Téléchargement illégal: Hadopi aurait un effet négatif sur le marché légal

piratebay_appleLe nombre de pirates sur internet aurait augmenté de 3% en France depuis l’adoption de la loi contre le téléchargement illégal, Hadopi, qui pourrait aussi avoir comme effet pervers de priver le marché légal d’une partie de ses consommateurs, selon une étude citée par Les Echos. « Le nombre de pirates aurait augmenté de 3% entre septembre et décembre, soit trois mois après l’adoption de la loi Hadopi II », à l’automne 2009, rapporte le quotidien économique, citant une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Rennes 1. Selon cette étude, la première du genre, « à peine 15% des internautes qui utilisaient les réseaux +peer to peer+ avant l’adoption de la loi Hadopi ont définitivement cessé de le faire ».

Les réseaux +peer to peer+ permettent de partager directement des fichiers, notamment de la musique ou des vidéos, de +pair à pair+ entre internautes. Selon Les Echos, « le téléchargement illégal utilise d’autres voies, comme le téléchargement direct, via des sites d’hébergement (…) ou le visionnage (sans téléchargement, du type +streaming+). Des pratiques qui ne peuvent pas être détectées en l’état par Hadopi, alors même que les sites de +streaming+ sont devenus plus populaires que les réseaux +peer to peer+ ».

« Au total, plus de 3 millions d’internautes passeraient donc au travers des mailles d’Hadopi. La loi ne ciblerait, elle, +que+ 2,7 millions de Français », selon le quotidien.
Effet pervers de la loi, « les +pirates numériques+ se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur internet). Couper la connexion internet des utilisateurs du réseau +peer to peer+ pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques », estime cette étude.

« L’étude, pourrait contribuer à tempérer les attentes des ayants droit quant à la loi Hadopi ». Relevant que, lors du dernier Marché international de la musique et de l’édition musicale (Midem), « l’industrie musicale se félicitait de l’augmentation des ventes sur internet », espérant y voir « un premier effet de la loi Hadopi ».

AFP

Voir aussi : Rubrique Internet les eurodéputés font pression sur la France, Rubrique Politique L’Assemblée Nationale Adopte la Loppsi,

Nouvelle grève nationale en Grèce contre les mesures d’austérité

 La Grèce à l’heure d’une nouvelle grève générale contre les mesures d’austérité du gouvernement.

grece-manifs1Le mouvement de 24 heures lancé à l’appel des syndicats des secteurs privé et public devrait paralyser le trafic aérien et provoquer la fermeture d’écoles, d’hôpitaux, de sites touristiques comme l’Acropole.  Il paraît toutefois peu probable que cette grève entame la volonté du Premier ministre socialiste George Papandréou d’assainir les finances publiques par le biais de mesures sévères de restriction budgétaire.

 Sous la pression des marchés et de l’Union européenne, le gouvernement grec a présenté la semaine dernière une nouvelle vague de mesures d’austérité incluant un gel des retraites, des baisses de salaires et une hausse de la TVA pour tenter de résorber son déficit. L’objectif des autorités est de dégager 4,8 milliards d’euros.  « Les travailleurs vont lever leur poing et crier d’une seule voix: ‘Nous ne payerons pas pour la crise' », a prévenu le principal syndicat du secteur privé GSEE dans un communiqué. « Rien ni personne ne peut terroriser les travailleurs. »

 GSEE et son homologue du secteur public ADEDY, qui représentent à eux deux la moitié de la population active, estiment que le plan d’austérité soutenu par l’Union européenne va affecter les plus pauvres et aggraver les problèmes économiques du pays frappé par la récession.  Le taux de participation à la grève et les manifestations seront observés avec attention par les pays étrangers.

 Les dirigeants européens, les agences de notation et les marchés financiers ont salué le dernier volet de mesures mais souhaitent les voir s’appliquer rapidement et sans accrocs.  Alors que le soutien de l’opinion est nécessaire pour la mise en oeuvre du plan, des sondages dénotent une opposition grandissante au gouvernement.

