Rencontre avec Seun Kuti : Libre petit prince de l’Afrobeat

Seun Kuti

Seun Kuti  a enflammé le Théâtre de la mer, jeudi, en clôture  du  festival Fiestas Sète. Le cadet de la famille a repris le flambeau musical et politique lancé par son père : Rencontre…


Comment assumez-vous l’héritage de votre père Fela ?

Je vis avec ça. Je respecte cet héritage. Je mets  en considération ce qu’il m’a transmis dans tout ce que je fais.

A travers votre engagement, musical et politique, percevez-vous des changements au Nigeria ?

L’implication politique fait la force de ma musique. J’ai grandi dans la Républic Kalakuta, une communauté de 300 personnes que mon père a fondée en défiant les militaires. Toute ma famille milite, ma grand-mère a fondé un parti pour changer les choses. Il est important de comprendre qu’en Afrique nous avons des idées mais pas de chef. Les gens qui gouvernent ne règlent pas les choses. Ceux qui règlent les choses ce sont leurs supports occidentaux. Il n’y a pas de changement, juste une évolution de la situation qui au fond reste la même.

On connaît la fin tragique de votre grand-mère défenestrée par les militaires, est-ce toujours dangereux d’afficher ses opinions ?

Le gouvernement de façade n’a pas mis fin aux turbulences. Ils n’ont pas enlevé leurs treillis militaires, ils les ont seulement camouflés en enfilant un boubou. C’est la même chose pour la violence, aujourd’hui, on nous attaque toujours, mais pas physiquement.

L’affaire des caricatures de Mahomet a fait plus de 100 morts au Nigeria, quel regard portez-vous sur les conflits inter religieux ?

Je crois que la religion est ce qui sépare le monde en Afrique et spécialement dans mon pays. Au lieu d’éclairer les esprits, les idées religieuses exacerbent les conflits. Je considère que nous vivons dans un monde libre où les gens peuvent user de leur liberté d’expression.

Où s’arrête cette liberté ?

Chacun peut faire ce qu’il veut chez lui. Le respect c’est aussi cela. Il s’arrête à partir du moment où l’on utilise les ressources des autres. Si les extrémistes respectaient Mahomed ils se concentreraient sur leur conduite dans la vie plutôt que de tuer des gens.
Alors que le Nigeria figure au troisième rang des pays touchés par la pandémie du Sida, le fond mondial a suspendu son aide pour les mauvais résultats obtenus … Les leaders occidentaux savent bien ce qu’ils font. Pourquoi donnent-ils cet argent aux hommes politiques corrompus au lieu d’ouvrir directement des centres de soin ?

Contourner le gouvernement pourrait passer pour de l’ingérence…

L’ingérence est déjà là quand il s’agit d’exploiter les ressources. Pour le Kosovo, la communauté internationale a débloqué 600$ par enfant, pour les Africains elle n’accorde que 10$… La colonisation continue sous cette forme.

Fela dans la Kalakuta républic

Fela dans la républic Kalakuta

Le Nigeria voit depuis peu  l’arrivée d’investisseurs chinois. Leurs pratiques diffèrent-elles des américains ?

Les gens riches veulent continuer à être riches, leur nationalité ne change rien. Pourquoi les Chinois investissent ici alors que leur peuple à tant de besoins ? Pourquoi l’argent d’Afrique se retrouve-t-il sur des comptes en Suisse ? On apprend l’existence de ces comptes quand leurs propriétaires meurent. Nous voulons connaître les noms des leaders africains qui pillent l’Afrique quand ils sont vivants. Nous voulons savoir où est l’argent ! L’Afrique va mal, elle doit s’occuper d’elle-même. La réponse aux besoins des africains se trouve en Afrique. »

Recueilli par Jean-Marie Dinh

 

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Le conservatisme en politique

Les XXII es Rencontres de Pétrarque rediffusées sur France Culture abordent la question du conservatisme. Un statu quo qui s’applique bien à la politique française…

Les juillettistes ont manqué les XXII Rencontres de Pétrarque consacrées à la question « sommes-nous de plus en plus conservateur ? » Si le sujet les intéresse, ils peuvent se rattraper en écoutant France Culture qui rediffuse actuellement les enregistrements réalisés dans la Cours des Ursulines durant le Festival de Radio France. Nous revenons également cette semaine sur deux des débats abordés au cours de ces rencontres : Aujourd’hui le conservatisme en politique.

