Qui est Tom Price, le ministre de la Santé de Trump qui veut démolir l’Obamacare ?

 Le nouveau ministre de la Santé américain Tom Price, le 30 novembre dernier lors d'un discours à Washington (© Alex Wong/Getty Images/AFP)


Le nouveau ministre de la Santé américain Tom Price, le 30 novembre dernier lors d’un discours à Washington (© Alex Wong/Getty Images/AFP)

Aux Etats-Unis, sa nomination à la tête du ministère ayant le plus gros budget fédéral a surpris les uns, sidéré les autres. Tom Price, nouveau ministre de la Santé, n’est pas seulement un farouche opposant à l’avortement, à la contraception, et aux droits des LGBT, il est aussi l’un des républicains les plus engagés contre Obamacare, qu’il compte abroger. Portrait.

Ce lundi, Donald Trump a été officiellement élu président des Etats-Unis, et il a promis “l’unification” et le “rassemblement” du pays. Pourtant, il a nommé à la tête du ministère de la Santé une personnalité extrêmement clivante, Tom Price. L’année dernière, ce chirurgien orthopédiste de 62 ans a soutenu un pompier licencié après avoir assimilé l’homosexualité à la bestialité et à la pédophilie.

Républicain ultra-conservateur, Tom Price est anti-contraception et anti-avortement. Elu à la Chambre des représentants depuis 2005, il s’est engagé sans relâche contre le contrôle des naissances, mais aussi contre les droits des LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres).  L’Human rights campaignune association américaine luttant pour les droits des homosexuels, lui a donné un score de “zéro” pour son activité au Congrès durant les trois dernières années.

Démanteler Obamacare 

Pendant ses six dernières années au Congrès américain, Tom Price s’est surtout fait remarquer pour sa ferme opposition à Obamacare. Il a été l’un des républicains les plus engagés contre cette réforme de santé, votée en 2010 sous l’impulsion d’Obama et permettant à tous les Américains à souscrire à une assurance santé. Dès mai 2015, Price avait conçu et proposé au Congrès un plan complet de remplacement d’Obamacare.

Nommer Tom Price a la tête du ministère de la Santé est donc un signal sans équivoque lancé par Trump : fidèle à sa promesse de campagne, il compte bien abroger Obamacare. Oublié, le temps où Donald Trump avait concédé réfléchir à conserver deux dispositions d’Obamacare, les jours suivant son élection. Dans un communiqué annonçant la nomination de Tom Price à la tête du ministère de la Santé, Donald Trump s’est ainsi réjoui :

“Price est exceptionnellement qualifié pour mettre en œuvre notre engagement de supprimer et remplacer Obamacare, et d’offrir des soins abordables et accessibles à tous les Américains.”

Premier médecin devenu ministre de la Santé depuis 1993

Si les prises de position de Trump sont aussi indécises qu’imprévisibles, le choix de ses ministres est définitif et sans appel. Et Tom Price ne semble pas prêt au compromis après s’être tant battu au Congrès contre la réforme de santé d’Obama. Permettre aux médecins d’être les plus indépendants possible vis-à-vis du gouvernement fédéral a même été l’une des raisons de son engagement en politique, rappelle le New York Times.

Après avoir été chirurgien orthopédiste pendant plus de vingt ans – et même directeur d’une clinique privée d’Atlanta –, il est ainsi devenu en 1997 sénateur dans son Etat d’adoption, la Géorgie. Une fonction qu’il a exercée jusqu’à être élu au Congrès en 2005, où il a présidé la Commission budgétaire. A ce titre, il n’a cessé de militer pour une refonte du budget américain, sans oublier de porter les revendications de ses collègues de l’American Medical Association. Désormais, Tom Price s’apprête à devenir le premier ministre de la Santé ayant exercé la profession de médecin depuis 1993 et le mandat de George Bush père.

