Nuit de la lecture dix commandements

6970680322_84c6b496ae_z
A déguster : les dix commandements du plaisir de lire et quelques rendez-vous pour une heureuse  Nuit de la lecture le 20 janvier

L’écrivain Daniel Pennac sera, cette année, le parrain de la Nuit de la lecture qui se déroulera partout en France, dans les bibliothèques et les librairies, le 20 janvier prochain. Dans Comme un roman, son essai sur la lecture, le lauréat du Prix Renaudot a théorisé les dix « Droits imprescriptibles du lecteur » sur lesquels s’appuie, selon lui, le bonheur de lire et qui pourraient sans nul doute servir de manifeste à tous les participants de la Nuit de la lecture.

Ce qu’on retient des préceptes de Pennac

1. Le droit de ne pas lire. Participe au plaisir après l’abstinence.

2. Le droit de sauter des pages. Chacun à son rythme ô lumière rythmées de la lecture.

3. Le droit de ne pas finir un livre. Cela s’inscrit comme une évidence, notamment pour les professionnels.

4. Le droit de relire. Permet de découvrir en fonction de l’humeur des chemins insoupçonnés à première vue.

5. Le droit de lire n’importe quoi. Bien sûr, n’y a -t-il pas beaucoup de n’importe quoi  dans votre existence ?

6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).Auquel on pourrait ajouter la prouesse du suicide par la lecture.

7. Le droit de lire n’importe où. Parfaitement, Joyce lui même y fait allusion avec Léopold dans le quatrième chapitre d’Ulysse, et l’on vous le confirme de l’endroit où l’on vous parle en ce moment…

8. Le droit de grappiller. Concevoir la lecture comme une gourmandise et par conséquent  modifier le rituel sacré apparaît comme une transgression de la divine loi. Pourquoi pas si on peut amener quelques bons bouquins en enfer.

9. Le droit de lire à haute voix. Cela va de soi, d’autant plus dans un monde de sourd qui est le notre. Je veux bien vous le redire quand vous aurez ôté votre casque…

10. Le droit de nous taire. …

Lieux de lectures insolites

Samedi 20 janvier de 19h à minuit, dans l’Hérault la manifestation donnera l’occasion de découvrir ou redécouvrir la richesse des bibliothèques, médiathèques et librairies autour d’animations festives, familiales et ludiques : balades contées sous la lune, présentation d’œuvres musicales et d’applis vidéos littéraires. A Montpellier, La Médiathèque Emile Zola propose une visite décalée à  15h30 et à 16H30 avec la compagnie BAO l’occasion d’une petite balade pour découvrir avec humour les espaces étonnants et les services les plus fous de ce magnifique bâtiment. Au même endroit à 16H30 aura lieu l’inauguration de l’exposition “ Histoires de livres “ et rencontre avec Sylvie Goussopoulos, Michel Descossy et Jean-Claude Carrière (sous réserve). Hall, rez-de-chaussée. A Lunel Le Musée Médard a préparé un riche programme en compagnie de différend acteurs du livre sur la ville . De 17h 30 à 18h30, la librairie AB accueille les Amis du  musée pour une lecture de nouvelles. A 20h retour au musée pour le concert Le Carnaval des Oiseaux.

Les belles idées ne manquent pas. Un seul regret, pourquoi éteindre la lumière si tôt ?

JMDH

Source : La Marseillaise 19/01/2018

Voir aussi : Actualité France, Actualité locale, Lecture, Littérature, Montpellier,

Roman. Elsa Osorio Double fond

editions-metailie.com-double-fond-hd-300x460
Qui est Juana ? Une militante révolutionnaire qui a trahi ? Une mère qui échange sa vie contre celle de son enfant ? Ou la prisonnière d’un cauchemar qui tente de survivre ?

Marie Le Boullec, médecin urgentiste sans histoire, est retrouvée noyée dans l’Atlantique, . La jeune journaliste Muriel Le Bris, vive et têtue, ne croit pas à la thèse du suicide et se lance dans une enquête. Elle découvre en même temps les heures sombres de l’Argentine à la fin des années 70.