 « Tout sera paralysé en Grèce mais la majorité des personnes comprennent qu’il n’y a pas d’autres options », assure pourtant Costas Panagopoulos de l’institut de sondage Alco. « Je ne crois pas qu’une grève ou des manifestations peuvent affecter sérieusement les politiques gouvernementales. »

 Employés de banque, pompiers, agents du fisc et policiers doivent participer au mouvement. Les bus et les trains ne fonctionneront pas à Athènes et des sites archéologiques et des musées auront leurs portes closes. Environ 1.500 policiers surveilleront le centre de la capitale pour éviter une répétition des incidents qui ont émaillé une manifestation contre l’austérité la semaine dernière.

 Le syndicat communiste PAME inaugurera cette journée de grève par un rassemblement dès 09h00 GMT, suivi d’une manifestation en direction du parlement à l’appel des deux grands syndicats du public et du privé.  ADEDY a indiqué qu’il préparait d’autres actions pour les mois d’avril et de mai, sans donner plus de détails. (version française Marine Pennetier)

Reuter

Voir aussi : Rubrique Finance La spéculation attaque l’Europe par le Sud,

Réforme des lycées : Le diable est dans les détails

propagande1A la veille d’une journée de grève dans les collèges et Lycées, le journaliste Luc Cédelle se fend d’un l’article publié dans Le Monde  sous le titre ambigu, Lycée : pas de révolution, juste une réforme de fond. Le papier résume bien la stratégie de rupture entreprise par le président de la République. Le problème c’est que le journaliste du Monde de l’Education tend à confondre information et propagande gouvernementale. A le lire, on  se demande si ce défenseur de la pédagogie* n’a pas laissé choir les principes élémentaires de l’éducation et du journalisme comme des illusions fanées pour adopter le modèle d’instruction que nous propose la nouvelle gouvernance.

Jean-Marie Dinh

Un plaisir de collège (Le Seuil 2008)

Lycée : pas de révolution, juste une réforme de fond

En septembre 2010, le lycée change : un peu, uniquement en seconde et dans le cadre d’une réforme qui doit s’étendre les années suivantes aux classes de première et terminale. L’ambition est à la fois de rééquilibrer les filières générales, actuellement dominées par la filière scientifique, d’introduire un « accompagnement » des lycéens et d’accroître la marge d’autonomie des établissements.

Le mot « ambition » ne doit pas être pris dans un sens triomphaliste. A bien des égards, c’est une réforme à minima. Elle découle, après filtrage, des propositions consensuelles issues du rapport rendu par le directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings, en juin 2009. Cette réforme modeste est venue remplacer le projet de lycée « modulaire » que proposait auparavant Xavier Darcos, le précédent ministre de l’éducation, et qu’un vent de contestation, renforcé par la hantise gouvernementale d’une révolte « à la grecque », avait bloqué en décembre 2008.

La réforme actuelle a une architecture générale : elle conserve à la classe de seconde son caractère de « détermination », c’est-à-dire de découverte de nouvelles disciplines, elle renforce le tronc commun en première afin de faciliter d’éventuelles réorientations, et elle accroît la spécialisation de la terminale. Derrière chacun de ces choix se cachent de délicates questions d’horaires des disciplines qui, le diable étant dans les détails, restent âprement débattues même une fois les décisions prises.

Amorce d’évolution de fond

Sous une apparence anodine, plusieurs des nouveautés introduites cette année en seconde montrent qu’une réforme modeste peut quand même amorcer des évolutions de fond. Tel est le cas de l’accompagnement personnalisé : deux heures hebdomadaires dans l’emploi du temps des élèves pour leur apporter une aide méthodologique, de « l’approfondissement » sur certains sujets et des conseils d’orientation.

Ses modalités doivent être arrêtées par l’équipe pédagogique, et tous les professeurs, pour qui ces heures seront décomptées au même titre que des heures de cours, sont en principe concernés. Certains râlent d’avance sur le thème « on ne sait pas ce que cela va donner », mais se montrent quand même intéressés par la perspective d’un rapport différent à leurs élèves, et veulent s’assurer qu’il s’agira d’un « vrai » accompagnement.

