A l’occasion de l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque Mondiale à Washington, le fonds a présenté ses perspectives économiques, toujours pessimistes pour la croissance mondiale. Le PIB devrait croître de 3,1 % cette année, puis 3,4 % l’an prochain, mais de manière inégale et fragile.
Six ans après la crise, l’économie mondiale est encore convalescente. La reprise se fait en dent de scie, la croissance est trop faible depuis trop longtemps, et ses bénéfices touchent trop peu de monde, a expliqué l’économiste en chef du FMI.
Les économies avancées inquiètent. Aux Etats-Unis comme dans la zone euro, les cicatrices de la crise sont encore visibles. La demande intérieure, l’investissement sont insuffisants, la population vieillit, et la productivité stagne.
Les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont douchées : 1,6 % cette année, 2,2 % l’an prochain, c’est un demi-point en moins que prévu et c’est à peine plus que la croissance attendue en zone euro, 1,5 % l’an prochain. L’éclaircie sera pour les émergents.
Le Brésil et la Russie devraient sortir de la récession, la croissance chinoise reprendre un peu de vigueur, mais le FMI reste prudent et se borne à expliquer que les perspectives sont inégales et plus maussades aujourd’hui que par le passé.
Enfin, de nombreux risques et incertitudes continuent de peser sur l’économie mondiale. Les conséquences du Brexit, l’explosion de la dette des entreprises en Chine, la multiplication des actes terroristes, la propagation du virus Zika… Le FMI appelle les Etats à renforcer leur coopération, surtout à agir pour ne laisser l’économie mondiale s’enliser dans le marasme dans lequel elle se trouve aujoud’hui.
Depuis la Syrie, le soutien de la «brigade Krasucki» aux salariés d’Air France
«Liberté pour les 16 d’Air France ! Victoire pour la CGT !» ont écrit sur un muret de la ville de Manbij les membres de ce groupe, qui ont rejoint un bataillon de syndicalistes britanniques luttant contre l’Etat islamique.«Syndicalistes, pas voyous ! Antifascistes, pas terroristes !» Ainsi se conclut le message de combattants français en Syrie, posté mardi sur la page Facebook de la CGT Cheminots Versailles. Sur la photo accompagnant le message, cinq hommes en tenue militaire, armés de fusils d’assaut, prennent la pose sur le toit d’un immeuble délabré, avec derrière eux ces mots écrits sur un muret : «Liberté pour les 16 d’Air France ! Victoire pour la CGT ! Brigade Henri Krasucki.» La date de la publication n’est pas anodine : mardi s’ouvrait le procès de quinze salariés (et non seize, mais l’un d’eux est mis en cause deux fois) d’Air France dans le cadre de l’affaire dite «de la chemise arrachée».
Source Libération :
Procès Air France : le soutien inattendu de la « brigade Krasucki » en Syrie
Cest un soutien pour le moins inattendu. Les 15 salariés d’Air France, qui comparaissaient mardi et mercredi devant la justicedans l’affaire des « chemises arrachées », ont reçu un message de solidarité de la part de combattants alliés aux milices kurdes en Syrie.
Sur une photographie, on voit cinq hommes cagoulés, Kalachnikov au poignet. Les combattants posent devant un mur marqué de ce slogan :
« Liberté pour les 15 d’Air France. Victoire pour la CGT. »
Les inscriptions sont signées « Brigade Henri Krasucki ».
La photo peut paraître surréaliste, ou anachronique. Pourquoi ce message en français sur un mur de Syrie ? Et pourquoi une brigade de combattants porte-t-elle le nom d’un ex-dirigeant du syndicat français CGT ?
Est-ce un photomontage ? Non, le reporter Nicolas Hénin, spécialisé dans les conflits, assure qu’il n’y a aucun doute sur l’authenticité de la scène. « On avait déjà vu des photos et vidéos de ce groupe par le passé », explique-t-il à « l’Obs ».
D’où vient la photo ?
