Iran, un accord a été trouvé

iran-us-kerry-300x169L’Iran et les membres du conseil de sécurité plus l’Allemagne (P5+1) sont tombés d’accord ! Le 14 juillet 2015 au terme de 12 ans de négociations chaotique un accord a été conclu sur le dossier nucléaire Iranien. John Kerry et Javid Zarif ont trouvé un compromis permettant de sortir de cette impasse nucléaire. La conclusion de cet accord est un succès pour Obama, actuellement empêtré au Proche-Orient, c’est un succès pour l’Iran qui pourra réintégrer le concert des nations.

Cet accord, très précis et très technique, permet à l’Iran de développer son industrie nucléaire civile et d’échapper aux sanctions, mais dans le même temps il bloque pendant au moins dix ans toute velléité de programme nucléaire militaire pour les iraniens.

L’atmosphère était à la fête dans les rue de Téhéran suite à l’annonce de la conclusion de l’accord. La préparation des prochaines élections parlementaires du 26 février 2016 a d’ores et déjà commencé et va contribuer à attiser les passions. Les réformateurs, marginalisés ou emprisonnés depuis 2009 après les manifestions contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad commencent à sortir de prison, après avoir purgé leur peine, et cherchent à unifier leurs forces. Tous les acteurs de la vie sociale et politique sont prêts à jouer leur rôle dans le contexte d’ouverture sans doute relative que promet cet accord pour les iraniens.

Du côté américain le président doit faire face au mécontentement des républicains, majoritaire au congrès, et d’Israël qui cherchent par tous les moyens à saboter cet accord. Dans la perspective que cet accord soit avaliser par le congrès, Obama tente de minimiser la portée du document en déclarant qu’il résout les risques de prolifération nucléaire au Moyen-Orient par son aspect technique et restrictif ; mais qu’il est toujours nécessaire de combattre l’influence iranienne dans la région. Obama tente de rassurer les alliés arabe sunnite et Israël qui trouvent que accord leurs est défavorable.

Israël a toujours proclamé son hostilité au régime de Téhéran et à un tel accord. En 2008 des rumeurs circulaient sur d’éventuelles frappes Israélienne sur les installations nucléaire Iranienne. Durant la décennie passée le Mossad Israélien a été impliqué dans de nombreux assassinats ciblés de scientifiques Iraniens dans le but de retarder leurs programmes nucléaires. La NSA avait également développé en ce sens en 2010 le virus Stuntex qui s’attaquait aux logiciels des centrifugeuses iraniennes. Pour Israël cet accord ne réduit en rien la capacité de l’Iran et permet juste de gagner du temps. Netanyahou va donc user de tous les leviers possibles pour faire obstacle à cet accord

Cette heureuse conclusion pourrait signifier une levée des sanctions internationale. Une reprise des relations diplomatiques pourraient être envisagé entre Iraniens et Américains.

Le retour de l’Iran sur la scène internationale pourrait lui être bénéfique. Pour assurer la survie du régime des Mollah et améliorer une situation économique marquée par les sanctions économique et financière l’Ayatollah Khamenei avait donné son accord de principe pour que cet accord soit négocié et signer. Le dégel progressif des avoirs Iraniens bloqué à l’étranger pourrait rapporter au pays environ 100 milliard de dollar. Cela serait une bulle d’air dans un pays où le PIB dépasse avec difficulté 500 M$/ans. Cependant il serait naïf de croire qu’en quelques mois le pays deviendra un Eldorado pour les affaires, que l’État coopèrera avec l’Arabie saoudite et modifiera en profondeur sa structure.

Au point de vue géopolitique l’accord pourrait modifier l’équilibre plus que précaire du Moyen-Orient. Cela ouvrirait la voie à un dialogue plus ouvert avec l’Iran. Mais il n’est pas question pour autant de parler de démocratisation. Si l’Iran se montre plus flexible et plus conciliante sur certains sujets qui sont au cœur des tensions régionales il est probable qu’a l’intérieur du pays il y est une reprise en main idéologique car le régime issue de la révolution Islamique s’est toujours construit de l’intérieur contre les ennemies extérieurs que sont : L’Irak alors à aux mains des Sunnite sous Saddam, les Etats-Unis et Israël.

Obama avec cet accord fait un pari risqué, celui de tendre la main à l’Iran, pour avoir un second levier d’influencer sur la guerre froid que ce livre l’Arabie Saoudite et l’Iran pour la domination régioanle. C’est sans doute à terme un moyen supplémentaire de contrer l’organisation Etat Islamique qui devient chaque jour un danger de plus en plus grand pour la sécurité régionale.

