La reconstruction de la Bosnie, objet d’un prochain forum à Sarajevo

L’émergence d’une société civile commune aux différentes ethnies en Bosnie-Herzégovine favoriserait la reconstruction et le développement du pays, selon plusieurs associations organisatrices d’un forum sur le sujet à Sarajevo pendant trois jours à partir du 14 avril.

Sarajevo

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Depuis la fin de la guerre de Bosnie en 1996, « la société civile est plus importante et se fait mieux entendre » a déclaré Srdjan Dizdarevic, ancien président du Comité Helsinki pour les Droits de l’homme, en présentant ce colloque jeudi à Paris. Selon lui, l’émergence de la société civile se manifeste notamment dans les mouvements de jeunes bosniens se disant « anarchiques ». Ces groupes n’ont pas de structure classique (sous forme de parti politique par exemple) mais ils sont très dynamiques. Début 2008, plusieurs milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs semaines dans les rues de Sarajevo pour protester contre l’immobilisme du gouvernement sur les violences interethniques.     La situation sociale reste fragile et les revendications sont nombreuses. « Le pays est aujourd’hui à 60 ou 70 % du développement d’avant-guerre. Il reste très bureaucratisé avec 40 % de pauvres ». Selon Srdjan Dizdarevic, « le pouvoir se refuse à tout dialogue, en essayant parfois même de corrompre ces réseaux ».

Julie Biro, membre du Comité d’action contre la faim et pour le développement (CCFD Terre solidaire), a insisté sur la responsabilité de l’Union européenne dans le développement du pays. Or, l’UE ne soutient pas le forum de manière officielle. « L’Europe ne va pas au-delà du discours nationaliste des dirigeants. Elle n’est pas attentive à cette expression d’une alternative possible au sein de la société civile ».
Pourtant, l’adhésion à l’UE serait « extrêmement bénéfique » pour la Bosnie : « Une identité européenne permettrait de gommer certains antagonismes et de diminuer les rivalités entre ethnies, a expliqué Srdjan Dizdarevic. L’harmonisation passera par Bruxelles et non par Sarajevo. Selon les sondages, 76 à 82 % de la population est favorable à l’adhésion, a-t-il rappelé.

AFP 08 04 10

Les Etats-Unis dévoilent leur nouvelle stratégie nucléaire

bombe-hLes Etats-Unis ont dévoilé  leur nouvelle stratégie nucléaire, promettant de réduire le rôle des armes nucléaires dans la stratégie de sécurité nationale tout en réaffirmant les engagements de dissuasion en faveur de leurs alliés. Le document, qui établit la politique, la stratégie et la capacité nucléaire des Etats-Unis dans les cinq à dix années à venir, constitue une interruption de la doctrine nucléaire de l’ère Bush qui abaisse le seuil d’utiliser les armes nucléaires et affaiblit le régime international de non-prolifération nucléaire.

 

Non-utilisation conditionnelle des armes nucléaires

 

Les Etats-Unis ne vont pas utiliser ni menacer d’utiliser les armes nucléaires contre les Etats qui n’ont pas d’armes nucléaires, sont signataires du Traité de non-prolifération nucléaire (NPT) et remplissent leurs obligations de non-prolifération nucléaire, a affirmé le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, au cours d’un point de presse conjoint avec la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le secrétaire à l’Energie Steven Chu, portant sur le Rapport sur la position nucléaire (NPR).

 

 

 

Washington a ainsi laissé entendre que les pays comme l’Iran et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) restent sur la liste des cibles potenielles des forces nucléaires américaines. M. Gates a déclaré que tout pays utilise des armes chimiques ou biologiques contre les Etats-Unis ou leurs alliés ou partenaires, il sera face à « une réponse militaire conventionnelle dévastatrice « . Cette politique de non-utilisation est non seulement limitée par des conditions mais peut aussi être révisée dans certaines circonstances, selon le document.

