insurrection britannique

Tension communautaire à Birmingham

Sur la chaussée, on peut encore voir les multiples traces de freinage. Ce sont les seules signes du drame de la nuit précédente. Trois jeunes Anglo-Pakistanais d’une trentaine d’années, dont deux frères, Shazad et Munir Hussein, sont morts renversés par une voiture conduite par des personnes d’origine africano-carribéenne.

Il était environ une heure trente, ils sortaient de la mosquée toute proche et retournaient dans la rue pour protéger leurs commerces contre les adolescents pillards. Dudley Road, au nord-est du centre de Birmingham, est la rue principale du quartier pakistanais. La deuxième ville d’Angleterre accueille l’une des plus importantes communautés asiatiques du pays.

Ce mardi, elle est sous le choc. La police a établi un large périmètre de sécurité autour du lieu du drame. Des jeunes se regroupent non loin, la plupart du temps silencieux. Raj Rattum, travailleur social depuis dix ans dans le quartier, s’inquiète: «Aujourd’hui la communauté est très triste et blessée. Tout le monde se connaît ici. Elle risque de réagir.»

Les tensions sociales entre les deux communautés ne sont pas nouvelles selon lui: «En 2005, il y a déjà eu un mort. Ce soir, ce n’est pas sûr, mais il peut y avoir des affrontements. Les anciens appellent au calme mais les jeunes vont vouloir se venger».

«La police ne fait rien»

Devant la petite mosquée de Dudley, une simple maison anglaise typique, une trentaine de personnes sont présentes, dans l’attente. M. Raschid, la soixantaine, le président de l’association cultuelle qui gère la mosquée, appelle au calme: «Les gens sont frustrés. Ils ont prévenus la police depuis plusieurs jours mais elle n’a rien fait.»

Il n‘est pas vraiment surpris des attaques contre la communauté anglo-pakistanaise: «Le centre de Birmingham était trop protégé et les Africains ont toujours été jaloux des Asiatiques. Nous, nous réussissons socialement et professionnellement. Mais j’espère qu’il n’y aura pas d’affrontements ce soir. Nous devons plutôt coopérer avec la police».

Justement, il est 14h30 et il doit se rendre a la réunion avec les autorités locales dans le gymnase d’une école primaire à quelques centaines de mètres de là. On prend son taxi – son vrai métier. On passe devant le commissariat de quartier. Il critique en souriant, désabusé: «C’est le poste de police sans policiers. Le soir, il ferme à 5 heures et après nous sommes seuls».

Le gymnase est comble, deux cents personnes, en très grande majorité des hommes pakistanais. Au premier rang, les anciens, longues barbes et souvent tout de blanc vêtu. Au fond, debout, les jeunes, en jeans et sweat, portant casquettes ou chachias.

Meurtre

Face à eux, quelques policiers et la député locale, Shabana Mahmood. Elle prend la parole, elle dit que justice sera faite, qu’il faut avoir confiance. L’officier en chef Sean Russel, en uniforme, poursuit: «Trois personnes sont mortes hier. Nous n’aurions jamais voulu que cela arrive a notre communauté». Il tente de justifier l’inefficacité de la police: «Nous avions mal évalué la menace. Il y a eu 20 fois plus de troubles que lors d’une nuit normale, c’était un vrai challenge pour nos effectifs». Il semble sincère et ému. La foule se tait, à l’écoute. «Je peux déjà vous assurer que nous considérons que c’est un meurtre et des suspects ont été arrêtés

Applaudissements nourris. La communauté pakistanaise avait peur que cela soit classé comme un accident de la route. L’inspecteur Richard Russel continue: «Les coupables vont connaître le pouvoir de la loi. Ils ne resteront pas impunis.» Applaudissements à nouveau.

Et puis, petit a petit, l’atmosphère change lorsque débutent les questions. La colère remonte, la tension, palpable, explose. Un homme se lève, virulent: «Ou étiez-vous? Pourquoi n’êtes vous pas intervenus?» Un autre: «Nous appelons toujours la police, vous ne venez jamais!» L’officier en chef se défend: «Vous êtes traités comme les autres communautés, je vous l’assure.» Il n’est pas écouté. Un troisième: «Nous avons perdu trois frères cette nuit. Vous ne faites pas votre travail. Quand il y a des émeutes, vos hommes ont peurs de prendre des risques!»

«Qu’allez-vous faire contre les noirs ?»

Les hommes demandent encore et encore s’il y aura vraiment des poursuites, ce que fera la police, pourquoi elle n’a pas agi hier soir. La rumeur dit que l’ambulance a mis du temps à venir car elle a été retardée par les policiers. Les policiers se défendent comme ils peuvent, répétant toujours les mêmes phrases: «60 policiers sont mobilisés, c’est un triple meurtre».

