L’Oréal, le cœur à droite

Un groupe qui a du volume

Des faits de collaboration aux versements à l’UMP, retour sur l’histoire d’un groupe très politique.

Malgré la tempête, l’affaire Bettencourt ne provoquerait «aucun nuage» chez L’Oréal. C’est le message qu’a fait passer le directeur général du groupe, Jean-Paul Agon, dans une pleine page que lui a consacrée le Journal du dimanche, hier. Le site du groupe rappelle que L’Oréal a été désigné en 2010 parmi les «sociétés les plus éthiques au monde» par un groupe de réflexion bien informé, Ethisphere Institute. On verra en 2011 si la fraude fiscale massive présumée de Liliane Bettencourt, première actionnaire de L’Oréal, modifie son classement éthique. Les révélations récentes des liens d’Eric Woerth (1) avec Patrice de Maistre, gestionnaire du patrimoine de la milliardaire, des «petites sommes» versées à l’UMP par Bettencourt et de l’embauche de la femme du ministre par la société Clymène, ne sont que le dernier épisode de l’histoire très politique du groupe L’Oréal.

Luc Chatel, un bébé l’Oréal

Tout récemment, le 3 juin, le ministre de l’Education, Luc Chatel, a signé un accord-cadre avec Jean-Paul Agon portant sur la validation des acquis d’expérience (VAE) au sein du groupe L’Oréal. Le ministre s’est prêté, sans déplaisir, à une séance photo en compagnie de l’état-major d’un groupe qu’il connaît bien. Il y a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle avant d’être élu député (UMP) de Haute-Marne, en 2002. Entré comme chef de produit, Luc Chatel y a occupé pendant sept ans le fauteuil de directeur des ressources humaines. «Luc Chatel a été poussé par Mme Bettencourt pour devenir le député-maire de Chaumont», assure un ancien conseiller du RPR. «Absolument pas, rectifie le ministre. Je n’ai jamais eu de liens particuliers avec la famille, et je n’ai reçu aucun soutien de leur part au cours de mon activité politique.»

Chatel, qui n’est pas gaulliste, s’inscrit dès ses débuts en politique au Parti républicain, avant d’intégrer l’UMP, dont il est devenu le porte-parole entre 2004 et 2007. L’ancien DRH est nommé en 2007 secrétaire d’Etat à la Consommation et au Tourisme, puis il obtient l’Industrie. L’Oréal applaudit. Dans l’Express, Jean-Claude Le Grand, l’actuel DRH, salue sa «façon moderne de faire de la politique» : «Il applique les méthodes de l’entreprise à ses ambitions. Tout cela, il l’a sans doute appris chez L’Oréal.»

André Bettencourt et François Mitterrand

Huit fois ministre, André Bettencourt, le mari de Liliane, décédé en novembre 2007, a lui aussi fait une brillante carrière politique, plutôt enracinée à l’UDF. Elu député sous l’étiquette des Indépendants et Paysans, puis des Républicains indépendants, il est très proche de Valéry Giscard d’Estaing, Jean Lecanuet et Michel d’Ornano. Mais André Bettencourt compte aussi un grand ami à gauche, François Mitterrand. Dans Une jeunesse française, Pierre Péan a situé l’origine de cette amitié dans l’internat des pères maristes, fréquenté par Bettencourt, Mitterrand et François Dalle, le futur PDG du groupe L’Oréal. «Bettencourt était de trois ans plus jeune que Mitterrand, mais c’est par François Dalle qu’il est entré dans le premier cercle», explique Pierre Péan.

Ils sont alors tous proches de la Cagoule, le mouvement d’extrême droite financé par le fondateur du groupe L’Oréal, Eugène Schueller, père de Liliane Bettencourt. «C’est à Vichy que Bettencourt, qui est devenu journaliste à la Terre Française, retrouve Mitterrand en 1942, poursuit Péan. Mitterrand l’enrôle dans son mouvement clandestin. Bettencourt va devenir l’un de ses plus proches collaborateurs, jusqu’à assurer sa protection dans ses rencontres secrètes, et devenir son agent de liaison en Suisse.»