 

 

soumarin-nuc« En raison du potentiel catastrophique des armes biologiques et le développement rapide de la technologie biologique, les Etats- Unis garde le droit à entreprendre tout changement dans cette assurance, qui pourrait être justifié par l’évolution et la prolifération de la menace d’armes biologiques, et à maintenir la capacité des Etats-Unis à contrer la menace », dit le document. Par rapport à l’ère Bush qui insistait sur les représailles nucléaires en cas d’attaques biologiques ou chimiques, la déclaration de l’administration Obama – non-utilisation conditionnelle des forces nucléaires – peut être considérée comme un progrès significatif dans la sauvegarde du régime de non- prolifération nucléaire.

Le désarmement continuera

« Après le nouveau traité START, les Etats-Unis vont poursuivre le contrôle des armées avec la Russie en ce qui concerne non seulement les armes stratégiques, mais aussi les armes nucléaires non stratégiques et non déployées », indique la nouvelle stratégie nucléaire de Washington. Le mois dernier, les Etats-Unis et la Russie avaient finalisé le nouveau traité START et convenu de réduire leurs ogives nucléaires à 1.550, soit une baisse de 30%.

Le président Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev devraient signer le traité le 8 avril à Prague, capitale de la République tchèque, où Obama avait dévoilé, en avril 2009, une feuille de route pour un monde sans armes atomiques. Réduire l’arsenal nucléaire ne signifie pas que les Etats-Unis retirent leur engagement vis-à-vis de leurs alliés quand à la dissuasion élargie, appelée aussi « parapluie nucléaire ».

La nouvelle stratégie nucléaire réflète l’engagement du gouvernement américain à « renforcer la dissuasion contre les menaces du 21e siècle aux Etats-Unis, nos alliés et partenaires », dit le document. Les Etats-Unis vont adopter « une approche globale qui élargit les architectures de sécurité régionales, y compris les systèmes antimissiles et les forces conventionnelles améliorées ».

Pas de nouvelles têtes nucléaires

L’administration Obama a promis dans la nouvelle stratégie de ne pas développer de nouelles têtes nucléaires, d’utiliser seulement les pièces nucléaires basées sur les conceptions antérieurement testées, et de ne pas soutenir de nouvelles missions militaires. Le document indique en outre que les Etats-Unis n’entreprendraient pas de nouveaux essais nucléaires et chercheraient la ratification et la mise en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT).

Le CTBT interdit les explosions nucléaires, qu’elles soient pour fins militaires ou civiles. Il a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 1996, mais n’est toujours pas en vigueur, du fait qu’il n’est pas ratifié par des pays signataires, dont les Etats-Unis.

Source Xinjua

Le directeur général de la gendarmerie est remplacé brutalement

drapeau-du-gignSurprise dans la Gendarmerie nationale : son directeur général (DGGN) Roland Gilles est remercié ! Le conseil des ministres de ce matin a en effet décidé de remplacer le général Gilles, nommé en juin 2008, par son numéro 2, le général Jacques Mignaux, qui était jusqu’à présent major général. La passation devrait avoir lieu avant la fin du mois.

Selon nos informations, Roland Gilles devrait être nommé ambassadeur en Bosnie, ce qui s’apparente à un lot de consolation. Le général Gilles a eu la lourde tâche de piloter concrètement le rattachement de l’Arme au ministère de l’Intérieur, une réforme mal vécue en interne. Sur le plan des textes, le processus est achevé. Il pouvait passer la main et s’attendait d’ailleurs à le faire à l’été. La méthode employée par l’Elysée est pourtant d’une grande brutalité.

Selon nos informations, la décision a été prise durant le weekend et le général Gilles en a été officiellement informé hier à peu avant 17 heures ! Il ne faut sans doute pas surestimer l’importance de l’affaire Matelly dans cette décision. Certes, la grogne de la base gendarmique n’a pas arrangé la situation. Le poème antisarkosyste d’un adjudant-chef, comme le détournement du film La chute où le président de la République est comparé à Hitler n’a sans doute pas été apprécié avec tout l’humour nécessaire…

Dans cette période difficile pour elle, le général Gilles a défendu sa maison et cela ne lui a pas valu que des amis dans les cercles policiers très influents en haut lieu. Aucun fait particulier ne lui est reproché. Son successeur, Jacques Mignaux, a, lui, été , membre du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.