Les gens s’indignent qu’il n’y ait pas déjà d’arrestations. «Ce ne serait pas pareil s’il y avait eu trois morts a Londres», crie l’un. Tonnerre d’applaudissements. Ils sont persuadés que les policiers de la ville sont envoyés ailleurs — pour protéger la capitale ou Manchester. Sean Russel assure le contraire: «Je suis fier de faire partie de la police de Birmingham, nous avons toujours fait notre travail!»

«Que devons-nous faire ce soir?», demandent-ils tous. «Vous devez soutenir la police». «Mais comment?» «Vous devez nous soutenir, nous faire confiance». «Qu’allez vous faire contre les noirs?» insiste un jeune homme, un sikh.

La réunion n’est plus qu’un vaste brouhaha, plus personne ne s’écoute. Des jeunes montrent du doigt les policiers qui demandent le calme. Une représentante de la communauté noire, Sybil Spence, la soixantaine, arrivée au bout d’une heure, tente de prendre la parole. Plusieurs hommes quittent la salle. Son discours est inaudible. Elle cite David Cameron. «Qu’a-t-il fait pour que cela n’arrive pas?», demande la foule.

«Escalade»

L’officier en chef, Sean Russel, optimiste et ferme au départ, plisse le front, visiblement très ennuyé. Un jeune hurle: «C’est la communauté qui a protégé la mosquée hier et qui le fera encore ce soir alors que c’est votre job! Si vous ne faites rien, vous allez voir les musulmans et les sikhs aller dans la rue et finir le travail que vous devriez faire!»

La réunion dure depuis un peu plus de deux heures. Les hommes quittent le gymnase mais restent en nombre dans la petite cour de l’école. Giz Kahn, 28 ans, remonte Dudley Road – ou s’enchaînent les magasins de tapis, les bureaux Western Union et les vendeurs de kebabs – vers le lieu du drame. Il n’est pas très optimiste: «Hier les gens voulaient juste protéger leurs maisons et leurs magasins. Maintenant, l’ambiance est complètement différente. Dans les deux ou trois jours, il peut y avoir des affrontements. Je pense que ca va être l’escalade».

Quelques dizaines de mètres plus loin, le supermarché jamaïcain est toujours ouvert. Cinq ou six personnes d’origine carribéenne se tiennent devant, silencieuses. La nuit tombe, les bobbies sont de plus en plus nombreux. Un homme de la police scientifique frotte le bitume avec un balai pour effacer toute trace du drame.

Quentin Girard Libération

 

Londres : l’insondable péril jeune

Les jeunes sont-ils au cœur des émeutes ? Sans doute, puisque la police londonienne a arrêté un gamin de 11 ans. Mais le premier à plaider coupable, hier, était un homme de 31 ans travaillant comme assistant dans une école primaire. Poursuivi pour s’être trouvé dans un magasin pillé, sans rien voler, il a été relâché en attendant son procès.

Le Highbury Corner Magistrates Court juge ainsi à la chaîne depuis mardi soir, nuit comprise, les centaines de personnes arrêtées lors des trois jours d’émeutes dans la capitale. Deux chambres correctionnelles sont mobilisées ; procureurs, juges et avocats y assurant une sorte de trois-huit. Suivait un étudiant de 19 ans coupable d’avoir piqué deux tee-shirts. Souvent, le dossier de l’accusation tient à peu de choses. Pour le trentenaire jugé hier vers midi, le procureur résume : «On l’a vu sortir d’un magasin qui était l’objet de pillages. Il n’avait pas d’article volé sur lui.» Un second rôle, mais suffisant pour être poursuivi. Cet homme a été relâché en attendant son procès au fond, le 19 septembre, devant une Crown Court, un tribunal qui peut délivrer des peines plus sévères. Et sa liberté a une condition : un couvre-feu. «Vous ne pouvez pas sortir de chez vous entre 19 heures et 7 heures du matin. Vous porterez un bracelet électronique. L’alarme sonnera si vous sortez et vous serez emprisonné», explique le juge.

Portrait-robot. Qu’est-ce qui motive les émeutiers anglais, ceux qui, contrairement à ces prévenus, ont été vraiment actifs ? Comme souvent, un mélange de colère et d’ennui, de provocation et d’opportunisme, une sorte de doigt majeur tendu à toutes les autorités, à commencer par la police, et un hommage à la société de consommation, via les pillages. Au-delà de la jeunesse, majoritaire, il est difficile de dresser un portrait-robot. Hier, le quotidien The Guardian résumait : «Qui fait cela ? Des jeunes venant de quartiers pauvres, mais pas seulement.» D’autant que ce petit monde compte nombre d’opportunistes qui profitent de l’ouverture d’un magasin pour s’offrir un cadeau. «Hé ! Les banquiers piochent bien dans l’argent public quand ils sont en difficulté. Pourquoi nous, on ne pourrait pas se servir ?» rigole un habitant du quartier populaire de Hackney.

