Dossier. Théâtre en péril, fin d’un modèle à Montpellier et dans l’Hérault ?

""Les choses paraissent fragiles mais, en fait, c'est toute la vie qui est fragile" Patrick Neu

«  »Les choses paraissent fragiles mais, en fait, c’est toute la vie qui est fragile » Patrick Neu

Déjà sous pression budgétaire, la vie théâtrale héraultaise et montpelliéraine subit les affres du redécoupage territorial et de la méconnaissance des politiques. Attention fragile !

Dossier Réalisé Par JMDH Source La Marseillaise 12/10/2016

 

 

 

 

Beziers : sortieOuest dissolution imminente de  l’association     

4602945_3_42fb_le-chapiteau-theatre-sur-le-domaine-de_8a80da1b9d2301c1d82328f8476cb8deLe lieu culturel populaire et parfaitement compatible avec les questionnements contemporains est menacé. Le Conseil départemental programme la fin de l’association, les spectateurs se mobilisent jeudi à 16h, jour du Conseil d’Administration.

 

Montpellier. Départ de Rodrigo Garcia

Le président de la Métropole Philippe Saurel botte en touche.

201504281637-full«  Il a porté à ma connaissance par courrier qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat. J’entretiens d’excellentes relations avec le directeur du CDN de Montpellier, Rodrigo Garcia. J’ai négocié avec beaucoup de doigté. Nous avons déjeuné ensemble. Il propose une programmation de qualité. C’est vrai que c’est un théâtre peut-être pas à la portée de tous les publics. Je l’ai soutenu. Dans les moments de crise, j’ai pris le parti de dire que le homard n’est pas un animal de compagnie. »

Nomination. Aurelie Filippetti s’adapte.
aurelie-filippetti-ministre-aux-ordres,M93849L’ancienne ministre de la culture qui avait nommé Rodrigo Garcia à la tête du CDN assure aujourd’hui la présidence du festival montpelliérain CINEMED. « Pour les artistes c’est toujours délicat. On a souvent le cas de personnes qui ne veulent jamais lâcher leur mandat , cette fois c’est le contraire. C’est lui qui annonce son départ

 

 

 

 

VIE ARTISTIQUE

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Déjà sous pression budgétaire,  la vie théâtrale héraultaise et montpelliéraine subit les affres du redécoupage territorial et de la méconnaissance des politiques. Attention fragile !

Depuis toujours, le théâtre se passionne pour le quotidien ordinaire des hommes et des femmes. Face à la crise planétaire que traverse l’humanité, il doit faire face aujourd’hui à la barbarie d’une radicalisation religieuse, politique, sociale et économique qui se présente sous les traits d’une violence aux multiples facettes. A Montpellier, dans la Région et au-delà, cette violence quotidienne questionne les artistes et les acteurs culturels de façon aiguë. Comment l’éducation à la consommation qui va de concert avec la paupérisation des connaissances et la montée de la violence pourrait-elle ne pas peser de tout son poids sur les politiques culturelles et plus particulièrement le théâtre ?

Le théâtre est un art politique, non par son contenu idéologique, mais à travers la progression régulière de l’action qui fonde l’intensité dramatique, politique aussi, à travers la contestation des valeurs données comme intangibles. Certains artistes, c’est le cas de Rodrigo Garcia, annonçant vendredi qu’il ne briguera pas un second contrat à la direction du CDN de Montpellier, ont fait du consumérisme le tremplin d’une mutation des formes dramatiques et scéniques. Ils proposent un travail artistique affirmé plein d’ambivalence. Et le désordre s’empare du plateau, parce que le quotidien qui se présente résiste à toute forme de sens. La scène devient le lieu où se renouvelle l’espace.

Le public jeune perçoit l’expression d’une rupture 

« Mes choix artistiques peuvent paraître radicaux si on les compare aux autres. Moi, je n’ai pas ce sentiment. La majorité de ce qui est programmé dans les CDN est radicalement conservateur, dans ce contexte, ma propre radicalité ouvre une fenêtre pour l’expression plurielle », formulait ily a peu, le directeur d’hTh.

Le public cultivé traditionnel ne voit pas dans «l’insignifiance» enchanteresse un moyen de relever le défi. Il peut éprouver dans cette transgression le sentiment d’un espace qu’on lui retire. A l’inverse, le public nouveau, plus jeune, perçoit  dans cette inquiétante étrangeté l’expression d’une rupture liée à la violence de l’histoire contemporaine. Une alternative aussi à la culture high-tech que lui propose la société de consommation.

