Forçons la France à ne plus stocker nos données !

stop-sign-cc-by-flickr

Impossible de stocker les infos sur les communications de toute une population : c’est trop grave pour notre droit à la vie privée. C’est la justice européenne qui le dit et c’est à nous, désormais, de forcer la France à obéir.

A cette échelle, ce n’est plus un pavé, mais une plaque tectonique. Pour la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), c’est tranché : les Etats n’ont pas le droit de forcer Orange, Bouygues, SFR et tous leurs voisins, à conserver en vrac et par défaut, les infos portant sur l’ensemble de nos communications téléphoniques ou sur Internet.
« Prises dans leur ensemble, ces données sont susceptibles de permettre de tirer des conclusions très précises concernant la vie privée des personnes », argumente la Cour.
Or le respect de la vie privée et la protection des données personnelles sont deux droits fondamentaux de l’Europe. Tordre ces principes en stockant les infos entourant les échanges de toute une population « doit être considéré comme particulièrement grave ».
« Et susceptible, ajoutent les juges, de générer dans l’esprit des personnes concernées le sentiment que leur vie privée fait l’objet d’une surveillance constante. »
Rendue ce 21 décembre, cette décision est contraire à bon nombre de pratiques aujourd’hui en cours dans les Etats, dont la France. Or il ne s’agit pas de l’énième avis consultatif d’une sombre institution dont tout le monde se moque. Cette fois, tous les membres de l’UE doivent s’y conformer. Et c’est à nous, citoyens du Vieux Continent, de nous mobiliser pour garantir que tel soit bien le cas.

Le combat contre le terrorisme ne justifie pas tout

Les Etats ont en effet tout intérêt à laisser cette décision pourrir aux oubliettes. France, Grande-Bretagne, Allemagne, Suède… la grande majorité a accentué, ces dernières années, sa scrutation des échanges sur les réseaux au nom, le plus souvent, de la lutte contre le terrorisme. Et les drames récents n’ont bien sûr rien arrangé.
Loi de programmation militaire, loi renseignement en France, « Investigatory Powers » en Grande-Bretagne… à chaque fois, la surveillance des citoyens est allée un cran plus loin. Les interrogations sur l’efficacité et la légalité d’un tel choix, elles, étant de plus en plus rejetées et taxées par les responsables politiques d’irresponsabilité, de fantasmes et de paranoïa. Rappelez-vous la grosse colère de Bernard Cazeneuve contre Rue89 lors du débat sur la loi renseignement…
Or que dit ici la gardienne même du droit qui s’applique à tous les Etats-membres ? Que le combat contre le terrorisme, « pour fondamental qu’il soit », ne justifie pas tout. Ou, en langage de la CJUE (point 103) :

« Si l’efficacité de la lutte contre la criminalité grave, notamment contre la criminalité organisée et le terrorisme, peut dépendre dans une large mesure de l’utilisation des techniques modernes d’enquête, un tel objectif d’intérêt général, pour fondamental qu’il soit, ne saurait à lui seul justifier qu’une réglementation nationale prévoyant la conservation généralisée et indifférenciée de l’ensemble des données relatives au trafic et des données de localisation soit considérée comme nécessaire aux fins de ladite lutte. »

 

 

 

5 conditions strictes pour choper les méta-données

En clair, la Cour dit bien que les priorités législatives des Etats sont en contradiction avec la loi européenne, nous confirme un expert de la matière sous couvert d’anonymat.
Elle ne nie pas la possibilité même de stocker des infos sur une connexion à Internet, ou un appel téléphonique. Mais impose des conditions strictes, inexistantes dans de nombreux Etats, comme la France.
  • Ces données ne portent pas sur le contenu des communications (le corps d’un e-mail, votre conversation téléphonique…) mais bien sur des informations périphériques et techniques. C’est ce qu’on appelle les méta-données : qui appelle qui, de quel appareil, à quelle heure, combien de temps ? Sur ce point, les Etats sont a priori plutôt au point, même si, à la fleur de flous dans les textes, des différences d’interprétation demeurent encore (par exemple : l’objet d’un e-mail fait-il partie du contenu ou des métadonnées ?).
  • Ces données ne portent pas sur toute la population. Seuls des individus ciblés peuvent voir leurs données stockées ; la Cour refuse toute « conservation généralisée et indifférenciée », y compris « à des fins de lutte contre la criminalité ».
  • Une fois stockées, ces données ne peuvent être consultées qu’aux « seules fins de lutte contre la criminalité grave », et non pas pour contrer de petits délits.
  • Une fois stockées, ces données ne peuvent être consultées qu’après « contrôle préalable par une juridiction ou une autorité administrative indépendante ».
  • Enfin, le stockage de ces données ne peut être fait que « sur le territoire de l’Union ».

