La Commission européenne a exprimé dans un document interne, des doutes concernant la légalité de la décision prise par la France de reconduire à la frontière des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie. Les commentateurs font l’éloge de la critique de Bruxelles à l’égard de l’initiative française mais regrettent que la réaction de l’UE soit trop hésitante.
Archives de catégorie : Actualité locale
La capacité de l’art à resister
Ecriture contemporaine. Après le Petit Bard la compagnie Sîn poursuit sa recherche en Cisjordanie. L’ artiste y est au carrefour de son intimité, de l’autre et du monde.
Après son escale en juin au Petit Bard, la compagnie Sîn a rejoint du 13 au 27 juillet le camp de réfugiés d’Aïda en Cisjordanie. Ce camp est situé à deux pas de Bethléem, de l’autre côté du mur de séparation de 12 m construit par l’autorité israélienne. C’est une initiative qui ne relève pas d’un projet de solidarité « classique » avec le peuple palestinien mais s’inscrit plutôt dans le cadre d’une démarche artistique innovante, au long court, là où s’initie un processus d’écriture. Un peu sur le modèle de l’événement qui s’est tenu en juin à Montpellier, dans le quartier du Petit bard. L’artiste devient témoin. Il se débarrasse de ses représentations. Il s’imprègne du mode de vie des gens, va à leur rencontre, échange, s’immerge personnellement dans leur environnement et trouve matière à créer.
Depuis 2002, la Cie Sîn s’est rendue à sept reprises en Palestine. Une dimension du temps importante et nécessaire pour fonder une démarche, tisser des liens de confiance, et approfondir des relations dans un monde étranger sous tension. Cette dimension temporelle participe à l’exigence d’un projet qui ne falsifie pas la réalité. » En 2002, lors de notre premier séjour, nous sommes tombés en pleine indique le dramaturge Emilien Urbach à l’initiative de l’aventure. C’était la vraie guerre et en même temps nous nous trouvions au milieu d’un peuple plein d’espoir. Trois ans plus tard, le fatalisme avait gagné et l’espoir disparu. Désillusionnés, les gens s’etaient repliés sur la religion. » Le temps joue également sur l’expérience personnelle : » la première fois tu pars avec des images symboliques, celles des résistants palestiniens. Tu te dis que tu vas rencontrer des enfants héros et puis sur place tu vois des connards, des esprits brillants, des allumés, des touristes militants, des gens qui résistent dans la durée, et l’usure qui gagne. Il y a de tout. C’est une situation extrêmement complexe. On doit toujours déconstruire les images médiatiques qui sont dans nos têtes. Il s’est passé la même chose au Petit Bard. On a concerné 2 000 personnes du quartier mais seulement une cinquantaine de l’extérieur. »
Habiter pleinement le monde
Le cadre de l’action menée par la Cie Sîn en Palestine vise à donner une visibilité à la création et à la culture palestinienne. Il est envisagé comme une participation artistique à la résistance. L’action a notamment permis six séjours d’artistes palestiniens en France et le déplacement d’une quinzaine d’artistes français en Palestine. Cette année la chorégraphe Lisie Phillip et le photographe Olivier Baudouin ont participé au voyage pour préparer une performance artistique prévue en Cisjordanie au printemps prochain. « C’était leur première rencontre avec ce territoire. Ils ont exprimé le désir de travailler avec des artistes israéliens, chose à laquelle nous avions renoncée. Mais on ne voulait pas rester figé et on a tenté l’expérience avec deux artistes israéliens, explique Emilien Urbach. Ca c’est bien passé avec l’un mais pas avec l’autre qui n’a pas pu intégrer la réalité. Plus tard nous en avons discuté avec Abdel Fatha qui s’occupe du centre culturel dans le camp d’Aïda. Il nous a expliqué qu’il trouvait déplacé qu’en Occident, à chaque fois que l’on donne la parole à un Palestinien, il faille qu’un israélien soit présent, comme si le Palestinien n’existait pas par lui-même. C’est un point vu intéressant. Ce n’est pas simple d’habiter pleinement le monde dont on fait partie. «