L’autonomie donnée aux lycées sur 30 % de leur dotation horaire s’applique en classe de seconde : en plus des heures d’enseignement « normales », l’établissement répartira lui-même 10 h 30 de cours pour faire des demi-groupes. Cette répartition était auparavant fixée au niveau national. Certains s’inquiètent d’une possible « foire d’empoigne » entre enseignants. Autre innovation, qui reste à cerner dans la pratique : l’apprentissage des langues en « groupes de compétences ».

Comment ces dispositions seront-elles accueillies sur le terrain ? Observer le parcours d’une réforme, dans l’éducation nationale, c’est voir se mettre en mouvement, l’un après l’autre, les rouages d’une mécanique du refus. Mais celle-ci n’a pas toujours le dernier mot.

Dans ce cas précis, les textes officiels modifiant le lycée sont déjà parus, la machine administrative fonctionne pour leur application et il faudrait, pour bloquer le processus, une opposition d’une exceptionnelle intensité.

Une part appréciable du monde syndical enseignant approuve

En outre, l’aspect politique pèse lourd : le gouvernement ne peut se permettre un nouveau recul sur le lycée, d’autant que le président de la République s’est lui-même, à plusieurs reprises, engagé sur ce projet.

Pour la première fois, une part appréciable du monde syndical enseignant, en l’occurrence le « bloc » formé par le SE-UNSA et le SGEN-CFDT, approuve cette réforme et assume fermement sa position. Elle prend ainsi un risque calculé vis-à-vis de sa base.

Les partisans de la réforme veulent exorciser l’image, qui leur semble dangereuse, du service public refusant toute évolution. Il convient de rappeler qu’ils sont minoritaires parmi les enseignants de lycée, où le SNES-FSU, en l’occurrence allié au Syndicat national des lycées et collèges (apolitique), pèse de tout son poids pour tenter d’obtenir un improbable « retrait » de la réforme, en fait pour tenter de l’enliser.

Pour cela, le SNES va jusqu’à s’afficher en accord avec une organisation lycéenne, la Fédération indépendante démocratique des lycéens (FIDL), tandis que l’Union nationale des lycéens (UNL), plus implantée, a fait savoir qu’elle trouvait la réforme plutôt à son goût. Les prochaines semaines diront de quel côté le vent souffle le plus fort.

Luc Cédelle Le Monde


Les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cette information apportent un contre-point utile pour comprendre les effets de cette réforme sur le terrain.

Un copié collé acritique du site du ministère. Accompagnement personnalisé ? remplace les modules mais sans cadrage disciplinaire. 30% des dotations horaires en dédoublement à la disposition de l’établissement ? oui, mais sans aucune inscription dans les horaires règlementaires des élèves donc marge de manoeuvre de gestion pour les rectorats qui seront amené à les supprimer en cas de suppression d’emplois. Conclusion : avant d’avaler tout cru les propos d’un DRH, on s’informe.

jjd

10.03.10 | 12h40

Un tissu d’omissions et de contre vérités 1)« Pour tous les élèves deux heures d’accompagnement « 2 heures profs par division , c’est-à-dire une heure en demi groupe , une demi-heure en groupe de 8,etc. deux heures d’aide individualisée existaient :supprimées. silence radio 2) les heures de dédoublements : la répartition pourra varier du tout au tout d’un lycée à l’autre= les contenus enseignés, de fait ne seront plus les mêmes , c’est le lycée à plusieurs vitesse, l’explosion des inégalités

jjd

10.03.10 | 12h37

Décorer le soldat Cédelle de la médaille militaire pour son ardeur à valoriser la Sarkozye une part appréciable (souligné) du monde syndical enseignant, approuve cette réforme : les organisations qui refusent cette réforme régressive représentant 80% des voix !.il est très difficile de trouver dans les établissements des partisans de cette réforme, tout simplement parce que la réalité de ce qui se met en place n’a rien à voir avec ce qui est dit par la propagande Chatel et ses relais dévoués

LibertéEquitéSolidarité

10.03.10 | 11h52

Le SNES-FSU qui s’allie avec le SNALC et un syndicat minoritaire lycéen pour « enliser » un début de réforme qu’un autre syndicat lycéen trouve plutôt à son goût ; réforme a minima car le pouvoir, craignant le « syndrome grec », a reculé devant le projet de Darcos, pourtant plus que justifié. Et 120000 gosses qui quittent le système scolaire chaque année sans la moindre qualification pour justifier un emploi au SMIC. Désespérant, lamentable, ahurissant.