Le CDN hTh occupé en avril 2016

Le CDN hTh occupé en avril 2016

Le projet hTh se caractérise par un esprit d’ouverture sans frou-frou. Le hall du théâtre est devenu lieu de création et d’échanges tous azimuts.  Rodrigo Garcia n’a jamais revendiqué le statut d’artiste engagé politiquement. Il a eu maille à partir avec le conflit des intermittents du spectacle. En 2014, il annule les représentations de Golgota Picnic au Printemps des Comédiens. S’il affirme à l’époque son soutien aux intermittents et précaires en lutte,  il se fend d’une lettre où il fait référence aux artistes étrangers victimes de la grève. «Les intermittents français défendent leurs droits avec un égoïsme prononcé et ne se préoccupent pas de ce qui se passe autour d’eux.»  En avril dernier, alors que le CDN est occupé il déclare «Je partage le point de vue des travailleurs. Perdre des droits correspond à un retour en arrière.» Cette fois, les spectacles se poursuivent et le combat trouvera une issue favorable.

Au-delà de la représentation esthétique, force est de constater que le communiqué de Rodrigo Garcia ne focalise pas sur le contenu de ses propositions mais sur l’étroitesse financière de son budget artistique, 350 000 euros, que l’on peut mettre en regard avec le budget d’une ZAT  (Zone artistique temporaire), 500 000 euros pour deux jours. Le directeur du CDN hTh pointe notamment le refus de la Métropole de mettre à disposition un bus pour accéder au Domaine de Grammont qui n’est pas desservi par les transports en commun.

Enfin le projet de transfert du CDN au Domaine d’O proposé par le maire de Montpellier et président de la Métropole, Philippe  Saurel, apparaît comme un élément majeur dans la décision de Rodrigo Garcia de ne pas prolonger son mandat. «Pour ce qui nous concerne, nous ne refuserons jamais de grandir. Toute initiative qui viserait à faire du CDN un projet plus important, j’y serai favorable »,  indiquait-il en avril dernier.

Il ne s’est rien passé depuis, qu’une stérile lutte de pouvoir sans l’ombre d’un projet artistique. Jean Varela directeur de sortieOuest et grand défenseur de l’action publique l’a dit d’un autre endroit : « La seule question est de savoir comment les politiques conçoivent un service public de qualité. »

Jean-Marie Dinh

 

PRODUCTION hTh 2016
Markus Ohrn  s’attaque à l’ancien testament

markus-1168x350Rodrigo Garcia l’a souligné, il remplira son contrat. Et qu’on se le dise, la saison hTh 2016/2017 mérite le détour. Elle se compose d’une succession de propositions internationales, mais pas seulement, parfaitement décoiffantes. Le coup d’envoi a été donné avec To Walk the Infernal Field, une création post bourgeoise, de l’artiste visuel suédois Markus Ohrn en collaboration avec le dramaturge Pär Thörn, qui s’inspire librement de l’Ancien Testament relu au gré d’un univers Hard metal.

Un retour à la genèse reposant sous la forme d’une série de 70 épisodes en 10 chapitres. L’aventure, pour le moins risquée, a débuté à Montpellier où les trois premières soirées ont été données du 5 au 7 octobre. L’inventivité débridée et le principe performatif adapté à celui de la série produisent pour beaucoup un effet addictif. Qu’ils se rassurent, le chapitre 2 se tiendra à hTh du 1er au 3 décembre. Pour les suivants, il faudra surveiller les programmations des théâtres et festivals des grandes villes européennes.

To walk the infernal fields donne une interprétation des Livres de Moïse en tant que doctrine d’économie politique, construction d’une identité nationale et des lois terrestres autant que religieuses. « Je trouve pertinent de procéder à un examen de la Bible dans une époque au cours de laquelle tout le monde est obsédé par l’interprétation du Coran », indique Markus Ohrn.

Autre parti pris radical exprimé par l’auteur face au public après l’une de ses représentations « Je ne veux pas créer une performance qui puisse être envisagée comme un produit à vendre ou à acheter. Je veux  que l’expérience soit réellement ressentie comme l’ici et maintenant. C’est pourquoi, il n’y aura pas d’autre opportunité de la voir ensuite, car elle disparaîtra

Dans le public, auquel on a fourni à l’entrée des boules-Quies afin qu’il préserve son audition, une dame interroge le metteur en scène « Moi j’ai 80 ans, et je me demande si vous pensez au public quand vous faites vos spectacles ?                                                   – Oui bien-sûr, répond l’artiste, je considère que c’est un don que je vous fais.»

Cette dame reviendra le jour suivant et répondra à l’invitation faite à l’ensemble de la salle d’investir le plateau…

PROGRAMMATION : CDN hTh

 

 

ECRITURES

La Baignoire : Elément indispensable au paysage artistique

Béla Czuppon capitaine de  La Baignoire , 7 rue Brueys à Montpellier

Béla Czuppon capitaine de La Baignoire , 7 rue Brueys à Montpellier


La Baignoire débute sa saison. Le petit laboratoire montpelliérain  consacré aux écritures contemporaines résiste modestement au tsunami qui ravage la création en Région.

