Metro de Gaza par Uri Avnery

Uri Avnery* commence à réfléchir sur les conséquences de cette guerre en Israël. Et cela fait froid dans le dos. Alors que j’avais toujours été admirative de la totale liberté d’expression régnant en Israël  il semblerait qu’il commence à y avoir des limites. et cela fait très peur.

Aline Baldinger

Metro de Gaza

 

220px-UriAvneryIl n’y a pas de metro à Tel Aviv. On en a discuté pendant des années. Tous les maires l’ont promis. Hélas il n’y a toujours pas de métro

Lorsque l’armée Israélienne est entrée dans la bande de Gaza et a trouvé un extaordinaire réseau de tunnels, une idée a germé. Pourquoi ne pas inviter le Hamas à creuser le métro de Tel Aviv ? Ils possèdent l’expertise, la technologie, les plans et la main d’œuvre.

 Mais la guerre n’est pas une plaisanterie c’est une terrible tragédie. Après 29 jours de combat (jusqu’à ce jour) qui a gagné?

 

Il est bien sûr beaucoup trop tôt pour pouvoir tirer des conclusions définitives.  Le cessez le feu n’a pas duré. Cela prendra des années pour tirer toutes les conséquences. Mais la sagesse populaire des Israéliens  a déjà tiré ses propres conclusions: Il y a match nul.

Cette conclusion est en elle-même une sorte de miracle. Pendant un mois entier les citoyens Israéliens ont été bombardés  par un intense tir de barrage de propagande. Jour après jour, heure après heure ils ont été soumis à un courant ininterrompu de lavage de cerveau.

Les dirigeants politiques et militaires distillaient une image de la victoire. Les chars et les soldats sortant de Gaza ont reçu l’ordre d’agiter de grands drapeaux. Toutes les photos montraient des soldats quittant la bande de Gaza en souriant de toutes leur dents. ( Mon imagination me montre ces troupes s’entrainant à la sortie avec le sergent major criant : » Soldat Cohen un peu plus convaincu le sourire ! »  

Si on en croit les paroles officielles notre glorieuse armée a rempli tous ses buts. Mission accomplie. Le Hamas est battu. Si l’on en croit un de ces correspondants militaires “aux ordres”: “ Le Hamas rampe à quatre pattes pour obtenir le cessez le feu”.

Cela a donc été une grande surprise que lors du premier sondage , 51% des Israéliens Juifs répondent que cette guerre s’est terminée par un match nul

Seulement 36% répondirent que nous avions gagné et 6% conclurent à une victoire du Hamas.

Lorsqu’une guerilla dirigeant au plus 10 000 combattants fait match nul avec une des plus puissantes armées du monde équipée des armes les plus modernes cela peut être considéré comme une sorte de victoire.

Le Hamas n’a pas seulement montré un grand courage pendant les combats mais aussi beaucoup d’intelligence dans la préparation de cette campagne. Et il est toujours debout.

L’armée Israélienne quant à elle a fait montre de très peu d’imagination. Elle n’était  pas du tout préparée aux tunnels labyrinthiques. Le “dôme de fer » qui a obtenu de grands succès  dans la défense contre les rockets a été installé il y a huit ans par un Ministre de la défense qui était un civil, contre l’avis express de l’armée. Sans cette défense la guerre aurait été bien différente. .

De fait, ainsi que ‘un commentateur a osé l’écrire l’armée est devenue une machine encombrante et conservatrice. Elle suit sa routine sans mettre en jeu des forces spéciales. Fondamentalement sa doctrine était de pousser la population civile à la soumission en faisant le plus de morts et destruction possibles  afin de décourager toute résistance  le plus possible et le plus longtemps possible. En Israël les terribles images de mort et de destruction n’ont provoqué aucune compassion. Au contraire. Les gens en étaient fiers.  

A la fin les deux côtés étaient totalement épuisés. Pourtant pendant les négociations de cessez le feu du Caire, le Hamas ne s’est pas rendu.

Pour les dirigeants Israéliens l’alternative au retrait était la conquête de la totalité de la bande de Gaza. Cela aurait permis d’exterminer le Hamas et de démanteler toutes ses infrastructures. Mais l’armée contesta vigoureusement cette option et parvint à convaincre les politiques. Il y aurait eu au moins un millier de soldats morts et la bande de Gaza toute entière aurait été réduite en ruines.

