Une nouvelle déclaration d’indépendance du cyberespace

En hommage à John Perry Barlow, décédé, Olivier Ertzscheid a écrit une nouvelle version du texte de 1996, devenu emblématique des cyberutopies libertaires.

John Perry Barlow était parolier des Grateful Dead, membre fondateur de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), militant infatigable des libertés numériques, et l’auteur de l’une des pièces majeures du puzzle de la culture web et de l’Internet des pionniers : la déclaration d’indépendance du cyberespace.

«Nous sommes en train de créer un monde où tous peuvent entrer sans privilège et sans être victimes de préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance. Nous sommes en train de créer un monde où n’importe qui, n’importe où, peut exprimer ses croyances, aussi singulières qu’elles soient, sans peur d’être réduit au silence ou à la conformité. Vos concepts légaux de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement, de contexte, ne s’appliquent pas à nous. Ils sont basés sur la matière, et il n’y a pas ici de matière.»

Plus rien dans cet extrait n’est vrai. Et c’est tout le contraire qui s’est mis en place. Mais cela reste comme une petite lumière qui continue de dire où tout cela a commencé, quels rêves étaient alors permis et vers où, peut-être dès demain, recommencer à rêver.

A lire aussi : John Perry Barlow, le Net perd sa connexion libre

Le texte de la déclaration d’indépendance du cyberespace est bien sûr un texte très fort, mais le passage qui m’importe le plus, hormis celui cité plus haut, est un passage qui ne figure pas dans le texte lui-même mais dans son prologue, très peu connu. Quelques lignes dans lesquelles John Perry Barlow explique pourquoi il a eu envie de rédiger cette déclaration. La raison c’est le vote du Telecommunications Act de 1996, signé par «l’autre grand invertébré» (aka Bill Clinton) et qui a poussé John Perry Barlow à faire «acte de résistance». Voilà ensuite ce qu’il écrit dans ce prologue :

«Après tout, le Telecom « Reform » Act, qui est passé au Sénat avec seulement 4 votes contre, rend illégal, et punissable d’une amende de 250 000 dollars, de dire « shit » en ligne. Comme de dire l’un des sept mots interdits dans les médias de diffusion grand public. Ou de discuter d’avortement d’une façon ouverte. […] Cette loi a été mise en œuvre contre nous par des gens qui n’ont pas la moindre idée de qui nous sommes, ni où notre conversation est conduite. C’est, comme l’a dit mon ami et rédacteur en chef de Wired Louis Rosseto, comme si « les analphabètes pouvaient vous dire quoi lire ». Eh bien, qu’ils aillent se faire foutre.»

Aujourd’hui, c’est une autre forme d’analphabétisme algorithmique qui nous dit quoi lire. Eh bien, qu’ils aillent également se faire foutre.

John Perry Barlow est décédé le mercredi 7 février 2018. Il avait 70 ans.

J’ai pris la liberté de tenter de réécrire sa déclaration d’indépendance du cyberespace, dans un cyberespace qui n’est plus que la colonie numérique des grandes plateformes. Un hommage imparfait et maladroit, mais surtout un remerciement pour sa déclaration et son travail.


Déclaration d’indépendance du cyberespace

 

«Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule» Thomas Jefferson, Notes on Virginia

Plateformes aux tons pastel et aux logos colorés, vous géants fatigués aux CGU d’airain et aux algorithmes d’acier, je viens du temps des internets d’avant, où nous n’avions pas de «comptes» mais des pages, où chacun pouvait disposer d’une adresse et n’était pas contraint d’habiter par habitude et par lassitude sous le même grand F bleu qui orne votre jardin fermé, et de vivre dans cette fausse proximité que vous nous avez tant vanté et qui est d’abord une toxique promiscuité.

Au nom du présent que vous avez institué, je vous demande, à vous qui êtes désormais le passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes plus les bienvenus parmi nous. Vous avez trop de souveraineté pour que celle-ci ne soit pas enfin questionnée et abolie.

Comme gouvernance, vous n’avez que des actionnaires que nous n’avons pas élus mais dont les décisions ont aujourd’hui plus de poids que celles des gouvernements élus. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous possédez hélas désormais trop de moyens de nous contraindre que vous n’hésitez plus à utiliser.

