La « règle d’or », ou les rois de l’esbroufe

 

C’est le tube de l’été des discothèques politiques. Du président de la République au moindre responsable de la majorité, tous reprennent en choeur, matin, midi et soir, le refrain de « La règle d’or ».

Le 26 juillet, Nicolas Sarkozy a donné le ton en écrivant à tous les parlementaires : « La France doit être exemplaire dans la remise en ordre de ses comptes publics. Nous avons besoin de nous rassembler sur ces questions essentielles, au-delà des intérêts partisans. » Mieux, depuis le sommet franco-allemand de l’Elysée, le 16 août, ce sont les dix-sept pays de la zone euro qui sont invités à adopter, d’ici à l’été 2012, une « règle d’or » pour équilibrer leurs finances.

Hier encore, le premier ministre a remis ça d’une voix solennelle, dans Le Figaro : pour mettre un terme à « la gestion trop complaisante » de nos finances publiques, il faut inscrire dans la Constitution une règle « d’équilibre des finances publiques » qui impose une vertueuse discipline aux budgets annuels du pays. Et François Fillon d’invoquer « l’intérêt national » et d’appeler les socialistes au « sens des responsabilités ».

Sans les socialistes, en effet, pas de « règle d’or ». Le projet de loi constitutionnel adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat en juillet restera lettre morte s’il n’est pas validé par les trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès à Versailles. De deux choses l’une, martèle donc la majorité : ou bien la gauche apporte son soutien à l’initiative lucide et courageuse du chef de l’Etat ; ou bien elle fait la déplorable démonstration de son laxisme et de son irresponsabilité. Comme on dit familièrement, plus c’est gros, plus ça a des chances de marcher !

Car il faut à la majorité actuelle un culot exceptionnel pour jouer, subitement, les professeurs de vertu budgétaire. Les chiffres sont impitoyables. En 2007, la dette de la France représentait 63,8 % du PIB ; elle dépassera 86 % en 2011. Soit pas loin de 500 milliards d’euros supplémentaires en quarante-huit mois, et une dette globale dont la seule charge des intérêts absorbe la quasi-totalité de l’impôt sur le revenu.

La faute à la crise, plaide le gouvernement depuis 2008. En partie, oui. Mais mineure, comme le souligne la Cour des comptes, dans son rapport, fin juin, sur la situation des finances publiques : « La crise explique, au plus, 38 % du déficit, qui est surtout de nature structurelle et résulte largement de mesures discrétionnaires. »

C’est une façon pudique de qualifier les avantages fiscaux – les fameuses « niches » – consentis ces dernières années : par exemple, la suppression de la taxe professionnelle, qui représente pour l’Etat un manque à gagner de 7,9 milliards, la baisse de la TVA dans la restauration (2,5 milliards), la réforme récente de l’impôt sur la fortune (pas loin de 2 milliards), ou encore la « niche Copé » (habilement transformée en modalité particulière de calcul de l’impôt sur les sociétés), qui coûte de 4 à 6 milliards par an. Soit, depuis quatre ans, de l’ordre de 22 milliards de « cadeaux » fiscaux, entièrement financés par l’emprunt !

Mais le chef de l’Etat et son premier ministre ne sont pas seulement formidablement culottés. Ils sont également les rois de l’esbroufe. On serait prêt à croire qu’en bons chrétiens, ils ont admis leurs fautes passées et sont décidés à les expier : il faudrait pour cela que la « règle d’or » brandie comme un talisman impose vraiment une discipline rigoureuse.

Or le plus extraordinaire est qu’il n’en est rien. Pour le comprendre, le plus simple est de citer l’article voté par le Parlement : « Les lois-cadres d’équilibre des finances publiques déterminent, pour au moins trois années, les orientations pluriannuelles, les normes d’évolution et les règles de gestion des finances publiques, en vue d’assurer l’équilibre des comptes des administrations publiques. Elles fixent, pour chaque année, un plafond de dépenses et un minimum de mesures nouvelles afférentes aux recettes qui s’imposent globalement aux lois de finances et aux lois de financement de la Sécurité sociale ».

Cette rédaction alambiquée en atteste : contrairement à la loi fondamentale allemande, qui est supposée servir de modèle, la « règle d’or » ne fixe aucune contrainte rigoureuse, adossée par exemple à la notion de solde budgétaire.

Au-delà de cette définition déjà très floue, toutes les modalités d’application de ces nouvelles lois-cadres sont renvoyées à une loi organique. Ainsi, elles pourraient être « modifiées en cours d’exécution ». Comment ? Par la loi organique. Quelles dispositions précises s’imposeraient aux lois de finances et aux lois de financement de la Sécurité sociale ? Encore la loi organique. Comment seraient compensés d’éventuels écarts entre les lois-cadres et l’exécution budgétaire ? Toujours la loi organique. Le gouvernement en a-t-il précisé le contenu ? A aucun moment, malgré deux lectures dans chaque Assemblée.

