Wilders ne quitte pas la scène

Manifestation contre le projet d’accueil de 500 réfugiés, à Heesch, aux Pays-Bas, le 18 janvier 2016. / Robert Vos /AFP

Manifestation contre le projet d’accueil de 500 réfugiés, à Heesch, aux Pays-Bas, le 18 janvier 2016. / Robert Vos /AFP

Le démon du populisme de droite aux Pays-Bas est loin d’être conjuré, pense pour sa part Corriere del Ticino :

«On aurait tort de sous-estimer la ‘wilderisation’ de la politique néerlandaise. Le parti d’extrême droite de Wilders pourrait continuer à séduire les électeurs d’un pays nouveau, qui n’est plus le pays de la tolérance que nous connaissions. Les Pays-Bas sont devenus un pays qui juge insuffisantes les réponses apportées par les partis traditionnels aux thèmes de la crise des réfugiés et de l’intégration européenne, par exemple. Mais surtout, il ne faut pas sous-évaluer le fait que Wilders – indépendamment de la question de ses compétences et de la réelle possibilité de gouverner – continuera d’incarner le prototype du parti post-politique – sans base, sans membres, sans programme et sans structures. Un parti qui, grâce à l’alliance informelle avec d’autres dirigeants ultranationalistes en Europe, reste une formation dont la politique néerlandaise ne parvient pas à se débarrasser.»

Gerardo Morina

Source : Corriere del Ticino (Suisse)

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Avec Edouard oublions Fukushima

Le Canard enchaîné . 15/03/2017

Le Canard enchaîné . 15/03/2017

Le chef de l’Etat, qui n’a guère fait campagne sur les thématiques environnementales, s’est choisi un premier ministre, Edouard Philippe, lui-même peu sensible à l’écologie. Le maire du Havre (depuis 2010), diplômé de Sciences Po et de l’ENA, n’a pas vraiment manifesté, dans son parcours professionnel pas davantage que dans ses mandats électifs, d’attrait pour les questions environnementales.

Les ONG écologistes s’alarment de son passé – à leurs yeux de son passif – au sein du groupe Areva, alors fleuron du nucléaire français, dont il a été directeur des affaires publiques de 2007 à 2010. « Cette nomination est extrêmement inquiétante au regard des enjeux actuels, écrit le réseau Sortir du nucléaire. Aucune complaisance ne saurait être tolérée envers l’industrie nucléaire de la part de l’exécutif. Mais cette nomination d’un ancien VRP d’Areva laisse craindre le pire et en dit long sur l’intérêt d’Emmanuel Macron pour la transition énergétique. »

Ancien cadre d’Areva, le premier ministre a voté comme député contre les lois sur la transition énergétique et sur la biodiversité.

la suite de l’article du Monde

Voir aussi  : Actualité France, Rubrique Environnement, rubrique Politique, Politique économique, EDF va reprendre à Areva l’ingénierie des réacteurs nucléaires , Le réacteur EPR de Flamanville touché au cœur, Ségolène et le nucléaire, On Line, EPR de Flamanville : les quatre malédictions d’un chantier controversé, Rubrique Japon, Au Japon, les enjeux cachés des législatives,

Communiqué. Comité de soutien à Antoine Deltour

Verdict du procès en appel des « LuxLeaks »
Luxembourg, le 15 mars 2017

Ce mercredi 15 mars à 15h, la Cour d’Appel de Luxembourg a rendu son jugement dans le procès en appel des « LuxLeaks » : Antoine Deltour est condamné à 6 mois de prison avec sursis et à une amende de 1 500 €, Raphaël Halet à une amende de 1 000 €. Le journaliste Édouard Perrin est acquitté.

En maintenant une condamnation, même réduite, la justice luxembourgeoise s’obstine dans une contradiction déconcertante : reconnaître le rôle de lanceur d’alerte, l’intérêt public des révélations, mais condamner à tout prix. Une nouvelle fois, les intérêts financiers privés semblent primer sur l’intérêt collectif et le droit à l’information. Cette condamnation repousse le symbole attendu d’un changement d’ère en Europe sur les questions fiscales, pour la protection des lanceurs d’alerte et pour le droit à l’information. « Ce jugement décevant est un argument supplémentaire motivant les récentes initiatives européennes pour la protection des lanceurs d’alerte » déclare Antoine Deltour.

La qualité et la précision des débats lors des audiences fait apparaître la décision de la Cour d’Appel de ce jour comme une interprétation singulièrement créative du droit européen, en total décalage avec la jurisprudence. Le jugement mérite toutefois une analyse approfondie avant qu’Antoine Deltour ne se prononce sur un éventuel pourvoi en cassation.

Quelle que soit la décision d’Antoine Deltour, le Comité de soutien continue à se tenir à ses côtés et à promouvoir la justice fiscale, l’information des citoyens et la protection des lanceurs d’alerte.