Elle trouve aussi des mails dans lesquels une mère écrit à son fils pour lui raconter pourquoi il a dû grandir sans elle. Jeune militante révolutionnaire prise dans les rets de la dictature, elle échange sa liberté contre la vie de son enfant. Elle finit par collaborer avec le pouvoir puis au Centre pilote de Paris. Traître aux yeux de tous, avec la survie pour seul objectif, elle va disparaître.

editions-metailie.com-elsa-osorio-sophie-bassouls-2-300x460Elsa Osorio  s’implique une nouvelle fois dans la reconnaissance de l’épuration des opposants argentins. Le personnage de Juana se construit au fil des pages haletantes du roman. On remonte ainsi le parcours d’une femme qui respire en étant morte deux fois.  Sa première disparition est survenue lorsqu’un tortionnaire lui laissé la vie sauve.

L’auteur évoque à voix basse, comme si la mer que nous longeons pouvait nous entendre, cette énergie d’outretombe , avec grâce, sans rien outrer.  Fort naturellement, elle parvient à produire chez le lecteur un sentiment d’empathie. Qu’arrive -t-il quand tout disparaît , que les péripéties s’enchaînent, qu’il faut jouer avec les identités clandestines,  que personne ne peut comprendre ce qui vous est arrivé, que pèse alors les ambitions politiques ?

Dans un intense suspense psychologique, l’auteur de Luz ou le temps sauvage  nous donne rendez-vous avec l’humanité en fuite. Entre Saint-Nazaire, Paris, Marseille et Buenos Airs le voyage traverse une sombre histoire, où  l’on entend le mot amour. Comme c’est imprudent d’affirmer quelque chose dont on ne sait rien, nous rappelle Elsa Osorio à propos d’une femme disparue durant la dictature.

JMDH


Double fond éd Matailié en librairie le 18 janvier 21 euros

Source : La Marseillaise 19/01/2018

Voir aussi : Rubrique  LivresLittératuresLittérature latino-américaine,  Amérique Latine , Argentine,

L’art est un alien, à nous de l’apprivoiser

Zone absolue

Zone absolue. Jacques Charlier,

Expo Montpellier
Fin du troisième cycle d’expositions à La Panacée.

En attendant le MoCo, le nouveau Centre d’art contemporain qui verra le jour en 2019, la Panacée vient de clôturer à Montpellier son troisième cycle d’exposition. L’espace dédié à l’art contemporain  dirigé par l’historien de l’art Nicolas Bourriaud – dont le travail est cité dans l’excellent film de Ruben Östlund The Square, Palme d’Or du festival de Cannes 2017 -  se pense localement dans l’éclectisme global.

Evidemment, la proposition n’a pas fait l’unanimité – l’inverse aurait été inquiétant – son  cadre suit la feuille de route qui vise à opérer de multiples connexions avec le monde de l’art contemporain.  Fidèle à sa devise « tout oeuvre d’art est un alien » l’artiste français Saâdane Afif, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2009 et du Prix Meurice pour l’art contemporain en 2015, s’est efforcé de brouiller les pistes dans une exposition monographique dédiée à ses trois projets récents?: Héritages, Là-Bas. et Ubu roi disséminé.

Donner la réplique  reprend et découpe le texte d’Alfred Jarry. Que faire d’autre que brûler un cierge quand on se retrouve devant un flayers géants qui vous dit «Merdre !» En bon héritier de Duchamps, Afif sait pertinemment que le seul geste délibéré d’exposer un vulgaire objet du quotidien dans un musée peut en faire une œuvre d’art…

Le défi est contenu dans le titre Ici./Là-bas qui a donné lieu à quelques escapades hors les murs comme le concert de Pierre Peres et Anas Maghrabi au Black Sheep où les deux musiciens ont composé sur les textes hermétiques confiés à d’autre artistes autour d’Ubu roi. Vous suivez toujours ? Pour résumer, la pleine compréhension du Ici, de la Panacée, ne pouvait s’appréhender que dans le Là-bas. Selon les mots de l’artiste : « Ici./Là-bas. est une sorte de retournement, qui questionne avant tout la notion de ce que veut dire être ici, à travers son antithèse.»