La photo est d’abord diffusée sur le compte Facebook de la CGT cheminot Versailles, qui a obtenu l’image via leurs homologues d’outre-Manche : « Nous sommes liés au syndicat cheminot britannique RMT. Au sein des Bataillons Internationalistes de Libération, s’est constituée la brigade ‘Bob Crow’, contenant des membres du syndicat anglais », explique à « l’Obs » le secrétaire de la CGT Cheminot Versailles qui a reçu la photo mardi, « c’est un responsable du RMT qui m’a envoyé la photo. »
Un message accompagne la photo et révèle les revendications de ce bataillon :
« Nous, combattants français, de la Brigade Henri Krasucki, du Bataillon Internationaliste de Libération, soutenons la journée de mobilisation contre la répression du 27 septembre à l’initiative de notre syndicat, la Confédération Générale du Travail ; et apportons notre soutien aux syndicalistes d’Air France et à toutes celles et ceux qui luttent. »
A la fin du communiqué, la brigade fait la corrélation entre leur lutte en Syrie et celle de la CGT en France :
« Si nous luttons ici, loin de chez nous, pour le peuple syrien opprimé par les années de guerre et successivement par les régimes dictatoriaux et fascistes djihadistes, si nous luttons aux côtés du peuple kurde pour sa libération et son indépendance, si nous luttons contre l’organisation terroriste fasciste DAECH, notre but n’est pas différent du vôtre : LIBERTE ET JUSTICE ! »
Enfin, le message conclut par :
« VIVE LA CGT ! SYNDICALISTES, PAS VOYOUS ! Antifascistes, pas terroristes ! »
Krasucki et l’esprit brigadiste
Les brigades internationalistes viennent de participer à la bataille de Manbij. Ils ont libéré la ville de Daech, d’où les inscriptions qui apparaissent sur le bâtiment de la photo. Ils combattent au Rojava, la région kurde du nord de la Syrie, auprès du YPG, émanation syrienne du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie. L’idéologie du PKK est issue du marxisme-léninisme et la région du Rojava s’est tournée vers un système confédéral, une gestion décentralisée de la politique et de l’économie. En théorie, une approche peu éloignée du syndicalisme.
Le secrétaire de la CGT cheminot de Versailles estime pour sa part:
« Ils honorent la CGT en ayant cet esprit brigadiste, progressiste et en prenant le nom d’Henri Krasucki. Ce qui n’est pas un hasard. »
Henri Krasucki était une grande figure du syndicalisme français et secrétaire général de la CGT. Résistant pendant la Seconde guerre mondiale, il fut membre actif de la section juive des FTP-MOI et membre du Parti communiste. Ses actes de bravoures face à l’occupation allemande, sabotages, lancement de tracts depuis le métro aérien, actions militaires ou encore recrutement, explique pourquoi la brigade internationaliste française a choisi un tel nom pour la représenter.
Bob Crow, lui, était un responsable syndical anglais, ancien secrétaire général du syndicat RMT. La brigade « Bob Crow » est composée d’Anglais, d’Irlandais et de Canadiens. Elle a, tout comme le bataillon français, choisi de se ranger derrière une bannière internationaliste, à l’instar de la guerre d’Espagne. Ces combattants prennent part au conflit syrien pour lutter contre Daech, qui incarne « le fascisme ».
Charles Thiefaine
Source l’Obs 28/09/16
la CGT publie un « démenti« , en fin d’après-midi sur son site internet.
C’est avec stupeur et consternation que la Confédération Générale du Travail et ses militants ont découvert sur les réseaux sociaux une publication d’une brigade, membre du bataillon international de libération, faisant référence à la CGT et à son ancien premier dirigeant Henri KRASUCKI.
La CGT tient à affirmer que ces individus agissent en leur nom propre et sans aucun mandat d’une organisation de la CGT.
Non seulement nous réfutons tout lien avec ce groupuscule mais surtout nous condamnons l’utilisation des valeurs de fraternité et de paix entre les peuples qui ont guidé notre ami et camarade Henri KRASUCKI tout au long de sa vie notamment au cours des heures les plus difficiles de sa jeunesse.
Montreuil, le 28 septembre 2016
Réponse de la brigade Henri-Krasucki à la confédération CGT, publié le 29 septembre 2016 sur la page Facebook du Bataillon international de libération du Rojava :
Camarades et amis,
Nous sommes étonnés du démenti qu’a dû fournir la direction de la CGT suite à notre message de soutien aux syndicalistes d’Air France en procès. La photo prise de la ville de Manbij et notre déclaration n’étaient destinés qu’aux camarades en procès pour leur assurer que, même a l’autre bout du monde, ils avaient du soutien, et aucun cas entraîner la CGT dans une quelconque polemique.
