Le célèbre écrivain américain évoque son « dernier crime » à Montpellier
A Montpellier, les amateurs de roman noir sont archi pourris gâtés avec la proximité du Firn de Frontignan et sa marée annuelle d’auteurs venus des quatre coins de la planète mais aussi le travail fondateur de l’association Soleil noir, sans compter la chance de pouvoir disposer d’un des plus grands rayon de roman noir de France dans la grande librairie indépendante en coeur de ville.
Ces acteurs du travail noir abreuvent les nombreux addictes locaux des Rencontres K-Fé- Krim animées par le libraire Jérôme Dejean, un connaisseur. Il recevait jeudi au Gazette Café, un poids lourd américain en la personne de Thomas H Cook un type bien, reconnu pour ses intrigues obsessionnelles autour des secrets de famille, de culpabilité, de rédemption…
Son dernier bouquin, Le crime de Julien Wells débute par un suicide propre et sans bavure de l’écrivain Julian Wells qui se tranche les veines avec une froide détermination au milieu d’un étang. L’acte hante son ami Philip Anders, critique littéraire, qui décide, comme par devoir, de mener une enquête sur la vie secrète du défunt.
Sur cette piste faite de rencontres étranges et de sordides allusions, il va bientôt approcher les tueurs qui peuples l’oeuvre de Wells et percevoir avec effroi, l’état d’esprit qui l’animait.
On est happé par ce parcours ambigu dans lequel on s’enfonce dans le noir au fil des pages. Thomas H Cook nous entraîne dans une atmosphère qui n’est pas sans rappeler le film d’espionnage de Carol Reed, Le troisième homme dans un contexte clairement plus horrible.
JMDH
Le crime de Julian Wells, éditions du Seuil, 21,5 euros
28 ans après son assassinat, le Président Thomas Sankara fascine toujours autant. Celui qui fût tour à tour soldat, officié, révolutionnaire, Président est aujourd’hui élevé au rang d’icône du continent africain. Retour sur l’incroyable parcoure du leader du pays des hommes libres…
Alors que le Burkina Faso ré-ouvre l’enquête sur son assassinat, Thomas Sankara reste 28 ans après son décès la deuxième personnalité africaine préférée par les jeunes (le premier reste Nelson Mandela). Alors qu’il n’a été Président que quatre années, l’impact sur l’opinion publique africaine semble impérissable.
Le fougueux Capitaine de 33 ans accède à la tête de la Haute Volta à la suite d’un coup d’état, le 4 Août 1983. Déjà connu pour d’importants faits d’arme lors de la guerre contre le Mali, puis pour sa démission retentissante du poste de Secrétaire d’Etat et enfin son emprisonnement, il est déjà l’opposant politique le plus en vue du continent. Pour le conseiller Afrique de François Mitterrand « ce capitaine est un homme dérangeant», leurs relations seront toujours conflictuelles et souvent froides. Et pour cause, Sankara est aussi impatient qu’impertinent, aussi radical que patriote, aussi utopiste que populiste. Bref les deux hommes s’opposent autant dans leurs politiques que leurs personnalités. Il ne tardera pas à renommer la Haute Volta par Burkina Faso, le pays des hommes intègres en langue mooré. Les paroles sont suivies par des actes : diminution forte du train de vie de l’Etat, émancipation des femmes, réformes agraires, campagne de scolarisation. Avec Sankara les réformes vont vite, peut-être trop vite. Si l’histoire retient le leader charismatique et intègre, elle oublie parfois sa part d’ombre, son autorité débordante, son manque de patience, ou encore les tribunaux populaires de la révolution qui firent tant de prisonniers.
Si aujourd’hui Thomas Sankara est élevé au rang d’idole, c’est aussi, peut-être, car sa gouvernance ne s’est pas épuisée dans le temps. Mais c’est surtout parce qu’il fût l’un des rares hommes politiques cohérent. Pour réduire le train de vie de l’état, exit les limousines blindées, place à la Renault 5. Pour être proche du peuple, exit les soirées feutrées des palais, place aux soirées entre amis sur les terrasses de bar de Ouagadougou. L’homme ne feignait pas d’être simple, il l’était.
Sankara est aussi l’homme qui a redonné de la fierté à son peuple, non seulement il était patriote et souverainiste, il était surtout courageux. Dans une Afrique encore docile, lui n’avait pas peur de créer des incidents diplomatiques. Défendant corps et âme l’intérêt de sa nation, il surpasse l’organisation éthnique et tribale de son pays, pour l’unir dans un projet commun. Plus incroyable encore, dans un continent rongé par la corruption et l’immobilisme politique, le Capitaine redonne de l’espoir à la jeunesse et veut lui offrir un avenir prospère, chez elle, en Afrique.
