Montpellier Danse 2018. Premier bilan

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LE 38e Festival Montpellier Danse se termine ce soir…

Il a accueilli 35 000 spectateurs.

27 spectacles différents
dont 16 sont des créations ou des 1ères en France
40 représentations payantes • 29 chorégraphes
12 pays représentés (Allemagne, Belgique, Brésil, Canada, Cap-Vert,
Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Iran, Israël, Pays-Bas)
19 conférences de presse
10 000 personnes ont assisté aux 47 événements gratuits
35 lieux dont 20 en plein air • 11 villes de la Métropole
450 000 € de recettes de billetterie pour 980 000 € de dépenses artistiques
130 emplois générés par le Festival
6 soli • 1 quintet • 48 danseurs de la Compañia Nacional de Danza pour Artifact Suite 1 corbeau-pie • 7 acrobates • 1 violoncelliste
340 danseurs et membres des compagnies
1520 projecteurs • 45 km de câbles électriques • 2438 nuits d’hôtel

Diffusion

LES CRÉATIONS PARTENT EN TOURNÉE
Après Montpellier, les 16 créations du Festival partent sur les routes
à la rencontre des publics du monde entier.
À l’heure où le 38e Festival prend fin, plus de 214 représentations
dans 78 villes de 11 pays sont déjà confirmées.

 

Dans la Presse

C’est le plus grand festival de danse de l’été
et il s’est ouvert ce week-end à Montpellier.
France Inter, Nicolas Demorand, Le journal de 7h40, 25 juin 2018

Montpellier Danse se donne en spectacle : La 38e édition du festival international jongle habilement entre grands noms et signatures pointues.

Rosita Boisseau, Le Monde, 21 juin 2017

De la création, de la longévité, de la résistance, des qualificatifs qui font du Festival Montpellier Danse un lieu sûr où se réfugier dans la tempête qui balaie corps et âmes sans laisser de traces.

Jean-Marie Dinh, La Marseillaise, 17 mars 2018

Montpellier Danse is to contemporary dance what the Avignon Festival is to theatre; now nearly in its fortieth year (it was founded at the height of the Nouvelle Danse explosion), it has always been in the capable hands of Jean Paul Montanari.

Danza&Danza Internationale (Italie), Mai-Juin 2018

Montpellier Danse programme ses créations les plus audacieuses devant un public averti.

Jean-Marie Gavalda, Midi Libre, 26 juin 2018

Montpellier Danse, un festival de références. La programmation reste fidèle à l’essence du festival : montrer les différentes facettes de la création contemporaine.

La Gazette de Montpellier, 22 mars

Il y aura bien des raisons d’être à Montpellier Danse l’été prochain, tant la 38e édition du festival est riche : grands noms, troupes foisonnantes et têtes chercheuses.

Emmanuelle Bouchez, Télérama, 20 mars 2018

Voir aussi : Rubrique Danse

Frédéric Jacques Temple : « Voyager c’est découvrir et surtout se découvrir autre part »

« Divagabondages » c’est un choix avec des bornes qui marquent le chemin et le temps ed Actes Sud. Photo dr

« Divagabondages » c’est un choix avec des bornes qui marquent le chemin et le temps ed Actes Sud. Photo dr

A l’occasion de la publication de « Divagabondages » une invitation au voyage et aux rencontres artistiques orchestrées par le poète Frédéric Jacques Temple, entre 1945 et 2017, l’homme du Midi nous ouvre sa porte pour partager la mystérieuse clarté de sa mémoire.

Revenons sur votre rencontre avec Edmond Charlot qui a été votre premier éditeur. Vous êtes resté en contact après lui après la guerre ?

Charlot a eu une carrière de délégué culturel en Méditerranée après avoir essayé de devenir éditeur parisien. A Paris, il a été complètement boycotté par les éditeurs qui avaient survécu à l’occupation. En 1980, quand Charlot a pris sa retraite, il est venu s’établir à Pézenas. A cette époque, je l’avais complètement perdu de vue. Un jour que j’étais invité à dire des poèmes à Pézenas, il était là. Cela a été merveilleux pour moi de le retrouver. J’avais énormément de souvenirs avec lui à Alger, et en quelque sorte cela me rajeunissait. On est devenu très ami après, et ce jusqu’à sa mort.

