Un jour d’enfer. L’UE fait semblant

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Félicitation aux aveugles, aux borgnes aux abstentionnistes.

Bravo les partis politiques, bravo les médias… La nature de cette campagne n’a pas été démocratique. On a tenu et on continue de tenir sur l’Europe des discours qui ne correspondent pas à la réalité de ce qui est fait et de ce qu’il est actuellement permis de faire.

Personne n’assument et tout le monde fait semblant. j’entends l’intellingentsia minimiser le phénomène attent on la phase suivante (montée de la violence) pour bien nous « sécuriser » ?

Chez nous comme ailleurs les partis ont fait une campagne nationale avec comme seule vision leur tambouille qui n’interesse personne. Bonjour la démocratie représentative…

C’est bien de demander aux Français ce qu’ils pensent ce serait mieux de leur donner les moyens de penser…

Un jour d’enfer

10390968_337630266384901_1797103334691636331_nJ’arrive pas à m’y faire, j’ai passé une journée de merde sans pouvoir planifier quoi que ce soit.

Je me dis que les Français n’ont peut-être pas envie, après tout, de connaître la vérité sur ce qui se passe. Et refusent même en toute bonne foi d’y croire lorsqu’ils l’ont sous les yeux.

Camouflage en bleu blanc rouge, c’est pas si grave, vivement le Mundial… Pas de justice, ni de moralité à chercher dans tous ça, comme si c’était écrit.

Les vautours décrivent des cercles autour du vide. Ils attendent que les coeurs s’arrêtent.

Quant à moi, je suis un peu comme le mec assis sur la photo avec au premier plan le FN et l’UMP qui se roulent des pelles…

Jean-Marie Dinh

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Européennes : le PS et l’UMP menacés par un séisme présidentiel

Cette fois, ils ne peuvent plus dire qu’ils ne savaient pas, qu’ils n’avaient rien vu, qu’ils ont été pris par surprise. La réplique du 21 avril 2002 qui s’est produite en France ce dimanche 25 mai 2014 était largement anticipée par les sondeurs.

Elle n’a pris personne de court, même si sa dynamique a été plus forte que prévue : avec 25 % des suffrages exprimés, le Front national laisse loin derrière lui l’UMP (20,3 %) et le parti socialiste (14,7 %).

Ce tripartisme annoncé, puis avéré, relativise le poids des indignations. Manuel Valls peut bien parler de « séisme », François Fillon invoquer « l’honneur perdue de l’UMP », les mots ne suffisent plus. Il faut des actes et vite car les deux grands partis PS et UMP sont désormais menacés par un séisme présidentiel.

EUROPE EN CRISE

Contrairement à son père, Marine Le Pen veut conquérir l’Elysée. En outre, le vote Front national est de moins en moins honteux : interrogés à la veille du scrutin, 42 % des Français affirmaient qu’il ne serait pas déçus si le FN arrivait en tête, selon une enquête IFOP.

Que faire ? Jean-Marc Ayrault l’Européen, l’ami de l’Allemagne, place la bataille sur le terrain supranational. « Après un tel choc, la priorité absolue : réorienter l’Europe. L’Europe doit changer » écrit l’ancien premier ministre sur son compte Twitter.

Il n’a pas tort. L’analyse des motivations de vote confirme la dimension majoritairement européenne du vote. Selon une enquête Ipsos Steria, 61 % des électeurs se sont déterminés sur les questions européennes, alors que l’euroscepticisme n’a jamais été aussi fort.

Après cinq années de croissance zéro et de montée du chômage, la victoire de Marine le Pen est d’abord la défaite d’une Europe en crise qui n’a pas su protéger.

GESTES INEFFICACES

Nicolas Sarkozy à droite, Arnaud Montebourg à gauche l’ont senti. Ils ont l’un et l’autre tenté de poser des rustines avant le scrutin. Le premier a réclamé la suspension des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes. Le second a élargi le décret sur la protection des intérêts stratégiques en pleine affaire Alstom.

Pour tenter de rassurer, l’ancien président de la République et l’actuel ministre de l’économie ont transgressé la doctrine dominante de leur formation politique. En vain. Ils n’ont pas convaincu.

Les listes du FN ont attiré 43 % des ouvriers qui se sont déplacés aux urnes, 38 % des employés et 37 % des chômeurs. C’est le défi majeur des deux grands partis : reconquérir d’ici à 2017 l’électorat populaire qui se sent complètement abandonné.

Là encore il y a eu des signaux, notamment le milliard d’euros d’allègements d’impôts annoncé par Manuel Valls pendant la campagne pour faire sortir de l’impôt sur le revenu les contribuables modestes qui y étaient entrés.

Le geste était large compte tenu de l’état désastreux des finances publiques mais trop restreint, eu égard aux attentes. Electoralement il s’est révélé inefficace.

