La justice enquête sur la vente de sous-marins français au Brésil

La justice française s'intéresse à la vente en 2008 de cinq sous-marins par la France au Brésil (Reuters)

La justice française s’intéresse à la vente en 2008 de cinq sous-marins par la France au Brésil (Reuters)

Le parquet national financier s’intéresse au contrat de 6,7 milliards signé avec le Brésil en 2009 pour la livraison de cinq navires. DCNS assure au JDD avoir « respecté les règles de droit ».

e parquet national financier a très discrètement ouvert une enquête préliminaire sur la vente de sous-marins français au Brésil. Signé en 2009 par DCNS, le géant français des constructions navales, le contrat, d’un montant total de 6,7 milliards d’euros, pourrait avoir donné lieu au versement de commissions occultes à des politiciens locaux via le partenaire brésilien, le groupe de BTP Odebrecht, déjà largement impliqué dans un gigantesque scandale, l’opération « Lava Jato » (« lavage express »). « Des cadres d’Odebrecht mis en cause auraient cité la société française, il s’agit de procéder à des vérifications », confie une source informée.

La chef du PNF, Éliane Houlette, accompagnée de trois magistrats de son parquet ainsi que de Thomas de Ricolfis, directeur de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), se sont rendus au Brésil la semaine dernière. Officiellement dans le but de « renforcer la coopération judiciaire » entre les deux pays, ils ont rencontré le président de la Cour suprême et le procureur général du Brésil. Mais selon nos informations, en marge de ces discussions protocolaires, les enquêteurs français ont également tenu de discrètes réunions de travail avec les investigateurs brésiliens en charge de l’affaire Odebrecht.

200 élus auraient touché des pots-de-vin

L’enquête initiale a commencé il y a un peu plus de deux ans par le volet Petrobras, du nom de cette entreprise pétrolière liée à Odebrecht où sont apparus les premiers pots-de-vin. Depuis, plus de 70 cadres de cette gigantesque entreprise du BTP ont été impliqués, dont le PDG, Marcelo Odebrecht, déjà condamné à dix-neuf ans de prison. Avec son père Emílio, lui aussi épinglé, ils « coopèrent avec la justice » en échange de remises de peine. « La corruption est institutionnalisée depuis trente ans », a expliqué Emílio Odebrecht sous serment. Depuis leurs accusations, plus de 200 élus brésiliens sont désormais soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin. C’est apparemment suite à ces aveux internes que la vente des sous-marins français a fait son apparition dans le tentaculaire dossier de corruption. « Par définition, il faut être prudent avec des déclarations de repentis », pondère une source proche du dossier.

La vente remonte à 2008. Depuis plusieurs années, le Brésil, avec ses 8.500 km de côtes, cherchait à se doter d’un sous-marin nucléaire. « Lors de la guerre des Malouines en 1982, un seul sous-marin nucléaire britannique a bloqué toute la flotte argentine… Depuis, en Amérique latine, tout le monde en veut un », confie un expert naval français. Le Brésil aurait d’abord cherché à s’équiper auprès des Américains, mais ces derniers n’exportent pas leur technologie nucléaire. Pas plus que les Russes et les Anglais, liés à des équipements sous embargo US. Restaient les Chinois et les Français…

En 2007, après l’échec de la vente des avions Rafale, la vente de submersibles français se serait conclue dans le bureau du président Lula avec Nicolas Sarkozy. Le contrat global signé en 2009, baptisé Prosub, prévoit la livraison de quatre sous-marins conventionnels de type Scorpène (pour remplacer les quatre sous-marins brésiliens livrés par les Allemands à la fin des années 1990) et d’un sous-marin à propulsion nucléaire. Sur demande des autorités locales, DCNS a monté un partenariat sur place avec Odebrecht. Le géant brésilien du BTP a eu pour mission de construire toute l’infrastructure du site d’Itaguaí, un énorme complexe de près de 5 km2, à 70 km au sud de Rio, prévu pour accueillir le chantier des sous-marins puis, à terme, leur servir de base navale. Mais le  premier submersible conventionnel, qui devait être lancé cette année, ne le sera pas avant 2018. Quant au chantier du sous-marin nucléaire, prévu pour être opérationnel en 2021, il accuse cinq ans de retard.