Les gouvernements tiennent leur juste pouvoir du consentement de ceux qu’ils gouvernent. Vous n’avez ni sollicité ni reçu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Nous avons eu le tort de croire vos promesses. Mais vous nous connaissez bien trop, vous nous calculez bien trop, et vous voulez bien trop prédire le moindre de nos actes, de nos affects, de nos comportements. Cela ne peut suffire à nous connaître vraiment. L’espace de libre circulation des idées ne se situe pas dans les frontières que vos plateformes ont reconstruites dans le cyberespace. Cet espace est un produit naturel, un commun, et il croît par notre action collective.

Vous épiez désormais l’ensemble de notre grande conversation, et la richesse que vous créez, et le modèle de régie publicitaire sur lequel vous prospérez, sont définitivement et totalement incompatibles avec l’éthique nécessaire à l’échelle des populations que vous touchez et prétendez servir et accompagner. Votre culture n’est pas la nôtre, vos règles tacites suscitent autant d’incompréhension et de désordre que chacune de vos innombrables ingérences.

Vous prétendez qu’il y a chez nous des problèmes que vous devez résoudre. Et qu’il n’existe pas de problème qu’un algorithme ou une application ne soit capable de résoudre. Vous utilisez ce prétexte pour envahir nos vies, nos smartphones, nos foyers, nos amitiés. Beaucoup de ces problèmes n’existent pas. Où il y a des conflits réels, où des dommages sont injustement causés, nous les identifierons et les traiterons avec nos propres moyens. Nous sommes en train de former notre propre contrat social. Cette manière de gouverner émergera selon les conditions de notre monde, pas du vôtre. Notre monde est différent.

Les internets sont faits de transactions, de relations, et de la pensée elle-même, formant comme une onde stationnaire dans la toile de nos communications, dont la neutralité doit être garantie, et ne peut plus l’être par vous. Notre monde est à la fois partout et nulle part, et il est aujourd’hui aussi là où vivent les corps.

Vos plateformes et vos déterminismes calculatoires recréent un monde où sont reconduits tous les privilèges et tous les préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance.

Vos plateformes et vos déterminismes calculatoires recréent un monde où plus personne ne peut exprimer ses croyances, aussi singulières qu’elles soient, sans peur d’être réduit au silence ou à la conformité.

Vos plateformes et vos déterminismes calculatoires redéfinissent à leur seul bénéfice et à ceux de leurs actionnaires les concepts légaux de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement, de contexte, et les appliquent à chacun, en font la norme pour tous.

Nos identités sur les internets ont fini par retrouver la pesanteur des corps, mais vous les avez lestés de tant de kilos inutiles de recommandations, de tant de kilos superflus de suggestions, de tant et tant de tonnes de prescriptions, que tout cela finit par former une contrainte physique et limiter la part de notre libre arbitre. Nous croyons que c’est de l’éthique, de la défense éclairée de l’intérêt propre et de l’intérêt commun, que notre ordre émergera. Que cet ordre ne peut être garanti que par une négociation collective. La seule loi que toutes nos cultures constituantes pourraient reconnaître généralement est la règle d’or [«Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent», NdT]. Nous espérons pouvoir bâtir nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer par le code. Car si le code est la loi, nous n’entendons pas qu’il soit élaboré et appliqué en dehors de tout espace de délibération réellement public et sincèrement commun.

Aux Etats-Unis, vous avez récemment remis en cause le principe de neutralité du Net qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître en nous.

Vous terrifiez désormais vos propres enfants, parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans les frontières que vous placez dans le cyberespace, et parce que chacune de ces frontières arbitraires et soumises aux lois du marché nous contraint à devenir des étrangers pour ceux qui se trouvent de l’autre côté de vos murs de données, là où nos rêves étaient simplement ceux d’une plus grande fraternité. Parce que vous continuez de nous craindre et que nous continuons de tenter de vous échapper, vous confiez à vos algocraties les responsabilités de parents auxquelles vous êtes trop lâches pour faire face. Dans notre monde, tous les sentiments et expressions d’humanité, dégradants ou angéliques, font partie d’un monde unique, sans discontinuité, d’une conversation globale de bits. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui étouffe de l’air où battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, à Singapour, en Italie et aux Etats-Unis, vous essayez de confiner le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières de vos plateformes et de fait vous vous placez vous-même en dehors du cyberespace, même si vous êtes parvenus, par l’entremise d’un capitalisme aussi linguistique que cognitif à aliéner l’essentiel de la liberté et de l’espace dont on imaginait qu’il pourrait un jour être couvert de médias numériques libres et indépendants.