Messieurs les anglais tirez les premiers. Seul étranger autours de la table, le député travailliste Denis Mc Shane qui fut ministre aux affaires européennes dans le gouvernement Blair se lance. Avec un certain goût pour la provocation, il oppose « la révolutionnaire et libérale Margaret Thatcher au conservateur François Mitterrand. Oui, affirme le député britannique, la France est aujourd’hui le pays le plus conservateur d’Europe Chez vous, tout changement est refusé. La France ne bouge pas. Et quand le conservatisme ne marche pas, il fait naître des gens qui sont prêts à changer. » C’est ainsi que le travailliste s’explique l’avènement de Sarkozy. Au centre de son constat, les partis figés qui ne souhaitent pas le changement parce qu’ils sont incapables de changer leur propre fonctionnement. Silence, un troupeau d’éléphants passe sans bruit. Mc Shane poursuit. Tout en distinguant les conservateurs britanniques de leur homologues français, le social démocrate décomplexé prédit à la gauche française 15 ans de traversée du désert pour s’adapter au peuple. Vision cauchemardesque et pragmatique dont la clarté dérange ses co-conférenciers, mais qui oriente, dans le même temps, cette question du conservatisme vers la gauche.

Longue tirade d’Alain Finkielkraut qui observe de loin notre entrée dans un autre monde. « C’est le triomphe de la pensée calculante et la défaite de la pensée méditante. La culture s’engloutit dans le culturel». Le monde peut s’écrouler, Finkielkraut fera toujours du Finkielkraut. Reste que les néo conservateurs, Thatcher, Bush et Sarkozy, ne sont pas des conservateurs. Ils importent ou exportent un système idéologique et sont prêts à tout bousculer pour l’imposer. « Face à cette droite avide, les socialistes sont ils confiants dans leurs croyances ? » S’interroge Daniel Lindenberg « La défaite de Ségolène Royal est réelle. Elle n’est pas cosmique », précise l’historien des idées, la gauche immobiliste doit tirer les enseignements de cette droite qui pratique la guerre du mouvement. » pour Lindenberg, les lignes politiques bougent. Et en se réappropriant le culte de l’autorité et de la tradition, la gauche ne se projette pas dans l’avenir. Elle cède simplement à la tentation du repli.

Georges Frêche coiffe sa casquette d’historien pour rappeler que « La conservation et le progrès n’ont jamais été égaux. Le changement est bref et le conservatisme est long. » En France depuis deux siècles la vrai gauche n’a gouverné que onze petites années souligne le président de Région qui rejoint Mc Shane pour annoncer au PS son entrée dans un long purgatoire. « Ne tentons pas d’être absolument moderne. Mais efforçons-nous d’être contemporain.» recadre Antoine Compagnon qui enseigne la littérature au Collège de France.

La volonté de faire du passé table rase est un axe essentiel des politiques totalitaires. Il y a des libertés de la modernité qui reste à défendre et d’autre à contenir comme la liberté économique. Celle que l’anarchiste conservateur, Georges Orwell que personne ne cite, définissait comme « une liberté qui est le droit d’exploiter l’autre à son profit » Percutant non ?

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Débat politique Présidentielles 2007 victoire de  Sarkozy, Rubrique Essai Alain Badiou Organiser une critique de la démocratie,

Emmanuel Négrier :  » Un discours de type néo-conservateur à l’anglo-saxonne permet de gagner les élections »

Quels sont les grands enseignements que l’on peut tirer de la victoire de Nicolas Sarkozy ?