Anti-avortement et anti-contraception

Fervent opposant à l’avortement et à la contraception, il s’ancre très à droite de l’échiquier politique. Il est d’ailleurs l’un des membres du Tea party au Congrès. Si le Comité national pro-life, une association luttant contre l’IVG, lui a donné une note de 100 %, le Planning familial américain lui accorde un score de zéro. Et pour cause, il a plusieurs fois voté contre l’accès à la contraception à la Chambre des représentants, et contre le financement public du Planning familial, la principale organisation américaine offrant des services gynécologiques dans 700 centres à travers le pays.

Selon Tom Price, les subventions accordées au Planning familial n’ont pas lieu d’être. En 2012, il a bien soutenu que toutes les femmes ont les moyens de se procurer des moyens de contraception, même celles aux faibles revenus. Quelques années plus tôt, alors qu’il commençait à peine sa (longue) carrière de parlementaire en 2005, il a défendu une loi proposant de définir l’embryon humain comme une personne humaine dès la conception de “l’œuf”. Si cette loi avait été adoptée, elle aurait rendu illégal tout moyen de contraception pris après le rapport sexuel, comme la pilule du lendemain.

Trump choice for HHS Sec Tom Price rejected that some women can’t get/afford birth control. “Bring me one woman.” https://t.co/r8FNv55lUP

— Beth Reinhard (@bethreinhard) 29 novembre 2016

Théories conspirationnistes

Le combat de Price contre la liberté sexuelle des femmes ne s’arrête pas là. Il est aussi membre de l’Association des docteurs et chirurgiens américains (AAPS), une organisation médicale diffusant notamment des théories conspirationnistes. En 2003, l’AAPS a prétendu que l’avortement augmente le risque du cancer du sein – une affirmation démentie par l’Institut national du cancer. Et en 2008, l’association a clamé que Barack Obama pourrait avoir remporté la présidence des Etats-Unis en hypnotisant ses électeurs.

Déconcertée à l’annonce de la nomination de Price, la Présidente du Planning familial américain Cecile Richards a regretté :

“Price représente une menace grave pour la santé des femmes. Il pourrait faire revenir les [droits des] femmes des décennies en arrière.”

En matière de droit des minorités sexuelles (LGBT), Tom Price ne se distingue pas non plus par son progressisme. L’Human rights campaignune association américaine luttant pour les droits des LGBT, note qu’il a, entre autres, voté contre l’abrogation de la loi interdisant aux LGBT de servir dans l’armée, ou encore contre l’élargissement de la définition des crimes de haine à ceux commis en raison du genre, de l’orientation sexuelle ou du handicap d’un individu.

Price, “complètement inapte au poste de ministre de la Santé”

Et quand le mariage homosexuel a été autorisé en 2015, Tom Price a soutenu que ce n’était “pas seulement un jour triste pour le mariage, mais aussi pour la future destruction de notre système judiciaire d’équilibre des pouvoirs”. 

Trump’s pick for Secretary of Health and Human Services, Tom Price, earned a 0 on @HRC‘s Congressional Scorecards https://t.co/57Pw7CsS8z pic.twitter.com/M5yZkOEShm

— HumanRightsCampaign (@HRC) 14 décembre 2016

Sarah Kate Ellis, présidente de GLAAD, une association de défense des LGBT, s’est exclamée après la nomination de Price :

“Les actes et déclarations passées de Price sur la cause LGBT montrent qu’il ne comprend pas les droits humains les plus fondamentaux et la notion de dignité humaine. […] Ceci le rend complètement inapte au poste de ministre de la Santé.”

Tom Price, “un renard pour garder le poulailler”

Incarnation de la campagne caricaturale de Trump, Tom Price n’est pas un ministre de la Santé capable d’apaisement. “Il est bien loin de ce que veulent la majorité des Américains pour Obamacare, Medicare et le Planning familial, a regretté Chuck Schumer, futur leader de la minorité démocrate au Sénat. Nommer Tom Price ministre de la Santé, c’est comme demander au renard de garder le poulailler.”