JHU

10.03.10 | 10h59

On aurait voulu tuer la section L qu’on ne s’y serait pas pris autrement: garder l’enseignement scientifique mais supprimer les maths en 1ère (donc pas de probabilités…)alors que les écoles de commerce s’ouvrent enfin aux littéraires !!! En S, il fallait supprimer l’Hist-Géo à l’écrit et mettre cette matière à l’oral du 2nd groupe, comme il y a 35 ans !… Et répartir les points de coefficient à l’écrit sur les matières scientifiques pour rendre justement le bac S plus scientifique….

Hans

10.03.10 | 10h50

Accompagnement de l’élève, renforcement du tronc commun en première : on ouvre les vannes du Lycée à tous les collégiens. Un pied dans le général, et c’est tout schuss vers le bac. En fait, le taux de redoublement en seconde est trop élevé (trop chers aussi les redoublants), et la scolarité dans un Lycée général coûte moins cher que dans le technique ou le professionnel. On arrive donc aux 80% annoncés par Jospin, en facilitant l’accès au bac général.

ganelon

10.03.10 | 10h31

Depuis 30 ans ,c’est la réforme permanente et les problèmes ne sont pas résolus voire se sont amplifiés. Depuis 30 ans les enseignants se sont souvent opposés aux réformes. Alors peut-être qu’ils n’avaient pas tort et que leur opposition à ces réformes démagogiques était et est toujours fondée.Que les bouffeurs de prof s’en étranglent.

Pascal R.

10.03.10 | 10h25

Mon père allait à l’école, du dimanche au samedi (internat), pour recevoir l’enseignement. Je suis allé à l’école, du lundi au vendredi (internat), recevoir un enseignement. Il n’y a pas de secret, il faut travailler élèves comme professeurs. Avec la réforme on cherche juste à faire « réussir » en voulant faire travailler moins et superficiellement.

Paco

10.03.10 | 10h23

Luc Cédelle a bien mérité de Luc Chatel. Quant à ceux qui tapent sur les enseignants (pas « les profs », un peu de respect,merci),que ne sont-ils pas, ou pas devenus,puisqu’ils seraient meilleurs que ceux qu’ils dénigrent.

10.03.10 | 10h07

Article lamentable qui ne fait que reprendre le discours technocratique du ministère. Cette réforme ne fait que réduire le nombre d’heures d’enseignement pour des raisons d’économie. Il suffit de voir le nombre de postes fermés dans chaque lycée à la rentrée prochaine. Quant à l’accompagnement personnalisé, ce n’est qu’un leurre ! En réalité, l’aide individualisée qui existait jusqu’à présent disparaît et le nombre d’heures en demi-classe est réduit. Les parents commencent tout juste à réaliser.

papa tango

10.03.10 | 10h02

L’accompagnement personnalisé c’est surtout les cours que nous parents nous nous ruinons à payer oui, et ce dès la 6ème !!! Je suis déléguée de parents de classe depuis longtemps et..au départ j’avais honte d’en parler quand je me suis aperçue que tout le monde fait pareil COCORICO ! Merci aux profs pour leur plaisir à enseigner à nos enfants.. Quelle rigolade -jaune-.

BL

10.03.10 | 09h37

Holà Maki ! Tu crois qu’on fait ce métier uniquement pour l’honneur et le plaisir insigne d’enseigner à tes enfants ? Que c’est toute notre vie, nuit et jour, qu’on ne pense qu’à ça, que tout le reste n’est rien ? On est des salariés comme les autres, mal payés, continuellement emmerdés, et on a une vie (on essaie d’en avoir un petite) en dehors de la salle de classe. Alors garde tes remontrances. On n’est ni des martyrs ni des moines, on n’a pas fait voeu de pauvreté et d’obéissance.

bela

10.03.10 | 09h31

« Certains râlent d’avance sur le thème, mais se montrent quand même intéressés » : je ne sais pas où vous avez trouvé ces profs, pour ma part, je n’en connais aucun, et cette phrase est formulée de manière à distordre la réalité : le mot « râlent » disqualifie celui qui peut émettre une critique argumetée (et pas râler, grogner), et d’autre part c’est plutôt : tous « râlent » hormis quelques-uns.

