Fréderic-Jacques Temple : « Pour moi, le monde continue à être merveilleux et terrible »

« Je me suis toujours intéressé aux oiseaux, j’ai fait collection de coquillages, tout cela me permettait d’avoir une vision différente... »

« Je me suis toujours intéressé aux oiseaux, j’ai fait collection de coquillages, tout cela me permettait d’avoir une vision différente… » Photo dr

Fréderic-Jacques Temple est né en août 1921 à Montpellier, il vit aujourd’hui dans un petit village du Gard. A l’occasion de la publication de «Divagabondages», une invitation au voyage et aux rencontres artistiques orchestrée par le poète entre 1945 et 2017, l’homme du Midi nous ouvre sa porte pour partager la mystérieuse clarté de sa mémoire, et celle de la jeunesse d’esprit qu’il conserve à 97 ans.

 

A la lecture de cette échappée passionnante transcrite dans «Divagabondages», on se demande avec quels yeux vous regardez votre jeunesse et avec quel regard vous observez le monde aujourd’hui ?

Des épreuves que j’ai affrontées autrefois, j’ai le souvenir du pensionnat qui constitue une partie de ma jeunesse, et surtout de la guerre. Mais comme je suis très individualiste, et que je vis dans le présent, pour moi, le monde continue à être merveilleux et terrible en même temps. Merveilleux, parce qu’on peut s’abstraire des politiques, par exemple, pour se replonger dans la nature, dans le monde animal, végétal. J’ai fait beaucoup d’herbiers quand j’étais enfant. Je me suis toujours intéressé aux oiseaux. J’ai fait collection de coquillages. Tout cela me permettait d’avoir du monde une vision différente de ce que l’on peut lire dans les journaux, regarder à la télévision ou écouter à la radio. Donc le monde, eh bien, j’espère qu’il me survivra.

A la source de votre pays intérieur, il y a l’enfance à Montpellier que vous évoquez dans votre roman «L’Enclos». Qu’elles ont été vos premières lectures ?

Quand j’étais pensionnaire, le jeudi et le samedi on ouvrait une armoire où se trouvaient beaucoup de livres. C’est ainsi que j’ai commencé à lire d’abord les grands mythes, L’Iliyade et L’Odyssée, La guerre des Gaules, Cyropédie de Xénophon, et puis Jack London, Fenimore Cooper, qui fut pour moi très important. En même temps, je lisais Atala de Chateaubriand, Jules Verne, beaucoup de romanciers et pas de poète… Si, j’aimais beaucoup Villon, et Charles d’Orléans, qui étaient les seuls poètes que je connaissais hormis ceux que l’on étudiait à l’école, Lamartine, Vigny que j’ai moins aimés après. Ce sont les London Cooper, Verne, Conrad, qui m’ont donné le goût d’écrire, mais d’écrire de la poésie.

Et peut-être aussi le goût du voyage…

Bien entendu. Lorsque je suis allé aux Etats-Unis pour la première fois, je me suis dit : tu vas voir vraiment maintenant, si tes lectures ne t’ont pas trompé. Et ce n’est pas la Général Motors que je suis allé visité, c’est la grande prairie, sur les traces des épopées du général Custer, des indiens des plaines, des trappeurs… Avec l’idée d’y retrouver mes livres sur place.

Quelle place occupe l’influence du dehors, celle des années 20, la sortie de la Grande guerre que l’on s’efforce d’oublier en se divertissant, la France américanophile qui s’ouvre ?

C’était une époque assez merveilleuse. On sortait à peine du cinéma muet, Le Kid de Chaplin est sorti l’année de ma naissance. On traversait l’Atlantique en avion. Mermoz, Saint-Exupéry… C’était extraordinaire. C’est par ailleurs une époque où la guerre de 14-18 a été mythifiée, la grande hécatombe, la dernière guerre moyenâgeuse… A l’issue de la Seconde guerre mondiale on s’est aperçu que la Grande guerre gardait son importance. On a écrit beaucoup de livres, on a fait des films, des peintures. On peut constater que la deuxième guerre mondiale n’a pas donnée lieu à ce genre de chose.

Pourquoi ? Parce que ce n’était plus la guerre mais un génocide. L’horreur, les camps de concentration, les incinérations… C’était tout à fait autre chose. C’était vraiment comme la fin du monde. Je crois que la Première guerre mondiale restera maintenant dans les mémoires, même de ceux qui ne l’ont pas vécue. Ce qui est mon cas. Mais mon père m’en parlait, ainsi que mon oncle. J’ai été nourri des souvenirs de ceux qui l’avaient faite.

