Rapatriement dur l’Afghanistan: Un risque d’exécution

Chers amis, 

Je suis le président de l’association Ensemble Pour l’Afghanistan (EPA) et je rentre tout juste d’une mission sur Kaboul, ayant eu pour objet d’ évaluer le programme d’Aide au Développement que nous y menons depuis 7 ans. En parallèle à notre action sur Kaboul nous collaborons étroitement avec les associations présente sur Calais, la dernière action ayant été de solliciter MdM pour traiter l’épidémie de gale. 

Pour ce qui est de l’Afghanistan, notre réseau afghan et ‘kabouli’ nous permet d’avoir une connaissance détaillée de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire. Nous savons malheureusement tous que la situation dans l’ensemble des domaines mentionnés est tout simplement catastrophique et qu’elle n’a cessé de se dégrader fortement au cours des 4 dernières années.

Dans ce pays gangréné par le narcotrafic, la mafia et la corruption Il n’y a aucun embryon d’un État de Droit ni de capacité à assurer la sécurité de la population. Cette déliquescence est surtout marquée dans les régions de l’Est et du Sud de l’Afghanistan, pashtoune pour l’essentiel,  et d’où sont originaires la plupart des migrants de Calais. Ce sont aussi les zones de conflits les plus violents où les morts civils se comptent par milliers  au cours des 3-4 dernières années: victimes des frappes de l’Otan,   des talibans, des seigneurs de la guerre et des trafiquants en tout genre.

Même Kaboul et sa périphérie ne sont plus épargnés comme en témoignent les récents attentats qui ont fait des dizaines de mort et de blessés, dont celui de ce matin qui aurait fait 12 morts et plus de 80 blessés.

La description ci-dessus n’est malheureusement que la face visible de l’iceberg et elle ne rend pas compte des crimes à caractère politico crapuleux dont sont victimes des individus et leur famille. Il n’y a pas un jour sans que l’on entende parler d’exécution  de personnes décrites par les talibans comme collaborateur du gouvernement ou par les forces et milices gouvernementales comme talibans. A ces cas il faut rajouter les crimes purement mafieux liés aux nombreux trafics (drogue, être humain, organes, pièces archéologiques) et aux difficultés de remboursement d’un emprunt.  

Lors de mon récent passage à Kaboul, j’ai pris des contacts informels  avec deux fonctionnaires de l’ONU, dont un du HCR, sur le risque encouru par les afghans ayant été renvoyés de force par les pays de l’UE. Selon ces sources l’antenne de l’OIM à Kaboul dispose d’information sur les cas multiples d’ex migrants  ayant été exécutés à leur retour au foyer familial. Alors qu’il n’appartiennent pas à l’OIM ils ont fait état de 2 cas d’assassinat dont l’un récemment à Paghman (25 kms de Kaboul), fief du ‘seigneur de guerre’ Rasoul Sayaf. Selon ces personnes, les motifs d’exécution sont soit l’étiquette de collaborateurs avec tel ou tel protagoniste du conflit ou bien l’incapacité de rembourser les emprunts (15-25000 $) contractés auprès des trafiquants.

En bref, les migrants ayant fui la misère pour se construire un avenir meilleur sont désormais aussi exposés à la mort que les cas politiques. Dans ces circonstances les États européens qui procèdent (GB) aux retours forcés ou ceux qui envisageraient de le faire (la France), au-delà du fait qu’ils bafouent le droit d’asile, portent une responsabilité pénale directe pour chaque cas de migrant assassiné ou subissant des violences à son retour en Afghanistan.

Dans le chaos absolue qui caractérise l’Afghanistan d’aujourd’hui personne ne peut garantir la sécurité de qui que ce soit. Tout État ou Institution internationale prétendant le contraire aurait ainsi recours aux mensonges et le propos ne serait qu’une pure propagande destiné à servir ses intérêts.   

Les pays de l’OTAN reconnaissent désormais leur échec total tant sur le plan sécuritaire que sur celui de la reconstruction mais ils refusent d’admettre que ces migrants sont le triste résultat d’une stratégie défaillante déployer au cours de ces huit dernières années. C’est à ce titre que nous avons une entière responsabilité envers ces migrants qui sont sur notre sol et à qui l’on doit une protection.