MAKI

10.03.10 | 09h03

« Prof lamda » vous etes le digne représentant d’une corporation qui refuse systématiquement de s’occuper de ce qui doit etre son unique objectif, i.e., former du mieux possible nos enfants. Par contre vous etes au top pour défendre vos petits privèges multiples. Et finalement c’est la déroute du système et surtout le gachis des nouvelles générations. Si vous etiez honnete avec vous meme soit vous changez radicalement soit vous démisssionnez!

prof lambda

09.03.10 | 23h50

L’aide personnalisée consistera à prendre les élèves en groupe…Pour que ca marche faudra beaucoup, mais beaucoup d’investissement du prof…Un gros boulot en plus de ce qui est déjà, mais les salaires et la reconnaissance resteront à minima…

simplex

09.03.10 | 22h01

Cette réforme casse l’Education nationale; cf les réductions d’horaires, destinées à combler le non-remplacement d’un professeur retraité sur 2, l’absence de formation pédagogique aux néo-enseignants jetés sans préparation devant leurs classes avec un emploi du temps de titulaire et un salaire de stagiaire, les remplacements prévus pour des étudiants… Bref, un rideau de fumée qui masque mal des économies budgétaires et une déréglementation du métier de professeur.

Martin-Dupont

09.03.10 | 21h36

La moindre réformette attire les foudres, bien sûr, des opposants systématiques, qui attendent que leurs amis soient au pouvoir pour en tirer des avantages catégoriels. Cette réformette mérite simplement d’être prise. Pour le reste, il faudrait une réforme fondamentale de l’enseignement secondaire, fondée sur une collège qui éduque et enseigne l’essentiel de la vie sociale, et sur un lycée qui prépare vraiment une classe d’âge à la vie professionnelle (60% des élèves) et le reste aux études sup.

ganelon

09.03.10 | 21h32

L’accompagnement personnalisé que l’on présente comme la solution miracle est une escroquerie. Les parents qui pensent que leurs enfants vont avoir droit à des cours particuliers vont être très déçus. Les problèmes, ils se règlent dans les cours en effectif réduit, et ça la réforme fait tout pour qu’ils soient moins nombreux, pour que les effectifs réduits augmentent(24 au lieu de 17) que les heures de cours diminuent. Cet article est peu objectif voire même tendancieux, c’est suspect!

thierry guitard

09.03.10 | 21h08

le problème, M Cedelle et vous le savez parfaitement est que les syndicats que vous citez comme soutien de la réforme ne sont pas représentatifs dans les Lycées ! Qu’en pensent d’ailleurs les syndicats classés à droite ? qu’elle est excécrable.

JérômeLAG.

09.03.10 | 20h45

Le journal « Le Monde » doit-il être au service de la campagne de publicité de M. Châtel. La réforme du lycée et la « mastérisation » sont des catastrophes qui favorisent une école à deux vitesses. Les objections à ces réformes auront-ils droit au même traitement médiatique?

Pas de bébé à la consigne

enfance_vignetteDe nombreuses crèches devraient être fermées jeudi, en raison d’un mouvement de grève des professionnels de la petite enfance, inquiets d’un décret en préparation visant à assouplir les règles d’accueil pour les moins de 6 ans. «Nadine Morano veut créer plus de places en crèche, sans ouvrir de nouvelles structures ni augmenter le budget. En pratique, on va appliquer le surbooking, comme dans les avions pour optimiser la place!», résume Christophe Harnois, membre du collectif «Pas de bébé à la consigne», créé il y a un an pour résister à la «marche arrière» enclenchée par le gouvernement.

