La presse condamne l’annonce de Trump sur Jérusalem, qui « rompt l’équilibre international » et « ébranle le Proche-Orient »

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La décision, mercredi 6 décembre, du président américain, Donald Trump, de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël a déclenché une vague de critiques de la communauté internationale et fait craindre une nouvelle Intifada au Proche-Orient. Cette vague de réprobation et ces inquiétudes occupaient de nombreuses « unes » de la presse internationale, jeudi.

 

New York Times, Washington Post, Boston Globe, Financial Times… A des degrés divers, les principaux titres de la presse américaine faisaient état de leurs préoccupations ou de leur scepticisme quant à une décision risquant « d’interrompre les efforts de paix ».

Le New York Times déplore l’isolement accru de la diplomatie américaine que traduit cette décision et souligne le risque d’un embrasement supplémentaire de la région auquel elle peut conduire : « Trump affirme que son plan pour Jérusalem est un pas en avant en direction de la paix, mais en pratique, il place le Moyen-Orient au bord de l’explosion, écrit le quotidien. La décision de Trump isole les Etats-Unis sur l’un des sujets diplomatiques les plus sensibles. »

Mais le New York Times insiste aussi, dans un autre article, sur ce que cette décision traduirait des liens du président américain avec certains de ses soutiens :

« M. Trump admet que sa décision est provocatrice. Mais comme il l’a fait en se retirant de l’accord de Paris ou en refusant de certifier l’accord avec l’Iran, il se délecte en jouant son rôle favori consistant à défier l’orthodoxie en matière de politique étrangère au nom des intérêts de ceux qui l’ont élu. »

 

« Pour Donald Trump, le statut de Jérusalem est plus un impératif politique qu’un dilemme diplomatique. Entre ses partisans [chrétiens] évangéliques et pro-israéliens (…) et des dirigeants arabes menaçant son propre plan de paix, le président s’est rangé à l’avis de ses partisans », écrit le quotidien.

Si, de prime abord, le Washington Post, dans son éditorial, veut voir « un certain bon sens » dans la décision prise par M. Trump, c’est pour, aussitôt, relever que ce dernier minimise les risques d’« un embrasement au Moyen-Orient et au-delà » et, qu’en adoptant une stratégie « peut-être efficace auprès de sa base électorale, ainsi que de nombreux Israéliens », il prend « un gros risque dans le seul but de marquer des points politiquement ».

« En pratique, le gouvernement israélien siège à Jérusalem-Ouest depuis 1949, et aucune solution impliquant la création d’un Etat palestinien ne pourra changer cela », rappelle le quotidien. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à M. Trump que cette reconnaissance n’est « ni plus ni moins que la reconnaissance d’un état de fait ». Le Washington Post nuance ensuite :

« Mais en même temps, les présidents Bill Clinton, George W Bush et Barack Obama avaient de bonnes raisons de se retenir de franchir ce pas, même si, comme M. Trump, ils avaient promis durant leur campagne de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. Ils ont estimé que cette étape somme toute symbolique pourrait saper la diplomatie américaine dans tout le Moyen-Orient, ainsi que leurs espoirs de trouver un arrangement entre Israéliens et Palestiniens — et potentiellement déclencher des violences, y compris contre des ressortissants Américains.

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REVUE PRESSE Moyen Orient

Dans un article intitulé « Trump n’a pas tué le processus de paix, il a juste annoncé sa mort », le quotidien israélien Haaretz estime que « la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne par les Etats-Unis a fait voler en éclats l’illusion que, si les problèmes centraux du conflit israélo-palestinien pouvaient être résolus, le conflit prendrait fin ».

Dans un autre article intitulé « Des Palestiniens expriment leur désespoir face à la décision de Donald Trump sur Jérusalem », le journaliste Nir Hasson décrit la profonde désillusion des Palestiniens de Jérusalem-Est, se sentant abandonnés de tous depuis longtemps et pour qui la déclaration de M. Trump n’est qu’une goutte d’eau de plus : « Il semble que les attentes des Palestiniens vivant à Jérusalem soient si minces que rien ne peut les choquer. »

Dans le monde arabe, les alliés de Washington sont tiraillés entre leur puissant partenaire et une opinion publique hostile à Israël. L’Egypte, l’Arabie saoudite et la Jordanie, alliés clés des Etats-Unis dans la région, qui ont établi des liens géopolitiques ou de dépendance financière avec Washington, se retrouvent dans une position délicate.

En Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, où le gouvernement a dénoncé la décision de M. Trump comme « une violation du droit international et de la charte des Nations unies », le quotidien anglophone Jordan Times estime que « déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem déclencherait un bouleversement régional ».