Un trésor de guerre évalué à 3 milliards d’euros

L’opération de 2009 a-t-elle donné lieu à des versements de commissions occultes? Selon les enquêteurs brésiliens, tous les chantiers d’Odebrecht (la plupart des stades pour la Coupe du monde, le parc olympique de Rio notamment) ont donné lieu à des surfacturations pour abonder un trésor de guerre déjà évalué à 3 milliards d’euros. « Partout où l’on a une présence forte, il y avait des dessous-de-table, c’est clair », a confessé Marcelo Odebrecht. L’entreprise française DCNS a-t-elle ou non été liée à de quelconques surfacturations ou à des versements de fonds ? A-t-elle pu ignorer les pratiques de son partenaire local? Les vérifications lancées par le PNF vont tenter d’y voir clair. « DCNS déclare n’avoir rien à voir avec l’affaire Lava Jato et assure respecter scrupuleusement, partout dans le monde, les règles de droit », a sobrement répondu hier matin au JDD un porte-parole du géant industriel français.

Laurent Valdiguie

Source JDD 21/05/2017

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Persécutés au Brésil, les Indiens appellent l’Europe et la France à l’aide

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 Méprisés par la classe politique, attaqués par la police militaire, assassinés par les fermiers, les peuples autochtones brésiliens ont les pires difficultés à faire valoir leurs droits. Pour alerter sur la gravité de leur situation, le chef indien Ládio Verón arrive en France pour une série de rencontres.

  • São Paulo (Brésil), correspondance

Parti en toute discrétion de São Paulo mi-mars, le chef indigène Ládio Verón a déjà rencontré des députés espagnols et manifesté avec ses soutiens devant l’ambassade du Brésil à Londres. Menacé de mort et torturé par le passé, le représentant de la tribu Taquara, dans le Mato Grosso du Sud, raconte comment les autorités tentent d’empêcher les Indiens de communiquer, d’aller en ville pour rencontrer des journalistes ou de se rendre à l’étranger. Son propre père, le chef Marcos Verón, a lui-même été assassiné en 2003, au retour d’un voyage similaire en Europe. Depuis, son fils a dû être placé sur la liste du Programme fédéral de protection des défenseurs des droits humains.

Lors d’une interview donnée à des journalistes étrangers à São Paulo, quelques jours avant son départ, les organisateurs de la rencontre mettent en garde ces derniers : « Il est important que vous attendiez que le cacique [chef de tribu] ait quitté le Brésil, avant de publier vos articles, car il est déjà arrivé que des chefs indiens soient bloqués avant de monter dans l’avion. » Une situation intenable pour Ládio Verón, qui s’insurge : « Non seulement nous devons rester dans un périmètre qu’ils nous imposent, sur une terre aride, au bord d’une route, mais en plus ils voudraient que nous gardions le silence. »

Son voyage va le mener à travers une douzaine de pays européens, pour raconter ce que vivent les Indiens de son ethnie, les Guarani Kaiowá, mais aussi les autres peuples du pays, et trouver un maximum de soutiens. Depuis très longtemps victimes de persécutions de la part des producteurs agricoles et d’énergie qui font tout pour mettre la main sur les territoires indigènes, les autochtones rencontrent très peu de soutien de la part des politiciens locaux. À l’échelle fédérale, la situation ne fait qu’empirer. Ni Lula ni Dilma Rousseff n’ont vraiment entrepris de politique protectrice efficace et l’organisme institutionnel de gestion de la question indigène, la Fondation nationale de l’Indien (Funai), est entré en crise depuis l’arrivée à la présidence du pays de Michel Temer [1]. Le nouveau directeur, nommé le 9 mai, est un ancien général de l’armée soutenu par les évangélistes, comme son prédécesseur, limogé au bout de 4 mois d’exercice. Une mauvaise nouvelle pour beaucoup de militants de la cause indigène, qui ne voient pas toujours d’un bon œil l’implication des militaires et des religieux dans ces questions.