Non ce n’est absolument pas le syndicat qui nous a envoyés combattre en Syrie et ce n’est pas lui qui nous a organisés. Ce n’est pas le but de la CGT. C’est de notre propre chef que nous nous sommes rendu en Syrie pour combattre l’organisation fasciste Daech au côté du peuple kurde.
C’est ici même que nous nous sommes rendus compte que nous étions plusieurs à être syndiqués à la CGT, ce qui a renforcé notre lien, et c’est simplement de camarades à camarades que nous avon voulu apporter notre soutien aux syndicalistes en procès.
Même d’ici nous pouvons suivre l’actualité de notre pays et nous sommes fiers du travail effectué par la CGT, particulièrement lors des dernières grèves contre la loi Travail. Cependant nous n’avons aucun droit à nous exprimer au nom de la CGT. Nous nous excusons auprès de nos camarades si cela les a entraînés dans une polémique.
Cependant nous souhaitons répondre ceci à la direction de la CGT :
tout d’abord nous ne pouvons être considérés comme un « groupuscule » car nous ne sommes pas une organisation politique,
ensuite nous avons choisi le nom du camarade Henri Krasucki pour notre Brigade (ou takim ici) car nous pensons notre combat dans la continuité du sien. Internationaliste il a combatu l’occupant nazi en France dans les rangs des FTP-MOI, puis a continué son combat au sein du Parti communiste et à la direction de la CGT pour défendre les droit des tavailleuses et des travailleurs. Ses valeurs de fraternité et de paix, nous les portons ici contre l’organisation fasciste Daech et pour la liberté des peuples de Syrie écrasés par tant d’années de guerre.
Durant la guerre d’Espagne ce sont par centaines que l’on pouvait compter les membres de la CGT partis combattre le franquisme aux côtés des républicains espagnols.
Henri Krasucki a combattu le fascisme les armes à la main. Résistant sous l’Occupation, membre de la FTP-MOI, arrêté par la gestapo, torturé, déporté en camp de concentration, puis partie prenante de l’insurrection de Buchenwald, le 11 avril 1945.
* « Brigade Henri-Krasucki » est le nom que se s’est donné un groupe de cégétistes français engagés au sein du Bataillon international de libération du Rojava, qui accueille les volontaires venu.es de l’étranger pour participer à la lutte révolutionnaire au Kurdistan. Le bataillon est intégré aux Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance arabo-kurde se battant pour l’instauration du confédéralisme démocratique en Syrie.
La saison 2016/2017 de Montpellier Danse sera attractive. Elle vise une reconquête du public. Dans le même temps les programmateurs cherchent de nouvelles cohérences.
Montpellier
Montpellier Danse a présenté sa nouvelle saison la semaine dernière à l’Agora. L’éclectisme reste de rigueur, Flamenco, Hip hop, Butô… figurent entre autres réjouissances des propositions à venir. La facture générale de la programmation s’oriente vers une consolidation de la fréquentation à un moment où les changements et les questionnements interrogent sur les processus artistiques mobilisables.
« Mes récentes déclarations ont souvent été mal comprises », a tenu à signifier Jean-Paul Montanari qui lors du dernier festival Montpellier Danse avait évoqué la fin de la danse contemporaine. « Ce que je voulais exprimer, c’est que nous sommes en train de muter. Que les artistes comme Cunningham, Béjart, Pina Bausch… et les traces laissées qui ont été à l’origine du mouvement, sont en train de disparaître. On passe à autre chose, sensiblement différent. »
Le ballet romantique Giselle, dansé par le Ballet du Capitole de Toulouse mis en musique par l’Orchestre national de Montpellier illustre en ouverture de saison la naissance de la nouvelle Région Occitanie. Tandis qu’en coulisses les acteurs culturels cherchent une nouvelle cohérence.
« Nous voulons prendre nos métiers en charge, l’idée consiste à nous regrouper en GIE entre structures de taille similaire, comme le théâtre/garonne à Toulouse, afin de poursuivre notre mission, notamment le soutien aux artistes et à la diffusion de leurs oeuvres.»
Des réunions ont débuté pour envisager la transition. De fait, le changement de périmètre territorial, la réduction générale des budgets, et celle du pouvoir d’achat des spectateurs pèsent de plus en plus lourdement sur les programmateurs artistiques qui naguère, disposaient de plus d’autonomie pour constituer leur programmation.