UNE TRIPLE CRISE

Le temps des rustines est révolu. Le PS et l’UMP présentent les mêmes fragilités : ce sont des partis européens et libre échangistes dans une France qui, dans ses profondeurs, l’est de moins en moins.

Les débats récurrents qui les agitent deviennent de plus en plus âpres et de plus en plus menaçants pour leur cohésion car l’un et l’autre ont perdu en leadership, faute de résultats. La mondialisation qui fait monter les populismes partout en Europe s’accompagne d’une crise de l’offre politique typiquement française.

Ayant beaucoup promis – notamment de « changer l’Europe » – et peu prouvé, les partis de gouvernement sont devenus impuissants à combattre le pessimisme noir qui paralyse le peuple français. Le sentiment de déclassement conjugué à la peur panique de se diluer alimentent un déclinisme qui favorise la valorisation du passé et le repli sur ce soi.

C’est cette triple crise – européenne, économique , pychologique – qu’il appartient au président de la République le plus faible de la Ve République de juguler, dans un contexte économique qui ne laisse entrevoir d’ici trois ans aucun retournement miracle.

MAIGRE AVANTAGE

Jusqu’à présent, le maigre atout de François Hollande, affaibli au sein de son propre camp, était la faiblesse de l’UMP, engluée dans les affaires et l’absence de leadership. Cela lui laissait le temps de voir. Et peut être de se refaire.

Mais l’irruption de Marine le Pen en pôle position aux européennes change radicalement la donne. Désormais , les deux partis de gouvernement se retrouvent dos au mur , obligés de mener en moins de trois ans une refondation radicale pour bloquer la fuite des électeurs.

Le seul avantage de François Hollande est d’être aux manettes. Il peut agir, il peut oser.

Les élus locaux ont raison de trembler : ils auront la révolution. La réforme territoriale est la dernière cartouche d’un président aux abois. Attaquer le mille feuille territorial, réduire le nombre d’élus, donner des gages à ceux qui crient à la gabegie. La réforme est populaire, la réforme est demandée.

Mais elle ne suffira pas. La crise sociale a rejoint la crise européenne dans un cocktail explosif. Elle ne pourra se résoudre par la simple refonte des territoires.

Françoise Fressoz

Source : Le Monde 26 05 2014

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Maj Sjöwall allume le polar nordique

red Maj Sjowall c Peter KnutsonPour le polar scandinave, la fille qui arriva avec son allumette a pour nom Maj Sjöwall tandis que Per Walhöô se chargeait du bidon de pétrole. Le couple utilise plutôt le roman procédurier et policier, mais dès 1965 il en fait une arme politique. Le roman d’un crime dessine une virulente critique de la société suédoise mettant en scène la Brigade criminelle autour du commissaire Martin Beck. Avec cette série de dix épisodes, Sjöwall et Walhöô se livrent selon Jean-Bernard Pouy : à une analyse minutieuse et une attaque en règle de ce qu’on appelait alors le paradis suédois ; avec comme sous thèse, une explication des mécanismes criminels, essentiellement dus aux pouvoirs corrupteurs de l’argent et du libèralisme capitaliste. » Per Walhöô définissait le travail de son épouse et de lui-même comme « un scalpel ouvrant le ventre d’une idéologie appauvrie et exposant la morale discutable du pseudo bien-être bourgeois ».

Le constat implacable qu’ils ont fait de cette société suédoise déliquescente a finit par trouver un écho éclatant à la fin de la décennie 1980, lorsque le fameux modèle social commença à voler en éclats sous les coups de boutoir du libéralisme économique. Nesbö, Mankell, Stieg Larsson sont les grands exportateurs du polar scandinave.
Depuis la mort de Per Walhöô en 1975, Maj Sjöwall continue d’écrire, en duo avec Tomas Ross.

JMDH

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Europe sociale ? Quelle blague !

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De la gauche radicale à l’UMP en passant par le MoDem et les Verts, pas un parti n’oublie d’évoquer l’Europe sociale. Le vieux thème des campagnes européennes du PS, apparu il y a une vingtaine d’années, est devenu tarte à la crème. Un talisman censé séduire les électeurs désenchantés. À droite, il s’agirait surtout de préserver un « modèle social européen qui a fait ses preuves ». Mais de quel modèle parle-t-on ? L’Union européenne passe pour être la zone la plus riche du monde, mais dans la seule Europe des quinze, celle d’avant le grand élargissement de 2004, plus de 60 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, près de 3 millions y sont sans logement et 15 millions logés dans des conditions précaires.

À gauche, l’Europe sociale reste à bâtir. Ce qui vaut aveu d’échec pour les sociaux-démocrates. Aux commandes de 13 pays sur 15 à la fin des années 1990, qu’ont-ils fait pour éviter que les politiques sociales soient toujours soumises aux impératifs de compétitivité ? Qu’ont-ils obtenu en échange de leur approbation de tous les traités, depuis l’Acte unique (1987) jusqu’au traité de Lisbonne ?