Des quartiers à la Cisjordanie, la Cie Sîn part à la rencontre des territoires. Tels des ethnologues qui partent sur le terrain pour objectiver leur recherche, eux le font pour les subjectiver. » On n’est pas des casques bleus de l’art, les choses se font si les artistes et la population y trouvent un sens. »
Jean-Marie Dinh
Voir aussi : Rubrique Palestine, Rachel une mort miroir , Rubrique Théâtre, Edward Bond en milieu rural , Sur le théâtre des opérations urbaines, On line Blog de voyage de la Cie Sîn http://outwallin.blogspot.com/
L’Iranienne Sakinech, l’arbre et la forêt…
Les membres de Ensemble pour un Iran Démocratique, collectif montpelliérain fondé en juin 2009 pour soutenir le mouvement démocratique de la société iranienne dans son ensemble, se sont mobilisés hier matin place de La Comédie, dans le cadre de l’appel en faveur de la libération de Sakinech Ashtiani dont le sort reste incertain. Après l’avoir condamnée à mort par lapidation pour adultère et complicité du meurtre de son mari, les autorités iraniennes ont annoncé qu’elles n’exécuteraient pas la sentence. Mais la menace d’une mort par pendaison pèse toujours sur Sakinech Ashtiani alors que la mobilisation internationale en sa faveur bat son plein. En France la cause de Sakinech fait l’objet de tous les ralliements. Les associations féministes et celles des droits de l’homme, les médias, de Libé à Elle, et la sphère politique emboîtent indistinctement le pas. De Martine Aubry au Président de la République nettoyeur de Roms qui a soudainement pris conscience de la gravité de la situation : « La France a la responsabilité de la sauver » sic ! Jamais en reste dans ce genre de situation, le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner vient de monter aux créneaux en écrivant à la haute représentante de l’UE, Catherine Ashton. Pour que les 27 menacent l’Iran de sanctions pour l’amener à la clémence vis-à-vis de la condamnée à mort. Bernard Henri Levy himself et le mouvement Ni putes ni soumises, à l’origine de l’opération internationale 100 villes pour Sakinech ont fait de cette affaire leur cheval de bataille.
A l’écart de toute affinité politique ou religieuse le collectif Ensemble pour un Iran Démocratique était aussi présent hier, mais il est resté attaché à son indépendance. Il n’y avait pas de grande photo de la mère de famille. Juste son image et un mur de prison taché de sang composé par les membres du collectif et d’autres citoyens se sentant concernés par la situation du peuple iranien. « On parle de Sakinech et cela empêche de parler d’autre chose, pense Massoud, la responsabilité de la France est de sauver le peuple iranien de ce régime réactionnaire. N’oublions pas que 150 femmes sont mortes lapidées depuis juin 2009. Est-ce que Monsieur Sarkozy a le même discours lorsqu’il négocie pour le pétrole ? ».Sur la Comédie, les membres du collectif invitaient les passants à ajouter leur nom à la pétition pour la libération de Sakinech déjà signée par 40 000 personnes.
Pourtant, si tout le monde, ou presque, connaît désormais le visage de Sakinech Ashtiani, peut de monde s’intéresse à la menace actuelle d’une grève générale qui rend la situation sociale iranienne explosive. Sur ce sujet l’autisme des médias occidentaux est général, ce qui laisse penser à certains opposants iraniens comme Kaveh Mohseni* que la médiatisation de cette affaire a été mise en scène par le régime pour faire diversion avec la complicité des occidentaux qui appuient leur stratégie en Asie centrale sur le régime des Mollahs. « Tout est possible, je ne peux pas infirmer ni dire le contraire, indique Massoud du collectif montpelliérain. Nous préservons notre énergie pour être ensemble. Nous n’intervenons pas dans la politique franco-française et nous nous gardons de regarder les arrières pensées des uns et des autres. Dès que nous en avons la possibilité nous protestons contre ce régime iranien qui est inhumain ! »
Jean-Marie Dinh
*Kaveh Mohseni est le représentant en France de l’opposition iranienne laïque. Il anime le site Iran Resist.