32 ans auparavant le duo Begin-Sharon avait rencontré la même problématique. La conquête de Beyrout ouest aurait couté la vie à au moins 800  soldats Israéliens. Ils avaient renoncé tout comme le duo Netanyahu-Ya’alon venait lui aussi de renoncer.

La société Israélienne n’a pas la force d’affronter de si nombreux morts. Et les protestations internationales contre le carnage de civils aurait été trop important.

Et donc Netanyahou a fait ce qu’il avait juré de ne jamais, au grand jamais  faire: il a commence des négociations avec  une organisation terroriste méprisable- le Hamas

Il existe une maladie mentale appellee Paranio Vera. Elle a pour symptôme principal que le malade adhère à une affirmation folle ( la terre est plate, kennedy a été tué par un extraterrestre, les Juifs conduisent le monde) et reconstruisent toute un système logique à partir de cette affirmation. Plus le système est logique plus le patient est fou.

La paranoïa d’Israel concerne le Hamas. C’est l’affirmation que e Hamas est une organisation terroriste diabolique toute entière tournée sur l’annihilation d’Israël. Ainsi que l’écrivait un journaliste cette semaine «  un gang de psychopathes ».  

Toute la politique Israélienne est fondée sur cette affirmation. La guerre reposait elle aussi sur cette affirmation.

On ne peut pas parler avec le Hamas. On ne peut pas faire la paix avec el Hamas. Il faut juste le supprimer.

Ce tableau démoniaque n’a aucun rapport avec la réalité.

Je n’aime pas le Hamas. Je n’aime pas les partis religieux en général, ni en Israël, ni dans le monde Arabe, nulle part. Je ne voterais jamais mais pour un parti religieux.

Mais le Hamas fait partie intégrante de la société Palestinienne. Lors des dernières élections Palestiniennes, -supervisées par des instances internationales le Hamas a obtenu la majorité. Il a ensuite, c’est vrai, pris le pouvoir dans la bande de Gaza par la Force mais après avoir gagné une majorité dans la bande de Gaza.

Le Hamas n’est pas “Jihadiste” au sens de al-Qaeda ou de  ISIS.Il ne se bat pas pour l’établissement mondial d’un califat. Le Hamas est un parti Palestinien entièrement dévoué à la cause Palestinienne. Il se donne à lui même le nom de résistance. Il n’a pas imposé la loi religieuses (sharia) à la population

Ah mais qu’en est il de la Charte du Hamas qui Demande la destruction de l’Etat d’Israel et comprend des affirmations antisémites virulentes ?  

Je dirais que cela ressemble à du “déjà vu”. L’For me, this is frustratingly deja vu. La charte de l’OLP demandait elle aussi la destruction de l’Etat d’Israel. La propagande Israélienne s’en servait sans cesse. Yehoshafat Harkabi professeur respecté et ancien responsable des services secrets, pendant des années , n’a parlé que de cela.  A respected professor and former army intelligence chief, , spoke for years about nothing else. Seulemetn après la signature des Accords d’Oslo entre Israel et l’OLP ces clauses furent tout simplement ôtées de la charte, en présence du Président Clinton.  

En raison de d’interdictions religieuses, le Hamas ne peut pas signer lui même un accord de paix. Mais à l’instar de tous les peuples religieux du monde ( surtout les Juifs et les Chrétiens d’ailleurs) il a trouvé comment contourner les interdits divins. Le fondateur du Hamas le Sheik Ahmad Yassin (qui a écrit la charte et fut assassiné par Israel) avait proposé une Hudna de trente ans. Une Hudna est une trêve sanctifiée par Dieu et qui peut être renouvelée jusqu’au jugement dernier.

Gush Shalom, Le mouvement pour la paix auquel j’appartiens a demandé il y a hui tans que notre gouvernement commence à discuter avec le Hamas. Nous mêmes nous avons eu à plusieurs reprises des discussions amicales avec plusieurs leaders du Hamas. La ligne officilel actuelle du Hamas est  que si Mahmoud Abbas parvient à un accord de paix avec Israel, le Hamas l’accepterait, après qu’il eut été ratifié par un referendum.

Malheureusement il y a peu d’espoir qu’Israel guérisse bientôt de sa paranoïa

 

En supposant que cette guerre finisse bientôt, que restera t il?