L’augmentation de la participation considérée comme un facteur plutôt favorable à la gauche, ne s’est pas confirmée dans ce sens. D’autre part, la démonstration est faite, même si tous les Français n’en ont pas conscience, qu’un discours de type néo-conservateur à l’anglo-saxonne permet de gagner les élections. Mais si le candidat sortant est parvenu à représenter la rupture, la démonstration n’est pas faite que ce discours permet de gouverner.

Pour rattraper son retard Ségolène aurait-elle pu jouer une autre carte que cette conversion vers la social- démocratie ?

Nous n’avons pas le recul, mais il est probable que cette nécessité lui a fait perdre des voix de gauche. En même temps, on assiste à une conversion non négligeable de l’électorat de gauche classique. C’est dommage parce que c’est la rupture d’une tradition française, vers une logique purement social-démocrate.

Le report des voix centristes n’a pas provoqué de surprise ?

La conversion bayrouiste n’était pas évidente. Depuis le programme commun de la gauche, l’électorat de Bayrou a toujours choisi la droite au travers de l’UDF ou du centre droit. On assiste un peu à une inflation de ce que représente Démocratie libérale depuis quelques années. Avec une conversion de ce centre droit vers Madelin. A partir de maintenant, c’est l’expérience du pouvoir inspirée par la rupture néo libérale qui va être déterminante pour le centre.

Sarkozy est parvenu à lepeniser son discours sans rebuter les centristes ?

L’idée que peuvent avoir les centristes est qu’il y a, chez les lepénistes, une partie d’égarés qui a perdu ses repères et dont une droite un peu musclée et sûre de ses valeurs pourrait les ramener à la raison.

Le discours néo-conservateur recrute largement dans les milieux populaires ?

C’est l’une des interrogations. On voit très clairement que Nicolas Sarkozy a réussi cette alchimie qui consiste à avoir un discours de rupture à l’égard d’une certaine forme de consensus socialiste à la sauce Chirac. Et avoir un discours beaucoup plus offensif dans les projections économiques de son programme plus inégalitaire et pourtant rallier autant de suffrages dans les milieux ouvriers que Ségolène Royal.

Ségolène s’est distinguée en jouant à certains moments contre son parti. Est ce que le PS a fait tout ce qu’il fallait pour qu’elle passe ?

Sans doute pas, son discours, assez personnel finalement, est l’indice d’une volonté de conquérir plutôt à l’intérieur de la gauche en se rendant pratiquement incontournable pour tout ce qui concerne la recomposition de la gauche actuelle.

On a aussi vu DSK se mettre sur les rangs dès les premières minutes.

Les deux peuvent gérer l’affaire ensemble. D’un certain côté, Ségolène a montré qu’elle avait des qualités importantes mais elle n’est pas la seule à pouvoir assurer cette transfiguration social-démocrate de la gauche française.

Le devoir d’opposition du PS par rapport au danger du Sarkozy « Kärsher » et l’élan vers la social-démocratie peuvent-ils participer d’un même mouvement ?

Il ne faut pas imaginer une seconde que la droite telle qu’elle va apparaître au gouvernement est une droite unifiée. Elle l’est uniquement par le chef sur un mode néo-bonapartiste. Mais en même temps elle est traversée de courants de division voire de haines interpersonnelles extrêmement fortes. Ce qui a pesé sur l’élection au premier tour, c’est l’absence d’alternative crédible à gauche du parti socialiste, par l’extrême émiettement et la concurrence. Hormis ceux qui l’ont vécu de l’intérieur, personne n’est en mesure de dire ce qui les différencie sur le fond.

Quel est le défi de la gauche antilibérale aujourd’hui ?

L’un des défis va être la construction d’une alternative non pas social-démocrate mais capable de jouer le jeu à gauche. Etre à la fois le refondateur d’une gauche « centrisée » sans être uniquement dans le jusqu’auboutisme oppositionnel.

Quel crédit donner à la déclaration du futur président très axée sur l’international ?

