Montpellier Danse 2018. Premier bilan

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LE 38e Festival Montpellier Danse se termine ce soir…

Il a accueilli 35 000 spectateurs.

27 spectacles différents
dont 16 sont des créations ou des 1ères en France
40 représentations payantes • 29 chorégraphes
12 pays représentés (Allemagne, Belgique, Brésil, Canada, Cap-Vert,
Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Iran, Israël, Pays-Bas)
19 conférences de presse
10 000 personnes ont assisté aux 47 événements gratuits
35 lieux dont 20 en plein air • 11 villes de la Métropole
450 000 € de recettes de billetterie pour 980 000 € de dépenses artistiques
130 emplois générés par le Festival
6 soli • 1 quintet • 48 danseurs de la Compañia Nacional de Danza pour Artifact Suite 1 corbeau-pie • 7 acrobates • 1 violoncelliste
340 danseurs et membres des compagnies
1520 projecteurs • 45 km de câbles électriques • 2438 nuits d’hôtel

Diffusion

LES CRÉATIONS PARTENT EN TOURNÉE
Après Montpellier, les 16 créations du Festival partent sur les routes
à la rencontre des publics du monde entier.
À l’heure où le 38e Festival prend fin, plus de 214 représentations
dans 78 villes de 11 pays sont déjà confirmées.

 

Dans la Presse

C’est le plus grand festival de danse de l’été
et il s’est ouvert ce week-end à Montpellier.
France Inter, Nicolas Demorand, Le journal de 7h40, 25 juin 2018

Montpellier Danse se donne en spectacle : La 38e édition du festival international jongle habilement entre grands noms et signatures pointues.

Rosita Boisseau, Le Monde, 21 juin 2017

De la création, de la longévité, de la résistance, des qualificatifs qui font du Festival Montpellier Danse un lieu sûr où se réfugier dans la tempête qui balaie corps et âmes sans laisser de traces.

Jean-Marie Dinh, La Marseillaise, 17 mars 2018

Montpellier Danse is to contemporary dance what the Avignon Festival is to theatre; now nearly in its fortieth year (it was founded at the height of the Nouvelle Danse explosion), it has always been in the capable hands of Jean Paul Montanari.

Danza&Danza Internationale (Italie), Mai-Juin 2018

Montpellier Danse programme ses créations les plus audacieuses devant un public averti.

Jean-Marie Gavalda, Midi Libre, 26 juin 2018

Montpellier Danse, un festival de références. La programmation reste fidèle à l’essence du festival : montrer les différentes facettes de la création contemporaine.

La Gazette de Montpellier, 22 mars

Il y aura bien des raisons d’être à Montpellier Danse l’été prochain, tant la 38e édition du festival est riche : grands noms, troupes foisonnantes et têtes chercheuses.

Emmanuelle Bouchez, Télérama, 20 mars 2018

Voir aussi : Rubrique Danse

Rencontres de Bamako: Afrotopia, nouveaux imaginaires de l’Afrique contemporaine

Lola Keyezua - «Stone Orgasms», 2015 (Angola) Cette série pose la question des mutilations génitales et plus largement l’asservissement des femmes. «Née à Luanda, en Angola, Keyezua est diplômée de la Royal Academy of Arts de La Haye. Consciente des attentes performatives de la féminité, Lola Keyezua s’attache à déconstruire les cadres de la beauté, de la féminité, de la sexualité. Briser les codes attendus des cultures africaines, rompre les silences à l’égard de l’Art Africain et développer une nouvelle vision de l’Afrique, font partie de ses propositions artistiques», précise Afriscope/Africultures sur Facebook. © Lola Keyezua

Lola Keyezua – «Stone Orgasms», 2015 (Angola)
Cette série pose la question des mutilations génitales et plus largement l’asservissement des femmes. «Née à Luanda, en Angola, Keyezua est diplômée de la Royal Academy of Arts de La Haye. Consciente des attentes performatives de la féminité, Lola Keyezua s’attache à déconstruire les cadres de la beauté, de la féminité, de la sexualité. Briser les codes attendus des cultures africaines, rompre les silences à l’égard de l’Art Africain et développer une nouvelle vision de l’Afrique, font partie de ses propositions artistiques», précise Afriscope/Africultures sur Facebook.
© Lola Keyezua