A Pézénas, Les éditions Domens se font passeurs de cet héritage autour de Charlot et de l’école d’Alger. Comment percevez-vous les auteurs de ce mouvement qui éclos dans le contexte tendu du système colonial ?

A Alger, il y avait les écrivains algériens de langue française comme Robert Randau, Jean Pomier qui s’appelaient les Algérianistes. C’étaient des gens ancrés dans l’Algérie comme les Pieds noirs l’avaient été mais avec un fond colonialiste qui était important. Et puis, il y a eu une petite révolution littéraire avec Gabriel Odisio, et des gens comme Robles et d’autres qui ont dit non, nous ne sommes pas Algérianistes, nous sommes écrivains méditerranéens. Déjà cela marquait une grande différence, ensuite est arrivé Charlot qui est devenu non seulement un éditeur algérois mais un éditeur du monde entier. Il a réédité des gens comme Huxley, Lawrence, Moravia, et des écrivains français Vercors, Bernanos, Giono… Ce mouvement se différenciait en disant nous sommes bien sûr Algériens de naissance, mais nous sommes des écrivains du monde et surtout méditerranéens.


Fréderic-Jacques Temple : « Pour moi, le monde continue à être merveilleux et terrible »


Ecrivain méditerranéen, cela fait sens pour vous ?

Oui, oui… comme je le dis toujours, je suis un écrivain occitan de langue française. Pour moi, ça veut dire que c’est une ouverture de parler une langue, ce n’est pas quelque chose qui vous rétrécit dans un pays, tout au contraire cela vous donne la possibilité de s’ouvrir au grand monde.

Qu’est-ce que voyager ?

Cela n’a rien à voir avec le tourisme. Voyager, c’est d’abord découvrir quelque chose, et surtout se découvrir autre part. J’ai écrit un petit poème là-dessus. Il s’appelle je suis un arbre voyageur. « Mes racines sont des amarres… Je m’en vais pour découvrir le monde mais je reviens toujours à mon point d’attache. »

Dans votre roman « Un cimetière indien », le retour du voyageur chez lui ne se passe pas très bien… Votre dernier livre, « Divagabondages » pourrait être considéré comme une invitation au voyage…

Ce sont des articles parus dans différentes revues, journaux, que j’ai eu l’idée de réunir. Ce n’est pas exhaustif, j’ai fait un choix avec ce que je peux appeler des bornes pour marquer le chemin et le temps. Parmi ces bornes il y a des gens célèbres et d’autres qui ne le sont pas et qui devraient l’être. Il y aussi des amis très proches, d’autres plus lointains.

Si l’on ne s’éloigne pas trop des racines on pense à Max Rouquette avec qui vous partagez l’amour du midi. Comment situez-vous votre engagement en faveur de l’occitanisme ?

C’est assez compliqué. Je pense que nous avons été colonisés. Cela, je peux le reprocher aux hommes politiques de l’époque ancienne qui ont vendu le territoire à la Couronne de France. En réalité, j’étais un grand supporter des Plantagenêt. Ils étaient rois d’Angleterre et ils parlaient occitan. Et si Richard Cœur de Lion qui était troubadour, avait remporté la victoire sur Philippe Auguste, la moitié de la France parlerait l’occitan et le français. Et les Anglais parleraient le français… Peut-être n’aurions nous pas ces problèmes que nous rencontrons maintenant avec les Bretons, les Occitans, les Catalans… On est minoritaire, comme disait Montesquieu, « je suis homme nécessairement et je ne suis Français que par hasard. »

L’ exil du leader catalan Puigdemont pourrait faire échos à la Retirada…

La Catalogne finalement aurait pu être Française et le Roussillon catalan aurait pu être Espagnol. Ce qu’il y a de drôle c’est que les écrivains catalans français, publient en catalogne espagnole et pas en France, ou très peu. Les choses auraient pu se passer plus simplement. Au Pays basque ça a été très dur. Il semble qu’une solution ait été apportée. Je ne sais pas si les Catalans sont énervés davantage mais en tous cas ils ont raison de défendre leur langue. Cela correspond à une culture et à une civilisation. Détruire une langue, c’est détruire une civilisation. Le grand défaut de la France est d’être jacobine.