On a vu ces dernières années la Cour européenne de justice limiter, à quatre reprises, l’action syndicale et les droits des salariés, au nom de la liberté du commerce. La différence entre les deux types de services publics, ceux considérés comme « économiques » et soumis sans retenue au droit de la concurrence, et les services « non-économiques », tend à être abolie, menaçant des secteurs comme l’éducation, la santé ou la protection sociale. Et même si elle était adoptée, la Charte des droits fondamentaux ne changerait rien. Les droits sociaux qui y sont énoncés sont de très faible portée et le texte indique lui-même qu’il « ne crée aucune compétence ni aucune tâche nouvelle pour l’Union et ne modifie pas les compétences et tâches définies dans les traités ». Mais si l’on veut une Europe sociale, le préalable est de commencer par ne pas se lier les mains avec des traités, comme celui de Lisbonne, qui la rendent impossible.

Source Politis  15 Mai 2014

Voir aussi : Rubrique UE, rubrique Politique, La politique européenne de Hollande, Politique économique, On Line Le PS et L’Europe sociale 35 ans d’une promesse non tenue,

Il pourrait changer la face de l’Europe : le traité transatlantique décodé

 Le traité transatlantique TAFTA vise à établir une zone de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, créant un gigantesque marché de plus de 800 millions de consommateurs. Le traité transatlantique TAFTA vise à établir une zone de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, créant un gigantesque marché de plus de 800 millions de consommateurs. | REUTERS/© Sergio Perez / Reuters

Le traité transatlantique TAFTA vise à établir une zone de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis, créant un gigantesque marché de plus de 800 millions de consommateurs. Le traité transatlantique TAFTA vise à établir une zone de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis, créant un gigantesque marché de plus de 800 millions de consommateurs. | REUTERS/© Sergio Perez / Reuters

Négocié dans le plus grand secret par les Américains et les Européens depuis bientôt un an, le traité de libre-échange transatlantique suscite une opposition de plus en plus virulente de la part des ONG et des partis politiques. En France, le Front de gauche a même décidé de placer le combat contre TAFTA au coeur de sa campagne pour les élections européennes en mai, qu’elle entend transformer en référendum pour ou contre le traité. Dans une moindre mesure, les écologistes et le Front national se sont également saisis du dossier, alors que l’UMP, le PS et François Hollande restent très discrets sur le sujet.

De quoi s’agit-il ?

Un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne, préparé depuis une dizaine d’années, et officiellement négocié depuis l’été 2013. Il a pour but de constituer un marché commun de 820 millions de consommateurs, qui représenterait la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux : pour ses défenseurs, il pourrait faire gagner jusqu’à 0,05 points de PIB par an aux économies américaine et européenne, boostant les échanges et les créations d’emplois.

Quatre rounds de négociation rassemblant à chaque fois une centaine de personnes ont déjà eu lieu à Bruxelles et Washington. Les négociations, menées par la Commission européenne de ce côté de l’Atlantique, sont censées aboutir en 2015. Le traité devra alors être validé par les Vingt-Huit Etats-membres de l’Union européenne, puis voté par le Parlement européen.

PTCI, TAFTA ou TTIP ?

Le traité devait originellement s’appeler TAFTA, pour Transatlantic Free Trade Area (zone de libre-échange transatlantique). Il a été depuis rebaptisé TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), car son nom ressemblait trop à celui du traité ACTA, rejeté par le Parlement européen en 2012 à l’issue d’un long combat politique. En français, cela donne PTCI : le « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ». Pour autant, ses adversaires, rassemblés depuis plusieurs mois sous l’étendard #STOPTAFTA, ont décidé de continuer à utiliser son nom original.

Qu’en sait-on exactement ?

Les négociations sur le traité transatlantique se déroulant dans le plus grand secret entre les responsables européens et américains, on en sait peu sur son contenu. Les seules sources à notre disposition sont les documents qui ont fuité sur Internet ou dans la presse depuis un an :

Tout juste sait-on donc que TAFTA/TIPP vise :

  • La suppression des tarifs douaniers
  • L’harmonisation progressive des règlementations de part et d’autre de l’Atlantique
  • La mise en place d’un mécanisme de règlements des différends entre les entreprises et les Etats

Affirmations sur TAFTA passées au crible

Pour démêler les mythes de la réalité, Les Décodeurs se sont penchés sur quatre affirmations couramment relayées, par les détracteurs et les promoteurs de TAFTA :

2. TAFTA va-t-il délocaliser notre justice à Washington ?

3. TAFTA va-t-il nous faire manger des OGM et du poulet au chlore ?

Voir aussi : Rubrique UE, rubrique Politique, rubrique Economie, rubrique Internet, Acta la protection qui musèle, rubrique Philosophie, Habermas : Pour une Europe démocratique !