Elle n’est pas insubmersible mais tient son cap, comme une petite bête d’eau qui se propulse sans raison apparente à la surface des eaux pas très claires, dans la bassine du mondillo culturel. Chaque saison, la Baignoire accueille des artistes, des auteurs et des compagnies.

« Chaque année la situation s’empire et les demandes s’accroissent, constate le capitaine Béla Czuppon qui sait de quoi il parle puisqu’il est aussi  comédien et metteur en scène.   Nous participons au glissement général. L’adaptabilité  qui encode les solutions aux problèmes nous fait devenir coproducteurs en proposant des résidences dotées de 2 000 ou 3 000 euros » évoque-t-il avec dépit.

Ce lieu, il le  tient, avec un budget de fortune, par passion, par goût, et aussi nécessité, celle d’offrir un lieu de travail et de découverte. A la Baignoire, les propositions et les formes sont diverses mais toujours qualitatives.

Lydie Parisse ouvre la saison avec L’Opposante (voir ci-dessous). La Comédienne et metteur en scène Marion Coutarel prendra le relais  avec Si ce n’est toi, une sortie de chantier du 17 au 19 nov avant une création programmée au Périscope à Nîmes. Une virée poétique d’Andréa d’Urso sera conduite par le collectif marseillais Muerto Coco accueilli le 24 nov en partenariat avec la Cave Poésie à Toulouse. A découvrir aussi l’installation sonore immersive La Claustra de Marc Cals qui fait causer les meubles, et les micro-concerts de l’Oreille Electrique qui rythmeront la saison, ainsi que les lectures-déjeuners proposées par Hélène de Bissy qui feront la part belle aux nouvelles.

La Baignoire reste un lieu essentiel à l’écosystème du travail artistique local, les artistes et le public le savent déjà, il y aurait-il d’autres personnes à convaincre ?
Rens 06 01 71 56 27

PROGRAMMATION : La Baignoire

 

SPECTACLE

Baignoire.  L’opposante mise en scène par Lydie Parisse et Yves Goumelon

Lydie_LightC’est à partir d’une histoire réelle que l’auteure a élaboré le récit de cette femme – morte à 97 ans – qui a enfoui dans le secret de son âme un amour interdit. Elle a aimé un Allemand durant la seconde guerre mondiale avant d’en être séparée, sans jamais l’avoir oublié. Depuis le jour de sa mort elle se met à parler pour un compte à rebours avant de s’enfoncer à jamais dans la brume. Lydie Parisse signe un texte saisissant de liberté, celle d’une femme morte un dimanche, jour où la France entre en guerre au Mali. Rapport de la petite histoire à la grande, rapport à une guerre du silence qui forge le destin de l’opposante. La pièce met en lumière une vie  sous forme de confidences emportées. La simplicité intense et sincère d’Yves Gourmelon porte l’interprétation à un niveau de sensibilité rare. Le texte est touchant, drôle et jubilatoire quand il bouscule les tabous et les simagrées commémoratives. Pour ceux qui restent, la mort est un grand théâtre. La mise en scène présentée à Avignon, accueille le public dans une quasi-obscurité permettant aux spectateurs d’entrer dans un espace d’entre deux mondes où l’acuité s’aiguise. « C’est comme ça et pas autrement. »

                                                                                                                                                                   L’opposante à La Baignoire les 14 et 15 oct

 

 LIEU MENACÉ

sortieOuest dans la tourmente

 

Le poumon culturel du Biterrois en proie aux intrigues  politiciennes  dr

Le poumon culturel du Biterrois en proie aux intrigues politiciennes dr

Créée il y a dix ans par le Conseil départemental et cultivée par son directeur Jean Varela et son équipe, sortieOuest  est devenue  un espace de diffusion pluridisciplinaire, un lieu privilégié d’élaboration de projets culturels pensés en collaboration avec les acteurs locaux. Une réussite totale remise aujourd’hui en question...
Après le quasi-avis de décès du festival la Terrasse et del Catet, c’est au tour des spectateurs-amis de sortieOuest, qui viennent de se monter en association, de manifester une vive inquiétude quant à l’avenir de leur théâtre « attaqué sur ses missions de service public de la culture par sa propre tutelle : le conseil départemental de l’Hérault

Victime des dégâts collatéraux  liés au bras de fer qui oppose  le Conseil départemental de l’Hérault  à la Métropole de Montpellier à propos de la compétence culturelle métropolitaine, le lieu a vu sa présentation de saison repoussée, puis annulée. Aucun programme n’a été édité, ce qui renforce l’inquiétude du public fidélisé autour d’une programmation accessible de grande qualité.