Comment définissez vous l’amitié ?

Comment définissons-nous l’amour ? Je ne sais pas. L’intérêt que l’on éprouve pour une œuvre, peut se transformer en amitié si l’on connaît l’auteur. L’amitié que j’ai éprouvé pour Cendrars est différente de celle que j’ai éprouvée pour Miller ou pour Durrell. Miller était très fraternel . Je ne dirais pas que c’était un ami très proche. Durrell était très amusant, très intelligent, très séduisant, je ne dirais pas que c’était un ami très proche. Cendrars, Jean Carrière, Jean Joubert ont été des amis très proches.

Cendrars ce fut une rencontre majeure…

J’ai commencé à lire Cendrars tout de suite après la guerre, je ne le connaissais pas alors. En 1948, alors que je participais au lancement d’une petite revue après l’expérience de la Licorne, j’avais écrit à quelques écrivains que j’admirais parmi lesquels Camus, Cendrars, Giono et d’autres. La première réponse est venue de Cendrars dans les 48 heures et il m’a envoyé la version tapée à la machine des « Ravissements de l’amour », un chapitre des « Lotissements du ciel », le livre qui allait sortir.

Je l’ai publié dans la revue avec quelques contes de Giono. Camus m’a répondu qu’il n’avait rien à ce moment-là. A la suite de cet échange, le 3 juillet 1949, je me suis rendu dans les sommets de Villefranche pour voir Cendrars. Il faisait une chaleur épouvantable. Je suis arrivée la chemise trempée, j’ai sonné. Cendrars est apparu à la fenêtre. Il est descendu pour venir à ma rencontre m’a fait entrer et m’a dit : vous ne pouvez pas rester comme ça, vous allez attraper froid, je vais vous donner une de mes chemises. Il est revenu avec une chemise blanche. J’ai enlevé la mienne. J’ai mis la sienne. Et à ce moment, il m’a regardé d’une drôle de façon, et je me suis rendu compte que dans le bras droit de cette chemise il y avait mon bras. Ce bras qui lui manquait, qu’il avait perdu à la Première guerre. Peut-être que la guerre a été un lien entre nous… Peut-être aussi parce qu’il avait perdu son fils Rémi pendant la seconde guerre.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 28/04/2018

Voir aussi : Rubrique  Rencontre, Fréderic-Jacques Temple : «Pour moi, le monde continue à être merveilleux et terrible»,

Le Club des Mécènes Berlioz en renfort à l’OONM

Le Club des Mécènes Berlioz souhaite apporter sa pierre à l’édifice 

Mécenat
Création de l’association Club Mécènes Berlioz  qui se fixe pour objectif de rassembler des moyens financiers en vue de développer les capacités, notamment artistiques de l’Opéra Orchestre National de Montpellier Occitanie.

« Ce n’est pas parce qu’on est entrepreneur qu’on ne s’intéresse pas à l’aventure humaine, bien au contraire », expose Jérôme Ribeiro, le fondateur du Club des Mécènes Berlioz. Tout a débuté par la sollicitation du président de l’OONM Didier Dechamps, – ancien DRAC du Languedoc-Roussillon – portée au printemps dernier, auprès d’une assemblée de 200 chefs d’entreprises de la Région. Parmi eux, Jérôme Ribeiro, jeune chef d’entreprise du pôle MAJ Architecture et Design, se trouve particulièrement attentif à l’appel du président. Convaincu que le monde économique local a un rôle à jouer pour soutenir un des fleurons de la culture régionale en difficulté, cet amateur de la programmation lyrique se décide à relever le défi. Il ne tarde pas à prendre son bâton de pèlerin pour convaincre un premier cercle de personnalités locales comme le médecin cancérologue Bernard Serrou, ou l’ex président de la CCI Michel Fromont, puis part à la rencontre des tutelles publiques pour renforcer les fondations du projet.