Mehmet, 21 ans, qui tient avec son père un «Social Club» à Kingsland Road, a croisé une bande de «60 à 80» émeutiers qui assaillaient lundi soir son quartier de Dalston, après avoir tenté de brûler un bus. «Des jeunes de 15 à 16 ans, parfois moins, dit-il. Ce n’étaient que des gosses ! Ils nous disaient : « Ne vous inquiétez pas, on n’a rien contre vous les Turcs, c’est contre le gouvernement ! »» Ce qui a laissé Mehmet sceptique. D’après lui, il n’y avait pas de grand message politique : «Ils voulaient juste s’amuser, profiter de l’occasion !»

Sur Kingsland Street, ils ont trouvé à qui parler : les commerçants turcs qui s’étaient organisés. «Ils avaient des armes, nous aussi», raconte Mehmet, en tâtant sa barre de fer disposée sous le comptoir. Devant la résistance, la bande s’est vite divisée en petits groupes, puis a disparu : elle ne cherchait pas l’affrontement, ou alors à distance, seulement, en balançant des projectiles sur les flics. Car beaucoup ont surtout envie de se payer la police. De l’humilier comme ils estiment qu’elle les humilie, surtout quand ils sont noirs. Un quadragénaire de Hackney a une explication : «Ces jeunes, les policiers les arrêtent constamment, les fouillent en les traitant de « nègres » et de « salopes ». Ils veulent donc se venger de ce harcèlement.» Et pour eux, se retrouver en position de force constitue un moment jouissif : narguer des forces de l’ordre contraintes à l’impuissance, puis se régaler devant les images de commerces et de voitures en feu qui passent en boucle sur les télés et terrorisent les Londoniens. Une revanche de laissés-pour-compte, maîtres du jeu urbain pour quelques heures.

Contradictions. La presse conservatrice réclame à leur encontre la plus grande sévérité, estimant qu’il n’y a aucune justification à leurs actes. Pour le Times, les émeutes constituent «une honte pour la nation» et la police doit retrouver son «monopole» sur l’usage de la force.

Est-ce la bonne méthode ? Même sans slogans explicites autres que quelques tags «Fuck the pigs» («nique les porcs», la police), les émeutiers expriment une lutte contre le système établi. Jay Kast, 24 ans, travailleur social, a expliqué au Guardian que ce qui les unit, c’est le sentiment d’être «piégés par le système. Ils ne se sentent pas collectivement impliqués dans la société, ils s’en foutent». Parmi eux, Kast a vu des jeunes Noirs, mais aussi «des gamins turcs ou asiatiques, et des adultes blancs». Comment s’adresser à eux ? Un autre travailleur social, de Hackney, ne sait plus : «On nous dit qu’il faut les amener autour d’une table, discuter. Mais ça ne veut rien dire, pour eux, discuter autour d’une table…» Paradoxe : pour un père, «tout ce qu’ils demandent, c’est que quelqu’un les écoute. Pas qu’on leur dise « fais ceci, fais cela ». Ce rôle, les parents doivent le tenir».

Face à ces contradictions, personne ne semble avoir de solution. «Ce n’est pas seulement qu’ils veulent piller, il y a autre chose derrière», assure un animateur. Mais quoi ? Toute la difficulté est de le comprendre. «Le gouvernement doit concentrer ses efforts là-dessus», ajoute-t-il. Mais hier, la priorité de David Cameron, le Premier ministre, était ailleurs : l’urgence d’un retour à l’ordre (lire ci-dessus). Pour traiter les causes profondes, il faudra attendre.

Après une nuit calme, Cameron étend les pouvoirs de la police



Le Premier ministre britannique David Cameron a dévoilé jeudi de nouvelles mesures anti-émeutes, n’excluant pas le recours à l’armée à l’avenir, alors que le pays a connu sa première nuit calme après quatre jours consécutifs de violences.

Devant le Parlement réuni en session extraordinaire, M. Cameron a annoncé des pouvoirs supplémentaires pour les policiers, leur donnant le pouvoir d’enlever foulards, masques et autres cagoules dissimulant le visage des personnes soupçonnées d’activité criminelles. Nombre de pillards, qui ont semé la terreur ces derniers jours dans plusieurs villes d’Angleterre, avaient le visage caché, compliquant leur identification sur les images des caméras de vidéo-surveillance.

Face à ces émeutes, qui ont fait quatre morts, les autorités réfléchissent aussi aux conditions de mise en place d’un couvre-feu, a ajouté le Premier ministre conservateur, qui n’a pas exclu le recours à l’armée à l’avenir. «Ma responsabilité est de veiller à ce qu’on considère toute éventualité, y compris si il y a des tâches que l’armée peut assurer et qui laisserait les mains libres à la police sur la ligne de front», a déclaré M. Cameron qui avait déjà annoncé en début de semaine d’importants renforts de police et le recours possible aux canons à eau.