 

 

Enquête judiciaire, administrative, fisc, douane…

En France, les règles sont à des années-lumières de ces exigences.
Les opérateurs sont tenus de conserver pendant un an ce genre d’informations (articles L-34-1 et R10-13 du Code des postes et des communications électroniques). Et s’ils refusent, ils risquent jusqu’à un an de prison et 75 000 euros d’amende, rappelle le juriste Alexandre Archambault, également ancien employé de Free, sur Twitter.
Mais le plus savoureux est que ces données servent à peu près à tout.
  • Au départ, elles devaient servir « pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales. »
  • Mais cette consultation s’est étendue du judiciaire à l’administratif. Soit en clair aux services de renseignement. La loi de programmation militaire (LPM) de 2013 y a consacré tout un chapitre, lui-même étoffé par la loi renseignement de 2015.
  • Grâce au « droit de communication », invention géniale qui permet à l’administration d’obtenir les infos qu’elle veut, le fisc, les douanes, l’Urssaf, l’Autorité des marchés financiers ou la direction de la concurrence peuvent se faire communiquer ces infos, pour progresser dans leurs enquêtes ou prévenir la fraude.Le gouvernement actuel chérit tellement ce levier qu’il l’a également glissé dans sa loi sur l’immigration, adoptée en mars, pour les étrangers demandant un titre de séjour. Il l’a aussi prévu dans la loi sur le dialogue social et l’emploi pour fliquer les faits et gestes des chômeurs, avant de le retirer in extremis.
On en oublierait presque, tant les entorses possibles sont nombreuses et l’encadrement strict, le principe de départ… qui oblige l’effacement et l’anonymisation de « toute donnée relative au trafic » ! « L’exception est devenue de facto la norme », commente Alexandre Archambault.

Une affaire étouffée depuis 2014

En 2014, le député Les Républicains Lionel Tardy s’inquiétait déjà de la légalité de cet open bar de données et interpellait la Chancellerie sur la question.
A l’époque déjà, la Cour européenne avait fait savoir qu’elle n’était pas franchement pour une conservation massive des données de trafic, en annulant une directive qui en imposait le principe. Le tout, en des termes très similaires à ceux employés aujourd’hui.
Lionel Tardy, comme d’autres, s’interrogeait alors : si ce texte européen datant de 2006, et appliqué depuis dans les Etats, est en fait invalide, la France doit elle aussi faire évoluer sa loi ?
A l’époque, le gouvernement s’en lavait les mains, arguant que les règles nationales étaient antérieures et leurs garanties « supérieures ».
Le collectif « Les Exégètes amateurs », a estimé que tel n’était pas le cas, et a demandé au Conseil d’Etat de trancher. Quitte à demander aux juges européens de préciser leur pensée. En vain : la Cour a remballé le recours, sans même une explication.

« Plus il y a de demandes, plus l’examen sera pris au sérieux »

