Loi travail : fin de manifestation houleuse à Tolbiac et en France

Violence policière à Tolbiac
Les amendements du gouvernement à la loi sur le travail n’ont pas enrayé la dynamique de mobilisation étudiante ce jeudi 17 mars 2016. Si le nombre de manifestants est moindre que la semaine dernière, la jeunesse s’est plus mobilisée partout en France.
Après avoir occupé un amphithéâtre de la faculté de Tolbiac pour y faire une AG, des étudiants ont été évacués par les forces de l’ordre et «certains se sont faits taper dessus», assure l’un d’eux. Il y avait des visages en sang, des gens traînés par terre, lors des charges policières contre les étudiants. Les gens qui voulaient sortir du site devaient le faire à visage découvert et étaient filmés par la police rapporte Sylvain Mouillard de Libération.

Le résumé de la journée de mobilisation (chiffres Police)

Après le blocage de quelques dizaines de lycées et campus, plusieurs milliers de lycéens et étudiants sont descendus dans la rue jeudi pour réclamer le retrait de la loi Travail. Leur nombre a été estimé à 69 000 par les autorités. Hormis Paris où la police a compté entre 8 800 et 9 200 manifestants, les villes les plus mobilisées ont été Lyon (3 000), Toulouse (2 500), Bordeaux (2 200), Grenoble (1 300).  L’Unef, principale organisation étudiante, évoque 150 000 manifestants dans toute la France, dont 35 000 à Paris, 12 000 à Rennes, 10 000 à Lyon ou 6 000 à Toulouse.

Des incidents se sont produits dans plusieurs villes, conduisant à 23 interpellations, dont quatre dans la capitale. A Paris et à Nantes des vitrines d’agences bancaires ont notamment été dégradées et des membres des forces de l’ordre légèrement blessés, selon la police. A Rennes, des centaines de manifestants ont envahi la gare et sont descendus sur les voies, provoquant l’interruption du trafic pendant une demi-heure. A Marseille, des échauffourées ont brièvement opposé une centaine de jeunes, dont certains cagoulés, et des policiers devant un commissariat sur la Canebière. A Strasbourg, plusieurs manifestants ont été blessés lors d’une intervention de CRS. A Cherbourg, une personne a été blessée après une altercation.

Le ministère de l’Education nationale a décompté 115 lycées bloqués en France, totalement ou partiellement, sur 2 500 lycées publics. Les organisations lycéennes évoquent une mobilisation «largement» supérieure à celle du 9 mars, parlant de 120 à 200 établissements bloqués. Côté universités, plusieurs sites étaient fermés: certains campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac, Saint-Denis), Lumière-Lyon II et le campus Victoire à Bordeaux.

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Un cadre d’idées vivantes en grand format

3e volet de La France vue d’ici pour la 8e édition du festival sétois qui se tiendra 4 au 22 mai. Photo Patrice Terraz

3e volet de La France vue d’ici pour la 8e édition du festival sétois . Photo Patrice Terraz

Image-Singulières. Le festival poursuit sa vocation autour de la photographie. De l’aristocratie à la classe ouvrière il aiguise notre regard et notre esprit. A Sète du 4 au 22 mai 2016.

L’affiche de la 8e édition d’imageSingulières signée Patrice Terraz est extraite du projet collaboratif La France Vue d’Ici que le festival mène en partenariat avec Médiapart depuis 2014. On y voit une jeune apprentie en bleu de travail dont le visage laisse entrer la lumière. Une de ses mains est occupée par un soda tandis que l’autre dresse un doigt oblique. Malgré toute l’énergie qui émane de cette jeune fille, il est fort improbable qu’elle soit un jour décorée de la Légion d’honneur. Ce projet conduit par 24 photographes et 4 journalistes s’est fixé la mission d’explorer la France d’aujourd’hui afin de produire un état des lieux d’ici 2017. Cette année le troisième volet de la série prendra d’assaut la Gare de Sète. Pour l’intégralité des reportages rendez-vous en 2017…

Particules artistiques

On ne connaît précisément les vertus de la poussière d’eau qui couvre les habitants des villes portuaires mais l’on sait que les ports brassent les populations qui entrent, circulent, et sortent et que cela influe sur la vie quotidienne. Le festival associe ses embruns depuis 2015 avec la Festival international de photographie de Valparaiso, première ancre d’une idée panoramique qui pourrait tracer ses escales dans les grands ports du monde. Pour cette édition quatre photographes chiliens tireront le portrait de Sète. ImageSingulières invite par la même occasion deux géants de la photographie en résidence dans le port du bout du monde à rejoindre l’île singulière. La confrontation inédite des regards entre l’espagnol Alberto Garcia-Alix et Le Suèdois Anders Petersen donne lieu à la production d’une exposition dont la première se tiendra à Sète avant qu’elle ne parcoure l’Europe.

