Egypte : Les Frères musulmans annoncent leur défaite au législative

Les résultats du premier tour des élections législatives égyptiennes n’avaient pas encore été publiés, lundi 29 novembre, que l’issue du scrutin qui s’est tenu dimanche dans un climat de fraude et de violence ne faisait guère de doute : les Frères musulmans se voyaient pratiquement éliminés du Parlement égyptien.

La confrérie, théoriquement interdite par le pouvoir mais tolérée dans les faits, détenait jusqu’à présent un cinquième des sièges dans l’ancienne chambre basse du Parlement et, sous l’étiquette « indépendants », constituait la première force d’opposition au gouvernement du président Hosni Moubarak, avec quatre-vingt-huit élus. Si les résultats officiels du premier tour du scrutin ne sont pas attendus avant mardi, Saad al-Katatni, chef de file des élus islamistes de l’assemblée sortante, a indiqué lundi qu’aucun des cent trente candidats présentés par les Frères musulmans n’avait décroché l’un des cinq cent huit sièges de député en jeu à l’issue du premier tour. Et seule une poignée d’entre eux pourra briguer les suffrages des électeurs lors du second tour prévu le 5 décembre.

« Il y a eu des trucages et nous avons déposé un recours contre les procédures de vote », a indiqué M. Katatni, qui n’a pas conservé son siège de député à Minah, au sud du Caire, un mandat qu’il avait remporté en 2005 avec trente cinq mille voix, contre douze mille pour son principal rival.

« UN GOÛT DE SANG, UNE ODEUR DE POUDRE »

La presse et des observateurs indépendants ont en effet rendu compte de très nombreux cas de fraude et de violences lors du premier tour. Le quotidien indépendant Chourouq citait par exemple le témoignage d’un juge de la région de Guizeh, près du Caire, affirmant avoir vu des officiers de police bourrer des urnes. Selon les sources, deux à quatre égyptiens auraient trouvé la mort dans des affrontements entre militants ou provoqués par des hommes de main recrutés par des candidats, une pratique fréquente en Egypte.

« Ces élections ont un goût de sang et une odeur de poudre. Les citoyens ont été sacrifiés pour que le PND [le Parti national démocratique d’Hosni Moubarak] reste au pouvoir », a affirmé la Coalition indépendante pour l’observation des élections. Cette fédération d’observateurs non gouvernementaux égyptiens a diffusé un dossier décrivant en détail quatre-vingt-trois cas d’irrégularités ou de violences, dans treize des trente gouvernorats d’Egypte. Le PND est mis en cause dans un grand nombre de cas, mais des candidats indépendants ou d’autres partis sont aussi cités. « L’exclusion répétée de représentants de l’opposition et d’observateurs des bureaux de vote, de même que les informations faisant état de violence et de fraude, suggèrent que les citoyens n’ont pas pu prendre part à des élections libres », écrit de son côté un responsable de Human Right Watch, Joe Stork, dans un communiqué.

Le ministre de l’information, Anas al-Feki, s’est en revanche félicité dans un communiqué du « haut degré de transparence » du scrutin. Il a assuré que les incidents, « limités », n’avaient « pas affecté la conduite générale et l’intégrité de l’élection ».

Des analystes avaient prédit que le pouvoir ferait tout pour marginaliser les islamistes sur la scène politique avant l’élection présidentielle de 2011 à propos de laquelle le chef de l’Etat, âgé de 82 ans et de santé fragile, reste muet. « C’est un niveau de fraude entièrement différent, indiquait ainsi Chadi Hamid, du Brookings Doha Center. « Cela laisse penser que le régime s’inquiète de la transition qui arrive et ne compte prendre aucun risque. »

Le Monde et AFP

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Washington rejette l’appel militaire d’israël contre l’Iran

« Nous sommes prêts à faire ce qui est nécessaire mais en ce moment, nous continuons de penser que l’approche économique et politique a un impact sur l’Iran », a déclaré le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

Les Etats-Unis rejettent l’appel d’Israël qui souhaite une menace militaire crédible contre l’Iran afin d’éviter que ce pays ne se dote d’armes nucléaires, a déclaré lundi 8 novembre le secrétaire américain à la Défense Robert Gates. « Je ne serais pas d’accord pour dire que seule une menace militaire crédible (peut convaincre) l’Iran de prendre des mesures pour mettre fin à son programme d’armes nucléaires », a déclaré Robert Gates devant des journalistes. « Nous sommes prêts à faire ce qui est nécessaire mais en ce moment, nous continuons de penser que l’approche économique et politique que nous avons adoptée a en fait un impact sur l’Iran », a-t-il ajouté.

De Benjamin Netanyahou à Joe Biden

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait assuré dimanche que seule une menace militaire « crédible » pourrait garantir que l’Iran ne se dote pas de ce type d’armes, lors d’un entretien avec le vice-président des Etats-Unis Joe Biden à la Nouvelle Orléans (sud). « La seule manière de s’assurer que l’Iran n’obtienne pas d’armes nucléaires est de brandir une menace crédible d’action militaire contre lui s’il n’arrête pas sa course à la bombe atomique », a dit Benjamin Netanyahu à Joe Biden, selon un haut responsable israélien qui a requis l’anonymat.