Il est toutefois intéressant de noter  le contraste saisissant dans le traitement des réfugiés afghans entre la période de l’occupation soviétique et maintenant.  Lorsque les russes menaient la guerre en Afghanistan, l’Occident accueillait les migrants afghans (300 à 400 000) à bras ouverts. Lorsque des afghans fuient la guerre et la violence alors que l’Otan est aux commandes des opérations militaires on leur rétorque qu’ils sont indésirables et que la situation sécuritaire est suffisamment bonne chez eux pour qu’ils y restent.

La destruction de la ‘jungle’ a été retransmise à Kaboul à 2 reprises et l’homme de la rue a retenu le caractère violent de l’intervention de l’État français. Les propos d’un chauffeur de taxi résumaient assez bien le ressenti local: 1) Kaboul= Calais, nous subissons le même traitement à savoir la misère et la violence ; 2) pour les migrants cherchant uniquement l’Eldorado les gros bonnets du trafic sont dans les plus hautes sphères de l’État afghan et les diplomates et généraux  occidentaux les fréquentent quotidiennement. S’il veulent vraiment envoyer un message aux trafiquants ce n’est pas en s’en prenant aux victimes et aux second couteaux mais en neutralisant les chefs ; 3) que cesse la guerre et que l’on redonne un espoir de vie et de dignité dans ce pays et le problème de migration disparaîtra.

La complexité et l’ampleur croissante des flux migratoires Sud- Nord, qu’il soient au motif  politique ou économique, nécessite une approche globale, humaine et responsable du problème. On ne traite pas l’un des défis du 21ème siècle par des  actions brutales et purement médiatiques, contraire à nos valeurs républicaines et démocratiques, et en se barricadant derrière le Traité de Dublin.

Nous soutenons l’appel des 33 associations demandant l’arrêt des expulsions et souhaiterions évaluer avec les signataires la possibilité de lancer un appel au ministre de l’immigration pour une table ronde. Cette concertation aurait pour but de : 1) définir les modalités de protection pour les migrants se trouvant en France ; 2) d’identifier les actions à court terme que l’on peut mener dans les pays d’origine, pour les potentiels migrants ‘économiques’ : ex. campagne d’information dans les médias ; sensibilisation dans les écoles…. 

Amicalement,

Wahid Nawabi 

PS – Pour ce qui des migrants afghans

Le pays est en guerre totale et larvée et Il n’y a en Afghanistan pas le moindre kilomètre carré sécurisé, y compris à Kaboul comme en nombreuses régions, comme celles de l’Est et du Sud, qui sont fortement marquées par la présence des talibans. Les expatriés ont interdiction de sortir en ville et vivent complètement ‘bunkérisés’

Message de Wahid Nawabi, Président de l’association « Ensemble Pour l’Afghanistan »  Vos remarques et suggestions sont bienvenues.

Voir aussi : rubrique politique :  Afghanistan PS  rubrique livre : rencontre avec Atic Rahimi

L’insurrection des consciences

" Déconstruire nos dispositifs de servitude volontaire "

Initiateur de l’Appel des appels, Roland Gori est psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille 1. Son essai sur la médicalisation de l’existence, La Santé totalitaire, vient d’être réédité chez Flammarion. Entretien.

Quels sont les éléments fondateurs de l’Appel des appels ?

Ils s’inscrivent dans la suite logique de mes travaux de recherche sur les mutations actuelles des valeurs de notre civilisation. A partir du champ de la santé mentale qui est le mien, ils mettent en évidence les conséquences désastreuses de l’idéologie de l’homme économique fabriquée par la nouvelle culture du capitalisme financier. Que ce soit la mobilité, la rentabilité à court terme, la culture de l’instant, la performance instrumentalisée, les valeurs de compétition précoce et féroce de tous contre tous… Toutes ces valeurs participent à la recomposition des savoirs et des pratiques professionnelles.

Comment ce constat s’est-il étendu à d’autres secteurs professionnels ?

Mes travaux sur la médicalisation de l’existence démontrent la manière dont la médecine et la psychiatrie ont pu se mettre au service d’une morale économique. Ils m’ont aussi permis d’entrer en contact avec des publics extrêmement variés : le secteur médical, le monde universitaire, mais aussi celui de la presse, le monde de la justice, de l’éducation… Au contact de tous ces publics, il m’est apparu qu’ils se plaignaient de la même casse sociale de leur métier. Des actions étaient engagées à travers des pétitions comme Zéro de conduite, Sauvons l’université, Sauvons la recherche… J’ai eu l’impression que le temps de ces pétitions qui s’inscrivent dans la Google civilisation était terminé. Ce mode d’action comporte des qualités extraordinaires, mais il a des limites pour fonder les liens sociaux et pour mobiliser les gens à participer à un espace public dans la cité.