Voir aussi : Rubrique Iran Rubrique Livre L’Iran, pays des métamorphoses , Clair obscure à Théhéran , La femme qui lisait trop, Rubrique Cinéma Les chats Persans, Téhéran , On line Histoire des frontières de l’Iran ,Rubrique Politique internationale Les trois grands fournisseurs de pétrole de la Chine, Arsenal américain autour de l’Iran,
La lecture en tête dans la vallée de l’Orb
La quatorzième édition des Lectures vagabondes s’est achevée hier par un repas convivial au château de Colombière dans le Haut Languedoc. Cette dernière soirée a fait la part belle aux jeunes talents littéraires. Pleine de fraîcheur, l’auteur photographe Alizé Meurisse, nominée pour le prix Flore pour son premier roman Pâle sang bleu, y a évoqué son dernier livre Roman à Clefs paru au début de l’année. Tout aussi libre, NatYot a ouvert le registre poétique de son recueil EroTIK MeNtaL FoOD, mots nus et crus dits en musique.
Au terme de six jours de festival où se sont succédé les écrivains, Justine Niogret, Lilian Bathelot, Vincent Wackenheil, Nicolas Ancion, Eric Pessan et Nahal Tajadod, auteurs de Incident de Personne et de Debout sur la terre – romans sur lesquels nous reviendrons prochainement – la diversité de la palette littéraire proposée, s’inscrit comme une partie identitaire du festival.
Autre caractéristique, le vagabondage qui conduit l’esprit des spectateurs participants d’un lieu à l’autre. Dans l’écrin verdoyant de la vallée de l’Orb, on s’étonne de site en site. Derrière une chapelle perchée dans la montagne, au bord d’une rivière, ou dans la cour d’un château, les rencontres se produisent là où on ne les attend pas. Et la fidélité du public ne fait pas défaut. Entre soixante et cent personnes tous les soirs se retrouvent dans des lieux perchés hautement improbables. « C’est plus fréquenté que dans les rencontres organisées par les librairies parisiennes, constate une nouvelle adepte de la capitale, en cure thermale à Lamalou-les-Bains. J’ai découvert le festival cette année. Je n’en reviens pas, mais je reviendrais », lâche la dame ravie. Il y a aussi le noyau des habitués membres de l’association, car les rencontres avec les auteurs ne se limitent pas au festival d’été. Elles ont lieu toute l’année ce qui renforce les liens. « Je suis les rendez-vous pour la convivialité et pour aiguiller mes choix de lecture. C’est bien de voir et d’entendre parler un auteur ici ; rien à voir avec la télé. Et puis le choix des invités fait par l’association opère un premier tri « , explique un quinquagénaire enthousiaste.
Après les rencontres, l’échange se poursuit autour d’un verre et souvent autour d’une bonne table. Mais l’ingrédient principal demeure le lecteur.