«Criminalité pure et simple»

Dans un discours ferme, le chef de gouvernement, rentré d’urgence de vacances mardi, a condamné «la criminalité pure et simple» des émeutiers. Il ne s’agit «pas de politique, ni de manifestation, mais de vol», a-t-il estimé. La mort d’un homme, tué par la police la semaine dernière à Londres, a été «utilisée comme excuse par des voyous opportunistes», a-t-il affirmé.

Les émeutiers ont vandalisé de samedi à mercredi de nombreux commerces et incendié des bâtiments dans plusieurs villes d’Angleterre, dont Londres, qui doit accueillir les jeux Olympiques de 2012. «A un an des Jeux, nous devons montrer que la Grande-Bretagne n’est pas un pays qui détruit, mais un pays qui bâtit, qui ne baisse pas les bras, un pays qui fait face, qui ne regarde pas en arrière mais toujours en avant», a estimé M. Cameron.

La facture des violences urbaines dépassera largement le seuil des 225 millions d’euros (321 millions de dollars), selon des chiffres encore provisoires jeudi des assureurs et de groupements professionnels. Le gouvernement a annoncé de son côté la création d’un fonds de 22 millions d’euros (32 millions de dollars) pour venir en aide aux commerçants dont les magasins ont été dévalisés.
Birmingham appelée au calme

Et l’émotion était grande à Birmingham (centre), où trois jeunes hommes qui tentaient de protéger leur quartier des pillards ont été écrasés dans la nuit de mardi à mercredi par une voiture.

En soirée, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le calme, bougies à la main, pour une cérémonie d’hommage. Tariq Jahan, dont le fils Haroon, 21 ans, figure parmi les victimes, a appelé à «respecter la mémoire de nos fils» en mettant fin aux violences.

La police a ouvert une enquête pour meurtre. Elle a arrêté un suspect, un homme de 32 ans.

Un homme de 68 ans, agressé par des jeunes lundi soir en essayant d’éteindre un incendie à Ealing, dans l’ouest de Londres, restait dans un état grave.

Dans les villes touchées par les troubles, les tribunaux continuaient toute la nuit à juger des centaines de personnes interpellées pour violences et pillages.

Plus d’un millier de personnes au total ont été arrêtées dans le pays depuis samedi. A Londres seule, 820 personnes ont été arrêtées et 279 inculpées, a annoncé Scotland Yard.

Pour faire face à l’afflux de personnes à juger, des tribunaux sont restés ouverts pendant la nuit. A la barre se sont notamment succédé un garçon de 11 ans qui a reconnu le vol d’une poubelle d’une valeur de 57 euros (81 dollars) et un aide-maternelle, également accusée de vol, qui a plaidé coupable.

Vingt-quatre heures après une première mise en garde aux fauteurs de troubles, David Cameron est revenu à la charge mercredi, promettant qu’il ne laisserait pas une «culture de la peur s’instaurer dans les rues».

Les policiers seront autorisés à utiliser «toute tactique qu’ils jugent nécessaire», a averti le chef du gouvernement, notamment des canons à eau jusqu’à présent réservés aux troubles en Irlande du Nord.

«Il fallait une riposte et la riposte est en cours», a poursuivi sur un ton très offensif le Premier ministre conservateur, faisant fi des inquiétudes «bidons concernant les droits de l’Homme» après la publication par la police de photos de pilleurs présumés.

Sillonnée par 16.000 policiers, Londres était restée calme mardi soir malgré la tension toujours perceptible.

La nuit de mardi à mercredi avait en revanche été le théâtre de violences et de pillages dans plusieurs autres villes, atteignant pour la première fois Manchester (nord-ouest), la troisième ville du pays, ainsi que Nottingham, Birmingham (centre) et sa banlieue, Liverpool, Salford (nord-ouest), Bristol et Gloucester (sud-ouest).

Compliquant encore la situation, des groupes d’autodéfense se sont constitués à Londres.

 

Crise difficile pour Cameron

Ces émeutes, les plus graves dans le pays depuis plus de vingt ans, constituent sans doute la pire crise à laquelle doit faire face David Cameron en quinze mois de pouvoir.

Déjà en position très délicate au début de l’été à cause du scandale des écoutes et de ses liens avec le groupe de presse de Rupert Murdoch, il a été vivement critiqué pour n’avoir écourté que mardi ses vacances alors que les émeutes faisaient rage depuis trois jours.

Et dans les villes saccagées, des habitants se plaignent que le gouvernement ne parvienne pas à reprendre la situation en main.

L’opposition se garde pour l’instant de jeter de l’huile sur le feu et condamne sans ambiguïtés les violences. Certains travaillistes commencent toutefois à dire que le plan de rigueur du gouvernement, incluant des baisses d’effectifs dans la police, a contribué à faire monter la tension sociale.

Mais selon un sondage diffusé jeudi, seuls 8% des Britanniques pensent que c’est la politique d’austérité qui a entraîné les émeutes. La majorité accuse la criminalité (42%) et la culture des gangs (26%). 5% désignent le chômage, et la même proportion les tensions raciales. Ils sont aussi nombreux à critiquer le gouvernement, accusé d’avoir mal géré la crise (57%).