L’hystérie guerrière qui a submerge Israel pendant cette guerre a apporté une odieuse vague de fascisme. Il y eut des mouvements de lynchage  d’Arabes à Jérusalem.

Des journalistes comme Gideon levy ont du être protégé par des gardes du corps, des professeurs d’Université ayant osé defendre la paix ont été censuré (provoquant un boycott universitaire dans le monde entier) et des artistes ayant osé avoir une opinion divergente ont été licenciés.

Certains pensent que c’est un évènement marquant dans la décadence de la démocratie israélienne. J’ose espérer que cette vague horrible va refluer. Mais quelque chose restera. Le fascisme a d’une certaine façon été approuvé dans le discours dominant.

L’un des symptômes du fascisme est l’histoire du “couteau dans le dos”. Adolf Hitler, l’a utilisé pendant toute son ascension au pouvoir : Notre glorieuse armée était proche de la victoire quand un complot de politiciens ( Juifs) lui a planté un couteau dans le dos.

On entend déjà dans les rue d’Israël : «  Nos braves soldats auraient pu conquérir toute la bande de Gaza si Netanyahou et ses larbins – le ministre de la défense et son chef de cabinet- n’avaient pas donné l’ordre ignominieux d’une retraite honteuse.

A l’heure actuelle Netanyaou est au sommet de sa popularité . Un sondage lui accorde le soutien de  plus de 77 % des citoyens Juifs sur sa conduite de la guerre.  Mais cela peut changer en un jour. Les critiques murmurées aujourd’hui à voix basse, y compris au sein de son propre gouvernement peuvent  devenir majoritaires et être dites à voix haute.

A la fin Netanyahu peut être dévoré par le feu de super patriotism qu’il a lui même allumé.

Les images de mort et de destruction venant de Gaza ont fait profondément impression à l’étranger. Ces images ne pourront pas être éffacées d’un coup de gomme. Le sentiment anti Israélien restera,  parfois mêlé à un veritable antisémitisme. The awful pictures of devastation and death coming out of Gaza have made a profound impression abroad. They cannot be simply erased.  Anti-Israeli sentiment will remain, some of it tinged with outright anti-Semitism. L’affirmation ( fausse) d’Israel voulant être reconnue comme “l’Etat nation du peuple Juif” et l’identification presque totale des Juifs de la diaspora avec Israel, conduira inévitablement à reprocher à tous les Juifs les exactions d’ Israel.  

L’influence de cette guerre sera encore bien plus importante dans le monde Arabe. Pour chaque enfant tué, pour chaque maison détruite naitra un nouveau « terroriste ».

Peut-être y a t il quand meme des conséquences  positives.

Ette guerre a créer, temporairement une alliance improbable en Israel, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et l’AUtorité Palestinienne.

Il y a deux mois Abbas était le souffre douleur de Netanyahou. Maintenant il est le favori de Netanyahou et de l’opinion publique Israélienne. En Même temps, parodoxalement, Abbas et le Hams n’ont jamais été si proches.

 Cela pourrait constituer une opportunité unique pour commencer sérieusement un processus de paix à la suite d’une solution au problème de la bande de Gaza.

Si…

Uri Avnery

* Uri Avnery est un écrivain et journaliste israélien né le 10 septembre 1923 à Beckum. Surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu 

Source : Blog de Aline Baldinger 09/08/14

 

 

Les «dark pools», nouveau front judiciaire pour les banques aux USA

668607-le-procureur-de-new-york-eric-schneiderman-le-27-mai-2014Déjà cibles de multiples enquêtes, les grandes banques font face à un nouveau front judiciaire aux Etats-Unis, menaçant un de leurs relais de croissance: les «dark pools», des plateformes alternatives où s’échangent dans l’anonymat des milliards de dollars par jour.

Tour à tour, la britannique Barclays, les suisses UBS et Credit Suisse, l’allemande Deutsche Bank et les américaines Goldman Sachs et Morgan Stanley ont révélé avoir reçu des demandes de documents d’autorités américaines dans le cadre d’enquêtes concernant leur «dark pool» respective. Elles disent coopérer.

A l’exception de Barclays, attaquée en justice, la plupart des investigations, menées par le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman, le FBI et le régulateur des marchés financiers (SEC), sont encore à un stade préliminaire.

Une dark pool est une plateforme où les transactions, qui sont de gré à gré, se font à l’aveugle, c’est-à-dire que le prix et l’identité du vendeur et de l’acheteur ne sont connus qu’une fois l’opération conclue. L’opérateur, souvent une banque d’affaires, joue les intermédiaires.

