Cinéma: Grandpuits et petites victoires

Blocage de la raffinerie à Grandpuits en octobre 2010

Olivier Azam présente ce soir en avant-première nationale son film Grandpuits et petites victoires. Ce film événement qui renoue avec l’histoire populaire française, nous replonge au cœur du conflit qui a mobilisé des millions de Français opposés à la réforme des retraites.

Il y a tout juste un an, alors que le gouvernement résiste aveuglement à un mouvement social de grande ampleur, les dépôts et raffineries de pétrole sont bloqués. Mi-octobre, près de 3 000 stations services sont en rupture de stock : on n’a pas vu cela depuis mai 68. Les grévistes de la raffinerie de Granpuits en Seine et Marne se retrouvent malgré eux sous les projecteurs des médias nationaux. Réquisitions, charges policières, propagande, le pouvoir concentre sa charge contre les raffineurs pour briser le conflit dans son ensemble.

« Quand on est arrivés avec la caméra, on a reçu un bon accueil des grévistes qui ont vite compris notre démarche grâce aux diffusions que l’on retransmettait sur le Net. Cela faisait 15 jours qu’ils subissaient les journalistes de la télé. Ils se sentaient trahis », témoigne le réalisateur. « A la différence du traitement quasi- direct que nous avons diffusé sur le Net, le film met en perspective la lutte en faisant des liens avec l’histoire sociale. Il revient sur la notion de grèves générales, rappelle comment s’est mis en place le système de  souscription en 1906. Certains grévistes ont découvert que leur action s’inscrivait dans une continuité

La démarche fait un usage public de l’histoire des mouvement sociaux. Elle décrypte l’actualité du rapport de classe. « Le film d’Olivier Azam est très construit. Il décrypte un mouvement en train de se construire et la stratégie patronale qui lui répond », analyse Jacques Choukroun qui assure la distribution du film avec sa société Les films des deux rives. La production est assurée par la Scop les Mutins de Pangée sans laquelle le film n’aurait pas vu le jour. Il ne bénéficie d’aucun soutien des chaînes de télé, ce qui le coupe d’autres sources de financement.

« Les films sur le monde du travail sont assez rares, indique Julien Collet le secrétaire de l’UL CGT de Montpellier qui participera ce soir au débat en présence de deux acteurs du mouvement de Grandpuits membre de la CGT Mines énergie. Les images de la télévision gomment généralement les sigles des organisations syndicales. L’image doit être consensuelle. On minimise la présence syndicale. Nous sommes partie prenante des débats qui parlent du monde du travail et  redonnent la parole aux gens. »

Nicolas Sarkozy a fait passer la réforme des retraites en force « comme un joueur de foot qui marquerait un but avec un revolver à la main. » Mais les français ne l’ont pas oublié. Grandpuits et petites victoires reste un élément du débat qui s’apprête à ressurgir prochainement dans la rue.

Jean-Marie Dinh

Ce soir à 19h45 au Cinéma Diagonal en présence du réalisateur. Le film sera également présenté à Sète et à Béziers. La sortie nationale aura lieu le 23 novembre.

Voir aussi : Rubrique Mouvements sociaux, Nouvelle donne des mouvement sociaux en Europe, Rubrique Cinéma, Tous au LarzacWe want sex equality, Rubrique Médias

Electrochoc

«Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne peut pas naître.» Cette définition du théoricien italien Antonio Gramsci s’applique à la lettre au moment de tension extrême que subissent la planète financière en général et le monde de la banque en particulier. De l’ancien monde, tout semble encore en place, ou presque. Près de deux décennies après le scandale du Crédit lyonnais, le drame de Dexia en témoigne jusqu’à la caricature : prise de risques inconsidérés, spéculation à coups de «produits» toxiques, tergiversation irresponsable des Etats, «stress tests» bidons et sauvetage public sans contreparties… Comme si chacun se refusait à tirer la moindre leçon de la catastrophe. Aucune mesure sérieuse d’encadrement et de contrôle des instruments financiers n’a été prise, ni en Europe ni aux Etats-Unis, depuis le sévère avertissement de 2008. Au moment où s’esquisse un nouveau plan de sauvetage des banques, cette fois à l’échelle européenne, il faut rappeler à tous qu’une banque est d’abord et avant tout un bien public. Les Etats ne sauraient mobiliser à nouveau des milliards d’euros sans exiger des règles nouvelles et, notamment, une place au conseil d’administration des établissements aidés. Nicolas Sarkozy s’y était refusé en 2008. Les peuples européens ne comprendraient pas aujourd’hui que nul ne soit en charge du rappel permanent et exigeant de l’intérêt général. La politique y joue son crédit. Le monde nouveau ne naîtra pas sans un électrochoc.