Le groupe et la collaboration

En 1990, Jean Frydman, l’ancien dirigeant d’une filiale de L’Oréal, déclenche une première «affaire Bettencourt» en déposant plainte contre l’ancien président du groupe François Dalle pour «faux, usage de faux et discrimination raciale» à la suite de son licenciement. Jean Frydman révèle que L’Oréal a recyclé, dans ses filiales étrangères, plusieurs collaborateurs de premier plan. L’affaire se conclut par un non-lieu, mais elle dévoile les faits de collaboration d’Eugène Schueller et de François Dalle, devenu depuis la guerre l’un des dirigeants de L’Oréal. Schueller avait financé le Mouvement social révolutionnaire (MSR) d’Eugène Deloncle. André Bettencourt et François Mitterrand interviendront en leur faveur à la Libération. François Dalle obtiendra pour Mitterrand un poste de responsable de la revue du groupe, Votre beauté.

Karl Laske (Libération)

Affaire Bettencourt

Le procès de François-Marie Banier

Accusé d’abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, François-Marie Banier doit comparaître jeudi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Figure du Tout-Paris, photographe des stars, il doit s’expliquer sur les centaines de millions d’euros de dons que lui a consentis l’héritière et actionnaire principale de L’Oréal. Mais son procès risque d’être bouleversé par la révélation des enregistrements clandestins du maître d’hôtel de la milliardaire.

Deux semaines De révélations

16 juin Le site Mediapart révèle des enregistrements pirates réalisés entre mai 2009 et mai 2010 par le maître d’hôtel de Liliane Bettencourt. Ils mettent au jour des opérations financières destinées à échapper au fisc et (1) des liens entre la milliardaire, le ministre du Travail, Eric Woerth, et son épouse, Florence – laquelle travaille pour la société gérant la fortune Bettencourt. Le parquet de Nanterre ouvre une enquête pour «atteinte à la vie privée».

20 juin Eric Woerth assure ne rien savoir des finances de Liliane Bettencourt et dénonce des accusations «fausses» et «scandaleuses». Le lendemain, il annonce que sa femme va démissionner «dans les prochains jours» de la société où elle gère depuis 2007 une partie de la fortune Bettencourt. Cette dernière annonce la régularisation fiscale de ses avoirs à l’étranger.

25 juin Le procureur Courroye révèle qu’il a saisi l’administration fiscale, le 9 janvier 2009, «de la procédure suivie à l’encontre de François-Marie Banier et tous autres», lui transmettant «l’intégralité des éléments de la procédure et des scellés». Eric Woerth, ministre du Budget jusqu’en mars dernier, annonce qu’il a autorisé un contrôle fiscal de Banier.

26 juin L’Elysée affirme que «le président de la République n’a strictement rien à reprocher à Eric Woerth».

27 juin Le ministre du Budget, François Baroin, annonce que le fisc va passer la fortune Bettencourt au peigne fin et exclut toute intervention de son prédécesseur, Eric Woerth, dans le dossier.

Voir aussi : rubrique Affaires Corruption Karachi le juge confirme, La police luxembourgeoise met en cause Sarkozy, Politique, démission du 1er ministre japonais, Démission du président Allemand

Le roman « Noon Moon » de Percy Kemp ouvre les fenêtres

Photo Hermance Triay

Percy Kemp. Photo Hermance Triay

Percy Kemp, figure parmi les nombreux auteurs invités du Festival International du Roman noir (Firn) ce week-end à Frontignan. On peut se faire un avis sur sa personnalité à travers quelques éléments connus de sa biographie. C’est un Anglais, né à Beyrouth en 1952 d’un père britannique et d’une mère libanaise. Il parle l’arabe couramment, écrit des romans en français et complète ses activités en tant que conseil dans le renseignement stratégique. On peut le lire aussi sur le site de Rue 89 où il tient des chroniques décalées.