Afrotopia, en écho au livre de Felwine Sarr, est le nom de la 11e édition des Rencontres de Bamako, biennale africaine de la photographie. Les diverses manifestations (photos, vidéos, arts numériques): Exposition panafricaine, Remix de l’indépendance, Histoires récentes, Afrofuturisme ou encore La Vie selon James Barnor, sont autant de témoignages d’un continent en pleine mutation.

Sibusiso Bheka - «Stop Nonsense», 2017 (Afrique du Sud) Sibusiso Bheka est un jeune  photographe né en 1997. Soutenu par Rubis Mécénat, il travaille sur les townships de son pays. Il y décrit l’environnement nocturne dans un langage cinématographique. Sa série sur les murs érigés autour de Thokoza, le township où il a grandi est une réflexion sur l’enfermement, la peur, la limite qui empêche d’aller vers l’autre. © Sibusiso Bheka

Sibusiso Bheka – «Stop Nonsense», 2017 (Afrique du Sud)
Sibusiso Bheka est un jeune photographe né en 1997. Soutenu par Rubis Mécénat, il travaille sur les townships de son pays. Il y décrit l’environnement nocturne dans un langage cinématographique. Sa série sur les murs érigés autour de Thokoza, le township où il a grandi est une réflexion sur l’enfermement, la peur, la limite qui empêche d’aller vers l’autre.
© Sibusiso Bheka

L’exposition panafricaine, projet artistique central de cette édition 2017 (du 2 décembre au 31 janvier 2018), présente 40 projets qui invitent à réfléchir «aux ressorts du futur, à révéler les espaces du possible en germe dans les réalités contemporaines africaines. Qu’ils situent leurs propositions artistiques aux confins de récits autobiographiques, dans des fictions ou dans des narrations en prise immédiate avec l’actualité, les visions qu’ils nous livrent épousent les mouvements souvent chaotiques du réel», explique Marie-Ann Yemsi, commissaire de l’exposition.

Rahima Gambo - «Education is Forbidden», 2015 (Nigeria) Ce travail raconte le quotidien des étudiantes dans les écoles et les universités pendant l'insurrection de Boko Haram au nord-est du Nigeria en 2009. Boko Haram que l’on peut traduire par «l’éducation occidentale est un péché» est un mouvement insurrectionnel qui prône une idéologie salafiste djihadiste. Il a pour objectif d'instaurer un califat et d'appliquer la charia. Des centaines d’écoles ont été détruites, beaucoup sont fermées. En  avril 2014, près de 300 lycéennes ont été kidnappées par Boko Haram qui, depuis, a prêté allégeance à l'Etat islamique. Comment surmonter la peur, comment continuer à étudier, comment faire acte de résistance sont les questions soulevées par Rahima Gambo. © Rahima Gambo

Rahima Gambo – «Education is Forbidden», 2015 (Nigeria)
Ce travail raconte le quotidien des étudiantes dans les écoles et les universités pendant l’insurrection de Boko Haram au nord-est du Nigeria en 2009. Boko Haram que l’on peut traduire par «l’éducation occidentale est un péché» est un mouvement insurrectionnel qui prône une idéologie salafiste djihadiste. Il a pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia. Des centaines d’écoles ont été détruites, beaucoup sont fermées. En avril 2014, près de 300 lycéennes ont été kidnappées par Boko Haram qui, depuis, a prêté allégeance à l’Etat islamique. Comment surmonter la peur, comment continuer à étudier, comment faire acte de résistance sont les questions soulevées par Rahima Gambo.
© Rahima Gambo

«Cette dernière édition est profondément ancrée dans les transformations d’une Afrique qui se renouvelle au quotidien, une Afrique tournée vers un avenir qu’elle invente à partir de ses propres expériences», ajoute Pierre Buhler, président de l’Institut français qui, aux côtés du ministère de la Culture du Mali, l’inaugure.