Vos industries de données, de plus en plus totalitaires, se perpétuent en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent décider de la parole elle-même dans le monde entier… Ces lois déclareraient que les idées sont un produit industriel comme un autre, pas plus noble que de la fonte brute… L’art, l’histoire, la vérité des peuples et celle des révolutions, rien n’échappe à l’arbitraire de vos décisions, de vos goûts, de vos propres pudeurs, et par-dessus tout de vos propres intérêts commerciaux et financiers. Dans notre monde, quoi que l’esprit humain crée peut être reproduit et distribué à l’infini pour un coût nul. L’acheminement global de la pensée doit désormais trouver d’autres chemins que celui de vos usines, d’autres ambitions que celles de vos carcans, d’autres légitimités que celles des rentiers et des banquiers de la culture qui sont vos porte-voix autant que vos portefaix.

Ces mesures de plus en plus hostiles et votre colonialité nous placent dans la même situation que ces amoureux de la liberté et de l’autodétermination qui durent rejeter les autorités de pouvoirs éloignés et mal informés. Nous devons déclarer nos personnalités réelles comme virtuelles exemptes de votre souveraineté, même lorsque nous continuons à accepter votre loi pour ce qui est de l’organisation de nos échanges pour préparer votre déchéance. Nous nous répandrons de nouveau à travers la planète, en dehors de vos murs, de façon à ce qu’aucune plateforme ni aucun algorithme ne puissent stopper nos pensées.

Nous recréerons une civilisation de l’esprit dans le cyberespace redevenu ouvert et décentralisé. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde issu de vos ambitions et de vos conditions générales d’utilisation. Nous étions des citoyens endormis, vous avez fait de nous des utilisateurs passifs, nous sommes en train de nous réveiller et nous préparons notre exil.

La Roche-sur-Yon, France, le 7 février 2018.

Olivier Ertszcheid est l’auteur de l’appétit des géants (2017, C&F éditions)

Olivier Ertzscheid Enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes

Texte publié dans Libération en février 2018

Nuit de la lecture dix commandements

6970680322_84c6b496ae_z
A déguster : les dix commandements du plaisir de lire et quelques rendez-vous pour une heureuse  Nuit de la lecture le 20 janvier

L’écrivain Daniel Pennac sera, cette année, le parrain de la Nuit de la lecture qui se déroulera partout en France, dans les bibliothèques et les librairies, le 20 janvier prochain. Dans Comme un roman, son essai sur la lecture, le lauréat du Prix Renaudot a théorisé les dix « Droits imprescriptibles du lecteur » sur lesquels s’appuie, selon lui, le bonheur de lire et qui pourraient sans nul doute servir de manifeste à tous les participants de la Nuit de la lecture.

Ce qu’on retient des préceptes de Pennac

1. Le droit de ne pas lire. Participe au plaisir après l’abstinence.

2. Le droit de sauter des pages. Chacun à son rythme ô lumière rythmées de la lecture.

3. Le droit de ne pas finir un livre. Cela s’inscrit comme une évidence, notamment pour les professionnels.

4. Le droit de relire. Permet de découvrir en fonction de l’humeur des chemins insoupçonnés à première vue.

5. Le droit de lire n’importe quoi. Bien sûr, n’y a -t-il pas beaucoup de n’importe quoi  dans votre existence ?

6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).Auquel on pourrait ajouter la prouesse du suicide par la lecture.

7. Le droit de lire n’importe où. Parfaitement, Joyce lui même y fait allusion avec Léopold dans le quatrième chapitre d’Ulysse, et l’on vous le confirme de l’endroit où l’on vous parle en ce moment…

8. Le droit de grappiller. Concevoir la lecture comme une gourmandise et par conséquent  modifier le rituel sacré apparaît comme une transgression de la divine loi. Pourquoi pas si on peut amener quelques bons bouquins en enfer.