Et vous avez forgé vos propres souvenirs avec le corps expéditionnaire français lors de la campagne d’Italie…

Pour moi, c’est une des grandes affaires de ma vie. Je n’ai pas écrit pendant cette période. Entre 43 et 46, je n’ai jamais pensé à autre chose qu’à la guerre. A la fin, après ma démobilisation j’ai pensé à m’exprimer pour qu’il existe un souvenir et pour me soulager un petit peu des souffrances de la guerre.

Quel regard aviez-vous sur les positionnements très différents qu’ont pu prendre des auteurs comme Eluard, Aragon, Char, Jaccottet et d’autres, plus timides, comme Sartre, Claudel ou Cocteau ?

Tout cela, je l’ai appris après. Si j’étais resté en métropole, comme on disait autrefois, cela aurait sans doute été différent. Les gens qui ont fait la résistance à l’intérieur de l’Hexagone avaient un autre point de vue. Ils étaient très politisés. Tandis que les soldats ne sont pas politisés. Ils pensent simplement que le lendemain, ils ne seront plus là.

Avant de vivre cette sombre expérience, à Alger vous faites la rencontre d’Edmond Charlot, personnage clé de la littérature française, et important pour vous. Dans quel cadre se produit cette rencontre ?

Quand je suis arrivé à Alger sur les recommandations de Michel Seuphor, un grand critique de l’art abstrait qui était l’ami de Mondrian, j’étais allé voir Max-Paul Fouchet qui dirigeait la revue Fontaine, pour lui montrer quelques poèmes que j’avais commencé à écrire. Fouchet m’a dit : «Allez voir Charlot, c’est un ami de Camus». Ce que j’ai fait. C’était un type très sympathique. A cette époque, j’ai rencontré à la librairie Les Vraies richesses, des gens comme Robiès, Claude de Fréminville…Tous les écrivains en puissance que Charlot a mis en selle en quelque sorte. On a sympathisé et quand je suis parti à la guerre, je lui ai laissé quelques poèmes. Lorsque j’ai été démobilisé en 1946, j’ai reçu un recueil de ces poèmes qu’il avait édité. C’était mon premier éditeur.

à suivre…

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Source : La Marseillaise

Voir aussi : Rubrique Littérature, rubrique Rencontre,

De la fenêtre juste après la neige

L’écrivaine turque Oya Baydar fait résonner le conflit qui déchire la Turquie dans son nouveau roman, « Dialogue sous les remparts ».

OYA-BAYDAR

9782752911414-8fc22L’intellectuelle turque Oya Baydar, militante marxiste dans sa jeunesse, sociologue puis journaliste, revient sur ses combats politiques et littéraires. Son roman Dialogue sous les remparts fait entendre le tête à tête de deux figures que l’on pense irréconciliables, celle d’une femme kurde et d’une autre, turque. Ces deux femmes, font entendre leurs voix qui s’opposent, mais cherchent à se comprendre, dans Diyarbakir en ruine.

Diyarbakir, la  capitale du Kurdistan turc, aujourd’hui, sur les remparts de la forteresse antique de Sur la neige tombe. Lente, douce et tranquille, le temps d’un examen de conscience. Oya Baydar glisse son regard entre les flocons.Un livre témoignage sur la réalité et l’aveuglement, loin du bruit et de la fureur de la guerre, en surgit. Une réflexion posée furtivement sur le blanc manteau, avant que de nouvelles traces de violence, qui en appelleront d’autres, viennent le souiller.

Contre le fracas d’un présent qui se poursuit aujourd’hui avec l’offensive turque en cours dans l’enclave kurde syrienne d’Afrin. Et il y a peu, dans les zones kurdes du sud-est de l’Anatolie où des centaines de Kurdes perdirent la vie. Après la rupture du dialogue en 2015, les villes furent détruites. Sur occupé par l’homme depuis presque dix mille ans est désormais un champ de ruine.

Dialoguant avec une mystérieuse interlocutrice, Oya Baydar, figure majeure de la littérature turque, revient sur une vie de luttes dont la tragédie kurde contemporaine est l’ultime chapitre. Le choix de ces dialogues démontre, malgré les profondes rancoeurs, que deux individus s’opposant ne sont pas en situation de guerre.