« Cela ne veut pas dire que nous sommes condamnés aux consensus permanent, affirme Jean-Paul Montanari, on peut aussi tomber d’accord pour soutenir et programmer dans plusieurs lieux des artistes comme Didier Wampas dont le travail n’est pas des plus faciles à défendre. »
Gérer les contraintes
Dans ce contexte, le rapport entre artistes programmateurs et tutelles s’avère complexe. Mais il donne l’occasion aux acteurs de travailler ensemble. C’est le cas de l’Orchestre de Montpellier qui réitère son partenariat avec Montpellier Danse et l’artiste issue du hip hop Hamid El Kabouss qui s’attaquera cette année aux quatre saisons de Vivaldi (version remix) en avril à l’Opéra Comédie après avoir présenté l’an passé la très convaincante Boîte à Joujoux de Debussy.
Le budget de Montpellier Danse qui tourne autour de trois millions d’euros se compose de 21% de recettes propres. Sur les 29 représentations payantes (une trentaine sont gratuites) d’où l’importance de remplir le Corum. « Contrairement à l’idée répandue, il est plus facile de faire des entrées en proposant des pièces pointues ou expérimentales dans des petits lieux que de remplir le Corum, affirme Jean-Paul Montanari. Ce qui est plus difficile, c’est de faire se retrouver les gens dans une grande salle autour d’une belle proposition artistique. Le juge de paix c’est la salle Berlioz. »
Giselle, Mourad Merzouki, José Montalvo, Philippe Decouflé, sont des spectacles calibrés à cet effet. Sur la même scène mais dans une veine assez différente on pourra voir en janvier la création Butô Meguri de Sankai Juku. A découvrir également la création Mass B de Béatrice Massin à l’Opéra Comédie, le duo intercontinental I-Fang Lin et François Marry dans En chinoiseries, donné au Théâtre La Vignette, Am I an Ashke Nazi, du sud africain Steven Cohen, spectacle accueilli à hTh. Et les propositions des artistes en résidences, Fabrice Ramalingom, Rita Cioffi, Matthieu Hocquemiller, Marlene Monteiro Freitas …
Le Parti communiste du Vietnam doit choisir entre l’immuable et le transitoire. Mais il ne s’agit pas d’une simple bataille entre une vieille garde et des réformistes. Cette alternative souligne plutôt une époque de continuités, de contradictions et de restrictions dans le pays actuel.
Lors du 12e Congrès du Parti communiste vietnamien en janvier dernier, nous avons assisté à une lutte pour le poste de secrétaire général du parti, au sommet de la pyramide du pouvoir du Vietnam. Dans les médias occidentaux, ce duel opposait le secrétaire général sortant Nguyen Phu Trong, généralement dépeint comme un conservateur pro-Chine ; au Premier ministre Nguyen Tan Dung, considéré comme un réformiste pro-occidental.
Nguyen Tan Dung a échoué dans sa candidature pour le poste de secrétaire général et n’a pas été élu au Bureau politique, la plus haute instance du Parti communiste vietnamien (PCV). Nguyen Phu Trong, au contraire, a vu son mandat de secrétaire général prolongé de 2, voire 5 ans. Pourtant, voir ce résultat comme une victoire de la vieille garde conservatrice pro-chinoise sur les jeunes réformistes pro-occidentaux serait une erreur.
Dung a été mis de côté non pas à cause de son programme réformiste, mais parce qu’il était considéré comme un homme ayant construit un réseau de patronage dans un environnement capitaliste de ‘copinage’.
Dung a été mis de côté non pas à cause de son programme réformiste, mais parce qu’il était considéré comme un homme ayant construit un réseau de patronage dans un environnement capitaliste de copinage favorisant les intérêts des investisseurs étrangers et des personnes bien placées. En particulier les membres de sa propre famille. En un sens, Dung est devenu victime de la lutte contre la corruption qu’il a encouragée lors de ses deux mandats de Premier ministre. Selon la rumeur, une transaction, dont les détails demeurent inconnus, lui aurait permis de se retirer sans crainte d’être poursuivi.
La fin de la réforme ?