« Le seul secours que l’on puisse attendre, c’est celui des autres pays » 

Le village de Ládio et de ses frères est aujourd’hui menacé. Une fois de plus, car l’histoire de sa tribu est marquée depuis des décennies par les expulsions et l’errance. Depuis 2010, 250 familles vivent sur ce bout de territoire proche du Paraguay, reconnu par la Funai, mais pas par le gouvernement, qui n’a pas approuvé la démarcation [2]. Entourés de monocultures et de grands domaines agricoles, les Guarani n’ont plus grand-chose qui leur permet de maintenir un mode de vie traditionnel. « Il n’y a plus de végétation, nos rivières sont mortes et nos enfants ressortent avec des démangeaisons quand il se baignent. Voilà ce qu’ils ont fait de nos terres, celle de nos ancêtres. Là-bas, un plant de maïs, un bœuf vaut plus que la vie d’un être humain, que la vie d’un enfant indigène », déplore Araldo Verón, le frère de Ládio, resté au Brésil.

Quelques jours après le départ du chef indien en mars, des militaires armés ont envahi le village de Taquara et menacé violemment la population d’expulsion. « Notre propre gouvernement nous attaque. Le seul secours que l’on puisse attendre, c’est celui des autres pays », dénoncent les frères Verón. En effet, un changement sensible est en train de se passer au Brésil. La résistance indigène est de plus en plus perçue comme une menace sécuritaire. En témoigne la récente répression policière dont ont été victimes plusieurs milliers de représentants indigènes venus manifester le 25 avril à Brasilia. Les populations autochtones se sentent oubliées par les partis politiques et les grands médias.

Le président Michel Temer a nommé comme ministre de l’Agriculture Blairo Maggi, l’un des grands leaders de l’agro-industrie. Dans un éditorial du journal économique Valor, Daniela Chiaretti, journaliste spécialisée dans l’environnement, dénonçait récemment un gouvernement passif avec un biais « ruraliste », illustré par l’agenda du ministre de la Justice [3], qui en 55 jours de mandat a rencontré une centaine de fois les représentants des lobbys parlementaires agricoles, mais n’a fait aucune rencontre avec des leaders indiens.

Le chef indien Ládio Verón devant l’ambassade du Bresil a? Londres le 19 avril.

Le chef indien Ládio Verón devant l’ambassade du Bresil a? Londres le 19 avril.

« Ce que mangent les Européens — la viande, le maïs — est mélangé avec du sang indien » 

La communauté internationale commence à s’alarmer face au traitement de la question indigène brésilienne. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a notamment souligné que le Brésil échouait à protéger les droits des Indiens durant l’examen périodique universel passé par le pays, à Genève, ce mois-ci. Au même moment, l’attaque violente d’une dizaine d’Indiens de l’ethnie Gamela, frappés et mutilés par des hommes payés par des fazendeiros, suscitait de nouveau l’indignation générale chez les défenseurs des peuples indigènes.

Pour les Guarani, l’Europe a sa part de responsabilité, car une grande partie du soja, du maïs ou de la canne à sucre destinés au marché européen est produit au Brésil (principalement dans le Mato Grosso) sur des terres desquelles des Indiens ont été expulsés. Ládio Verón va donc se rendre également au Parlement européen : « Nous allons demander de cesser d’acheter du soja brésilien, parce que ce que mangent les Européens — la viande, le maïs — est mélangé avec du sang indien, explique-t-il. Si nous ne recevons pas d’aide de l’extérieur, nous allons commencer à brûler les cultures, les usines d’éthanol, à entrer en action. Nous sommes fatigués de parler calmement, nous sommes maintenant prêts à aller au-delà, car c’est notre survie qui est en jeu. Que les Européens viennent voir comment on détruit nos forêts, comment on pollue notre eau et comment on nous assassine. »

Mathilde Dorcadie

Source Reporterre 19 mai 2017

 


L’AGENDA DE LA VISITE EN FRANCE DE LÁDIO VERÓN

Ládio Verón, le chef Guarani Kaiowá, sera en France du 20 au 29 mai 2017.

