Pour le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon, la demande du président de la République François Hollande aux syndicats d’accepter des assouplissements en matière de seuils sociaux ne sera acceptée par « aucun militant ».
Ces seuils fixent actuellement des obligations légales aux employeurs à la fois en terme fiscal et en matière de représentation des salariés (par exemple un comité d’entreprise est obligatoire à partir de 50 salariés, un délégué de personnel à partir de 11).
Le Parlement sera saisi faute d’accord
Faute d’accord entre patronat et syndicats, le gouvernement saisira le Parlement, a averti le chef d’État.
« Pour quelqu’un qui nous parle tout le temps de démocratie sociale, de dialogue social, considérer que les droits des salariés à être représentés est un verrou pour la croissance, c’est étonnant », a taclé Thierry Lepaon. Il estime « qu’aucun militant n’est prêt à accepter » des accords qui vont faire « perdre des droits d’intervention et d’action ».
Le numéro un de la CGT ajoute qu’il a commencé à prendre « contact » avec ses homologues « pour faire entendre la voix des salariés », notamment sur ce sujet, sans donner plus de détails.
« Pure Life », la nouvelle marque d’eau de Nestlé a une croissance à deux chiffres. (Crédits : DR)
Une enquête édifiante sur trois continents qui montre comment la multinationale fait main basse sur les ressources en eau pour les vendre au prix fort.
Comment transformer de l’eau en or ? Une entreprise détient la recette: Nestlé, multinationale basée en Suisse, leader mondial de l’agroalimentaire, grâce notamment au commerce de l’eau en bouteille, dont elle possède plus de 70 marques partout dans le monde. Une enquête édifiante.
Pour le président du Conseil d’administration de Nestlé, Peter Brabeck, l’eau, fer de lance d’une stratégie planétaire, peut « garantir encore cent quarante ans de vie » à l’entreprise. Malgré le refus de collaborer opposé par la direction, Res Gehriger et Urs Schnell dévoilent les coulisses de ce marché qui brasse des milliards.
Des États-Unis au Nigeria en passant par le Pakistan, ils explorent les circuits de l’eau en bouteille, mettant en lumière les méthodes parfois expéditives du plus puissant groupe agroalimentaire de la planète. Ils montrent qu’elles reposent sur une question cruciale, objet dans nombre de pays d’un vide juridique dont les avocats et lobbyistes de la firme savent tirer profit : à qui appartient l’eau ?
Bien public, gains privés
À Fryeburg, dans le Maine, un tribunal a autorisé Nestlé à ouvrir une deuxième station de pompage, alors que les habitants s’étaient mobilisés pour tenter d’empêcher ce qu’ils considèrent comme un pillage de leurs ressources collectives.
Dans la première, installée sur un terrain privé, la multinationale paye dix dollars au propriétaire pour 30.000 litres d’eau… Mais si, aux États-Unis, le groupe s’efforce de se concilier les populations en se montrant « bon voisin » (quitte à leur offrir en bouteilles l’eau qui coule de leurs robinets !), il ne prend pas les mêmes gants avec les villageois démunis du Pakistan. Ceux qui, dans la région de Lahore, ont demandé par pétition à pouvoir bénéficier de l’eau pompée sur leur nappe phréatique par l’usine Pure Life, filiale de Nestlé, n’ont pas eu de réponse.
Dans le sillage de Res Gehriger
Cette enquête minutieuse aux images soignées donne la parole à de très nombreux protagonistes sur trois continents, usagers ou militants, adversaires et partisans de Nestlé. Peter Brabeck lui-même y défend avec vigueur son point de vue (éloquent, comme quand il qualifie d' »extrémiste » l’idée que l’eau doit rester un bien public), par le biais de ses nombreuses interventions publiques.