Mignaux sera-t-il le dernier général nommé DGGN ? Il y a quelques semaines, un grand responsable policier proche de l’Elysée le disait – estimant que les suivants seraient des préfets.

Voir aussi : Rubrique société rencontre avec  un superflic, délinquance  l’embarras des chiffres, Education nouvelle plainte des parents contre le fichier base élève, Justice droits de l’enfant en France, Affaire Villiers-le-Bel, la hausse de la délinquance des mineurs ne se confirme pas

La vie du livre n’est pas un long fleuve tranquille

FRANCE BOOK FAIRSalon du livre 2010. Vitalité de la diversité éditoriale et tendance mutante au premier rendez-vous de l’édition en France.

Le Salon du livre de Paris qui s’est tenu du 26 au 31 mars fêtait cette année sa trentième édition. Commencée sur fond de crise et d’inquiétudes diverses relatives à son avenir, la manifestation s’est achevée sur un bilan assez mitigé. 190 000 visiteurs ont été accueillis cette année soit un recul de 7% par rapport aux 204 000 de l’année 2009. Les vives critiques de certains éditeurs sur le prix de location des stands rejoints par plusieurs conseils régionaux – c’est notamment le cas du Languedoc-Roussillon qui préfère depuis deux ans adapter son soutien à la demande plus spécifique des éditeurs – ne sont sans doute pas étrangères à ce recul.

Plusieurs éditeurs se sont abstenus dont Bayard et le groupe Hachette (Fayard, Grasset, Stock…). Un vent de fronde s’est levé pour un retour au Grand Palais, lieu de naissance de la manifestation qui fut conçue peu avant l’adoption du prix du livre unique en 1981 pour rassembler les acteurs du livre et faire de ce rendez-vous public une manifestation culturelle de première importance.

On peut regretter l’absence cette année d’un pays invité d’honneur, remplacé par un triple hommage, à la littérature turque, russe et africaine autour de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance dans quatorze pays africains. Cet éclatement thématique dissipe la force d’un thème central. Comme le souligne Arnaud Laporte, animateur de l’émission Tout arrive sur France Culture : « La pertinence de la formule un « Pays invité » permettait de mettre en lumière des écrivains dont nous n’aurions jamais entendu parler et soulignait le travail remarquable souvent entrepris par des petites maisons d’édition qui ont le goût et l’envie de nous faire découvrir d’autres horizons littéraires, par le biais de la traduction. »

Si en 2008 l’invitation de la littérature israélienne avait entraîné un mouvement de boycott, le coup de projecteur sur la littérature mexicaine, invitée d’honneur l’année dernière, s’était soldé par une vraie découverte avec plus de 20 000 livres vendus.

Le Salon du livre reste, quoiqu’on en dise, une occasion de prendre la température auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. Avec 63 690 nouveautés parues cette année, malgré la crise, le secteur maintient une stabilité de la production (+ 0,1%) après avoir cru de 62% en dix ans. La tendance se révèle dans les ajustements par genre. En baisse, les ouvrages de loisirs créatifs (- 23%) l’ésotérisme (-11%), la gestion (-13%), on observe en revanche une hausse des romans fantastiques (+20%), des livres de cuisine (+13%) et leur pendant avec les livres de santé et de diététique (+11%). Les romans français accusent une légère baisse de 2% et les romans étrangers de 3%.

L’édition 2010 a tenté de développer la professionnalisation avec l’ouverture d’un centre de droits et du licensing qui a reçu les agents littéraires et les responsables de droits étrangers ainsi qu’un marché des droits audiovisuels ouvert aux producteurs. Mais le salon parisien privilégie toujours la rencontre des écrivains et des lecteurs. Toutes les mouvances esthétiques et les écoles d’écriture s’y retrouvent pour étancher la soif de curiosité du public. Et les interminables files d’attente des lecteurs de Paul Auster, Salman Rushdie ou Amélie Nothom démontrent que les dédicaces convoitées n’ont pas de prix.