A l’époque où la seule opportunité d’évolution sociale rapide pour les jeunes africains est l’immigration, la pensée de Sankara trouve écho dans les cœurs et les esprits d’une génération entière. Sa mort, elle aussi participe au mythe. Alors qu’il est en réunion avec les membres de son cabinet, les premiers tirs de kalachnikov claquent, le jeune Président s’empare d’une arme et se présente à la porte, face aux assaillants. Il meurt quelques instants plus tard, avec les armes à la main et le courage comme étendard. Le commanditaire de l’assassinat serait son ami, son frère d’arme, le capitaine Compaoré qui avouera à demi-mots des années plus tard : « c’était lui ou moi… ».
Plus que la Personne, c’est le héros mort en martyr que l’on admire. Plus que le bilan politique, c’est l’espoir et la dynamique qu’il a su créer que l’on regrette. Peut importe sa part d’ombre et son inspiration ouvertement marxiste et léniniste, Thomas Sankara est de ceux qui laissent leur trace et dont la mémoire fait vivre l’espoir de la jeunesse d’un continent qui en manque terriblement.
Les pays d’Asie du Sud-Est sont diversement affectés par le coup de frein chinois.
Le ralentissement de l’économie chinoise ne cesse de se confirmer et pèse sur toute la région. « Certains secteurs de l’économie chinoise sont en train d’atterrir durement, comme le bâtiment et l’industrie, mais les services se développent correctement. Il y a néanmoins une très forte volatilité de la politique économique. Ce sera un atterrissage cahoteux », estime Michala Marcussen, chef économiste de la Société Générale.
Il y a des victimes collatérales : Hong Kong, la Mongolie et Singapour pâtissent le plus de la faiblesse de ce puissant voisin, souligne une récente étude de Coface. « Le risque se diffuse des grands émergents vers les petits via les canaux des matières premières, du commerce et des transferts. Beaucoup de devises émergentes se sont dépréciées depuis le mois d’août par rapport au dollar », observe Julien Marcilly, économiste en chef de Coface. Hong Kong comme Singapour sont affectés parce qu’ils sont très intégrés commercialement avec la Chine, mais aussi par leurs marchés financiers. La Mongolie est encore plus dépendante puisque 90 % de ses exportations, essentiellement des matières premières, sont à destination de la Chine.
Si la Malaisie et l’Indonésie souffrent également de leurs liens commerciaux avec Pékin, il existe – en plus de l’Inde – une exception notable dans la région : le Vietnam. Avec une croissance de 6,81 % au troisième trimestre, le pays se distingue par sa vitalité. Il la doit à ses exportations (+ 9,6 % sur neuf mois par rapport à un an plus tôt) et au développement de ses services, mais aussi à sa capacité à attirer les investissements étrangers. « Il y a une population qualifiée au Vietnam, des infrastructures de qualité et des niveaux de salaires inférieurs à ceux de la Chine », explique Charlie Carré, économiste Asie chez Coface.
Des constructeurs automobiles comme des fournisseurs de produits technologiques (Samsung, notamment) y ont délocalisé leurs usines. Un autre atout : en plus du textile, le Vietnam fait de plus en plus d’assemblages qu’il exporte d’abord vers les Etats-Unis et la zone euro . Une inflation en baisse (autour de 1 %), grâce à la chute des prix énergétiques, galvanise aussi la consommation des ménages et la création d’entreprises (+29 % cette année). De la même manière, « l’Inde et les pays de l’Asean n’ont pas tant besoin que cela des exportations pour croître. La consommation intérieure et la demande d’investissement sont des moteurs plus importants que les exportations », constate pour sa part Elke Speidel-Walz, chef économiste pour les marchés émergents chez Deutsche Asset & Wealth Management. Mais, pour susciter les investissements, il faut accélérer les réformes. C’est ce que tente l’Indonésie, qui affiche des manques en termes tant de gouvernance que d’éducation ou d’infrastructures. Elle vient d’annoncer des procédures accélérées pour créer des sociétés dans les parcs industriels et des incitations fiscales pour que les bénéfices restent dans le pays.
C’est aussi ce que doit faire le Vietnam, qui reste un « pays avec une économie “duale” fragilisée par de nombreuses entreprises publiques peu rentables, un secteur bancaire faible car trop connecté à ces entreprises et un Etat très endetté », observe Charlie Carré.
Lors d’un entretien lundi, Vladimir Poutine et Barack Obama se sont entendus sur des « principes fondamentaux » pour la Syrie, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat John Kerry.