Selon le collectif, le décret prévoit d’augmenter le taux de remplissage des crèches. Elles pourront être en surnombre certains jours, avec 20% d’enfants en plus (contre une limite maximale de 10% aujourd’hui). «On voit l’idée : augmenter le nombre d’enfants mais pas le personnel… ce qui revient à réduire le taux d’encadrement», s’indigne Corinne Chaillan, de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE). Elle dénonce aussi la déqualification programmée du personnel. «Avec le nouveau décret, on aura seulement 40% (contre 50% aujourd’hui) de personnel qualifié dans les crèches», à savoir auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes enfants ou puériculteurs. Ce qui devrait augmenter du même coup le nombre de personnels moins qualifiés, comme les titulaires de CAP Petite enfance.

Au moins 300 000 places manquantes

Un rapport remis au gouvernement en 2008 estimait à 300.000 le nombre de places manquantes dans les structures d’accueil. Environ 240.000 enfants de moins de 3 ans sont accueillis en crèche, soit 10% de cette tranche d’âge. Rappelons aussi que Nicolas Sarkozy avait promis pendant la campagne présidentielle un droit opposable à la garde (et donc, en théorie, la possibilité d’un recours en justice pour tout parent qui ne se verrait  pas offrir un mode de garde pour son petit de moins de 3 ans.) Le collectif «Pas de bébé à la consigne» dénonce aussi la mise en place, «sous prétexte d’une diversification des modes d’accueil», des maisons d’assistantes maternelles et des jardins d’éveil. Les premières permettent à quatre assistantes de se regrouper dans un local quelconque, sans que soient appliquer les règles de base des structures collectives… «Ce sont les nouvelles crèches low cost ! D’ailleurs, on ne parle plus d’accueil des tout-petits mais de mode de garde. C’est un retour en arrière. C’est flagrant», déplore Corinne Chaillan.

Quant aux jardins d’éveil, la «trouvaille» de Nadine Morano, la critique est aussi aiguisée. Destinées à accueillir les 2-3 ans, ces structures inquiètent beaucoup les enseignants, qui voient là une manœuvre pour retarder l’entrée en maternelle à des fins budgétaires. Les professionnels de la petite enfance ne voient pas non plus cette évolution d’un bon œil. «Encore faut-il que le personnel encadrant soit là aussi en nombre suffisant, c’est-à-dire un pour huit. Et sur ce point, on n’a pas de garantie, rien n’est précisé dans le décret», insiste Christophe Harnois, éducateur jeunes enfants.

Des manifestations sont prévues dans une trentaine de villes jeudi. A Paris, le cortège partira du métro Glacière à 10h30. A Nice, le rassemblement de 10 heures à 13 heures place Massena… Toutes les informations sur le site du collectif.

Régionales : Visions croisées sur l’enjeu de la culture

Le Banquet de Lagrasse

Le Banquet de Lagrasse

Culture. La politique régionale du Languedoc Roussillon : bilan, constats et projets en devenir. Un tour d’horizon des propositions des principales listes joignables sur fond de désengagement de l’Etat.

Ni obligatoire, ni optionnelle. A l’image de l’emploi, du développement économique ou de l’environnement, la culture figure, depuis la loi de décentralisation de 1983, dans les secteurs auxquels les Régions doivent concourir au développement. A la faveur de la baisse des crédits d’Etat qui sont désormais inférieurs à ceux des collectivités territoriales, la région Languedoc-Roussillon assume les activités artistiques et culturelles sur son territoire.

blanche-neige-photo_c_jc_carbonne-ed088En 2004, lorsque que la majorité actuelle prends les commandes, tout était à faire.  » Il a fallu construire une stratégie dans tous les secteurs « , indique la déléguée régionale à la culture Josyane Collerais. Le travail se met en œuvre dans une collaboration étroite avec la Drac et le Rectorat. La région initie des conventions d’objectifs pluripartites entre L’Etat et les collectivités.  » Le bilan est très vaste, commente sans modestie la conseillère régionale, On peut citer, la création de L.R cinéma, le développement de l’éducation artistique dans les lycées. Aujourd’hui, 60 000 lycéens sont impliqués. Et nous comptons doubler ce chiffre à l’avenir.  » Conformément à l’image de bâtisseur de son chef, le programme de la liste sortante envisage le développement des éléments structurants, avec le Théâtre Archipel à Perpignan, une salle de musiques actuelles à Nîmes, le développement du pôle cirque d’Alès et la Cité de la Danse à Montpellier… Nous maintiendrons aussi l’emploi dans le secteur et le soutien aux langues régionales et aux radios associatives ainsi que les projets d’actions innovantes « , promet Josyane Collerais.