« Didier Dechamps, qui préside cette institution bénévolement, nous a expliqué que l’Opéra Orchestre de Montpellier Occitanie était la seule structure bénéficiant du label de reconnaissance nationale à ne pas disposer d’un club de mécènes. Il m’a donné envie de lui apporter mon aide, explique Jérôme Ribeiro, je suis parti de mon expérience personnelle. Mon père était un entrepreneur en maçonnerie. J’ai découvert l’opéra très tard, c’est un art complet, fantastique qui demeure élitiste alors qu’il a tout pour séduire notre culture contemporaine. »

Il se trouve justement, qu’à Montpellier, la programmation impulsée par Valérie Chevalier est riche et éclectique. Depuis sa nomination, la directrice s’inscrit dans une volonté de démocratisation et de reconquête du public en favorisant l’accès aux concerts et aux opéras sans céder à la qualité des projets.

« Au sein du Club Mécène Berlioz, en tant que chef d’entreprise, il nous apparaît naturel d’apporter notre pierre à l’édifice. Je considère que les entrepreneurs que l’on réduit souvent à un profil stéréotypé, ont un rôle sociétal. Dans le cadre de notre club, nous avons défini une charte éthique. L’idée directrice est de mettre à profit nos créations de richesse et notre savoir-faire, comme l’esprit partenarial mais sans se substituer aux finances publiques qui restent incontournables. »

Création de valeur collective

Cette démarche exigeante et exemplaire ne se veut pas pour autant désintéressée. « Nous nous rassemblons autour d’un projet commun où chacun y trouve sa contre-partie. » Le mécénat présente de très nombreux avantages, tant pour le porteur de projet qui en bénéficie que pour celui qui fait le don. Pour les entreprises l’intérêt de devenir partenaire prend différentes formes. Des avantages fiscaux en terme de réduction d’impôts, des atouts liés à la démarche  de mécénat comme celui de se faire connaître auprès des émetteurs d’appels d’offres, mais aussi des retombées positives dans la culture interne de l’entreprise qui peuvent se traduire par des offres de billets à prix avantageux pour le personnel de l’entreprise.  

Le Club des Mécènes Berlioz se veut apolitique, il soutiendra exclusivement l’OONM. Il entend le faire dans la durée, sans intervenir dans le champ artistique mais il n’exclue pas d’être porteur de propositions. « A chacun ses compétences, indique Jérôme Ribeiro, notre contribution peut éventuellement avoir une incidence sur la distribution en permettant d’accueillir un ténor ou une soprano de stature internationale. Mais on n’a rien à dire, on a juste à faire. »

JMDH

Source La Marseillaise 03/03/2018

CDN Montpellier. Valeurs de l’hospitalité et de l’accompagnement

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano entrent dans leur fonction au CDN.  Photo JMDH

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano entrent dans leur fonction au CDN. Photo JMDH

Théâtre
Nommés par Audrey Azoulay dans des conditions un peu tendues de la succession à Rodrigo Garcia au CDN de Montpellier, Nathalie Garraud et Olivier Saccomano présentent un projet innovant et se tournent résolument vers l’avenir.

Nathalie Garraud est metteur en scène, Olivier Saccomano, est auteur dramatique. Ce duo, entré en fonction en janvier, pilote désormais le Centre National Dramatique de Montpellier. Ils sont plutôt jeunes et exposent les idées directrices de leur projet avec une fraîcheur qui semble tenir à la fois de la réflexion et de la spontanéité artistique.

« On travaille en troupe depuis douze ans, explique Nathalie Garraud, La troupe, cela signifie que nous avons développé un processus de création où l’on avance chacun dans notre pratique ensemble, acteur, metteur en scène, auteur, techniciens, plasticiens associés… Nous sommes très heureux d’être ici. Cette notion de troupe est pour nous une pierre angulaire du projet que nous allons mettre en oeuvre au CDN de Montpellier avec les habitants du territoire , les artistes, et tous les partenaires de la région.»

Visiblement, l’expérience a déjà commencé avec l’équipe du CDN de Montpellier. « Les réunions pour clarifier les modes de fonctionnements et les rapports de travail se succèdent dans un climat convivial et collaboratif », confie une membre de l’équipe.

Défendre le travail dans la durée
Un des axes clé du projet, déjà impulsé avec la Compagnie du Zieu qui travaille sur des cycles de création, consiste à rompre avec le rythme du circuit de diffusion théâtrale qui tant à imposer un modèle de consommation de spectacles. Un modèle qui contraint fréquemment les artistes à créer des pièces sans leur permettre de les jouer, et donc de faire connaître leur travail ce qui rend aussi difficile le contact entre public et artiste.

