Essai. « Le président de Trop » le livre de Edwy Plenel responsabilise. Au moment où Sarkozy célèbre ses quatre ans de gouvernance en tentant de reconstruire une union de façade avec ce qui reste de son propre camp, l’essai d’Edwy Plenel approfondit le bilan catastrophique du chef de l’Etat. Même si les trois quarts des français en ont déjà saisi la mesure, l’intérêt est ailleurs ; « Le président de trop » fait surtout le portrait du sarkozisme et des mécanismes du pouvoir qu’il convoque. Dans son essai « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » Alain Badiou avançait que la démocratie représentative est une forme de pouvoir oligarchique. Plenel nourrit la réflexion dans ce sens, moins sur l’homme que sur le système. Les excès de l’hyperprésidence sarkozyste, les mécanismes de pouvoir qu’il convoque, sa violence sociale, politique et symbolique, renvoient l’ensemble de la classe politique, les médias, et finalement tous les citoyens à leur propre responsabilité, souligne l’auteur. Cette mécanique est inscrite dans le marbre de notre constitution qui met la République dans les mains du Président, rappelle aussi le fondateur de Médiapart. Le sarkozysme n’aura fait que l’exacerber. En cette époque troublée, il est grand temps d’en tirer les enseignements et d’ouvrir les yeux sur la fragilité de notre République. Sarkozy ne changera pas de ligne. Il semble avoir déjà perdu son rendez-vous de 2012 mais à l’instar de son homologue italien, il est parvenu à corrompre l’esprit public.
Au nom de la compétitivité, et de « l’intérêt supérieur du consommateur » bien sûr, le lobby européen de l’agro-alimentaire mène une lutte acharnée pour contrôler le contenu et l’apparence des étiquettes. L’idée : maintenir une bonne dose d’opacité.
Vous vous souvenez peut-être de la bataille perdue l’an dernier par les associations de défense des consommateurs à Bruxelles. Le parlement européen avait refusé en première lecture le système d’étiquetage dit « des feux de signalisation » :
* le feu vert désignait un produit bon d’un point de vue nutritionnel,
* le feu orange, un produit moyen,
* le feu rouge, de la « junk food ».
C’était certainement trop clair pour les consommateurs, et donc trop menaçant pour les industriels. Comme les meilleures histoires ont toujours une suite, voici le deuxième chapitre : à partir de juillet, les emballages les plus petits devraient être exemptés d’étiquetage nutritionnel. Une exemption d’autant plus réjouissante que les portions individuelles se multiplient.
Dans un regain d’enthousiasme, la Confédération des industriels de l’agroalimentaire (CIAA), chargée de représenter leurs intérêts à Bruxelles et dans les institutions internationales, s’en félicite. Des caractères hauts d’1,2 mm, c’est trop Mais le lobby aimerait bien qu’on fasse encore quelques efforts. Il trouve par exemple scandaleux que la loi impose une taille minimum pour les mentions nutritionnelles obligatoires.
Aujourd’hui, les caractères doivent mesurer au moins 1,2 mm de haut. Pour le CIAA, vraiment, si un minima devait être retenu, « il ne devrait pas excéder 1 mm ». Des lettres d’un millimètre de haut pour un continent peuplé de presbytes (l’âge médian en Europe est de 40,6 ans), voilà qui réduit l’efficacité de la mesure, non ?
Préciser la quantité d’acides gras trans ? Inutile ! Autre point soulevé par le CIAA : l’inutilité de préciser la quantité d’acides gras trans. C’est vrai, à quoi ça sert ? Il n’y en a pas beaucoup… Suivons l’argumentation du lobby : « Les députés européens ont demandé à ce que les acides gras trans soient listés, demande que les industriels de l’agroalimentaire jugent excessive.
D’après des données scientifiques révélées par l’EFSA [l’agence européenne de sécurité des aliments, ndlr], la consommation totale d’acides gras trans dans la plupart des états membres est aujourd’hui sous le seuil recommandé par l’OMS [Organisation mondiale de la santé, ndlr], soit 1% de l’apport calorique quotidien total.