Vincent Giret (Libération)

 

Banque : L’Europe passe à l’action

Hier à Bruxelles, les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur le principe de renflouer les établissements en difficultés. Sans encore évoquer de contreparties.

Panique à bord : après des mois de déni, les gouvernements européens, secoués par l’effondrement de la banque franco-belge Dexia, admettent enfin qu’il y a un énorme problème bancaire sur le continent. Hier, à Bruxelles, Angela Merkel a reconnu qu’il «est justifié, s’il y a un constat commun que les banques ne sont pas assez capitalisées, que l’on procède (à une recapitalisation), compte tenu de la situation actuelle sur les marchés financiers». En clair, pas question de croiser les doigts en espérant que la confiance revienne, comme voulait le faire Paris. «Pour les marchés, il est important qu’on aboutisse à des résultats, a martelé Merkel. Le temps presse et donc il faudrait que cela se fasse vite.»

Olli Rehn, le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, a pour sa part annoncé, dans un entretien au Financial Times, que les Vingt-Sept préparaient un plan destiné à renflouer les banques qui en ont besoin : «Il y a un sentiment d’urgence parmi les ministres des Finances. […] Le capital des banques européennes doit être renforcé afin de leur donner une marge de sécurité et ainsi de réduire l’incertitude», sur les marchés. Ce n’est pas encore un Plan Marshall pour les banques, mais ça commence à y ressembler.

Incendie. Les réunions des dirigeants européens vont s’accélérer ces prochains jours, non seulement pour enrayer l’incendie bancaire qui menace, mais aussi pour essayer d’apporter une réponse globale à la crise de la dette souveraine : réunion de la BCE aujourd’hui à Berlin, sommet franco-allemand dimanche, toujours à Berlin, puis Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement les 17 et 18 octobre… Cette fois, les capitales européennes semblent déterminées à éviter la cacophonie de l’automne 2008, lorsque l’Irlande avait garanti sans avertir personne les dépôts de ses épargnants, ce qui avait déclenché une belle panique. «Ce devra être un mouvement ordonné, transparent et égalitaire dans toute la zone», indique l’Elysée.

Merkel insiste aussi pour que la recapitalisation se fasse selon des «critères communs». «Si l’on renforce les banques, ce ne sera pas parce qu’elles sont intrinsèquement malades, mais parce que l’on n’arrive pas à résoudre la question de la dette de la Grèce. Il s’agit de témoigner d’une volonté collective de stabilisation du système financier européen», insiste l’Elysée. Pourtant, «la crise bancaire de 2007 est loin d’avoir été résolue, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, comme le montre l’affaire Dexia, affirme Nicolas Veron, du centre de réflexions Bruegel. Certes, depuis, elle s’est transformée en crise de la dette et désormais les deux s’entretiennent réciproquement : c’est parce que les marchés doutent de la solvabilité des Etats qu’ils doutent de la solidité des banques.» Mais, selon Veron, le problème va bien au-delà d’une question de confiance des marchés : «Il faut qu’une autorité indépendante soit chargée d’identifier les maillons faibles, car il y en a, et qu’elle puisse les traiter en les recapitalisant ou en les restructurant.»

Car pour l’instant, les comptes des banques sont pleins de zones d’ombre que les «stress tests» de juillet n’ont pas permis de lever. En particulier, les établissements français souffrent, aux yeux des marchés, d’avoir conservé un effet de levier trop élevé dans leur bilan : ainsi, le total de bilan de BNP Paribas représente 27 fois ses fonds propres et ce multiple s’élève à plus de 50 pour la Société générale. En comparaison, les principales banques américaines affichent un ratio moyen de 10. Pour s’aligner, à périmètre constant, les banques européennes devraient augmenter leurs fonds propres de 360 milliards d’euros…

Prix d’Ami. La recapitalisation qui s’annonce et dont on ignore le montant fera appel soit à des investisseurs privés, soit à de l’argent public, soit à des fonds européens. En effet, le Fonds européen de stabilité financière pourra, dans sa nouvelle mouture, qui devrait entrer en vigueur à la fin du mois, prêter de l’argent aux Etats afin de les aider à recapitaliser leurs banques. Les Européens cherchent actuellement les moyens de démultiplier son action en créant un «effet de levier».