Le projet  de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, entend appréhender cette problématique en usant d’un autre rapport au temps. « Politiquement, la question centrale  à défendre c’est la durée, explique Olivier Saccomano, nous avons conçu le projet afin qu’il permettre un rapport aux oeuvres et à la dimension artistique, qui sera portée par des artistes avec lesquels nous nous associons dans la durée

La saison prochaine la troupe ne proposera pas de création. En revanche elle tournera avec deux spectacles déjà conçus (Othello variation pour trois acteurs et Ceux qui grondent, un spectacle de petite forme jeune public.) sur tout le territoire, dans des théâtres, des Maison pour Tous, et d’autres lieux comme les établissements scolaires, les prisons, les maisons de retraite…

Zone de rencontres
Pour construire cette programmation d’un nouveau genre la troupe du CDN s’appuie sur plusieurs artistes associés qui seront accueillis dans la durée. A raison d’une équipe artistique par mois qui présenteront plusieurs pièces sur deux semaines et s’emploieront à accompagner leur expression sur le territoire en allant à la rencontre du public ou à travers les dispositifs d’éducation artistique.

Parmi les artistes impliqués on attend Marie Lamachère dont le théâtre engagé s’inscrit dans le réel, l’auteur Dieudoné Langouna, Directeur artistique du festival Mantsina sur scène à Brazzaville, Ema Dante, auteur et metteur en scène sicilienne qui pratique un théâtre social d’avant-garde, le collectif théâtral libanais Zoukak, le professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre Olivier Neveux, et l’artiste plasticienne chorégraphe Mylène Benoit.

Pour le duo fraîchement nommé à la tête d’un pilier de la politique publique en faveur de l’art dramatique, « la responsabilité est aussi, celle d’inventer

JMDH

Quelle place donnerons nous à la culture en 2018 ?

Concert du Festival de Radio France Montpellier Occitanie place de l’Europe à Montpellier.

Concert du Festival de Radio France Montpellier Occitanie place de l’Europe à Montpellier.

Tels qu’ils sont présentés par les institutions et les responsables politiques, les intentions et les budgets en faveur de la culture sur le territoire sont au beau fixe. Mais peu d’acteurs s’interrogent sur ce que sous-tend vraiment la notion de culture et de compétence culturelle…

Alors que la Valette (Malte), capitale européenne de la culture en 2018, débute en préambule les festivités avant la cérémonie officielle d’ouverture prévue pour le 20 janvier, les conditions climatiques, politiques, sociales et démocratiques du monde, ne cessent de se dégrader. Si bien qu’on peut s’interroger au niveau global comme local, sur le rôle que pourra bien jouer la culture cette année pour défendre l’ouverture d’esprit, la tolérance, et les idées si nécessaires au savoir vivre ensemble qu’au domaine démocratique.

L’aspect culturel de la construction européenne devrait être un élément essentiel mais le chemin pour y parvenir paraît bien long. L’idée de désigner une capitale européenne de la culture s’inscrit sur le papier avec une volonté affichée de rapprocher les Européens en mettant en avant la richesse et la diversité des cultures du continent. En pratique cette précieuse désignation sert souvent à mettre en oeuvre des plans de rénovation urbaine assez éloignés des objectifs affichés. Ce n’est alors pas la culture qui transforme la ville mais la ville qui se transforme en prenant la culture pour alibi.

Ambitions culturelles
Après Marseille en 2013, le maire Philippe Saurel a annoncé sa volonté de candidater pour que Montpellier soit Capitale Européenne de la culture en 2028. L’idée n’est pas saugrenue et elle a le mérite de se trouver en correspondance avec un axe de développement culturel structurant et constant que les différents maires de Montpellier ont maintenu depuis Georges Frêche.

« Il faut bâtir  hashtag #MontpellierDestination Culture. Nous disposons des ingrédients pour y parvenir, se félicité Philippe Saurel,  la croissance de la ville, sa jeunesse, 30% des habitants ont moins de 30 ans. Le caractère universitaire  d’une ville monde . C’est-à-dire une ville dans laquelle se reflète tous les visages de la planète.» Cette volonté de conforter l’image de Montpellier à la culture se traduit dans les chiffres. Elle représente 64M d’investissement en fonctionnement jusqu’à la fin du mandat de Phillipe Saurel.