Or les parlementaires savent bien que ce qu’une loi organique peut faire, une autre peut le défaire, comme on l’a vu avec la Caisse d’amortissement de la dette sociale, destinée à accueillir les déficits de la Sécurité sociale. En 2005, ils avaient fixé à 2021, de façon impérative, le terme de la durée de vie de la Cades pour stopper le report sans fin des déficits. Cinq ans plus tard, les dérives perdurant, ils ont tout simplement reporté à 2025 le terme de la Cades…

Enfin, il va sans dire que, même si la réforme constitutionnelle était, par miracle, adoptée rapidement, elle ne pourrait être mise en oeuvre avant le budget 2013… donc après l’élection présidentielle. C’est au point que l’on se demande si le gouvernement ne fait pas tout ce cirque sur la « règle d’or » pour mieux se dispenser d’en appliquer dès maintenant les vertueux principes. Il est à craindre que cela ne trompe personne, les marchés moins que quiconque.

Gérard Courtois (Le Monde)

Les efforts de l’UA en Libye sont sabotés par l’opération militaire

Les efforts de l’Union africaine (UA) pour trouver une solution à la crise libyenne ont été sabotés par l’opération militaire de l’OTAN, a déclaré mardi le président sud-africain Jacob Zuma au Cap.

« Ceux qui ont la puissance de bombarder d’autres pays ont saboté les efforts et les initiatives de l’UA pour trouver une solution à la crise en Libye », a affirmé M. Zuma lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec le président ghanéen John Atta Mills en visite en Afrique du Sud.

« Nous aurions pu éviter beaucoup de pertes de vie en Libye », a ajouté M. Zuma.

M. Zuma a fait remarquer que des pays puissants avaient abusé la Résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies « pour des intérêts autres que la protection des civils et l’assistance au peuple libyen ».

Selon l’agence de presse sud-africaine SAPA, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA se réunirait et jeudi et vendredi à Addis Abeba pour examiner l’évolutions de la situation en Libye.

 

Voir aussi : Rubrique Afrique, Afrique du Sud, Les pays émergents se font entendre sur la Libye, Lybie, L’Otan responsable de pertes civiles,

L’immigration, un bienfait !

L’hostilité aux immigrés atteint un niveau inquiétant dans presque tous les pays riches. C’est une maladie à laquelle ces pays doivent résister s’ils veulent continuer à prospérer. Une telle attitude aidera en outre les pays en développement à combattre la pauvreté et à parvenir à une croissance durable.

Une immigration plus importante est souhaitable au niveau mondial pour quatre raisons : elle est source d’innovation et de dynamisme, c’est une solution au manque de main d’œuvre, elle répond au problème du vieillissement de la population dans les pays développés et elle permet aux immigrés d’échapper à la pauvreté et aux persécutions. Par contre sa limitation freine la croissance économique et mine la compétitivité à long terme des pays qui choisissent cette voie ; creusant les inégalités et accentuant les clivages sur la planète, elle constitue un obstacle à la prospérité.

Certes, suivant les lieux l’augmentation de l’immigration peut entraîner des problèmes à court terme qu’il faut résoudre de manière à en tirer les bénéfices à long terme – des bénéfices qui surpassent largement ces inconvénients momentanés. Malgré l’opposition des pays de destination des migrants, leur nombre a doublé depuis 25 ans et va encore doubler jusqu’à 2030. Le changement économique et politique rapide – et de plus en plus le changement environnemental – entraîne des déplacements de population et incite beaucoup de personnes à rechercher la sécurité et à tenter leur chance ailleurs.

Dans le contexte d’une mondialisation rapide, les risques et les coûts liés à l’immigration vont continuer à baisser. La combinaison de la croissance de la population mondiale, de la diminution des coûts de transport, de la facilité des communiquer et du développement des réseaux sociaux et économiques transnationaux pourrait et devrait conduire à une augmentation des déplacements. Si ce processus se met en œuvre, cela va stimuler la croissance mondiale et diminuer la pauvreté.

Néanmoins, si la réduction progressive des obstacles aux mouvements de capitaux, de biens et de services constitue une avancé majeure des décennies récentes, les migrations internationales n’ont jamais été autant contrôlées. Des économistes classiques comme John Stuart Mill considéraient que c’est illogique sur le plan économique et inacceptable sur le plan éthique. Adam Smith s’opposait à tout ce qui entravait « la libre circulation de la main d’œuvre d’un emploi à un autre ».