Quoi qu’il en soit cet accord est un succès d ‘un point de vue diplomatique car obtenu au bout de douze de négociation englobant l’Iran les Etats-Unis et 5 acteurs aux points de vues et aux objectifs divergeant sur la résolution de la crise iranienne.

 Marc-Henry Saillard

Source Medea 17/07/2015

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Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées : l’écologiste Christophe Cavard présente une liste

Christophe Cavard, député écologiste du Gard, et Gérard Poujade, vice-président DVG du conseil régional de Midi-Pyrénées, ont annoncé vendredi leur volonté de présenter des listes composées d’élus locaux et d’acteurs du monde économique ou associatif lors du scrutin régional en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.

« C’est une initiative particulière. Nous recherchons une représentation moins partisane mais plus de territoire« , a souligné M. Cavard qui a quitté en juin Europe-Écologie les Verts, dont il avait participé à la création en 2010. »On veut des élus locaux car ils agissent sur le terrain, des membres d’associations, d’ONG, de collectifs. Ce sont les premiers à pouvoir apporter une plus-value, une compétence« , a souligné Christophe Cavard, au cours d’une conférence de presse à Montpellier.

Dans leur démarche intitulée « acteurs de terrain pour un développement durable en Languedoc-Pyrénées (…) », MM. Cavard et Poujade espèrent être rejoints par des élus encartés et déjà candidats sur d’autres listes parce qu’ils « partagent cette logique de terrain« . Les deux hommes ont reconnu qu’ils envisageaient aussi de s’agréger à d’autres candidatures de gauche. En ce sens, ils se disent prêts à un accord aussi bien avec le PS qu’avec le PRG ou encore le Front de Gauche ou EELV à la condition que les listes restent ouvertes majoritairement à la société civile.

L’une des hypothèses est une fusion avec la candidature du maire et président de la métropole de Montpellier, le DVG Philippe Saurel, qui veut également construire des listes citoyennes. « Mais si la tête de liste est un préalable, c’est non !  » , a prévenu M. Poujade, reconnaissant que des discussions ont eu lieu et vont se poursuivre: « La démarche de M. Saurel est individuelle alors que la nôtre est collective. Et on ne se retrouve pas sur l’aspect d’un projet collectif « , constate Christophe Cavard qui va « faire des propositions sur les contenus en fonction des compétences de la région« . « On parle de cinq, six listes de gauche aujourd’hui. Mais à la fin il n’y en aura que trois et on peut même espérer une seule« , a ajouté M. Poujade, conscient que la division à gauche risque de faire perdre une région a priori favorable. Les deux hommes ont indiqué se donner jusqu’au 30 septembre pour construire l’architecture des listes des 13 départements, mais sans s’intéresser aux têtes de liste. « On ne veut pas d’homme providentiel », ont-ils insisté.

Source : Le Parisien 17/07/2015

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Grèce. Francis Wurtz : «Transformer l’indignation en arguments»

Francis Wurtz salue la loyauté d’Alexis Tsipras face au choix terrible qui vient de lui être imposé .

Francis Wurtz salue la loyauté d’Alexis Tsipras face au choix terrible qui vient de lui être imposé .

FRANCIS WURTZ. Personnalité politique respectée ayant siégé des décennies comme député européen, Francis Wurtz s’exprime sur les questions soulevées par l’accord signé par la Grèce. Député européen de 1973 à 2009, le communiste Francis Wurtz a présidé le groupe parlementaire de la gauche unitaire et participé à la création du parti de la gauche européenne.  

Votre analyse sur l’accord et les raisons qui ont poussé Alexis Tsipras à l’accepter ?

La principale nouveauté par rapport aux négociations qui s’étaient déroulées jusque là est que les dirigeants allemands avaient décidé de bouter la Grèce hors de la zone euro. Cela a été dit, même habillé grossièrement par une suspension provisoire. Ce qui a provoqué de fortes oppositions, pour des raisons diverses, certains étant surtout motivés par la peur des conséquences qu’un Grexit aurait sur un plan financier comme politique. Face à cette opposition, les dirigeants allemands ont cherché à obtenir cette sortie en imposant des conditions insupportables.

Un choix terrible pour Alexis Tsipras sachant que le système bancaire grec n’avait, pour seule source de financement, que les emprunts auprès de la BCE. Refuser l’accord, c’était voir couper le dernier robinet de crédit. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’Alexis Tsipras a été horrifié par ce qu’il a signé, il a d’ailleurs dit avec loyauté et franchise qu’il ne croyait pas à cet accord. Mais il n’a pas voulu prendre la responsabilité historique de jeter son pays dans une catastrophe inimaginable.