9. Le droit de lire à haute voix. Cela va de soi, d’autant plus dans un monde de sourd qui est le notre. Je veux bien vous le redire quand vous aurez ôté votre casque…

10. Le droit de nous taire. …

Lieux de lectures insolites

Samedi 20 janvier de 19h à minuit, dans l’Hérault la manifestation donnera l’occasion de découvrir ou redécouvrir la richesse des bibliothèques, médiathèques et librairies autour d’animations festives, familiales et ludiques : balades contées sous la lune, présentation d’œuvres musicales et d’applis vidéos littéraires. A Montpellier, La Médiathèque Emile Zola propose une visite décalée à  15h30 et à 16H30 avec la compagnie BAO l’occasion d’une petite balade pour découvrir avec humour les espaces étonnants et les services les plus fous de ce magnifique bâtiment. Au même endroit à 16H30 aura lieu l’inauguration de l’exposition “ Histoires de livres “ et rencontre avec Sylvie Goussopoulos, Michel Descossy et Jean-Claude Carrière (sous réserve). Hall, rez-de-chaussée. A Lunel Le Musée Médard a préparé un riche programme en compagnie de différend acteurs du livre sur la ville . De 17h 30 à 18h30, la librairie AB accueille les Amis du  musée pour une lecture de nouvelles. A 20h retour au musée pour le concert Le Carnaval des Oiseaux.

Les belles idées ne manquent pas. Un seul regret, pourquoi éteindre la lumière si tôt ?

JMDH

Source : La Marseillaise 19/01/2018

Voir aussi : Actualité France, Actualité locale, Lecture, Littérature, Montpellier,

Culture. Temps forts 2017 et influence durable de la création en Languedoc-Roussillon

Baba Zula soirée Balkans Express Fiest' A Sète

Un coup d’œil en Languedoc sur une riche année en dépit de la crise, merci aux artistes sans lesquels nous serions bien pauvres.

 

Janvier

Begin the Beguine, écrite en 1987, la dernière pièce du cinéaste culte John Cassavetes a été montée par Jan Lauwers dans une première version au Burgtheater de Vienne. A l’invitation de la fondation Cassavetes de N.Y. Le directeur du CDN de Montpellier Rodrigo Garcia reconduit cette invitation en proposant au metteur en scène flamand de créer une nouvelle version de ce texte peu connu où s’expose la vie déchue des hommes seuls.

Nicolas Bourriaud en charge du futur Centre d’art contemporain de Montpellier lance à La Panacée le premier cycle d’expositions. Avec Retour sur Mulholland Drive, on explore l’univers lynchien sous toutes les coutures une vingtaine d’artistes insufflent une puissance d’évocation singulière.

Dans Opus 14, le hip hop est graphique, spectaculaire et virtuose. Les danseurs apprennent à faire du sol un véritable partenaire. Au Théâtre de Sète Kader Attou écrit une des pièces charnières de l’histoire du hip hop français de création !

Février

Camille de Toledo s’empare du drame d’Utøya où Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien d’extrême droite débarque sur l’île pour décimer des dizaines de jeunes militants. Un mythe obscur où la crise politique contemporaine et ses répercussions sociales s’exposent sur la scène du théâtre universitaire La Vignette.

A Nîmes, le Théâtre Christian-Liger reçoit Ubu Roi Vrout par la cie Les Lubies qui donne un supplément de folie à un texte piquant et déjanté .

A Sète l’artiste Nicolas Fenouillat investit le Crac (Centre régional d’art contemporain) avec trois propositions où l’art contemporain agrège l’univers musical.

Nicolas Fenouillat ou le retour des héros contemporains. photo dr

Nicolas Fenouillat ou le retour des héros contemporains. photo dr

Mars

Après une année d’incertitude, le conseil départemental de l’Hérault et la métropole de Montpellier signent un accord garantissant le maintien des festivals du Domaine d’O. Au-delà du calendrier politique, l’ambition culturelle demeure une priorité dans l’Hérault et à Montpellier. Ce qui constitue un véritable atout pour les territoires et leur développement.

Le Festival de cinéma Itinérances d’Alès est à l’initiative d’une riche série d’expositions à l’occasion de sa 35e édition. On y découvre 14-18 vue par la BD.

Concert légendaire de Magma au Sonambule à Gignac.