En attendant que le ménage soit fait, la BCE ne reste pas inactive. Le système peut imploser à chaque instant, puisque le marché interbancaire est paralysé. La situation est aussi tendue qu’au début de la crise des subprimes, (août 2007), ou au lendemain de la faillite de Lehman Brothers (septembre 2008) : les établissements financiers ne se prêtent plus d’argent de peur de ne pas le récupérer. La BCE inonde donc à nouveau de liquidités le marché : depuis le début de la crise, elle accorde des prêts à taux fixe (et donc à prix d’ami) à trois mois et sans plafond aux banques commerciales. Mieux : elle a annoncé qu’elle allait passer à des durées de six mois et peut-être, demain, d’un an. Reste à savoir si les opinions publiques accepteront ce second sauvetage sans que les banques en payent le prix. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a déjà averti que «nos démocraties ne pourraient accepter un nouveau plan d’aide aux banques» de même ampleur qu’en 2008 «sans contreparties».

Jean Quatremer et Nathalie Raulin

Voir aussi : Rubrique Finance, Politique économique, rubrique UE,

Fukushima: le fil de l’Information: Dernières nouvelles

Samedi 1 octobre 2011
Du Plutonium a été décelé à 45 km de la Centrale de Fukushima. Les mesures montrent des contaminations de 0,82 becquerels par m2 de plutonium-238 à 45 km de la Centrale et 4,0 becquerels de plutonium-239 et 240 à 30 km de la Centrale dans les villes de Futaba et Namie. Du plutonium avait déjà été décelé sur le site de la centrale, mais à 45 km, c’est une première!

Alors que d’un côté un département du Gouvernement annonce du plutonium, un autre département autorise les habitants de 5 communes situées entre 20 et 30 km à retourner chez eux. Il ne leur reste qu’à souhaiter un retour des plus rayonnants.

Takashi Oizumi, le Responsable du Panel d’experts mis sur pied par le gouvernement, a souligné que le Gouvernement japonais a intentionnellement manipulé l’opinion publique au sujet de l’énergie nucléaire. Vue d’occident, cela ressemble à l’enfoncement d’une porte ouverte. Mais pour les Japonais, et surtout les médias qui n’ont pas toujours éclairés la population sur l’accident de Fukushima, il s’agit d’une prise de conscience douloureuse.

Vendredi 30 Septembre 2011
Tepco a fait sonner les trompettes: pour la première fois depuis la catastrophe, les températures des 3 Réacteurs en perditions sont passées sous la barre des 100 degrés Celcius. Ho! pas de beaucoup. Le Réacteur 2 flirte a 99,7 degrés, mais c’est une belle réduction alors que le thermomètre indiquait 110 degrés au début du mois de septembre. Les Réacteurs 1 et 3 se maintiennent en-dessous de 100 degrés depuis le mois d’août. Tepco espère pouvoir maintenir la température des réacteurs d’ici à la fin décembre. Mais l’entreprise se trouve toujours devant une montagne d’eau hautement radioactive.

Jeudi 29 Septembre 2011
A 19h00 heure locale, la Centrale de Fukushima a subit un nouveau tremblement de terre de 5,4. Il n’y a pas de grosse casse selon les autorités. De grandes quantités d’hydrogène ont été découvertes dans les tuyaux du Réacteur 1. Souvenez-vous, c’est justement à cause de l’hydrogène que les bâtiments 1 et 3 avaient explosé début mars. Tepco va tenter de réduire ce gaz et éviter une nouvelle explosion.