Alternate caption: “Wait, he meant it literally?” pic.twitter.com/nz34hU0IZ7

— Matt O’Brien (@ObsoleteDogma) November 29, 2016

Si Price mettait en place son plan de remplacement d’Obamacare, cela priverait de toute couverture santé14 millions d’Américains. Parmi eux, cinq millions sont des électeurs de Trump, d’après les calculs de l’économiste et prix Nobel d’économie Paul Krugman, qui s’est exprimé dans les colonnes du New York Times :

“Des millions de travailleurs et d’électeurs de Trump vont bientôt découvrir ce qu’ils se sont eux-mêmes infligé. Les Blancs issus de la classe ouvrière, qui ont apporté un soutien écrasant à Trump, sont sur le point d’être trahis. Les supporters les plus enthousiastes de Trump seraient parmi les plus grands perdants de la fin de l’Obamacare.”

 

 

Source : Les InRocks 26/12/2016

 

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Résolutions de l’ONU non respectées par Israël

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Au mépris du droit. 1947-2009 : une impunité qui perdure

 

Assemblée générale
(ayant alors fonction d’organe décisionnaire)

Résolution 181 (29 novembre 1947). Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux Etats indépendants, l’un arabe, l’autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies.

Résolution 194 (11 décembre 1948). Les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir « rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins »  ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens « à titre de compensation ». Création de la commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine.

Résolution 302 (8 décembre 1949). Création de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Conseil de sécurité

Résolution 236 (11 juin 1967). Au lendemain de la guerre de juin 1967, le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu et un arrêt immédiat de toutes les activités militaires dans le conflit opposant l’Egypte, la Jordanie et la Syrie à Israël.

Résolution 237 (14 juin 1967). Le Conseil de sécurité demande à Israël d’assurer « la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des zones où des opérations militaires ont eu lieu » et de faciliter le retour des réfugiés.

Résolution 242 (22 novembre 1967). Le Conseil de sécurité condamne l’« acquisition de territoire par la guerre » et demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés ». Il affirme « l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique » de chaque Etat de la région.

Résolution 250 (27 avril 1968). Israël est invité à ne pas organiser le défilé militaire prévu à Jérusalem le 2 mai 1968 considérant que cela aggraverait les « tensions dans la région ».

Résolution 251 (2 mai 1968). Le Conseil de sécurité déplore la tenue du défilé militaire de Jérusalem « au mépris » de la résolution 250.

Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.

Résolution 267 (3 juillet 1969). Le Conseil de sécurité censure « toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem ».

Résolution 340 (25 octobre 1973). A la suite de la guerre de Ramadan ou de Kippour, création de la deuxième Force d’urgence des Nations unies (FUNU-II) qui vise à « superviser le cessez-le-feu entre les forces égyptiennes et israéliennes » et à assurer le « redéploiement » de ces mêmes forces.

Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

Résolution 468 (8 mai 1980). Le Conseil de sécurité déclare « illégales » les expulsions à l’étranger de notables palestiniens de Hébron et de Halhoul par les autorités militaires israéliennes et demande à Israël de les annuler.

Résolution 592 (8 décembre 1986). Le Conseil de sécurité rappelle que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre « est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967 ». Il condamne « l’armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants » de l’université Bir Zeit.

Résolution 605 (22 décembre 1987). Après le déclenchement de la première Intifada, le Conseil de sécurité condamne les pratiques d’Israël « qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens ».

Résolution 607 (5 janvier 1988). Israël doit « s’abstenir d’expulser des civils palestiniens des territoires occupés » et respecter les obligations que lui impose la convention de Genève.

Résolution 608 (14 janvier 1988). Le Conseil de sécurité demande à Israël « d’annuler l’ordre d’expulsion des civils palestiniens et d’assurer le retour immédiat et en toute sécurité » de tous ceux déjà expulsés.