Toutefois, l’extension du mandat de Trong signifie-t-elle la fin de la réforme et de l’ouverture du Vietnam à la société et à l’économie internationale ? Probablement pas. Tout d’abord, la direction collective du Comité central du Parti et du Bureau politique, malgré la diversité des clans et des opinions qui la compose, reste attachée aux principes du « doi moi » (« renouveau »). Elle a conscience que la survie du régime communiste dépend de son adaptation à un changement rapide et, surtout, aux exigences de l’environnement national et international.
La direction collective du Comité central du Parti et du Bureau politique (…) reste attachée aux principes du « doi moi » (« renouveau »)
Au Comité central ou au Bureau politique, des membres plus jeunes, moins fermement ancrés aux idéaux de la révolution et dont la légitimité est liée à leur compétence de gestionnaire, sont également présents. Par exemple, Bui Quang Vinh, étoile montante du PCV, a publiquement appelé le Parti à entreprendre immédiatement des réformes, tant économiques que politiques.
Les analyses qui mettent en évidence les conservateurs contre les réformistes ou une vieille garde contre une nouvelle garde sont dépassées. Il est peut-être plus judicieux de situer les membres du Comité central et du Bureau politique sur un continuum entre les « mandarins » (qui voient la légitimité sur la base de la pureté idéologique) et les « technocrates » (plus préoccupés par la légitimité de la performance).
À bien des égards, le Congrès illustre les continuités, les contradictions et les contraintes du Vietnam actuel. Depuis le 6è Congrès du Parti en 1986, qui a couvert la politique du renouveau d’un voile idéologique, tous les congrès ont cherché à lui donner un nouvel élan, tout en conservant l’objectif de construire d’un socialisme vietnamien. La contradiction entre le « renouveau » et la promotion d’un système socialiste conservateur est devenue de plus en plus difficile pour les dirigeants communistes pour contrôler que le Vietnam est devenu, comme la Chine, une économie capitaliste gouverné par un État à parti unique.
De plus, dans une société où la grande majorité de la population est née après la réunification en 1975, les troupes de la révolution vietnamienne n’ont plus beaucoup de poids. Les appels aux sentiments nationalistes, accrus par la présence des plates-formes pétrolières chinoises dans la zone économique exclusive du Vietnam, peuvent avoir l’effet inverse, comme lors de la manifestation anti-chinoise en 2014.
Le débat environnemental est également devenu un espace de liberté politique où la réactivité du régime est remise en question. La catastrophe de mai 2016 – une mortalité massive de poissons en raison de déversements non contrôlés et illégaux d’une usine appartenant à Taïwan – a conduit à des manifestations dans tout le pays, contrairement à une crise similaire en 2008. Cette dernière avait été largement ignorée, alors qu’en 2016, le gouvernement a rapidement obtenu 500 millions de dollars de compensation par la compagnie concernée.
Sinophobie ambiante
L’Assemblée nationale ne peut plus être considérée comme une institution approuvant sans discussion son homologue chinoise.
Enfin, l’Assemblée nationale elle-même ne peut plus être considérée comme une institution approuvant sans discussion son homologue chinoise, mais plutôt une institution dans laquelle le gouvernement est appelé à rendre compte de ses actions – d’une manière qui ne menace pas de le renverser.
Ces développements internes ont été amplifiés par le changement d’environnement géopolitique et géo-économique du Vietnam. D’une part, le comportement autoritaire de la Chine dans la mer de Chine méridionale n’a pas seulement réveillé une sinophobie sous-jacente de la population vietnamienne. Il a aussi amené les dirigeants vietnamiens à renforcer leurs relations avec les États-Unis et le Japon.
La visite du président Obama à Hanoi en mai 2016, lors de laquelle il a levé l’embargo sur les armes, avait été précédée quelques mois plus tôt par la 1ère visite d’un secrétaire général du Parti communiste vietnamien à la Maison Blanche. Trong avait alors largement approuvé le changement pro-américain au sein du gouvernement vietnamien.
Le Japon a par ailleurs déjà fourni plusieurs navires aux Vietnamiens pour patrouiller dans sa zone économique maritime, et il a été question de fournir un avion de patrouille maritime avions P-3 Orion pour le pays.
Les concessions au Partenariat Transpacifique
D’autre part, l’avenir économique du Vietnam est de plus en plus lié à l’ouverture sur l’extérieur. Après son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce, le Vietnam a cherché à rejoindre l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) mené par les États-Unis. Il a également signé un accord général de partenariat et de coopération et un accord de libre-échange (ALE) avec l’Union Européenne.
