Premier déplacement en région pour Françoise Nyssen

Philippe Saurel et Françoise Nyssen photo JMDI

Philippe Saurel et Françoise Nyssen photo JMDI

Visite
La nouvelle ministre de la Culture était vendredi à Montpellier où elle s’est dit à l’écoute des territoires.

« C’est pour nous l’occasion de lier un peu plus notre travail avec les services de l’Etat et le ministère de la Culture car seuls, nous existons mais à plusieurs, nous sommes plus forts ». Philippe Saurel, maire de Montpellier, exclu du PS en 2014, aujourd’hui soutien d’Emmanuel Macron, affichait vendredi un large sourire au côté de la ministre de la Culture qui a choisi sa ville pour sa première visite décentralisée.

Après une matinée de rencontre à la DRAC, la ministre qui a «pu (se) rendre compte du travail qui avait été accompli. Non seulement dans son contenu mais aussi pour reconfigurer une grande région, ce qui n’a pas été une mince affaire » a déjeuné avec Philippe Saurel au Centre contemporain la Panacée.

Avant de rejoindre le Printemps des Comédiens, elle s’est rendue à la librairie Sauramps pour porter un soutien symbolique aux salariés victimes d’un redressement judiciaire.

« Ce dossier me touche. Il concerne la notion même de vie culturelle. Il y a le CNL, les organisations professionnelles, les dispositifs locaux qui pourront se mettre en place, mais il faut d’abord un entrepreneur et c’est aussi là où l’on peut mesurer l’importance des entrepreneurs de la culture. Une ville comme Montpellier sans une librairie de cette importance, ce n’est même pas envisageable.»

A la tête de la Maison d’édition Actes Sud à Arles (13), Françoise Nyssen s’est illustrée comme une entrepreneuse avec le Méjean associant  lieu d’exposition librairie, restaurant, hammam et cinéma. « J’ai créé un écosystème, mais au risque de vous décevoir nous ne luttions pas pour la décentralisation. Nous faisions les choses  là où nous nous trouvions. Et nous avons décentralisé notre bureau à Paris » confie la ministre, plus à l’aise sur ce terrain que sur la question de la concentration dans le secteur de la presse.

JMDH

Source : La Marseillaise 03/06/2017

Voir aussi ;   Rubrique Politique culturellePhilippe Saurel « Il faut batîr Montpellier destination culture », rubrique Festival rubrique Art, rubrique Exposition, rubrique Livres, rubrique Rencontre, Nicolas Bourriaud « disposer d’institutions qui ressemblent à leur territoire » rubrique Montpellier,

Montpellier : « Une chambre en Inde » d’Ariane Mnouchkine ouvre le Printemps des Comédiens

Photo Marie Clauzade

Photo Marie Clauzade

Donné à la Cartoucherie, ce spectacle d’Ariane Mnouchkine n’est pas une création, mais à Montpellier, ce fil d’Ariane ouvre le Printemps des Comédiens comme système d’aide à la navigation dans une 31e édition où le théâtre interroge le monde par différents endroits.

Pour Une chambre en Inde, Mouchkine a emmené toute sa troupe du Soleil au Sud de l’Inde, à la découverte d’une tradition théâtrale tamoule populaire. Ce n’est pas pour autant une pièce sur l’Inde, plutôt une tentative d’éclairer les impasses du monde, et la façon dont elles sont vécues en France à la lumière indienne.

Cette lumière nous déshabille des jugements préfabriqués qui polluent notre regard en le rendant trouble et incertain. Cette lumière repose sur la confiance et le courage. Elle induit de l’optimisme sans emprunter les chemins de fuite du sécuritaire ou du prêt à consommer. Une chambre en Inde est une transposition loufoque de l’angoisse. On lutte contre le drame en érigeant une névrose… La névrose du bonheur, celle d’être là ensemble, prêt à mourir et à rire.

Jean-Marie Dinh

 Les 2,3,4,7,8,9 et 10 juin . Informations et réservations : www.printempsdescomédiens.com

Source : La Marseillaise

02/06/2017

Voir aussi : Rubrique Théâtre, rubrique Montpellier rubrique Festival,

Lodève. L’été culturel s’annonce avec Résurgence

Bug n’ Buzz de la Cie Concordance.  Photo dr

Bug n’ Buzz de la Cie Concordance. Photo dr

Festival Lodève
Désir d’évasion, d’arrière pays… Résurgence, le festival des arts vivants, dévoile sa troisième édition qui se tiendra du 20 au 23 juillet.