La politique économique de la France, enjeu central de cette rentrée | Reuters / Philippe Wojazer
Au second trimestre 2014, l’Italie est entrée de nouveau en récession et l’activité a stagné en France mais cela a aussi été le cas en Allemagne : les trois principales économies de la zone euro sont à l’arrêt. Toute la zone euro est désormais menacée par la déflation et une stagnation prolongée comme le Japon des années 1990. Six ans après la faillite de Lehman Brothers, Il est plus que temps de prendre (enfin) acte de l’échec total des politiques anticrises engagées en Europe. Depuis 2012, François Hollande a annoncé à maintes reprises sa volonté de réorienter ces politiques, sans jamais passer à l’acte pour l’instant. S’il ne se décide pas à engager enfin cette bataille, c’est la démocratie et l’intégration européenne qui risquent d’être mises à bas.
UN DÉCALAGE USA-EUROPE ABSURDE
Il faut d’abord prendre toute la mesure de l’absurdité de la situation actuelle. Cette crise a été déclenchée par une dérégulation financière particulièrement hasardeuse et les déséquilibres macroéconomiques massifs accumulés outre Atlantique. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont certes très loin d’être tirés d’affaire mais leur économie est repartie : leur PIB devrait excéder cette année de près de 10 % celui de 2008 et le nombre d’emplois proposés aux Américains s’est accru de 1,2 millions depuis lors. A contrario, le PIB de la zone euro n’a toujours pas rattrapé son niveau de 2008 et nous avons perdu 4,8 millions d’emplois en six ans. C’est bien simple : en 2008, la zone euro comptait 3,6 millions d’emplois de plus que les Etats Unis, elle en a désormais 2,4 millions de moins. Pourtant, il n’existe guère d’autre explication que l’obstination dans l’erreur des Européens pour expliquer une telle différence entre les Etats Unis et la zone euro.
Que faire face à ce constat d’échec massif que (presque) plus personne ne conteste ? François Hollande demandait, le 4 aout dernier dans le Monde, à Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), d’injecter davantage d’argent dans le circuit économique. La BCE a pourtant déjà ramené ses taux d’intérêt à 0,15% seulement. Elle a imposé également aux banques une pénalité de 0,1 % sur les dépôts qu’elles laissent chez elle, afin de les inciter à prêter davantage. Elle leur a également déjà fait crédit de mille milliards d’euros à des taux d’intérêt défiant toute concurrence. Contrairement à ce que de nombreux européens croient, elle a injecté en fait à peu près autant d’argent dans le circuit économique que la réserve fédérale américaine. Certes, elle pourrait faire davantage encore et elle devrait d’ailleurs injecter de nouveau 400 milliards d’euros dans l’économie à l’automne. Mais, dans la durée, une telle politique est difficilement défendable : elle consiste en effet à subventionner grassement sur fonds publics le secteur financier… Or cette politique n’est pas non plus très efficace ni sans risques sur le plan économique : dans la mesure où ménages et entreprises restent asphyxiés par une austérité excessive, ils ne font usage que de façon très limitée de cet argent qui coule à flot. Et cette politique monétaire laxiste a surtout pour effet de gonfler à nouveau des bulles spéculatives.
L’EURO SURÉVALUÉ ? PAS ÉVIDENT AVEC 200 MILLIARDS D’EXCÉDENTS
François Hollande souhaitait également faire baisser le taux de change de l’euro. L’euro cher est certes un facteur majeur de déflation puisque les prix des produits importés tendent à diminuer. Mais la zone euro dégage pour l’instant plus de 200 milliards d’euros d’excédents extérieurs par an, soit 2 % de son PIB : difficile dans ces conditions de considérer que la monnaie unique serait surévaluée puisque la baisse de l’euro aurait inévitablement pour conséquence d’augmenter encore cet excédent déjà considérable. Et nos partenaires extérieurs auraient beau jeu de dénoncer, et de combattre, une politique prédatrice de la zone euro vis-à-vis du reste du monde.