De son côté, le journal libanais Al-Akhbar, favorable au Hezbollah, titrait en « une » jeudi « Mort à l’Amérique », d’après la traduction de Reuters, réaction la plus vive d’une presse libanaise déjà très critique envers la décision de Trump. Al-Akhbar la qualifie de « Nouveau Balfour de l’Amérique », en référence à la déclaration Balfour, par laquelle le Royaume-Uni évoquait il y a un siècle l’établissement d’un foyer national juif au Proche-Orient. Le journal écrit :

REVUE DE PRESSE Europe

 

Trump enterre-t-il le processus de paix israélo-palestinien ?

La communauté internationale a réagi avec inquiétude à la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’Etat hébreu. Tandis que la France et la Grande-Bretagne ont sollicité une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Arabie Saoudite a appelé Washington à revenir sur sa décision. Seul Israël a salué l’initiative américaine. La presse européenne redoute que le président américain ne ravive le conflit israélo-palestinien.

A l’unisson des gouvernements européens, dont beaucoup ont condamné la décision de M. Trump, de nombreux titres européens dénoncent celle-ci, pointent l’isolement de Washington et affichent leurs inquiétudes quant aux conséquences possibles.

« Trump rompt l’équilibre international », pour El Pais, en Espagne ; « Trump isolé sur Jérusalem », pour le Corriere della Sera, en Italie ; « Donald Trump ébranle le Proche-Orient », pour Le Soir, en Belgique ; « Explosion de colère après que Trump a déclaré Jérusalem capitale d’Israël », pour Le Guardian, au Royaume-Uni…

Et le quotidien britannique de s’inquiéter dans une tribune : « L’erreur de Trump sur Jérusalem est un désastre pour le monde arabe… et les Etats-Unis. (…) Maintenant, il a annoncé que son administration reconnaîtrait Jérusalem comme capitale d’Israël, faisant marche arrière sur plusieurs décennies de politique américaine. Ce nouveau pas va engendrer de multiples conséquences négatives, impossibles à anticiper pour la plupart. »

 

Un médiateur devenu pyromane

El Mundo y voit une initiative irresponsable et stupide :

«Un an passé à la tête de la superpuissance mondiale et Trump n’a toujours pas compris que sa principale responsabilité consistait à résoudre les conflits, du moins à ne pas en créer de nouveaux. Sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël est l’une de ses pires erreurs en date ; elle pourrait raviver les conflits au Proche-Orient et renvoyer sine die la potentielle reprise des pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens. Au titre de puissance garante, les Etats-Unis ont toujours assuré le rôle d’arbitre et de médiateur dans le dialogue sans fin entre les deux parties. S’ils se rangent du côté de Tel-Aviv, ils perdront toute leur influence et aggraveront la situation.»

 

 

Une violation du droit international

Cette décision entérine la colonisation israélienne, estime Aftonbladet :

«La politique de colonisation réduit mètre carré par mètre carré la marge de négociation. Ceci vaut notamment pour Jérusalem, dont la partie palestinienne est étouffée par les colonies. Sans accord préalable concernant Jérusalem, une solution à deux Etats est impossible. La décision de Trump de transférer l’ambassade américaine et de reconnaître les revendications israéliennes revient à avaliser la politique de colonisation. Cela signifie que les Etats-Unis acceptent et entérinent des violations du droit international. Dans le pire des cas, l’initiative entraînera un regain de violence ; dans tous les cas, l’étiolement d’une lueur d’espoir déjà faible et la perte d’influence des Etats-Unis dans la région.»

 

 

Trump alimente le terrorisme

La décision de Trump fait le jeu des islamistes, déplore Tages-Anzeiger :

«La situation risque de s’envenimer, comme si cette région en crise ne souffrait pas déjà assez. Les Palestiniens ont annoncé ‘trois jours de colère’, le Hamas a menacé de commettre des attentats. … Si l’on assiste à un nouveau soulèvement palestinien, le processus de paix ne sera plus bloqué, il sera tout simplement mort. Au profit de Daech, d’Al-Qaida et de tous les terrorismes islamistes. Jérusalem, al-Quds pour les Arabes, est la troisième ville sainte après La Mecque et Médine, surtout pour les sunnites. De même que l’interdiction d’entrée sur le territoire américain visant les musulmans, le déménagement de l’ambassade américaine est ‘instrumentalisable’ à souhait par la propagande. Ce qui aurait aussi des conséquences pour l’Europe. Une fois de plus, Trump hypothèque la sécurité internationale. »

 

 

Une bonne décision

Die Welt est favorable à l’initiative américaine :

«Les Israéliens avaient construit leurs bâtiments gouvernementaux alors que la ville était encore divisée et alors qu’ils n’en occupaient que la partie occidentale – la partie Est étant à l’époque contrôlée par la Jordanie. Le statut de Jérusalem en tant que capitale israélienne est donc plus ancien que la guerre des Six jours de 1967, au cours de laquelle Israël avait également conquis l’Est de la ville. Un tel acte de reconnaissance ne préempte d’aucune façon le résultat des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens. Rien n’empêche les Palestiniens de faire de Jérusalem-Est leur capitale, dans la mesure où les deux parties s’entendent sur cette solution.»

