Mouvements sur la ville. Corps à la lumière d’hiver

Hélène Cathala dans le solo Blanc cassé

Hélène Cathala dans le solo Blanc Cassé

Danse contemporaine.  Quatre créations dans le cadre des Rencontres hivernales de Mouvements sur la ville qui se tiennent samedi 6 décembre Espace Bernard Glandier à 15h.

Depuis 2008, trois chorégraphes montpelliérains Didier Théron, Hélène Cathala et Yann Lheureux sont à l’origine d’une proposition alternative pour défendre et faire vivre la danse contemporaine à Montpellier.

Mouvements sur la ville associe des artistes invités aux créations artistiques de chacun pour proposer un Off au Festival Montpellier Danse. L’initiative se veut complémentaire. Elle permet chaque années d’ouvrir les ateliers aux publics, aux programmateurs et aux professionnels afin de gagner en lisibilité de partager et de diversifier le champ de programmation proposé par le festival.

Cet été, le collectif a décidé de se porter solidaires et engagés dans le mouvement des intermittents en annulant les présentations publiques de Mouvements sur la ville #6.           « Cette décision politique s’est prise dans la souffrance car nous avons le besoin de continuer à exister, explique Hélène Cathala. On connaît la formule scier la branche sur laquelle on est assis mais en faisant le tour des forces en présence y compris des équipes techniques nous avons assumer notre choix. Cela avec le soutien de certains artistes invités comme le chorégraphe tunisienne Selim Ben Safia qui a fait le déplacement pour nous soutenir dans ce combat.»

Rencontres hivernales

Samedi 6 décembre, le studio Glandier à Montpellier ouvrira ces portes au public pour Les rencontres hivernales. Occasion de découvrir le travail de trois chorégraphes invités qui présenteront les créations déprogrammées cette été.

On pourra voir la pièce P=MG de Jann Galois. Une mise en situation dans laquelle la gravité serait décuplée afin d’imaginer les différentes étapes que traverserait un corps pour s’adapter et surpasser une telle situation. Ou comment une contrainte peut devenir une force.

Michèle Murray proposera Atlas /Etude 2 une pièce mettant en scène différentes créatures, afin de mener une réflexion autour du corps, de l’identité et des communautés. Selim Ben Safia est de retour avec A Jour : Une esquisse d’une Tunisie en perpétuel mouvement, une lutte incessante entre deux modes de vie, le désir de liberté et l’attachement viscéral à la normalité.

Hélène Cathala proposera son solo Blanc Cassé. inspiré par son expérience en Afrique du Sud. Le cadre de cette création témoigne d’une déchirure qui incruste l’histoire de l’autre dans la conscience. « Mon travail en Afrique du Sud m’a apporté le matériel pour ce solo. Il a  laissé des traces dans mon corps et dans ma vie.»

  JMDH

Source : L’Hérault du Jour 04/12/2014

Voir aussi : Actualité Locale Rubrique Danse, rubrique Politique, Politique culturelle, rubrique Montpellier

Livre. De la nature du capitalisme

Michéa?: «?On mange le fruit d’un arbre qui n’a pas été planté?». d.r.

Michéa : « On mange le fruit d’un arbre qui n’a pas été planté et ne le sera peut-être jamais. » d.r.

Invité de la librairie Sauramps, pour son livre de correspondance avec Jacques Julliard La gauche et le peuple, le philosophe Jean-Claude Michéa appuie sa critique du libéralisme.

Le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur de Les Mystères de la gauche (Climats, 2013), poursuit son analyse critique de la civilisation libérale dans un échange épistolaire* avec l’éditorialiste historien Jacques Julliard. Un échange savoureux entre un marxiste devenu orwellien et un social-démocrate déçu.

Les deux hommes se questionnent autour de quatre pivots : l’union entre le peuple et la gauche, la notion de peuple en 2014, la nature du divorce actuel avec les milieux dirigeants et les bobos. Pour sortir de l’impasse, Julliard reste fidèle à l’alliance du peuple et de la bourgeoisie éclairée tandis que Michéa garde confiance dans le peuple sur la base d’un « minimum de valeurs partagées et de solidarité collective effectivement pratiquée ».