« Il y a une faute avec laquelle nous n’avons pas réglé nos comptes, une dette dont nous ne nous sommes pas acquittés. Cette faute n’est celle de personnes en particulier, ce n’est pas nous qui l’avons commise, ce ne sont pas les peuples, les réels auteurs du délit en ont rejeté le fardeau sur nos épaules

Entre Lévinas « L’état de guerre suspend la morale » et Diderot pour qui la guerre est « une maladie convulsive et violente du corps politique » avec ce roman, Oya Baydar, puise sa force littéraire dans un puits d’absolu, « c’était une façon de m’affronter moi-même. »

JMDH


Dialogues sous les remparts, 15 euros, Editions Phébus

Source : La Marseillaise 06/02/2018

Voir aussi : Rubrique Turquie, “La crise politique turque représente une grande menace pour les artistes”, Asli Erdogan : “Je vous écris cette lettre depuis la prison de Bakirköy…”,

Roman. Elsa Osorio Double fond

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Qui est Juana ? Une militante révolutionnaire qui a trahi ? Une mère qui échange sa vie contre celle de son enfant ? Ou la prisonnière d’un cauchemar qui tente de survivre ?

Marie Le Boullec, médecin urgentiste sans histoire, est retrouvée noyée dans l’Atlantique, . La jeune journaliste Muriel Le Bris, vive et têtue, ne croit pas à la thèse du suicide et se lance dans une enquête. Elle découvre en même temps les heures sombres de l’Argentine à la fin des années 70.

Elle trouve aussi des mails dans lesquels une mère écrit à son fils pour lui raconter pourquoi il a dû grandir sans elle. Jeune militante révolutionnaire prise dans les rets de la dictature, elle échange sa liberté contre la vie de son enfant. Elle finit par collaborer avec le pouvoir puis au Centre pilote de Paris. Traître aux yeux de tous, avec la survie pour seul objectif, elle va disparaître.

editions-metailie.com-elsa-osorio-sophie-bassouls-2-300x460Elsa Osorio  s’implique une nouvelle fois dans la reconnaissance de l’épuration des opposants argentins. Le personnage de Juana se construit au fil des pages haletantes du roman. On remonte ainsi le parcours d’une femme qui respire en étant morte deux fois.  Sa première disparition est survenue lorsqu’un tortionnaire lui laissé la vie sauve.

L’auteur évoque à voix basse, comme si la mer que nous longeons pouvait nous entendre, cette énergie d’outretombe , avec grâce, sans rien outrer.  Fort naturellement, elle parvient à produire chez le lecteur un sentiment d’empathie. Qu’arrive -t-il quand tout disparaît , que les péripéties s’enchaînent, qu’il faut jouer avec les identités clandestines,  que personne ne peut comprendre ce qui vous est arrivé, que pèse alors les ambitions politiques ?

Dans un intense suspense psychologique, l’auteur de Luz ou le temps sauvage  nous donne rendez-vous avec l’humanité en fuite. Entre Saint-Nazaire, Paris, Marseille et Buenos Airs le voyage traverse une sombre histoire, où  l’on entend le mot amour. Comme c’est imprudent d’affirmer quelque chose dont on ne sait rien, nous rappelle Elsa Osorio à propos d’une femme disparue durant la dictature.

JMDH


Double fond éd Matailié en librairie le 18 janvier 21 euros

Source : La Marseillaise 19/01/2018

Voir aussi : Rubrique  LivresLittératuresLittérature latino-américaine,  Amérique Latine , Argentine,

Culture. Temps forts 2017 et influence durable de la création en Languedoc-Roussillon

Baba Zula soirée Balkans Express Fiest' A Sète

Un coup d’œil en Languedoc sur une riche année en dépit de la crise, merci aux artistes sans lesquels nous serions bien pauvres.

 

Janvier

Begin the Beguine, écrite en 1987, la dernière pièce du cinéaste culte John Cassavetes a été montée par Jan Lauwers dans une première version au Burgtheater de Vienne. A l’invitation de la fondation Cassavetes de N.Y. Le directeur du CDN de Montpellier Rodrigo Garcia reconduit cette invitation en proposant au metteur en scène flamand de créer une nouvelle version de ce texte peu connu où s’expose la vie déchue des hommes seuls.

Nicolas Bourriaud en charge du futur Centre d’art contemporain de Montpellier lance à La Panacée le premier cycle d’expositions. Avec Retour sur Mulholland Drive, on explore l’univers lynchien sous toutes les coutures une vingtaine d’artistes insufflent une puissance d’évocation singulière.

Dans Opus 14, le hip hop est graphique, spectaculaire et virtuose. Les danseurs apprennent à faire du sol un véritable partenaire. Au Théâtre de Sète Kader Attou écrit une des pièces charnières de l’histoire du hip hop français de création !