Le directeur artistique Jean Varela, par ailleurs directeur du Printemps des Comédiens garde le silence. Il avait évoqué lors de la présentation à la presse de la saison d’hiver du Domaine D’o « l’impatience du public biterrois» et les répercutions néfastes de la loi NOTRe sur les territoires ruraux : « cette loi pose la question des politiques en milieu rural. Le populisme est partout…»

Depuis la situation n’a pas évolué, des spectacles programmés ont été annulés et rien ne s’éclaircit si ce n’est que l’équipe qui compte dix salariés ne peut plus faire son travail. SortieOuest est en théorie à l’abri du conflit impliquant la Métropole Montpelliéraine mais se retrouve concernée dans un projet alambiqué notamment défendu par le président de la structure Philippe Vidal, qui consisterait à élargir l’Epic du Domaine d’O à d’autre structures dont sortieOuest.

Dans cette perspective, le Conseil départemental a annoncé la dissolution de l’association. Un Conseil d’administration de l’association se tiendra demain à Béziers, précédé d’un rassemblement du public qui s’est approprié la démarche artistique et la convivialité de ce lieu incontournable. Le flou n’est cette fois pas artistique mais bien politique.

PROGRAMMATION : sortieOuest

 

THÉATRE UNIVERSITÉ
Au coeur de la fac La Vignette consolide sa mission

GetAttachmentThumbnailLes problèmes du théâtre seraient-ils inhérents au marasme politique ? La question mérite d’être posée si l’on se réfère à la bonne santé du Théâtre universitaire montpelliérain La Vignette, qui évolue partiellement hors de cette arène.

L’université Paul Valéry a bien compris l’intérêt d’assumer pleinement sa mission culturelle figurant au cahier des charges de toutes les universités françaises. Elle dispose d’un Centre culturel très actif et d’un théâtre qui développe les échanges intra-universitaires et inter-universitaires tout en restant ouvert au public extérieur.

Douze ans après sa création La Vignette est devenue une scène conventionnée pour l’émergence et la diversité. «Cette année, Patrick Gilli, le nouveau président est venu approuver  la place du théâtre en tant que lieu d’échanges et de recherches, se félicite le Directeur Nicolas Dubourg, le théâtre s’est affirmé comme un outil de rayonnement sur le territoire, nous poursuivons maintenant  sur la voie de la professionnalisation en tissant des liens qui favorisent l’insertion des étudiants dans le monde actif.»

Le Théâtre s’inscrit  par ailleurs comme partenaire du nouveau Master Création Spectacle Vivant du département Cinéma&Théâtre en participant à la formation des étudiants en études théâtrales. En tant que représentant régional du Syndeac, Nicolas Dubourg n’est pas insensible à la crise actuelle.

«Les attaques contre la liberté de programmation par les maires  ou par le public via des débats participatifs tronqués se multiplient, il faut que la profession se mobilise. Ici nous ne sommes pas concernés car notre théâtre n’est pas un simple lieu de diffusion. Il y a une  différence entre programmer un spectacle et voir ce qui se passe avant et après, pour nous le spectacle n’est pas un événement mais un parcours où interviennent professionnels, chercheurs, étudiants et public.»

La programmation de cette saison réserve de très bonnes surprises ; elle se décline cette année autour de l’engagement et de l’intention de réaffirmer un théâtre de texte contemporain.

PROGRAMMATION : Théâtre La Vignette

 

 

SORTIR ENCORE

 Théâtre.  Sélection de trois spectacles qui ouvrent les esprits sur le monde

L’offre théâtrale montpelliéraine de cette saison demeure globalement qualitative à l’instar de ces trois spectacles à découvrir prochainement. Les spectateurs citoyens doivent se manifester s’ils ne veulent pas mesurer les répercutions du désastre qui s’annonce dans les années à venir.

 

142-illustration-hearing-amir-reza-koohestani_1-1450362282Hearing texte et mise en scène de l’artiste iranien Amir Reza Koohestani qui conçoit ses récits comme des jeux de miroirs pour évoquer le rapport aux autres et la distance entre les individus. Proposé par le Théâtre La Vignette les 15 et 16  novembre prochain.

portfolio_pleine_hd02marc-ginotPleine Texte et mise en scène de Marion Pellissier par la cie montpelliéraine La Raffinerie. Une femme qui n’accouche pas, une sage-femme et un médecin inquiétants, un foetus qui observe la vie de l’intérieur…Spectacle proposé par le Domaine d’O du 13 au 15 oct.

 

ATMEN-5159 Time’s Journey Through a Room scénario et mise en scène de la japonaise Toshiki Okada reconnue comme une figure majeure des arts de la scène.  Les 18 et 19 oct à hTh.