Avril

Opéra participatif pour petits et grands sous la direction de Jérôme Pillement, mise en scène Marie Ève Signeyrole. En forme de fresque mythologique, Le Monstre du Labyrinthe revisite de manière libre le mythe de Thésée à l’Opéra Berloz de Montpellier.

Au moment où notre société s’interroge sur le « vivre ensemble », le dernier Par du Centre chorégraphique national ICI : questionne l’engagement politique et citoyen des jeunes générations. Le jeune chorégraphe syrien Mithkal Alzghair, propose un club de danse.

Pour l’exposition Mirabilia La Maison des Consuls se transforme en cabinet de curiosités contemporain aux Matelles.

Quartier Croix d’argent, à Montpellier, la onzième Zone artistique temporaire (ZAT) confirme son succès en rassemblant dans Parc Montcalm la population dans toute sa diversité autour de propositions artistiques innovantes.

Myra Le monstre du labyrinthe

Myra Le monstre du labyrinthe

Mai

La 32e édition de La Comédie du livre met la Grèce et l’ensemble de la Méditerranée à l’honneur. La programmation sculpte dans la matière littéraire et reste en veille sur les écritures émergentes. Pour cette 12e édition, le Festival Arabesques, célèbre à Montpellier les grandes dames du monde arabe d’hier et d’aujourd’hui.

Juin

Ariane Mnouchkine ouvre Le Printemps des Comédiens avec Une chambre en Inde. La 31e édition du festival interroge le monde. Roméo Castellucci y donne son dernier spectacle Democracy in America

Pour ses vingt ans, le Festival International du Roman noir de Frontignan enclenche une fiesta du polar autour du chiffre 20.

Le capitaine du Pavillon noir Angelin Preljocaj, pose une ancre new-yorkaise au 37e Festival Montpellier Danse qui déroule une riche programmation dédiée à la danse contemporaine

" Angelin Preljocaj "La Stavaganza"

 » Angelin Preljocaj « La Stavaganza »

Juillet

A l’occasion des dix ans de la réouverture du musée Fabre et des 40 ans du Centre Pompidou, Montpellier accueille un choc artistique inédit entre Françis Bacon et Bruce Nauman.

Impressions fortes, l’estampe en 100 chefs d’œuvre, l’exposition d’été du Musée de Lodève se glisse sur les pas de l’étonnante histoire de cet art multiple.

La 33e édition du Festival de Radio France Montpellier Occitanie invite l’ensemble des radios publiques à se pencher sur le thème des Révolutions, en particulier celle de 1917.

L’exposition William Gedney prolonge la saison américaine du Pavillon Populaire avec une ouverture sur la photographie documentaire de 1955 à 1984.

Au festival de poésie de Sète, la regrettée Syrienne Fadwa Suleimane enflamme le public de Voix Vives qui fête sa 20e année.

 

Kentucky, 1964 et 1972.  William Gedney

Kentucky, 1964 et 1972. William Gedney

Août

L’édition 2017 de Fiest’A Sète fait la part belle à la musique africaine avec un mémorable tribute to Fela Kuti réunissant Roy Ayers Seun Kuti ou encore les concerts de Joe Bataan, et des sénégalais de Orchestra Baobab .

Le Festival Barjac m’enchante, rend hommage à l’œuvre du poète chanteur Jean Vasca.

Septembre

Les amoureux des livres et de la lecture de l’Ouest héraultais se retrouvent à Béziers, SortieOuest pour la 10e édition des Chapiteaux du livre.

A Sète, Les Journées Paul-Valéry permettent de découvrir l’ensemble de la correspondance échangée entre Valéry et Mallarmé publiée chez Fata Morgana.

Octobre

Le chorégraphe Boris Charmatz ouvre la saison de Montpellier danse avec sa pièce Danse la nuit. Une proposition insolite et risquée, conçue pour être donnée de nuit dans la rue.

Le Cinemed 2017 invite la jeune garde du cinéma algérien à se retrouver au Corum pour débattre du présent et de l’avenir.

Novembre

Prenez garde à Fassbinder ! est la 1ère création mise en scène par Jacques Allaire d’un travail au long court mené par trois metteurs en scène avec une compagnie professionnelles en situation de handicap. Au chai de la Bulle Bleue.

