Birmanie Répression des Rohingyas : Aung San Suu Kyi sort du déni

Capture d'écran YouTube

Capture d’écran YouTube

Les autorités ont lancé une enquête après la mise en ligne d’un film montrant des policiers frappant violemment des musulmans.

Il y a un mois, les Nations unies dénonçaient le «nettoyage ethnique» de la minorité musulmane rohingya par l’armée birmane. Le gouvernement semble enfin réagir, après la publication d’une vidéo, qui aurait été tournée le 5 novembre par des gardes-frontières birmans dans le village rohingya de Kotankauk, dans l’Etat de Rakhine :

Il a fallu près de deux mois pour que la vidéo soit diffusée sur les réseaux sociaux dans le monde entier. On y voit des policiers frapper violemment des habitants dans la rue, puis à terre, filmés par un garde-frontière, Zaw Myo Htike, en mode «selfie», clope au bec. Devant le scandale, les autorités ont ouvert une enquête et, selon le site militant RohingyaBlogger.comdes militaires sont venus inspecter le lieu du drame ce dimanche. Le cabinet de la dirigeante de fait, Aung San Suu Kyi, a annoncé l’arrestation des policiers qui ont été identifiés sur la vidéo, et a affirmé que «d’autres enquêtes sont en cours pour mettre fin aux agissements d’autres policiers qui auraient frappé des villageois lors de cette opération». Un changement complet d’attitude de la part d’un gouvernement, qui avait jusque-là nié la répression contre les Rohingyas, malgré les nombreux témoignages dénonçant incendies volontaires et viols systématiques de la part des forces de l’ordre sur les habitants.

Très peu d’images filtrent de cette région de la Birmanie, où les autorités ne laissent entrer, «pour raisons de sécurité», ni médias indépendants ni ONG, et où les observateurs internationaux ont été déclarés persona non grataA la suite d’une attaque attribuée aux Rohingyas en octobre sur un poste-frontière, l’armée a lancé des opérations de répression contre la minorité musulmane, qui subit un véritable apartheid dans ce pays majoritairement bouddhiste. Depuis cette nouvelle flambée de violence, près de 50 000 Rohingyas auraient fui vers le Bangladesh voisin, selon les autorités de ce pays.

Guillaume Reuge

Source Libération 02/01/2017

Voir aussi : Actualité Internationale , Rubrique Asie, Birmanie rubrique Politique, , Société civile, rubrique Société, Religion, rubrique On Line, L’ONU dénonce le «nettoyage ethnique» des Rohingyas par l’armée birmane,

 

Revue et Essai. janvier 2017

Revue
L’image et le Politique
Infra-mince

« Le politicien n’est que trop heureux d’abdiquer en faveur de son image, parce que son image est plus puissante qu’il ne le sera jamais » Ce constat  de MCLuhan mobilise l’équipe de la revue Inframince qui ouvre un dossier intitulé Image, Pouvoir et politique dans son n°10 à paraître en janvier. La revue distribuée par Actes Sud  explore les effets de cet emprisonnement. L’opératibilité politique de l’image comme un soap opéra infinis.

Inframince n°10 19 euros

 

 

Essai
30 bonnes raisons de sortir de l’Europe par Olivier Delorme

images-1Olivier Delorme est agrégé d’Histoire, romancier et auteur d’une somme sur l’Histoire de la Grèce et des Balkans. Il nourrit ici le débat sur l’Union européenne avec le recul de l’historien, en joignant l’intelligence à la qualité de l’écriture. De quelque bord que l’on soit, chacun trouvera dans ces 30 (bonnes) raisons pour sortir de l’Europe matière à affûter sa réflexion et ses arguments. En 30 courts chapitres, Olivier Delorme,  balaie tous les aspects de cette crise et les décrypte en s’adossant aux enseignements de l’Histoire.
“Comme tous  les empires, l’Union européenne s’effondrera un jour. Mais faut-il attendre ce naufrage ? Ou redonner des perspectives d’avenir à notre pays ne sippose-til pas d’en sortir au plus vite ? Alors qu’approchent des scrutins majeurs, chaque citoyen doit être conscient que la  « question européenne » détermine aujourd’hui la plupart des choix politiques.»