Dans un tout autre registre et une autre époque, où les gens discutaient entre-eux sur les oeuvres et les émotions qu’elles produisent, la rétrospective consacrée à l’artiste belge Jacques Charlier, l’un des pionniers de l’art conceptuel européen nous plonge dans un monde entre humanisme et cynisme. Le travail artistique et ses doutes sont brillamment mis en scène par Charlier à travers une approche pluridisciplinaire. On peut trouver des ponts entre les  deux artistes. Les préoccupations qu’évoque Charlier à propos de l’art rejoignent celle d’Afif, l’autosuffisance en moins.

JMDH

Source La Marseillaise 16/01/2018

Tunis commémore la révolution dans un contexte tendu

Manifestation contre le gouvernement dimanche 14 janvier devant les quartiers généraux de la puissante centrale syndicale UGTT à Tunis. / Anis Mili/AFP

Manifestation contre le gouvernement dimanche 14 janvier devant les quartiers généraux de la puissante centrale syndicale UGTT à Tunis. / Anis Mili/AFP

En Tunisie, les célébrations officielles de la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011, ont été marquées par la persistance de la frustration, au terme d’une semaine de troubles.

Sur l’avenue Habib-Bourguiba, l’artère principale de la capitale, un cortège de quelques centaines de personnes réunies à l’appel de partis et d’organisations d’extrême gauche, dont le Front populaire, défilait en scandant « Le peuple veut la chute de la loi de finances?! », slogan inspiré du leitmotiv de la révolution « Le peuple veut la chute du régime?! ».

La commémoration désormais rituelle de la folle journée du 14 janvier 2011, achevée par la fuite du président Ben Ali en Arabie saoudite, a été marquée par un climat de grogne sociale.

Une série de mesures sociales en préparation

Les mesures fiscales prévues au budget 2018 ont suscité des troubles sociaux depuis le 3 janvier. Alors que la tension a diminué depuis jeudi 11 janvier (en dépit de quelques heurts dans la soirée de samedi), une série de mesures ont été annoncées pour répondre à la frustration sociale.

Les organisations politiques et syndicales signataires du « document de Carthage », adopté le 13 juillet 2016 et censé servir de feuille de route au gouvernement d’union nationale, ont décidé samedi 13 janvier d’une augmentation du montant de l’allocation destinée à 120?000 familles. Il en coûtera 70 millions de dinars « arrachés à la chair de l’État », selon le président de la République Béji Caïd Essebsi, en visite dimanche matin dans une banlieue populaire de Tunis.

Le gouvernement a évoqué ensuite, par la voix du ministre des affaires sociales Mohamed Trabelsi, un projet de loi en cours de préparation prévoyant une série de mesures?: couverture maladie universelle pour les chômeurs, minima sociaux pour les retraités, augmentation du salaire minimum, caution de l’État pour l’accès au logement des plus démunis.

La grogne des militants syndicaux

Pendant son discours prononcé du haut de son balcon, place Mohamed-Ali, lieu mythique d’où partaient les manifestations à Tunis pendant la révolution de 2011, le secrétaire général de la puissante centrale syndicale UGTT, Noureddine Taboubi, a dû affronter la grogne des militants syndicaux.

Ceux-ci sont loin d’être convaincus par les mesures annoncées la veille, comme par ses appels à la rectification de la loi de finances. Ils l’ont plusieurs fois interrompu au cri de « Il faut sortir de Carthage?! » et se sont montrés très remontés contre son soutien au gouvernement.

Membre du conseil central du Front populaire et ancien directeur des études fiscales au ministère des finances, Lotfi Ben Aissa estime que « le gouvernement ne va pas chercher l’argent là où il se trouve?: dans l’évasion fiscale, dans l’économie parallèle qui représente plus de la moitié du PIB et dans certains secteurs sous-imposés où se constituent des fortunes ».

À quelques dizaines de mètres de là, devant le ministère de l’intérieur, dans une portion de l’avenue désormais interdite au public, là où, sept ans plus tôt, des milliers de personnes scandaient « Ben Ali dégage?! », une petite troupe de majorettes se trémoussait aux sons d’airs du folklore américain.