AFP

 

Voir aussi Rubrique, Grande Bretagne, Crise financière et émeutes de Londres, Nouvelle envolée du chômage chez les jeunes Espagne, Spanish révolution, Irlande les irlandais sanctionnent leur gouvernement libéral, rubrique Mouvement sociaux, Relle democratie revue de presse et Manifeste rubrique Société jeunesse, Jeunes esclaves modernes,

Suivi Fukushima juillet 2011: Il est plus important de limiter les radiations que l’information

L’ingénieur nucléaire américain Arnie Gundersen fait le point sur la contamination radioactive détectée autour de Fukushima et partout dans le Japon.

Les Réacteurs

Emanations radioactives visibles la nuit. Les réacteurs 1, 2, 3 et 4 continuent de relâcher des émissions radioactives. Nous ne les voyons pas durant la journée à cause de la chaleur et de l’humidité. Cependant, durant la nuit, vous pouvez les observer sur les images de la webcam. Les nuages blancs sont de la vapeur qui contiennent des particules et qui s’échappent des réacteurs. Certaines personnes m’ont écrit pour me demander s’il ne s’agissait pas de l’imminence d’une explosion ou d’incendies. Mais il s’agit bien de la vapeur radioactive qui s’échappent des réacteurs .

La plus grande partie des radiations a été relâchée durant les mois de mars et avril 2011. Actuellement, les radiations qui s’échappent sont bien moins importantes que durant les deux premiers mois. Durant les six premières semaines,  95 % des radiations se sont échappées de Fukushima. Cependant, Fukushima va relâcher des radiations pendant encore beaucoup de temps. Les Japonais sont en train de construire de larges tentes qui devraient recouvrir les réacteurs. La première tente est en construction et elle va recouvrir le Réacteur 1. Il en ira de même avec les Réacteurs 2, 3 et 4. Dès septembre, l’objectif de ces tentes est de récupérer la vapeur radioactive et de la traiter.

De plus en plus, l’opérateur doit faire face aux liquides contaminés qui s’infiltrent dans le sous-sol et qui se trouvent sur le site. Mais dans le futur immédiat, il n’y a aucune solution  pour les éliminer.

10 ans pour commencer à extraire le combustible Nucléaire !

Les Japonais annoncent qu’il faudra en tout cas 10 ans pour commencer à extraire le combustible nucléaire.  Actuellement il n’y a aucune technologie qui permet d’enlever ce combustible qui se trouve au fond des bacs de rétentions sous les réacteurs. Le combustible a percé la jupe des réacteurs et se trouve dans les bacs de rétentions. Aux États-Unis, à Three Miles Island, le combustible se trouvait dans le réacteur. Ici, il se trouve sur le sol, sous les réacteurs. Cette situation est totalement nouvelle. Il va falloir ramasser ce combustible liquide hautement radioactif et ce processus pourra durer 10 à 20 ans.

La Contamination Nucléaire

Pour moi, ce qui m’inquiète le plus, ce sont les informations qui proviennent du site. Certains de mes amis biologistes, qui ont travaillé à Tchernobyl, sont allés au Japon pour faire des tests scientifiques. Ils avaient imaginé et anticipé que la situation n’allait pas être bonne. Cette semaine, j’ai reçu un appel téléphonique qui me disait que la situation est vraiment, vraiment mauvaise. Ce sont des scientifiques qui ont l’habitude des radiations. Les conditions qu’ils ont trouvées à Fukushima sont bien pires que ce qu »ils avaient imaginé.

Il y a des évidences qui corroborent leurs recherches. Par exemples, les champignons, à plus de 60 km de la Centrale, contiennent des taux bien supérieurs aux limites fixées par les Japonais. Détail intéressant, ces champignons ont été cultivés à l’intérieur. Comment les champignons cultivés à l’intérieur peuvent-ils dépasser les limites légales de radiations extérieures fixées par le gouvernement?

Un autre exemple vient de la contamination du bétail dans la Préfecture de Fukushima. Tout avait débuté avec 8 vaches, ensuite 40 vaches et maintenant plus de 100 et je suis sûr qu’il va y en avoir encore plus dans le future. Un point intéressant est que les vaches ont été élevées entre 60 et 90 km de la Centrale. Elles montrent des taux de Césium bien au-delà de ce qui peut être approuvé pour la consommation. Quand ces vaches ont été commercialisées, le gouvernement japonais n’avait pas fait de test sur la viande.

La question la plus importante est: comment est-ce que ces vaches ont été contaminées?