C’est pourquoi nous avons élaboré un texte fédérateur qui critique les réformes gouvernementales actuelles qui sont le symptôme de cette pathologie des civilisations qui recomposent nos métiers sur des valeurs de l’homme économique. Au moment où le capitalisme financier va dans le mur, est-il légitime de demander aux professionnels d’incorporer ces valeurs dans l’exercice même de leur profession ?

Les mouvements sociaux suscitent plus souvent des réactions que de l’analyse. Comment expliquez-vous le succès de cet appel ?

Nous comptons aujourd’hui 75 500 signataires, ce qui n’est pas ordinaire pour un laboratoire travaillant sur la nouvelle pensée sociale critique. Les médias qui ont senti que cette initiative répondait à un besoin ont joué un rôle important. L’autre facteur de succès provient de l’originalité de ce mouvement qui est de partir du cœur des métiers dans un rapport de transversalité et non dans un rapport corporatif.

En quoi l’environnent social est-il favorable à cette production d’intelligibilité qui change le rapport au politique ?

Il y a des raisons structurelles, comme le fait que les mouvements sociaux se sont peut-être fabriqués à l’image même de ce qu’ils critiquaient et dénonçaient. C’est un peu le reproche que l’on peut faire aux syndicats et aux partis politiques qui n’ont pas su prendre en compte les souffrances psychiques, sociales et culturelles des individus et des populations. A cet égard, je crois que nous sommes dans une dimension du politique et non pas de la politique. C’est-à-dire que nous venons témoigner au sein de la cité qu’il y a du politique dans l’exercice d’un métier selon la manière dont on le conçoit.

C’est le cas de la plainte des médecins qui s’expriment face au projet technico-administratif de la loi Bachelot. Pour des raisons idéologiques liées à une conception manadgériale du soin, à une conception de rentabilité des hôpitaux par exemple, on est train de casser l’exercice de leur métier. Et au-delà de leur sensibilité politique, les médecins sont tout à fait conscients qu’on les dépossède de l’acte de soin et de sa finalité pour recomposer l’acte de soin selon les canons de compétitivité de l’entreprise. Et cela ils ne l’acceptent pas. Les professions qui réagissent sont essentiellement les métiers tournés vers l’espace public.

Il y a peut-être aussi des raisons conjoncturelles liées à la crise…

La crise montre que toutes les valeurs vendues comme une réalité incontournable ne tiennent pas debout. On nous explique depuis des années que la souffrance permet la performance. Et aujourd’hui les gens s’aperçoivent que c’est une escroquerie.

L’espoir et l’émotion qui sont des facteurs de mobilisation prendraient-il le pas sur les intérêts immédiats ?

Je crois effectivement qu’il y a dans l’Appel des appels un au-delà des préoccupations immédiates et des intérêts catégoriels. Il y a le souci d’une réflexion et une insurrection des consciences ; une urgence à dire, un besoin de se parler qui exprime une révolte morale. Je pense à Camus qui dit :  » Je me révolte donc nous sommes.  » Ce besoin se traduit sur le plan philosophique mais aussi sur des choses très concrètes. Les gens disent, moi je ne veux pas entrer des données sur mes patients dans le logiciel Cortex parce que je ne suis pas sûr que je respecte le secret médical, donc je suis en opposition avec l’administration qui m’y oblige.

Le mouvement fait écho aux discours des groupes mobilisés mais souhaite aussi passer à l’acte. La question de la désobéissance administrative a été posée…

C’est un point en débat au sein des différents groupes qui se sont constitués, notamment des comités locaux. Certains souhaitent rejoindre l’action immédiate et s’associer à la désobéissance administrative des professeurs d’école ou encore rejoindre le mouvement syndical du 1er mai. Pour d’autres dont je fais partie, quel que soit l’intérêt de s’associer à des actions lorsqu’elles sont moralement et politiquement légitimes, L’appel des appels n’a pas vocation à être une instance syndicale, sociale ou politique de plus. C’est un lieu de réflexion dans la durée qui vise à déconstruire nos dispositifs de servitude volontaire. Je pense qu’aujourd’hui le maître est anonyme. Donc, de mon point de vue, le terme désobéissance correspond quasiment à restituer une autorité qui n’existe plus, tellement elle s’est disséminée dans des dispositifs de servitude et de normalisation sociale.