 


Washington galvaude son leadership

Le quotidien Yeni ?afak craint que cette décision n’attise d’autres conflits :

«Le monde islamique est très en colère contre le gouvernement américain. … L’idée d’un transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem n’est pas nouvelle, et ce ne sera pas la dernière décision de ce type dans le cadre de la politique palestinienne du gouvernement Trump. Il ne serait pas surprenant non plus que l’on se mette bientôt à envisager des négociations sur une ‘solution à un Etat’. La crise se poursuit dans la région, elle s’institutionnalise. On veut manifestement mettre en œuvre au Proche-Orient la stratégie du ‘chaos créatif’, comme l’avaient nommée la ministre des Affaires étrangères de George W. Bush [Condoleezza] Rice et les penseurs néoconservateurs. Mais ce ‘chaos créatif’ se mue lentement en incendie qui cerne les Etats-Unis et menace de consumer leur hégémonie internationale.»


Un front uni contre l’Iran ?

Si le monde arabe tolérait la décision de Trump, alors il n’y aurait plus d’obstacle à une alliance contre Téhéran, juge Lucia Annunziata, rédactrice en chef du portail Huffington Post Italia :

«Le gouvernement israélien est convaincu qu’après ces ultimes années de guerres intestines dans le monde arabe, une bonne partie de l’opinion publique estime désormais qu’Israël est en fin de compte un bon allié, ne serait-ce que dans une perspective utilitaire, pour relever les défis du terrorisme et de l’Iran. Et donc qu’une nouvelle partition incluant Jérusalem est possible, transformant l’Etat hébreu en nouvel atout dans la région. Avec l’appui, peut-être, du prince héritier saoudien, le réformiste Ben Salmane, qui partage aujourd’hui avec Israël la volonté et la nécessité de mettre un frein à l’Iran, au nom de la revanche sunnite contre les chiites, quel que soit le prix à payer.»

 

 

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La France Boude la cérémonie du prix Nobel de la Paix !

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Depuis le 7 Juillet 2017, la France exprime son profond désaccord avec l’adoption à l’ONU du Traité d’interdiction des armes nucléaires, le TIAN. C’est un choix de vision diplomatique. Mais refuser d’envoyer un ambassadeur de premier rang à la cérémonie du prix Nobel de la Paix, c’est une erreur sans nom !

Le 10 décembre, le Comité Nobel norvégien va attribuer le prix Nobel de la paix à la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN). Ce collectif d’associations recevra ce prix pour son travail de sensibilisation sur les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires ainsi que pour son initiative inédite visant à obtenir l’interdiction de ces armes au moyen d’un traité.

Il est de coutume que la France, (comme les britanniques et les Etats-Unis) envoie un ambassadeur de haut rang, pour représenter le président de la république. Or cette année, Paris (avec Washington et Londres) a officiellement annoncé que cela ne sera pas le cas, un « simple » chargé d’affaire sera présent.

C’est une faute grave et démontre chez les acteurs de la politique étrangère de ces 3 Etats à quel point ils sont dans un aveuglement complet :

  • Une faute à l’égard du Comité Nobel et vis-à-vis de tous les récipiendaires de ce prix ; Ce comité qui, il ya tout juste 100 ans attribuait cette récompense au Comité Internationale de la Croix Rouge.
  • Une faute de rang et d’honneur. La France qui se dit promouvoir le multilatéralisme (discours du président Macron à l’ONU), protectrice des Droits de l’homme, respectueuse de la démocratie remet tous simplement en cause ses fondements.
  • Une faute dans le cadre de la crise nord-coréenne. Car, que signifie ce message. Il faut avoir et conserver des armes nucléaires ? Face cela, il est facile d’imaginer la réaction nord-coréenne dans une future réunion de l’ONU…
  • Une faute vis-à-vis de ses propres engagements réalisés à de multiples reprises en faveur du désarmement nucléaire à travers des traités internationaux et des résolutions du Conseil de sécurité. En effet, cet acte est bien une protestation contre une ONG qui travaille pour promouvoir le désarmement nucléaire.
  • Une faute vis-à-vis des 122 Etats à travers la planète qui ont adopté en juillet le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Comment ces Etats vont-ils pouvoir croire les diplomates français qu’ils sont en faveur du désarmement, si ils boudent la cérémonie du prix Nobel !