L’EFSA confirme donc que les acides gras trans ne posent pas de problème de santé publique. Le CIAA soutient le point de vue du Conseil européen, qui pense [contrairement aux eurodéputés, ndlr] que l’affichage des acides gras trans devrait être une démarche volontaire. »
Reformulons ce très bel argument en langage naturel, et non en novlangue de lobbyiste : « Vous nous avez mis la pression avec les “trans fats” ces dernières années, on a été contraint de changer la composition de nos produits. Alors ayez confiance, comme dirait le serpent Ka dans “Le Livre de la jungle”, on ne changera jamais nos compositions. Du coup, pas besoin de préciser quoi que ce soit sur les emballages, n’est-ce pas ? » Une fois cette liberté accordée, c’est sûr, les compositions resteront irréprochables « ad vitam aeternam ». Trop d’étiquetage tuerait la compétitivité
Un dernier point gêne le CIAA : pourquoi diable indiquer les quantités des nutriments aux 100 g/100 ml ET par portion ? Ça doublonne, ça trouble les braves consommateurs qui n’ont vraiment pas besoin qu’on les perturbe pendant qu’ils font gentiment leurs courses au supermarché. D’ailleurs : « Comme le prouve une étude récente de la FSAI [Food Safety Authority of Ireland, ndlr], les consommateurs trouvent que les informations nutritionnelles “par portion” sont plus pertinentes, et qu’elles les aident davantage à faire un choix éclairé. »
Ce que le CIAA oublie de préciser, c’est que ces mêmes consommateurs se demandent ce qu’est exactement une « portion » : ce que l’on engloutit, ou ce que l’on est censé manger ?
Etonnamment, ce que le CIAA ne cite pas, dans la même enquête de l’autorité irlandaise, c’est le désir massif des consommateurs européens de connaître l’origine géographique de ce qu’ils avalent (74% d’entre eux y sont favorables). L’origine arrive juste derrière la date limite de consommation dans les informations qu’ils veulent pouvoir trouver sur un emballage alimentaire. Le CIAA, lui, s’y oppose, évidemment. Mais n’allez pas croire que c’est pour pouvoir donner une plus grande marge de manœuvre aux industriels, pas du tout. S’il s’oppose à un étiquetage trop compliqué, c’est pour défendre la compétitivité des entreprises qu’il représente, et pour porter bien haut l’idéal du marché unique.
Qu’est-ce que vous êtes mesquins, à voir le mal partout !
L’union départementale FO organisait jeudi une journée consacrée à l’accessibilité de la culture pour les personnes en situation de handicap. Animés par le journaliste Paul-Eric Laures, les débats ponctués de représentations artistiques ont été riches en enseignements.
Tel le phénix, l’accès à la culture pour tous est une controverse qui hante les politiques culturelles depuis Malraux. Celui des personnes en situation de handicap exploré jeudi se pose avec plus d’intensité encore. A la fois plus visible et plus ignoré, il associe à la problématique de l’élitisme culturel l’enjeu épineux de la citoyenneté des minorités.
Certains acteurs culturels s’impliquent. C’est le cas de Martine Vicériat, la directrice du Zénith qui travaille également sur la salle Arena. Pour favoriser l’accès des personnes handicapées aux places de spectacle actuellement dispersées par les producteurs aux différents distributeurs (Fnac, Carrefour, Leclerc…) elle demande à ce que les salles de gèrent les ventes de places réservées aux personnes handicapées. Dans la salle, les interventions ont souligné certains tabous : « Il est utile et nécessaire d’aborder la problématique de l’accès à la culture. Mais on ne parle jamais de l’absence des salles de change dans les toilettes publiques. »
Le législateur a fixé l’objectif ambitieux de rendre accessibles tous les lieux publics d’ici 2015. « Mais quels seront les moyens attribués aux municipalités pour y parvenir ? » interroge le conseiller régional en charge du handicap, Jean-Paul Boré. Outre le fait que les députés et les sénateurs qui votent les lois ne sont pas souvent concernés c’est l’application des textes qui fait souvent défaut. De fait, les personnes concernées sont les plus à même de relever les besoins d’aménagement. A l’image de l’apéro offert par la Ville sous les arbres du parc de Grammont, où on avait pensé à tout sauf aux personnes à mobilité réduite.