La fin du capitalisme serait liée à ses propres limites. J-C. Michéa en dénombre trois. Celle qui tient à sa propre nature reposant sur l’exploitation du travail vivant, dans un modèle qui supprime l’emploi. La mondialisation libérale qui assèche les champs extérieurs à exploiter nécessaires au système, et la limite écologique.

JMDH

 * La gauche et le peuple aux éditions Flammarion.

Voir aussi : Rubrique Livre, Philosophie, rubrique Histoire, rubrique Politique Science politique,

 

Après l’appartement, la coûteuse rénovation du bureau de Thierry Lepaon

4517793_3_829d_thierry-lepaon-le-7-avril-a-paris_946901e42571ab1bd64ef6fcd5c83df1Il y a un « corbeau » qui s’active à la CGT contre le secrétaire général, Thierry Lepaon. Dans son édition du 26 novembre, Le Canard enchaîné révèle le devis du montant des travaux, effectués en début d’année dans le bureau de plus de 50 m2 du patron de la centrale : 62 179,44 euros, dont 21 588 pour le renouvellement complet du mobilier.

Le 4 novembre, lorsqu’il s’était expliqué, sans convaincre, devant le comité confédéral national (CCN) sur le devis des travaux de son logement de fonction (105 000 euros), M. Lepaon avait évoqué, sans précision, ceux réalisés dans son bureau et ceux du secrétariat général. Mardi, ces révélations sont survenues alors que la commission exécutive de la CGT était réunie. M. Lepaon a assuré que depuis plus de quinze ans il n’y avait pas eu de travaux dans les locaux qui lui sont attribués.

Ce nouveau coup dur pour M. Lepaon, déjà très affaibli, intervient une semaine avant les élections, le 4 décembre, dans les fonctions publiques. Dans une brève déclaration, la CGT réfute les « prétendues révélations » du Canard, ajoutant qu’elle « s’emploie actuellement à faire toute la lumière sur les dysfonctionnements concernant le montant et l’engagement des dépenses de la confédération ». Et elle met en avant « des travaux de mise aux normes handicapés du complexe » de Montreuil. Mais ce texte n’a pas été adopté, comme lors des précédentes révélations, par l’ensemble du bureau confédéral, quatre de ses dix membres – Eric Aubin, Sophie Binet, Valérie Lesage et Mohammed Oussedik – ayant proposé des modifications qui n’ont pas été retenues.

« IL EST STOÏQUE »

Pour les syndiqués de base, cette nouvelle pilule va être dure à avaler, ce devis de près de 62 000 euros représentant 43 fois le montant d’un smic mensuel brut (1 445 euros). « Il y a beaucoup de cartes qui volent actuellement, raconte un dirigeant, sous couvert d’anonymat, et cela a évidemment un impact sur les élections dans les entreprises. » Alors que M. Lepaon avait refusé la création d’une commission du CCN pour examiner les dépenses de la confédération depuis son élection, en mars 2013, laissant opérer la seule commission financière de contrôle et chargeant lourdement Eric Lafont, le trésorier confédéral, ces nouvelles révélations accroissent la suspicion sur ce qu’il pourrait avoir encore à cacher.

A ceux qui l’approchent, M. Lepaon donne l’impression de n’être ni inquiet ni trop affecté. « Tout cela semble glisser sur lui comme si ça ne le perturbait pas, observe un responsable confédéral. Il est stoïque. » Mais, ajoute-t-il, « je crains qu’il y ait d’autres choses qui arrivent derrière ces révélations ». M. Lepaon, qui a reçu individuellement, comme il l’avait annoncé, les neuf autres membres de son bureau confédéral, pour faire plier les « rebelles » – sans résultat –, devra attendre le CCN de février pour y faire entrer deux fidèles. Mais cette réunion du parlement cégétiste s’annonce déjà à hauts risques. Pour l’heure, le trône du patron de la CGT est de plus en plus fissuré.