Voir aussi : Rubrique Théâtre, hTh 2017 Libre saison de bruit et de fureur, SortieOuest archivesBéziers, le débat déconstruit la mystification, Sortieouest. Des spectacles vraiment vivants ! , Un théâtre de toile et d’étoiles reconnu et défendu, rubrique Politique, Politique culturelleDernière saison d’hiver au Domaine d’O ?, Politique Locale, rubrique Danse,  rubrique Montpellier, rubrique Rencontre, Rodrigo Garcia : «Vivre joyeusement dans un monde détestable»,

These moving photos of the refugee crisis just won a Pulitzer Prize

Gripping images of Europe’s refugee crisis won the 2016 Pulitzer Prize for breaking news photography on Monday.

The judging committee said that the joint first place prize was awarded to Mauricio Lima, Sergey Ponomarev, Tyler Hicks and Daniel Etter’s work for The New York Times and the photography staffers of news agency Thomson Reuters for photos that « captured the resolve of refugees, the perils of their journeys and the struggle of host countries to take them in. »

Covering hundreds of miles and telling dozens of individual stories, the images capture people at an uncertain moment in their lives, on unknown roads to uncertain destinations:

Refugees arrive by a Turkish boat near the village of Skala, on the Greek island of Lesbos (The New York Times/Sergey Ponomarev - November 16, 2015).

Refugees arrive by a Turkish boat near the village of Skala, on the Greek island of Lesbos (The New York Times/Sergey Ponomarev – November 16, 2015).

Desperate refugees board the train toward Zagreb at Tovarnik station on the border with Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev - September 18, 2015).

Desperate refugees board the train toward Zagreb at Tovarnik station on the border with Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev – September 18, 2015).

 

Ahmad Majid, in blue T-shirt at centre, sleeps on a bus floor with his children, his brother Farid Majid, in green sweater at right, and other members of their family and dozens of other refugees, after leaving Budapest on the way to Vienna. (The New York Times/Mauricio Lima - September 5, 2015).

Ahmad Majid, in blue T-shirt at centre, sleeps on a bus floor with his children, his brother Farid Majid, in green sweater at right, and other members of their family and dozens of other refugees, after leaving Budapest on the way to Vienna. (The New York Times/Mauricio Lima – September 5, 2015).

Migrants walking past a church, escorted by Slovenian riot police to a registration camp outside Dobova, Slovenia. The small Balkan nations along the path of the human migration through Europe have seen record numbers of refugees cross their borders, and have been overwhelmed in their ability to manage the human flow (Sergey Ponomarev, The New York Times - October 22, 2015).

Migrants walking past a church, escorted by Slovenian riot police to a registration camp outside Dobova, Slovenia. The small Balkan nations along the path of the human migration through Europe have seen record numbers of refugees cross their borders, and have been overwhelmed in their ability to manage the human flow (Sergey Ponomarev, The New York Times – October 22, 2015).

A man tries to shield his child from police beatings and tear gas at the border crossing in Horgos, Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev - September 16, 2015).

A man tries to shield his child from police beatings and tear gas at the border crossing in Horgos, Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev – September 16, 2015).

 

 

After battling rough seas and high winds from Turkey, refugees arrive by rubber raft on a jagged shoreline of Lesbos. Fearing capsize or puncture, some panicked and jumped into the cold water in desperation to reach land (The New York Times/Tyler Hicks - October 1, 2015). 1

After battling rough seas and high winds from Turkey, refugees arrive by rubber raft on a jagged shoreline of Lesbos. Fearing capsize or puncture, some panicked and jumped into the cold water in desperation to reach land (The New York Times/Tyler Hicks – October 1, 2015).
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Laith Majid, an Iraqi, broke down in tears, holding his son and daughter after they arrived safely in Kos, Greece, on a flimsy rubber boat (The New York Times/Daniel Etter - August 15, 2015).

Laith Majid, an Iraqi, broke down in tears, holding his son and daughter after they arrived safely in Kos, Greece, on a flimsy rubber boat (The New York Times/Daniel Etter – August 15, 2015).

 

An overcrowded inflatable boat with Syrian refugees drifts in the Aegean sea between Turkey and Greece after its motor broke down off the Greek island of Kos. (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - August 11, 2015)

An overcrowded inflatable boat with Syrian refugees drifts in the Aegean sea between Turkey and Greece after its motor broke down off the Greek island of Kos. (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – August 11, 2015)

 

A Syrian refugee holds onto his children as he struggles to walk off a dinghy after crossing a part of the Aegean Sea from Turkey to Lesbos (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - September 24, 2015).

A Syrian refugee holds onto his children as he struggles to walk off a dinghy after crossing a part of the Aegean Sea from Turkey to Lesbos (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – September 24, 2015).

Syrian migrants cross under a fence as they enter Hungary at the border with Serbia, near Roszke (Thomson Reuters/Bernadett Szabo - August 27, 2015).

Syrian migrants cross under a fence as they enter Hungary at the border with Serbia, near Roszke (Thomson Reuters/Bernadett Szabo – August 27, 2015).