  • Paris
    Samedi 20 mai, à 18 heures : rassemblement de soutien sur le parvis des droits de l’homme.
    Lundi 22 mai, à 13 h 15 : interview sur RFI et rencontre avec des journalistes.
    Mardi 23 mai, à 9 h 30 : rencontre au Sénat à l’initiative de la sénatrice Laurence Cohen, présidente du groupe d’amitié France-Brésil.
  • Il sera  à Montpellier, le 24 mai et le lendemain à Marseille

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Venezuela : quatorze pays américains demandent un calendrier électoral

6744297_03533811bc3fc15be661652389c445cbdf4fcd62_1000x625Les voisins continentaux, qui critiquent le régime Maduro, demandent également à Caracas de libérer les prisonniers politiques.

Quatorze pays du continent américain ont demandé jeudi au Venezuela «la libération des prisonniers politiques» et l’établissement d’«un calendrier électoral», dans une déclaration conjointe publiée par le ministère mexicain des Affaires étrangères.

Les signataires sont l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, les Etats-Unis, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay.

«Nous jugeons urgent que soit traitée de manière prioritaire la libération des prisonniers politiques, que soit reconnue la légitimité des décisions de l’Assemblée nationale, conformément à la Constitution, et que soit établi un calendrier électoral incluant les élections qui ont été reportées», déclarent les pays signataires.

L’élection présidentielle vénézuélienne est prévue pour décembre 2018. Les élections des gouverneurs et des maires, qui devaient avoir lieu en décembre dernier, ont été reportées à courant 2017 et leur date n’a pas encore été fixée. En décembre dernier, la Table de l’unité démocratique (MUD), la coalition d’opposition de centre droit, avait gelé ses négociations avec le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

Crise politique et économique

Ces discussions avaient lieu depuis octobre sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur).
L’opposition, qui contrôle le Parlement depuis fin 2015 et exige des élections anticipées, accuse le président Maduro d’avoir plongé le pays dans une grave crise politique et économique.

La semaine dernière, le secrétaire général de l‘Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, qui compare le Venezuela actuel à «une dictature», a publié un rapport de 75 pages sur la situation politique vénézuélienne.
Il a évoqué dans ce document la possibilité de suspendre le Venezuela de l’OEA s’il ne tenait pas rapidement des élections générales.

Le président Maduro a répliqué en accusant M. Almagro de promouvoir «une intervention internationale» contre le Venezuela.
Les 14 pays qui ont signé la déclaration rendue publique jeudi se déclarent «profondément préoccupés» par la situation de crise politique, économique et sociale qui règne au Venezuela. Ils indiquent qu’ils vont examiner «avec attention» le rapport du secrétaire général de l’OEA «dans le but de se mettre d’accord sur une stratégie d’action appropriée».

Ils appellent le gouvernement de Caracas à garantir la séparation effective des pouvoirs et le respect de l’Etat de droit et des institutions démocratiques. Ils soulignent que «la suspension d’un pays membre» de l’OEA est «l’ultime recours» et déclarent que le dialogue et la négociation sont «la voie appropriée pour parvenir à des solutions durables des problèmes» du Venezuela.

Source Leparisien.fr avec AFP 24/03/2017

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Amnesty International fustige la prolifération des discours haineux

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Dans son rapport annuel, l’ONG dénonce une rhétorique « toxique » « diabolisant » certains groupes et en premier lieu les réfugiés.