Sur le fond, les solutions apportées à la question de l’accessibilité reposent aujourd’hui sur l’affirmation d’une volonté politique des collectivités territoriales comme celles de la Région ou du Département, mais aussi, plus localement, de l’aptitude des communes à relayer les initiatives associatives. Les tractations gouvernementales qui tendent à retarder l’application du texte sur l’accessibilité laissent entendre qu’il en sera de même demain.
Cette journée a par ailleurs permis d’éclairer la fonction des projets artistiques adaptés au handicap. Des spectacles conçus à destination des différents handicaps inventent de nouvelles mixités. En ouvrant la création à d’autres possibles, « ils offrent des habits neufs à la culture » constate une productrice. On retient au final que l’intégration citoyenne ne peut se concevoir à sens unique. Si on le permet, l’art occupe pour tous une place entière à côté de la présence du destin.
Les élections régionales et municipales n’ont pas mis fin aux protestations de dizaines de milliers d’Espagnols, jeunes pour la plupart, contre le chômage massif et les deux grands partis. Pour la presse, les problèmes des manifestants concernent toute la population et des mouvements semblables sont possibles dans d’autres pays européens.
La manifestation de dizaines de milliers d' »indignés » dimanche soir à Athènes et ailleurs en Grèce « montre l’angoisse du peuple devant la situation » de crise traversée par le pays, a jugé lundi le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis. « Dans la mesure où il s’agit d’un rassemblement spontané (…), je crois que c’est un signe positif d’exprimer notre angoisse devant la situation », a affirmé M. Pétalotis sur la station de radio Flash. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, selon la police, se sont rassemblées dimanche soir sur Syntagma, la place centrale d’Athènes, et dans d’autres villes du pays à l’appel paneuropéen des « indignés », qui ont manifesté dans plusieurs villes du continent, à l’instar de ceux réunis à Madrid, sur la place de la Puerta del Sol.
Pour sa part le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, a estimé lundi à la chaîne de télévision publique Net que « la majorité écrasante » des manifestants éprouvaient « des angoisses réelles » et « s’inquiétaient de leur avenir et de celui de leurs enfants ». Le vice-président du gouvernement et vétéran socialiste Théodore Pangalos s’en était pris aux « indignés » dans un entretien publié dimanche par un journal grec, qualifiant le mouvement de « mode des nouvelles technologies sans idéologie ».
« Même la mode des nouvelles technologies est une idéologie », a rétorqué M. Pétalotis sur la chaîne TV Antenna, rapportait lundi la presse grecque. M. Pétalotis a toutefois jugé que le seul refus « ne menait nulle part » et mis en garde contre « les mouvements qui ne reposent que sur l’émotion ou la colère ». « Ils offrent soit une sorte de défoulement sans résultat (…) soit ouvrent la voie à une prise du pouvoir par des méthodes antidémocratiques ».
Organisés via les réseaux sociaux, les « indignés » grecs ont installé un campement sur la place Syntagma, devant le Parlement, où depuis une semaine affluent tous les soirs des milliers de personnes protestant contre une vague de privatisations et de nouvelles mesures d’austérité que le gouvernement s’apprête à adopter sous la pression de ses créanciers, l’Union européenne et le Fonds monétaire international.
