La dette de la France résulte des cadeaux fiscaux fait aux riches, révèle une étude

arton5947-601dfLe discours dominant sur la dette publique prétend qu’elle découle d’une croissance excessive des dépenses publiques. Or un examen des faits montre que la dette publique a été largement constituée par des politiques économiques favorables aux créanciers et aux riches.

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Résumé du rapport : 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit cinquante milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques.

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79 %, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses, puisque leur part dans le PIB a chuté de deux points en trente ans.

Si la dette a augmenté, c’est d’abord parce que tout au long de ces années, l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de cinq points en trente ans.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de vingt-quatre points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’État, au lieu de se financer depuis trente ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de vingt-neuf points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53 % du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43 % au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-dessous.

Au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

- La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt :

tSource : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC -

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de cinquante milliards d’euros d’intérêts par an et plus de cent milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d’ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.


Source Reporterre 5 juin 2014 /

Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Ont participé à l’élaboration du rapport :

Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
Pascal Franchet (CADTM),
Robert Joumard (Attac),
Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
Henri Sterdyniak (Économistes Atterrés),
Patrick Saurin (Sud BPCE)

- Télécharger la version complète du rapport.

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De la démocratie selon Macron: la pensée d’un authentique idéologue

Décrypter Emmanuel Macron à travers Tocqueville est un exercice édifiant. On découvre ainsi un authentique idéologue, bien loin du pragmatisme simpliste dans lequel on l'enferme.

Décrypter Emmanuel Macron à travers Tocqueville est un exercice édifiant. On découvre ainsi un authentique idéologue, bien loin du pragmatisme simpliste dans lequel on l’enferme.

Emmanuel Macron est tout sauf un aventurier de la politique. C’est un penseur qui agit avec méthode et semble s’inspirer en toutes choses de Tocqueville. Pour le meilleur et au risque du pire.

Beaucoup voudraient réduire la victoire d’Emmanuel Macron à une simple aventure personnelle et ramener son succès à un étonnant concours de circonstances. Même si la chance, le caractère, l’ambition sont toujours des éléments déterminants dans la réussite, ils ne font en vérité pas tout. Bref, le macronisme n’est pas un simple opportunisme. Inutile également de s’ébahir, comme beaucoup, sur les vertus intellectuelles de cet homme et l’ampleur de sa culture. Elles sont indéniables mais, pour ceux qui ont la mémoire courte, la France a connu dans le passé des présidents, à l’exception sans doute de ses deux prédécesseurs, tout aussi voire plus brillants. Il est donc vain de comparer ses qualités et ses défauts avec celles des hommes qui ont occupé l’Elysée avant lui. Il n’en demeure pas moins qu’Emmanuel Macron a fréquenté tout au long de sa formation, notamment auprès du philosophe Paul Ricoeur, de grands auteurs, en particulier Alexis de Tocqueville, à la fois comme penseur du libéralisme et surtout de la démocratie.

Décrypter Emmanuel Macron à travers Tocqueville est un exercice édifiant. On découvre ainsi un authentique idéologue, bien loin du pragmatisme simpliste dans lequel on l’enferme. Macron a une stratégie fondée sur une analyse politique profonde  inspirée de la quatrième partie  de l’œuvre phare de Tocqueville «  De la démocratie en Amérique  » intitulée «  Regard sur le destin politique des sociétés démocratiques.  »

Les risques du corps social en poussière

Ce texte consacré aux «  effets politiques que produit l’égalité des conditions voulue par la démocratie  » éclaire la lecture politique que le nouveau chef de l’Etat fait du pays et les conséquences qu’il en a tirées pour conquérir le pouvoir et, désormais, pour l’exercer. Emmanuel Macron a deviné avec brio que notre démocratie entrait dans une phase nouvelle née de l’échec des idéologies de droite et de gauche dans  le redressement économique et social du pays. Il a réalisé que la France était proche de ce désordre qui, écrit Tocqueville, «  réduit tout à coup le corps social en poussière  ». Cette analyse s’est vérifiée dans les résultats du premier tour avec la forte poussée des extrêmes, de l’abstention et du vote blanc ou nul.