Au 19 siècle, avec le développement de la machine à vapeur et d’autres modes de transport, le tiers de la population de Scandinavie, d‘Irlande et de certaines parties de l’Italie ont émigré. La migration de masse a constitué pour des millions d’Européens le moyen d’échapper à la pauvreté et aux persécutions. Elle a participé au dynamisme et au développement de pays comme les USA, le Royaume-Uni et d’un certain nombre de colonies.

La montée du nationalisme avant la Première Guerre mondiale a conduit à l’introduction à grande échelle des passeports et à un contrôle plus strict des déplacements internationaux. Un siècle plus tard, malgré d’énormes progrès en matière de circulation des biens, des capitaux et de l’information, les entraves à la circulation des êtres humains n’ont jamais été aussi grandes.

Prés de 200 millions de personnes, soit environ 3% de la population mondiale, vivent hors de leur pays de naissance. Ce sont les orphelins du système international. Dans notre livre, Exceptional People, nous montrons que les pays qui accueillent les étrangers en tirent bénéfice. Ils constituent non seulement une source de main d’œuvre tant qualifiée que non qualifiée utile au pays d’accueil, mais leur contribution relative à l’innovation et à la création de richesses est plus élevée que celle des habitants du pays hôte. Ainsi les immigrants établis aux USA contribuent à plus de la moitié des brevets des start-up de la Silicon Valley. Leur contribution fiscale dépasse également les sommes qu’ils perçoivent au titre de la protection sociale.

Dans les pays développés, l’espérance de vie de la population augmente grâce aux progrès médicaux, alors que la population active est appelée à baisser en raison de la baisse de la natalité qui a suivi le baby boom de l’après-guerre.

Dans les pays développés, la baisse de la population en age de travailler va encore être aggravée par l’élévation du niveau d’éducation, car de moins en moins de gens voudront occuper un emploi peu qualifié, un emploi manuel ou travailler dans le bâtiment. Entre 2005 et 2025, dans les pays de l’OCDE la proportion de la population active ayant fait des études supérieures devrait augmenter de 35%. Or quand le niveau d’éducation augmente, il en est de même des attentes en matière d’emploi.

Même s’ils constituent une fuite des cerveaux pour leur pays d’origine, les migrants sont très utiles à ce dernier. Les expatriés taiwanais et israéliens sont des exemples du rôle vital joué par les immigrés en terme de soutien politique, d’investissements et de transfert technologique.

Par ailleurs la migration est historiquement le meilleur moyen d’échapper à la pauvreté. Les envois d’argents des travailleurs immigrés vers leur pays d’origine ont dépassé 440 milliards de dollars en 2010, les deux tiers de cette somme étant à destination de pays en développement. Pour les pays pauvres de petite taille, ces sommes représentent souvent plus du tiers de leur PIB et pour ceux de taille plus importante, elles dépassent fréquemment 50 milliards de dollars par an. En Amérique latine et dans les Antilles, plus de 50 millions de personnes vivent grâce à ces envois d’argent, et ce nombre est encore plus élevé en Afrique et en Asie.

Tant les pays riches que les pays pauvres bénéficieraient d’une hausse des flux migratoires et ce sont les pays en développement qui en bénéficieraient le plus. On estime qu’une augmentation de seulement 3% de la main d’œuvre immigrée dans les pays développés générerait des gains à hauteur de 356 milliards de dollars, dont plus des deux tiers reviendraient aux pays en développement. L’ouverture totale des frontières générerait une somme imposante : 39 000 milliards de dollars pour l’économie mondiale sur une période de 25 ans.

On a beaucoup discuté de la nécessité de conclure le cycle de négociation de Doha sur le commerce mondial et d’augmenter l’aide aux pays pauvres. Ce sont des choses importantes, mais la réforme de l’immigration est au moins aussi importante. Une petite augmentation de l’immigration serait encore plus bénéfique à l’économie mondiale et aux pays en développement que l’accroissement de l’aide et une réforme du commerce mondial.

Aujourd’hui, les pays les plus puissants ne veulent ni d’une réforme des flux migratoires, ni d’une organisation internationale qui serait chargée de sa régulation, alors que la hausse de ces flux serait dans l’intérêt de tous. Le débat public est trop important pour l’abandonner aux politiciens, une réflexion en profondeur doit être suivie par une action audacieuse.

Ian Goldin et Geoffrey Cameron

 

Voir aussi :  Rubrique Politique de l’immigration, rubrique Economie, rubrique Débat Claudio Magtis sur les dangereuses frontières intérieures de l’Europe, rubrique Méditerranée, Jusqu’à quand la politique migratoire de l’UE va-t-elle s’appuyer sur les dictatures ?, rubrique Livre, Atlas des migrants d’Europe, La nature humaine contrevient aux lois du marché, Amin Maalouf : L’Occident est peu fidèle à ses propres valeurs,

Chili : les étudiants se soulèvent contre les restes de l’ère Pinochet

Le Chili est en proie à un mouvement de contestation estudiantin sans précédent depuis le retour à la démocratie, en 1990. Mardi 9 août, plusieurs dizaines de milliers de manifestants (150 000 selon les organisateurs, 70 000 selon la police) ont battu le pavé de six villes du pays, dont Santiago, sa capitale, pour réclamer une réforme en profondeur du système éducatif et universitaire du pays.