Mercredi 28 Septembre 2011
Un panel d’experts du Gouvernement japonais vient d’enfoncer une porte ouverte en déclarant: « Tepco n’était pas préparé pour une catastrophe du type de Fukushima et encore moins pour la résoudre ». C’est sympa d’avoir mis une brochette d’experts autour d’une table pour arriver à cette constatation. Mon labrador était arrivé à la même conclusion il y a 3 mois déjà!
Le président de ce panel, Yotaro Hatamura, a ajouté qu’ils allaient encore enquêter afin de savoir pourquoi Tepco n’a pas su maîtriser cette catastrophe et qu’une réponse serait donnée d’ici à la fin 2011. Ben, s’ils donnent les véritables raisons, il y a des hommes politiques qui vont avoir du mal à dormir ces prochaines semaines.

Les niveaux de contaminations radioactives à Fukushima-city, (ville de 300’000 habitants à 60 km de la Centrale) sont en train de se détériorer au point que les autorités sont prêtes à évacuer des quartiers de la ville. Certaines familles, qui craignent pour leurs enfants, ont déjà quitté leur maison.
La municipalité envisage un plan de nettoyage des parties radioactives comme les toits des maisons, d’enlever une partie du goudron des routes ainsi que de la terre. Cependant, les autorités ne savent pas comment recycler ou stocker ces déchets contenant ces traces radioactives.

Il est paradoxal, qu’à 60 km de la Centrale, les autorités pensent à évacuer, alors que le Gouvernement japonais veut donner le feu vert pour faire retourner les habitants dans 5 villes situées à 30 km des Réacteurs accidentés. Certainement une question d’indemnisations.

A suivre : La veille de Laurent Horvath l’ économiste spécialisé, fondateur du site 2000watts.org sur lequel il décrypte en continu la catastrophe nucléaire de Fukushima . Fukushima fil de l’information

 

Fukushima: la situation continue à empirer

par Claude-Marie Vadrot

Comme annoncé, la situation à Fukushima et dans la région ne s’arrange pas et, à en juger par les derniers développements du délabrement des réacteurs accidentés, cet accident pourrait dépasser en gravité, dans le temps et dans l’espace, celui de Tchernobyl. Car non seulement les trois réacteurs restent pratiquement hors d’atteinte pour les ouvriers et les ingénieurs, mais trois des quatre piscines endommagées ne sont toujours pratiquement pas refroidies. Seule celle liée au réacteur numéro quatre est équipée depuis la fin du mois de juillet d’un système de refroidissement de secours qui « ne donne pas entièrement satisfaction ». Traduit en langage de profane cela signifie que cette piscine relâche toujours de la radioactivité dans l’air. Ce qui est évidemment le cas des carcasses des bâtiments et de réacteurs un, deux et trois. Donc, n’en déplaise aux « docteurs tant mieux » qui s’agitent aussi bien au Japon qu’en France chez Areva, la situation des rejets et des risques à venir reste exactement la même que le 13 mars dernier, quand la fusion a commencé. Un accident dont il faut quand même rappeler, car les partisans du nucléaire sont en train d’essayer de le faire oublier à l’opinion publique internationale, qu’il n’a pas été provoqué par le tsunami mais par l’arrêt automatique des réacteurs provoqué par le tremblement de terre. Il se trouve, les experts le savent mais ne le crient jamais sur les toits, que les conséquences de l’arrêt brutal d’un réacteur nucléaire, qu’elles qu’en soient les causes, sont toujours imprévisibles : cela peut fort bien se passer normalement ou au contraire déstabiliser définitivement un réacteur sans que les spécialistes sachent vraiment pourquoi.

Pour prendre la mesure de la radioactivité toujours relâchée dans l’atmosphère, il suffit de savoir que dans le réacteur numéro deux, par exemple, les instruments de contrôle que les techniciens ont réussi à glisser le 2 août prés du réacteur numéro deux n’ont pas pu fonctionner car la radioactivité était trop forte. Elle dépassait –d’un montant ignoré- la limite de 10 sieverts/heure (10 000 millisieverts). La veille, dans le réacteur numéro un, les ingénieurs qui voulaient commencer à étudier la mise en place d’un système de refroidissement de secours, ont du renoncer à s’approcher par ce que les instruments enregistraient une radioactivité de 5 sieverts/heure. Impossible donc, toujours, de travailler dans les bâtiments et aux abords des réacteurs : la norme pour un salarié du nucléaire, limite au delà de laquelle il court des risques est de 20 millisieverts/an. Ce qui situe largement, si l’on tient compte de la durée de l’exposition de référence, la radioactivité menaçant les ingénieurs japonais à un niveau au moins 10 000 fois supérieur à ce qui est acceptable sans être irrémédiablement et gravement contaminé.