Un renforcement des sanctions

L’administration du Président des Etats-Unis Barack Obama, tout en n’excluant pas l’option militaire contre l’Iran, a préféré jusqu’à présent un renforcement des sanctions et la voie diplomatique pour tenter de forcer l’Iran à abandonner son programme d’enrichissement d’uranium.

Les Occidentaux suspectent Téhéran de vouloir mettre au point ce programme pour acquérir un arsenal nucléaire.

Nouvelobs.com avec AFP

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«Pétrole contre nourriture» en Irak: non-lieu requis pour Pasqua et Total

Le parquet de Paris a requis un non-lieu pour l’ancien ministre Charles Pasqua et l’entreprise Total dans l’enquête sur des malversations présumées au sein du programme onusien en Irak «Pétrole contre nourriture», a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.

FRANCE-JUSTICE-PASQUA-20041008L’enquête, ouverte en 2002, s’était orientée vers diverses personnalités françaises soupçonnées d’avoir perçu au début des années 2000 des commissions occultes sous forme d’allocations de barils de pétrole du régime irakien de Saddam Hussein, en violation du programme de l’Onu «pétrole contre nourriture». Au total, 20 personnes physiques, dont l’une est décédée depuis, et deux entreprises, Total et Vitol, ont été mises en examen dans ce dossier. Le parquet de Paris avait déjà pris des réquisitions en septembre 2009 mais un nouveau juge chargé de l’enquête, Serge Tournaire, avait finalement mis en examen le 27 février le groupe Total en tant que personne morale pour corruption d’agent étranger, complicité et recel de trafic d’influence. Cette décision a relancé l’enquête et amené le parquet à prendre de nouvelles réquisitions. Le parquet a notamment considéré que l’enquête n’avait pas permis de démontrer que le patron de Total, Christophe de Margerie, s’était rendu complice d’abus de biens sociaux et que M. Pasqua s’était livré à du trafic d’influence. Il a requis «en milieu de semaine dernière» un non-lieu en leur faveur, de même que pour Total en tant que personne morale, selon ces sources.

Il revient désormais au juge Tournaire de décider leur éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel. Au coeur de cette investigation se trouve la politique de pots-de-vin et de surfacturation imposée par le régime de Saddam Hussein pour contourner le programme onusien permettant à Bagdad de vendre du pétrole en échange d’aide humanitaire et de produits alimentaires. L’enquête s’est orientée vers des personnalités françaises susceptibles d’en avoir bénéficié, dont M. Pasqua, son conseiller diplomatique, Bernard Guillet, ou encore l’homme d’affaires proches des anciens dirigeants irakiens, Claude Kaspereit.

AFP

Voir aussi : Rubrique Irak, Le vice-président irakien discute des contrats avec Total, L’Irak réclame des réparations Affaire, Total accusé de complicité d’assassinats en Birmanie, On line Nouvelles accusationn contre Total en Birmanie, le site EarthRights en anglais

Sarkozy au Proche-Orient

Une courte visite officielle au Caire (2007)

 
Essai.
Un recueil de textes de journalistes spécialisés et d’historiens démontre que la politique française au Proche -Orient est loin de débloquer le processus de paix israélo-arabe.

Pas simple dans l’hexagone de se faire une idée sur la politique étrangère française. Celle-ci, en vertu de notre constitution, reste l’apanage exclusif du chef de l’État. L’ouvrage Sarkozy au Proche Orient* fait le point sur la politique française dans l’espace complexe du conflit israélo-palestinien. Est souligné d’entrée de jeu, que la politique menée au Proche-Orient depuis l’élection de Sarkozy répond de manière basique au projet du président avant son élection?:  » Rompre avec la politique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis et raviver l’idylle franco-israélienne « . Les deux objectifs pouvant aux yeux du chef de l’État, apparaître liés.

 Le livre propose un ensemble de textes de journalistes spécialisés et d’historiens sous la direction de Farouk Mardam-Bey, ancien conseiller culturel de l’Institut du monde arabe qui dirige chez Actes-Sud l’intéressante collection Sindbad. Il en ressort que la rupture a consumé la remarquable constance à laquelle la diplomatie française se tenait depuis quarante ans. Ce que l’on a baptisé, en dépit de nombreuses entorses, la politique arabe de la France, reposait sur trois principes fondamentaux, rappelle Mardam-Bey dans le propos introductif : le droit de tous les États du Proche-Orient, y compris Israël, à vivre dans des frontières sûres et reconnues. Le refus d’entériner tous  » les changements réalisés sur le terrain par l’action militaire « . La nécessité, enfin, d’une intervention commune de toutes les grandes puissances afin de garantir la mise en application des deux premiers principes.