Démarré en juin dernier, ce mouvement a été lancé par le corps enseignant et la jeunesse étudiante, représentée par exemple par Camila Vallejo, militante des jeunesses communistes chilienne et présidente de la Fédération des étudiants de l’université du Chili. Soutenus par près de 80 % de la population, selon un sondage, ils interpellent le gouvernement conservateur de Sebastian Pinera, le milliardaire élu en 2010, pour en finir avec le système éducatif hérité de l’époque Pinochet.

Un système libéralisé par Pinochet

« ¡ Y va a caer, y va a caer, la educación de Pinochet ! » (« Et elle va tomber, et elle va tomber, l’éducation de Pinochet ! ») scandaient les manifestants durant la marche organisée à Santiago. Le système éducatif chilien fonctionne essentiellement sur le modèle de l’université privée. Les facultés publiques, sous-dotées, n’ont pas bonne réputation.

Petit rappel historique : après le coup d’Etat et la chute du président Allende le 11 septembre 1973, le nouveau pouvoir réduit les dépenses publiques. Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement décide, entre autres, une réduction drastique de ses programmes d’aides, dont les bourses pour les étudiants modestes. En 1980, la réforme de l’université permet de libéraliser le système. Désormais, chaque formation a son propre prix, et les diplômes, en fonction de l’établissement, donnent accès à des emplois plus ou moins bien rémunérés.

Endettement sur quinze ans

Aujourd’hui, les manifestants reprochent à l’Etat de ne consacrer que 4,4 % de son PIB à l’éducation, bien en deçà des 7 % recommandés par l’Unesco. Le Chili jouit pourtant d’une croissance solide : 9,8 % au premier trimestre 2011, un chiffre inédit depuis seize ans.

« L’université coûte l’équivalent de 400 à 600 euros mensuels, qu’elle soit publique ou privée. Je paie 600 euros par mois pour la scolarité de mon fils à l’université Adolfo Ibanez. Imaginez lorsque vous avez trois ou quatre enfants à charge pour un salaire moyen de 900 euros. C’est impossible de joindre les deux bouts », observe un fonctionnaire et diplomate chilien résidant à Santiago. C’est pourquoi les étudiants et leurs parents s’endettent en contractant des emprunts, parfois sur quinze ans, afin de s’inscrire dans le supérieur.

Si la mobilisation de mardi a marqué un record de participation à travers tout le pays, les revendications estudiantines ne sont pas nouvelles. En 2006, la présidente socialiste, Michelle Bachelet, à peine élue, faisait face à un mouvement de contestation des étudiants contre le prix des transports et des tarifs scolaires, comme l’a raconté Rodrigo Torres, étudiant au Chili à l’époque, sur le blog Carnet du Chili. Sur le fond, rien n’a réellement changé.

« Cacerolazo »

La manifestation de mardi s’est achevée par des heurts entre policiers et manifestants, qui ont employé, pour la première fois depuis les années 1980, les bruits de casserolles, appelés « cacerolazo ». Le chef de l’Etat, dont la côte de popularité n’est qu’à 26 %, selon un récent sondage, a réuni, ce mercredi, son équipe gouvernementale. Il pourrait par exemple décider d’assouplir les exigences pour l’obtention des prêts étudiants et étendre l’accès aux bourses universitaires.

Mais la contestation semble s’étendre à d’autres problématiques que la seule question éducative. « Plus qu’un mouvement étudiant, c’est un ras-le-bol face à un système dont la grande majorité se sent exclue, car si l’éducation est un désastre, le systeme de santé en est un aussi », note ainsi Helen Herting, une lectrice du Monde.fr résidant au Chili.

Mathias Destal (Le Monde)

 

Voir aussi : Rubrique Chili,Cinéma Nostalgie de la lumière, Histoire, rubrique Education, rubrique Amérique Latine,

insurrection britannique

Tension communautaire à Birmingham

Sur la chaussée, on peut encore voir les multiples traces de freinage. Ce sont les seules signes du drame de la nuit précédente. Trois jeunes Anglo-Pakistanais d’une trentaine d’années, dont deux frères, Shazad et Munir Hussein, sont morts renversés par une voiture conduite par des personnes d’origine africano-carribéenne.

Il était environ une heure trente, ils sortaient de la mosquée toute proche et retournaient dans la rue pour protéger leurs commerces contre les adolescents pillards. Dudley Road, au nord-est du centre de Birmingham, est la rue principale du quartier pakistanais. La deuxième ville d’Angleterre accueille l’une des plus importantes communautés asiatiques du pays.