AFP 30/05/11
L’UE pousse les citoyens à protester
Le mouvement de protestation espagnol pourrait s’étendre à d’autres pays européens, estime le quotidien de centre-gauche libération : « La démocratie est née sur des places publiques. C’est-à-dire des espaces où, dans les cités antiques et les villes, les citoyens pouvaient se tenir assemblés pour débattre de questions qui dépassaient les individus et concernaient la communauté dans son ensemble. Les ‘Indignés’ de la Puerta del Sol rejouent à Madrid cette scène fondatrice. … Les ‘Indignés’ de la Puerta del Sol ne se font aucune illusion quant à leur prochaine évacuation par la police. Les tentes des manifestants et leurs cuisines en plein air risquent en effet de disparaître. On fera place nette. Mais la cause de ce mouvement spontané, inédit, elle, restera intacte. Et pourrait rapidement se trouver traduite dans de nombreuses langues européennes si les gouvernements de l’Union, de droite comme de gauche, n’ont à offrir à leurs citoyens que la perspective infinie de la rigueur économique. » (24.05.2011)
Le mouvement des indignés qui descendent sur les places d’Espagne pour protester depuis le 15 mai continuera à exister et à s’engager pour les changements sociaux même après les élections de dimanche dernier, estime le quotidien de centre-gauche El Periódico de Catalunya : « Aucun mouvement de jeunes n’a jusqu’à maintenant destitué un gouvernement ou renversé un système économique. Mais ils sont nombreux – à commencer par les Américains qui ont protesté contre la guerre du Vietnam jusqu’aux Islandais dernièrement – à avoir réussi à propager leur rage à une grande partie de la société. Cela a alors provoqué des changements politiques de grande ampleur. Les porte-parole du mouvement du 15 mai en ont fait leur objectif. Pour cette raison, ils ne mentionnent jamais dans leurs revendications les problèmes de la jeunesse mais toujours ceux de tous les citoyens. Leur action pacifique joue probablement également un rôle, car ils ne veulent effrayer personne. » (24.05.2011)
Les Espagnols mécontents veulent un nouveau système politique, mais ils doivent faire preuve d’initiative et mettre en œuvre chez eux les connaissances souvent acquises à l’étranger, demande le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : « L’une des principales revendications du mouvement de protestation est d’autoriser pour les élections des listes ouvertes pour les candidats indépendants. De nombreuses banderoles à la Puerta del Sol prennent l’Islande pour modèle car du crash est né un mouvement politique actif. Mais avant d’en arriver là, les personnes insatisfaites préfèrent ne pas se rendre aux urnes ou donner leur voix à des partis régionaux – en période de crise son propre clocher est encore ce qu’il y a de plus proche. C’est une erreur, car c’est bien le régionalisme déviant qui, par sa prodigalité, a provoqué en grande partie le désastre financier espagnol. … Il existe depuis longtemps une nouvelle vague d’émigration vers les entreprises allemandes, italiennes, britanniques et françaises. Seuls ces émigrés ont le pouvoir de recréer leur pays en s’appuyant sur les connaissances acquises à l’étranger. » (24.05.2011)
Les jeunes Espagnols qui manifestent par milliers à Madrid doivent se préparer à de nombreuses années de chômage massif, estime le quotidien de centre-gauche Politiken, qui rend l’UE responsable de cette situation : « Les dirigeants européens ont prescrit une cure complètement inadaptée. Au lieu de mener une politique financière tournée expansive combinée à des réformes structurelles, Merkel et consorts veulent sortir de la crise en infligeant un remède de cheval aux pays en crise, ce qui élargit encore le fossé. La Banque centrale européenne n’a le regard fixé que sur l’inflation alors que c’est actuellement un moindre mal, comparé au développement du chômage massif. De plus, elle encourage l’augmentation des intérêts, ce qui ne fait qu’aggraver la situation de l’Espagne. » (24.05.2011)
Les soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte ont dans une large mesure été rendus possibles grâce aux réseaux sociaux, notamment Facebook. Des militants prodémocratiques y ont publié des appels à se rassembler pour protester contre le régime en place, qui se sont propagés d’un réseau à l’autre en quelques clics. Les foules de manifestants qui ont envahi les rues à la suite de ces appels ont montré, peut-être plus clairement que jamais, que les connexions établies dans le monde virtuel – à une échelle et à une vitesse sans précédent – peuvent se traduire par des changements sociaux dans la vie réelle.