 

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov - August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov – August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov - August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov – August 15, 2015).

A Syrian man kisses his daughter as he walks through a rainstorm towards Greece's border with Macedonia, near Idomeni (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - September 10, 2015).

A Syrian man kisses his daughter as he walks through a rainstorm towards Greece’s border with Macedonia, near Idomeni (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – September 10, 2015).

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Photo, rubrique Europe, rubrique Politique, Politique de l’immigration, rubrique Médias,

Performance de Marino Formenti. « Nowhere » comme une respiration

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Performance
Avec Nowhere, Marino Formenti ouvre un espace musical en ville où le temps s’abolit. Proposé par hTh avec la complicité du Printemps des Comédiens.

Jusqu’au 18 juin à 22h, Nowhere est un non-lieu au centre-ville de Montpellier occupé par le pianiste, chef d’orchestre, performer Marino Formenti. Dans les locaux privés d’Epitech, des matelas et des coussins sont posés dans les couloirs et les nombreuses pièces  mises à la disposition du public qui y circule librement. Réparti sur deux niveaux, l’espace offre la possibilité de déplacement ou d’isolement. Les pièces sont vides ou occupées par des concitoyens avec qui il est possible de partager un moment d’intimité.

Dans l’une de ces salles, le pianistes enchaîne au gré de son inspiration, un répertoire riche et diversifié allant de la musique baroque à la musique contemporaine qu’il consigne toutes les quinze minutes au marqueur sur les murs.   Leur lecture donne une idée des oeuvres jouées en notre absence: Erik Satie, Brian Eno, John Cage, Morton Feldman, Jean-Henri d’Anglebert, Gaspard le Roux en bien d’autres. A côté des titres figure l’heure d’interprétation, plus en lien avec la valeur de trace qu’avec un quelconque repère temporel. Car la sensibilité d’interprétation, le cadre où l’habituelle division entre scène et vie est abandonnée, tout comme les conventions et la relation à l’écoute, apportent une forme de plénitude où le temps et l’espace se fondent…

Né en Italie, Marino Formenti est l’un des interprètes les plus originaux de sa génération, pour la création des formes performatives nouvelles et expérimentales. Avec Nowhere, les activités de Marino Formenti se résument à jouer du piano et assurer ses besoins vitaux : manger, dormir, aller aux toilettes. « Une sorte de chapelle païenne où la vie et la musique peuvent se fondre. » C’est ainsi que  Marino Formenti décrit son projet.

Jusqu’à samedi 22h, rien ne sert de lui adresser la parole, il ne vous répondra pas. Pour communiquer, il utilise des post-it sur lesquels il griffonne les quelques mots nécessaires à l’échange avec l’équipe d’encadrement. Pendant huit jours, il occupe l’espace où il réside et y joue douze heures quotidiennement.

Formenti « disparaît » dans la musique en nous entraînant dans une sédation  plus ou moins forte ce qui explique peut-être que l’espace soit équipé de couchettes, comme les fumeries d’opium. Avec Nowhere, le musicien révèle sa capacité à réduire l’anxiété. Il procure une sensation de soulagement, de protection et ouvre de nouvelles fenêtres de respiration…

JMDH


Vous pouvez y assister : de 10h à 22h, 16 bd du Jeu de Paume, et 24/24h par live streaming sur le site d’hTh : www.humaintrophumain.fr

Source : La Marseillaise 15/06/2016

Voir aussi : Actualité France Rubrique Musique, rubrique Montpellier,

Isabelle Munoz : « La photo c’est une façon d’aimer »

Isabel Muñoz (born 1951, in Barcelona) is a Spanish photographer who lives in Madrid.

Isabel Muñoz (née en 1951, in Barcelona) is a Spanish photographer who lives in Madrid.

Sète. Rencontre avec Isabelle Munoz une grande dame de la photographie espagnole invitée du festival imageSingulières

Portée par une passion humaniste, l’infatigable Isabelle Munoz parcourt le monde pour traduire son évolution. Ses images de corps d’hommes et de  femmes, où le grain de la peau se fond dans un velouté sensuel, transportent notre regard dans un espace universel. L’oeuvre de l’artiste s’inscrit dans le panorama proposé dans le cadre du double hommage rendu cette année à la photographie espagnole et à l’agence VU’  qui fête à Sète son 30e anniversaire.

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Isabel Muñoz

Vous faites partie des photographes fidèles à l’Agence VU’, comment a débuté cette aventure ?

L’hommage qui est rendu ici à la photographie espagnole n’aurait jamais existé sans Christian Caujolle, le directeur artistique et membre fondateur de l’agence VU’. Nous lui devons tous beaucoup, car c’est lui qui a permis aux photographes espagnols qui gravitaient autour de la petite école de photo à Madrid, de se révéler. Les gens de ma génération ont été élevés sous Franco. Je veux dire que nous savons apprécier la liberté. Il est venu à notre rencontre et nous a permis de montrer ce que nous avions à exprimer.