Cette situation est l’expression claire que les citoyens ont perdu confiance dans les forces politiques traditionnelles. Leur faillite aurait pu, au demeurant, précipiter le pays dans l’anarchie. Imaginons un seul instant une victoire de Marine Le Pen ! La France serait, aujourd’hui, plongée dans un effroyable climat de tensions. Emmanuel Macron a préempté ce danger et compris, comme l’explique Tocqueville, que le peuple est lucide et sait résister à cette pente dangereuse dans les sociétés démocratiques. En général, il choisit donc l’autre voie ainsi décrite il y a bientôt deux siècles  mais d’une actualité étonnante : «  Les hommes de nos jours sont moins divisés qu’on ne l’imagine ; ils se disputent sans cesse pour savoir dans quelles mains la souveraineté sera remise ; mais ils s’entendent aisément sur les droits et les devoirs de la souveraineté. Tous conçoivent le gouvernement sous l’image d’un pouvoir unique, simple, providentiel et créateur.  »

Une centralisation du pouvoir qui coupe les ponts entre la base et le sommet

On ne peut mieux décrire le projet qui se développe sous nos yeux. Emmanuel Macron a compris que les échecs répétés des partis dits de gouvernement étaient le terreau d’un désordre qui provoquerait une réaction positive, notamment l’espoir de voir surgir un homme nouveau, imaginatif, inspiré, autoritaire et tenant d’un rapport direct avec le peuple. Bref tout ce qu’il a mis en œuvre tout au long de sa campagne et qu’il installe à présent au sommet de l’Etat.

C’est, en effet, un pouvoir fort que nous découvrons au fil des jours. On réduit trop la méthode Macron à l’art du marketing ou de la communication. Une philosophie du pouvoir l’anime que Tocqueville a parfaitement décrite : «  La vie privée est si active dans les temps démocratiques, si agitée, si remplie de désirs, de travaux, qu’il ne reste plus d’énergie ni de loisirs à chacun pour la vie politique[...] L’amour de la tranquillité publique est souvent la seule passion politique que conservent ces peuples, et elle devient chez eux plus active et plus puissante, à mesure que toutes les autres s’affaissent et meurent ; cela dispose naturellement les citoyens à donner sans cesse ou à laisser prendre de nouveaux droits au pouvoir central, qui seul leur semble avoir l’intérêt et les moyens de les défendre de l’anarchie en se défendant lui-même…  »

C’est bien ce que nous vivons depuis qu’Emmanuel Macron a déposé ses valises à l’Elysée. Soulagé d’avoir évité le pire, le peuple s’en remet à son nouveau Prince trop heureux de pouvoir développer sa toute puissance. Toutes ses décisions, ses faits, ses gestes témoignent de sa volonté de centralisation du pouvoir. Il se dresse en chef militaire et même en guerrier lorsqu’il transforme le ministère de la Défense en ministère des Armées. Plus qu’un symbole, un acte d’autorité. Il balaie également l’idée de pouvoirs secondaires entre lui et les citoyens. L’ordre donné à ses ministres de renoncer à leurs mandats locaux en est la traduction. Cette idée simple, voire simpliste, naturellement plaît. Elle est conforme à l’esprit de la loi sur le non cumul des mandats. Bref, elle est dans l’air du temps. Pourtant elle consiste à couper les ponts entre la base et le sommet en charge de tout, notamment de l’égalité et d’une législation uniforme pour en respecter le principe.