Ce constat pose cependant aussi une question du point de vue des droits de l’homme : si l’information circule assez librement sur les réseaux sociaux pour entraîner une révolution, de quelles protections disposons-nous pour éviter que nos données à caractère personnel figurant sur ces réseaux soient utilisées à des fins totalement différentes et nettement moins salutaires ?
Cette question doit être examinée notamment sous l’angle du droit de chacun au respect de sa vie privée, qui est consacré par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Nous avons tendance à considérer que les réseaux sociaux servent les intérêts des utilisateurs et qu’ils ne risquent donc pas d’être à l’origine d’atteintes à notre vie privée. Mais cette impression de sécurité est trompeuse.
Une masse considérable de données à caractère personnel
Pour nous rendre compte de l’ampleur du phénomène, prenons une comparaison : si Facebook était un pays, il serait, avec ses plus de 600 millions d’« habitants », le troisième pays le plus peuplé du monde, derrière la Chine et l’Inde mais loin devant tous les pays européens.
Chaque membre de Facebook ou d’un autre réseau social livre en fait au réseau toute une série de données à caractère personnel : adresse électronique, numéro de téléphone, traces des contacts et des conversations en ligne, passe-temps favori, photos et documents vidéo ; ces données concernent non seulement l’utilisateur, mais aussi ses amis ou des membres de sa famille. En conséquence, les réseaux sociaux disposent d’une masse considérable – et en augmentation constante – de données à caractère personnel sous forme numérique.
Les réseaux sociaux sont vulnérables à la « dataveillance »
Plus souvent que ne l’imaginent la plupart de ceux qui livrent leurs données, celles-ci sont surveillées, archivées, scrutées et analysées, partagées et utilisées en permanence. Nombre des entités qui exploitent les données à caractère personnel sont des acteurs commerciaux, non étatiques, qui cherchent à vendre leurs produits. Mais ces mêmes données pourraient aussi être utilisées par des autorités gouvernementales.
Cela fait plusieurs années que se développe, sous l’impulsion des Etats, une surveillance de masse qui s’appuie sur des outils allant de la télévision en circuit fermé aux logiciels espions. Les informations ainsi collectées ont contribué à la mise en œuvre de nombreuses actions répressives, notamment de mesures antiterroristes toujours plus rigoureuses et de moins en moins respectueuses de la vie privée.
De la même manière, les données publiées sur les réseaux sociaux sont vulnérables à la « dataveillance » (surveillance des personnes par les données), qu’elle s’inscrive dans le cadre d’un contrôle général ou soit effectuée par des organismes qui ciblent des personnes correspondant à un « profil » générique. Le plus grand flou entoure la nature et la portée potentielles de cette « dataveillance » et les mesures étatiques que cette pratique pourrait légitimement favoriser.
Renforcer la protection des données
Cela fait longtemps que des dispositions visent à garantir la « protection des données » : des limites ont été fixées à l’ingérence de l’Etat dans notre vie privée et des règles encadrent les modalités de traitement de nos données à caractère personnel par les autorités. De fait, la convention du Conseil de l’Europe pour la protection des données à caractère personnel (convention n° 108) a déjà 30 ans.
Nous devons absolument mettre à jour nos instruments de protection des droits de l’homme pour tenir compte des évolutions les plus récentes, et notamment du développement inexorable des réseaux sociaux. A cet égard, il convient de saluer la procédure actuelle de « modernisation » de la convention n° 108, fondée sur de vastes consultations publiques, et d’encourager la participation des réseaux sociaux comme Facebook.
Il incombe aux autorités nationales et internationales de s’employer à éviter que les droits individuels à la protection de la vie privée et des données ne soient sacrifiés au profit des réseaux sociaux ; il s’agit bien au contraire de renforcer ces droits pour prendre en compte et relever les nouveaux défis que représentent ces puissants nouveaux médias.