Le fond de l’affaire est ailleurs et par voie de conséquences les solutions aussi. S’il y a risque de déflation en Europe c’est d’abord parce que, tous les gouvernements européens, et au premier chef désormais le gouvernement français, mènent eux-mêmes des politiques déflationnistes. Ils ont tous adoptés des politiques budgétaires très restrictives malgré la faiblesse de l’activité. Celles-ci ont non seulement pour conséquence de freiner encore cette activité mais aussi, de ce fait, d’empêcher en réalité le désendettement des Etats : au premier trimestre 2014 un nouveau record de dettes publiques a été battu dans la zone euro et cette dette devrait encore s’accroître, au bas mot, de 320 milliards d’euros cette année. Tandis qu’en France le déficit de l’Etat était, fin juin, de 59,4 milliards d’euros contre 59,3 milliards un an plutôt malgré la hausse des taux de prélèvements et une baisse sensible des dépenses. Quels résultats extraordinaires…
LE MOINS DISANT SOCIAL SOURCE DE DÉFLATION
Mais ce qui nous mène surtout à la déflation, ce sont les politiques des gouvernements européens en matière de coût du travail : ils veulent tous le faire baisser. En théorie pour améliorer la compétitivité de leur économie nationale, mais comme tous leurs voisins font de même, les bénéfices sont en réalité très limités sur ce plan. En revanche l’effet dépressif sur la demande intérieure est, lui, massif puisque le coût du travail c’est aussi le revenu des travailleurs et celui de leur famille via la protection sociale : les ménages ne consomment et n’investissent plus et en conséquence, les entreprises non plus, malgré des profits qui remontent et des taux d’intérêt très bas. Fin 2013, la demande intérieure affichait ainsi un déficit de 370 milliards dans la zone euro par rapport à 2008, une baisse de 4,5 %. Jusqu’ici, la France avait plutôt résisté à s’engager dans cette spirale du moins disant social, mais avec le pacte de responsabilité ce n’est plus le cas : celui-ci est en effet très explicitement et massivement un pacte de déflation.
Pour éviter une stagnation à la japonaise, ce sont donc avant tout ces politiques budgétaires et du coût du travail qu’il faut infléchir d’urgence. Aucune chance compte tenu de la psychorigidité de nos voisins allemands ? Pas sûr. Les Allemands eux-mêmes, dont les exportations hors zone euro sont menacées par la crise ukrainienne et le ralentissement chinois, commencent (enfin) à prendre la mesure des dégâts sur le vieux continent. Sur un plan économique mais aussi sur un plan plus politique avec notamment la montée du Front national qui les inquiète (à juste titre) beaucoup. La meilleure preuve en a été apportée le 30 Juillet dernier par Jens Weidmann, le faucon des faucons de l’austérité qui préside la Bundesbank : il a plaidé pour des hausses de salaire plus importantes en Allemagne ! De plus, en Italie, l’arrivée aux affaires de Matteo Renzi, offre une opportunité d’alliance nouvelle avec les dirigeants de la troisième économie de la zone euro pour bousculer la donne européenne. Depuis 2012, il n’a certes échappé à personne que François Hollande n’avait manifestement aucune intention de prendre des initiatives un tant soit peu ambitieuses au niveau européen. S’il ne se fait pas violence sur ce terrain, il risque fort cependant de finir dans les livres d’histoire au même rayon que Guy Mollet, son peu glorieux prédécesseur à la tête du Parti socialiste.
Guillaume Duval (Rédacteur en chef d’Alternatives économiques)
Selon des résultats partiels, le chef du gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2003, a obtenu près de 52% des voix.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a été élu dimanche président de la République turque dès le premier tour du scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct, ont rapporté les chaînes de télévision.
Le chef du gouvernement islamo-conservateur, 60 ans, au pouvoir depuis 2003, a obtenu près de 52% des voix, contre près de 39% au principal candidat de l’opposition Ekmelettin Ihsanoglu et plus de 9% à celui de la minorité kurde, Selahhatin Demirtas.
Sûr de sa victoire, le favori a voté en début d’après-midi en famille à Istanbul et a répété devant la presse sa volonté de garder les rênes du pays. «Le président élu et le gouvernement élu œuvreront main dans la main», a-t-il dit.
A la manière d’un rouleau-compresseur, le Premier ministre a écrasé la campagne par son charisme et la toute-puissance financière de son Parti de la justice et du développement (AKP) qui n’ont laissé que peu de chance à ses deux rivaux. Le candidat des deux partis de l’opposition social-démocrate et nationaliste, Ekmeleddin Ihsanoglu, un historien réputé de 70 ans qui a dirigé l’Organisation de la coopération islamique (OCI), n’a pu opposer qu’une image de grand-père rassurant mais sans relief.