Dormez braves gens…

Etrange utopie qui réduit la diversité des points de vue pour les placer sous la seule tutelle présidentielle. Le recours aux ordonnances, notamment pour la réforme du droit du travail, traduit également la volonté de court-circuiter les pouvoirs intermédiaires disqualifiés au nom d’un principe d’efficacité séduisant pour le peuple au regard des trente dernières années. Autre symptôme de cette centralisation du pouvoir autour du seul président : le choix par l’Elysée des directeurs de cabinets des ministres sommés en outre de ne jamais sortir du rang. Dernière exemple, cette volonté sans précédent du chef de l’Etat de désigner soi-même ses interlocuteurs dans les médias et les journalistes autorisés à le suivre. L’objectif est évident, si bien décrit par Tocqueville : faire en sorte que les citoyens s’inclinent devant un Etat seul en charge de tous les détails du gouvernement.

La vision qu’a Emmanuel Macron du paysage politique futur est à l’unisson. Il l’a décrite sans détour sur RTL avant le second tour : d’un côté, ce qui est on ne peut plus légitime, une majorité présidentielle soudée, pour éviter les couacs désastreux de la période Hollande ; de l’autre, le Front national. De Gaulle disait en 1965 «  Moi ou le chaos  », Macron a été élu sur le slogan «  Moi ou l’extrême droite  »  et entend l’utiliser à présent pour régner et mettre de fait le principe démocratique de l’alternance en pointillés. La tactique «  macronienne  » rejoint ici l’analyse de Tocqueville : «  Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs.  »

Ce tutorat n’a rien de despotique. Nos contemporains ne sauraient, cependant, en trouver l’image dans leurs souvenirs. L’expérience est inédite et chacun a envie de croire à sa réussite. Elle ressemble certes à la cohabitation que les Français ont toujours apprécié mais sans la tension partisane au sein même du pouvoir exécutif. Après avoir été secoués de droite et de gauche, les électeurs ont envie de calme, certes toujours libres mais appréciant d’être conduits par un pouvoir national rassembleur, tempéré et tutélaire. Dormez braves gens… Exactement ce que leur propose Emmanuel Macron. Ce qui devrait, en bonne logique, les conduire à lui donner les moyens d’exercer pleinement son tutorat à l’issue des élections législatives.

Denis Jeambar

Source Challenges 22/05/2017

Chine. Le Coup de poker de la route de la soie

Dessin de Schrank paru dans The Economist.

Dessin de Schrank paru dans The Economist.

Xi Jinping recevait les 14 et 15 mai vingt-neuf chefs d’État et de gouvernement autour de son projet d’infrastructures mondiales. Il prend une assurance sur l’avenir, mais le pari pourrait être hasardeux, selon ce chroniqueur.

L’élection surprise de Trump à la présidence des États-Unis a modifié la stratégie de développement de Xi Jinping appelée “nouvelle route de la soie” [en chinois : “une ceinture (terrestre), une route (maritime)”, et plus connue internationalement sous l’acronyme anglais Obor, pour One Belt, One Road]. En effet, cet événement historique a non seulement conduit à une volte-face politique des États-Unis, avec l’abandon du Partenariat transpacifique (TPP) mis en place par Barack Obama pour isoler la Chine, mais il a aussi plongé ces derniers dans une crise politique durable qui affaiblit considérablement leur influence sur la scène internationale. Xi Jinping en profite donc pour miser davantage sur son projet de route de la soie.

Les conditions sont-elles réunies pour en garantir la réussite ? Deux éléments jouent en sa faveur du point de vue strictement économique : tout d’abord, le manque de Obor,, en particulier l’insuffisance de l’approvisionnement, ne constitue plus la principale entrave au développement économique au niveau planétaire. La demande arrive en effet quasiment à saturation dans les pays développés, tandis que le progrès technologique permet de considérablement optimiser les conditions de production et d’utilisation des sources d’énergie et des produits primaires. Par conséquent, le principal moteur de la croissance économique mondiale est désormais l’accroissement de la demande dans les pays non-développés qui regroupent la majorité de la population et où la faiblesse des infrastructures constitue un énorme frein au développement.