Zied Ben Romdhane - «West of Life», 2014-2016 (Tunisie) Le photo-reporter tunisien «arpente la région à la fois comme une terre connue et comme un territoire étranger. Des gisements de Redeyef aux mines de Métlaoui et aux collines d’Oum El Araies, c’est le visage fatigué mais résistant d’une terre qui ne l’est pas moins qui donne chair à ce projet, précise le site Nawaat. Il aborde avec «West of Life», les cicatrices qu'ont laissé ces lieux, sur les habitants.   © Zied Ben Romdhane

Zied Ben Romdhane – «West of Life», 2014-2016 (Tunisie)
Le photo-reporter tunisien «arpente la région à la fois comme une terre connue et comme un territoire étranger. Des gisements de Redeyef aux mines de Métlaoui et aux collines d’Oum El Araies, c’est le visage fatigué mais résistant d’une terre qui ne l’est pas moins qui donne chair à ce projet, précise le site Nawaat. Il aborde avec «West of Life», les cicatrices qu’ont laissé ces lieux, sur les habitants.
© Zied Ben Romdhane

Geopolis Afrique vous propose de découvrir 20 photographes en herbe ou de renom dont certains découverts à Bamako sont aujourd’hui exposés dans des manifestations phares sur le continent africain et à l’international.

Laurent Filippi

Source Géopolis 02/12/2017

Voir aussi :  Rubrique Afrique, rubrique Expo, rubrique Art,

La Techno, un fait social musical né à Détroit

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Détroit dans le Michigan berceau de la Techno mondiale. Photo dr

Novembre 2017. A Montpellier, le festival techno Dernier Cri propose des concerts mais il permet surtout d’échanger et d’enrichir nos connaissances sur ce mouvement culturel. Retour aux sources à Détroit avec la réalisatrice et productrice indépendante Jacqueline Caux autour de son dernier film Never stop une musique qui résiste.

Invitée de l’édition 2017 du festival dernier Cri, la réalisatrice Jacqueline Caux a donné une conférence sur les labels indépendants de Détroit à La Panacée. Son dernier film -?le troisième réalisé à Détroit?- Never Stop une musique qui résiste a été projeté au cinéma Diagonal. Dans ce documentaire Juan Atkins, Derrick May, Carl Crail, Jeff Mills, qui ont fondé la Techno, avant d’en devenir les ambassadeurs mondiaux, témoignent des premiers souffles du mouvement.

Née à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jacqueline Caux développe une passion pour le free jazz, puis pour la musique répétitive, Steve Reich, Philip Glass… «? La transe que je retrouve aussi dans la musique arabe me parle beaucoup cela comble l’intellect et satisfait le corps. Lorsque la techno est arrivée, au début des années 80, beaucoup disaient?: ce n’est pas de la musique, c’est n’importe quoi. Ce n’était pas ma génération mais pour moi c’était limpide.?»

Du blues de Bobo Jenkins au célèbre label Motown (Diana Ross, Marving Gaye, The Tentation…) qui épousait les volontés d’émancipation de l’époque, Détroit a toujours été un berceau pour la black music.

«? La techno, c’était la première génération de noirs qui faisait de la musique avec des machines. Je me demandais s’il y avait des liens inconscients machiniques avec les usines de voiture, commente Jacqueline Caux. Après les émeutes sanglantes de Détroit en 1967, les libéraux ont délocalisé les usines créant un chômage massif et une crise sans précédent. Les gens qui ne pouvaient plus vendre leur maison les brûlaient pour toucher l’assurance. Née dans ce contexte, la techno, comme le free jazz, revendique une volonté de dignité.

Jacqueline Caux se rend sur place pour mesurer la force d’exorcisme de ce mouvement créatif. «?Fallait qu’on trouve quelque chose pour ne pas mourir psychiquement?» lui confie Juan Atkins, artiste fondateur de Métroplex, le premier label techno indépendant.