Michel Noblecourt

Source Le Monde 26/11/2014

Voir aussi :  Actualité France, rubrique Société, Syndicat, La mauvaise passe de la CGT s’annonce durable, rubrique Politique, Affaires,

Un blogueur vietnamien arrêté pour « mauvaises informations »

B3v7C1BIcAAusfdUn blogueur vietnamien a été arrêté par la police pour avoir posté sur Internet de « mauvaises informations » sur le gouvernement. Une décision qui illustre la nouvelle étape de la campagne de répression contre la dissidence en ligne dans le pays communiste.

Hong Le Tho, 65 ans, a été arrêté samedi 29 novembre à Ho Chi Minh-Ville (dans le sud du pays, ex-Saïgon) pour des articles ayant un « mauvais contenu qui réduit la confiance envers les services d’Etat », a indiqué le ministère de la sécurité publique dans un communiqué publié tard dans la soirée de dimanche. Son blog est désormais inaccessible.

Appelé « Nguoi Lot Gach », qui signifie « paveur de briques », il a été lancé il y a au moins trois ans. Il est régulièrement mis à jour en vietnamien, en anglais et en français et traite principalement de questions sociales et politiques.

Beaucoup de ses articles sont fortement anti-Chinois, reflétant la forte animosité de nombreux Vietnamiens, y compris les intellectuels, envers leur voisin du nord. Hanoi et Pékin ont des différends territoriaux de longue date en mer de Chine du Sud. Les dirigeants vietnamiens sont très sensibles à toute critique contre leur règlement du conflit et ont systématiquement brisé les manifestations anti-chinoises et arrêté leurs organisateurs.

34 BLOGUEURS SOUS LES VERROUS

Au Vietnam, les médias privés sont interdits et tous les journaux et les chaînes de télévision sont gérés par l’Etat. Le pays est régulièrement dénoncé pour son intolérance vis-à-vis de la dissidence politique. Des avocats, blogueurs et militants sont régulièrement l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires, d’après les groupes de défense des droits de l’Homme. Selon Reporters sans frontières, au moins 34 blogueurs sont actuellement emprisonnés dans le pays.

Un blogueur bien connu, Anh Ba Sam, est en détention dans l’attente de son procès et Bui Thi Minh Hang, militante anti-chinoise, doit être rejugée dans les prochains jours après avoir été condamnée en août à trois ans de prison. En octobre, soucieux selon les analystes de s’attirer les bonnes grâces de l’allié américain face à Pékin, le pays avait libéré le blogueur Dieu Cay et l’avocat Cu Huy Ha Vu. Ces derniers vivent aujourd’hui en exil aux Etats-Unis.

Source : Le Monde AFP 01/12/2014

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Asie, Vietnam, rubrique Internet, rubrique Société, Citoyenneté,

«Vive la gauche» cherche une issue à la fronde

Photo dr
REPORTAGE

Devant plusieurs centaines de militants PS, le collectif issu des députés «frondeurs» a accueilli samedi à Paris deux nouveaux animateurs: les ex-ministres Hamon et Filippetti.

Une étape. En réunissant ce samedi plusieurs centaines de militants socialistes dans un gymnase du XIVe arrondissement de Paris, le collectif «Vive la gauche» a rappelé qu’au sein du PS, le feu couve toujours contre la politique de François Hollande et Manuel Valls. Certes, les projets de lois de finances sont passés sans trop de frayeurs pour le gouvernement. Certes, les parlementaires dits «frondeurs» n’ont pas «réorienté» la politique du président de la République. Personne n’a voulu aller jusqu’à faire tomber Manuel Valls par peur de la dissolution. Mais toute cette frange du PS allant des plus à gauche à quelques proches de Martine Aubry et ex-strausskahniens «chemine», «avance», «se renifle»

Pour aller où? «That’s the point!» sourit Jérôme Guedj, président du conseil général de l’Essonne. La logique voudrait que tout ce petit monde – qui ne se connaît que trop bien – se retrouve au prochain congrès du PS, début juillet. Beaucoup imaginent déjà une grande motion obligeant François Hollande à une réorientation de sa politique. Mais compte tenu du rythme d’enfer de ce quinquennat, personne n’est capable de savoir à quoi ressemblera la majorité dans sept mois. D’autant plus qu’entre-temps, la débâcle annoncée des départementales et le score du Front national auront peut-être changé la donne à Matignon… Du coup, «on accumule des forces, insiste le député de Paris, Pascal Cherki, chez qui se déroulait ce rassemblement. On a réussi à créer un émetteur au Parlement, maintenant, il faut travailler dans le PS et dans la société».