Voilà qui nous amène au deuxième argument économique en faveur de la stratégie Obor : en soutenant avec force la construction d’infrastructures dans les pays non-développés, la Chine favorise une augmentation de la demande en provenance de ces pays, et donc de leurs échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, gage pour elle du maintien d’un certain rythme de croissance.

D’énormes risques politiques et économiques

Cependant, comme beaucoup l’ont déjà souligné, la stratégie Obor fait courir d’énormes risques politiques et économiques aux investissements chinois. Xi Jinping n’en aurait-il pas conscience ? C’est peu probable. Pourquoi veut-il malgré tout prendre ces risques ?

En fait, il n’a pas vraiment d’autre choix. Le niveau global des investissements dans les infrastructures de base et dans l’immobilier en Chine dépasse d’ores et déjà celui de n’importe quelle économie normale. Continuer à investir dans ce domaine ne pourrait qu’accentuer le déséquilibre dont souffre la Chine entre ses échanges intérieurs et extérieurs. Par ailleurs, vu le taux de pauvreté du pays [80 millions de Chinois vivaient avec moins de 1 dollar par jour en 2015] et la part limitée de la population ayant accès à des services sociaux de base, pourquoi ne pas relever fortement les salaires et améliorer la couverture sociale des plus bas revenus plutôt que d’engager des fonds aussi importants dans des projets hautement risqués de construction d’infrastructures à l’étranger ?

C’est qu’une telle mesure serait dangereuse à double titre. Premièrement elle pourrait provoquer un rapide dérapage de la croissance en Chine, où le coût de revient de l’énergie et des matières premières est assez élevé ; relever brusquement les salaires et le niveau de couverture sociale des plus pauvres pourrait considérablement affaiblir la compétitivité des exportations chinoises. Deuxièmement – et c’est l’élément le plus important –, cela pourrait faire prendre conscience aux plus démunis de leurs droits politiques et sociaux, et, compte tenu des graves insuffisances des services publics chinois, exacerber une situation déjà extrêmement tendue, en raison notamment des mécontentements liés à la prise en charge des malades ou à l’inégale répartition des ressources éducatives.

Une meilleure prise de conscience de leurs droits et l’éveil politique des classes les plus basses sont un processus historique inéluctable, mais Xi Jinping, en tant que dirigeant d’une société totalitaire, espère instinctivement que cette tendance ralentira au lieu de s’accélérer, pour mieux protéger son propre pouvoir. Même si les risques liés aux investissements dans le cadre du projet “nouvelle route de la soie” sont très importants, cette stratégie lui offre la possibilité de “jouer la montre”.

Effet de “prise d’otage”??

Ne risque-t-elle pas cependant de se solder par un échec catastrophique ? C’est bien sûr possible. Parmi les scénarios les plus plausibles, il y a celui d’une crise financière qui entraînerait une crise du yuan. Mais Xi Jinping considère que renoncer au projet n’effacerait pas le risque de crise monétaire. Inversement, l’initiative “nouvelle route de la soie”, si elle attire suffisamment d’investisseurs internationaux sur une durée suffisamment longue, peut constituer un atout pour la Chine au moment des négociations dans la guerre des monnaies qu’elle livre avec les États-Unis et d’autres pays. En effet, l’effondrement du yuan serait dans ce cas une catastrophe non seulement pour elle, mais également pour de nombreux autres pays. L’effet de “prise d’otage” de cette stratégie en constitue donc un objectif majeur.