La réalisatrice retrouve Electrifying Mojo le DJ secret et mythique qui joua un rôle essentiel de passeur en diffusant tous les soirs la musique des artistes de la ville dont personne ne voulait. Il aura permis à une contre-culture de trouver un écho dans le monde entier.

 

Jacqueline Caux

Jacqueline Caux

 

Solidaire attitude

Peu à peu la force créatrice de cette minorité s’organise. Chaque artiste fonde son propre label mais tous adoptent une attitude solidaire, qui va de la fabrication à la distribution et permet de contourner le barrage des majors.

Issue d’une énergie émancipatrice, la techno s’impose comme un art, qui rompt avec l’égo omniprésent dans le Rock’nRoll. Pour les adeptes de la techno, c’est la musique qui compte avant tout. Face à un quotidien et à un environnement insupportables, la seule issue de ces musiciens aura été de se doter des moyens leur permettant de développer une créativité et une liberté effervescentes .

Malgré la baisse des ventes de disques liée au nouveau mode de diffusion, ces labels indépendants existent maintenant depuis trente ans. Les artistes se sont adaptés ils écument les scènes d’Europe et du Japon en vendant leurs disques dans les concerts. Ils sont toujours victimes de ségrégation dans leur ville et plus largement aux Etat-Unis qui préfère la flexibilité du rap et du Hip hop.

Le film de Jacqueline Caux Never Stop rappelle la force de l’histoire sociale et culturelle de la techno et son lien intime avec Détroit. Ville laboratoire du monde contemporain hier à travers le modèle de réussite de l’industrie automobile, elle est devenue aujourd’hui le symbole de l’échec du modèle capitaliste.

La ville tente de renaître de ses cendres en réduisant sa dette faramineuse de 20 milliards de dollars. Sécrétée par la culture noire tout droit sortie des marges où le système ségrégationniste l’a cantonné, la musique techno née au coeur de ce chaos, ne se laisse pas apprivoiser. Elle demeure un authentique reflet de notre société mondiale.

Jean-Marie Dinh

Source : La Marseillaise 14 /11/2017

Voir aussi : Rubrique Musique,  rubrique Festival,  Dernier cri, le festival qui laisse sans voixDernier cri. État de la culture techno,

Le cinéma aime Marseille qui le lui rend bien

La Villa. Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascarine et Gérard Meylan, membre de la tribu de Robert Guédiguian.

Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascarine et Gérard Meylan, membre de la tribu de Robert Guédiguian dans la Villa.

Cinéma
La cité phocéenne séduit toujours les réalisateurs. Deux films projetés lors de la 39 édition du Cinemed à Montpellier témoignent d’un attachement sensible à la ville dont le dernier Robert Guédiguian  La Villa  à découvrir sur les écrans le 29 novembre prochain.

Le festival du  cinéma méditerranéen qui vient de s’achever à Montpellier a rendu un hommage mérité à l’oeuvre de Dominique Cabrera. L’occasion de saisir à quel point l’engagement social, politique et culturel traverse le parcours de cette réalisatrice née en Algérie. Les films de Dominique Cabrera intègrent des éléments documentaires dans une trame de fiction. Il en est ainsi de la grande grève de 1995 à la SNCF qui inspire Nadia et les hippopotames, mais aussi de son dernier film Corniche Kennedy (2016), une adaptation du roman  de Maylis de Karangal tournée à Marseille avec les jeunes des quartiers Nord. Un film splendide sur la ville et sa jeunesse qui se jettent de la corniche à corps perdu dans la grande bleue pour embrasser le mythe.