Après des attentats manqués en Grande-Bretagne il y a trois , il signait du nom de Ben Laden, PDG d’Al Qaeda SA, un courrier où il s’insurgeait contre l’usage abusif de son label : « Le succès retentissant que notre marque connaît depuis quelques années, sa conquête impérieuse de l’audimat et la manière magistrale dont elle a su s’imposer dans tous les foyers, ont suscité d’innombrables vocations et autant d’imitations et de contrefaçons (…) Un peu partout dans le monde aujourd’hui, des paumés en crise d’identité et en mal de notoriété bricolent de ridicules petits attentats visant les infidèles et les apostolats. Attentats minables que des médias en mal de copie nous imputent immanquablement.

Le style de Percy Kemp est là. L’homme d’apparence flegmatique allie le savoir-faire à l’humour en s’ancrant avec érudition au cœur des enjeux post-11 septembre desquels se déploie  les manoeuvres de la politique internationale. Dans son dernier roman, Noon Moon, l’auteur s’est nourri de la pensée grecque. A travers une double intrigue le livre pose une réflexion philosophique sur les dessous de la prétendue guerre des civilisations.

noon-moonL’ouvrage s’ouvre sur un cafard qui progresse sur le corps de Zandie enchaîné dans une cellule. Après avoir été enlevé par les fous de dieu, Zandie est terrorisé. Il redoute le moment où son bourreau va ouvrir la porte et le saigner comme un mouton devant une caméra. Mais la porte s’ouvre sur un vieil homme féru d’hellénisme qui commence par évoquer la fin de Socrate et poursuit en l’instruisant sur la nature réelle et complexe du contexte historique global. L’écrivain use de la situation pour ouvrir des perspectives. La proximité de la mort fait du prisonnier un auditeur attentif à la profondeur du propos qui parvient à le libérer de la peur et de l’ego. Ailleurs, dans le théâtre des services secrets américains se joue une partie plus mouvementée. On pénètre dans les arcanes de la manipulation liée aux enjeux de la politique intérieure américaine. Et l’on suit le destin de Charlie lancé sur les pentes hors piste de la traque du terrorisme islamiste.

Noon Moon est un grand roman où les apparences se révèlent trompeuses. Et où les vérités les plus répandues sont mises en défaut. Il y a  du Graham Greene dans cette manière éclairante d’explorer l’ambivalence morale et politique du monde. On pense à un Américain bien tranquille resitué dans le contexte beaucoup moins mélodramatique du XXIe siècle. Un contexte dont le réfractaire Percy Kemp dévoile les stratégies et la géographie secrète en s’appuyant sur la sagesse antique.

Jean-Marie Dinh

Noon Moon, Seuil Thrillers, 22 euros.

Matin chagrin à la Maison ronde

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«Val démission ! Val démission !» En direct, hier, un peu après midi, le public du Fou du roi vient d’apprendre que Didier Porte est viré. A la fin de sa chronique, l’humoriste a indiqué avoir reçu une lettre recommandée lui annonçant son licenciement. Signée Philippe Val, le directeur de France Inter. Et les fidèles de l’émission de Stéphane Bern n’ont pas apprécié. Au point que l’antenne a résonné, donc, d’appels à la démission, huées incluses. Au point que Bern himself s’est fendu, et toujours en direct, d’un soutien à Didier Porte et s’est interrogé sur son propre avenir à France Inter. Deux heures plus tôt, dans un entretien au Monde, le président de Radio France, Jean-Luc Hees, annonçait qu’il éjectait Stéphane Guillon des ondes publiques. Il ne fait plus bon rire le matin sur France Inter.

Allégeance. La double éviction n’a pas fait marrer l’opposition qui, du NPA au Modem en passant par le PS, a dénoncé le licenciement des deux humoristes : François Bayrou jugeant que «la démocratie a besoin d’humoristes, même s’ils y vont parfois trop fort» et Martine Aubry défendant un «droit à la moquerie et même à l’outrance».