A l’inverse des marchés réglementés, il y est difficile de tracer qui a acheté et vendu quoi.

Les dark pools sont fréquentées par les investisseurs institutionnels (fonds d’investissements, de pension ou spéculatifs) qui achètent et vendent de gros blocs de produits financiers (actions, obligations) et ne veulent pas que ça se sache.

«Ils viennent ici pour l’anonymat», explique à l’AFP Adam Sussman, un des responsables de la plateforme alternative Liquidnet, qui compte 700 participants affichant des portefeuilles d’actifs d’un montant total de 13.000 milliards de dollars.

Les dark pools représentent aujourd’hui 35% du volume des échanges boursiers aux Etats-Unis, contre 25% en 2009, selon des chiffres cités par la patronne de la SEC Mary Jo White lors d’un discours en juin.

Les enquêtes à leur sujet viennent allonger la liste déjà longue des litiges auxquels les grandes banques sont confrontées aux Etats-Unis: des prêts immobiliers toxiques «subprime» aux violations d’embargo américain en passant par les manipulations des marchés de changes ou du taux interbancaire Libor.

Favoritisme

L’angle d’attaque des autorités américaines porte sur le favoritisme supposé accordé aux traders de haute fréquence sur ces plateformes alternatives légales.

Depuis le krach éclair de Wall Street en mai 2010, pour lequel il avait été mis en cause, le courtage de haute fréquence, qui permet à des robots d’échanger des actions instantanément, est sous haute surveillance des autorités – bien que cette pratique ne soit pas illégale.

La parution au printemps du best-seller du journaliste Michael Lewis, «Flash Boys», qui relate l’histoire vraie d’un courtier en rébellion contre les méthodes de courtage les plus sophistiquées, a encore accentué la tendance.

Les régulateurs reprochent notamment aux banques d’attirer les traders à haute fréquence sur leurs dark pools en leur accordant des «avantages systématiques» au détriment des autres courtiers, selon les termes de la plainte déposée fin juin contre Barclays par Eric Schneiderman.

La banque britannique est ainsi accusée d’avoir «falsifié» un document marketing destiné aux gros investisseurs en y retirant le nom d’une maison de courtage spécialisée dans la haute fréquence et qui s’était déjà distinguée par des pratiques «agressives».

La banque a saisi la Cour suprême de l’État de New York pour lui demander de «rejeter» cette plainte qu’elle estime «injustifiée».

«Je suis inquiète par le manque de transparence des dark pools», avait déclaré en juin Mary Jo White, en rappelant que la transparence est un «outil important» censé protéger les investisseurs quel que soit le marché.

Pour elle comme pour les critiques du courtage alternatif, la dark pool alimente d’une façon ou d’une autre la spéculation.

Un investisseur peut par exemple jouer à la baisse une action sur un marché réglementé pour la racheter à très bon prix ensuite sur une dark pool.

Au Canada et en Australie, les autorités n’ont pas hésité à y interdire les transactions à moins que celles-ci ne s’effectuent à des prix supérieurs à ceux des marchés réglementés.

L’Europe et Hong Kong réfléchissent à faire de même.

Source AFP : 08/08/14

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Soirée indienne : Trilok Gurtu et Susheela Raman pour un concert magique

Susheela Raman. Photo Dr

Susheela Raman. Photo Dr

Fiest’A Sète. Le festival de musiques du monde s’achève ce soir avec deux invités d’exception : Trilok Gurtu et Susheela Raman.

Dernière soirée de concerts Fiest’A Sète ce soir au Théâtre de la Mer sous le signe de l’Inde et de l’ouverture qu’incarnent les deux artistes invités. A commencer par le maître des percussions Trilok Gurtu dont les tablas ont épicé et illuminé les performances de quelques-uns des plus grands noms du jazz des quatre dernières décennies. Se référer à la discographie du personnage et à ses multiples collaborations à de quoi faire tourner la tête. Ce génie oeuvre pour la rencontre des genres en se situant au croisement entre musique classique indienne, jazz, funk, pop, et électro.