Corniche Kennedy

Corniche Kennedy

« Je voulais montrer ces adolescents dans leur élan vital, leur beauté, leur humanité, leur grâce, leur force, leur poésie, leur liberté. Ils ont vingt ans, l’âge des possibles. Malheureusement, l’un de ces possibles dans cette ville est d’être enrôlé dans le crime organisé. Mais il y a aussi d’autres possibles pour se libérer de leur destin social,» indique Dominique Cabrera. Après avoir séjourné à Marseille « le plus possible » afin de s’en imprégner, ce qu’elle retient et qu’elle donne  à voir dans son film tient en une phrase : « Cette ville suscite des passions. »

«La Villa» de Guédiguian en salle le 29 novembre prochain
Marseille toujours au cinéma, vécu par une autre génération, la bande à Robert Guédiguian, Ascaride, Darroussin, Meylan, que l’on retrouve dans son dernier film La Villa projeté en avant-première au Cinemed.

Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant qui vient d’avoir une attaque. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils aîné, continue de s’occuper.

Guédiguian est venu accompagné d’Ariane, il sourit quand on évoque Pagnol. « On me dit à gauche, lui ne l’était pas trop. Il reste néanmoins le plus connu des cinéastes français au monde. Il y a La Fille du puisatier et le discours de Pétain, mais aujourd’hui je rends à Pagnol ce qui appartient à Pagnol, le récit, le parfum, la lumière du midi, les contrastes, les adaptations de Giono. J’ai tendance à l’utiliser en l’inversant. Un ami m’a dit : tu fais rentrer Fassbinder chez Pagnol…»

Claudel, Brecht, Shakespeare, il est beaucoup question de théâtre dans La Villa. « C’est parce qu’il vit avec moi et que je suis une actrice de théâtre », taquine Ariane Ascarine. « Le théâtre est né avant le cinéma. Tous les problèmes du cinéma sont résolus par le théâtre avec les acteurs comme partie commune, ajoute le cinéaste, je me dis tous les jours que Marseille est un théâtre. Les gens pensent que j’habite là et que j’ai tourné la veille. Je passe pour un naturaliste, mais la maison dans le film,nous l’avons complètement recréé et j’ai traité la calanque comme un décor de théâtre

Les personnages du film semblent désillusionnés. Le petit paradis de leur enfance s’est asséché et avec lui leurs idéaux jusqu’à l’arrivée de très jeunes migrants qui va faire basculer le sens de leur vie…  « Ce sont des gens qui ont été bien élevés et qui se retrouvent en manque de cause, indique le réalisateur. Il faut vivre pour soi et pour les autres. La question, presque abstraite des réfugiés, peut être une nouvelle cause à embrasser. L’Occident va mourir de cholestérol. Nous allons mourir de notre richesse. Cet événement qui s’impose à eux les remet en jeu pour une cause universelle. Même si on ne parvient jamais à changer le monde. Dans le film, il y a cette métaphore du chemin de l’émancipation. Il faut débroussailler pour entretenir l’accès ou ouvrir de nouvelles voies.»

Marseille est le berceau d’un grand nombre d’acteurs et de réalisateurs. Parmi eux Robert Guédiguian cultive depuis des décennies ce cadre spécifique avec ses acteurs. On retrouve dans La Villa un extrait de Ki lo sa ? (1985), réunissant trente ans plus tôt les trois acteurs qui forment ici la fratrie. Son dernier opus ne déroge pas à la règle et pourrait même boucler la boucle. «Nous sommes nés à Marseille une citée fondée par l’arrivée des étrangers.»

JMDH

Source La Marseillaise 04/11/2017

Voir aussi : Rubrique, Cinéma, Cinemed, rubrique Festival, rubrique Rencontre, Kaouther Ben Hania, Merzak Allouache,

La jeune garde du cinéma Algérien. Une dynamique à transformer

La jeune garde du cinéma algérien au Cinemed  Photo dr

La jeune garde du cinéma algérien au Cinemed à Montpellier Photo dr

Cinemed
Ce que le festival méditerranéen a nommé la jeune garde du cinéma algérien  se retrouve au Corum pour débattre du présent et de l’avenir.