Dans quelles circonstances ?

Lorsque j’ai rencontré  Christian je lui ai montré mes grandes platines (procédé alternatif de tirage utilisé par une minorité d’artistes photographes) il les a embarquées pour les montrer à l’étranger, ce qui m’a permis de poursuivre mon travail et de me réaliser. Ce qui est formidable c’est que Christian a fait cela dans le monde entier, du Mexique à la Chine et qu’il poursuit cette démarche en dépit des difficultés économiques que rencontre le secteur. Il est à l’origine d’une nouvelle génération de photographes cambodgiens qui s’est révélée cinq ans après son passage dans ce pays.  Si tu ne montres pas ton travail il n’existe pas. C’est pour cela que des rencontres comme celles d’images Singulières sont très importantes.

Isabel Muñoz

Isabel Muñoz

Vous êtes aussi une grande voyageuse …

Oui, je me déplace beaucoup dans le monde, à travers mes voyages, c’est l’être humain qui m’intéresse. J’ai récemment travailler sur les fillettes prostituées au Cambodge et les femmes utilisées comme armes de guerre au Congo. L’amour ce n’est pas seulement les petites fleurs. Parfois elles sont là si tu sais les regarder, sinon elles passent. On est dans un monde où j’ai besoin de témoigner.

La reconnaissance dont vous bénéficiez aujourd’hui modifie-t-elle votre approche ?

Mon langage ne change pas. C’est la vie qui change le regard. Dans mon cas l’art est une nécessité parce qu’il me permet d’entrer dans des lieux où je n’aurais jamais été entendue. Une image n’est rien si il n’y a pas une histoire autour de ce langage.

Votre travail explore le corps ou y renvoie presque inévitablement ?

Le corps est un livre de ce que nous sommes. On peut lire à travers le mouvement, le regard, parcourir les corps pour parler de la dignité, du désir… L’art a le pouvoir de faire sortir la lumière du corps et particulièrement l’art photographique. La photo, c’est une façon d’aimer.

Sur quoi travaillez-vous ?

Sur ce qui me préoccupe.  Les changements  liés à la crise modifient les choses. Il existe des lieux et des artistes reconnus mais les jeunes n’y trouvent plus de place. Comme dans la société en général. Je ne comprends pas la politique mais je comprends le besoin des autres. Je travail sur la jeunesse pour étudier ce qui se passe. Un peu partout dans le monde, les jeunes cherchent leur identité, des liens d’appartenance avec une tribu. Et ils utilisent leurs corps qu’ils modifient en faisant des suspensions, des piercings ou en pratiquant la scarification. L’humain ne peut pas vivre sans rêve.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

 

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Photo Chema Madoz
Il est un formidable illusionniste. Celui qui réalise depuis des décennies des « natures mortes » dont la caractéristique essentielle est d’agiter les idées et de donner vie aussi bien à la fantaisie qu’à la poésie

 

Zoom sur VU’
Une agence de photographes qui mise sur la force des identités

Dès sa création en 1986, VU’ s’est définie comme une “agence de photographes” plutôt que comme une agence photographique, affirmant ainsi la spécificité des identités qui la composent. Son nom, éponyme du célèbre magazine des années 1920 qui révolutionna le concept d’illustration, affiche une filiation ambitieuse. Elle a progressivement imposé un regard neuf et affirme chaque jour l’engagement d’intelligence et de créativité de ses auteurs. Découvrir, favoriser, diffuser mais aussi exposer dans une vaste galerie … L’équipe de VU’ fait d’une aventure collective un laboratoire permanent de réflexion sur les évolutions de la photographie et sa place dans le monde de l’image ; sociale, documentaire, plasticienne, il importe de décrypter la dimension polysémique de la création contemporaine et d’interroger son traitement par les médias, les entreprises ou les institutions.De l’actualité immédiate à l’enquête au long cours, de l’oeuvre formelle au récit intimiste, les photographes de VU’ dressent depuis vingt ans un panorama pluriel et mouvant de la photographie.

Ricard Terré Il fut membre du groupe AFAL qui, sous le franquisme, réunit pendant quelques temps les plus intéressants des photographes espagnols, ceux qui, malgré l’isolement qui leur était imposé, menaient à la fois une réflexion de fond et développaient une recherche plastique.

Richard Terré
Il fut membre du groupe AFAL qui, sous le franquisme, réunit pendant quelques temps les plus intéressants des photographes espagnols, ceux qui, malgré l’isolement qui leur était imposé, menaient à la fois une réflexion de fond et développaient une recherche plastique.