Ce mardi, elle est sous le choc. La police a établi un large périmètre de sécurité autour du lieu du drame. Des jeunes se regroupent non loin, la plupart du temps silencieux. Raj Rattum, travailleur social depuis dix ans dans le quartier, s’inquiète: «Aujourd’hui la communauté est très triste et blessée. Tout le monde se connaît ici. Elle risque de réagir.»

Les tensions sociales entre les deux communautés ne sont pas nouvelles selon lui: «En 2005, il y a déjà eu un mort. Ce soir, ce n’est pas sûr, mais il peut y avoir des affrontements. Les anciens appellent au calme mais les jeunes vont vouloir se venger».

«La police ne fait rien»

Devant la petite mosquée de Dudley, une simple maison anglaise typique, une trentaine de personnes sont présentes, dans l’attente. M. Raschid, la soixantaine, le président de l’association cultuelle qui gère la mosquée, appelle au calme: «Les gens sont frustrés. Ils ont prévenus la police depuis plusieurs jours mais elle n’a rien fait.»

Il n‘est pas vraiment surpris des attaques contre la communauté anglo-pakistanaise: «Le centre de Birmingham était trop protégé et les Africains ont toujours été jaloux des Asiatiques. Nous, nous réussissons socialement et professionnellement. Mais j’espère qu’il n’y aura pas d’affrontements ce soir. Nous devons plutôt coopérer avec la police».

Justement, il est 14h30 et il doit se rendre a la réunion avec les autorités locales dans le gymnase d’une école primaire à quelques centaines de mètres de là. On prend son taxi – son vrai métier. On passe devant le commissariat de quartier. Il critique en souriant, désabusé: «C’est le poste de police sans policiers. Le soir, il ferme à 5 heures et après nous sommes seuls».

Le gymnase est comble, deux cents personnes, en très grande majorité des hommes pakistanais. Au premier rang, les anciens, longues barbes et souvent tout de blanc vêtu. Au fond, debout, les jeunes, en jeans et sweat, portant casquettes ou chachias.

Meurtre

Face à eux, quelques policiers et la député locale, Shabana Mahmood. Elle prend la parole, elle dit que justice sera faite, qu’il faut avoir confiance. L’officier en chef Sean Russel, en uniforme, poursuit: «Trois personnes sont mortes hier. Nous n’aurions jamais voulu que cela arrive a notre communauté». Il tente de justifier l’inefficacité de la police: «Nous avions mal évalué la menace. Il y a eu 20 fois plus de troubles que lors d’une nuit normale, c’était un vrai challenge pour nos effectifs». Il semble sincère et ému. La foule se tait, à l’écoute. «Je peux déjà vous assurer que nous considérons que c’est un meurtre et des suspects ont été arrêtés

Applaudissements nourris. La communauté pakistanaise avait peur que cela soit classé comme un accident de la route. L’inspecteur Richard Russel continue: «Les coupables vont connaître le pouvoir de la loi. Ils ne resteront pas impunis.» Applaudissements à nouveau.

Et puis, petit a petit, l’atmosphère change lorsque débutent les questions. La colère remonte, la tension, palpable, explose. Un homme se lève, virulent: «Ou étiez-vous? Pourquoi n’êtes vous pas intervenus?» Un autre: «Nous appelons toujours la police, vous ne venez jamais!» L’officier en chef se défend: «Vous êtes traités comme les autres communautés, je vous l’assure.» Il n’est pas écouté. Un troisième: «Nous avons perdu trois frères cette nuit. Vous ne faites pas votre travail. Quand il y a des émeutes, vos hommes ont peurs de prendre des risques!»

«Qu’allez-vous faire contre les noirs ?»

Les hommes demandent encore et encore s’il y aura vraiment des poursuites, ce que fera la police, pourquoi elle n’a pas agi hier soir. La rumeur dit que l’ambulance a mis du temps à venir car elle a été retardée par les policiers. Les policiers se défendent comme ils peuvent, répétant toujours les mêmes phrases: «60 policiers sont mobilisés, c’est un triple meurtre».

Les gens s’indignent qu’il n’y ait pas déjà d’arrestations. «Ce ne serait pas pareil s’il y avait eu trois morts a Londres», crie l’un. Tonnerre d’applaudissements. Ils sont persuadés que les policiers de la ville sont envoyés ailleurs — pour protéger la capitale ou Manchester. Sean Russel assure le contraire: «Je suis fier de faire partie de la police de Birmingham, nous avons toujours fait notre travail!»

«Que devons-nous faire ce soir?», demandent-ils tous. «Vous devez soutenir la police». «Mais comment?» «Vous devez nous soutenir, nous faire confiance». «Qu’allez vous faire contre les noirs?» insiste un jeune homme, un sikh.