A Radio France, c’est la consternation. Le SNJ dénonce une «entreprise d’autodestruction» de la direction, tandis que, pour Sud, Hees et Val «sont les liquidateurs de l’indépendance, de la liberté de ton des antennes de la maison». Et c’est aussitôt le spectre élyséen qui fait son apparition : premier patron de l’audiovisuel public désigné par Nicolas Sarkozy, selon le nouveau pouvoir que le Président s’est arrogé par la loi de mars 2009, Jean-Luc Hees est poissé par ce mode de nomination, et le soupçon d’allégeance le suit comme son ombre

Au Monde, pourtant, Hees l’affirme : «J’assume.» «Si l’humour se résume à l’insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais aussi pour moi. […] J’ai un certain sens de l’honneur : je ne peux accepter que l’on me crache dessus en direct.» Val, qui n’a pas donné suite aux demandes d’interview de Libération, a abondé : «Où ailleurs peut- on supporter une chose pareille, se faire pourrir à l’antenne, c’était une atteinte à notre honneur et à notre considération en permanence», a déclaré à l’AFP l’ancien chansonnier et ex-directeur de l’hebdo satirique Charlie Hebdo.

Sûr que Stéphane Guillon et Didier Porte ne donnaient pas cher de leur peau. Guillon est dans le collimateur depuis qu’il a moqué Dominique Strauss-Kahn en infatigable coureur de jupons, en février 2009. La chronique déclenche alors l’ire élyséenne. Quand Jean-Paul Cluzel, alors président de Radio France, est remercié, Guillon en est l’une des causes. Du coup, à peine Hees désigné à la présidence de Radio France, il est déjà envisagé comme un tueur à gages de Guillon à la solde de Sarkozy.

Averto. Le cas de Didier Porte est plus récent : le 20 mai, il imagine un Dominique de Villepin atteint du syndrome de la Tourette (qui occasionne de brusques bordées d’injures) servant au Président de sonores «J’encule Nicolas Sarkozy !» L’affaire vaudra à Porte un avertissement et déclenchera une note de service de Val : défense de régler ses comptes à l’antenne, sinon, zou, averto. C’est que Stéphane Guillon – et dans une moindre mesure Didier Porte – ne se prive pas de rire à l’antenne de ses déboires avec sa direction. Une attitude de «petits tyrans», selon le terme de Hees.

Hier matin, la dernière chronique de Guillon a été applaudie dans le studio, à la demande de Nicolas Demorand. Avant même d’avoir la confirmation qu’il était viré, Guillon a livré un genre de testament radiophonique, raillant notamment «France Inter, une radio de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite».

Libération

Voir aussi : rubrique Médias : Recettes publicitaires en chute

Crise et budgets culturels : l’effet domino

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Les ministres

Financement. Dans un contexte de forte houle où la culture se trouve dans la tempête, la Région et le Département de l’Hérault engagent un bras de fer aux effets dévastateurs.

Après avoir engagé les vagues de décentralisation permettant aux collectivités territoriales d’assurer le développement de politiques culturelles, l’Etat y porte un coup cinglant à travers la réforme des collectivités et la suppression de la taxe professionnelle. Ce qui est présenté dans la nova langue du gouvernement comme une mesure de cohérence revient sur le terrain politique à la prise en compte des enjeux de pouvoir qui s’exercent sur les territoires régionaux pour en prendre le contrôle ou y exercer son influence.

Le contexte national

On l’aura compris, l’Etat n’a désormais plus les moyens de financer seul de grandes infrastructures. Face à cela et au-delà de l’opportune vitrine que pouvait leur offrir la culture, les collectivités territoriales se sont saisies de missions culturelles pour donner du sens à leur politique, pour exprimer ce qu’elles entendaient faire sur leur territoire, et pour tisser du lien avec les populations. Parallèlement, les financements croisés associant l’Etat et les collectivités se sont développés présentant l’avantage de dépasser les logiques souverainistes. L’arrivée de la crise va-t-elle revenir sur le chemin parcouru?? On peut le craindre dans notre région où les dernières échéances électorales ont laissé traces et rancunes.