On découvre à travers différentes analyses comment Nicolas Sarkozy affiche un pragmatisme à la petite semaine qui, comme le souligne l’universitaire Alain Chenal,  » stupéfie plus d’un diplomate par la vacuité de ses propos « . Et on conclut, que sur ce terrain aussi, le locataire actuel de l’Élysée qui voit la scène internationale comme un moyen de soutenir son image intérieure a beaucoup de chemin à faire pour reconduire son bail en 2012.

Jean-Marie Dinh

Sarkozy au Proche-Orient, Actes Sud, 17 euros

Voir aussi : rubrique Rencontre Elias Sambar, Israël Le rapport de l’ONU sur Gaza , Le discours de Netanyahu torpille les initiatives de paix, Documentaire, Mort de Rachel à Rafah, conflit israélo-palestinien Repère sur la guerre de Gaza, Livre, Edward Saïd la question de Palestine, Histoire Accords de Camp David,

 

 

Wikileaks publie 400.000 documents secrets sur la guerre en Irak

irak-bavures

109.032 morts en Irak dont plus de 60% de civils

La coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes, a affirmé vendredi le site WikiLeaks, en publiant près de 400.000 documents secrets de l’armée américaine sur la guerre en Irak. «L’administration Obama a l’obligation (…) d’enquêter» sur ces révélations, a jugé le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak.

Après des semaines de suspense, le site spécialisé dans le renseignement a commencé à diffuser vendredi soir 391.831 documents qu’il a présentés comme «la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l’Histoire». Les documents mettent en évidence «de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre», accuse le site dans un communiqué.

Ces documents révèlent «la vérité» de la guerre en Irak, a déclaré le fondateur du site Julian Assange, samedi lors d’une conférence de presse à Londres. WikiLeaks évoque aussi le comportement de soldats américains «faisant sauter des bâtiments entiers parce qu’un tireur se trouve sur le toit».

Tortures

Les documents révèlent «plus de 300 cas de torture et de violences commis par les forces de la coalition sur des prisonniers», ajoute WikiLeaks, qui a aussi dénombré plus d’un millier d’exactions de la part des forces irakiennes. «On parle de cinq fois plus de morts en Irak, un vrai bain de sang comparé à l’Afghanistan», a déclaré sur CNN le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, jugeant que «le message de ces dossiers est puissant et peut-être un peu plus facile à comprendre que la complexe situation en Afghanistan».

L’AFP a pu consulter une partie des documents à Londres avant leur diffusion sur internet. Une grande partie des textes sont expurgés des noms pouvant mettre en danger des personnes, a expliqué WikiLeaks. WikiLeaks a également remis à l’avance ses documents à plusieurs médias internationaux comme le New York Times, le Guardian, le Monde, Der Spiegel et la chaîne Al-Jazira, qui a la première révélé leur contenu.

15.000 décès de civils non révélés

Selon la chaîne de télévision du Qatar, l’armée américaine a «couvert» des cas de torture de détenus par les autorités en Irak, où des centaines de civils ont en outre été tués à des barrages tenus par les alliés. Au vu des documents, «les autorités américaines n’ont pas enquêté sur les centaines de cas de violences, tortures, viols et mêmes des meurtres commis par des policiers et des militaires irakiens», écrit le Guardian.

Selon le communiqué de WikiLeaks, les documents secrets couvrent la période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, après l’invasion américaine de mars 2003 qui a renversé le régime de Saddam Hussein.

Les documents révèlent que le conflit a fait 109.032 morts en Irak, selon le communiqué, qui précise que plus de 60% sont des civils, soit 66.081 personnes. Sur ce total, 15.000 décès de civils n’avaient jusqu’à présent pas été révélés, selon WikiLeaks.

Nouveaux cas impliquant la société Blackwater

Ces chiffres montrent «que les forces américaines disposaient d’un bilan recensant morts et blessés irakiens même si elles le niaient publiquement», a relevé Al-Jazira. Un bilan américain publié officiellement fin juillet faisait état de près de 77.000 Irakiens civils et militaires tués de 2004 à août 2008.

Selon Al-Jazira, les documents font également état de liens entre le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki et des «escadrons de la mort» qui semaient la terreur au début du conflit. D’autres documents «révèlent de nouveaux cas impliquant (l’ancienne société de sécurité américaine privée) Blackwater dans des tirs contre des civils», sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle.

«L’administration Obama a l’obligation d’enquêter»

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak, a appelé le président américain Barack Obama à lancer une enquête sur les cas de torture révélés dans une série de documents de l’armée américaine publiés vendredi par le site WikiLeaks.

«L’administration Obama a l’obligation, quand surgit des accusations sérieuses de torture contre un responsable américain, d’enquêter et d’en tirer les conséquences… Cette personne devrait être traduit en justice», a déclaré M. Novak sur la radio BBC 4.

M. Nowak a cependant reconnu qu’il ne pourrait s’agir que d’une enquête américaine. Des poursuites par la Cour pénale internationale (CPI) ne sont pas possibles car les Etats-Unis ne reconnaissent pas la cour, a-t-il admis.

Au cours de la même conférence de presse, un responsable de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, a annoncé la diffusion prochaine de nouveaux documents militaires américains, sur la guerre en Afghanistan cette fois.

AFP

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