Février

Camille de Toledo s’empare du drame d’Utøya où Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien d’extrême droite débarque sur l’île pour décimer des dizaines de jeunes militants. Un mythe obscur où la crise politique contemporaine et ses répercussions sociales s’exposent sur la scène du théâtre universitaire La Vignette.

A Nîmes, le Théâtre Christian-Liger reçoit Ubu Roi Vrout par la cie Les Lubies qui donne un supplément de folie à un texte piquant et déjanté .

A Sète l’artiste Nicolas Fenouillat investit le Crac (Centre régional d’art contemporain) avec trois propositions où l’art contemporain agrège l’univers musical.

Nicolas Fenouillat ou le retour des héros contemporains. photo dr

Nicolas Fenouillat ou le retour des héros contemporains. photo dr

Mars

Après une année d’incertitude, le conseil départemental de l’Hérault et la métropole de Montpellier signent un accord garantissant le maintien des festivals du Domaine d’O. Au-delà du calendrier politique, l’ambition culturelle demeure une priorité dans l’Hérault et à Montpellier. Ce qui constitue un véritable atout pour les territoires et leur développement.

Le Festival de cinéma Itinérances d’Alès est à l’initiative d’une riche série d’expositions à l’occasion de sa 35e édition. On y découvre 14-18 vue par la BD.

Concert légendaire de Magma au Sonambule à Gignac.

Avril

Opéra participatif pour petits et grands sous la direction de Jérôme Pillement, mise en scène Marie Ève Signeyrole. En forme de fresque mythologique, Le Monstre du Labyrinthe revisite de manière libre le mythe de Thésée à l’Opéra Berloz de Montpellier.

Au moment où notre société s’interroge sur le « vivre ensemble », le dernier Par du Centre chorégraphique national ICI : questionne l’engagement politique et citoyen des jeunes générations. Le jeune chorégraphe syrien Mithkal Alzghair, propose un club de danse.

Pour l’exposition Mirabilia La Maison des Consuls se transforme en cabinet de curiosités contemporain aux Matelles.

Quartier Croix d’argent, à Montpellier, la onzième Zone artistique temporaire (ZAT) confirme son succès en rassemblant dans Parc Montcalm la population dans toute sa diversité autour de propositions artistiques innovantes.

Myra Le monstre du labyrinthe

Myra Le monstre du labyrinthe

Mai

La 32e édition de La Comédie du livre met la Grèce et l’ensemble de la Méditerranée à l’honneur. La programmation sculpte dans la matière littéraire et reste en veille sur les écritures émergentes. Pour cette 12e édition, le Festival Arabesques, célèbre à Montpellier les grandes dames du monde arabe d’hier et d’aujourd’hui.

Juin

Ariane Mnouchkine ouvre Le Printemps des Comédiens avec Une chambre en Inde. La 31e édition du festival interroge le monde. Roméo Castellucci y donne son dernier spectacle Democracy in America

Pour ses vingt ans, le Festival International du Roman noir de Frontignan enclenche une fiesta du polar autour du chiffre 20.

Le capitaine du Pavillon noir Angelin Preljocaj, pose une ancre new-yorkaise au 37e Festival Montpellier Danse qui déroule une riche programmation dédiée à la danse contemporaine

" Angelin Preljocaj "La Stavaganza"

" Angelin Preljocaj "La Stavaganza"

Juillet

A l’occasion des dix ans de la réouverture du musée Fabre et des 40 ans du Centre Pompidou, Montpellier accueille un choc artistique inédit entre Françis Bacon et Bruce Nauman.

Impressions fortes, l’estampe en 100 chefs d’œuvre, l’exposition d’été du Musée de Lodève se glisse sur les pas de l’étonnante histoire de cet art multiple.

La 33e édition du Festival de Radio France Montpellier Occitanie invite l’ensemble des radios publiques à se pencher sur le thème des Révolutions, en particulier celle de 1917.

L’exposition William Gedney prolonge la saison américaine du Pavillon Populaire avec une ouverture sur la photographie documentaire de 1955 à 1984.

Au festival de poésie de Sète, la regrettée Syrienne Fadwa Suleimane enflamme le public de Voix Vives qui fête sa 20e année.

 

Kentucky, 1964 et 1972.  William Gedney

Kentucky, 1964 et 1972. William Gedney

Août

L’édition 2017 de Fiest’A Sète fait la part belle à la musique africaine avec un mémorable tribute to Fela Kuti réunissant Roy Ayers Seun Kuti ou encore les concerts de Joe Bataan, et des sénégalais de Orchestra Baobab .

Le Festival Barjac m’enchante, rend hommage à l’œuvre du poète chanteur Jean Vasca.