Il se trouve que les vaches sont nourries avec du foin de riz. Ce foin, récolté au-delà de 60 km, a été apporté aux paysans qui se trouvaient dans la Préfecture de Fukushima. Cette paille a été contaminée à 500’000 Becquerels par kg. Il s’agit d’une contamination au Césium. Le césium a une demi-vie de 30 ans. Dans 30 ans, la contamination sera toujours de 250’000 Becquerels par kg et dans 60 ans 125’000 Becquerels par kg.

Cela c’est passé à plus de 65 km. Vous vous rappelez que la Commission nucléaire avait demandé une évacuation au-delà de 80 km. Cette situation indique que la NRC avait raison. Le gouvernement japonais aurait dû évacuer sa population à plus de 80 km au lieu des 20 km actuels.

La radiation a dépassé les frontières de la préfecture de Fukushima, mais le Gouvernement ne semble se soucier que des taux dans cette préfecture.

Black Rain – Les Pluies Noires

La dernière chose dont je voudrai parler aujourd’hui est ce qui se passe au-delà de 80 km. Il est très clair qu’avec les mesures radioactives et la paille qui ont été découvertes et relevées qu’il y a des endroits, même au-delà de 80 km qui sont autant contaminés qu’à Tchernobyl.

A Tokyo, j’ai ici une lettre d’un habitant qui a fait analyser le sol d’une cours pour jeux d’enfants. Les résultats montrent qu’il y a 53’000 becquerels par kg à cet endroit. Cette personne était tellement préoccupée qu’elle a été voir le maire de Kashiwa City qui lui a répondu de ne pas s’inquiéter. Nous avons un citoyen qui a payé une étude et qui l’a présentée aux autorités et qui ne peut aller nulle part avec ce gouvernement.

Il y a une autre information qui vient de National Cancer Center Hospital East. Elle se trouve sur leur site internet. Ce document montre que 11 jours après l’accident (mars 24), le niveau de radioactivité à l’extérieur du bâtiment était 30 fois plus élevé qu’à l’intérieur. Il y a eu une déposition sur le sol d’éléments radioactifs. Il s’agit d’un hôpital spécialisé et ils savent comment mesurer la radioactivité.

Le dernier rapport que je veux vous montrer provient d’un e-mail. Chaque jour je reçois un e-mail d’un éminent physicien, le Dr. Saji, ex secrétaire de la Commission de la sécurité nucléaire. Il y a deux jours, il m’a écrit ceci à propos du foin contaminé : Je crois que cela est dû au stockage de la paille à l’air libre lors du passage du panache, et particulièrement durant la première semaine de la «Pluie Noire ». (Black Rain).

« Black Rain »  « Pluie Noire » n’est pas un terme que le Dr. Saji utilise légèrement. Cependant, c’est ce qu’il s’est passé au Japon. Ce que Dr. Sagi mentionne, se sont des nuages de particules radioactives qui ont déposé un peu partout de la radioactivité dans le nord du Japon.

Au lieu de limiter l’information, Il est plus important de limiter les radiations.

Les japonais sont des personnes pleines de ressources et la victoire de l’équipe féminine de foot le montre. Mais ils ont le droit de connaître l’importance du problème auquel ils font face dans le but de faire face de manière correcte. Au lieu de limiter l’information, Il est plus important de limiter les radiations.

Traduit du  site officiel du Dr. Arnie Gundersen:

par Laurent Horvath pour le site 2000 Watts.Org

 

A suivre : La veille de Laurent Horvath l’ économiste spécialisé, fondateur du site 2000watts.org sur lequel il décrypte en continu la catastrophe nucléaire de Fukushima et la course-poursuite des «ouvriers kamikazes» pour éviter le pire. Fukushima fil de l’information

Voir aussi :  Rubrique Japon, Fukishima information et désinformation, Une légende à réinventer, L’accident nucléaire, Multiplication par 90 en trois jour du niveau de césium radioactif, Politique internationale, Fillon et Sarkozy misent sur l’aide de tokyo pour défendre le nucléair civil, rubrique Economie, Nucléair civil:  tour du monde des nouvelles puissances, Rubrique Santé, Manifeste pour l’indépendance de l’OMS, On Line «Areva au cœur du réacteur de Fukushima»

Crise financière et émeutes de Londres : des signaux d’alarme

Le mouvement du Caire

C’est le choc des images : celles de Londres en proie aux pires émeutes de mémoire de Londonien, et celles de la Bourse et de ces visages atterrés de traders sous le choc. Qu’est-ce que ces deux scènes sans rapport apparent nous disent sur notre monde ?

La crise financière et la violence urbaine : le rapprochement est hasardeux, et pourtant, inévitable, ne serait-ce que parce que ces deux sujets se disputent la une des journaux sans qu’il soit aisé de les analyser à chaud.