Des dirigeants du monde entier, comme Donald Trump aux Etats-Unis ou Rodrigo Duterte aux Philippines, propagent des discours de haine « diabolisant » certains groupes, une rhétorique « toxique » qui rend le monde plus dangereux, s’alarme Amnesty international dans son rapport annuel présenté mercredi 22 février.

« Les discours clivants de Donald Trump, Viktor Orban [Hongrie], Recep Tayyip Erdogan [Turquie], Rodrigo Duterte [Philippines] (…) s’acharnent sur des groupes entiers de population, les désignent comme boucs émissaires et propagent l’idée selon laquelle certaines personnes sont moins “humaines” que d’autres », les premiers visés étant les réfugiés, dénonce Amnesty international.

Et de citer le décret anti-immigration fermant temporairement les frontières des Etats-Unis aux réfugiés et aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, suspendu depuis, ou encore l’accord « illégal et irresponsable » conclu entre l’Union européenne et la Turquie, permettant de renvoyer des demandeurs d’asile dans ce pays.

Au total, l’organisation non gouvernementale (ONG) a dénombré 36 pays ayant « violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés ».

L’ONG fustige les discours « déshumanisants »

Ces discours de rejet et de haine ont des effets directs sur les droits et les libertés, dénonce Amnesty : « Des gouvernements ont fait voter des lois qui restreignent le droit d’asile, la liberté d’expression, qui légitiment la surveillance de masse ou donnent aux forces de l’ordre des pouvoirs illimités. »

Loin d’être l’apanage de leaders extrémistes, ces paroles stigmatisantes ont été adoptées « parfois de façon voilée, parfois de façon plus ouverte » par « des partis dits centristes », souligne John Dalhuisen, directeur d’Amnesty International pour l’Europe.

« Les discours déshumanisants, c’est quand le premier ministre hongrois qualifie les migrants de “poison, c’est quand Geert Wilders [député néerlandais d’extrême droite] parle de la racaille marocaine, c’est aussi quand le premier ministre néerlandais écrit une lettre ouverte invitant les migrants à se comporter de façon normale ou de rentrer chez eux. »

Les étrangers et les musulmans, « cibles principales de la démagogie européenne » sont « présentés comme une menace à la sécurité, à l’identité nationale, des voleurs d’emplois et des abuseurs du système de sécurité sociale », insiste-t-il.

Les effets pervers de l’état d’urgence en France

En France, où l’ONG sise à Londres a exceptionnellement présenté son rapport annuel, Amnesty dénonce la restriction des droits fondamentaux dans le cadre des mesures prises pour lutter contre le terrorisme, en particulier l’état d’urgence, prolongé depuis les attentats du 13 novembre 2015.

Selon son recensement, de la fin de 2015 à la fin de 2016, « seuls 0,3 % des mesures liées à l’état d’urgence ont débouché sur une enquête judiciaire pour faits de terrorisme ». En revanche, « les assignations à résidence ont entraîné des pertes d’emploi ou la marginalisation des personnes [concernées] », déplore Camille Blanc, présidente d’Amnesty International France.

L’ONG considère par ailleurs qu’en matière d’accueil des réfugiés, « la France n’a pas pris ses responsabilités au niveau international » et ne protège pas suffisamment les réfugiés et les migrants présents sur son sol.

« Dans le cadre des élections présidentielle et législatives qui vont avoir lieu en 2017, la France est à la croisée des chemins concernant les droits humains, qui font écho à une tendance mondiale, et les citoyens ne doivent pas tomber dans le piège de ces discours qui entraînent la haine, la peur ou le repli de soi. »

Face aux renoncements des grandes puissances à se battre pour le respect des droits et des libertés, et la passivité des Etats face aux atrocités et crises vécues en Syrie, au Yémen, ou encore au Soudan du Sud, Amnesty International appelle chacun à se mobiliser et agir. « 2017 sera une année de résistance, a dit à l’Agence France-Presse le président d’Amnesty, Salil Shetty. Nos espoirs reposent sur le peuple. »

Source : Le Monde.fr avec AFP 22/02/2017

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Jour 6 : Trump signe un décret lançant la construction du mur avec le Mexique

986763-985636-donald-trump-signe-ses-premiers-decrets-de-president-des-etats-unis-le-20-janvier-2017-dans-l-1Le 45e président des Etats-Unis a été investi le 20 janvier : bilan, au quotidien, de ses premières décisions.