Le budget national de la culture sera conforté en 2018. Il avoisine les 10 milliards d’euros. Le ministère de la Culture  fixe « la vie culturelle, la cohésion sociale et le dynamisme économique des territoires» au rang de ses priorités.  En 2018, le ministère de la Culture augmentera la part de ses crédits déconcentrés,  » pour que son action se déploie au plus près des acteurs de terrain» a assuré la ministre de la Culture Françoise Nyssen  lors de sa première visite à Montpellier.  Dans sa profession de foi pour 2018, la ministre de la Culture assure que les collectivités locales, associations, et citoyens bénéficieront d’un montant de 860 M, (en hausse de 6 %) afin de renforcer, sur tout le territoire, l’action publique en faveur de la culture et de lutter contre le sentiment d’abandon qu’exprime une partie des Français.

Une Chambre en Inde d’Ariane Mnouchkine au Printemps des Comédiens 2017.

Une Chambre en Inde d’Ariane Mnouchkine au Printemps des Comédiens 2017.

Zones blanches et paupérisation artistique
Sur le terrain pourtant ce sentiment est bien réel. A travers les différences sociales et territoriales s’expriment les zones blanches de la culture. La perception des inégalités culturelles s’observe à travers le caractère plus ou moins élitaire de la fréquentation des lieux de culture consacrés comme les théâtres et les musées. Mais pas seulement, les études sur le sujet laissent apparaître que la sensibilité aux inégalités culturelles s’inscrit dans une vision critique de la société française et traduit un intérêt marqué pour les questions de justice sociale.

Dans le secteur du spectacle le développement des activités artistiques sur le territoire est en recul. Les artistes subissent une crise qui s’inscrit dans la durée. Le phénomène de paupérisation  artistique est intimement lié à la mutation d’un secteur ou les prescripteurs eux-même peinent à s’y retrouver entre les objectifs de remplissage, et la qualité de l’offre.

Maillage culturel du territoire
Dans un contexte de baisse des dotations publiques, pour renforcer l’égalité d’accès à la culture et maintenir un aménagement culturel équilibré du territoire, la Région Occitanie a adopté un budget (96,1M) en augmentation de 12% pour la culture et le patrimoine. Le Conseil Départemental de l’Hérault maintient lui aussi une politique volontariste en matière culturelle. Il versera 4,8 M à la Métropoles de Montpellier pour le maintient des festivals sur le Domaine d’O dont de la partie Nord relève depuis le début de l’année de La Métropole. Les festivals Arabesques, Folie Lyriques ; Nuits d’O, le Printemps des comédiens et Saperlipopette seront donc pérennisés ainsi que la saison d’hiver du Domaine d’O. Plus à l’Ouest, l’institution départementale projette de lancer cette année un vaste projet sur le Domaine départemental de Bayssan à Béziers. Un Théâtre en dur va remplacer le chapiteau et un amphithéâtre de plein air verra le jour.

Aux volontés politiques affirmées de  la Région, du département et de la Métropole s’ajoute l’initiative volontariste des villes comme Sète, Frontignan ou Lodève qui ont fait de la culture un axe de développement.

Difficile maillage culturel du territoire
La multiplicité des acteurs publics naguère à l’origine des financements croisés qui pouvaient bénéficier aux acteurs et aux structures artistiques a été remise en question. Par la réduction des budgets publics, d’une part, notamment celle de l’Etat qui garantissait une certaine qualité de l’offre artistique, et par la réforme territoriale d’autre part. On peut le mesurer avec la menace qui plane sur l’Opéra Orchestre national de Montpellier depuis la création de la grande Région Occitanie. Les économies d’échelle impactent par ailleurs les mécanismes de la gouvernance des politiques culturelles comme on le constate à l’échelle de la Métropole de Montpellier dans la redistribution des postes et des fonctions en dépit de l’expérience acquise.

L’aspect culturel sous-tend la notion d’appartenance commune et de lien à cultiver. Universalité des valeurs et diversités des expressions sont les deux faces d’une même monnaie qui ne peut sonner au fond d’un tiroir caisse.

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 20/01/2018

Voir aussi : Actualité locale, rubrique Politique, Politique culturelle, rubrique Montpellier,