Résolution 636 (6 juillet 1989). Le Conseil de sécurité demande à Israël, en conformité avec ses précédentes résolutions et avec la convention de Genève, de « cesser immédiatement d’expulser d’autres civils palestiniens » et d’assurer le retour en toute sécurité de ceux déjà expulsés.

Résolution 641 (30 août 1989). Le Conseil de sécurité « déplore qu’Israël, puissance occupante, continue d’expulser des civils palestiniens » et lui demande d’assurer le retour de tous les expulsés.

Résolution 672 (12 octobre 1990). Après les violences de l’esplanade des Mosquées – le mont du Temple, le Conseil de sécurité condamne « les actes de violence commis par les forces de sécurité israéliennes » à Al-Haram Al-Charif et dans d’autres lieux saints de Jérusalem et demande à Israël de « s’acquitter scrupuleusement des obligations juridiques et des responsabilités qui lui incombent » vis-à-vis des civils des territoires occupés.

Résolution 673 (24 octobre 1990). Le Conseil de sécurité condamne le refus d’Israël d’appliquer la résolution 672.

Résolution 681 (20 décembre 1990). Israël est sommé d’appliquer la convention de Genève.

Résolution 694 (24 mai 1991). Le Conseil de sécurité déclare que l’expulsion de quatre nouveaux civils palestiniens en mai 1991 par les forces israéliennes constitue une violation de la convention de Genève.

Résolution 799 (18 décembre 1992). Le Conseil de sécurité condamne les quatre cents expulsions de décembre 1992, soulignant qu’elle est contraire aux obligations internationales imposées à Israël par la convention de Genève. Le Conseil réaffirme l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban.

Résolution 904 (18 mars 1994). A la suite du massacre de la mosquée de Hébron, le Conseil de sécurité demande à Israël de prendre les mesures nécessaires « afin de prévenir des actes de violence illégaux de la part des colons israéliens » envers les civils palestiniens.

Résolution 1322 (7 octobre 2000). A la suite du début de la seconde Intifada, le Conseil de sécurité déplore les violences et condamne le « recours à la force excessif contre les Palestiniens ». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève.

Résolution 1397 (12 mars 2002). Le Conseil de sécurité demande la « cessation immédiate de tous les actes de violence, y compris tous les actes de terreur et toutes provocations, incitations et destructions », et réclame la coopération des Israéliens et des Palestiniens visant à la reprise des négociations.

Résolution 1402 (30 mars 2002). Après la réoccupation totale de la Cisjordanie, le Conseil de sécurité demande un cessez-le-feu immédiat et le « retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes ».

Résolution 1405 (19 avril 2002). Le Conseil de sécurité déclare qu’« il est urgent que les organismes médicaux et humanitaires aient accès à la population civile palestinienne ».

Résolution 1435 (24 septembre 2002). Le Conseil de sécurité exige « le retrait rapide des forces d’occupation israéliennes des villes palestiniennes ». Il demande à l’Autorité palestinienne de « faire traduire en justice les auteurs d’actes terroristes ».

Résolution 1515 (19 novembre 2003). Le Conseil de sécurité se déclare « attaché à la vision d’une région dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues », et demande en conséquence aux parties en conflit de s’acquitter des obligations relatives à la « feuille de route » du Quartet.

Résolution 1544 (19 mai 2004). Le Conseil de sécurité demande qu’Israël respecte « les obligations que lui impose le droit humanitaire international » et « l’obligation qui lui est faite de ne pas se livrer aux destructions d’habitations ».

Résolution 1850 (16 décembre 2008). Le Conseil de sécurité soutient le processus d’Annapolis, et demande aux parties de « s’abstenir de toute mesure suceptible d’entamer la confiance » et de ne pas « remettre en cause l’issue des négociations ».

Résolution 1860 (8 janvier 2009). Après l’incursion de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le Conseil de sécurité exige « l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza ». Il demande de ne pas entraver l’entrée des organisations médicales dans Gaza et d’empêcher le trafic illégal d’armes.

