« The Guns of Brixton »

f0a28ff4c8b695953463b0281eda3201The Guns of Brixton

Chanson du groupe punk The Clash, écrite par le bassiste Paul Simonon , en 1979, avant les émeutes de Brixton, qui débutèrent en avril 1981.

 

Quand ils défonceront la porte
de chez toi à coups de pied
Comment est-ce que
tu leur feras face ?
 Les mains sur la tête
Ou flingue en pogne

 

Quand la « loi » débarquera
Comment est-ce que tu tireras
ta révérence ?
Abattu sur un trottoir
Ou à croire dans le couloir
de la mort

 

Vous pouvez nous écraser
Vous pouvez nous tabasser
Mais un jour ou l’autre
vous devrez répondre
de tout cela devant
Les flingues de Brixton

 

L’argent tu ne trouves
pas ça dégueu
Et ta vie tu l’aimes plutôt bien
Mais un jour ton heure viendra
Que ce soit au paradis ou en enfer

 

Tu vois sa vie ressemble
à celle d’Ivan
Né sous le soleil de Brixton
Sa vie c’est la survie
À la fin de The Harder They Come

 

Pour eux pas de pitié
Ils n’ont pas hésité à sortir
leurs flingues
Pas besoin
de panier à salade

 
Adieu au soleil de Brixton

Vous pouvez nous écraser
Vous pouvez nous tabasser
Mais un jour ou l’autre
vous devrez répondre
de tout cela devant
Les flingues de Brixton

 

Quand ils défonceront la porte
de chez toi à coups de pied
Comment est-ce que
tu leur feras face ?
Les mains sur la tête
Ou flingue en pogne

 

The Clash, The Guns of Brixton, extrait de l’album London Calling, CBS Records, 1979.

Lodève. L’été culturel s’annonce avec Résurgence

Bug n’ Buzz de la Cie Concordance.  Photo dr

Bug n’ Buzz de la Cie Concordance. Photo dr

Festival Lodève
Désir d’évasion, d’arrière pays… Résurgence, le festival des arts vivants, dévoile sa troisième édition qui se tiendra du 20 au 23 juillet.

Lodève, ce n’est pas le bout du monde, mais ce pourrait bien être cet été le plus court chemin vers nos rêves de fraîcheur et de verdure. La petite commune de moins de 10 000 habitants bénéficie d’une politique culturelle très attractive et poursuit sur cette voie avec raison. Les travaux du Musée municipal touchent à leur fin, prochainement le nouveau musée proposera des services étendus aux visiteurs. En attendant la programmation se poursuit hors les murs. On pourra y découvrir du 8 juillet au 5 novembre les chefs d’oeuvres de l’estampe de la Fondation suisse William Cuendet. Une médiathèque devrait aussi voir le jour d’ici 2019 et il serait question d’une salle de diffusion pour le spectacle vivant…

Arts bien vivants
Le spectacle vivant qui prend pied dans la communauté de communes du Lodévois Larzac. Pour la troisième année, le festival Résurgence va surgir cet été dans les rues de Lodève avec 30 compagnies programmées et 60 représentations données en quatre jours. Il n’ambitionne pas les paillettes mais développe des arguments de poids en termes de diversité des formes, cirque, conte, théâtre, ciné concert, théâtre de rue, musique, autant de disciplines présentes aux quatre coins de la ville font de ce petit festival un lieu de découverte et de création. La programmation mise sur la qualité et le sens du partage collectif. Sensible à la crise générale vécue par les créateurs, une attention particulière est portée par son directeur, Franck Loyat, au soutien à la création.

Soutien à la création
Cette année le festival accueille notamment les nouveaux spectacles de la compagnie CIA, Dessous d’histoire, une grande fresque  théâtrale itinérante. Le texte signé Frédéric Michelet vient de paraître aux éditions Deuxième Epoque (ex Entre-temps) il est mis en scène par Manu Moser. On pourra aussi apprécier la dernière création de la cie Garniouse, Je m’appelle, d’après un texte d’Enzo Cormann qui évoque la cohorte des victimes d’un siècle de guerre économique mondiale, ou encore le projet musical Orient express, imaginé avec la cie La Vaste entreprise et son spectacle Légende une multitude de micro-récits qui fleurissent partout dans la ville sur un modèle commémoratif mais pour évoquer des gens inconnus et des faits ordinaires à l’échelle de la ville.

L’ambiance est garantie familiale et conviviale avec une sélection de spectacles tous public comme l’épopée absurde de la cie des 3 points de suspension, le ballet jonglé de la cie De Fracto, le spectacle de danse inventif et ludique Bug n’ Buzz de la cie Concordance où les objets du quotidien deviennent des instruments de musique, ou le western burlesque de la cie Annibal.