La France joue depuis 2013 le jeu de la chaise vide. Après avoir été absente des trois conférences (2013 et 2014) intergouvernementales sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires ; des Groupes de travail de l’ONU sur le désarmement nucléaires (2013 et 2016) ; de la négociation du traité d’interdiction (mars, juin, juillet 2017) ; Elle ne sera donc pas (vraiment) présente ce 10 décembre.

A ceux qui s’interrogent pourquoi la France perd de son influence dans le monde, la réponse se trouve dans ces absences, le non respect de ces engagements et ce message d’un autre âge que le Président Macron et son ministre des affaires étrangères Le Drian viennent d’envoyer ….

Jean-Marie Collin

Source : Blog Defense et Géopolitique 03/12/2017

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Après le gel de la démission d’Hariri, que nous réserve désormais le Liban?

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, en compagnie de l'ambassadeur iranien à Beyrouth, Mohammad Fathali, mercredi 22 novembre 2017. Reuters/Aziz Taher

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, en compagnie de l’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mohammad Fathali, mercredi 22 novembre 2017.
Reuters/Aziz Taher

Le Premier ministre libanais a une nouvelle fois créé l’événement en annonçant, mercredi 22 novembre 2017, la suspension de sa démission formulée le 4 novembre dernier depuis Riyad. Saad Hariri a lancé un vibrant appel au dialogue et à la modération dans son pays, tiraillé par l’affrontement régional entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Le rôle décisif du président de la République Michel Aoun et des interventions étrangères dans ce « déminage » politique est souligné par la presse.

Le jour du 74e anniversaire de l’indépendance libanaise, mercredi, Saad Hariri s’est offert un bain de foule devant chez lui à Beyrouth, dans le sillage de l’annonce de la suspension de sa démission à la télévision.

Le Premier ministre est allé saluer des milliers de ses partisans venus le féliciter pour son retour dans la capitale libanaise, après 18 jours passés en Arabie saoudite dans des circonstances floues.

Le dernier acte d’une journée marathon pour le fils de Rafiq Hariri. Quelques heures plus tôt, Saad Hariri, de confession sunnite, était apparu aux côtés du président chrétien Michel Aoun, et du chef du Parlement, le chiite Nabih Berry.

Tous trois ont participé ensemble au défilé militaire organisé pour la fête nationale. Puis le Premier ministre s’en est allé discuter au palais présidentiel avec le chef de l’Etat, qui l’a donc convaincu de suspendre sa démission.

Les manœuvres qui ont permis ce revirement

A Beyrouth, après ce revirement inattendu du chef du gouvernement, promesse d’un possible dénouement, le rôle décisif du président est clairement souligné par tous les médias.

Michel Aoun a convaincu son Premier ministre, en arguant de la nécessité de procéder à de vastes concertations nationales pour discuter des arguments avancés par ce dernier au moment de rendre le tablier, le 4 novembre.

On parle aussi de « démarches intensives entreprises par Emmanuel Macron, avec Michel Aoun et les dirigeants américains, saoudiens, israéliens et égyptiens », souligne le site du quotidien francophone L’Orient-Le Jour.

Le rôle central de Paris est détaillé par le quotidien Al-Akhbar, qui a annonçait dès mercredi une initiative franco-égyptienne. La France et l’Egypte auraient manœuvré pour le maintien de Saad Hariri à la tête du gouvernement libanais.

Distancier le Liban des conflits régionaux

Le journal, proche du Hezbollah, croit savoir que les présidents Emmanuel Macron et Abdel Fattah al-Sissi se sont secrètement rencontrés pour accorder leurs violons sur la question libanaise.

Le quotidien Annahar abonde dans le même sens. Le gel par Saad Hariri de sa démission exprimerait une volonté régionale et internationale de calmer le jeu au Liban, selon ce journal proche de l’Arabie saoudite.

Alors, le Liban a-t-il définitivement surmonté la crise provoquée par la démission surprise de Saad Hariri ? La tension a sensiblement baissé mais le règlement définitif dépend du résultat des concertations à venir.

Michel Aoun, dans les prochains jours, doit s’entretenir avec les principaux dirigeants du pays. Objectif de ces assises : distancier le Liban des conflits régionaux. Plus facile à dire qu’à faire, vu le fossé qui sépare Riyad et Téhéran.