Toutes les études indiquent que le Vietnam (le moins développé des 12 membres du Partenariat transpacifique), a le plus à gagner économiquement de cette adhésion et, contrairement aux attentes, aurait fait les concessions nécessaires. En plus d’accepter la création d’une zone de libre-échange, les Vietnamiens ont accepté de mettre fin au traitement préférentiel des entreprises publiques (SOEs).
En plus d’accepter la création d’une zone de libre-échange, les Vietnamiens ont accepté de mettre fin au traitement préférentiel des entreprises publiques.
Pour l’ancien Premier ministre Nguyen Tan Dung, le TPP a toujours été considéré comme un levier pour obtenir la réforme du SOEs, en particulier depuis que le Congrès des entreprises publiques a accéléré les recherches de capitaux étrangers. Dans un contexte où les multinationales japonaises et occidentales cherchent des alternatives à la Chine, le Vietnam est désormais bien placé pour y parvenir.
Le thème central du Congrès peut se résumer au dicton « di bat bien, ung van bien » qui signifie « le recours à l’immuable, afin de faire face à la transition ». Mais quelle est la nature de l’ « immuable » ? Est-ce le rôle central du Parti communiste ou celui du régime politique ? Ou bien la défense de l’intérêt national dans un environnement international difficile ?
Et est-ce que la transition du Vietnam vers une économie capitaliste n’est qu’une phase transitoire dans la voie de l’édification du socialisme ? Ou bien, comme le suggère le développement des 30 dernières années, l’ultime point de destination ?
Source Alter Asia 12/09/2016
Traduction : Elodie Prenant
Editing et relecture : Sophie Saint-Blancat
Source : David Camroux et Hien Laëtitia Do Benoit / New Mandala : Communists and contradictions in Vietnam
Crédit photo : Kremlin
Le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson, lors d’un Conseil de sécurité de l’ONU consacré à la Syrie, à New York (Etats-Unis), le 21 septembre 2016. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)
Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson estime que le Royaume-Uni n’aura pas « nécessairement besoin de deux années » pour quitter l’Union européenne.
Le gouvernement britannique compte activer l’article 50, qui enclenchera formellement le divorce avec l’Union européenne, au début 2017. « Nous discutons avec nos amis et partenaires européens dans l’objectif d’envoyer la lettre de l’article 50 au début de l’année prochaine », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, le 22 septembre 2015, à la chaîne Sky News(en anglais) depuis New York, où il assistait à l’assemblée générale de l’Onu.
La Première ministre britannique Theresa May avait déclaré jusqu’ici que son pays ne déclencherait pas l’article 50 avant la fin de l’année. Le déclenchement de cet article est un préalable au démarrage des discussions entre Londres et l’UE sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’UE et sa future relation avec les 27 Etats restants, censées durer deux ans.
L’UE pousse le Royaume-Uni vers la porte
Mais Boris Johnson, qui a été l’un des hérauts du Brexit, estime que deux années ne seront pas forcément nécessaires. « Dans notre lettre, nous exposerons certains paramètres sur la manière dont nous voulons avancer », a-t-il dit, ajoutant : « Je ne pense pas que nous aurons nécessairement besoin de deux année pleines, mais attendons de voir comme cela se passe ».
A Londres, la Première ministre britannique a reçu en fin d’après-midi le président du parlement européen Martin Schulz qui l’appelée à enclencher cet article le plus rapidement possible. « Cette période de préparation est précieuse pour toutes les parties concernées et si nous allons quitter l’Union européenne, nous ne quittons pas l’Europe », a déclaré Theresa May en accueillant Martin Schulz à Downing Street.
De son côté Martin Schulz a également souligné « que les quatre liberté du marché unique (européen) – biens, capitaux, services et personnes – sont d’égale importance ». Mais Boris Johnson a rejeté l’idée que le Royaume-Uni devra continuer à respecter la liberté de circulation des travailleurs européens s’il veut continuer à avoir accès au marché unique. « Ce sont des bobards », a-t-il affirmé. « Les deux choses n’ont rien à voir. Nous devons obtenir un accord de libre échange tout en reprenant le contrôle de notre politique d’immigration », a-t-il ajouté.