Résurgence déroule une belle proposition programmatique équilibrée et exigeante qui ouvre notre vision sur le voisin que nous négligeons parfois…

JMDH

Source La Marseillaise

Festival Arabesques. Où l’esprit contemporain côtoie les mythes

La palestinienne Skywalker a chauffé le Rockstore à blanc

La palestinienne Skywalker a chauffé le Rockstore à blanc

Pour cette douzième édition, le Festival Arabesques, rencontres des Arts du monde Arabe,  célèbre à Montpellier des grandes dames jusqu’au 21 mai. La DJ palestinienne, Sama Abdulhadi, alias Skywalker la première qui a mixé dans un bar de Ramallah en bousculant les mentalités et les préjugés a chauffé cette nuit le Rockstore à blanc avec un set endiablé. Skywalker importe les embruns des scènes techno de Beyrouth, Londres, Le Caire ou Paris où elle se produit non sans provocation.

Depuis 12 ans, le festival Arabesques se révèle comme un grand dénicheur des talents issus de la nouvelle scène arabe qui s’impose partout dans le monde. En France, pour des raisons liées à des partis pris socio-politiques qui méritent d’être questionnés le phénomène de reconnaissance est plus tardif. Mais cela n’enlève rien aux talents, à l’instar de l’artiste contemporaine marocaine Leila Hida. La ligne artistique d’Arabesques vise aussi à renouer avec les racines  pour ne pas se perdre…

Leila Hida :

« Avec le net nous n’avons plus besoin d’argent pour refléter la réalité »

Photo Leila Hida

Photo Leila Hida

Née en 1983, Leila Hida habite aujourd’hui à Marrakech où elle est photographe indépendante depuis 2012. Elle est fondatrice du 18, un espace alternatif de culture et d’expression artistique situé dans la médina. Dans le cadre du Festival Arabesques qui bat son plein à Montpellier, on peut découvrir son travail dans le hall de l’Hôtel  Mercure Centre Comédie jusqu’au 10 juin.

D’où vient l’idée du 18, pourquoi avoir choisi ce lieu ?
C’est un engagement pour les créateurs au Maroc en faveur des artistes locaux mais aussi internationaux.  Nous soutenons les artistes émergents en accompagnant leurs recherches à travers les résidences et en diffusant leurs projets au sein de l’espace par des expositions, présentations, rencontres avec le public. Nous souhaitons également connecter les scènes culturelles marrakchies à celles de l’international, et permettre aux artistes étrangers d’intervenir à Marrakech.

Marrakech connaît un développement impressionnant depuis plusieurs années mais le choix de votre implantation reste atypique…
Nous aurions pu nous installer à Rabat, Tanger ou Casablanca mais ça nous intéressait d’ouvrir ce lieu dans ce quartier. Marrakech est une ville de commerce, un point de confluences historiques. La ville s’est métamorphosée, mondialisée, on a construit de manière anarchique sans réflexion urbanistique. Il y a une gentrification de la médina. Au 18, nous recevons tout type de public. Créer un îlot dédié à la création n’est pas si étonnant. L’art contemporain questionne la société et son contexte, la ville, le territoire. Cet environnement se révèle propice aux recherches artistiques. La ville fonctionne à deux vitesses. Le changement vise à promouvoir l’exotisme mais il provoque des tensions entre la population très pauvre et les nouveaux arrivants.

Bénéficiez-vous de soutiens financiers publics ?
Non, nous fonctionnons pour une grande part avec du sponsoring privé et nous attachons beaucoup d’importance à notre indépendance.

« La création contemporaine marocaine                                                                             est en train de trouver son modèle »

Photo Leila Hida

Photo Leila Hida

Considérez-vous que l’expression artistique permet de contourner les impasses politiques ?
Nous agissons dans le domaine de la culture en créant un espace physique permettant la réflexion, un espace où l’on devient citoyen. Ce n’est pas un contournement. C’est essentiel. La nouvelle génération est très impliquée. Avec Internet, nous n’avons plus besoin d’argent pour refléter la réalité et interpeller les pouvoirs publics.

Bénéficiez-vous du droit à la liberté d’expression artistique ?
On peut dire ce que l’on veut, s’il existe une entrave c’est l’artiste qui se la pose lui-même. Nous sommes les héritiers d’une histoire, sous Hassan II rien de cela n’était possible. Il reste des séquelles de cette époque dans notre pays. Il est arrivé que le droit à la liberté d’expression artistique soit malmené mais ça reste à la marge.