Jean-Marie Dinh

Le salon de conversations

Place des Livres, au fond du salon, les débats se succèdent. « Avec ses impératifs liés aux maquettes, la presse offre un espace de plus en plus réduit à la critique, constate Jean-Claude Lebrun qui pratique le genre depuis plus de vingt cinq ans pour l’Humanité. On est obligés d’écarter beaucoup des aspects de l’approche pour restituer un rendu global. C’est aux lecteurs de fournir la part complémentaire… »


Air du temps et du livre numérique qui pose la mort du papier comme un thème littéraire. La presse semble de plus en plus contournable pour les éditeurs qui misent désormais sur les libraires pour assurer le bouche à oreille essentiel pour vendre un livre. Problème, les libraires indépendants sont aussi en danger face au développement des grandes surfaces culturelles ou pas.

Au salon, il y a aussi de petits éditeurs qui remontent leurs manches pour défendre eux-mêmes leurs poulains. C’est le cas des Editions montpelliéraines Le Chèvre feuille étoilé qui, depuis dix ans, publient des femmes méditerranéennes (Wassyla Tamzali, Claude Ber, Maïssa Bey, Peggy Inès Sultan, Catherine Rossi, Najia Mehadji, Leïla Sebbar). Elles sont montées à Paris pour fêter leur dixième anniversaire.

Marion Mazauric

Marion Mazauric

Au diable Vauvert qui a le même âge, a eu la même idée. Eux aussi sont arrivés en famille avec Pierre Bordage, Régis de Sa Moreira, Ménéas Marphil, Nicolas Ray et Catherine Fradier la petite dernière venue présenter son dernier livre Cristal défense qui est sorti la veille. Ce bouquin écrit comme une série TV tombe comme un pavé dans la marre des spécialistes du renseignement économique, du contre-espionnage et de l’info-guerre au cœur des entreprises. Le catalogue du Diable est impressionnant. « Nous sommes nés adultes, précise Marion Mazauric qui dirigeait la collection J’ai lu, avant de créer sa propre structure, La maison est née pour des auteurs traduits qui ne disposaient pas de lisibilité. Notre créneau ce sont des écrivains hors genre pour la plupart issus de la génération née dans les années 60. Je publie ce qui me dérange. Ce qui modifie mon paysage. » la lucidité frappe toujours deux fois !

JMDH

Lecture politique

Les quatorze travaux de Frédéric

mitterrand-lectureLa princesse de Clèves fut la star du salon 2009 après la sortie de Sarkozy qui l’avait rendue si populaire. Alors que le salon fermait ses portes, c’est sans doute pour lui voler la vedette que le ministre de la Culture a présenté quatorze propositions visant à redonner aux Français l’envie de lire. Pour mettre fin «  à la lente érosion de la lecture et à son déclin en tant que pratique culturelle de référence depuis les années 1980 », Frédéric Mitterrand promet de débloquer tous les ans une enveloppe de près de 100 millions d’euros. Dans une société où la lecture ne passe plus uniquement par le support papier, l’ensemble des bibliothèques et médiathèques des communes de plus de 20 000 habitants passeront toutes d’ici à 2015 à l’ère du numérique, avec un accès à Internet et leur propre site web.

Le ministère souhaite également que les 50 bibliothèques des agglomérations les plus densément peuplées après Paris soient ouvertes « 50 heures » par semaine, contre 38 en moyenne actuellement. Enfin, la tradition qui consistait à offrir une anthologie de poésie aux jeunes mariés sera remise au goût du jour, de même que l’opération « Premières pages » qui consiste à offrir un livre à chaque nouveau-né. Frédéric Mitterrand lance A vous de lire ! anciennement Lire en fête . Les festivités sont d’ores et déjà prévues dans toute la France du 27 au 30 mai. Et le bilan des effets concrets de ces annonces un peu plus tard…

Voir aussi : Rubrique Politique culturelle, Elections régionales 2010 l’enjeu culturel,   model culturel français et perspectives,

Rapport pour avis du député Marcel Rogemont sur les crédits création; transmission des savoirs et démocratisation de la culture du Ministère de la Culture et de la Communication présenté au nom de la commission  des affaires culturelles et de l’éducation.