Liang Jing

La feuille de route de Xi Jinping

  • e sommet “une ceinture, une route” (Obor) a réuni plus de 1?000 personnes, représentant une centaine de pays, les 14 et 15 mai à Pékin. Vingt-neuf chefs d’État et de gouvernement étaient présents.
  • Au cours de ces deux jours, près de 270 accords portant sur le commerce ont été signés, et 68 pays sont désormais partie prenante de l’initiative.
  • La Chine s’est engagée à injecter 124 milliards de dollars supplémentaires dans le projet, déjà financé – entre autres par la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures – à hauteur de 1?000 milliards de dollars.
  • Une déclaration commune sur la coopération dans le commerce et la réalisation d’infrastructures à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique a été entérinée par 30 pays. Les pays de l’Union européenne ne l’ont pas approuvée, insatisfaits des dispositions sur la transparence.
  • La Chine a assuré ne pas vouloir faire de l’initiative un tremplin idéologique ou politique.
  • Le prochain sommet est fixé en 2019 à Pékin.
Source : Radio Free Asia Washington
Traduction Le Courrier International.
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Christophe Guilluy : « La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social »

d2413La qualification pour le second tour d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen a mis en exergue la défiance de plus en plus forte des Français vis-à-vis de la politique et des partis traditionnels. Pour éviter l’arrivée au pouvoir de partis populistes, les élites politiques, intellectuelles et médiatiques seraient bien inspirées de se reconnecter avec les classes populaires.

 

Le premier tour de l’élection Présidentielle a permis à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen d’être qualifiés pour le second tour. Sur le temps long, comment juger un tel bouleversement politique ? En quoi la qualification promise de Marine Le Pen dans les sondages a-t-elle pu participer à l’émergence du mouvement en Marche ! ?

Ce qui est intéressant, c’est que les deux candidats sont ceux qui se positionnent en dehors du clivage gauche-droite. Ceux qui ont été identifiés à droite et à gauche, issus des primaires, ne sont pas au second tour. La structure n’est plus le clivage gauche / droite. Le clivage qui émerge est lié complètement au temps long, c’est-à-dire à l’adaptation de l’économie française à l’économie monde. Dès 1992, avec Maastricht, ce clivage était apparu, avec la contestation d’un modèle mondialisé. Si on veut remonter plus loin, les causes sont à chercher dans le virage libéral, qui est le basculement des sociétés occidentales dans le néolibéralisme.

C’est une logique ou les sociétés vont se désindustrialiser au profit de la Chine ou de l’Inde par exemple. Cela est aussi vrai avec Donald Trump ou le Brexit, qui nait de la financiarisation de l’économie américaine sous Clinton et du thatchérisme.

Ce sont des dynamiques de temps long qui vont avoir un impact d’abord sur les catégories qui sont concernées par ce grand plan social de l’histoire : celui des classes moyennes. Tout cela se fait au rythme de la sortie de la classe moyenne. Logiquement, ce sont d’abord les ouvriers, qui subissent ce processus de désaffiliation politique et culturelle, qui sont les premiers à grossir le nombre des abstentionnistes et à rejoindre les mouvements populistes. Puis, ce sont les employés, les agriculteurs, qui suivent ce mouvement. La désaffiliation aux appartenances s’accentue. Les ouvriers qui votaient à gauche se retrouvent dans l’abstention ou dans le vote Front national, c’est également le cas aujourd’hui du monde rural qui votait à droite.

Ce que l’on constate, c’est que l’effet majeur de la disparition des classes moyennes est de mettre hors-jeu les partis traditionnels. Parce que le Parti socialiste ou Les Républicains ont été conçus pour et par la classe moyenne. Or, ces partis continuent de s’adresser à une classe moyenne qui n’existe plus, qui est mythique. Il ne reste plus que les retraités, cela a d’ailleurs été le problème de François Fillon, qui a perdu par son incapacité à capter le vote de la France périphérique, ces gens qui sont au front de la mondialisation. Il ne capte que ceux qui sont protégés de la mondialisation ; les retraités. C’est le même constat à gauche, dont le socle électoral reste la fonction publique, qui est aussi plus ou moins protégée de la mondialisation. Nous parlons d’électorats qui se réduisent d’année en année, ce n’est donc pas un hasard que les partis qui s’adressent à eux ne parviennent plus à franchir le premier tour.