L’association Lectures Vagabondes promène la littérature dans l’arrière-pays
« J’ai hérité d’une Rolls, confie la nouvelle présidente de l’association Lectures Vagabondes, Edith Noublanche. Avec 130 adhérents, et un public beaucoup plus large, notre association a pour objet la diffusion de la littérature française ou étrangère. Elle organise des rencontres avec des auteurs tout au long de l’année avec des temps forts, comme le festival d’été ou les rencontres poétiques en juin. »
Au rythme de deux rendez-vous mensuels, l’association s’est constituée un vrai public de lecteurs. Elle fonctionne avec un comité de lecture qui fait le tri sur le critère de la qualité d’écriture. Depuis sa fondation par Jean-Claude Mancione, elle a reçu plus de 600 écrivains dans la vallée de l’Orb. « En 1996 nous n’étions pas nombreux à proposer un festival littéraire en août, se souvient Jean-Claude Mancione. Nous voulions ouvrir la vallée à la littérature. Nous avons commencé par faire connaître les auteurs de la région. L’exigence est venue avec le temps, puis l’idée que nous pouvions être un marchepied pour de jeunes auteurs talentueux méconnus et avec elle, la volonté de s’ouvrir à la littérature du monde.«
Les auteurs accueillis par l’association apprécient autant le cadre naturel que l’esprit du projet qui les confronte au questionnement des lecteurs. En ce sens, il s’agit d’une vraie rencontre, loin des mondanités urbaines qui font l’ordinaire de la promotion littéraire. « La dimension itinérante des rencontres se fait en fonction des volontés. Elle offre une singularité, indique Edith Noublanche. On est hors les murs en conservant une vraie exigence littéraire. Notre volonté est de concerner tous les publics et notamment d’aller vers un rajeunissement. Si on veut que la littérature se promène, il faut songer à la sortir des maisons de retraite. »
Le propos ne s’apparente pas à l’idéologie du jeunisme mais à celui de l’ouverture. L’association intervient en effet dans différents centres hospitaliers y compris auprès de personnes atteintes d’une déficience mentale. Au fil du temps, Lectures Vagabondes a échafaudé un réseau partenarial. Elle a noué une relation avec la Maison de Heidelberg et travaille régulièrement avec la Librairie des Sources à Bédarieux. « Nous entretenons des relations privilégiées avec certains éditeurs comme Métailié qui nous contactent lorsqu’ils font venir des auteurs étrangers.«
Coté budget, l’association ne roule pas sur l’or. Elle est modestement soutenue par les collectivités territoriales, mais ne semble pas préoccupée outre mesure par l’incertitude qui plane sur les budgets culturels 2011. « Il ne faut pas se laisser démotiver par le financement institutionnel mais plutôt s’interroger sur les moyens de notre indépendance, soutien Edith Noublanche. Qui précise que les auteurs invités sont rémunérés en fonction de la charte des auteurs !
Jean-Marie Dinh
« La vie sociale repose sur la confiance »
La sociologue française, Dominique Schnapper est la fille de Raymond Aron. Elle a été membre du Conseil constitutionnel entre 2001 et 2010. Elle ouvre ce soir les 25e Rencontres Pétrarque avec la leçon inaugurale sur le thème En qui peut-on avoir confiance ? Entretien à la lumière d’une actualité qui met en évidence une certaine défiance des citoyens à l’égard de leurs institutions et suscitera des débats cette semaine à Montpellier dans le cadre des Rencontres Pétrarque de France Culture.
Vous êtes en charge de poser les termes des débats de cette semaine. Comment envisagez-vous cette question de la confiance dans sa dimension objective et surtout subjective ?
« Le contraste entre la confiance objective et la confiance subjective est au cœur des débats. Objectivement l’ensemble de nos relations repose sur une confiance accrue envers les autres. Les liens qui nous unissent à nos compatriotes et au monde entier sont à la fois plus nombreux, et plus forts. En même temps la démocratie suscite les interrogations et la confiance subjective ne suit pas nécessairement la confiance objective. C’est dans l’analyse de ce décalage que se situeront les débats.
Avec l’affaire Bettencourt qui mobilise le gouvernement, cette question de la confiance semble au cœur du problème. Elle évoque la méfiance des citoyens. Quel regard portez-vous sur ce feuilleton ?
« Les exigences de transparence de la vie publique ont augmenté au fur et à mesure que se sont développées les exigences démocratiques. Cela pose des problèmes parce que la vie publique est loin d’être toujours conforme aux idéaux de la démocratie. Il est inévitable qu’en exigeant la transparence on découvre des modes de fonctionnement qui ne sont pas parfaits. Ce qui paraissait normal hier suscite maintenant un sentiment de scandale.
L’article 11 de la déclaration des droits de l’Homme garantit une libre communication des pensées et des opinions mais dans les limites déterminées par la loi, tandis que la Constitution américaine interdit l’adoption de lois restreignant la liberté de la presse. Existe-t-il une réelle liberté de la presse dans notre pays ?