Dans les coulisses peu reluisantes de Bollywood.

shobhaa_deShobhaa Dé une star indienne de passage à Montpelllier

Auteur à succès, journaliste, l’ex mannequin Shobhaa Dé est une star indienne qui s’est imposée avec détermination et dignité. Ecrivain très à l’écoute de la société, ses quatorze livres dont sept romans, abordent à travers le sexe et les problèmes de couples, la condition des femmes de manière décomplexée. Traduits dans plusieurs langues, ils se sont vendus en Inde à plusieurs millions d’exemplaires. Elle était hier l’invitée de la librairie Sauramps à l’occasion de la parution de La nuit aux étoiles, premier livre traduit en français qui dévoile les coulisses peu reluisantes de Bollywood.

Vous êtes un auteur très populaire en Inde où puisez-vous vos sources d’inspiration ?

De ma passion de vivre, de ma passion pour les mots, je pense que c’est cela qui me connecte avec mes lecteurs. C’est une connexion qui vient à la fois de la tête et du cœur.

La nuit des étoiles vous dévoilez l’envers du décor de Bollywood qui révèle un monde brutal…

Le travail d’un écrivain est de dire la vérité. Bollywood est en effet un monde de cruauté et de violence. Cela concerne tout le milieu mais cette violence se révèle plus particulièrement à l’encontre des femmes. J’ai écrit ce livre il y a vingt ans. Depuis les choses ont un peu évolué.

C’est le premier de vos livres traduit en français, pourquoi si tard ?

C’est sans doute lié au développement du cinéma de Bollywood en France. Je pense que chaque livre trouve son propre temps. Ce qui est très important c’est de trouver le bon éditeur.

Qu’est-ce qui a changé en vingt ans ?

Le cinéma indien concernait surtout le public national, avec la mondialisation, il s’est ouvert à l’international. Aujourd’hui les jeunes comédiennes choisissent de faire ce métier et font des études pour cela. Alors qu’auparavant leurs parents choisissaient pour elles. Comme dans le livre où les parents d’Aasha mettent quasiment leur fille de quinze ans dans le lit des producteurs. Le modèle de vie a beaucoup changé en vingt ans du moins dans les villes.

Dans le livre vous mettez en exergue les différences entre le Nord et le Sud ?

C’est différences s’expriment à travers la langue. Il est beaucoup plus difficile de réussir dans le cinéma si vous parler l’Hindi avec l’accent. Et puis il y a aussi la couleur de la peau. Le fait d’avoir des yeux clairs est un avantage.

La condition des femmes, un thème qui traverse votre œuvre, a-t-elle évolué durant cette période ?

A la tête du Congrès, Sonia Gandhi met un point d’honneur à la promotion des femmes dans la sphère politique. La semaine dernière un texte est passé. Il fait suite à la volonté du (BJP) parti nationaliste Hindous de réserver 33% des postes du parlement à des femmes. Elles n’étaient que 9% auparavant. C’est une avancée certaine. Les femmes sont de plus en plus puissantes en Inde.

L’émancipation des femmes s’opère-t-elle aussi face à l’hindouiste qui vénère la femme mais la considère comme servante et garante, à travers la parenté, du système de caste ?

Il y a un fossé entre le monde riche et urbain et le monde pauvre et rural où vit 42% de la population. Mais les choses sont en train de changer. Mayawati, leader du BSP, représentant les intouchables, a été élue à la tête de l’Etat d’Uttar Pradesh, le plus peuplé d’Inde. Aujourd’hui, 7o% de la population à moins de trente ans. Les jeunes femmes ont de plus en plus accès à l’information et elles prennent conscience de leurs droits.

recueilli par Jean-Marie Dinh

La nuit aux étoiles, Actes Sud, 23 euros

Voir aussi : Rubrique Inde