Lodève, ce n’est pas le bout du monde, mais ce pourrait bien être cet été le plus court chemin vers nos rêves de fraîcheur et de verdure. La petite commune de moins de 10 000 habitants bénéficie d’une politique culturelle très attractive et poursuit sur cette voie avec raison. Les travaux du Musée municipal touchent à leur fin, prochainement le nouveau musée proposera des services étendus aux visiteurs. En attendant la programmation se poursuit hors les murs. On pourra y découvrir du 8 juillet au 5 novembre les chefs d’oeuvres de l’estampe de la Fondation suisse William Cuendet. Une médiathèque devrait aussi voir le jour d’ici 2019 et il serait question d’une salle de diffusion pour le spectacle vivant…

Arts bien vivants
Le spectacle vivant qui prend pied dans la communauté de communes du Lodévois Larzac. Pour la troisième année, le festival Résurgence va surgir cet été dans les rues de Lodève avec 30 compagnies programmées et 60 représentations données en quatre jours. Il n’ambitionne pas les paillettes mais développe des arguments de poids en termes de diversité des formes, cirque, conte, théâtre, ciné concert, théâtre de rue, musique, autant de disciplines présentes aux quatre coins de la ville font de ce petit festival un lieu de découverte et de création. La programmation mise sur la qualité et le sens du partage collectif. Sensible à la crise générale vécue par les créateurs, une attention particulière est portée par son directeur, Franck Loyat, au soutien à la création.

Soutien à la création
Cette année le festival accueille notamment les nouveaux spectacles de la compagnie CIA, Dessous d’histoire, une grande fresque  théâtrale itinérante. Le texte signé Frédéric Michelet vient de paraître aux éditions Deuxième Epoque (ex Entre-temps) il est mis en scène par Manu Moser. On pourra aussi apprécier la dernière création de la cie Garniouse, Je m’appelle, d’après un texte d’Enzo Cormann qui évoque la cohorte des victimes d’un siècle de guerre économique mondiale, ou encore le projet musical Orient express, imaginé avec la cie La Vaste entreprise et son spectacle Légende une multitude de micro-récits qui fleurissent partout dans la ville sur un modèle commémoratif mais pour évoquer des gens inconnus et des faits ordinaires à l’échelle de la ville.

L’ambiance est garantie familiale et conviviale avec une sélection de spectacles tous public comme l’épopée absurde de la cie des 3 points de suspension, le ballet jonglé de la cie De Fracto, le spectacle de danse inventif et ludique Bug n’ Buzz de la cie Concordance où les objets du quotidien deviennent des instruments de musique, ou le western burlesque de la cie Annibal.

Résurgence déroule une belle proposition programmatique équilibrée et exigeante qui ouvre notre vision sur le voisin que nous négligeons parfois…

JMDH

Source La Marseillaise

Printemps des Comédiens. Place au théâtre dans ce monde où tout arrive

Stéphane Ricordel & Dakh Daughters débarquent d’Ukraine pour «Cabaret»  Crédit Photo dr

Stéphane Ricordel & Dakh Daughters débarquent d’Ukraine pour «Cabaret» Crédit Photo dr

Festival
Cette nouvelle édition du Printemps des Comédiens accueille de grands maîtres de la scène internationale, et de jeunes artistes, elle reflète une grande diversité de manières de questionner le monde.

La 31 édition du Printemps des Comédiens débute mardi 30 mai au Domaine d’O à Montpellier. Contre vents et marais, plus que jamais, le Printemps des Comédiens porte l’ouverture dans son ADN et nous entraîne dans son ambition artistique, politique et poétique, à questionner le monde. Le voyage proposé durera un mois. Et la fête du théâtre et du cirque dénouera les corps et les langues sur les plateaux et sous la pinède jusqu’au 1er juillet, où la page se refermera avec Sentiments connus, visages mêlés, date unique en France de Christoph Marthaler, et le Vosksbühne de Berlin.

Un mois de rencontre avec les oeuvres et tous ceux qui les font vivre, un mois de plaisir où le festival oeuvrera à faire émerger de la conscience par les différents chemins qu’emprunte la programmation.  Des grands maîtres de la scène internationale, sont attendus à commencer par le retour  d’Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, ou  celui de Roméo Castellucci, du 15 au 17 juin, avec Democracy in America co-prodruit par le festival.