Au Crac on pourra suivre l’évolution du travail photographique de Guillaume Herbaut dans un parcours ukrainien qui débute par une approche contemporaine de photojournaliste pour passer à celle du documentaire d’auteur. La Maison de l’image Documentaire met le cap sur la Belgique du bas avec les prisons vues et vécues par Sébastien Van Malleghem, et la Belgique du haut que donne à voir l’anglais Rip Hopkins à travers ses portraits d’aristocrates.

La classe ouvrière n’est pas oubliée avec l’exposition collective Working Class Heroes, au Boulodrome. Les photographes Flavio Tarquinio, Mehdi Ahoudig, Samuel Bollendorff évoquent la joyeuse déliquescence du Nord de la France, tandis que Kirill Golovchenko s’attache au profond désordre ukrainien. Enfin, aux Chais des Moulins, seront fêtés les 30 ans de l’agence VU à travers un coup de projecteurs sur 7 grands photographes espagnols qui ont trouvé à travers l’agence un soutien pour signifier leur travail à l’étranger. En bref, le festival conserve une détermination qui l’honore.

JMDH

Source La Marseillaise14/03/2016

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L’intime héberge l’alien libéral

Le système qui jouit de la crise vit en chacun de nous photo dr

Le système qui jouit de la crise vit en chacun de nous photo dr

Théâtre. Jean-Claude Fall met en scène Ivresse(s) de Falk Richter enrichi d’extraits de Protec me et  Play loud.

Deux pièces de Falk Richter sont à l’affiche cette semaine à Montpellier. Cela tombe bien parce que ce jeune dramaturge allemand a des choses à nous dire sur notre monde et la manière dont il entre dans nos vies.

Jean-Claude Fall et sa compagnie, La Manufacture ont intégré quelques extraits de Protect me et Play loud à la pièce Ivresse(s). Dans ce spectacle donné au Théâtre d’O, il est question des forces incontrôlables du néolibéralisme qui dérégulent les marchés, spéculent sur la faillite des Etats, et anéantissent les fondements de la politique. Au-delà de ces crises qui nourrissent une poignée de profiteurs jamais repus, l’auteur explore l’impact de ce modèle social sur les individus. La pièce met en lumière la puissance du conditionnement généralisé à l’origine de nos peurs, ambitions et états d’âme, ainsi que l’isolement auquel il conduit.

Les personnages qui peuplent la pièce renvoient le reflet d’une crise existentielle et d’une altérité empêchée, générées pour nourrir le système. Crises aussitôt pris en charge par les coachs, et autres gourous à tous les étages de la société. Jean-Claude Fall jubile dans son rôle de psychothérapeute de couple qui produit la crise dont il tire profit.

Nichée au coeur de la psyché contemporaine Ivresse(s) reflète la bataille que livre l’homme post-moderne aux images, et aux ombres qui l’entourent, redonnant un coup de jeune à la célèbre citation de Huis clos « L’enfer c’est les autres ». La mise en scène joue sur le mouvement général et permanent des personnages absorbés par les flux qui les redistribuent dans l’espace via des smartphones.

Tout n’est pas noir chez Richter on rit, et on espère dans l’effroi, trouver les moyens de résistance, d’ébranlement du système.

JMDH

Source La Marseillaise 10/03/2016

Voir aussi : Rubrique  Théâtre, Une parole urgente et sans concession, rubrique Allemagne, Une jeunesse allemande, rubrique Montpellier, rubrique Politique, Le néolibéralisme est un fascisme,

 

hTh. Oh nuits d’young !

OHNUITS-1170x350« Et qu’en est-il du mal de crâne des adolescents d’aujourd’hui, qui vivent ici et maintenant dans le fratricide XXIe siècle, cette poubelle ensoleillée archipleine d’informations remixées et d’édifices qui tombent en lambeaux ? » interroge Rodrigo Garcia en préambule du festival pour adolescents Oh nuits d’young ! L’événement se tiendra du 5 au 13 mars à humain Trop humain et au cinéma Diagonal à Montpellier.

Au programme, trois spectacles qui mettent en scène des adolescents. Woe conçue et dirigé par Edit Kaldor évoque la violence. Dans ce spectacle, la hongroise résidant à Amsterdam, évoque la difficulté de raconter une violence subie pendant l’enfance. A quel point peut-on comprendre l’expérience de l’autre ?