? « C’est déjà pas mal, pour une grande partie des Libanais »

Si Saad Hariri a décidé de geler sa démission, c’est pour éviter une crise institutionnelle et politique à son pays. A quoi faut-il s’attendre désormais ? Eléments de réponse avec Ziad Majed, professeur des études du Moyen-Orient à l’université américaine de Paris, interrogé par Toufik Benaïchouche de RFI.

« Il va y avoir un dialogue avec le Hezbollah. Le président de la République est un allié du Hezbollah. Donc, il va essayer de trouver un compromis, même pour la forme. Pour dire que le Hezbollah accepte de préserver le Liban loin du feu de la région, loin des conflits et de l’affrontement entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

Mais des déclarations pareilles, sans mesures concrètes - c’est-à-dire sans le retour de 8 à 10 000 combattants du Hezbollah, qui sont aujourd’hui en Syrie ; sans le retour de conseillers militaires du Hezbollah, qui sont en Irak ; sans des positions moins agressives politiquement, du côté du Hezbollah envers l’Arabie saoudite -, tout cela reste des promesses.

Ou du moins, c’est une volonté de limiter les dégâts, de gagner du temps, en attendant de voir comment les choses vont évoluer et se développer dans la région. Et c’est déjà pas mal, pour une grande partie des Libanais, de pouvoir échapper maintenant à une crise institutionnelle grave ! »

correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Source : RFI 23/11/2017

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Paris sauve la face de l’Arabie saoudite en exfiltrant Saad Hariri

 Mohammed Ben Salman, aux côtés d’Emmanuel Macron, à Riyad, le 9 novembre. Mohammed Ben Salman, aux côtés d’Emmanuel Macron, à Riyad, le 9 novembre. BANDAR AL-JALOUD / AFP

Mohammed Ben Salman, aux côtés d’Emmanuel Macron, à Riyad, le 9 novembre. BANDAR AL-JALOUD / AFP

La présidence libanaise a annoncé que le premier ministre démissionnaire, arrivé samedi à Paris, sera de retour au Liban mercredi prochain pour la fête de l’indépendance.

L’acte I du feuilleton Hariri est terminé. Le premier ministre démissionnaire libanais Saad Hariri et sa famille sont arrivés samedi matin 18 novembre à Paris, en provenance de Riyad, conformément à l’arrangement conclu mercredi entre Emmanuel Macron et Mohammed Ben Salman, l’homme fort du royaume saoudien. Le président français devait ouvrir, samedi, un nouveau chapitre dans cette saga pleine de mystères, en recevant le dirigeant libanais en tête-à-tête, puis en partageant avec lui et ses proches un déjeuner à l’Elysée.

L’avenir politique de Saad Hariri et sa capacité ou non à récupérer son siège de premier ministre, inconnue majeure de cette nouvelle phase, devaient figurer au menu des discussions. Vendredi, en marge d’un sommet européen à Göteborg, en Suède, Emmanuel Macron a déclaré que le chef du Courant du futur avait vocation à rentrer dans son pays « dans les jours, les semaines qui viennent ».

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Pour la diplomatie française, absente depuis longtemps du Proche-Orient, l’exfiltration de M. Hariri d’Arabie saoudite, où la plupart des Libanais le considéraient « captif », constitue un succès. L’initiative de Paris, qualifiée de « deus ex machina » par le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, a permis d’extraire M. Hariri d’une situation délicate, tout en offrant une porte de sortie aux Saoudiens, qui s’étaient placés eux-mêmes dans une situation intenable.

« Retour de la diplomatie française »

Un retour direct à Beyrouth du chef du gouvernement, même pour remettre formellement sa démission au président Michel Aoun, aurait constitué un camouflet pour Riyad. « Macron a très bien joué, il a fait baisser la tension au Liban, tout en protégeant les Saoudiens de l’opprobre international », fait valoir un homme d’affaires occidental installé dans le royaume.

Depuis son élection, le président français, qui ne cesse de mettre en avant sa volonté « de parler à tout le monde », cherche à jouer un rôle de médiateur international. Un rôle que la France a déjà joué dans le monde arabo-musulman, où, contrairement aux Etats-Unis, elle entretient des relations avec tous les acteurs de poids, y compris l’Iran et le Hezbollah, le mouvement chiite libanais pro-Téhéran.