La situation locale

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Le seigneur

Acteurs culturels et artistes s’interrogent, et chacun à son niveau peut témoigner de l’inquiétude qui règne. Au climat de récession générale, vient en effet s’ajouter un conflit ouvert entre le Département de L’Hérault et la Région. La suppression d’une subvention régionale de 200 000 euros au Printemps des Comédiens dans le cadre des financements croisés semble être à l’origine* du transfert des hostilités sur le terrain culturel.  » Nous avons appris cette décision par courrier en avril dernier, explique Daniel Bedos, cela a impacté la programmation. Alors qu’il faudrait que le rassemblement autour de l’art et de l’imaginaire accompagne la crise, on est dans la situation inverse. « 

La création payera l’addition

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Le président du CG

La suppression de cette enveloppe dont une partie devait revenir au soutien des compagnies régionales s’est traduite dans les faits. Le nombre de troupes soutenu est passé de quatre à une entre l’édition 2009 et 2010.La vitrine culturelle du Conseil général ne semble pas pour autant remise en cause.  » Le Printemps des Comédiens devrait dépasser son objectif d’autofinancement qui était cette année de 25%, assure le vice-président du Conseil général Jacques Atlan, nous subviendrons au désistement de la Région par un rééquilibrage de notre participation sur des projets culturels régionaux. Je précise cependant que contrairement à ce qui a été dit concernant le festival de Radio France, nous avons maintenu notre participation à hauteur de 100 000 euros pour les concerts gratuits de Jazz dans l’Amphithéâtre D’O. C’est une décision politique, Frêche a fait pression sur Koering pour que le transfert ait lieu aux Ursulines.« 

Le cofinancement menacé

l'artiste

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Le budget culturel 2011 (10M à 11M d’euros) du Département n’est officiellement pas bouclé. Mais des coupes pourraient s’opérer dans la participation du Conseil général en direction de l’Orchestre et de l’Opéra ainsi que pour le Festival Montpellier Danse… » Nous sommes très attachés à ce que les financements croisés se poursuivent notamment dans les centres nationaux, indique François Duval, en charge du spectacle vivant à la Drac LR. Il n’est pas souhaitable que L’Etat se trouve dans un rapport bilatéral avec une collectivité. Au-delà des apports financiers, la lecture que peut avoir telle ou telle collectivité garantit une pluralité et la pérennité de la structure. »

Mais le principe de cofinancement qui vaut pour le CDN et le CCN ne pèsera pas de la même manière pour les structures culturelles de tailles moyenne. Et a fortiori pour les petites compagnies et le monde artistique en général qui redoutent que le fossé ne se creuse et qui savent d’ores et déjà qu’ils seront les premières victimes. Vous avez dit dégâts collatéraux ?

 * La Région Languedoc-Roussillon n’a pas donné suite à notre demande d’information.

Voir aussi : Rubrique politique culturelle, Garder des forces pour aller à l’efficace, Régionales : visions croisées sur l’enjeu de la culture , le modèle français,

Billet

La culture au coeur du politique

La saison de la culture brille actuellement de ses mille feux comme une cigale peu soucieuse de la bise future. Mais au contact des acteurs culturels et artistiques, l’inquiétude est prégnante. Car la crise s’abat aveuglément sur tout le secteur. De la réduction des budgets d’Etat aux contraintes des collectivités, on taille au sabre et le pire reste sans doute à venir. Dans les réunions de couloir, on prétexte que la culture ne fait pas partie des priorités, que l’urgence est ailleurs… en oubliant les retombées indirectes dont les études démontrent qu’un euro investi dans la culture en génère six. La récession culturelle qui se dessine concerne les artistes, les responsables culturels, les personnels techniques, administratifs et d’accueil mais aussi le secteur du tourisme le commerce local, les transports… Trop vite oubliés, les commerçants d’Avignon descendus dans la rue au cœur du conflit des intermittents en 2003 pour qu’on « leur rende leur festival ».