Thierry Brésillon

Source La Croix 14/01/2018

 

Tensions

Tunisie : des inégalités régionales explosives

tunisie_3_hs113

 C’est dans les régions du Centre-Ouest, dans les gouvernorats de Sidi Bouzid et de Kasserine, que s’est levée fin 2010 la révolution arabe qui, en Tunisie, a abouti à la chute de Ben Ali. C’est aussi de ces régions qu’est partie une vague de protestations anti-gouvernementales contre la misère et le chômage qui a submergé le pays en janvier 2016. Et il faut se souvenir que les tribus de la région de Kasserine étaient déjà à la pointe de la lutte contre le colonisateur français, qu’elles se sont opposées après l’indépendance au pouvoir de Bourguiba, et que les terroristes des attentats du Bardo et de Sousse en 2015 en sont originaires.

Une jeunesse désespérée

Concernant les régions de l’Ouest et du Sud, les autorités tunisiennes et les observateurs internationaux sont surtout préoccupés de terrorisme. Mais les populations locales, les jeunes en particulier, sont surtout désespérées par les conditions de vie, la rareté de l’emploi et l’avenir qu’on leur réserve. Ces régions, de loin les plus défavorisées du pays, battent des records de taux de pauvreté et de chômage.

Alors que le taux de jeunes diplômés du supérieur sans travail atteint déjà les 31 % en moyenne dans le pays, il grimpe à 58 % dans le gouvernorat de Tataouine, au Sud. Le Centre-Ouest, quant à lui, est le plus mal doté en matière de santé publique.

A l’inverse, 92 % des entreprises industrielles sont à moins d’une heure de route des trois plus grandes villes (Tunis, Sousse, Sfax). Ces trois régions fournissent 85 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Et 94 % des formations au bac sont situées sur le littoral, dont 47 % à Tunis.

Le sentiment d’être abandonnées par le pouvoir central soude les populations des régions de l’intérieur. Et les élites locales sont souvent, elles aussi, discréditées, car accusées de corruption et de faire profiter leur clientèle de fonds publics théoriquement destinés au développement régional. Si bien que l’inscription dans la Constitution votée en 2014 du rééquilibrage régional par l’attribution de nouvelles compétences économiques aux collectivités locales n’inspire guère confiance.

Les premières élections municipales depuis le renversement de Ben Ali, qui devaient se dérouler en décembre 2017, ont été reportées, pour cause d’impréparation, au 28 mars 2018. Voilà qui risque d’approfondir encore la défiance des populations envers la classe politique, en particulier dans les régions défavorisées.

Gérard Vindt

Source Alternative Economique 12/01/2018

 

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Méditerranée, Tunisie, Les Tunisiennes déchaînées contre le «No woman no fly» des Emirats, Point sur le processus de justice transitionnelle en Tunisie, Les espoirs du peuple tunisien toujours d’actualité, Rubrique Politique, société civile, rubrique Société, Mouvements sociaux, rubrique Rencontre, Nadia El Fani, Christophe Cotteret,

Maroc: la campagne anti-corruption bute sur «une pandémie» devenue incontrôlable

«Plus question de prétendre à un droit si l'on ne met pas la main à la poche», dénonce un internaute marocain.

«Plus question de prétendre à un droit si l’on ne met pas la main à la poche», dénonce un internaute marocain.

Au Maroc, la corruption monte en flèche. C’est un véritable fléau qui n’épargne aucune couche sociale à travers le royaume. La situation est grave, constate Transparency Maroc. L’ONG appelle les autorités de Rabat à accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale adoptée en 2015 pour endiguer ce phénomène.
Le rapport que vient de publier Transparency Maroc est très alarmant. L’ONG dénonce une corruption devenue «endémique et systémique» à travers tout le royaume. Et ce malgré les initiatives menées par les autorités.

Aucune amélioration significative n’est perceptible depuis plusieurs années. La situation s’est même dégradée depuis 2010, lorsque des Marocains exprimaient la honte qu’ils éprouvent face à ce fléau.

«Au Maroc, la corruption n’est plus une maladie, elle est devenue carrément une pandémie. Plus question de prétendre à un droit, quelle qu’en soit l’évidence, si l’on ne met pas la main à la poche», écrivait Seddouki Foued sur son blog.