Décembre

A l’Arena s’ouvre Art Montpellier, la première édition de la Foire méditerranéenne des arts contemporains.

Au même endroit se tient la seconde édition de I love Techno Europe avec des artistes reconnus de Jeff Mills à Étienne de Crécy.

Foire méditerranéenne des arts contemporains

Foire méditerranéenne des arts contemporains

JMDH

Source La Marseillaise 29/12/2017

Voir aussi ;  Rubrique Théâtre, rubrique Festival, rubrique Cinéma, rubrique Artrubrique Photo, rubrique Danse, rubrique Exposition, rubrique Livres, Littératures, rubrique Musique, rubrique Politique culturelle,

Retros Culture Hérault 2015 Rétrospective #2, Retro Arts et culture 2016,

James Baldwin et l’invention du « Nègre »

I Am Not Your Negro, de James Baldwin et Raoul Peck, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan, Robert Laffont/Velvet Film, 144 p., 17 €.

I Am Not Your Negro, de James Baldwin et Raoul Peck, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Furlan, Robert Laffont/Velvet Film, 144 p., 17 €.

Le verbe de l’écrivain américain, mort il y a trente ans, se déploie dans « I Am Not Your Negro », issu du film de Raoul Peck. Christiane Taubira l’a entendu.

ls sont six autour d’un journaliste et d’une table ronde : trois Afro-Américains et trois Américains blancs. Symétrie fortuite ou délibérée. L’écrivaine Toni Morrison observera plus tard que « dans ce pays, Américain signifie Blanc, toute autre personne a besoin d’un trait d’union » (par exemple : Afro-Américain, Sino-Américain, Italo-Américain, etc.). Ce soir-là, aux côtés de James Baldwin (1924-1987) se tiennent Marlon Brando, Joseph Mankiewicz, Harry Belafonte, Sydney Poitier et… Charlton Heston. Nous sommes le 28 août 1963, cent ans après la Proclamation d’émancipation des esclaves, publiée au mitan de la guerre de Sécession. Les grandes figures de résistance à l’esclavage et de la Civil War, Harriet Tubman, Crispus Attucks, Edward Hector, Austin Dabney, Lemuel Haynes… sont encore peu connues.

Ce mois d’août 1963 est fébrile. Plusieurs organisations ont appelé à marcher sur Washington pour l’emploi et la liberté, « jobs and freedom. NOW ! ». Martin Luther King en est le leader incontesté. Trois ans plus tôt, Abbey Lincoln et Max Roach ont maçonné cet album de jazz crissant, We Insist ! Freedom Now Suite. Aux premiers rangs de la foule immense et ardente qui ondule sur le mall du Lincoln Memorial, ces six-là, de Belafonte à Brando, désignés avec ou sans trait d’union, solidaires, ont choisi de croire au rêve que, dans une fulgurance clairvoyante et généreuse, Mahalia Jackson a demandé au pasteur King de partager avec cet essaim vibrant. « I have a dream. » Mais ils insistent, c’est « NOW ! » L’émission, qui a tourné autour de « Negro question, Negro problem », touche à sa fin. Baldwin est invité à conclure. « I’m not a Negro. I never called myself one. » (« Je ne suis pas un Nègre,…

suite de l’article

Source Le Monde des livres 29/11/2017

Sortir de soi à sortieOuest

Robert Bouvier dans François d’Assise de Joseph Delteil  Crédit Photo dr

Saison à Béziers
Au Domaine culturel de Bessan l’affaire fut assez compliquée mais le dénouement ouvre sur une nouvelle saison  de  sortieOuest à déguster sans modération.

A l’occasion des  Chapiteaux du livre, le directeur artistique de L’Epic Hérault culture, Jean Varela a levé le voile sur la saison 2017/2018 de sortieOuest. L’aventure continue donc et reprend non sans jubilation après une période de dépression atmosphérique.

La saison débute ce dimanche avec une proposition musicale ancrée s’il en est, dans le territoire. L’orchestre de Pays Haut-Languedoc et Vignobles, 60 instrumentistes renforcé par 75 choristes issue des villages et villes alentour interprétera, Un pays pour Laura  composée par Joël Drouin, sur un texte de Jean Tuffou.