Voir aussi : International, rubrique Moyen-Orient, Israël, Dans les Territoires, la spoliation s’accélère,, rubrique Politique, Politique Internationale, rubrique Histoire, rubrique Société Justice,

Le dumping fiscal mine l’Europe : Dublin et Apple font front contre Bruxelles

 La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager. © afp/John Thys

La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager. © afp/John Thys

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, s’est lancée dans un combat difficile contre la fraude fiscale des multinationales. Google, Amazone, Facebook… jouent avec de complexes montages financiers et bénéficient de la complicité active de plusieurs Etats européens. L’Irlande est devenue ainsi le porte-avions des firmes américaines. Une concurrence fiscale qui mine l’Europe.

La surprenante commissaire danoise Margrethe Vestager à précisé les avantages fiscaux indus, assimilables selon elle à des aides d’Etat, accordées par l’Irlande à Apple. Le géant informatique américain avait fait appel en août 2016 de la décision de Bruxelles lui imposant de rembourser 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux pour la période 2003-2014. «De la foutaise politique», avait réagi le patron d’Apple Tim Cook.

L’Irlande : paradis fiscal
De son coté, l’Irlande ne fait rien pour récupérer ces milliards d’euros, malgré une décennie d’austérité budgétaire. Dublin a même fait appel de la décision de Bruxelles, prouvant ainsi qu’elle est un paradis fiscal, niché au cœur de l’Union européenne.

Les services de Magrethe Vestater soupçonnent la firme américaine d’enregistrer en Irlande des bénéfices réalisés en Europe, Afrique, Inde et Moyen-Orient. La firme s’arrange ensuite avec Dublin pour ne soumettre à l’impôt qu’une infime partie de ce montant via un accord fiscal (Rescrit).

— European Commission (@EU_Commission) 19 décembre 2016

Apple a commencé à transférer en Irlande le produit des droits tirés des brevets développés en Californie. Ensuite, grâce à des traités signés entre l’Irlande et certains pays européens, une partie des bénéfices d’Apple peuvent transiter sans impôt par les Pays bas.

Optimisation fiscale ?
Grâce à ce montage, le taux réel d’imposition d’Apple est tombé à 0,06% de 2009 à 2001 et même à 0,005% en 2014, «ce qui signifie moins de 50 euros d’impôts pour chaque million de bénéfices», souligne la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

La firme de Cupertino est à l’origine de cette technique qui consiste à réduire l’impôt en acheminant les bénéfices vers un paradis fiscal, par l’intermédiaire de filiales irlandaises et hollandaises.

On comprend qu’un millier d’entreprises étrangères ont choisi de s’installer dans la verte Irlande, devenue le porte-avions américain en Europe: Google, Twitter, Facebook, Dell, Intel.
Pour Dublin, l’enjeu est aussi de préserver son régime fiscal attractif. Les multinationales emploient aujourd’hui 10% de la population active irlandaise.

En outre, le système de téléchargement d’Apple est basé au Luxembourg. Dès qu’une transaction monétaire est effectuée pour télécharger un film, de la musique ou une application via ce système, la vente est enregistrée au Luxembourg où la fiscalité est très avantageuse.

L’Europe contre l’Europe
La Commission européenne mène également des investigations sur le statut très favorable accordé à McDonald et à Amazon au Luxembourg ou encore à Starbucks aux Pays-Bas.

Une directive européenne anti-évasion fiscale doit en principe être traduite dans les législations nationales avant la fin de 2018. Un pas important, mais les paradis fiscaux existent également aux portes de l’Union europenne. il suffit d’une simple boîte aux lettres dans le minuscule canton de Zoug, près de Zurich, pour diminuer très sensiblement ses impôts. La Suisse a ainsi attiré 24.000 sociétés internationales. Un combat de longue haleine en perspective.