Mnouchkine ouvre le bal
Le spectacle Une chambre en Inde est donné du 30 mai au 10 juin ( Il reste quelques places mais il serait sage de ne pas trop tarder…) Dans cette chambre indienne séjourne Cornélia, réfugiée de l’histoire qui assume la direction d’une troupe de théâtre depuis que son directeur, terrassé par l’horreur des attentats de Paris, a fui. Cornélia (Hélène Cinque !) doit annoncer le thème du prochain spectacle. Dehors tonne le bruit de la tempête chaotique qui dévaste le monde. « Ce spectacle résolument contemporain aborde une question qui me hante. Comment aujourd’hui raconter le chaos d’un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c’est – à – dire sans rajouter du chaos au chaos, de la  tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ? Comment créer un objet d’art...» confiait Ariane Mnouchkine à propos de sa nouvelle quête sans frontières.

Musique débridée, humour, virtuosités athlétiques, six chanteuses slaves au look déglingué de rockeuses gothiques débarquent du 1er au 4 juin dans l’amphithéâtre d’O.  Elles se font appeler Dakh Daughters, sont multi-instrumentistes, usent des techniques vocales insoumises des chanteuses traditionnelles, et seront les « monsieur loyal » de ce moment à partager. Ce cabaret singulier sera aussi l’occasion d’échanger autour d’un repas ukrainien.

Avec Angelus Novus, donné au CDN hTh du 2 au 4 juin Sylvain Creuzevault interrompt le silence des démons avec son Antifaust. Il est aussi question des tourments de l’histoire et des figures tutélaires qui fondent. Ainsi qu’advient-il du Faust de Goethe dans notre société d’aujourd’hui qui fait de tout savoir une marchandise ? Le théâtre de Creuzevault ferraille sans relâche avec ces questions : «Il s’agit peut-être d’écrire un Faust contre son propre mythe

A dire vrai, dans cette programmation, rien ne fait mentir le président du festival  Jean-Claude Carrière, lorsqu’il rappelle : « Au Printemps des Comédiens, nous sommes l’accueil et la bienvenue, nous ouvrons nos bras et nos idées, nous nous intéressons aux autres, et nous pensons que le théâtre est là pour nous permettre de nous réunir, et de nous réjouir ensemble d’être libres et vivants.» Les heureux spectateurs de l’édition 2017 mesureront que ce ne sont pas que des mots, même si les mots comptent

JMDH

Source La Marseillaise 27/05/2017

Voir aussi : Rubrique Théâtre, rubrique Montpellier rubrique Festival,

Festival Arabesques. Où l’esprit contemporain côtoie les mythes

La palestinienne Skywalker a chauffé le Rockstore à blanc

La palestinienne Skywalker a chauffé le Rockstore à blanc

Pour cette douzième édition, le Festival Arabesques, rencontres des Arts du monde Arabe,  célèbre à Montpellier des grandes dames jusqu’au 21 mai. La DJ palestinienne, Sama Abdulhadi, alias Skywalker la première qui a mixé dans un bar de Ramallah en bousculant les mentalités et les préjugés a chauffé cette nuit le Rockstore à blanc avec un set endiablé. Skywalker importe les embruns des scènes techno de Beyrouth, Londres, Le Caire ou Paris où elle se produit non sans provocation.

Depuis 12 ans, le festival Arabesques se révèle comme un grand dénicheur des talents issus de la nouvelle scène arabe qui s’impose partout dans le monde. En France, pour des raisons liées à des partis pris socio-politiques qui méritent d’être questionnés le phénomène de reconnaissance est plus tardif. Mais cela n’enlève rien aux talents, à l’instar de l’artiste contemporaine marocaine Leila Hida. La ligne artistique d’Arabesques vise aussi à renouer avec les racines  pour ne pas se perdre…

Leila Hida :

« Avec le net nous n’avons plus besoin d’argent pour refléter la réalité »

Photo Leila Hida

Photo Leila Hida

Née en 1983, Leila Hida habite aujourd’hui à Marrakech où elle est photographe indépendante depuis 2012. Elle est fondatrice du 18, un espace alternatif de culture et d’expression artistique situé dans la médina. Dans le cadre du Festival Arabesques qui bat son plein à Montpellier, on peut découvrir son travail dans le hall de l’Hôtel  Mercure Centre Comédie jusqu’au 10 juin.