Les deux seules initiatives lancées jusque-là dans cette région par le chef de l’Etat n’avaient guère été couronnées de succès : l’accord en dix points, fruit de sa rencontre, en juillet, avec les deux frères ennemis de la Libye, Faïez Sarraj, le chef du gouvernement « d’union nationale », et le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est, peine à se concrétiser ; et ses efforts pour créer un groupe de contact sur la Syrie sont mort-nés. « L’arrivée de Saad Hariri à Paris marque le retour de la diplomatie française au Proche-Orient », se félicite Ali Mourad, professeur de droit public à l’Université arabe de Beyrouth.

Cette percée est aussi due à la proximité du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avec bon nombre de dirigeants de la région, dont l’homme fort des Emirats arabes unis, Mohammed Ben Zayed, surnommé « MBZ », et son alter ego saoudien Mohammed Ben Salman, alias « MBS ». Des relations qu’il a nouées pendant ses cinq années au ministère de la défense, sous la présidence de François Hollande, au prix d’une indifférence quasi complète aux méthodes très répressives que ces deux autocrates emploient en interne.

Dès l’annonce par Saad Hariri de sa démission surprise, le 4 novembre, depuis Riyad, les autorités françaises avaient exprimé leur préoccupation. Imputé à l’Iran et au Hezbollah, accusés de semer la destruction au Proche-Orient, ce geste attisait la tension entre les géants iranien et saoudien. Les inquiétudes de l’Elysée étaient d’autant plus grandes qu’en dépit des dénégations saoudiennes, Saad Hariri, quasiment injoignable, paraissait privé d’une grande partie de sa liberté. Chantage à l’inculpation dans l’opération anticorruption lancée au même moment dans le royaume ? Pressions sur sa famille ? Les spéculations sur ce qui avait pu inciter Saad Hariri à jeter l’éponge allaient bon train, tant à Beyrouth que dans les capitales arabes et occidentales.

Les efforts de l’Elysée pour trouver une solution ont commencé à porter leurs fruits, mercredi 8 novembre au soir, dans la capitale des Emirats arabes unis. Pendant son dîner avec Emmanuel Macron, consécutif à l’inauguration du Louvre Abu Dhabi, MBZ a décroché son téléphone et obtenu pour son hôte un rendez-vous le lendemain avec MBS. « Mohammed Ben Zayed a une vision très fine de ce qui se passe en Arabie saoudite et sa proximité avec le prince héritier [saoudien] n’est un secret pour personne », expliqua le lendemain le président français.

Depuis plusieurs semaines déjà, le cabinet de M. Macron s’activait pour organiser une rencontre avec le très puissant fils du roi Salman, âgé de 32 ans. Dans l’esprit du chef de l’Etat, celle-ci devait intervenir avant le déplacement qu’il souhaite effectuer à Téhéran, pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire de juillet 2015, menacé par l’administration Trump. Un voyage qui ne peut qu’irriter Riyad, ravi des coups de boutoir du président américain. Il était donc indispensable de conforter au préalable le lien stratégique franco-saoudien.

« Tentation hégémonique » de l’Iran

L’entretien de trois heures entre les deux trentenaires, à l’aéroport de Riyad, porta principalement sur le Liban et le sort de Saad Hariri. Quelques heures plus tôt, ce dernier avait reçu l’ambassadeur de France, François Gouyette, dans sa villa de Riyad. Dans les jours suivants, le président Macron eut deux autres conversations avec MBS, par téléphone. Lundi 13 novembre, au lendemain de l’interview de M. Hariri à la télévision libanaise, au cours de laquelle il s’était dit « libre » tout en faisant montre d’une grande fébrilité, la présidence française évoqua un possible recours devant l’ONU.

Un message destiné évidemment à faire pression sur Riyad. « Au Conseil de sécurité des Nations unies, c’est la France qui tient la plume lorsqu’il s’agit du Liban », rappelle une source élyséenne. Message reçu : mercredi en fin d’après midi, depuis Bonn, Emmanuel Macron annonçait avoir invité le premier ministre libanais à Paris. Jeudi, lors d’une rencontre avec MBS à Riyad, Jean-Yves Le Drian peaufinait le compromis. En échange du geste saoudien, le ministre français des affaires étrangères a renoncé, dans l’immédiat, à la visite qu’il devait effectuer à Téhéran la semaine prochaine pour préparer celle du chef de l’État.

Lors de sa conférence de presse à Riyad, le chef de la diplomatie française a haussé le ton contre Téhéran, dont il a dénoncé « la tentation hégémonique ». En réaction, le ministère iranien des affaires étrangères a dénoncé « le regard partial » de la France, qui « volontairement ou involontairement, aide à transformer des crises potentielles en crises réelles ».