Septembre

Les amoureux des livres et de la lecture de l’Ouest héraultais se retrouvent à Béziers, SortieOuest pour la 10e édition des Chapiteaux du livre.

A Sète, Les Journées Paul-Valéry permettent de découvrir l’ensemble de la correspondance échangée entre Valéry et Mallarmé publiée chez Fata Morgana.

Octobre

Le chorégraphe Boris Charmatz ouvre la saison de Montpellier danse avec sa pièce Danse la nuit. Une proposition insolite et risquée, conçue pour être donnée de nuit dans la rue.

Le Cinemed 2017 invite la jeune garde du cinéma algérien à se retrouver au Corum pour débattre du présent et de l’avenir.

Novembre

Prenez garde à Fassbinder ! est la 1ère création mise en scène par Jacques Allaire d’un travail au long court mené par trois metteurs en scène avec une compagnie professionnelles en situation de handicap. Au chai de la Bulle Bleue.

Décembre

A l’Arena s’ouvre Art Montpellier, la première édition de la Foire méditerranéenne des arts contemporains.

Au même endroit se tient la seconde édition de I love Techno Europe avec des artistes reconnus de Jeff Mills à Étienne de Crécy.

Foire méditerranéenne des arts contemporains

Foire méditerranéenne des arts contemporains

JMDH

Source La Marseillaise 29/12/2017

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Retros Culture Hérault 2015 Rétrospective #2, Retro Arts et culture 2016,

La musique de Grieg portée à la scène

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Concert Montpellier
Un Peer Geer qui explore la forme intrigante de la pièce à lire souhaitée par Henrik Ibsen dans sa demande à Grieg. La mise en scène du duo Clarac-Deloeuil fait dialoguer orchestre symphonique, comédiens, chanteurs lyriques, choeurs et création vidéo réalisée en direct

ce soir et demain à l’Opéra Berlioz.

L’orchestre national Montpellier Occitanie prolonge son invitation pour penser autrement le cérémonial du concert. Une façon aussi d’y intéresser des publics plus mêlés, curieux de formes hybrides et soucieux, de questionner notre temps présent, au prisme des grandes pièces du répertoire symphonique et lyrique. On retrouve le répertoire romantique après Manfred, le poème dramatique de Robert Schumann, l’Opéra Orchestre  National de Montpellier accueille un surprenant Peer Gynt d’Edvard Grieg mis en scène et scénographié par  les fondateurs de l’outil de production Clarac-Deloeuil lelab .

Impressionné par le talent de Grieg qu’il a eu l’occasion de côtoyer à Rome quelques années plus tôt, en janvier 1874, l’écrivain Ibsen propose au compositeur norvégien de mettre en musique son Peer Gynt. Le projet d’opéra tombe dans l’oubli. Une subvention du gouvernement lui donne le loisir de composer tranquillement et se consacrer à la commande d’Ibsen. La partition est achevée en juillet 1875, la première de Peer Gynt a lieu le 24 février 1876.

Depuis sa Norvège, Edvard Grieg compose une splendide musique de scène sur l’histoire tragicomique de Peer Gynt, jeune adulte volage, ivrogne et paresseux.  Peer Gynt est un voyage initiatique narrant les aventures d’un anti-héros en quête de rêve et d’identité. Oscillant sans cesse entre courage et lâcheté, Peer Gynt surmonte tant bien que mal les obstacles qu’il rencontre, le plus souvent par la fuite et le mensonge.

À partir du récit dramatique de ce drôle d’antihérosnorvégien, Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil adapte à la scène cette œuvre connue par son titre et la musique de Grieg, mais rarement donnée comme pièce. Cette production prolonge les mots d’Ibsen, pour faire de Peer Gynt « un territoire de jeu à la fois très étrange et très concret ». L’orchestre est enveloppé d’une élégante construction de bois blond, comme autant de sentiers pour retracer les chemins de vie du fantasque antihéros norvégien.

Au fil des passages musicaux, acteurs et chanteurs évoluent sur ce réseau de passerelles. Ils n’incarnent délibérément pas leurs personnages. Mais ils donnent à voir les aventures tragi-comiques de Peer Gynt en effigie, grâce au théâtre d’objets, à la création graphique et à la vidéo réalisée en direct. Un collage de supports poétiques et de techniques parfois surprenantes, qui suggère plus qu’il ne représente, tournant résolument Peer Gynt vers la fable métaphorique et universelle.

JMDH

Objet Musical Créatif, en coproduction avec l’OONM et Le Lab Clarac-Deloeuil. Opéra Berlioz ce soir et demain à 20h.

Source La Marseillaise 12/01/2018

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