errance1-depardonAutre son de cloche pour Nicolas Dubourg, de la liste Europe Ecologie :  » Frêche s’est toujours prévalu de mener une politique de pointe, ce qui n’était pas faux à son arrivée à Montpellier, mais aujourd’hui la tendance est à la ringardisation., Souligne ce trentenaire qui a quitté le PS.  » Rien n’est fait pour renouveler les élites artistiques qui fonctionnent en réseaux de pouvoir depuis trente ans. Nous nous défendons la culture dans la diversité des pratiques de chacun en proposant de développer des structures publiques associant acteurs culturels, associations et collectivités, dans un esprit de dialogue.  » Pour faire face au déficit de responsabilité politique lié aux financements croisés, la liste Europe écologie propose de former les élus aux spécificités du secteur culturel.

Robert Lecou, l’ex maire UMP de Lodève,revient lui sur la gestion politique.  » A travers la diversité qui la compose, ses langues, son patrimoine… notre région a une identité forte. Elle est porteuse d’un message culturel qui doit être valorisé. Je ne veux pas m’attarder sur les critiques du système Frêche. Je dis seulement moins de bla-bla et davantage d’actes et d’équité pour les acteurs culturels qui viennent de tous les bords politiques.  » Le député de droite voit dans la culture  » un formidable levier économique « . Son candidat Raymond Couderc, qui était en charge des finances sous la mandature Blanc veut soudainement faire passer le budget de la culture de 3,6% à 5%.

THE LIMITS OF CONTROLJean-Pierre Gallepe, du Front de Gauche, souligne l’absence de transparence :  » L’exemple de la nomination du directeur des Treize Vents qui s’est décidée lors d’une conversation intime entre Georges Frêche et le ministre de la Culture, me vient à l’esprit comme la chasse aux sorcières qui a fait suite à l’élection Frêche. Aujourd’hui c’est pareil. Il est très difficile pour les acteurs culturels de prendre position contre le président car tous le monde craint les conséquences. «  Le Front de Gauche souhaite renouer avec la réflexion collective.  » Frêche favorise les centres principaux. Les grands ténors font vitrine et les pratiques amateurs, comme l’éducation populaire, sont oubliées. Nous pensons aussi que la question de la gratuité doit être posée pour élargir l’accessibilité de l’offre.

Entre images et réalités

La politique culturelle régionale serait-elle par sa nature propice au flou artistique ? Sur le papier, les grands objectifs poursuivis mis en œuvre à l’issue des lois de décentralisation concernent l’aménagement culturel du territoire, la mise en valeur du patrimoine, l’éducation artistique, le soutien à la création… Mais le secteur protéiforme de la culture prête à bien des interprétations et rend l’évaluation des politiques menées difficile.

Ici, comme dans d’autres secteurs, la particularité de la région Languedoc-Roussillon tient à son système de gouvernance. On confond trop souvent culture politique et politique culturelle. Après avoir mis la culture au cœur de sa stratégie municipale avec succès, l’ancien maire de Montpellier a tenté de reproduire ce schéma en région. Il n’a cessé de presser les grosses machines culturelles de la capitale régionale à décentraliser leur offre sans produire de résultats probants. La mandature régionale de Georges Frêche a cependant fait évoluer les choses, dans le domaine de l’audiovisuel notamment avec l’ouverture de l’antenne régionale du cinéma, dans celui des arts plastiques avec la mise en place de grandes expositions itinérantes et dans le travail de valorisation du patrimoine. Sur ce dernier point où les actions fédératrices sont plus simples, la Région travaille main dans la mains avec l’Etat. Mais il ne suffit plus aujourd’hui d’envisager la culture comme faire-valoir économique. Avec l’apparition des nouveaux modes de consommation culturels surgit l’urgence d’un soutien à la culture en tant qu’outil de socialisation.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique politique culturelle, le modèle français, Lien Externe , facteur culturel gauche et droite,