30 bonnes raisons de sortir de l’Europe, éd H&O 17 euros

Voir aussi : Rubrique Livre , Essais, Revue, Rubrique Politique, rubrique Education, Société, Opinion,

Juncker aurait bloqué des réformes contre l’évasion fiscale, selon le «Guardian»

3152Selon des documents confidentiels révélés par le « Guardian », l’actuel président de la Commission européenne aurait bloqué des réformes lorsqu’il était Premier ministre luxembourgeois.

Le « Guardian » révèle que l’actuel président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker aurait bloqué des réformes destinées à lutter contre l’évasion fiscale des sociétés multinationales, lorsqu’il était Premier ministre luxembourgeois.

Se basant sur des documents diplomatiques allemands confidentiels, le « Guardian » explique le fonctionnement d’un comité qui se réunit depuis 1998 pour veiller sur l’engagement pris par les Etats membres de l’UE de ne pas se livrer à une concurrence déloyale entre eux en matière de politique fiscale. Selon le journal, une petite poignée de pays, souvent dirigés par le Luxembourg (avec à l’époque Jean-Claude Juncker a sa tête), ont utilisé leur présence dans ce comité pour freiner ou diluer l’action de l’UE et protéger leurs propres régimes fiscaux.

Contacté par le « Guardian », un porte-parole du ministère des Finances s’est refusé à commenter ces documents « dont ils n’avaient pas connaissance ».

Voir aussi : Actualité Internationale Rubrique UEJuncker au centre d’un scandale fiscal impliquant 340 multinationalesBarroso à Goldman Sachs : l’éthique en toc de la Commission européenne, Pluie de critiques après l’embauche de Barroso, L’Union européenne malade de l’atlantisme, Luxembourg, Commission la finance aux manettes, rubrique Politique, AffairesL’ancienne commissaire européenne Neelie Kroes rattrapée par sa société offshore  , Histoire, Jean-Claude Juncker (archives), Rapport SREL, On Line  L’Europe des profiteurs ,

Erdogan destabilise son pays

 © AFP

© AFP

La politique répressive du président Erdo?an a une part de responsabilité dans l’insécurité croissante qui règne dans son pays, croit Der Standard :

«La Turquie se trouve en état d’urgence depuis déjà cinq mois maintenant et l’appareil de sécurité est en alerte permanente. Et pourtant, la liste des actes de terrorisme n’en finit pas de s’allonger. La police et les services secrets ont beau avoir réussi à déjouer beaucoup d’attaques, la Turquie n’en reste pas moins instable et elle ne connaît pas la sécurité. C’est pourtant ce que la domination d’un homme ‘fort’ à la tête de la Turquie devrait garantir. Des décisions rapides, un peuple uni, la force et l’estime de soi. Or depuis que Tayyip Erdo?an a accédé à la présidence en 2014, la situation ne cesse de se dégrader. La guerre en Syrie et en Irak explique beaucoup de choses, mais pas tout. La stratégie d’Erdo?an, qui consiste à concentrer sur sa personne de plus en plus de pouvoirs et à diviser la société à cette fin s’avère à présent fatale pour les citoyens.»

Markus Bernath

Source : Der Standard (Autriche) 01/01/2017

L’article original

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Europe, Turquie, La crise politique turque grande menace pour les artistes, La romancière Asli Erdogan en prison, Assasinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara, rubrique Politique,

Histoire. Culture du mouvement noir américain et activisme social

Livre

9782707175502Avec  Black America, l’historienne des Etats-Unis Caroline  Rolland-Diamond propose une analyse globale des mouvements de revendications noirs américains depuis l’émancipation des esclaves jusqu’à nos jours, en redonnant toute leur place aux acteurs et actrices anonymes. Elle éclaire notamment les forces quoditiennes  sociale et féminine de la résistance sur un temps long.