Mais le sujet n’a pas pu être enterré. Car il n’a rien de franco-français. Et parce que d’autres juges, ailleurs en Europe, ont estimé que la question méritait d’être posée. La décision de la CJUE en date du 21 décembre fait en effet suite aux sollicitations de deux cours d’appel, l’une en Suède, l’autre au Royaume-Uni.
Magie du droit communautaire, le sujet de la rétention des données revient comme un boomerang dans la face de la France. Ce qui redonne de l’espoir au collectif des Exégètes amateurs. Malgré la fin de non-recevoir opposée à leur premier recours, un second, plus large, est en effet toujours en cours d’examen au Conseil d’Etat.
Reste que ce dernier peut rester sourd à la pression des juges européens. Ils ne disposent en effet d’aucun moyen pour contraindre directement les Etats à rentrer dans le rang.
La seule solution, c’est nous. Si on estime que notre pays n’est pas en conformité avec la décision des juges, on peut le signaler à la Commission européenne. C’est par ici que ça se passe et ça peut même se faire en ligne.
N’importe qui peut faire ce recours en manquement. Quand on l’interroge sur la marche à suivre, notre interlocuteur qui suit le dossier de près nous explique qu’il suffit d’argumenter en quoi les règles nationales sont selon nous contraires au droit communautaire. Au bout du compte, nuance-t-il, la Commission peut toujours décider, seule, de ne pas renvoyer aux juges. Mais il s’empresse alors d’ajouter :
« Mais plus il y a de demandes, plus il y a de pression, et plus l’examen sera pris au sérieux. »
Source Rue 89 22/12/2016
Voir aussi : Actualité France, Rubrique Médias, rubrique Internet, rubrique UE, rubrique Société,Justice, rubrique Politique,

« Venir malade au bureau est un acte héroïque »

XVM337a98ae-c111-11e6-a909-05ab8ac13ad0

INTERVIEW – Les Français adeptes du présentéisme ne reculent devant rien. Pas même devant la maladie. La sociologue du Travail Danièle Linhart décrypte ce phénomène pour Le Figaro.

«Qui ne sent point son mal est d’autant plus malade», dit Antiochus dans la tragédie «Rodogune» de Pierre Corneille. Cette réplique devrait être méditée par un grand nombre de Français… Si l’on en croit une récente étude publiée par le site Monster.fr, pas moins de 35% des salariés se rendent à leur travail même lorsqu’ils sont malades! Une abominable bêtise en matière d’hygiène, de santé, et de bien-être au travail. Toutefois, ne nous arrêtons pas à la première lecture. Ce chiffre cache un mal que ne sentent pas – pour en revenir à la citation précédente – les salariés français, même s’ils sont bel et bien malades.

Ce mal, c’est le présentéisme. Un mal contre lequel il est difficile – voire impossible pour certains – de lutter. La preuve: à cause de ce phénomène, l’acte de venir au travail même lorsqu’on est malade est transformé en un acte héroïque. Celui d’un héros cornélien? La sociologue du travail Danièle Linhart explique ce que cache ce phénomène, qui encourage le proverbe selon lequel les absents ont toujours tort.

LE FIGARO. – Depuis quand les Français se rendent-ils au travail alors qu’ils devraient rester au lit?

Danièle Linhart. – C’est un phénomène que l’on observe depuis une dizaine d’années environ… Pourquoi? Parce que, même si l’on est malade, être absent est très mal vu. Le management moderne est ainsi fait: la gratitude et les primes sont pour les présents! Quelqu’un qui n’est pas là ne peut pas être digne de confiance. Au-delà de cela, l’individualisation de la gestion des salariés fait qu’aujourd’hui, chacun a ses propres tâches à accomplir… Et si l’on n’est pas là, il est naturellement impossible de réaliser ses tâches! On observe également une dernière tendance qui s’accentue: la suspicion quant à la légitimité d’une absence…

Lire aussi: L’art d’être présent au bureau même lorsqu’on est absent!

On ne croit plus les salariés qui se disent malades?

Disons plutôt que le doute subsistera toujours! Être malade est devenu quelque chose de difficilement avouable… Aujourd’hui, il y a un discours omniprésent – également véhiculé par le monde du travail – de la santé, du bien-être et de l’hygiène qui implique que si un employé est malade, il en est forcément le responsable! Les gens n’ont jamais été aussi responsables de leur santé. Être en forme est devenu une obligation, et l’on ne peut faire confiance qu’à quelqu’un qui néglige son hygiène de vie. D’un côté, il faudrait se rendre au travail afin de prouver que l’on est un bon soldat, et de l’autre se soucier de sa santé – et de celle de ses collègues en restant chez soi!

Un choix cornélien qui penche vers le présentéisme… Un bon salarié est donc un salarié qui vient malade au bureau?