Sept ans après, la corruption est plus que jamais présente dans les institutions publiques et privées. Elle se pratique couramment dans certains secteurs comme la police, l’administration et la douane.

Pour combattre cette gangrène, les autorités ont mis à la disposition des citoyens un site internet et un numéro vert pour dénoncer les actes de corruption de façon anonyme. Mais les Marocains ne s’impliquent pas résolument dans ce combat, regrette Transparency Maroc.

«Curieusement, le nombre de réclamations est en baisse, en dépit des campagnes de sensibilisation. La campagne contre la corruption ne peut être efficiente que si elle est accompagnée d’un mouvement de dénonciation de la part des Marocains», observe l’ONG.

«La corruption se banalise et s’assume»
Dans une tribune publiée sur le site Economia, le professeur Kamal El Mesbahi, ancien membre de l’instance centrale de prévention de la corruption explique qu’au Maroc, la tolérance sociale vis-à-vis de la corruption est très forte en raison d’un sentiment diffus d’impunité et une inégalité des citoyens devant la loi.

«La corruption se banalise et s’assume comme comportement normal. Plus la perception du risque encouru est faible, que ce soit en termes de détection ou de sanction, plus la dissuasion perd de ses attributs, et plus elle est admise», peut-on lire dans sa tribune, publiée dans la revue Pouvoirs, N°145, 2013.

Des pots de vin pour l’attribution d’un marché public
Si le mouvement de dénonciation reste plutôt timide dans le pays, quelques affaires de corruption très médiatisées ont marqué les esprits. Le 7 janvier 2018, la presse marocaine a annoncé la condamnation à des peines de prison ferme de treize gendarmes poursuivis pour corruption. Parmi eux, un colonel et son adjoint ont écopé d’une peine de quatre ans.

En décembre 2017, un ancien patron de l’Agence nationale de l’assurance maladie a écopé d’une peine de dix mois de prison ferme après avoir réclamé des pots de vins pour l’attribution d’un marché public.

Sur le banc des accusés se trouvait aussi un ancien journaliste de la télévision publique, reconverti en dirigeant d’agence de communication. Il a écopé de deux ans de prison, dont six mois ferme, dans la même affaire, rapporte l’AFP.

Selon les chiffres fournis par le ministère marocain de la Justice, 31 personnes ont été condamnées après avoir été dénoncées sur le numéro vert anti-corruption entre le 25 juin 2015 et fin septembre 2017.

Des résultats insignifiants au vu de l’ampleur du phénomène, souligne le rapport de Transparency Maroc. L’ONG appelle le gouvernement à déployer davantage d’efforts pour mettre en œuvre sa stratégie de lutte contre la corruption adoptée en 2015.

Les ravages de la corruption sexuelle
La corruption sexuelle, c’est le fait pour une personne, fonctionnaire ou employé du privé, d’exiger des faveurs sexuelles en contrepartie d’une prestation qui fait partie de ses fonctions. Un fléau totalement ignoré par le législateur marocain. Les nombreuses femmes qui en sont victimes souffrent en silence. Le plus souvent, elles n’osent pas porter plainte, rappelle Michèle Zirari, juriste et Secrétaire général adjointe de Transparency Maroc.

«Dans le cadre du Code pénal marocain, les femmes victimes de corruption sexuelle peuvent être considérées comme étant complices, et par conséquent, sanctionnées pour relations sexuelles en dehors du mariage. Le vide juridique est flagrant», déplore-t-elle.

Elle plaide donc l’impérieuse nécessité d’intégrer le combat contre la corruption sexuelle dans les actions de lutte engagées par les autorités marocaines.

Dans le classement de l’indice de perception de la corruption établi par Transparency International, le Maroc occupe le 90e rang sur 176, avec le score de 37 points sur 100.

 Martin Mateso

Source Géopolis 11/01/2018

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Méditerranée, Maroc, Même sans Zefzafi, le « Hirak » du Rif se poursuit, Hirak: Grande manifestation à Al Hoceima, sit-in dispersés à Casablanca et Rabat rubrique Politique, société civile, rubrique Société, Mouvements sociaux,