L’argument n’est pas seulement économique. La culture est bien évidemment au cœur du politique, au même titre que l’éducation. On a vu à raison dans le projet de réforme territoriale une volonté de laisser dans l’ombre la liberté des collectivité d’agir. La culture contribue à leur projet politique et en porte les valeurs.

 

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Politique culturelle,

La Chine traduit ses paroles en actes avec un cours du yuan en hausse

Conformément à ses engagements du week-end, la Chine a introduit une première dose de souplesse dans son système de taux de change, avec un cours pivot du yuan en nette hausse face au dollar mardi, à quelques jours de l’ouverture du sommet du G20.

La Banque centrale a fixé un cours pivot de 6,7980 yuans contre le dollar, après 6,8275 lundi –soit une hausse du yuan de 0,43%. Ce cours représente le seuil autour duquel la monnaie chinoise fluctue quotidiennement, dans une limite de plus ou moins 0,5% en ce qui concerne le dollar. Il est basé sur la moyenne des taux évalués par des teneurs de marché mais reste déterminé par la Banque centrale, qui a averti dimanche qu’elle continuerait de privilégier la stabilité de sa monnaie. La veille, l’institut avait aussi affirmé son intention de poursuivre la réforme de son taux de change et d’insuffler plus de souplesse au système.

 Pour les analystes, Pékin a assorti ses promesses de son premier geste concret mardi, sans pour autant lâcher la bride ni être prêt à une appréciation trop forte pour le bien-être de ses exportateurs. « La Chine a soutenu ses paroles par des actions et le président Hu (Jintao) va arriver à Toronto avec la preuve tangible que le pays est sérieux sur la question d’une souplesse accrue du taux de change », a commenté Brian Jackson de Royal Bank of Canada, qui prévoit des gains « limités » et néanmoins « significatifs » face au dollar dans les prochaines semaines.

Nombre d’analystes avaient estimé que les déclarations de la Banque centrale visaient à apaiser les critiques étrangères avant le sommet du G20 de Toronto (26 et 27 juin). Les partenaires commerciaux de la Chine, surtout les Etats-Unis, ont renouvelé leurs pressions ces derniers mois en faveur de l’appréciation du yuan. Ils fustigent sa sous-évaluation, estimant qu’elle baisse artificiellement le prix des exportations de la Chine et induit des déséquilibres dans l’économie mondiale.

Les annonces de la Banque centrale ont aussi été considérées comme le signe que le yuan allait de nouveau pouvoir s’apprécier face au dollar, après deux ans de stagnation. Cela a propulsé la monnaie chinoise sur le marché interbancaire lundi à son plus fort niveau contre le dollar depuis la réforme du sytème chinois de taux de change de juillet 2005, qui avait désarrimé le yuan du dollar pour l’adosser à un panier de devises.

« Nous nous attendons à des mouvements d’envergure, dans les deux sens, avec un déplacement global vers un yuan plus fort. Mais le G20 terminé, le rythme d’appréciation devrait se ralentir », a estimé Mark Williams, de Capital Economics dans une note. Mardi, sur le marché interbancaire, le yuan s’est tout d’abord encore renforcé avant de retomber à 6,82 contre le dollar, en raison, selon l’agence Dow Jones Newswires, d’une forte demande pour la monnaie américaine. L’agence fait état de spéculations selon lesquelles des banques chinoises, à l’origine de cette demande de dollars, auraient pu être encouragées par la Banque centrale, décidée à montrer qu’un taux de change plus souple veut dire des mouvements dans les deux sens.

Le fait est que le yuan profite depuis lundi de l’amplitude de la bande de fluctuation, après ses mouvements étriqués des deux dernières années, qui l’ont vu de facto re-chevillé au billet vert. Et en fixant mardi un cours pivot au niveau de la clôture la veille sur le marché interbancaire, « les autorités ont confirmé qu’elles avalisaient » les mouvements vers le haut de la bande de fluctuation, a souligné Mitul Kotecha, analyste de Crédit agricole à Hong Kong. « Mais il n’y aura pas de mouvement d’appréciation agressif d’ici à la fin de l’année ».

AFP