Où situez-vous la différence entre les artistes marocains vivants à l’étranger et ceux qui habitent au Maroc ?
Un artiste vivant au Maroc va traiter davantage du contexte marocain, alors que des questions comme celles liées à l’exil seront plus au centre des préoccupations des Marocains vivant à l’étranger.  Artistiquement, on n’évolue pas dans le même environnement. Au Maroc, la création se développe différemment, nous sommes confrontés à des difficultés de production. Il n’y a pas de marché, pas de scène mais beaucoup de choses sont possibles et un mouvement émerge. Le Maroc est en train de trouver son modèle.

Leila versissage Arabesques 2017 à Montpellier

Leila versissage Arabesques 2017 à Montpellier

L’exposition que vous présentez à Montpellier soulève un questionnement autour de l’identité…
Ce travail correspond à une période où je suis retournée m’installer au Maroc. Je l’ai réalisé avec Artsi, un designer d’origine juive. Les images  apparaissent comme dans un album de famille. Elles renvoient à nos identités plurielles, c’est toute la richesse et la complexité qui se posent à nous. Le problème c’est que les gens ne se posent plus assez de questions sur ce qu’ils sont.

Quelle place occupe la question du genre dans votre travail ?
Je n’opère pas de distinction entre la problématique féminine et masculine. Ramener la question à la condition de la femme me paraît régressif. Les inégalités existent mais c’est en agissant que l’on fait avancer les choses.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Arabesques Tout le programme

Source : La Marseillaise 13/05/2017

Voir aussi : Rubrique  Festival, Il était une fois les Chibanis, Arabesques : Le combat est culturel. Nous devons être au front », rubrique Méditerranée, rubrique Montpellier, rubrique Politique, Politique Immigration, Politique Culturelle, Politique de l’Education, rubrique Rencontre,

Une entrée dans la secte de « Fruits of labor »

performance

© Reinout Hiel

Le but est simple et possible : atteindre l’extase.© Reinout Hiel

Un gros bol d’air entre l’enfumage extrémiste et la macronade ,  Fruits of labor, la dernière création de Miet Warlop, nous rappelle aux  folies païennes bien vivantes du printemps.  Le public se délecte sourire aux lèvres. à ne pas manquer au CDN  hTh jusqu’au vendredi 28 avril à 20h.

A quoi carburent l’artiste flamande Miet Warlop et ses acolytes ? C’est une question que doivent se poser aussi les techniciens de surface chargés de remettre le plateau en état après chaque représentation de Fruits of labor. Au Yoga Yaourt, affirment les jeunes protagonistes, trois interprètes et deux musiciens, qui disent s’ancrer solidement dans le fouillis spirituel, afin de mieux le nourrir sûrement.

Il parviennent, quoi qu’on en dise, à partager leur foi sur scène. Le mystère de la trinité se voit remplacé ici, par un savant dispositif, dont Miet Warlop a fait sa marque de fabrique dans son travail à la croisée du théâtre et des arts plastiques. De la danse aussi, car ce n’est pas un hasard si les créations de l’artiste attisent l’intérêt des scènes chorégraphiques.

Dans Fruits of labor tout parait désordonné mais le tableau mouvant de la scène relève d’une grande précision. L’étincelle est avant tout musicale et surtout rythmique, mais c’est avec la mécanique du mouvement dansé qu’opère la magie. Une mécanique qui s’infiltre entre les interprètes et les objets présents sur scène. La lumineuse entrée en matière donne le ton en jouant avec humour sur l’ambivalence corps objet. L’usage des rideaux et tissus signale à différents endroits la dilution du sens. L’omniprésence présence du bloc centrale en mouvement qui se métamorphose au gré des scènes en restant animé de la folle ambition d’engouffrer chaque corps ou objet sur scène, pose un cadre politique.

Entre les conduites d’eau qui se mettent à fuir et les générateurs de secours qui ne marchent pas, émerge sous nos yeux un monde neuf, drôle et enthousiasmant. Miet Warlop s’en explique dans la présentation de Fruits of labor apparu comme une révélation au cours d’un spectacle précédent. L’énergie vitale de cette nouvelle création émerge « d’une pierre qui renferme le tout premier éclat de rire sur terre. Un rire immatériel, un rire d’union qui transcende les générations et les religions. » La scène finale où les interprètes parviennent à se libérer ensemble ouvre un bel horizon d’espoir.

JMDH

Source La Marseillaise 27/04/2017

Voir aussi : Rubrique Théâtre, rubrique Musique, rubrique Art, rubrique Montpellier,

Les escales du nouveau grand voyage musical de Fiest’A Sète

Baba Zula soirée Balkans Express le 4 août Crédit Photo DR

Baba Zula soirée Balkans Express le 4 août Crédit Photo DR

Avec une idée certaine de la modernité et du métissage l’association Métisète nous fait entrer dans le mouvement de la musique vivante.