Durant la campagne, il a montré sur ce sujet des signes de faiblesse évidents. Son positionnement lui permet de sortir du débat en se situant à une échelle neutralisée. Quand il a parlé de l’union méditerranéenne et d’aides à l’Afrique, on a remarqué que les applaudissements devenaient extrêmement discrets dans son auditoire tandis qu’il a été très applaudi à propos des « amis américains ».

A court terme, quels sont les grands défis du nouveau président ?

Si on met de côté ceux qui concernent l’exercice du pouvoir et les calculs électoraux, ce qui n’est pas rien, la question clé c’est comment passe-t-on d’un discours néo-conservateur qui a permis de gagner les élections à un discours qui permet de gouverner ? Comment faire accepter à des gens qui n’ont aucun intérêt à cette politique qu’elle est juste ? Est-ce que c’est possible en France aujourd’hui ?

recueilli par Jean-Marie DINH

Voir aussi : Rubrique Débat politique Le conservatisme en politique, Rubrique Essai Alain Badiou Organiser une critique de la démocratie

La culture est oubliée mais les enjeux demeurent

To be or not Sarkozy

A première vue, la culture ne paraît pas différencier nettement les deux candidats à la fonction suprême. Il suffit de se pencher sur leurs propositions, pour constater l’absence de thématique culturelle précise.

Mais au-delà des discours généraux et généreux, il y aura la nature de l’exercice gouvernemental. Celle que redoutent les acteurs, celle que craignent les amateurs d’art et de spectacles face à la montée de l’industrie culturelle. Voilà pourquoi, les deux candidats militent pour faire passer l’idée que la culture ne sera pas victime de la rigueur budgétaire.

« Si l’on remonte aux cinquante dernières années on constate que la gauche s’est ralliée à la position de la droite en soutenant Malraux et que la droite a rejoint Jack Lang pour reconsidérer la place de la culture dans les politiques publiques », rappelle le chercheur en science politique Emmanuel Négrier.

Reste à examiner les faits. La suppression du statut des intermittents qui remet totalement en cause les activités culturelles dans le pays est totalement assumée par le candidat de l’UMP. Alors que Ségolène Royal se prononce pour son maintien au sein du régime chômage.

« On relève également des différences en matière de décentralisation culturelle. Elle est davantage soutenue par les socialistes, alors que l’UMP adopte une position très en retrait », pointe Emmanuelle Négrier.

La question de la diversité culturelle apparaît comme une autre différenciation « Le PS est pour la ratification de la charte européenne sur les langues régionales l’UDF contre. »

Pris entre son désir de libéralisation et la logique conservatrice de l’intervention publique, L’UMP s’efforce de faire bonne figure tandis que le PS peine à nous faire rêver.

Jean-Marie DINH


Patrick Chaudet « L’efficacité passe par l’équilibre »

patrick-chaudetEntretien avec Patrick Chaudet. Le nouveau directeur départemental de la sécurité publique qui vient d’être nommé entend redresser l’image de marque du commissariat de Montpellier.

Dans quel état d’esprit appréhendez-vous le cadre de vos nouvelles fonctions ?

Je suis assez serein, parce que je trouve une situation correspondant à ce que j’imaginais. Joël Guenot que je connais bien, m’en a souvent parlée. Elle est plutôt favorable.

Avez-vous des priorités face à la diversité des missions qui sont les vôtres ?

Il y en a deux, qui sont la lutte contre la petite et moyenne délinquance et la lutte contre l’insécurité routière qu’il faut maintenir dans le département. La priorité, c’est aussi que la police soit réactive par rapport aux événements, comme à l’égard d’elle-même. Il est important que l’image de marque du commissariat soit bonne pour les partenaires qui travaillent avec nous, parce que le problème de la sécurité ne relève pas seulement de la police, c’est l’affaire de tous.

Comme au niveau national, la situation se caractérise par une réduction des délits de voie publique, mais une hausse des violences faites aux personnes ?