Le parrain Christian Caujolle

Présent à Sète à l’occasion du festival, Christian Caujolle est et le directeur artistique de l’Agence VU’. Il a activement soutenu les photographes espagnols dont le travail est présenté, Juan Manuel Castro Prieto, Alberto Garcia-Alix, Cristina Garcia-Rodero, Chema Madoz, Isabel Munoz, Ricard Terré, Virxilio Viétiez, ces deux derniers ayant essentiellement produits sous le franquisme. On peut découvrir leur travail au Chais des Moulins dans la diversité de styles et de propos, du photojournalisme aux expérimentations formelles. Ils ont enrichi l’agence VU’ qui a toujours donné une place importante aux regards des talents locaux, comme se fut le cas dès 1988 en signant des contrats avec des photographes chinois qui ont documentés les événements de la place Tianmen.

Christian Caujolle a  été élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud,et élève et collaborateur de Michel Foucault, Roland Barthes, Pierre Bourdieu.
Crédit Photo dr

Source La Marseillaise 07/05/2016

Voir aussi : Rubrique Festival, rubrique Photo, imageSingulière 2016, rubrique Exposition, rubrique Rencontre, rubrique Espagne

L’hypnotique déraison de Marlène Monteiros Freitas fait vibrer les sens

Paradis hTh ce vendredi soir à 20h co-accueilli avec Montpellier Danse. Photodr

Après l’époustouflant Jaguar, Marlène Monteiros Freitas  nous accompagne au Paradis ce vendredi 08 mars à hTh.

Même si vous n’êtes pas très en forme, ce qui peut se comprendre par les temps qui courent, lâchez vos antalgiques pour allez voir Marlène Monteiros Freitas. On vous le prescrit sans ordonnance. Révélation de la scène chorégraphique actuelle, la chorégraphe finit son escale montpelliéraine ce soir. Elle vous libérera de tous vos encombrements et autres tracasseries morales ou économiques. Née au Cap-Vert, Marlène Monteiros Freitas vit à Lisbonne. Son parcours s’appuie sur les figures du grotesque et de la transgression derrière lesquelles perce une sensibilité qui transperce les murs.

En début de semaine, elle a présenté son dernier opus, Jaguar, au Théâtre La Vignette. Un duo de choc avec Andreas Merk de près de deux heures, vertigineux et bouleversant. « Jaguar est une scène de chasse hantée » indique la chorégraphe.

IMG_1444Dans la pièce, les corps des danseurs se font marionnettes et se laissent emporter par le rythme entraînant du carnaval capverdien. « J’aime la contradiction du laid et du beau que l’on trouve dans le carnaval. Je me souviens des cortèges funèbres qui passaient dans l’île. De cette coexistence entre les choses tristes et joyeuses, funèbres et érotiques ». Jaguar doit aussi beaucoup à l’oeuvre du Suisse Adolf Wölfli un héros fou et criminel emprisonné en hôpital psychiatrique à la fin du XIXe. «Je l’ai découvert en tombant sur un de ses dessins complètement saturé. Wölfli s’est réinventé une nouvelle vie. Il a aussi produit des peintures qui donnent le vertige.» Avec des serviettes éponge pour seuls outils, les deux danseurs enchaînent une séries de métamorphoses qui nous font changer de monde. « L’idée de la métamorphose traduit toujours un désir d’échange avec les autres, explique Marlène Monteiros Freitas. Elle permet d’instaurer une autre relation parce qu’un déplacement s’opère y compris chez celui qui regarde. La transformation se situe à un niveau collectif. Je travaille pour trouver des hybrides soit hétérogènes soit contradictoires, une énergie de la contradiction ».

Le paradis selon Marlène

Pour Paradis collection privée la seconde pièce présentée vendredi 8 mars au CDN, la chorégraphe s’inspire des Jardins d’Eden de Bosh ou de Cranach et des mosaïques de Santa Maria Assunta de l’île de Torcello. Ces mondes inquiétants et fantasmés, ambivalents, qui rendent poreuse la frontière entre le bien et le mal. « Mon envie de paradis se rapporte à une fiction, à un imaginaire totalement libre et pas à une idée au service de la morale. Le paradis est une idée inventée et réinventée dans l’histoire qui offre d’immenses possibilités artistiques. Le paradis est une porte possible qui s’ouvre sur un lieu où tout est permis. Chacun peut se faire son idée de ce lieu, ce qui est un danger, mais personne ne sait ce que c’est.»

Le travail de Marlène Monteiros Freitas pose un climat émotionnel, une forme d’engagement au détriment du sens qui mobilise l’ énergie première des souffrances et délices de l’enfance.

JMDH

Source : La Marseillaise 08/04/2016

Paradis https://youtu.be/upyS58TCob4

Voir aussi : Rubrique Danse, rubrique Montpellier, rubrique Rencontre,