Cette permanence de la radioactivité interdit donc, tout en polluant davantage chaque jour la région, toute intervention sur les trois réacteurs accidentés. Les techniciens ne peuvent strictement rien à faire, les premiers robots expérimentés pour les suppléer ont été paralysés par la force des radiations.

La « promesse » de la Tepco, l’opérateur privé en cause, et du gouvernement japonais de « maîtriser » la situation pour le début de l’année 2012 est donc en train de voler en éclats. En fait les réactions nucléaires se poursuivent et les techniciens de disposent d’aucun moyen pour les arrêter ou les diminuer. Ils n’ont strictement pas progressé depuis le lendemain de l’explosion des réacteurs et même la décontamination des centaines de milliers de tonnes d’eau contaminée est au point mort. Dans les conditions actuelles, la preuve est faite qu’un réacteur peut échapper durablement à toute tentative de contrôles et que les spécialistes ne peuvent que constater l’aggravation d’une situation de crise. Quant à l’autre « promesse », celle de construire rapidement un grand sarcophage par réacteur ou une énorme enceinte de confinement, elle est pour des mois, sinon des années irréalisables. Ce qui condamne une partie du Japon à subir une augmentation des contaminations, y compris par du plutonium.

D’où la nécessité, comme le fait régulièrement Politis, de continuer à expliquer ce qui se passe à Fukushima pour que personne n’oublie l’ampleur de la catastrophe.

Source Politis

Voir aussi :  Rubrique Japon, Plus important de limiter les radiations que l’information, Fukishima information et désinformation, Une légende à réinventer, L’accident nucléaire, Politique internationale, Fillon et Sarkozy misent sur l’aide de tokyo pour défendre le nucléair civil, rubrique Economie, Nucléair civil:  tour du monde des nouvelles puissances, Rubrique Santé, Manifeste pour l’indépendance de l’OMS, On Line «Areva au cœur du réacteur de Fukushima»

Le Sénat américain décide de débattre sur le projet de loi relatif au yuan

WASHINGTON, 4 octobre  – Le Sénat américain s’est prononcé lundi en faveur d’un débat sur le projet de loi controversé concernant la soi-disant « manipulation de la monnaie » par la Chine, en dépit de la forte opposition de la Chine et d’associations des milieux d’affaires américains.

Avec 79 voix contre 19, l’aval des sénateurs a ouvert la voie à un débat d’une semaine sur le projet, dernière étape avant qu’il ne soit soumis au vote du sénat. Et pour que le projet devienne loi, il faudra encore qu’il soit adopté par la chambre des représentants et signé par le président Barack Obama.

Le projet de loi de réforme sur la supervision des taux de change a été présenté par les sénateurs Charles Schumer et Sherrod Brown, et d’autres législateurs démocrates et républicains.

Avec pour objectifs de réduire le déséquilibre commercial entre les deux pays et de créer plus d’emplois aux Etats-Unis, cette loi obligerait le département américain du Trésor à désigner la Chine comme un « manipulateur de monnaie » et à donner le droit aux compagnies américaines d’imposer des droits de douane supplémentaires, par mesures de rétorsion, sur les produits importés venant de pays dont les monnaies ont été jugées « sous-évaluées ».

La Chine a déjà exprimé sa forte opposition au projet de loi, en demandant aux hommes politiques américains d’éviter d’accroître le protectionnisme commercial et de politiser la question du taux de change.

La loi américaine sur la devise chinoise fait plus de mal que de bien

WASHINGTON, 3 octobre.  La loi présentée par le Sénat américain en représailles contre les supposées manipulations de change de la Chine n’aidera pas la création d’emplois aux Etats- Unis, mais aura des conséquences négatives, a rapporté lundi le Washington Post.

Le Sénat doit procéder lundi soir à un vote de procédure pour décider ou non de sanctions contre la Chine, accusée de sous- évaluer sa monnaie et de voler des emplois aux Américains.