C’est vrai que statistiquement ces infractions augmentent, mais il faut comprendre que le législateur a augmenté le nombre d’incriminations dans ce domaine. Ce qui fait que l’on a une vision un peu déformée du nombre de faits concernés. Autrefois, les coups et blessures volontaires étaient poursuivis lorsqu’il y avait une incapacité de travail supérieure à huit jours. Pour protéger la sphère familiale, le législateur a considéré que les cas de violence étaient des délits. Donc, fatalement, ces infractions augmentent artificiellement les statistiques. S’agissant des vols avec violence, je note qu’ils n’ont globalement pas augmenté depuis cinq ans. Mais rien n’est jamais vraiment acquis.

Quel est l’équilibre à trouver  entre le répressif et le préventif ?

L’équilibre, c’est d’abord la dissuasion, c’est-à-dire une présence policière visible. C’est aussi établir une bonne complémentarité entre les services de l’Etat et les services locaux. Ce qui implique des diagnostics pertinents sur la délinquance et permet d’impliquer tout le monde. Dissocier la prévention de la répression est une erreur.

Faut-il renforcer la présence policière dans les quartiers sensibles ? Doit-on avoir recours à un personnel plus expérimentés ?

Les gens plus expérimentés, on les voudrait partout, mais il faut faire avec les moyens que l’on a. Avec le mouvement massif de départ à la retraite, on est dans une période de rajeunissement de nos effectifs. Il ne doit pas y avoir de zone de non-droit. Les quartiers ne doivent ni être abandonnés, ni surfliqués. Je pense qu’à Montpellier, les choses sont assez équilibrées.

Quelle place tient le rôle de l’orientation politique en matière de sécurité ?

La sécurité ne relève pas seulement d’une fonction politique, même si elle reste une fonction régalienne de l’Etat. Dans la loi sur la prévention de la délinquance, le maire dispose désormais d’un rôle très important. Mais c’est aussi l’affaire des associations d’aide aux victimes qui sont impliquées notamment dans l’accueil des personnes victimes de violence. Le politique donne les moyens et les orientations, mais la sécurité implique aussi les citoyens qui doivent faire preuve de vigilance et de solidarité.

Après Outreau, on vient de voir paraître le décret d’application qui supprime le critère protéiforme de trouble à l’ordre public. Qu’est ce que cela vous inspire ?

Selon ma conviction personnelle, je pense que ce n’est pas une bonne mesure. Surtout pour les infractions graves. Prenons un exemple : quelqu’un en état d’ivresse tue quelqu’un. Si une information est ouverte, sans le recours au trouble à l’ordre public, cette personne sera remise tout de suite sous contrôle judiciaire et peu recommencer demain. Je crois que cela va handicaper les magistrats dans leurs actions.

Comment développer la capacité d’anticipation des services de police marqués par une culture de réaction ?

Certains idéologues considèrent que la police est réactive mais pas proactive. Pour moi, c’est un faux problème. Proactif, cela veut dire que l’on anticipe les problèmes. C’est sûr qu’on dispose d’un bon contact avec la population qui nous permet de savoir si des tensions sont en train de naître. C’est le rôle des renseignements généraux de jouer les météorologues de la sécurité et de la situation sociale. Dès lors que la police est présente et efficace sur l’ensemble d’un territoire, cela lui permet de mesurer les degrés de tension. La police est à la fois réactive et proactive.

Vous avez déclaré que la police ne doit pas être critiquable. Avez-vous fait des recommandations dans ce sens au service de la BAC souvent mis en cause ?

Toute action de police peu à un moment ou à un autre être mis en cause sur ses méthodes ou sur son action. Je veillerais à ce que les principes de déontologie soient respectés et que les principes d’action soient dans le droit. Il n’est pas acceptable que des violences ne soit pas légitimes, même s’il y a aussi parfois des réactions disproportionnées par rapport à l’événement. Je ne veux pas que, sous le prétexte de l’efficacité, on se permette des dérives. Et ça, j’y veillerais.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique société statistiques de la délinquance dans l’Hérault, hausse de la violence des jeunes en question, Affaires Affaire Villiers-le-Bel,