C’est la réponse qui est le plus souvent plébiscitée en effet… Il y a une certaine fierté dans l’acte de venir malade sur son lieu de travail. Évidemment, les gens qui sont malades sont très remarqués: ils toussent, éternuent… et disent qu’ils sont malades.

Ils se targuent donc d’être malades auprès de leurs collègues?

C’est un acte courageux que l’on met avant, effectivement! On constate une héroïsation du salarié qui a le courage de venir travailler alors qu’il est diminué physiquement. C’est un accomplissement !

Quentin Périnel

Source : Le Figaro 14/12/2016

Voir aussi : Actualité France Rubrique Société, Emploi,  Santé, Travail,  rubrique Economie,

 

Soupçons sur les ondes des téléphones portables

5053185_7_39b1_2016-12-23-caef5b0-18320-1uy3xjh-bvgs1exw29_d6fd450c64116a8954777f2f23240f73

Les niveaux d’exposition aux radiofréquences annoncés par les fabricants sont dépassés en conditions réelles d’utilisation.

Dans la hotte des achats de Noël, les téléphones portables figurent en bonne place. Sans que les consommateurs soient clairement avertis de leur exposition aux radiofréquences de ces appareils et à leurs dangers potentiels. Car les données fournies par les fabricants sont fondées sur des tests effectués en laboratoire, selon des procédures très différentes des conditions réelles d’utilisation des mobiles. C’est ce que dénoncent aujourd’hui des militants « anti-ondes », qui y voient « un scandale industriel et sanitaire » de même nature que le « dieselgate ».

Un « phonegate » donc ? Dans le cas présent, il ne s’agit pas d’une tricherie au sens strict, mais plutôt d’un brouillage des informations données aux usagers, à la faveur d’une réglementation laxiste. Les enjeux sanitaires n’en sont pas moins importants. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme ». Et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé, dans un rapport de juillet 2016, que ces ondes ont « des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être » des plus jeunes.

Le dossier est technique, ce qui contribue à son opacité. L’exposition aux radiofréquences émises et reçues par un téléphone portable est mesurée par le débit d’absorption spécifique (DAS), exprimé en watts par kilogramme (W/kg). Il s’agit de la quantité d’énergie absorbée, sous forme de chaleur, par les tissus biologiques. En Europe, une réglementation…

Source Le Monde 23/12/2016 suite

Christine. Girl Of Good Fortune

christine-lagarde

Christine Lagarde reste directrice du FMI elle ne déposera pas de recours…

Déclarée coupable mais dispensée de peine par la Cour de justice de la République la juridiction d’exception, conçue pour épargner aux politiques les foudres de la justice ordinaire.

 Le conseil d’administration du FMI, qui représente ses 189 Etats membres, n’a pas tardé à honorer ce bel exemple.
Il a fait savoir hier dans un communiqué qu’il « réaffirme sa pleine confiance dans la capacité de la directrice générale de continuer d’assumer ses fonctions efficacement . »
Voir aussi : Actualité internationale, Rubrique Politique, Affaires, rubrique Société, Justice,

Ce que l’on sait de l’opération anti-ETA controversée au Pays basque

Afp

Source Afp

Cinq personnes de la société civile, dont une femme, ont été interpellées vendredi soir, le 16 décembre, lors d’une opération policière franco-espagnole à Louhossoa, près de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), a annoncé le ministère de l’Intérieur. Une opération présentée comme « un nouveau coup dur porté à ETA », l’organisation séparatiste basque.

 Contrairement à de premières informations, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, l’avocat Michel Tubiana, ne figure pas parmi les personnes interpellées.

Dans un courrier daté du 25 octobre, publié par le site Mediabask, Michel Tubiana, Jean-Noël Etcheverry et Michel Berhocoirigoin avaient annoncé leur intention de participer à « la question du désarmement » qui a « été identifiée par tous les spécialistes et dans toutes les régions de conflit comme un élément-clé du processus de paix ». Dans ce texte, les trois hommes précisent qu’ils se situent « en intermédiaires entre une organisation armée avec laquelle » ils n’ont « aucun lien ni subordination, et un Etat » qu’ils veulent « amener à réfléchir. »

Joint dans la nuit par Le Monde, qui souligne « l’imbroglio » autour des interpellations, Me Tubiana a démenti avoir été interpellé, expliquant au quotidien qu’il aurait dû se trouver sur les lieux, mais n’y était finalement pas.