« C’est une loi contre-productive », estime le Washington Post dans son éditorial, ajoutant que des sanctions contre la devise chinoise n’aideront pas à rééquilibrer le commerce américain ni à créer davantage d’emplois.

« Mettre fin au déficit commercial avec la Chine ne suffira pas nécessairement à résoudre le déséquilibre commercial global des Etats-Unis », indique ce journal, « En effet, d’autres pays à bas salaires (..) pourraient facilement prendre la place de la Chine ».

Le reportage note que les pièces de nombreux produits « chinois » sont déjà fabriqués ailleurs, importés en Chine pour y être assemblés puis réexportés vers les États-Unis. Seuls 20 à 30% de la valeur des produits chinois aux États-Unis seraient affectés par un renforcement du yuan, la devise chinoise, également dénommée renmibi.

En outre, la Chine effectue déjà une réévaluation progressive de sa devise, principalement parce qu’elle y est obligée pour juguler l’inflation dans son propre pays.

Cette manoeuvre du Congrès serait également néfaste à l’ économie mondiale, note l’article.

« L’économie mondiale a suffisamment de problèmes sans y ajouter le fossé commercial entre les Etats-Unis et la Chine », ajoute-t-il.

Xinhua

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rubrique Livre , Susan Georges de l’évaporation à la régulation, Aux éditions la Découverte La monnaie et ses mécanismes, Les taux de change,

Montpellier. Les ségolénistes tentent d’entretenir le désir

 

La voie n’est pas royale, pour les partisans de Ségolène qui s’efforcent cette fois de faire mentir les sondages en soulignant à raison le manque de référence des instituts face à l’exercice inédit des primaires. « On n’a jamais vu un tel matraquage. A ce jour nous en sommes à la 37e enquête d’opinion depuis le début de la campagne, ce qui équivaut à l’ensemble des sondages réalisés lors de la présidentielle 2007, s’indigne Najat Vallaud-Belkacem, l’ex  porte-parole de Ségolène Royal, adjointe au maire de Lyon. Avec l’ancien ministre des transports Charles Fiterman, et les militants des départements voisins, elle est venue booster les troupes en terre héraultaise.

Pour l’ancien ministre communiste des gouvernements Mauroy 81 et 84, Ségolène apparaît  comme la seule candidate crédible « face à la crise et au mode de gouvernement que rejette une grande majorité de français, j’ai la conviction qu’elle ne se contentera pas de petites retouches. » Tour à tour, les militants mettent en exergue les atouts de leur candidate en vantant : son expérience de la bataille présidentielle, ses qualités morales, sa vision de la démocratie participative… Mises bout à bout, l’ensemble des interventions dessinent une stratégie qui vise  à se distancier du PS pour se positionner en alternative.

Une reconquête difficile

Mais depuis les dernières élections présidentielles, la présidente de la région Poitou a perdu nombre de ses soutiens parmi les « barons locaux ». Dans l’Héraut, cette désertion a été particulièrement massive. Conscience de son handicap local, lors d’un passage à Montpellier en juin dernier, Ségolène avait lancé un appel au PS afin qu’il réintègre tous les frêchistes.  Sans que cela ne modifie l’isolement local d’élus ségolénistes comme Brahim Abou. Le jeune conseiller municipal décèle dans cette situation « Un manque de courage » de la part de ses collègues socialistes : « Localement nous avions un ténor politique. Aujourd’hui il n’y a plus personne. Je ne sais pas quelle aurait été la position de Frêche. Et je ne veux pas faire parler les morts, mais je ressens vraiment un manque d’audace.» Najat Vallaud-Belkacem élargit le débat : « Les prises de position de Ségolène sur le non cumul des mandats – elle a elle-même renoncé à se présenter à l’Assemblée Nationale – ne sont sans doute pas étrangères à cette situation. »

Pour que leur candidate soit présente au second tour, les militants ont conscience qu’il faut contourner l’appareil en mobilisant massivement les sympathisants socialistes non-inscrits dans le parti. Sans désespérer, ils s’emploient à ranimer la flamme.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Politique locale, Frêche et le serment du Jeu de paume, Démocratie de quartier , Mandroux et le village Gaulois, Le problème frêche : copie à revoir ! , rubrique Montpellier, rubrique Livre : Frêche L’empire de l’influence,