Et après ? Emmanuel Macron a insisté sur le fait que M. Hariri n’entame pas un exil à Paris. Selon le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, il pourrait revenir à Beyrouth dès vendredi prochain. Maintenant que sa liberté est garantie, les responsables politiques locaux sont pressés de l’entendre s’exprimer sur sa démission, que le président Michel Aoun a refusée jusque-là.

Samedi matin, la présidence libanaise a annoncé que M. Hariri sera de retour au Liban mercredi 22 novembre pour la fête de l’indépendance. « Le président [Michel] Aoun a reçu ce matin un appel téléphonique de M. Hariri l’informant qu’il se rendra au Liban pour participer à la célébration de la Fête de l’indépendance », a fait savoir la présidence, précisant également que M. Hariri participerait « notamment au défilé militaire » traditionnel.

Comme il l’a esquissé dans son interview du 12 novembre, M. Hariri pourrait revenir sur son retrait du pouvoir mais exiger en retour un geste du Hezbollah, son encombrant partenaire de gouvernement. Il pourrait également confirmer sa démission, en réitérant le discours anti-iranien qu’il avait initialement tenu, et s’éclipser, pour un temps au moins, de la scène politique libanaise. Dans les deux cas, les questions de fond, éclipsées par les manigances saoudiennes, risquent de revenir sur le devant de la scène. Et de ranimer la discorde entre partis libanais, mise en sourdine depuis deux semaines.

Marc Semo et Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

Source Le Monde 18/11/2017

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Liban : Saad Hariri ouvre la voie à une possible désescalade

 Diffusion de l’interview de Saad Hariri, à Beyrouth, le 12 novembre. Diffusion de l’interview de Saad Hariri, à Beyrouth, le 12 novembre. ANWAR AMRO / AFP

Diffusion de l’interview de Saad Hariri, à Beyrouth, le 12 novembre. ANWAR AMRO / AFP

En laissant son poste le 4 novembre, le premier ministre avait dénoncé publiquement la « mainmise » de l’Iran et du mouvement chiite libanais du Hezbollah, membre de son gouvernement, sur les affaires intérieures de son pays. Une semaine après cette démission, Saad Hariri n’avait toujours pas donné signe de vie

Saad Hariri a rompu le silence écrasant dans lequel il s’était enfermé après sa démission surprise, annoncée le 4 novembre depuis Riyad. Cette décision, que le premier ministre libanais avait imputée à l’Iran, la bête noire de l’Arabie saoudite, accusée de « vouloir détruire la nation arabe », a fait brutalement monter la tension au Proche-Orient.

Dans une interview diffusée dimanche 12 novembre sur la télévision libanaise, où il est apparu les traits tirés, M. Hariri a réfuté la thèse dominante qui le présente comme l’otage des autorités saoudiennes. Il a affirmé à plusieurs reprises que ses hôtes ne l’ont pas forcé à démissionner, et qu’il rentrera « bientôt » à Beyrouth, répétant que son absence est due aux dangers qui pèsent sur sa vie, sans donner plus de précisions.

Parallèlement à ces dénégations, qui n’ont pas véritablement convaincu les observateurs, le chef de file de la communauté sunnite libanaise s’est efforcé d’apaiser la situation. Il a usé, à l’encontre de l’Iran et du Hezbollah, le mouvement chiite libanais pro-Téhéran, de formules moins belliqueuses que dans sa précédente intervention, et il a laissé entendre qu’il pourrait revenir sur sa démission. « Sur le fond, c’est une désescalade, réagit Karim Emile-Bitar, professeur de relations internationales à l’université Saint-Joseph de Beyrouth. On a retrouvé le tempérament conciliateur de Saad Hariri. On peut supputer que les Saoudiens ont voulu mettre en sourdine leur ligne maximaliste. »

L’interview du premier ministre démissionnaire a été diffusée en direct, en début de soirée, sur Future TV, la chaîne de son parti politique, baptisé du même nom. Cinq autres chaînes libanaises ont refusé de retransmettre l’émission, conformément aux consignes du président Michel Aoun, qui avait estimé que les déclarations de M. Hariri seraient automatiquement sujettes à caution, compte tenu des « conditions mystérieuses entourant sa situation en Arabie saoudite ».

« Je suis libre ici »

L’entretien, conduit par Paula Yacoubian, une célèbre animatrice de talk-show, a été réalisé dans la villa que M. Hariri, détenteur de la nationalité saoudienne, possède à Riyad. « Je suis libre ici, si je veux voyager demain, je voyage », a déclaré d’entrée le leader libanais. Le visage pâle, les yeux cernés, s’interrompant parfois pour boire de l’eau ou se racler la gorge, il a assuré qu’il pourrait atterrir à Beyrouth « dans deux ou trois jours », pour « entamer les procédures constitutionnelles nécessaires » à sa démission, que le chef de l’Etat a refusé d’accepter en l’état.