En 1973, Trilok Gurtu, rejoint par le trompettiste Don Cherry quitte son pays natal. Il n’a cessé depuis de travailler à rapprocher les sources de la musique indienne aux autres continents, Europe, Amérique Afrique. Ses propres disques révèlent une science sidérante de la composition et des arrangements, doublée d’une rare ouverture musicale. Entre deux tournées, Trilok retourne chaque année parfaire son enseignement auprès de son maître indien, signe d’une humilité et d’une passion hors du commun.

Libre Susheela Raman

La chanteuse anglaise d’origine indienne Susheela Raman nous revient avec son nouvel album Queen Between qui poursuit le pont que son œuvre construit entre le rock occidental et la musique indienne. Après avoir approché les chants extatiques tamouls sur son dernier disque, elle se rapproche des traditions soufies en jouant avec des musiciens qawwal (1), rajasthani. Dans une démarche libre et ouverte qui ne cède ni aux contraintes rituelles de la tradition ni au référentiel religieux que prennent parfois les orientations musicales culturellement métissées, à partir d’un système islamiquement normé défini par le religieux.

Pas plus d’ailleurs qu’aux contraintes politiques qui résultent de la partition du sous continent indien en 1947 (2). Les musiciens pakistanais qawwals et ceux du Rajasthan que Susheela a réunis pour son disque ne travaillent plus trop ensemble alors qu’ils partagent des références culturelles et musicales communes. Le partage est aussi social entre musiciens classiques et ceux issus de la musique populaire. Susheela priorise l’énergie et la musique pour abolir les distances et faire tomber les préjugés.

A l’écoute, quelque chose de nouveau prend forme qui apaise l’âme et invite à voyager dans un autre univers. La voix époustouflante de profondeur et de variation de Susheela évoque la plénitude et la beauté.

JMDH

(1) Le qawwali, chant musulman sacré du XIIème siècle.
(2) Ce bouleversement politique s’est accompagné de gigantesques transferts de populations (6 M de musulmans quittent l’Inde que rejoignent 4 M d’hindous).

Plaza Francia sur le territoire passionnel

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La soirée Tango de Fiest’A Sète a eu lieu à guichets fermés. La faute aux dieux du bandonéon.

Une ouverture en douceur sur les ballades folk de la jeune argentine Natalia Doco qui apparaît sur le devant de la scène avec son premier album Freezing. La fraîcheur de cette chanteuse née à Bunos Aires et vivant à Paris rompt avec l’image quelque peu trempée qu’ont laissée ses compatriotes fuyant la dictature. Un souffle nouveau comme aime à les propulser le festival. Malgré le charme déployé et les couleurs acidulées musicalement goûteuses, le bonbon ne fond pas encore dans la bouche. Devant un Théâtre de la Mer plein à craquer, il était évidemment difficile de rivaliser avec l’Art raffiné de Plaza Francia.

Nouvelle formation certes mais déjà très expérimentée. Le groupe est issu d’un projet dont l’origine revient à l’Argentin Eduardo Makaroff et au Suisse Christoph Müller, deux des fondateurs du Gotan Project, qui ont demandé à Catherine Ringer de venir à la rescousse bâtir avec eux un album de tango*. Voyez la coupure… Dès les premières notes, superbement servies par la création lumière, l’alliance des styles singuliers fait son effet. Avec une passionnelle sobriété Catherine Ringer, qui célébrait déjà l’Amérique latine en rendant hommage à la chorégraphe argentine Marcia Moretto sur son célèbre Marcia Baila, campe la scène avec une élégance et une présence pleine et entière.

A ses côtés, Mu?ller et Makaroff, en quête d’aventures s’offrent une virée libre qui allie pop, tango et musique électronique. Simplicité, feeling et expression dramatique de la violence et de la douleur sont au rendez-vous. Plaza Francia s’affranchit des codes et des genres pour en inventer un nouveau. Le concert intègre des morceaux de Gotan Project et des Ritas Mitsouko et porte le public aux anges.

Les dieux du tango devaient s’ennuyer, ils ont favorisé cette rencontre qui innove autant qu’elle coule de source.

Jean-Marie Dinh

*A new tango song book (because music,2014)

Source : La Marseillaise 08/08/14

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Fiest’A Sète : Des esthétiques et des déferlantes qui embarquent le public

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Bootsy Collins allume Sète. Photo Henri Nocca

Fiest’A Sète. La semaine au Théâtre de la mer a démarré très fort le week-end
dernier. Les concerts d’exception se poursuivent jusqu’au 8 août.