Hamon et Filippetti attendus

En août, dans un amphithéâtre surchauffé de la fac de lettres de La Rochelle, ces militants PS déçus de l’action du gouvernement avaient acclamé la ministre de la Justice Christiane Taubira, venue pour une visite surprise. Les trois virés du gouvernement une semaine plus tôt, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, avaient préféré rester à l’écart. Ce samedi, Montebourg se tient toujours à distance. Pas les deux autres. Très dure à l’égard du gouvernement ces derniers jours, l’ex-ministre de la Culture a rappelé qu’elle était «dans la majorité de François Hollande» à condition de rester «sur une base de gauche» et assuré qu’il n’y avait ni «fatalité» ni «malédiction» à ce que la gauche «trahisse» ou «renie» ses engagements.

Avant elle, Benoît Hamon avait imposé le silence dans l’assistance. «Nous avons l’impression d’un grand dérèglement politique, a-t-il d’abord lancé. Et ce grand dérèglement appelle de la clarté.» L’éphémère ministre de l’Education nationale rappelle «l’aspiration à l’égalité» et au «progrès social» qui doit guider la gauche avant de demander à François Hollande de «prendre des risques». Hamon plaide ainsi pour un «référendum sur les questions institutionnelles» mais aussi «qu’on puisse associer ce quinquennat de la gauche à une conquête sociale». Il assure que lui et ses amis «feron(t) des propositions» bientôt. Puis l’ancien porte-parole du parti se mue en aspirant Premier secrétaire: «Le congrès du PS ne peut être que le point de départ d’un nouveau cycle politique à gauche.» 2017 ne serait qu’«une étape» dans le «dépassement de toutes les formations politiques».

Guerre des égos ?

Le courant dont fait partie Hamon – et nombre de parlementaires «frondeurs» – avait déjà hébergé une réunion de Vive la gauche lors de leur université de rentrée, fin septembre dans les Landes. Les amis de l’ex-ministre verraient bien ce collectif servir de socle à une grande motion au congrès.

Mais à la gauche de Hamon aussi on se méfie du camarade «Benoît». Au précédent congrès, il avait fait le choix de rallier la grande motion majoritaire. On n’oublie pas non plus, qu’avec Montebourg, c’est lui qui a poussé Valls à Matignon. Avec ses 30% récoltés à l’élection du premier secrétaire la fois précédente, Emmanuel Maurel a rappelé à ses camarades qu’il faudra plus que de simples effets de tribunes : «Le rassemblement de la gauche est nécessaire… mais sur un contenu.» Maurel rappelle indirectement à ses camarades députés qu’ils peuvent toujours porter «l’interdiction des licenciements boursiers» ou qu’ils n’ont pas rétabli la retraite à 60 ans. «On sait où on habite», souligne-t-il comme pour rappeler qu’ils n’ont jamais tenu d’autre discours depuis le début du quinquennat… Contrairement à d’autres.

Une nouvelle guerre des égos à venir? «Je ne pense pas, répond le conseiller de Paris Frédéric Hocquard. Tout dépend de notre dynamique et de l’état dans lequel le parti va sortir des départementales.» Ces socialistes vont courir cette étape sur un faux rythme jusqu’aux prochaines élections. Et attendre de constater l’ampleur de la défaite pour attaquer la prochaine: celle de la prise du parti. Du moins sa tentative.

Lilian ALEMAGNA

Source Libération 30/11/2014
Voir aussi :  Actualité France, Rubrique Politique,