C’est aussi ce qui passe en Europe, ou aux États Unis. Les territoires populistes sont toujours les mêmes, l’Amérique périphérique, l’Europe périphérique. Ce sont toujours ces territoires où l’on créé le moins d’emplois qui produisent ces résultats : les petites villes, les villes moyennes désindustrialisées et les zones rurales

La difficulté est intellectuelle pour ce monde d’en haut ; les politiques, les journalistes, les universitaires etc… Il faut penser deux choses à la fois. Objectivement, nous avons une économie qui créée de la richesse, mais ce modèle fonctionne sur un marché de l’emploi très polarisé, et qui intègre de moins en moins et créé toujours plus d’inégalités sociales et territoriales C’est ce qui a fait exploser ce clivage droite gauche qui était parfait, aussi longtemps que 2 Français sur 3 faisaient partie de la classe moyenne. Si on n’intègre pas les gens économiquement, ils se désaffilient politiquement.

Dès lors, peut-on parler de système « réflexif » ? Entre un Front national qui a pu émerger dans les années 80, aussi bien sur la base du « surgissement » du chômage de masse que sur les questions migratoires, jusqu’à la présence de Jean Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, et l’émergence d’un mouvement cherchant à dépasser le clivage droite gauche au travers d’Emmanuel Macron ?

C’est son modèle inversé. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen ont fait le constat que cela ne se jouait plus autour du clivage gauche / droite. Ils ont pris en compte la polarisation de l’économie, entre un haut et un bas, et sans classes moyennes. Dans ce sens-là, l’un est la réponse de l’autre.

Géographiquement, et sociologiquement, en quoi le mouvement En Marche ! se définit il en miroir du Front National ?

Géographiquement, c’est l’opposition entre la France des métropoles et la France périphérique qui structure le match Emmanuel Macron/ Marine Le Pen. On a déjà pu voir quelques cartes sur l’opposition est ouest, mais ce clivage est ancien, hérité, il ne dit rien des dynamiques en cours. Lorsque j’étais étudiant ces cartes est ouest existaient déjà, elles expriment l’héritage de l’industrie, et donc de la désindustrialisation. C’est là où il y a le plus de chômage, de pauvreté, d’ouvriers, et le plus de gens qui votent FN. Ce qui est intéressant, c’est de voir les dynamiques. C’est en zoomant à partir des territoires qui créent le plus d’emplois et ceux qui en créent le moins. Par exemple, en Bretagne, ou Marine Le Pen fait 6% à Rennes, et 20% dans les zones rurales. C’est toujours un distinguo entre les dynamiques économiques. Aujourd’hui les classes populaires ne vivent plus aux endroits où se créent les emplois et la richesse.

Le marché de l’immobilier s’est chargé, non pas dans une logique de complot, évidemment, mais dans une simple logique de marché, de chasser les catégories dont le marché de l’emploi n’avait pas besoin. Ces gens se trouvent déportés vers les territoires où il ne se passe rien. Or, les élites n’ont de cesse de parier sur la métropolisation, il est donc nécessaire que s’opère une révolution intellectuelle. Il serait peut-être temps de penser aux gens qui ne bénéficient pas de ces dynamiques, si on ne veut pas finir avec un parti populiste en 2022.

En perdant une partie de leurs bases, la gauche avec les ouvriers, la droite avec les agriculteurs, les partis de gouvernement semblent s’être détournés des classes populaires. Quelles sont les conditions permettant une « normalisation » de la situation, dont l’objectif serait de récréer des partis de masse ?

Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu’il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu’il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le « haut » intègre les problématiques du « bas » de façon sincère. C’est exactement ce qui s’était passé avec le parti communiste, qui était composé d’une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient « au nom de ». Aujourd’hui c’est la grande différence, il n’y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues.

Plus personne n’y croit et c’est cela l’immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d’en bas n’est pas légitime. Ce qui est appelé « populisme ». Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l’aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L’antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n’est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d’antifascistes, ça, ce n’est qu’un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d’une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni.

Cette posture antifasciste, à la fin, c’est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l’insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s’il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j’espère, c’est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l’antifascisme.