La réunion n’est plus qu’un vaste brouhaha, plus personne ne s’écoute. Des jeunes montrent du doigt les policiers qui demandent le calme. Une représentante de la communauté noire, Sybil Spence, la soixantaine, arrivée au bout d’une heure, tente de prendre la parole. Plusieurs hommes quittent la salle. Son discours est inaudible. Elle cite David Cameron. «Qu’a-t-il fait pour que cela n’arrive pas?», demande la foule.

«Escalade»

L’officier en chef, Sean Russel, optimiste et ferme au départ, plisse le front, visiblement très ennuyé. Un jeune hurle: «C’est la communauté qui a protégé la mosquée hier et qui le fera encore ce soir alors que c’est votre job! Si vous ne faites rien, vous allez voir les musulmans et les sikhs aller dans la rue et finir le travail que vous devriez faire!»

La réunion dure depuis un peu plus de deux heures. Les hommes quittent le gymnase mais restent en nombre dans la petite cour de l’école. Giz Kahn, 28 ans, remonte Dudley Road – ou s’enchaînent les magasins de tapis, les bureaux Western Union et les vendeurs de kebabs – vers le lieu du drame. Il n’est pas très optimiste: «Hier les gens voulaient juste protéger leurs maisons et leurs magasins. Maintenant, l’ambiance est complètement différente. Dans les deux ou trois jours, il peut y avoir des affrontements. Je pense que ca va être l’escalade».

Quelques dizaines de mètres plus loin, le supermarché jamaïcain est toujours ouvert. Cinq ou six personnes d’origine carribéenne se tiennent devant, silencieuses. La nuit tombe, les bobbies sont de plus en plus nombreux. Un homme de la police scientifique frotte le bitume avec un balai pour effacer toute trace du drame.

Quentin Girard Libération

 

Londres : l’insondable péril jeune

Les jeunes sont-ils au cœur des émeutes ? Sans doute, puisque la police londonienne a arrêté un gamin de 11 ans. Mais le premier à plaider coupable, hier, était un homme de 31 ans travaillant comme assistant dans une école primaire. Poursuivi pour s’être trouvé dans un magasin pillé, sans rien voler, il a été relâché en attendant son procès.

Le Highbury Corner Magistrates Court juge ainsi à la chaîne depuis mardi soir, nuit comprise, les centaines de personnes arrêtées lors des trois jours d’émeutes dans la capitale. Deux chambres correctionnelles sont mobilisées ; procureurs, juges et avocats y assurant une sorte de trois-huit. Suivait un étudiant de 19 ans coupable d’avoir piqué deux tee-shirts. Souvent, le dossier de l’accusation tient à peu de choses. Pour le trentenaire jugé hier vers midi, le procureur résume : «On l’a vu sortir d’un magasin qui était l’objet de pillages. Il n’avait pas d’article volé sur lui.» Un second rôle, mais suffisant pour être poursuivi. Cet homme a été relâché en attendant son procès au fond, le 19 septembre, devant une Crown Court, un tribunal qui peut délivrer des peines plus sévères. Et sa liberté a une condition : un couvre-feu. «Vous ne pouvez pas sortir de chez vous entre 19 heures et 7 heures du matin. Vous porterez un bracelet électronique. L’alarme sonnera si vous sortez et vous serez emprisonné», explique le juge.

Portrait-robot. Qu’est-ce qui motive les émeutiers anglais, ceux qui, contrairement à ces prévenus, ont été vraiment actifs ? Comme souvent, un mélange de colère et d’ennui, de provocation et d’opportunisme, une sorte de doigt majeur tendu à toutes les autorités, à commencer par la police, et un hommage à la société de consommation, via les pillages. Au-delà de la jeunesse, majoritaire, il est difficile de dresser un portrait-robot. Hier, le quotidien The Guardian résumait : «Qui fait cela ? Des jeunes venant de quartiers pauvres, mais pas seulement.» D’autant que ce petit monde compte nombre d’opportunistes qui profitent de l’ouverture d’un magasin pour s’offrir un cadeau. «Hé ! Les banquiers piochent bien dans l’argent public quand ils sont en difficulté. Pourquoi nous, on ne pourrait pas se servir ?» rigole un habitant du quartier populaire de Hackney.

Mehmet, 21 ans, qui tient avec son père un «Social Club» à Kingsland Road, a croisé une bande de «60 à 80» émeutiers qui assaillaient lundi soir son quartier de Dalston, après avoir tenté de brûler un bus. «Des jeunes de 15 à 16 ans, parfois moins, dit-il. Ce n’étaient que des gosses ! Ils nous disaient : « Ne vous inquiétez pas, on n’a rien contre vous les Turcs, c’est contre le gouvernement ! »» Ce qui a laissé Mehmet sceptique. D’après lui, il n’y avait pas de grand message politique : «Ils voulaient juste s’amuser, profiter de l’occasion !»