Le rapprochement, pourtant, s’impose, car réduire les émeutes de Londres, comme le font de nombreux politiciens et journalistes britanniques, à de simples actes criminels, sans prendre en considération le contexte économique et social dans lequel elles se produisent, relève de l’aveuglement. Même si les scènes de pillage, la dégradation gratuite, et la violence sans but évident brouillent le sens et facilitent les analyses réductrices, comme en France en 2005, lors de l’explosion des banlieues.
« Observez et pleurez pour notre avenir »

C’est dans le Daily Telegraph, le vieux quotidien conservateur, pourtant, qu’à côté des éditoriaux « law and order », on trouve cette analyse de Mary Riddell, chroniqueuse du journal :

« Ce n’est pas une coïncidence si les pires violences que Londres a connues en plusieurs décennies se déroulent dans un contexte d’économie mondiale en train de s’effondrer.

Bien que l’épicentre de l’actuelle crise soit dans la zone euro, les gouvernements britanniques successifs se sont employés à cultiver la pauvreté, les inégalités, et l’inhumanité qui sont aujourd’hui exacerbées avec la crise financière.

L’absence de croissance de la Grande-Bretagne n’est pas un sujet de discussion ni même un argument pour accabler George Osborne [le chancelier de l’échiquier ou ministre de l’Economie et des Finances britannique, ndlr], pas plus que notre force de non-travail sans formation, démotivée et sous-éduquée, n’est une variable d’ajustement de notre bilan national.

Observez les équipes de casseurs à l’action dans les rues de nos villes, et pleurez pour notre avenir. La génération perdue s’entraîne pour la guerre. »

Excessif ? Réaction trop émotionnelle sous le coup des images des bâtiments en flamme et de l’« anarchie » qui monte, comme le titrent plusieurs quotidiens ? Toujours plus d’austérité ?

La crise sociale a bon dos pour justifier des pillages insensés, répondent les apôtres de la répression et du « Kärcher » pour régler les problèmes. Mais la répression suffirait-elle pour résoudre la question du chômage massif (en Grande-Bretagne comme dans les quartiers défavorisés de France, comme en Espagne ou en Grèce), l’absence de perspective, des budgets sociaux décroissants, de l’insécurité ?

C’est là que la crise financière et la panique actuelle entrent en jeu. La crise financière, centrée sur la question de la dette et des équilibres budgétaires, pousse tous les gouvernements européens à plus d’austérité, à des réductions de dépenses publiques, à rogner et à diluer le modèle de société bâti dans l’après-guerre.

Comme l’ont joliment exprimé les « indignados » de Madrid, « nous ne sommes pas contre le système, c’est le système qui est anti-nous »…

Ces politiques, présentées comme inévitables pour « rassurer les marchés » et mettre fin à l’« esclavage » de la dette et du déficit, sont perçues par une part croissante de la population, en Europe, comme le prix payé par les pauvres pour un système qui est devenu fou, celui de la finance-reine.

En 2008-2009, les citoyens ont assisté au sauvetage des banques qui avaient participé au système et avaient manqué d’y laisser leur peau ; en 2011, c’est à eux qu’on présente l’addition.

Les émeutes de Londres ne sont pas directement liées aux derniers épisodes de la crise financière, qu’il s’agisse des soubresauts de la zone euro ou de la dégradation de la note de la dette américaine… Mais elles font assurément partie du paysage social d’une Europe ultra-libéralisée et paupérisée (c’est en particulier vrai en Grande-Bretagne après les périodes choc de Thatcher et Blair), en train de subir des électrochocs (Irlande, Portugal, Grèce…) peut-être insupportables.

Les dirigeants politiques européens actuels, concentrés sur l’objectif prioritaire de sauver ce qui peut l’être du système monétaire et de leur crédit, comme ceux qui aspirent à diriger leurs pays demain, auraient tort de négliger les signaux qui sont envoyés par les populations. Sous la forme éminemment sympathique des « indignados » de Madrid, ou sous celle, sinistre, des émeutiers de Londres.

Pierre Haski Rue 89

 

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Pifomètre

Un pouvoir monstrueux

Dans l’instant de chaos et donc de vérité qu’est une crise, il faut remonter aux idées fondatrices. Qu’est-ce que la démocratie ? Un système par lequel le peuple souverain délègue son autorité à ceux qui le représentent et exercent le pouvoir. Pour ces derniers, les échecs se payent cash : les élections sanctionnent les gouvernants et donnent une chance à leurs successeurs. Le coup de tonnerre de la dégradation des Etats-Unis par une agence de notation démontre qu’il y a désormais un pouvoir infiniment supérieur au pouvoir politique.