Ils sont nombreux, Lyes Salem, Hassem Ferhani, Djamel Kerbar, Sofia Djama, Damien Ounouri et Adila Bendimerad, Hassen Ferhani, Karim Moussaoui, Mohamed  Yargui,  Anima Hadad, Amel Blidi… Ils se croisent, s’influencent, entretiennent des liens plus ou moins forts les uns envers les autres, mais se retrouvent rarement ensemble sur un même plateau. Après la Tunisie en 2016, Cinemed qui rend hommage cette année au jeune cinéma algérien crée cette occasion et propose au public une trentaine de films récents.

Ce public ne se comporte pas en simple consommateur d’images, il exprime une volonté de confrontation, il veut en savoir plus en répondant massivement à ce type de rencontre. Beaucoup des réalisateurs présents peuvent témoigner du soutien apporté par le Cinemed pour en avoir bénéficié. Dans la diffusion de leurs films, mais aussi à travers les prix et les aides à la création, les mises en relation…

On le sait, la richesse du cinéma algérien se compose de plusieurs facettes, du film de guerre (soutenu par l’État autour de la libération en particulier) à la comédie loufoque en passant par les satires sociales et les drames. Tout cela dans différentes langues : arabe dialectal, kabyle, français ou un mélange des trois. Durant les années 1970 il acquiert un statut international. En 1975, Mohammed Lakhdar-Hamina remporte la palme d’or à Cannes avec Chronique des années de braise. Un an plus tard, Merzak Allouache ouvre la voie contemporaine avec son film Omar Gatlato. Tout était bien parti mais le cinéma algérien sombre avec le pays dans les années noires.

Génération 2000
La génération présente à Montpellier émerge à partir des années 2000. « Nous avions besoin de sortir du non-dit. Quand les mots manquent, surgit l’image » analyse Amel Blidi, réalisatrice et journaliste pour le quotidien El Watan. « Je n’ai pas commencé à écrire pour parler de l’Algérie  mais depuis l’Algérie », souligne Lyes Salem qui a notamment réalisé Mascarades et L’Oranais. « Qu’est-ce qui façonne l’identité d’un cinéma, questionne-t-il, la nationalité du réalisateur ? Le lieu où il est produit ? Ou la spontanéité artistique ? »

  Le débat aborde ces trois volets sous différents angles. A commencer par celui de la production. Les structures institutionnelles existent pour soutenir la production cinématographique en Algérie, mais leur accès demeurent difficile pour cette génération plus sensible à la vie d’aujourd’hui qu’aux héros de l’indépendance.

Les films se montent avec des participations croisées parfois internationales, mais pas toujours. « On progresse pas à pas, explique la productrice Anima Hadad. Les Régions font avancer par des apports en logistique, certains entrepreneurs ont conscience que faire des films c’est important pour un pays et ils les financent. » A Alger, chaque film qui sort est un événement. « C’est vrai qu’il y a actuellement une dynamique, indique Karim Moussaoui, mais il faut la transformer afin qu’elle porte ses fruits. »

Sur les 400 salles de cinéma que compte l’Algérie, 95% d’entre elles sont fermées et non exploitées, révélait le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi en 2015. Cette situation peut pousser les réalisateurs vers l’international, d’autant que le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) manque de lisibilité. « On ne connaît même pas les dates des commissions, ni le budget annuel » explique Sofia Djama.

En terme de contenu, le cinéma algérien d’aujourd’hui apparaît comme une source d’une grande diversité. Les jeunes réalisateurs présents au festival sont des individus qui ont envie de faire du cinéma, de raconter, de se raconter, d’exprimer leur subjectivité.

A l’écran, cette mise en abîme des vécus s’absout des contraintes sociales, politiques ou morales algériennes, mais aussi de celles induites par les financements européens. « En Europe après avoir présenté mon projet, temoigne Damien Ounouri, je me souviens m’être entendu dire, oui très bien, mais quel est le lien avec le printemps arabe ? Mais moi je ne suis pas journaliste, et j’avais envie de faire un film sur une femme méduse. »

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 28/10/2017

Voir aussi : Rubrique, Cinéma ,Cinemed, rubrique Algérie, rubrique Festival,  rubrique Montpellier, rubrique Rencontre, Kaouther Ben Hania, Merzak Allouache,