Retraites : ce que proposent les partis d’opposition

Dessin de Placide.

Dessin de Placide.

S’ils reviennent au pouvoir, les partis d’opposition de gauche comme de droite promettent de revenir sur la réforme du gouvernement. Tour d’horizon de leurs propositions.

Si Nicolas Sarkozy a répété mercredi 20 octobre que la réforme des retraites « ira à son terme », les partis d’opposition de gauche, tout comme certains de droite et d’extrême droite, promettent d’y revenir en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2012. Que proposent-ils concrètement? Tour d’horizon des propositions du Parti socialiste (PS), des Verts, du Parti communiste (PC), du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), du Mouvement Démocrate (Modem), de la République solidaire de Dominique de Villepin et du Front national (FN).

PS

Dans la droite ligne des critiques sur l’autisme du gouvernement, la première secrétaire socialiste Martine Aubry plaide d’abord et avant tout pour « une grande négociation ». Le but : gommer les antagonismes avant de soumettre au Parlement un projet de réforme en 2013. Seules exigences : le maintien de l’âge légal à 60 ans et le respect de la réforme Fillon de 2003 augmentant la durée de cotisation de 40 à 41,5 années à l’horizon 2020 pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein.

Parmi les sujets qu’elle souhaite aborder, figurent en tête la pénibilité et la recherche de nouveaux financements. Sur le premier point, le PS propose une « majoration des annuités permettant de partir plus tôt » pour le travail de nuit, à la chaîne ou dans certains secteurs comme le bâtiment. Sur le second, le PS envisage une augmentation des cotisations patronales et salariales de 0,1 % par an entre 2012 et 2021. Et plaide pour une taxation des stock-options et des bonus.

Les Verts

En pointe de l’opposition parlementaire, le parti écologique défend également le droit à la retraite à 60 ans et au départ à 65 ans à taux plein. Est même envisagé un départ anticipé pour « les salariés exposés à des polluants ou à des conditions de travail pénibles ». Pour financer ces mesures, il refuse tout allongement de la durée de cotisation, optant plutôt pour une taxation des revenus du capital, notamment le doublement de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du patrimoine.

Le Parti communiste

Les communistes qui rejettent en bloc le texte du gouvernement appellent à un changement radical du système de financement des retraites. Ils proposent pour cela d’assujettir les revenus financiers des entreprises à une contribution d’assurance-vieillesse (30 milliards d’euros), de moduler les cotisations patronales en fonction des embauches des entreprises, de supprimer les niches sociales (heures supplémentaires en particulier), de plus taxer les stock-options, les parachutes dorés et l’ensemble des autres indemnités de départ.

NPA

Farouchement opposé à la réforme du gouvernement, le parti d’Olivier Besancenot exige, lui aussi, le maintien du droit à la retraite à « 60 ans maximum, et à 55 ans pour les salariés ayant subi des travaux pénibles et ceux qui sont affectés par la dégradation des conditions de travail ». Il réaffirme également le principe selon lequel la pension doit être la continuité du salaire (75 % du salaire brut, calculée sur les six meilleurs mois de salaire). Enfin, il plaide pour que la durée maximale pour bénéficier de la retraite soit de 37,5 annuités de cotisation, en incluant les périodes de pertes d’emplois, d’apprentissage, de formation et d’études à partir de 18 ans.

Pour financer le maintien (ou le retour en ce qui concerne la durée de cotisation pour une retraite à taux plein) de ces « acquis sociaux », le NPA propose d’augmenter les salaires de 300 euros par mois (ce qui rapporterait 66 milliards d’euros pour la Sécurité sociale dont 31 pour les retraites), rehausser les cotisations « patronales » et « mettre fin aux pillages de la Sécurité sociale » en intégrant à la masse salariale les dispositifs (stocks option notamment) qui échappent aux cotisations sociales.

Des propositions largement partagées avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Le MoDem

Le président du Mouvement Démocrate François Bayrou plaide, lui, pour une « refonte universelle » englobant l’ensemble des régimes de retraite (les régimes spéciaux y compris) et dont l’ambition est la mise en œuvre d’une « retraite à la carte, par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation ».

Plus précisément, le Modem souhaite introduire une année de bonification pour dix ans d’exposition à des travaux pénibles. Il propose également d’élargir le dispositif « carrières longues » aux salariés qui ont débuté leur vie professionnelle avant 20 ans, et non 18 ans comme le prévoit le projet de loi gouvernemental.

Enfin, le MoDem souhaite maintenir à 65 ans l’âge de la retraite sans décote, contre 67 ans proposé par le gouvernement.

République solidaire

Malgré les critiques émises contre la réforme du gouvernement, le président de République solidaire Dominique de Villepin ne propose pas son abrogation. Son argument : la question du financement se reposera dès 2018. D’ici là, il souhaite bâtir « un régime unique et lisible, s’écartant de la logique de seuils d’âge ». S’agissant du financement, Dominique de Villepin compte sur une taxation plus importante des revenus du capital.

Le Front national

Pour réformer les retraites, le parti de Jean-Marie Le Pen refuse tout report de l’âge légal, tablant sur la durée de cotisation. Opposé à l’augmentation de la durée de cotisation comme l’a instituée la réforme Fillon de 2003, le FN promet de revenir à 40 annuités pour une retraite à taux plein. Par ailleurs favorable à la liberté dans le choix du moment de départ à la retraite, il propose la mise en place d’une retraite à la carte avec surcote proportionnelle au temps de cotisation supplémentaire.


Opinion des économistes atterrés

La bataille des retraites porte sur la répartition des richesses. Il s’agit de savoir quelle part de la population portera le poids de la crise économique. Le « Manifeste d’économistes atterrés » a expliqué combien le discours néolibéral qui proclame la nécessité de « l’austérité » au nom de la dette est biaisé. En effet, la fiscalité sur les hauts revenus et sur les entreprises a été systématiquement réduite depuis une trentaine d’années. Ainsi, expliquent les économistes atterrés, « avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts »…

Voir aussi :  Rubrique société Retraite le report de l’âge légal à 62 ans n’est pas inévitable,

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