L’histoire institutionnelle du mouvement noir américain peut se résumer en quelques dates. 1619, arrivée des vingt premiers esclaves africains dans la colonie britannique de Virginie. L’esclavage qui occupe une position centrale dans l’organisation sociale et économique du Sud, se prolonge après l’indépendance des Etats-Unis, en 1776, jusqu’à la guerre de Sécession 1861/1865.

Après l’émancipation des esclaves débute la période de  Reconstruction du Sud (1865- 1877) durant laquelle les affranchis peuvent jouir de leurs droits civiques sous protection militaire. Mais cela ne permet pas d’établir les bases de l’égalité. En 1954 la Cour suprême déclare la ségrégation  inconstitutionnelle et moralement indéfendable.

En 1964, le pays met un terme à la ségrégation légale. Un an plus tard  le droit de vote est institué  pour les Africains -Américains du Sud.  Cette histoire officielle a figé dans la mémoire collective les grandes figures que sont  : Rosa Parks, Martin Luther King et Malcom X qui résumeraient à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l’égalité.

Le bon Martin et le vil Malcom

imagesSpécialiste des mouvements sociaux américains, Caroline Rolland-Diamond, inscrit son travail dans le prolongement de l’historiographie des année 1980 et 1990 qui a contesté le mythe de la période héroïque (1954-1965) permettant l’idéalisation d’une Amérique libérale indifférente à la couleur de la peau « dans les bonnes année 1960 » aux dépens de la décennie suivante 1965-1975 perçue comme radicale et incarnée par le Black Panther Party.

Cette nouvelle analyse a permis de montrer que le mouvement des droits civiques provenait des institutions noires qui rendirent possible la mobilisation de masse dès les années 50. Elle a aussi souligné le rôle déterminant des militants inconnus de la classe ouvrière. « Et par là même elle a pu réintroduire  les luttes sociales et économiques des Noirs occultées par la conception étroite des droits civiques », souligne Caroline Rolland-Diamond.

Le temps long de l’ histoire

Lynchage de trois Africains -Américains accusés du viol d’une femme blanche, à Duluth (Minnesota) le 15 juin 1920 Crédit Photo library of Congress

Lynchage de trois Africains -Américains accusés du viol d’une femme blanche, à Duluth (Minnesota) le 15 juin 1920 Crédit Photo library of Congress

En remontant à l’émancipation des esclaves en 1865, l’historienne à l’Université Paris-Ouest-Nanterre met en perspective deux grandes traditions de mobilisation individuelle et collective des Noirs : la tradition libérale  s’appuyant sur les institutions nationales pour revendiquer l’égalité, et la tradition radicale qui critique ces institutions et réclame une transformation profonde de l’économie et de la société américaines.

Ce faisant l’auteur s’attache aussi à redonner leur place aux femmes noires américaines. Tout au long de  cette histoire, organisée en sept chapitres chronologiques, une part importante de l’activisme consiste à obtenir un logement décent, un emploi suffisamment rémunérateur et à conquérir le pouvoir politique pour y parvenir. Un combat mené au quotidien visant à trouver des solutions concrètes pour survivre, qui fut largement mené par les femmes.

La mort d’Eric Garner, tué par étranglement par un policier blanc de New York  alors qu’il vendait des cigarettes à la sauvette, celle de Michael Brown à Ferguson en 2014, ont ouvert une plaie jamais ferméee cette histoire inachevée, nous rappelle l’auteur dans son épilogue.

 JMDH

Ed. La Découverte 24,50 euros

Source : La Marseillaise 20/12/2016

Voir aussi : Rubrique Histoire, rubrique Afrique, rubrique Livre, Comédie du Livre une fenêtre sur l’Afrique, Afrique 50 les colonies en héritage, rubrique Etats-Unis, “Strange Fruit”, et Billie Holiday suspendit l’Histoire, Les lumières noires de Harlem en mémoireSociété, Mouvements sociaux,