 

Jour 6, la construction du mur entre les Etats-Unis et le Mexique lancée 

25 janvier. Trump appose sa signature sur des décrets limitant l’immigration et lançant la construction du mur qu’il a promis entre les Etats-Unis et le Mexique. «Grand jour prévu demain sur la SECURITE NATIONALE. Parmi beaucoup d’autres choses, nous allons construire le mur !», s’est-il enthousiasmé sur twitter, à grand coup de majuscules.

Big day planned on NATIONAL SECURITY tomorrow. Among many other things, we will build the wall!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 25 janvier 2017

Ces décrets devraient limiter l’accès aux Etats-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance d’Irak, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen, selon le Washington Post.

Il a également annoncé qu’il allait demander «une grande enquête» sur de prétendues fraudes électorales lors des scrutins de novembre, pour lesquelles aucune preuve n’a été rendue publique à l’heure actuelle. Selon lui, jusqu’à cinq millions de personnes pourraient avoir voté illégalement. «En fonction des résultats, nous renforcerons les procédures de vote», a ajouté le président américain.

 

Jour 5, deux oléoducs relancés

24 janvier. Toujours par décrets, Trump relance les projets d’oléoducs Keystone XL et Dakota. Les deux, très contestés, avaient été abandonnés sous l’ère Obama. Le combat des Sioux (et leur victoire éphémère) contre le pipeline dans le Dakota du Nord était devenu emblématique.

 

Jour 4, les embauches de fonctionnaires gelées

23 janvier. Deux décrets sont signés : l’un interdit le financement par des fonds fédéraux d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement, et l’autre décide du gel des embauches de fonctionnaires au niveau fédéral (cela ne s’applique pas au personnel militaire).

Donald Trump signs anti-abortion executive order surrounded by men https://t.co/BHBM8YWVps pic.twitter.com/5IbVlTsQsR

— Amanda Terkel (@aterkel) 23 janvier 2017

Donald Trump signe également l’acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP). Recevant douze dirigeants d’entreprise à la Maison Blanche, il leur promet des baisses «massives» d’impôts et de réduire la réglementation «de 75%, peut-être plus».

 

Jour 3, l’accord nord-américain renégocié

22 janvier. Donald Trump annonce qu’il souhaite commencer à renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) avec les dirigeants du Canada et du Mexique. La nouvelle administration a averti que si ses partenaires refusaient une négociation «qui apporte aux travailleurs américains un accord équitable», les Etats-Unis quitteraient l’Alena.

 

Jour 2, les médias ciblés

21 janvier. En visite au siège de la CIA, Trump donne ? contre toute évidence ? sa propre évaluation de la foule présente lors de son investiture. «Honnêtement, cela avait l’air d’un million et demi de personnes, cela allait jusqu’au Washington Monument», a-t-il affirmé. «[A la télévision], ils montraient des pelouses vides et parlaient de 250 000 personnes, a-t-il ajouté. C’est un mensonge.» L’occasion pour le nouveau président de lâcher que les journalistes faisaient partie «des êtres humains les plus malhonnêtes de la terre».

 

Jour 1, l’Obamacare détricoté

20 janvier. Le nouveau président a signé son premier décret juste après le défilé traditionnel suivant son investiture. Trump y ordonne à son administration d’accorder le plus d’exemptions possibles à l’Obamacare. C’est le début du détricottage pour cette réforme du système de santé mise en place en 2010, que le candidat Trump a promis d’abroger. Le même jour, les chapitres «climat» et «LGBT», ainsi que la version espagnole, disparaissaient du site officiel de la Maison Blanche.

 

Source Libération 24/01/2017

 

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