Ces questions sont celles que se posent, les interprètes âgés de 16 et 17 ans de Woe donnée du 9 au 11 mars.

On n’a qu’une vie, pièce conçue et dirigée par Ana Borralho et João Galante, rapproche l’espace artistique de l’espace social en faisant intervenir des adolescents non professionnels. Il est question d’évoquer les rêves et les perspectives possibles pour la jeunesse d’aujourd’hui et de réclamer un futur ouvert (du 9 au 12 mars).

Pour Ethan, donné le 13 mars, est une pièce chorégraphique de Mickaël Phelippeau qui aborde « ce moment de la vie qu’est l’adolescence, ce moment où le corps connaît probablement les plus grands changements, les plus grands bouleversements, ce moment de transition entre l’enfance et l’âge adulte. »

Oh nuits d’young ! propose aussi plusieurs films internationaux en rapport avec l’adolescence projetés au Diagonal ainsi que des ateliers conférences et une fête pour le final.

Renseignements : www.humaintrophumain.fr

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La 10e Zone artistique temporaire sera musicale

CcdKKPkWwAAqpfvQuartier. Derrière un grand rideau rouge, Figuerolles se prépare à devenir un théâtre à ciel ouvert les 9 et 10 avril prochains pour la ZAT montpelliéraine.

En présentant hier la 10e édition de la ZAT attendue dans le quartier Figuerolles les 9 et 10 avril prochain, Philippe Saurel n’a pas résisté à mettre en regard  l’événement avec La Commune Libre de Figuerolles, épisode de démocratie participative vécu dans le quartier entre 1948 et 1962. « La Commune de Figuerolles est à l’origine des premiers spectacles de rue, a indiqué le maire de Montpellier, c’était aussi un moyen de tourner en dérision les pouvoirs publics et à travers le carnaval, un moyen pour la culture populaire de rediscuter le contrat social, artistiquement, socialement et politiquement... » A l’heure de la société de surveillance, le parallèle avec cette histoire dont notre collaborateur Thierry Arcaix*, auteur de plusieurs ouvrages sur le quartier est un spécialiste, n’apparaît pas de manière évidente. La dimension historique et populaire du quartier au coeur de cette 10e édition demeure cependant, comme l’esprit frondeur incarné par Philippe Saurel souvent de manière paradoxale, dirait Paul Ricoeur.

Les lieux poussent aux projets

La partition de la manifestation a été composée par le musicien et homme de culture marseillais Pierre Sauvageot qui se consacre depuis de nombreuses années à l’espace public. « La clé de notre travail tourne autour de deux notions : espace public et relations au contexte, a indiqué le chef d’orchestre, c’est-à-dire autour des  gens et des lieux que nous avons croisé durant les trois mois de préparation. » Le spécialiste de l’espace public entend faire de la rue du Faubourg Figuerolles la colonne vertébrale de la manifestation. Une vingtaine de propositions se tiendront durant deux jours. Dans la soirée du 9 avril une cinquantaine de musiciens se disperseront dans le parc de la guirlande plongé dans une ambiance bleutée pour faire vivre aux spectateurs une expérience musicale sensible. La ZAT sera l’occasion de découvrir le quartier fermé à la circulation. En se promenant rue Tour Gayaud on mesurera l’effervescence sonore de pas moins de onze choeurs qui prendront place tour à tour aux balcons. « Ce sont les lieux qui poussent aux projets et non les lieux qui cherchent des projets, explique Pierre Sauvageot qui confie chanter chez lui avec son frigo, dans sa cuisine présumons-nous.

Cité Gely, on passera entre les guinguettes gitanes, on festoiera en partageant son repas rue du Faubourg Figuerolles. L’installation The Speakers de Thor Mc Intyre-Burnie menée avec la complicité de la Boutique d’écriture, restituera la parole des habitants à propos de la bouillante question des réfugiés. Bien d’autres surprises et curiosités devraient donner l’envie d’aller faire un tour à Figuerolles durant ce week-end d’avril.

Pour le maire de Montpellier, Pierre Sauvageot a rempli le cahier des charges avec une grande proportion d’acteurs artistiques locaux ou régionaux et une place laissée aux acteurs du quartiers. Philippe Saurel a repris voix avec Pascal Le Brun Cordier injustement banni après avoir fait monter en puissance l’événement a-t-on appris hier. La question de la direction artistique des ZAT serait de nouveau en discutions.

JMDH

*Dans le cadre de la ZAT Thierry Arcaix, docteur en sociologie, donnera une conférence sur le quartier.

La Marseillaise 02/03/2016

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