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

Le 9 mai à Montpellier*, le 15 mai pour une soirée débat à la Maison des Métallos à Paris avec les représentants des grandes centrales syndicales. Et le 16 mai où les premiers 200 signataires se retrouveront à Paris pour définir et préciser les choix politiques et la suite à donner au mouvement.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

L’Appel des appels sera relayé à Montpellier le samedi 9 mai à 14h à l’université Paul Valéry, en présence de Roland Gori.

Photo Nathalie Tufenkjian

Voir aussi : Rubrique débat Psychanalyse un douteux discrédit, rubrique rencontre, Daniel Friedmann , rubrique livre L’Appel des appels

Nouvelle manifestation contre l’offensive aveugle israélienne

Associations, collectifs, syndicats et partis politiques ont défilé hier dans les grandes villes de France pour demander l’arrêt de l’opération « Plomb durci ». Et des sanctions contre le gouvernement israélien qui ignore l’appel au cessez-le-feu immédiat de l’ONU. A Montpellier, le rendez-vous donné place de la Comédie a réuni entre 4 et 5 000 personnes. Après la manifestation de samedi dernier, la mobilisation s’intensifie en nombre. Elle semble également plus déterminée pour dénoncer le viol du droit international par l’Etat d’Israël et l’attitude trop attentiste de la communauté internationale. Mais l’appel des organisateurs à « exprimer la colère calmement » a été entendu.

En scandant des slogans solidaires – « Nous sommes tous des palestiniens » – ou plus critiques  – « Israël assassin Sarkozy complice », « ONU entends-tu ? « ONU où es-tu ? » -, le cortège a rejoint la préfecture en empruntant la rue de la Loge sous le regard déconcerté des badeaux tout aux soldes. Une délégation de représentants d’associations a été reçue en préfecture où elle a remis une pétition noircie de 5 000 signatures recueillies cette semaine à Montpellier.

« Un soutien économique »

Le rassemblement était organisé à l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Outre l’engagement de simples citoyens, il regroupe une quarantaine d’organisations, notamment le PCF, le PDG, la LCR, les Verts, les CUAL 34, plusieurs syndicats, le Mrap, la Ligue des droits de l’Homme, l’Union juive française pour la paix… Une diversité importante qui dépasse largement le processus d’ethnisation orchestré en faveur du pouvoir israélien.

« La paix, ce n’est pas juste la fin de la guerre, affirme le secrétaire de UL-CGT de Montpellier, Julien Colet. Cela passe également par un soutien au développement économique de Gaza qui compte 80% de chômeursLes syndicats doivent s’impliquer car on sait bien que la guerre est l’issue choisie par le capitalisme pour sortir des crises.» Portant la parole des associations de solidarité avec la Palestine, Anis Salem invite «  à faire pression sur les élus locaux, nationaux et européens pour le respect des droits du peuple palestinien. »

Trop peu d’élus

Peu d’élus pourtant dans le cortège. Ce que regrette le conseiller municipal communiste, Michel Passet, qui constate « l’absence de mobilisation de la Ville pour imposer la paix. Il serait judicieux d’engager une action solidaire afin d’atténuer la souffrance du peuple palestinien. Pourquoi ne pas envoyer une délégation en Israël et en Palestine ? Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures. Un enfant qui meurt d’un côté où de l’autre provoque une même douleur. » L’élu d’opposition LCR-Cuals Francis Viguié regrette aussi cet immobilisme. « Lors de la cérémonie des vœux, le maire a raté l’occasion de faire un signe pour dire qu’elle comprenait. L’attitude de la majorité apparaît comme un mépris qui ne peut que nourrir des suspicions sur les raisons politiques de son absence. »

L’opération « Plomb durci » est entrée dans sa troisième semaine, en dépit des appels internationaux au cessez-le-feu. L’armée israélienne a prévenu hier les habitants de Gaza que ses opérations militaires pourraient encore se renforcer.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique politique : Des bougies sous la neige, Rubrique livre : Etre juif après Gaza, Rubrique international Rapport de l’ONU sur Gaza.