« Importante saisie d’armes, d’explosifs et de munitions »

Parmi les cinq personnes interpellées figurent le dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d’agriculture du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, et une journaliste, Béatrice Haran-Molle. L’identité exacte de la cinquième personne n’est pas encore connue, indique-t-on de sources proches du dossier.

L’opération policière, sur commission rogatoire du Parquet anti-terroriste à Paris, a été menée par des enquêteurs de la police judiciaire française, notamment de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), de la Brigade de recherches et d’intervention (BRI) de Bayonne et des policiers de l’unité d’élite du Raid, assistés de policiers de la Guardia Civil espagnole.

Les cinq personnes ont été interpellées dans la grande maison, isolée, de Béatrice Haran-Molle, dans la bourgade de Louhossoa (environ 600 habitants), sur la route de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port. Au cours d’une perquisition, « une importante saisie d’armes, d’explosifs et de munitions » a été réalisée, indique le ministère français de l’Intérieur.

« Nouveau coup dur porté à ETA »

Pour les gouvernements français et espagnols, « l’interpellation de cinq individus en relation avec l’organisation terroriste ETA » est « un nouveau coup dur porté à ETA », comme l’a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Bruno Le Roux, dans un communiqué, tout en se félicitant « d’une excellente coopération entre les services et avec les autorités espagnoles ».

De son côté, dans un tweet, le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé que « la Guardia Civil avait porté un coup à l’arsenal de la bande terroriste ETA en France ».

L’interprétation fournie dans les milieux nationalistes basques est complétement différente: ainsi, le site en ligne Mediabask, proche du quotidien basque espagnol Gara qui exprime parfois les positions d’ETA, publie une lettre que lui ont adressé Michel Tubiana, Txetx et Michel Berhocoirigoin, affirmant qu’ils avaient décidé « d’enclencher le processus de désarmement de l’organisation armée et procéder à la destruction d’un premier stock d’armes ». Ce stock « correspond à environ 15% de l’arsenal d’ETA ».

Tous trois justifient leur action par leur volonté de « contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque ».

« Rétablir la vérité sur ce qui s’est passé »

« Il faut rétablir la vérité sur ce qui s’est passé », a déclaré Michel Tubiana, interrogé par l’AFP, expliquant qu’il ne se trouvait ni à Bayonne ni à Paris. « Il y a un blocage total du processus de désarmement de l’ETA, un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d’armes », a-t-il expliqué.

« On a voulu jeter un coup de projecteur là-dessus. On voulait détruire des armes et les remettre aux autorités. Cette opération policière

Plusieurs mouvements nationalistes considèrent aussi que « les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes » et appellent à une manifestation samedi à 16h00 à Bayonne.

Dans un communiqué diffusé samedi matin, le 17 décembre, Jean Lassalle, député (ex-MoDem) des Pyrénées-Atlantiques, dénonce par ailleurs « les machiavéliques dérives autoritaires de l’état français ».

ETA a fait plus de 800 morts selon les autorités espagnoles et françaises

Le 12 octobre dernier une importante cache d’armes d’ETA avait été découverte en forêt de Compiègne (Oise). Le 5 novembre, un des derniers chefs d’ETA encore dans la clandestinité, Mikel Irastorza, avait été arrêté à Ascain, près de Bayonne, puis mis en examen et écroué à Paris. Enfin, le 14 décembre, un autre militant basque espagnol d’ETA avait été arrêté à Marseille. Ces trois opérations avaient également été menées conjointement par les polices française et espagnole.

Au nom de sa lutte pour l’indépendance du Pays Basque et de la Navarre, ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté) a mené une campagne d’attentats qui a causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises, les années 1980 ayant été les plus sanglantes.

En octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n’a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre. ETA réclame pour cela une négociation avec les États espagnol et français sur le sort de ses quelque 400 membres détenus dans ces deux pays, ce que Madrid et Paris refusent.

Source Le Huffingtonpost 17/12/2016