Sur Kingsland Street, ils ont trouvé à qui parler : les commerçants turcs qui s’étaient organisés. «Ils avaient des armes, nous aussi», raconte Mehmet, en tâtant sa barre de fer disposée sous le comptoir. Devant la résistance, la bande s’est vite divisée en petits groupes, puis a disparu : elle ne cherchait pas l’affrontement, ou alors à distance, seulement, en balançant des projectiles sur les flics. Car beaucoup ont surtout envie de se payer la police. De l’humilier comme ils estiment qu’elle les humilie, surtout quand ils sont noirs. Un quadragénaire de Hackney a une explication : «Ces jeunes, les policiers les arrêtent constamment, les fouillent en les traitant de « nègres » et de « salopes ». Ils veulent donc se venger de ce harcèlement.» Et pour eux, se retrouver en position de force constitue un moment jouissif : narguer des forces de l’ordre contraintes à l’impuissance, puis se régaler devant les images de commerces et de voitures en feu qui passent en boucle sur les télés et terrorisent les Londoniens. Une revanche de laissés-pour-compte, maîtres du jeu urbain pour quelques heures.

Contradictions. La presse conservatrice réclame à leur encontre la plus grande sévérité, estimant qu’il n’y a aucune justification à leurs actes. Pour le Times, les émeutes constituent «une honte pour la nation» et la police doit retrouver son «monopole» sur l’usage de la force.

Est-ce la bonne méthode ? Même sans slogans explicites autres que quelques tags «Fuck the pigs» («nique les porcs», la police), les émeutiers expriment une lutte contre le système établi. Jay Kast, 24 ans, travailleur social, a expliqué au Guardian que ce qui les unit, c’est le sentiment d’être «piégés par le système. Ils ne se sentent pas collectivement impliqués dans la société, ils s’en foutent». Parmi eux, Kast a vu des jeunes Noirs, mais aussi «des gamins turcs ou asiatiques, et des adultes blancs». Comment s’adresser à eux ? Un autre travailleur social, de Hackney, ne sait plus : «On nous dit qu’il faut les amener autour d’une table, discuter. Mais ça ne veut rien dire, pour eux, discuter autour d’une table…» Paradoxe : pour un père, «tout ce qu’ils demandent, c’est que quelqu’un les écoute. Pas qu’on leur dise « fais ceci, fais cela ». Ce rôle, les parents doivent le tenir».

Face à ces contradictions, personne ne semble avoir de solution. «Ce n’est pas seulement qu’ils veulent piller, il y a autre chose derrière», assure un animateur. Mais quoi ? Toute la difficulté est de le comprendre. «Le gouvernement doit concentrer ses efforts là-dessus», ajoute-t-il. Mais hier, la priorité de David Cameron, le Premier ministre, était ailleurs : l’urgence d’un retour à l’ordre (lire ci-dessus). Pour traiter les causes profondes, il faudra attendre.

Après une nuit calme, Cameron étend les pouvoirs de la police



Le Premier ministre britannique David Cameron a dévoilé jeudi de nouvelles mesures anti-émeutes, n’excluant pas le recours à l’armée à l’avenir, alors que le pays a connu sa première nuit calme après quatre jours consécutifs de violences.

Devant le Parlement réuni en session extraordinaire, M. Cameron a annoncé des pouvoirs supplémentaires pour les policiers, leur donnant le pouvoir d’enlever foulards, masques et autres cagoules dissimulant le visage des personnes soupçonnées d’activité criminelles. Nombre de pillards, qui ont semé la terreur ces derniers jours dans plusieurs villes d’Angleterre, avaient le visage caché, compliquant leur identification sur les images des caméras de vidéo-surveillance.

Face à ces émeutes, qui ont fait quatre morts, les autorités réfléchissent aussi aux conditions de mise en place d’un couvre-feu, a ajouté le Premier ministre conservateur, qui n’a pas exclu le recours à l’armée à l’avenir. «Ma responsabilité est de veiller à ce qu’on considère toute éventualité, y compris si il y a des tâches que l’armée peut assurer et qui laisserait les mains libres à la police sur la ligne de front», a déclaré M. Cameron qui avait déjà annoncé en début de semaine d’importants renforts de police et le recours possible aux canons à eau.

«Criminalité pure et simple»

Dans un discours ferme, le chef de gouvernement, rentré d’urgence de vacances mardi, a condamné «la criminalité pure et simple» des émeutiers. Il ne s’agit «pas de politique, ni de manifestation, mais de vol», a-t-il estimé. La mort d’un homme, tué par la police la semaine dernière à Londres, a été «utilisée comme excuse par des voyous opportunistes», a-t-il affirmé.