«La campagne a été injuste, disproportionnée mais nous avons confiance dans le bon sens de notre nation», a déploré Ekmeleddin Ihsanoglu en votant. «Nous allons remporter facilement le premier tour», a-t-il pronostiqué contre tous les sondages.
Répression
Candidat des kurdes, le troisième candidat de ce premier tour, Selahattin Demirtas, un avocat de 41 ans au sourire photogénique, a fait des droits et des libertés sa priorité, mais ne devrait guère mordre au-delà de cette communauté de 15 millions d’âmes.
Paradoxalement, d’Erdogan intervient au terme d’une année politique très difficile pour son camp. En juin 2013, des millions de Turcs ont dénoncé dans les rues sa dérive autoritaire et islamiste. La sévère répression de cette révolte a sérieusement écorné l’image du régime.
L’hiver dernier, c’est un scandale de corruption sans précédent qui a éclaboussé le pouvoir. Erdogan a dénoncé un «complot» de son ex-allié islamiste Fethullah Gülen, avant de purger la police et de museler les réseaux sociaux et la justice.
Mais, même contesté comme jamais, Recep Tayyip Erdogan a remporté les élections locales de mars et reste très populaire dans un pays qu’il a débarrassé de la tutelle de l’armée et dont la majorité religieuse et conservatrice a profité de la forte croissance économique sous son règne.
Environ 400 personnes hier se sont rassemblées dans les rues de Montpellier.
Mobilisation. Nouveau soutien au peuple palestinien hier à Montpellier. Le porte parole de BDS France 34 est l’objet d’une plainte déposée par la fédé PS.
La sixième manifestation en soutien au peuple palestinien a rassemblé environ 400 personnes hier dans les rues de Montpellier, après un mois de conflit, entre le Hamas, retranché dans la bande de Gaza, et l’armée israélienne. Suite au retrait de Gaza des troupes israéliennes mardi le bilan – 1873 Palestiniens tués, dont une importante proportion d’enfants (28%), et 64 soldats israéliens tués et trois civils – ajoute une couche de rancœur et de haine de part et d’autre, plutôt qu’il ne porte à la paix. D’autant que les armes ont recommencé à parler vendredi après une courte trêve.
« Nous répondons à l’appel palestinien Jour de rage ! indique José Luis Moraguès, le porte parole du Comité BDS France 34, Israël avec la complicité de l’Egypte tente de mettre en place un cesser le feux sans aucune négociation sur les raisons de cet arrêt. »
Le déséquilibre des forces armées en présence pourrait laisser à penser que l’arrêt simple des armes pourrait se conclure à la faveur des palestiniens…
« Ce serait ignorer qu’Israël a une nouvelle fois fait régresser le territoire palestinien en termes de conditions de vie, d’infrastructures, et de viabilité économique. Après cette nouvelle agression, la délégation des palestiniens de Gaza ne veux pas revenir à l’état de mort vivant où la plonge Israël. Elle exige la levé du blocus, la vraie libération des prisonniers qu’Israël a relâché pour les remettre aussitôt en prison, une extension des zones de pêche au large de Gaza, l’ouverture d’un port et d’un aéroport. »
BDS France souligne que le gouvernement Fabius était aux abonnés absents pendant trois semaine avant de reconnaître le massacre. Mais il ne se contente pas de mots et demande un blocus des ventes d’armes française à Israël.
Au niveau local le Comité BDS France 34, et le MIB assimilent la plainte nominative contre son porte parole déposé par la fédération socialiste de l’Hérault pour dégradation de biens d’autrui à : « une campagne qui vise la criminalisation du mouvement de solidarité à la Palestine, lancée au plus haut niveau par Hollande et Valls. Quelle interprétation peut-on donner à cette plainte contre un seul homme alors que l’occupation des locaux du PS le 30 juillet à l’appel du MIB 34, du Comité BDS France 34 avait mobilisé 35 personnes dont des représentants du NPA ?»
José Luis Moraguès est convoqué au commissariat central pour audition le 18 août prochain à 15h. Le Comité de BDS France 34, le NPA et le MIB 34 appellent à un rassemblement de soutien à 14h30.