Voir aussi : Actualité Internationale, Actualité France, Rubrique Société, JusticeTravailPendant ce temps, les lanceurs d’alerte crèvent tout doucement, rubrique Politique, Société civile, Lanceurs d’alerte, Politique Economique, , Un nouveau droit à l’opacité pour les multinationales, rubrique UE, rubrique Médias,

Luxleaks. La relaxe pour Deltour, Halet et Perrin

20161212095902484-0

Motion adoptée au congrés du SNJ-CGT le 8 mars 2017

Le 15 mars prochain, la justice luxembourgeoise doit rendre son verdict dans l’affaire Luxleaks et décider du sort de deux lanceurs et d’un journaliste qui ont révélé le scandale financier de l’évasion fiscale dans ce dossier emblèmatique de la liberté d’expression et la reconnaissance des lanceurs d’alerte.

Lors de l’audience en appel le 12 décembre 2016, les syndicats de journalistes français avec la Fédération européenne des journalistes (FEJ) avaient témoigné au Luxembourg leur solidarité aux trois prévenus.

Aujourd’hui le SNJ-CGT réitère sa condamnation face à l’acharnement de la justice de ce pays qui « sous pression des multinationales, avait décidé en juillet de faire appel des condamnations (29 juin 2016) des lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphael Halet à respectivement 12 et 9 mois de prison avec sursis et une amende de 1500€ et 1000€ pour leurs révélations ».

« Le parquet n’a pas digéré l’acquittement du journaliste Edouard Perrin dont l’enquête pour Cash investigation sur France 2 avait révélé les arrangements fiscaux au profit des multinationales, négociés avec l’administration fiscale luxembourgeoise par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) », selon le texte des syndicats.

Le SNJ-CGT, réuni en congrés à Montreuil ce jour, appelle à la relaxe d’Edouard Perrin, d’Antoine Deltour et de Raphael Halet, qui n’ont fait qu’agir en conscience en informant et en dénonçant l’évasion fiscale.

Il faut tout mettre en œuvre pour assurer la liberté d’informer et la protection des lanceurs d’alerte.

Avec la FIJ/FEJ, le SNJ-CGT appelle la profession à se mobiliser. Il décide d’envoyer une délégation au Luxembourg le 15 mars pour témoigner de son soutien à Antoine Deltour, Raphael Halet et Edouard Perrin.

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Egypte, 7 ans après. Moubarak est libre.

 L'ex-président Hosni Moubarak, à la fenêtre de sa chambre à l'hôpital militaire Maadi au Caire, en octobre 2016.   © Khaled Desouki/ AFP


L’ex-président Hosni Moubarak, à la fenêtre de sa chambre à l’hôpital militaire Maadi au Caire, en octobre 2016. © Khaled Desouki/ AFP

La justice égyptienne a donné son feu vert pour la remise en liberté de Hosni Moubarak. L’ex-président égyptien a été acquitté début mars pour la mort de centaines de manifestants durant la révolte qui a provoqué sa chute en 2011. Il n’a jamais connu la prison.

Hosni Moubarak, aujourd’hui âgé de 89 ans, a profité de sa santé fragile pour éviter de connaître la prison. Et malgré sa condamnation en mai 2015 à trois ans de détention, il n’est pas allé derrière les barreaux.

En fait, depuis six ans, il a surtout connu les chambres de l’hôpital militaire du Caire et les prétoires des tribunaux. Dans les deux cas, Moubarak s’en est bien sorti. Lors de son premier procès en 2012, il est apparu sur une civière (lien payant), affaibli, jouant l’incapacité à assister aux débats. Pourtant, finalement, sa santé ne s’est pas dégradée.

Quant aux poursuites judiciaires, elles se sont progressivement vidées de leur substance. A son premier procès, Moubarak a été condamné à la perpétuité pour la mort de centaines de manifestants. Le parquet a fait appel, le jugement a été cassé et le tribunal qui le rejuge un an après a conclu à l’abandon des charges.

Finalement, Hosni Moubarak n’a été condamné que pour détournement de fonds publics. Ses deux fils, condamnés avec lui, ont été libérés de prison en octobre 2015, la peine ayant été couverte par la préventive. Depuis, Alaa et Gamal se font discrets, mais selon la rumeur, ne vivent pas dans le besoin.

Les avoirs du clan gelés en Suisse 
Car l’autre volet de l’affaire Moubarak, c’est bien l’argent. Les millions d’avoirs de la famille du raïs bloqués sur les comptes suisses. 539 millions d’euros dont la justice cherche à connaître l’origine. Blanchiment ou activités criminelles ? Là encore, on retrouve la trace des fils Moubarak. Les deux frères possèdent 265 millions d’euros gelés sur des comptes au Crédit Suisse.

Sur cet aspect du dossier Moubarak, la justice n’est toujours pas passée. Début 2016, le procureur de la Confédération helvétique, Michael Lauber, est passé en Egypte pour discuter de l’avenir des avoirs des Moubarak gelés en Suisse.

Six ans après sa chute, Hosni Moubarak quitte la suite de l’hôpital hôpital militaire. Il ne pourra toutefois pas se rendre à l’étranger, d’après son avocat.

Jacques Deveaux
Source : Géopolis 13/03/2017