Christophe Guilluy est géographe. Il est l’auteur, avec Christophe Noyé, de « L’Atlas des nouvelles fractures sociales en France » (Autrement, 2004) et d’un essai remarqué, « Fractures françaises » (Champs-Flammarion, 2013). Il a publié en 2014 « La France périphérique » aux éditions Flammarion.

Source Atlantico 27/04/2017

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Persécutés au Brésil, les Indiens appellent l’Europe et la France à l’aide

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 Méprisés par la classe politique, attaqués par la police militaire, assassinés par les fermiers, les peuples autochtones brésiliens ont les pires difficultés à faire valoir leurs droits. Pour alerter sur la gravité de leur situation, le chef indien Ládio Verón arrive en France pour une série de rencontres.

  • São Paulo (Brésil), correspondance

Parti en toute discrétion de São Paulo mi-mars, le chef indigène Ládio Verón a déjà rencontré des députés espagnols et manifesté avec ses soutiens devant l’ambassade du Brésil à Londres. Menacé de mort et torturé par le passé, le représentant de la tribu Taquara, dans le Mato Grosso du Sud, raconte comment les autorités tentent d’empêcher les Indiens de communiquer, d’aller en ville pour rencontrer des journalistes ou de se rendre à l’étranger. Son propre père, le chef Marcos Verón, a lui-même été assassiné en 2003, au retour d’un voyage similaire en Europe. Depuis, son fils a dû être placé sur la liste du Programme fédéral de protection des défenseurs des droits humains.

Lors d’une interview donnée à des journalistes étrangers à São Paulo, quelques jours avant son départ, les organisateurs de la rencontre mettent en garde ces derniers : « Il est important que vous attendiez que le cacique [chef de tribu] ait quitté le Brésil, avant de publier vos articles, car il est déjà arrivé que des chefs indiens soient bloqués avant de monter dans l’avion. » Une situation intenable pour Ládio Verón, qui s’insurge : « Non seulement nous devons rester dans un périmètre qu’ils nous imposent, sur une terre aride, au bord d’une route, mais en plus ils voudraient que nous gardions le silence. »

Son voyage va le mener à travers une douzaine de pays européens, pour raconter ce que vivent les Indiens de son ethnie, les Guarani Kaiowá, mais aussi les autres peuples du pays, et trouver un maximum de soutiens. Depuis très longtemps victimes de persécutions de la part des producteurs agricoles et d’énergie qui font tout pour mettre la main sur les territoires indigènes, les autochtones rencontrent très peu de soutien de la part des politiciens locaux. À l’échelle fédérale, la situation ne fait qu’empirer. Ni Lula ni Dilma Rousseff n’ont vraiment entrepris de politique protectrice efficace et l’organisme institutionnel de gestion de la question indigène, la Fondation nationale de l’Indien (Funai), est entré en crise depuis l’arrivée à la présidence du pays de Michel Temer [1]. Le nouveau directeur, nommé le 9 mai, est un ancien général de l’armée soutenu par les évangélistes, comme son prédécesseur, limogé au bout de 4 mois d’exercice. Une mauvaise nouvelle pour beaucoup de militants de la cause indigène, qui ne voient pas toujours d’un bon œil l’implication des militaires et des religieux dans ces questions.

« Le seul secours que l’on puisse attendre, c’est celui des autres pays » 

Le village de Ládio et de ses frères est aujourd’hui menacé. Une fois de plus, car l’histoire de sa tribu est marquée depuis des décennies par les expulsions et l’errance. Depuis 2010, 250 familles vivent sur ce bout de territoire proche du Paraguay, reconnu par la Funai, mais pas par le gouvernement, qui n’a pas approuvé la démarcation [2]. Entourés de monocultures et de grands domaines agricoles, les Guarani n’ont plus grand-chose qui leur permet de maintenir un mode de vie traditionnel. « Il n’y a plus de végétation, nos rivières sont mortes et nos enfants ressortent avec des démangeaisons quand il se baignent. Voilà ce qu’ils ont fait de nos terres, celle de nos ancêtres. Là-bas, un plant de maïs, un bœuf vaut plus que la vie d’un être humain, que la vie d’un enfant indigène », déplore Araldo Verón, le frère de Ládio, resté au Brésil.