La qualité rejoint l’histoire et l’éclosion de découvertes des nouveaux talents de la world music au Théâtre de la mer où se poursuit Fiest’A Sète, jusqu’au 8 août. Samedi les Dieux ont absous le grand sorcier Bootsy Collins en lui permettant de passer entre les gouttes pour emporter son public par la vague funk qu’il a fait déferler sur le théâtre.

A l’évidence, cette musique est loin d’avoir dit son dernier mot. Le funk de Bootsy et de son super band gratte les tympans et irrite les yeux. Et on aime ça. Il faut le voir pour le croire. Ce personnage hors norme ne se limite pas à l’extravagance de ses costumes psychédéliques ou à sa basse guirlande étoilée. Le funk coule dans ses veines comme l’acide des xénomorphes qui peuplent la saga d’Alien.

Sur scène Bootsy ne s’applique pas sur son manche, il est simplement là pour transmettre. Et il nous embarque sur la piste de la funk music depuis son origine. Avec un de ses fondateur, on saute évidemment, les fastidieuses étapes pédagogiques pour entrer dans le vif. Le funk sommeille en chacun de nous et en toute chose. Sur la portée de Bootsy sont inscrites les quelques notes imparables pour le réveiller.

Toujours samedi, dans un autre registre d’envoûtement, plus glamour soul, se produisait l’étoile montante de la scène israélienne Ester Rada. Le charme de la chanteuse d’origine éthiopienne opère avec beaucoup de vibration. Sa proposition musicale très aboutie se nourrit de ses différentes origines culturelles. Une prestation empreinte d’une farouche volonté de liberté où se mêlent des stigmates de musique traditionnelle juive et éthiopienne. Dommage que le groupe n’ait pas répondu au public qui demandait un rappel après une petite heure de concert.

Le week-end hot s’est poursuivi dimanche avec une très heureuse soirée afro-cubaine. A commencer par la rencontre de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara et du jeune pianiste virtuose cubain Roberto Fonseca avec qui elle interprète le superbe titre Bibisa sur son dernier album. La quête d’échange interactive que l’on découvre à l’écoute, s’est prolongée par une série de concerts communs des deux artistes dans une esthétique parfaitement maîtrisée. Le duo devrait poursuivre se voyage vers de nouvelles frontières.

C’est Orquestra Aragon fidèles du festival qui a conclu la soirée en fêtant très dignement son soixante quinzième anniversaire. Le public de Fiest’A Sète, qui en connaît un rayon en matière d’ondulation Rumba, Cha Cha et Salsa, a su être à la hauteur ! Affaire à suivre car la fête continue en s’orientant vers de nouveaux horizons…

JMDH

Théâtre de la mer ce soir. Plaza Francia

plaza_franciaTout est dit, ou presque, dans l’intitulé de ce projet étonnant qui réunit Catherine Ringer et deux tiers du trio Gotan Project, à savoir l’Argentin Eduardo Makaroff et le Suisse Christoph H. Müller. Etonnant ? L’association n’est pourtant pas si incongrue, si l’on se souvient des inflexions latines que la chanteuse des Rita Mitsouko a souvent donné à sa voix, comme pour anéantir les chances de traçabilité d’une musique résolument apatride et inclassable. Les deux Gotan, en congé momentané de leur formule à succès, cherchaient au départ un éventail de voix féminines propres à épouser les courbes sensuelles du tango. Ils ont rencontré la Ringer, et de son tempérament volcanique. So…

Source ; L’Hérault du Jour 05/08/14

 

Diva soul et funk atomic

Ester Rada,

L’étoile montante Ester Rada attendue à Fiest’A Sète, . d.r.

Concerts. Soirée Soul & Funk Session avec Ester Rada et Bootsy Collins au Théâtre de la Mer ce samedi à Sète.Rendez-vous dès la nuit au Théâtre de la mer où Fiest’A Sète installe son QG jusqu’au 8 août après une semaine de concerts nomades sur le bassin de Thau.

On commence très fort en explorant les liens étroits entre la soul et la funk music. Ester Rada fortement influencée par des grandes dames telles que Nina Simone ou Aretha Franklin ouvrira le bal. Attention ! On n’est pas ici dans une pâle copie version baloche mais bien dans l’idée de mettre en pratique les préceptes d’affirmations identitaires qui touchent à l’âme. Cette jeune israélienne d’origine éthiopienne a pris le temps qu’il lui fallait pour affirmer la force de ses racines musicales éthio jazz, pop et soul.