Des bougies sous la neige pour Gaza

Trois cents personnes se sont réunies hier soir sur la place de la Comédie pour rendre hommage aux victimes palestiniennes de la bande de Gaza. Au douzième jour de l’opération Plomb durci le bilan ne cesse de s’alourdir. Les attaques israéliennes sur un territoire surpeuplé auraient fait 660 tués et 3 000 blessés sans distinction d’âge ou de genre indiquent les services d’urgences palestiniens. 30% de ces victimes sont des femmes et des enfants confirment les ONG. L’armée israélienne dénombre de son côté une dizaine de soldats tués et une trentaine de blessés.

Face aux pressions, Israël a accepté mardi 6 janvier au soir d’ouvrir un « corridor humanitaire » à destination des quelque 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza. Il servirait à « l’acheminement de personnes, d’aide alimentaire et de médicaments ». Mais l’offensive terrestre israélienne continue de provoquer des combats dans les zones urbaines de Gaza.

Partout en France, des collectifs

pour la paix entre Palestiniens et Israéliens poursuivent leur mobilisation et demandent l’arrêt du massacre. A Montpellier l’Association France Palestine Solidarité, (AFPS), l’association palestinienne en France (APF), et la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien

(CCIPPP34) campent sur la Comédie depuis lundi pour sensibiliser l’opinion publique et demander un cessez-le-feu. « Nous recueillons des signatures pour le retour à la paix que nous remettrons prochainement au préfet. Beaucoup de Montpelliérains se sentent concernés, c’est encourageant. Et cela dénote un décalage entre l’action politique française et la volonté populaire», souligne Anis Salem membre de la CCIPPP34. La minute de silence observée hier par les fonctionnaires de l’ONU au Moyen-Orient et la demande d’enquête internationale sur « les armes illégales » utilisées par l’armée israélienne apparaissent à ses yeux comme « des signes encourageants ». Car seule une condamnation claire et déterminée de l’opinion internationale est susceptible d’influer sur le gouvernement israélien.

Jean-Marie Dinh

Voir Aussi : Rubrique politique Manifestation contre l’offensive israélienne, Rubrique international Rapport de l’ONU sur Gaza, Rubrique livre : Etre juif après Gaza.

On se retrouvera sur la paille

Chronique idiote du cru.

L’accueil des touristes à la pelle

C’est très officiel, une étude pour un grand groupe touristique l’affirme. En 2020, bronzer idiot ne suffira plus. Les professionnels devront renouveler leurs offres et proposer des formules qui conviendront aux grands-parents, aux enfants ou aux célibataires. Bref, si on comprend bien, il nous reste 12 ans pour sortir de l’air bovin. A supposer que les vaches soient idiotes, ce que personne n’a encore démontré.

Les touristes de passage dans notre région ont eux plutôt l’impression d’être pris pour des vaches à lait. Pour arranger le tout, depuis le temps qu’on parle de ce rapport qualité prix indigne, les salaires ont sacrément décongelé. Et ça continue, comme si l’effondrement du pouvoir d’achat demeurait absolument sans conséquence. Nos commerçants locaux doivent être d’indécrottables rêveurs. Faire un max de blé en se donnant le moins de mal possible pour la satisfaction du client, semble être une devise sacrée.

On ne se rend pas compte que le monde va beaucoup moins bien. Le prix du cornet de glace augmente. Sans industrie, avec une agriculture qui perd du terrain, l’affirmation d’une identité touristique semble, à priori, une évidence pour tout le monde. Mais avez-vous goûté à la qualité de notre accueil local, pour le moins désopilant, quand l’on prend un peu de temps pour consulter la carte ou quand l’on souhaite dîner en ville après 22h30…

Les commerçants ne sont pas les seuls concernés. On s’affaire beaucoup à donner des cours de civisme aux jeunes pailladins, mais le touriste étranger de passage forcément perdu dans le labyrinthe montpelliérain, trouvera bien peu de bonnes âmes pour le lui indiquer. L’hospitalité et l’amour du travail bien fait sont devenus l’apanage des pauvres qui manquent toujours autant de savoir-vivre…

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Montpellier, rubrique Politique locale, Chroniques, Pas de bouchon sur la voie du milieu, Montpellier métamorphose aoûtienne,