Les émeutiers ont vandalisé de samedi à mercredi de nombreux commerces et incendié des bâtiments dans plusieurs villes d’Angleterre, dont Londres, qui doit accueillir les jeux Olympiques de 2012. «A un an des Jeux, nous devons montrer que la Grande-Bretagne n’est pas un pays qui détruit, mais un pays qui bâtit, qui ne baisse pas les bras, un pays qui fait face, qui ne regarde pas en arrière mais toujours en avant», a estimé M. Cameron.

La facture des violences urbaines dépassera largement le seuil des 225 millions d’euros (321 millions de dollars), selon des chiffres encore provisoires jeudi des assureurs et de groupements professionnels. Le gouvernement a annoncé de son côté la création d’un fonds de 22 millions d’euros (32 millions de dollars) pour venir en aide aux commerçants dont les magasins ont été dévalisés.
Birmingham appelée au calme

Et l’émotion était grande à Birmingham (centre), où trois jeunes hommes qui tentaient de protéger leur quartier des pillards ont été écrasés dans la nuit de mardi à mercredi par une voiture.

En soirée, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le calme, bougies à la main, pour une cérémonie d’hommage. Tariq Jahan, dont le fils Haroon, 21 ans, figure parmi les victimes, a appelé à «respecter la mémoire de nos fils» en mettant fin aux violences.

La police a ouvert une enquête pour meurtre. Elle a arrêté un suspect, un homme de 32 ans.

Un homme de 68 ans, agressé par des jeunes lundi soir en essayant d’éteindre un incendie à Ealing, dans l’ouest de Londres, restait dans un état grave.

Dans les villes touchées par les troubles, les tribunaux continuaient toute la nuit à juger des centaines de personnes interpellées pour violences et pillages.

Plus d’un millier de personnes au total ont été arrêtées dans le pays depuis samedi. A Londres seule, 820 personnes ont été arrêtées et 279 inculpées, a annoncé Scotland Yard.

Pour faire face à l’afflux de personnes à juger, des tribunaux sont restés ouverts pendant la nuit. A la barre se sont notamment succédé un garçon de 11 ans qui a reconnu le vol d’une poubelle d’une valeur de 57 euros (81 dollars) et un aide-maternelle, également accusée de vol, qui a plaidé coupable.

Vingt-quatre heures après une première mise en garde aux fauteurs de troubles, David Cameron est revenu à la charge mercredi, promettant qu’il ne laisserait pas une «culture de la peur s’instaurer dans les rues».

Les policiers seront autorisés à utiliser «toute tactique qu’ils jugent nécessaire», a averti le chef du gouvernement, notamment des canons à eau jusqu’à présent réservés aux troubles en Irlande du Nord.

«Il fallait une riposte et la riposte est en cours», a poursuivi sur un ton très offensif le Premier ministre conservateur, faisant fi des inquiétudes «bidons concernant les droits de l’Homme» après la publication par la police de photos de pilleurs présumés.

Sillonnée par 16.000 policiers, Londres était restée calme mardi soir malgré la tension toujours perceptible.

La nuit de mardi à mercredi avait en revanche été le théâtre de violences et de pillages dans plusieurs autres villes, atteignant pour la première fois Manchester (nord-ouest), la troisième ville du pays, ainsi que Nottingham, Birmingham (centre) et sa banlieue, Liverpool, Salford (nord-ouest), Bristol et Gloucester (sud-ouest).

Compliquant encore la situation, des groupes d’autodéfense se sont constitués à Londres.

 

Crise difficile pour Cameron

Ces émeutes, les plus graves dans le pays depuis plus de vingt ans, constituent sans doute la pire crise à laquelle doit faire face David Cameron en quinze mois de pouvoir.

Déjà en position très délicate au début de l’été à cause du scandale des écoutes et de ses liens avec le groupe de presse de Rupert Murdoch, il a été vivement critiqué pour n’avoir écourté que mardi ses vacances alors que les émeutes faisaient rage depuis trois jours.

Et dans les villes saccagées, des habitants se plaignent que le gouvernement ne parvienne pas à reprendre la situation en main.

L’opposition se garde pour l’instant de jeter de l’huile sur le feu et condamne sans ambiguïtés les violences. Certains travaillistes commencent toutefois à dire que le plan de rigueur du gouvernement, incluant des baisses d’effectifs dans la police, a contribué à faire monter la tension sociale.

Mais selon un sondage diffusé jeudi, seuls 8% des Britanniques pensent que c’est la politique d’austérité qui a entraîné les émeutes. La majorité accuse la criminalité (42%) et la culture des gangs (26%). 5% désignent le chômage, et la même proportion les tensions raciales. Ils sont aussi nombreux à critiquer le gouvernement, accusé d’avoir mal géré la crise (57%).

AFP

 

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