Le renforcement de la présence militaire russe a sans doute amené le président américain Barack Obama à tirer deux conclusions désagréables sur la Syrie: il lui faut traiter avec Moscou et s’accommoder, du moins provisoirement, du maintien au pouvoir de Bachar al Assad. Isolé sur le plan international depuis le début de la crise ukrainienne au printemps 2014, Vladimir Poutine s’est replacé au centre du jeu dans le pays en envoyant chars et blindés près de Lattaquié, une manoeuvre qui inquiète Washington et a certainement poussé le président américain à accepter une entrevue en tête à tête lundi avec son homologue russe.
Lors de cet entretien, le premier en plus de deux ans, Vladimir Poutine et Barack Obama se sont entendus sur des « principes fondamentaux » pour la Syrie, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat John Kerry, même si le Kremlin voit dans les divergences persistantes sur l’avenir de Bachar al Assad le signe que les relations entre les deux superpuissances ne sont pas encore au beau fixe. Le président syrien est solidement soutenu pas Vladimir Poutine, qui a estimé lundi à la tribune des Nations unies que ne pas collaborer avec Bachar al Assad contre les djihadistes de l’Etat islamique (EI) était une « énorme erreur ».
Barack Obama a au contraire répété à Vladimir Poutine que la Syrie ne retrouverait jamais sa stabilité si Bachar al Assad, qu’il venait de qualifier de « tyran » à la tribune de l’Onu, devait conserver sa place de président, selon un responsable américain au fait des discussions. Le point de vue du président américain est partagé par la France ou l’Arabie saoudite, dont le ministre des affaires étrangères Adel al Djoubeïr a jugé « inconcevable » le maintien au pouvoir d’Assad dans le cadre d’un règlement politique.
Multiples échecs diplomatiques
John Kerry a passé l’essentiel de ses journées à l’Assemblée générale des Nations unies à tenter de définir une nouvelle voie politique sur la Syrie et d’assembler un nouveau « groupe de contact » après les multiples échecs diplomatiques passés. Un groupe qui s’il émerge, comprendrait probablement la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et un certain nombre d’acteurs régionaux comme l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, qui soutiennent la rébellion anti-Assad.
A la tribune de l’Onu, Barack Obama a ajouté que les Etats-Unis étaient disposés à coopérer avec la Russie et l’Iran pour résoudre le conflit syrien. La possibilité de reconstituer un groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Allemagne, France, Royaume-Uni) comme celui qui a négocié avec Téhéran l’accord sur le nucléaire iranien a également été évoquée. John Kerry reconnaît cependant qu’il sera difficile de rassembler toutes ces parties sans accord sur l’avenir de Bachar al Assad.
« Même si le président Obama voulait jouer le jeu (…), il y a 65 millions d’Arabes sunnites entre Bagdad et les frontières de Turquie, de Syrie et d’Irak qui n’accepteront jamais, jamais plus, Assad comme dirigeant légitime », a dit mardi le chef de la diplomatie américaine dans l’émission « Morning Joe » de MSNBC. « Les Russes doivent comprendre qu’on ne peut avoir la paix sans résoudre la question de l’adhésion de la population sunnite », a-t-il ajouté. Les spécialistes de politique étrangère jugent que la meilleure solution serait donc de laisser la question d’Assad de côté, en attendant.
Ils relèvent d’ailleurs qu’en dépit de sa position officielle en faveur du départ du président syrien, Washington dit ne pas voir de moyen d’y parvenir à un coût acceptable et affiche comme première priorité la lutte contre l’EI. « Si le départ d’Assad, la défaite de l’EI et un avenir pacifique pour la Syrie sont l’objectif ultime, n’essayons pas de tout faire en une seule fois », dit Matthew Rojansky, du Wilson Center, groupe de recherches de Washington. Une phase 1 consisterait par exemple selon lui à voir les Etats-Unis et la Russie travailler ensemble à la lutte contre l’EI, même si cela implique provisoirement de renforcer Assad.
« Il peut y avoir une phase 2. Il peut y avoir une phase 5 », ajoute-t-il.
Phil Gordon, coordonnateur jusqu’en avril dernier de la politique de la Maison blanche au Proche-Orient, prônait vendredi dans le magazine Politico « un nouveau processus diplomatique qui mettra autour de la table tous les principaux acteurs extérieurs et débouchera sur un compromis compliqué en vue d’une désescalade du conflit, même si cela oblige à remettre à plus tard la question d’Assad ».
Le président catalan sortant, Artur Mas, a voté dimanche à Barcelone.
La liste indépendantiste catalane, Junts pel si (Ensemble pour le oui, 62 élus) du président catalan sortant Artur Mas disposera de la majorité absolue au Parlement régional en comptant les représentants de l’autre liste indépendantiste de la CUP (extrême gauche, 10 élus). Date prévue de l’émancipation catalane hors du giron espagnol : 2017 au plus tard.
