutions dont sont victimes aujourd’hui les homosexuels dans le monde et en Europe. Appelant à intensifier les échanges pour renforcer la lutte.

Jean-Marie Dinh

Repère : A l’origine de la Gay Pride

sucetteLa Gay Pride est née en 1969 au lendemain d’une descente de police dans un bar de New york, le Stonewall. A cette époque il était fréquent d’être arrêté parce qu’on était noir ou homosexuel. Ce jour là pourtant, la population de Greenwich village prend la défense des clients du bar à qui l’on reproche d’être différents. Une foule se forme et bientôt se transforme en une émeute qui durera trois nuits. A l’aube du 30 juin 1969, le mouvement de libération gay et lesbien moderne est né. L’année suivante, des milliers de Ney-Yorkais défilent dans les rues pour afficher leur aversion avec les discriminations. Plus de quarante ans plus tard la Gay Pride de New-york rassemble plus d’un million de personnes. Un succès mais aussi une façon de rappeler que le combat contre l’homophobie semble devoir être un éternel recommencement.

Source : L’Hérault du Jour : 13/07/2014

Voir aussi : Rubrique Actualité Locale,  rubrique SociétéFestival contre les discriminations de Vauvert, rubrique Politique, Politique locale, Société civile,

Montpellier Danse : 34e édition, sous les cygnes la politique

montpellier-danse-2014Montpellier Danse. Le festival se clôture. Le bilan artistique a rempli ses objectifs même si l’avenir s’annonce avec quelques incertitudes.

La 34e édition du festival Montpellier Danse se conclut aujourd’hui. L’événement de la danse contemporaine en Europe a été marqué par le mouvement de mobilisation contre l’accord Unedic ratifié par le gouvernement durant le festival. Cela, même si l’impact a surtout été symbolique – du point de vue budgétaire, le manque à gagner sur la billetterie est estimé par la direction à 40 000 euros soit 1,2% du budget global – mais dans l’en- vironnement de la danse contemporaine, le symbolique compte. Au-delà de la façon dont s’est exprimé le conflit, (voir ci-dessous) il a rouvert une fenêtre de réflexion pour les artistes et les publics qui avaient tendance à déserter la sphère politique.

Toujours artistiquement exigeante, la programmation, qualifiée par le président Michel Miaille de « bien équilibrée et tempérée » a globalement répondu aux attentes diverses d’un large public. Les performances d’Israel Galvan et de Marlene Monteiro Freitas reste- ront dans les mémoires, aux côtés de la création Empty moves (parts I, II, &III ) d’Angelin Preljocaj qui a payé un lourd tribu au mouvement social avec un spectacle donné sur cinq prévus.

La création Atomos du britannique Wayne McGregor et le spectacle Enfant de Boris Charmatz sont parvenus à défendre au Corum un vrai langage sans céder aux sirènes du spectaculaire. Ce n’est pas le cas de Sidi Larbi Cherkaoui & Yabin Wang avec Genesis dont la programmation à Montpellier Danse peut interroger sur la notion de « programmation tempérée » car jusqu’ici, avec plus ou moins d’inspiration, Montpellier Danse a toujours privilégié la création et la volonté d’éveiller une conscience culturelle en s’ouvrant au monde et aux nouvelles formes.

Il faut certes savoir tirer parti de la connaissance du public sans oublier pour autant que la danse contemporaine requiert du public une position active et engagée. A l’heure où la succession de Jean- Paul Montanari est évoquée, sans que celui-ci ne semble s’en inquiéter, ( » Je suis en CDI, je continue. ») tenir un positionnement exigeant relatif au mode de perception du public, reste un enjeu de taille pour l’avenir du festival. D’autant qu’en ces temps de crise, la tendance sécuritaire ou opportuniste pousse certains artistes à répondre aux attentes de consommation culturelle.

L’équipe de Montpellier Danse se prépare pour la 35 e édition du festival en dépit de l’absence de Philippe Saurel et du vice président délégué à la culture de l’Agglo Bernard Travier qui étaient attendus pour le bilan et ont décommandé, un signe ?

JMDH

 

Le festival dans la tourmente

10432959_1472392903001595_1522817321310144576_nMouvement social. La lutte politique secoue l’ensemble du monde culturel.

Aprés l’annulation du Printemps des Comédiens en 2003, la direction de Montpellier Danse avait suivi la volonté des artistes en annulant à son tour le festival. Cette année après avoir pris l’avis des artistes invités Jean-Paul Montanari s’est prononcé pour jouer. Fortement perturbé à ses débuts, cette position de ne pas annuler le festival tenait aussi à une logique financière.

Le collectif unitaire des intermittents et précaires déplore la manière dont la direction du festival a géré la crise, notamment « un black out sur la communication ». De son côté la direction dénonce « des actions violentes ». Au final le Festival s’en sort assez bien avec 38 spectacles joués sur 48 programmés soit dix spectacles annulés dont un pour raison météorologique. Le bras de fer a débuté par des blocages puis a évolué.

Le collectif a déployé des trésors d’inventivité pour s’adapter au jour le jour à la situation en trouvant sa cohérence. Il a convaincu une partie des techniciens à faire grève, et su faire passer son message au public du festival. Percevant l’enjeu intermédiaire que re- présentait Montpellier Danse, par rapport à l’annulation du Festival d’Avignon, le ministère s’est mobilisé pour soutenir les décisions de la direction.

Cette période cruelle pourrait souligner un écart plus grand entre artistes reconnus et techniciens que dans le monde du théâtre. Mais rien de sûr car de talentueux chorégraphes comme ceux programmés dans le cadre d’Uzes Danse ou de Mouvement sur la ville, se sont engagés pour une gréve totale. Reste le pouvoir du public. Acteurs ?

JMDH

Source : L’Hérault du Jour 09/07/2014

Voir aussi : Rubrique Danse, rubrique Festival, Montpellier Danse 2014, rubrique Montpellier