« J’ai écrit ma démission de ma main, et j’ai voulu provoquer un choc positif (…) pour faire comprendre aux Libanais la situation dangereuse dans laquelle nous nous trouvons », a ajouté le chef du gouvernement. Il a démenti tout lien entre son retrait du pouvoir et la purge anti-corruption, entamée le même jour, sur ordre du prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salman, dit MBS, qui a abouti à l’arrestation de centaines de VIP, dont des princes et des entrepreneurs. Un coup de filet sans précédent, qui, dans l’esprit des Libanais et de nombreux observateurs étrangers, a pu servir aux autorités de Riyad pour faire pression sur M. Hariri, propriétaire dans le royaume d’une entreprise de construction, Saudi Oger. « C’est une coïncidence », a-t-il prétendu, louant sa relation avec MBS, qu’il a qualifié de « frère ».

out au long de l’interview, le fils de l’ancien premier ministre libanais Rafik Hariri, assassiné en 2005, a semblé épuisé nerveusement. Au bord des larmes à un moment, il a demandé à Paula Yacoubian, à la fin de l’interview, d’abréger ce qui paraissait être une épreuve pour lui. Cette fébrilité, très commentée sur les réseaux sociaux, a nui à ses efforts pour dissiper les soupçons pesant sur son séjour saoudien. « Hariri ressemble à un homme brisé, il n’y a aucune conviction dans ce qu’il dit », a souligné Karl Sharro, un commentateur politique libanais, très actif sur Twitter.

Main tendue au Hezbollah

A plusieurs reprises durant l’échange, l’intervieweuse a fait mention d’événements se déroulant simultanément, comme le tremblement de terre au Kurdistan irakien, de façon à démontrer que l’émission se déroulait bel et bien en direct et n’avait pas fait l’objet d’un montage préalable. Signe de la défiance du public, beaucoup de téléspectateurs ont pointé du doigt un bref moment, où M. Hariri jette un regard semble-t-il courroucé à un homme apparaissant dans le champ de la caméra, muni d’un bout de papier.

Sur les réseaux sociaux, ces quelques secondes équivoques sont devenues la preuve que le premier ministre libanais a reçu des instructions de ses hôtes saoudiens pendant l’interview. Faux, selon Paula Yacoubian, qui a assuré à l’issue de l’entretien que l’homme en question était un membre de l’entourage de M. Hariri, ajoutant n’avoir rencontré aucun responsable saoudien avant de prendre l’antenne.

A rebours de son discours de démission, durant lequel il avait promis de « couper les mains » de l’Iran dans la région, le chef du Courant du futur a tendu la main au Hezbollah. Il a suggéré qu’il pourrait renoncer à quitter le pouvoir si le mouvement chiite s’engageait à respecter le principe de « distanciation », c’est-à-dire de non-ingérence dans les crises régionales, élaboré par son prédécesseur Najib Mikati, premier ministre au démarrage du soulèvement syrien.

Sursaut pro-Hariri

Outre le rôle du Hezbollah dans ce pays, où il combat au côté des forces pro-Assad, le premier ministre a insisté sur son implication supposée au Yémen. Ces derniers jours, les autorités saoudiennes ont accusé des membres de la milice chiite libanaise d’avoir contribué à l’assemblage du missile balistique tiré par les rebelles Houthis, le 4 novembre, sur Riyad. « Je ne suis pas contre le Hezbollah en tant que parti politique, mais je suis contre le fait que le Hezbollah joue un rôle externe et mette le Liban en danger », a martelé Saad Hariri.

Dans cette inflexion, les observateurs libanais voient le résultat du sursaut pro-Hariri, qui s’est manifesté ces derniers jours à travers le pays. La plupart des partis politiques, choqués par le traitement réservé au premier ministre, ont réclamé son retour immédiat à Beyrouth.

A part la frange la plus extrême du Courant du futur, la plus grande partie de la communauté sunnite a préféré se solidariser avec son leader plutôt qu’obéir aux injonctions anti-Hezbollah des Saoudiens. « MBS a été trop impulsif, estime Karim-Emile Bitar. Maintenant qu’il a compris que son coup d’éclat a renforcé la popularité d’Hariri, il fait machine arrière. » « La rue sunnite a mis en échec le plan saoudien, renchérit Walid Charara, membre du centre de recherche du Hezbollah. MBS doit maintenant trouver une porte de sortie. »

Benjamin Barthe

Le Monde.fr avec AFP | 12.11.2017

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