Le second concert du soir sera sans retenu. Bootsy Collins est un enfant terrible du funk tendance psychédélique. Il a fait vibrer sa basse au manche étoilé au sein des Funkadelic au côte de George Clinton. Bootsy est entré dans l’histoire de la musique black en temps que bassiste des JB’s, le backing band de James Brown, avec Fred Wesley et Macéo Parker. La rumeur affirme que James Brown congédia Bootsy Collins après que ce dernier eut des hallucinations dues au LSD sur scène. Un fait d’arme que la star du funk a su mettre à profit en poussant son goût pour l’excentricité. Cela n’enlève rien à ses qualités musicales, bien au contraire et il nous offre une synthèse de la musique noire américaine côté rythmique.

Après le mémorable concert de  Nile Rodgers l’année dernière, les monstres de la musique afro-américaine passent par Fiest’A Sète.  Hey Bootsy ! The god of the funk did not die.

Source : La Marseillaise 02/08/14

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Voix Vives: Le dialogue des cultures passe

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Une fréquentation en hausse pour écouter les poètes méditerranéens. Photo dr

Festival de poésie. 5ème édition de Voix Vives à Sète. Désirs et pensée en liberté rencontrent un nouveau succès.

Voix Vives, la célébration marathonienne de la poésie méditerranéenne s’est achevée samedi. Une nouvelle fois le festival laisse derrière lui de multiples sillages que l’on se promet de suivre un peu plus tard, dans le bleu pastel où le ciel rejoint la mer. Neuf jours quasi continus de l’aube à loin dans la nuit, ponctués d’étoiles, de bouches roses et noires qui arrosent et de mots qui font mouche.

Pour la cinquième année Sète s’est vue consacrée ville escale des poètes issus de toutes les rives. Si Voix Vives célèbre avant tout l’espace méditerranéen c’est dans une optique d’élargissement, de frontières repoussées en y associant les sphères d’influences terrestres, maritimes et parfois cosmiques… Des Balkans à l’Afrique en passant par les Caraïbes et l’Amérique latine, les poètes ont afflué de tous horizons, portant témoignage des lieux secrets où la culture puissante de cette petite mer a laissé des traces.

« Ce fut une très belle édition, commente la directrice du festival Maïté Vallès Bled, on nous l’a dit et nous l’avons vécu. » Les langues et les voix éphémères, libérées dans la ville font état de la richesse des esprits et des arts qui se rencontrent. Elles dessinent un périmètre de tolérance dans les rues de Sète. « D’année en année, nous observons une vraie appropriation de la part du public sétois. Alors que nous avions enregistré quelques plaintes les premières années liées à des problèmes de stationnement, beaucoup d’habitants sont venus nous dire cette année de poursuivre le festival. »

Dans le quartier haut, où il concentre l’essentiel des 600 manifestations proposées, le festival est un facteur de tolérance. Entre les origines, entre les poètes et avec les autres, ceux pour qui hier encore, les cinq lettres du mot poème inspiraient des craintes ou imposait une distance. Aujourd’hui les vertus de la poésie semblent opérer en ramenant le public à lui-même.

Le décompte des chiffres de cette 5e édition sétoise n’est pas encore tout à fait terminé mais l’on prévoit une augmentation de l’ordre de 10% par rapport à 2013 (49 000 spectateurs). En dépit du concert de Maria Carmen Vega, au Théâtre de la mer où la capacité de l’artiste à rassembler a été surévaluée le bilan des concerts payants reste positif. « Le marché au livre qui a réuni une centaine d’éditeurs de poésie a bénéficié d’une très bonne fréquentation. Le public qui vient écouter gratuitement de la poésie achète aussi des livres pour poursuivre la découverte ce qui est un signe significatif », se réjouit la directrice.

Pour la seconde année Voix Vives s’exporte à l’étranger après Sidi Bou Saïd et Gènes, il mettra les voiles sur Tolède dès septembre.

JMDH

Source : L’Hérault du Jour : 01/08/2014

 Voir aussi : Rubrique Festival,Sans frontières les poèmes disent l’essentiel, rubrique Rencontre Grand Corps Malade,  rubrique Livre, Poésie, rubrique /Méditerranée, Palestine, Jordanie, On Line Festival Voix Vives,/