D’où vient l’idée du 18, pourquoi avoir choisi ce lieu ?
C’est un engagement pour les créateurs au Maroc en faveur des artistes locaux mais aussi internationaux.  Nous soutenons les artistes émergents en accompagnant leurs recherches à travers les résidences et en diffusant leurs projets au sein de l’espace par des expositions, présentations, rencontres avec le public. Nous souhaitons également connecter les scènes culturelles marrakchies à celles de l’international, et permettre aux artistes étrangers d’intervenir à Marrakech.

Marrakech connaît un développement impressionnant depuis plusieurs années mais le choix de votre implantation reste atypique…
Nous aurions pu nous installer à Rabat, Tanger ou Casablanca mais ça nous intéressait d’ouvrir ce lieu dans ce quartier. Marrakech est une ville de commerce, un point de confluences historiques. La ville s’est métamorphosée, mondialisée, on a construit de manière anarchique sans réflexion urbanistique. Il y a une gentrification de la médina. Au 18, nous recevons tout type de public. Créer un îlot dédié à la création n’est pas si étonnant. L’art contemporain questionne la société et son contexte, la ville, le territoire. Cet environnement se révèle propice aux recherches artistiques. La ville fonctionne à deux vitesses. Le changement vise à promouvoir l’exotisme mais il provoque des tensions entre la population très pauvre et les nouveaux arrivants.

Bénéficiez-vous de soutiens financiers publics ?
Non, nous fonctionnons pour une grande part avec du sponsoring privé et nous attachons beaucoup d’importance à notre indépendance.

« La création contemporaine marocaine                                                                             est en train de trouver son modèle »

Photo Leila Hida

Photo Leila Hida

Considérez-vous que l’expression artistique permet de contourner les impasses politiques ?
Nous agissons dans le domaine de la culture en créant un espace physique permettant la réflexion, un espace où l’on devient citoyen. Ce n’est pas un contournement. C’est essentiel. La nouvelle génération est très impliquée. Avec Internet, nous n’avons plus besoin d’argent pour refléter la réalité et interpeller les pouvoirs publics.

Bénéficiez-vous du droit à la liberté d’expression artistique ?
On peut dire ce que l’on veut, s’il existe une entrave c’est l’artiste qui se la pose lui-même. Nous sommes les héritiers d’une histoire, sous Hassan II rien de cela n’était possible. Il reste des séquelles de cette époque dans notre pays. Il est arrivé que le droit à la liberté d’expression artistique soit malmené mais ça reste à la marge.

Où situez-vous la différence entre les artistes marocains vivants à l’étranger et ceux qui habitent au Maroc ?
Un artiste vivant au Maroc va traiter davantage du contexte marocain, alors que des questions comme celles liées à l’exil seront plus au centre des préoccupations des Marocains vivant à l’étranger.  Artistiquement, on n’évolue pas dans le même environnement. Au Maroc, la création se développe différemment, nous sommes confrontés à des difficultés de production. Il n’y a pas de marché, pas de scène mais beaucoup de choses sont possibles et un mouvement émerge. Le Maroc est en train de trouver son modèle.

Leila versissage Arabesques 2017 à Montpellier

Leila versissage Arabesques 2017 à Montpellier

L’exposition que vous présentez à Montpellier soulève un questionnement autour de l’identité…
Ce travail correspond à une période où je suis retournée m’installer au Maroc. Je l’ai réalisé avec Artsi, un designer d’origine juive. Les images  apparaissent comme dans un album de famille. Elles renvoient à nos identités plurielles, c’est toute la richesse et la complexité qui se posent à nous. Le problème c’est que les gens ne se posent plus assez de questions sur ce qu’ils sont.

Quelle place occupe la question du genre dans votre travail ?
Je n’opère pas de distinction entre la problématique féminine et masculine. Ramener la question à la condition de la femme me paraît régressif. Les inégalités existent mais c’est en agissant que l’on fait avancer les choses.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Arabesques Tout le programme

Source : La Marseillaise 13/05/2017

Voir aussi : Rubrique  Festival, Il était une fois les Chibanis, Arabesques : Le combat est culturel. Nous devons être au front », rubrique Méditerranée, rubrique Montpellier, rubrique Politique, Politique Immigration, Politique Culturelle, Politique de l’Education, rubrique Rencontre,