Dites 21, et préparez-vous à danser, aimer, chalouper, découvrir, rire, sourire et respirer au son des musiques vivantes des quatre coins du globe. Fiest’A Sète vous donne rendez-vous du 22 juillet au 7 août au Théâtre de la Mer et dans les communes du Bassin de Thau, pour sa 21ème édition.

Des soirées comme celles concoctées par l’association Métisète, cela ne se refuse pas. On vous en rappelle le principe : chaque soirée est composée de deux concerts autour d’une thématique. Le schéma ne répond pas au concert classique avec une tête d’affiche et une première partie. Ici, la hiérarchie liée à la notoriété est remplacée par la volonté de correspondance, de résonance et de dialogue possible entre les artistes.

Se mêle les grands ancêtres, comme aime à les appeler le directeur artistique José Bel et les nouveaux talents. « A partir d’un thème, on cherche à donner du sens à chaque soirée. Le sens culturel, c’est la base du festival.» On peut le croire, car l’homme et son équipe sont de fins connaisseurs de l’histoire des musiques dans le monde. C’est leur passion, pour eux, la réussite est d’abord artistique. La dimension économique est importante parce qu’elle contribue à la pérennité du festival, pas comme une fin en soi.

Le festival figure avec Jazz à Sète comme pionnier des soirées sétoise à ciel ouvert. Aujourd’hui une quinzaine de manifestations se succèdent pour rendre attractive la vitrine du spectacle vivant dans l’île de beauté. Cela nécessite une coordination dont on n’ose imaginer qu’elle puisse s’opérer au détriment de l’ADN des organisations. Au total, l’édition 2017 se compose de onze soirées concerts et deux soirées dansantes organisées avec le savoir et les incertitudes des alchimistes. Du 22 au 31 juillet les concerts gratuits se répandent entre Sète et le bassin de Thau. Et du 1er au 7 août, tout ce recentre avec les concert payants au Théâtre de la Mer.

A l’affiche face à la mer

Le 1er août on célébrera les 20 ans de la mort du créateur de l’Afro beat avec une soirée Tribute to Fela kuti. L’afro américain Roy Ayers grand monsieur du jazz funky qui a gravé avec Fela Music of Many Colors en 1980 se retrouve à Sète avec son fils Seun Kuti & Egypt 80 qui jouait tout jeune au sein de l’orchestre paternel. Le swing chaud dans la durée est garanti.

Le lendemain l’ambiance sera Cubassimo ! Le festival reçoit un autre grand ancêtre de la musique, cubaine cette fois, en la personne de Eliades Ochoa comparse du célèbre Buena Vista Social Club porté à l’écran par Wim Wenders. A ses côtés le très talentueux pianiste Roberto Fonseca. Enfant prodige qui a entrepris, à travers son oeuvre, de retracer l’histoire foisonnante de la musique cubaine et de ses nombreuses influences.

Jeudi 3 août hommage aux grandes dames du continent africain avec la soirée African Divas. Au programme, un duo de premier choix composé de Fatoumata Diawara interprète malienne qui se produit partout dans le monde et la musicienne franco marocaine d’ascendance touarègue Hindi Zahra. Oumou Sangare célébrée comme une des plus grandes chanteuses africaines de son temps sera aussi de la partie.

La soirée du 4 août nous transporte dans les Balkans. On y découvrira le groupe stanbouliote Baba Zula et aussi que la vague psychédélique de la fin des années 60 a largement contaminé le proche et Moyen-Orient. Le même soir la fanfare roumaine Ciocarlia et ses douze musiciens souffleront dans leur cuivre et se déchaîneront aux percussions pour perforer les nuages et célébrer la vie comme le veut leur musique cathartique.

La nuit du 5 août sera orientale avec l’étonnant artiste tunisien Dahfer Youssef, chanteur et joueur de Oud inspiré du jazz comme de la musique nordique. Le tout coloré d’une spiritualité joyeuse proche du soufi. Cette soirée signe également le retour de la grande interprète égyptienne Natacha Atlas dont le concert de l’an dernier avait été interrompu par la pluie.

Fiest’A Sète se conclura dimanche 6 août par une soirée consacrée aux sources du blues rural américain. L’occasion d’entendre la violoncelliste new-yorkaise Leyla McCalla qui puise son inspiration dans le creuset de culture et de style liée à ses origines haïtienne et son long séjour en Nouvelle Orléan. Eric Bibb, brillant héritier du folk rural du sud américain accompagné de l’harmoniciste virtuose Jean-Jacques Milteau rendront un hommage au maître de la guitare à 12 cordes Lead Belly qui naquit dans une plantation en 1885.

 JMDH

Source La Marseillaise : Dernière modification le samedi, 15 avril 2017

Voir aussi : Rubrique Actualité Locale, Rubrique Musique, rubrique Festival, Fiest’à sète 2016Fiest’A Sète archives, On Line Site Officiel.