Quelques jours après le départ du chef indien en mars, des militaires armés ont envahi le village de Taquara et menacé violemment la population d’expulsion. « Notre propre gouvernement nous attaque. Le seul secours que l’on puisse attendre, c’est celui des autres pays », dénoncent les frères Verón. En effet, un changement sensible est en train de se passer au Brésil. La résistance indigène est de plus en plus perçue comme une menace sécuritaire. En témoigne la récente répression policière dont ont été victimes plusieurs milliers de représentants indigènes venus manifester le 25 avril à Brasilia. Les populations autochtones se sentent oubliées par les partis politiques et les grands médias.

Le président Michel Temer a nommé comme ministre de l’Agriculture Blairo Maggi, l’un des grands leaders de l’agro-industrie. Dans un éditorial du journal économique Valor, Daniela Chiaretti, journaliste spécialisée dans l’environnement, dénonçait récemment un gouvernement passif avec un biais « ruraliste », illustré par l’agenda du ministre de la Justice [3], qui en 55 jours de mandat a rencontré une centaine de fois les représentants des lobbys parlementaires agricoles, mais n’a fait aucune rencontre avec des leaders indiens.

Le chef indien Ládio Verón devant l’ambassade du Bresil a? Londres le 19 avril.

Le chef indien Ládio Verón devant l’ambassade du Bresil a? Londres le 19 avril.

« Ce que mangent les Européens — la viande, le maïs — est mélangé avec du sang indien » 

La communauté internationale commence à s’alarmer face au traitement de la question indigène brésilienne. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a notamment souligné que le Brésil échouait à protéger les droits des Indiens durant l’examen périodique universel passé par le pays, à Genève, ce mois-ci. Au même moment, l’attaque violente d’une dizaine d’Indiens de l’ethnie Gamela, frappés et mutilés par des hommes payés par des fazendeiros, suscitait de nouveau l’indignation générale chez les défenseurs des peuples indigènes.

Pour les Guarani, l’Europe a sa part de responsabilité, car une grande partie du soja, du maïs ou de la canne à sucre destinés au marché européen est produit au Brésil (principalement dans le Mato Grosso) sur des terres desquelles des Indiens ont été expulsés. Ládio Verón va donc se rendre également au Parlement européen : « Nous allons demander de cesser d’acheter du soja brésilien, parce que ce que mangent les Européens — la viande, le maïs — est mélangé avec du sang indien, explique-t-il. Si nous ne recevons pas d’aide de l’extérieur, nous allons commencer à brûler les cultures, les usines d’éthanol, à entrer en action. Nous sommes fatigués de parler calmement, nous sommes maintenant prêts à aller au-delà, car c’est notre survie qui est en jeu. Que les Européens viennent voir comment on détruit nos forêts, comment on pollue notre eau et comment on nous assassine. »

Mathilde Dorcadie

Source Reporterre 19 mai 2017

 


L’AGENDA DE LA VISITE EN FRANCE DE LÁDIO VERÓN

Ládio Verón, le chef Guarani Kaiowá, sera en France du 20 au 29 mai 2017.

  • Paris
    Samedi 20 mai, à 18 heures : rassemblement de soutien sur le parvis des droits de l’homme.
    Lundi 22 mai, à 13 h 15 : interview sur RFI et rencontre avec des journalistes.
    Mardi 23 mai, à 9 h 30 : rencontre au Sénat à l’initiative de la sénatrice Laurence Cohen, présidente du groupe d’amitié France-Brésil.
  • Il sera  à Montpellier, le 24 mai et le lendemain à Marseille

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