Au-delà du problème intérieur espagnol, ce sont bien les fondations de l’institution européenne qui continuent d’être rongées. Car la Catalogne n’est pas la seule région européenne à être saisie par des envies de dissidence. Fort de son succès lors des dernières législatives britanniques (56 sièges sur 59), le Parti nationaliste écossais (SNP) envisage d’ores et déjà un second référendum sur la question pour fin 2016.
Et pour ne rien arranger aux affaires des européistes, le président du gouvernement du Pays basque, Iñigo Urkullu, vient de réclamer à son tour une « consultation légale » sur l’avenir de la « nation » basque en Espagne.
Parallèlement, on assiste au sein de l’UE à la montée en puissance de forces et de leaders politiques hors cadre (Syriza, Podemos, Jeremy Corbyn…).
Le signe d’un agacement populaire grandissant
On ne niera pas que ces divers mouvements de rébellion institutionnelle et politique progressent eux-mêmes à travers de forts courants contraires :
Les motivations des indépendantistes, qu’ils fussent catalans, écossais ou basques, ne répondent pas forcément à des considérations sociales et humanitaires ; il est clair que la Catalogne et l’Écosse ne sont pas vraiment des régions défavorisées et que le leader indépendantiste catalan Artur Mas n’est pas franchement de gauche ;
le retournement de veste d’Alexis Tsipras laissera sans nul doute des traces indélébiles chez les électeurs de Syriza, comme en témoigne la brusque hausse de l’abstention lors de la dernière consultation législative grecque ;
les atermoiements des leaders de Podemos sur la question européenne trouble fortement l’électorat de ce jeune parti, en baisse dans les derniers sondages et manifestement gêné aux entournures devant le cas catalan ;
enfin, le non de gauche à l’Europe n’a pas forcément grand-chose à voir avec le non de droite, encore moins d’extrême-droite. L’indépendantisme catalan n’a sans doute que peu de points communs avec le nationalisme autrichien exacerbé du FPÖ (Parti autrichien de la liberté) qui, ce même dimanche, vient de réaliser une percée spectaculaire lors d’une élection régionale partielle.
Il n’en demeure pas moins que l’émergence multipliée de forces hors cadre est le signe d’un agacement grandissant d’une grande partie des électeurs contre des institutions européennes dont chacun a désormais pu mesurer le caractère foncièrement pervers et antidémocratique, notamment lors des récents soubresauts grecs.
Avis de fortes perturbations sur le continent européen
Ne nous leurrons pas, il y a fort à parier que les autocrates bruxellois ne se laisseront pas sans réagir tondre la laine sur le dos par une poignée de braillards aussi exaspérés et résolus soient-ils, de gauche comme de droite ou d’extrême-droite. Le Parti populaire de Mariano Rajoy n’a pas tardé à monter au créneau pour faire valoir que si les indépendantistes catalans étaient majoritaires en sièges, ils ne l’étaient pas en voix. Conclusion référendaire étonnante, pour un scrutin qui ne l’était pas, de la part d’un parti qui refuse absolument toute consultation sur la question et qui en l’occurrence amalgame tous les bulletins de vote hors indépendantistes, y compris celles des électeurs de Podemos dont une grande partie, à l’inverse de sa direction, est loin d’être insensible à la thèse dissidente.
On sait la considération très relative que les technocrates européistes ont des verdicts démocratiques quels qu’ils soient, dès lors que ceux-là vont contre leur volonté et leurs intérêts. On a vu leurs éléments déchaînés lorsque Syriza a fait mine de rompre les amarres de l’austérité mémorandaire. Et un général de l’armée britannique a froidement déclaré à propos de Jeremy Corbyn que l’armée ne permettrait pas de « mettre un franc-tireur en charge de la sécurité du pays. L’armée ne le supporterait tout simplement pas et utiliserait tous les moyens possibles, bons ou mauvais, pour empêcher cela ».
On n’oubliera pas non plus la versatilité des convictions les plus enracinées qui frappe les forces supposées progressistes dès lors qu’elles sont alléchées par les sirènes de la corruption. Difficile de faire son Jacquou-le-Croquant lorsqu’on palpe soudain les émoluments plus que confortables de député. Les votes « collabos » des chambres-godillots parlent pour eux-mêmes, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les élus rescapés de feu Syriza ?
Il n’empêche que les ultimes défenseurs du vieil appareil néolibéral ont une sacrée épine dans le pied : la désintégration économique et financière que plus un Mario Draghi à la BCE, plus une statistique trafiquée du chômage, plus une facétie d’un Emmanuel Macron, plus une déclaration imbécile d’un président-pédalo ne sauraient faire oublier. L’avis de fortes perturbations à déferler sur l’Europe atteint un niveau d’alerte rouge critique.