Laura qui débarque en Occitanie pour ses études découvre le territoire en musique et chansons. Elle y croise des Cathares et des troubadours, empruntant les chemins des chants traditionnels, les routes du blues et les places du rap et du slam.

La saison théâtre s’ouvre le 10 nov au Café Mounis de Graissessac , avant de rejoindre Béziers les 14 et 15 nov, avec une grande expression théâtrale, celle de François d’Assise de Delteil, interprété par le comédien Robert Bouvier et mis en scène par Adel Hakim.

A ne pas manquer Le Quatrième mur mis en scène par Julien Bouffier qui rejoint pour ce spectacle la fiction quasi situationniste  de Sorj Chalandon en allant chercher une partie de ses acteurs au Liban. Il est question de monter Antigone d’Anouilh avec des  acteurs de tous les camps en pleine guerre civile. Les 12 et 13 oct à sortieOuest.

A suivre prochainement au même endroit, le festival Européen du film d’éducation le 9 nov avec les CEMEA, et un hommage à Monk les 10 et 11 nov, le tout à 40 mn chrono de Montpellier.

Programme complet : www.sortieouest.fr

Source La Marseillaise 30/09/2017

 

LE THÉÂTRE DE TOILE SE CONSOLIDE 

Kleber Mesquida souffle les bougies pour les 10 ans des Chapiteaux du livre

Kleber Mesquida célèbre les dix ans des Chapiteaux du livre

Béziers SortieOuest

A l’occasion de  la présentation de la saison du théâtre par Jean Varela,  le président du conseil départemental, Kléber Mesquida  annonce des perspectives pour le domaine culturel et son territoire.

Le sens émerge au fil de l’action. C’est du moins ce qu’a pu se dire le public nombreux et fidèle venu découvrir la saison 2017/2018 de sortieOuest jeudi soir à Béziers. Présenté dans le cadre des Chapiteaux du livre, entre la visite de la pré-exposition Nous et les autres – Des préjugés au racisme – qui inaugure un cycle de trois ans en partenariat avec le Musée de l’Homme, et une conférence de Raphael Glucksmann sur l’histoire cosmopolite française, le moment fut lyrique et rassurant.

Attendu comme une figure républicaine après sa nomination à la direction artistique de l’Epic Hérault culture, le fils du pays, Jean Varela ne s’est pas fait prier pour entrer dans l’habit. Au côté du président Kléber Mesquida et de Renaud Calvat, il a levé le voile sur la programmation partageant, avec la verve qu’on lui connaît, sa passion pour la langue, la musique, et le sens de l’action publique. La délectation était d’autant plus prégnante dans les rangs du public quelle met un point en forme d’happy-end à une cruelle période d’incertitude.

Lui succédant à la tribune Kléber Mesquida n’a pas failli à son rôle. Plus pragmatique, il est revenu sur l’épisode nébuleux de l’année 2016, à la source d’une mobilisation tenace du public pour la défense du lieux et des équipes.

« Malgré les contraintes nous avons sanctuarisé le budget de la culture, a-t-il précisé, Dans le transfert de compétence à la Métropole, j’ai tenu jusqu’au bout, et notamment à verser des financements ciblés sur les festivals. Ce qui signifie que si pour une raison quelconque ils n’étaient pas maintenus, nous redistribuerions les budgets sur le territoire départementale. » Kléber Mesquida à par ailleurs annoncé la construction d’un nouveau chapiteau en matériel dur, d’une capacité de 450 à 500 places et la transformation du chapiteau actuel en théâtre de plein air d’une capacité de 900 à 1 000 places.

Si elles font le bonheur des marchands de chaussures, en terre biterroise, les velléités culturelles du président de la Métropole montpelliéraine laissent pour le moins sceptiques, ce qui n’a pas échappé au président du conseil départemental qui opère un déplacement des investissements géopolitiques.

JMDH

Source La Marseillaise 23/09/2017

Voir aussi : Actualité Locale, Rubrique Théâtre sortieOuest un théâtre de toile et d’étoiles reconnu et défendu, Dossier. Théâtre en péril, fin d’un modèle à Montpellier et dans l’Hérault, rubrique Politique, Politique culturelle, rubrique , Livre, Chapiteaux du livre Essais, rubrique Rencontre, F Worms : « La démocratie fait émerger des problèmes à résoudre »