Michel Lachkar

Source Geopolis 21/12/2016

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Rome envisage de mobiliser 20 milliards d’euros pour ses banques

AFP/Archives | Le nouveau chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, le 16 décembre 2016 à Rome

AFP/Archives | Le nouveau chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, le 16 décembre 2016 à Rome

Le nouveau chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni*, a déclaré lundi soir qu’il demandera au parlement national, à titre de précaution, de voter une enveloppe budgétaire de 20 milliards d’euros pour aider les banques en difficultés.

« C’est une mesure de précaution. Nous estimons qu’il est de notre devoir de prendre cette mesure pour sauver l’épargne. Je souhaite que toutes les forces politiques au Parlement partagent cette responsabilité », a déclaré M. Gentiloni à la presse à l’issue d’un conseil des ministres.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Pier Carlo Padoan, a précisé pour sa part que l’impact de cette mesure, si elle se rendait nécessaire, se répercuterait sur le budget 2017.

M. Padoan a lui aussi insisté sur le côté « précaution » de cette mesure et n’a pas voulu commenté l’opposition allemande à ce type d’intervention.

Il a précisé que les 20 milliards d’euros pourront être utilisés pour deux types de mesures: comme « garantie de liquidité » pour rétablir la capacité de financement à moyen et long terme des banques et pour un programme de « renforcement patrimonial » des banques.

Ces mesures pourront être appliquées « à la demande d’un établissement bancaire respectant les conditions » pour une telle intervention.

Cette décision du nouveau gouvernement semble viser en particulier la banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS), le maillon faible du système bancaire italien, dont la fragilité inquiète à travers l’Europe, même si M. Padoan n’a voulu mentionner aucune banque.

La troisième banque italienne et plus vieille de la planète a lancé lundi une augmentation de capital dont elle espère lever jusqu’à 5 milliards d’euros d’ici jeudi.

Un éventuel échec de cette recapitalisation via le marché ouvrirait la voie à un sauvetage public.

BMPS a affiché les pires résultats lors des tests de résistance publiés fin juillet par l’Autorité bancaire européenne (EBA). Ces tests mesurent la capacité d’une banque à résister à des chocs conjoncturels.

L’Etat injecterait des fonds selon une procédure baptisée « recapitalisation préventive ».

Celle-ci impose auparavant une mise à contribution des actionnaires et détenteurs d’obligations subordonnées –via une conversion cette fois forcée des obligations à un niveau beaucoup moins intéressant que celui proposé actuellement.

Source : AFP 19/12/2016

 

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Paolo Gentiloni* : L’ancien ministre des Affaires étrangères italien, Paolo Gentiloni, a été nommé pour succéder à Matteo Renzi à la tête du gouvernement. M. Renzi avait démissionné la semaine dernière suite à son cinglant échec lors du référendum sur la réforme de la Constitution. M. Gentiloni a voulu agir vite pour ne pas faire sombrer son pays dans une énième crise politique, et a quasiment reconduit tous les ministres du gouvernement Renzi. L’homme se pose ainsi dans la continuité de son prédécesseur… Il est notre Européen de la semaine. Son portrait est signé Carlotta Morteo.

Source RFI

Voir aussi : Actualité internationale, rubrique Italie,  rubrique Politique, rubrique UE,

 

Christine. Girl Of Good Fortune

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Christine Lagarde reste directrice du FMI elle ne déposera pas de recours…

Déclarée coupable mais dispensée de peine par la Cour de justice de la République la juridiction d’exception, conçue pour épargner aux politiques les foudres de la justice ordinaire.

 Le conseil d’administration du FMI, qui représente ses 189 Etats membres, n’a pas tardé à honorer ce bel exemple.
Il a fait savoir hier dans un communiqué qu’il « réaffirme sa pleine confiance dans la capacité de la directrice générale de continuer d’assumer ses fonctions efficacement . »
Voir aussi : Actualité internationale, Rubrique Politique, Affaires, rubrique Société, Justice,