La liberté de la presse fait partie de la liberté politique. Elle est essentielle. Sans elle, il n’y a pas de démocratie. A partir de là, il existe des traditions différentes d’encadrement ou de non-encadrement de cette liberté. Aux Etats-Unis, un amendement de la Constitution garantit une liberté absolue de la presse. La tradition française est un peu différente, mais les événements actuels montrent tout de même que la liberté de la presse est grande. C’est nécessaire. En même temps, les journalistes eux-mêmes ne sont pas au-dessus de la transparence qui est attendue des hommes politiques.
Les Français ne font pas plus confiance aux journalistes qu’aux hommes politiques…
Il serait souhaitable qu’ils fassent à la fois confiance aux journalistes et aux hommes politiques, mais les enquêtes montrent qu’en France la confiance faite aux uns et aux autres ainsi qu’aux institutions en général, est parmi les plus faibles d’Europe. Ce qui pose un problème profond, parce que la vie sociale repose sur la confiance que nous nous faisons les uns les autres.
N’est-ce pas lié à notre manque de confiance dans la justice, souvent décrite comme une institution socialement biaisée au détriment des populations défavorisées ?
Aucune des institutions humaines n’est rigoureusement conforme aux principes démocratiques. Malgré tout, l’égalité de droit n’est pas sans effet. C’est quand même dans les sociétés démocratiques que la justice applique le mieux ou, en tous cas, le moins mal les grands principes de l’égalité de tous devant la loi.
Max Weber soulignait au début du XXe siècle que le droit s’adaptait aux demandes du secteur économique. Le Conseil constitutionnel a retoqué le texte de la loi Hadopi en faveur de la liberté d’expression mais les intérêts des maisons de disques et des auteurs sont privilégiés aux détriments d’une prise en compte des pratiques de consommation culturelle…
Le Conseil constitutionnel n’a critiqué que l’un des aspects de la loi qui a été ensuite adoptée. Sur le fond, le texte tente de résoudre un problème lié à des intérêts contradictoires. La liberté des individus d’un côté, et d’autre part la production des auteurs, faute de quoi, il n’y aura plus de production intellectuelle. Le projet est celui du gouvernement. Le Conseil constitutionnel a seulement vérifié qu’il n’était pas contraire à la Constitution. Il a affirmé que la liberté d’expression sur Internet est une partie de la liberté politique. Personnellement, je ne suis pas sûre que cette loi sera aussi efficace que le gouvernement le souhaitait parce que la technique dépasse en général la législation.
A propos du bouclier fiscal, on lit dans la décision du Conseil constitutionnel que celui-ci tend à éviter une rupture de l’égalité devant les charges publiques, c’est un peu fort de café !
L’idée que le contribuable ne doit pas remettre à l’Etat plus de la moitié de ses revenus n’est pas en tant que telle contraire au principe de la redistribution. C’est une décision politique sur laquelle le Conseil constitutionnel n’avait pas à intervenir.
Cela signifie-t-il que le bouclier fiscal est gravé dans le marbre ?
C’est une décision politique. Comme toutes les décisions politiques, elle peut être remise en question par la situation économique ou par un gouvernement qui adopterait une autre politique. Mais, quelle que soit sa valeur symbolique, ce n’est pas le problème essentiel de la redistribution de la société française.
N’avez-vous pas le sentiment que la confiance des Français dans leurs institutions représentatives s’épuise ?
Ils croient encore aux institutions représentatives parce qu’il n’y en pas d’autres. Mais force est de constater qu’elles sont surtout respectées, pour aller vite, par les plus diplômés, les plus riches et les plus âgés. C’est ce que montrent les chiffres de l’abstention selon les catégories sociales. Ce qui est préoccupant. Pour l’instant nous ne connaissons pas d’autres moyens pour organiser les pratiques démocratiques. »
Recueilli par Jean-Marie Dinh
Dernier ouvrage paru : Une sociologue au Conseil constitutionnel, éditions Gallimard
Voir aussi : Rubrique Politique Une institution fragile, Rubrique Rencontre Jean-Claude Milner,