Un pouvoir capable d’ajouter la défiance à la défiance, de semer la zizanie sur les marchés, de court-circuiter le processus de décision démocratique. Et de contraindre les pays qui passent dans le collimateur à courber l’échine et filer droit. Car, en maîtrisant la chaîne complexe qui permet aux Etats de se procurer de l’argent, les agences de notation disposent ni plus ni moins que d’un pouvoir de vie et de mort. Mais qui les composent ? Comment travaillent-elles ? Quelle idéologie, quelle vision de l’économie sous-tendent leurs décisions ? Au nom de quoi exercent-elles un pouvoir qui est, de fait, politique ? Quelles autorités les sanctionnent quand elles se trompent, comme sur les subprimes, ce poison violent doctement noté AAA mais qui a vérolé l’économie mondiale et précipité la crise ? Comme, encore, sur la dette américaine, dégradée au terme d’une petite erreur d’addition de 2 000 milliards de dollars ! Les agences voudraient être le thermomètre implacable de l’économie. Elles ne sont qu’un pifomètre au pouvoir exorbitant, ayant prospéré depuis trente ans sur le vide, le retrait et l’abandon du terrain par l’autorité publique elle-même. Maintenant que cette dernière est dos au mur, si elle veut éviter que le chaos ne se propage, que les dégradations ne frappent d’autres pays, à coup sûr en Europe – peut-être la France -, la première mesure devrait être de durablement démonétiser ces agences en ne tenant plus compte de leurs oracles. Car ce sont bien les banques centrales qui leur accordent du crédit pour faire fonctionner ce poumon qu’est le circuit du refinancement bancaire : en deçà d’une certaine note, pas d’argent. Depuis la crise de 2008, la BCE, a ponctuellement rompu avec le système : pourquoi ne déclare-t-elle pas qu’elle le fera désormais définitivement ? Quant aux politiques, à défaut d’interdire ces agences ou d’en créer rapidement d’autres capables de briser l’oligopole de Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s, ils doivent prendre conscience que la crise financière débouchera sur la crise démocratique : au moment où les citoyens comprendront que ceux qu’ils ont élus n’ont plus aucun pouvoir sur la réalité.

Nicolas Demorand (Libération)

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Musiques du monde : le plaisir caché de la diversité

José Bel le directeur artistique de Fiest’A Sète "j’ai pu mesurer l’emprise totale de la culture anglo-saxonne"

 

Cette semaine, le plateau de Fiest’A Sète n’a pas eu le temps de refroidir. Les pointures de la world music se sont succédé dans l’antre exceptionnelle du Théâtre de la mer. Ici, c’est pas la cantine. On ne sert jamais de plats réchauffés. Depuis quinze ans, le cuisinier en chef José Bel mitonne une programmation aux petits oignons. Il repère, innove, allie les ingrédients artistiques et culturels. Plutôt humble, l’ancien disquaire connaît son métier sur le bout des ongles. Rester ouvert, écouter, et puiser dans sa culture musicale la meilleure façon d’offrir du bonheur. Sa cuisine est réputée. Fiest’A Sète figure parmi les meilleurs festivals de World de l’hexagone. Il comporte aussi des épices qui éveillent le public à la situation internationale.

« Cela fait partie de notre vocation. Qu’est-ce qu’une programmation de musique du monde si ce n’est une ouverture à d’autres cultures ? En tant que disquaire, j’ai pu mesurer l’emprise totale de la culture anglo-saxonne. Pour la programmation, je pars toujours de la notion de plaisir et de découverte. Dans le prolongement, on élargit sa sensibilité et en prenant plaisir on entrevoit ce qu’il y a derrière la musique. »

L’autre face des festivités

La force des musiques du monde tient en partie à la perception que nous donnent les artistes de leurs contextes de vie. Pour une bonne part des invités, l’environnement est loin d’être apaisé comme le révèle le dernier rapport d’Amnesty International qui tient chaque année un stand dans le cadre du festival. « C’est notre base humaniste. On n’entre pas dans la marchandisation grandissante autour des festivals. En dehors des concerts, il y a aussi Les Tchatches musicales à la médiathèque qui donnent l’occasion d’aller plus loin. » Cette année, le spécialiste des musiques du monde Franck Tenaille y a tenu une passionnante conférence sur le thème « Racines et métissages, les musiques, miroir de la mondialisation ». Vendredi, à l’occasion de la venue du Réunionnais Danyel Waro, défenseur invétéré de la culture créole, le spécialiste des musiques africaines, Philippe Conrath a rappelé que jusqu’en 1981 l’administration française interdisait à la population de jouer du Maloya comme d’en fabriquer les instruments traditionnels.

C’est l’autre face de cette musique festive qui nous enchante qui fait aussi la vigueur de son énergie communicative. La liberté de l’échange culturel n’est toujours pas assurée. Comme en témoigne le problème de visa rencontré cette année par l’artiste congolais Zao. « L’ambassade de France lui donnait rendez-vous le 3 aôut pour un concert programmé le 2 août, explique le directeur José Bel. On a pu résoudre le problème in extremis avec le concours du Réseau zone franche*. » Si les heures de Fiest’A Sète sont belles, elles ne sont pas toujours de tout repos.

Jean-Marie Dinh

* Réseau  français consacré aux musiques du monde, Zone Franche est une organisation transversale qui rassemble toutes les catégories d’acteurs du secteur autour des valeurs relatives à la promotion des diversités culturelles.

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