A gauche, certains comme Jacques Sapir, Lordon ou encore le nobel Krugman pensent cependant que rester dans l’euro n’est pas la solution ?

Le statu quo dans la zone euro est aujourd’hui impossible. Il faut mener un combat pour changer en profondeur les règles d’un euro qui n’est pas fatalement un outil de vengeance au service des puissances. Il faut s’appuyer sur l’émotion ressentie par la population face à l’attitude des dirigeants allemands instrumentalisant l’euro dans le but politique d’en finir avec la première expérience politique alternative en Europe. Par exemple, la BCE a un formidable pouvoir : celui de créer de la monnaie à partir de rien. Elle s’en est servi à hauteur de 1140 milliards d’euros mais au service des banques. Imaginons ce que cela pourrait donner si cela se faisait au service de la Grèce ? Une union monétaire solidaire est possible, même si ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Ce qui s’est passé montre cependant un processus antidémocratique et suscite une question : l’Europe est-elle réformable de l’intérieur ?

Il faut passer par des ruptures fondamentales, ce sont les fondements de classe qui sont dans les traités que nous devons combattre. La Grèce était malheureusement le pays le plus mal placé pour faire basculer le système, ayant un poids modeste et étant très fragilisé par son endettement. Mais ce qu’elle a fait a ouvert la voie. Ce n’est pas comme ce qui s’est passé contre le projet de constitution qui était un coup de boutoir des populations. Là, il y avait un gouvernement clairement mandaté, massivement soutenu.

Un des premiers enjeux est de rompre avec ce non-respect de la souveraineté populaire. Mais pour y parvenir, il faut rassembler les forces. Affirmer qu’il suffit de désobéir à Bruxelles est trop léger. Il faut établir un rapport de force, se trouver des alliés. C’est pour cela que nous avons créer le parti de la gauche européenne, pour faire du lien entre les partis politiques et les mouvements sociaux qui contestent ces règles. Il ne faut pas en rester à cette indignation, légitime, très forte dans beaucoup de pays y compris en Allemagne où un sondage vient de montrer que 62% de la population ne voulait pas d’un Grexit. On doit la transformer en argument.

Le soutien à la Grèce a-t-il été à la hauteur ?

Il y a eu de belles prises de position, y compris en Allemagne où la fédération de tous les syndicats a clairement pris partie, et dès le début, en faveur de Syriza, de beaux rassemblements comme durant le forum européen des alternatives à Paris. Mais compte-tenu de l’enjeu crucial que représente  la victoire de Syriza pour nous tous, de la férocité de ceux qui tiennent le manche, le mouvement de solidarité n’a pas été suffisant et il faudra en tirer la leçon.

Les nationalismes sont aussi présentés comme guettant une sortie de l’euro et de l’Europe ?

Si on ne se bat pas pour éviter  la destruction de l’Union européenne, le revers est effectivement le nationalisme. Crise, concurrence, absence de perspective… tous les ingrédients sont là. Ce n’est pas le moment d’aller vers le chacun pour soi, ce serait aller vers un danger mortel. Il faut une union des peuples, il faut se battre ensemble pour créer les conditions des ruptures nécessaires, rassembler pour construire des alternatives. En face, les positions sont extrêmement défensives. Ils ont compris le danger que représentait la réussite de Syriza dans une opinion publique qui s’éloigne toujours plus des institutions européennes. Il y a un divorce. Je ne vois pas comment désormais ils pourront justifier leur pouvoir avec des références mielleuses dans les traités foulées du pied chaque jour.

Cette crise grecque a aussi vu l’expression de l’opposition de peuples du nord, pauvres, pressurisés par l’austérité ?

C’est le principe absolu des réactionnaires : monter les pauvres contre les pauvres. Un syndicaliste le vit dans son combat dans son entreprise, le militant politique dans son pays, là on l’a vu à l’échelle européenne. Il faut se battre contre cela et expliquer : la solidarité avec les uns ne se construit pas contre les autres. Le problème n’est pas celui qui est un peu moins pauvre, mais celui qui monopolise le pouvoir et impose ces politiques régressives. Et au-delà des pauvres de l’Est et du Sud, la tentation est grande d’opposer plus globalement le nord et le sud. Malgré la formule d’union européenne, le danger est celui d’une désunion européenne.

Entretien réalisé par Angélique Schaller          

Source La Marseillaise 17/07/2015

Voir aussi : Rubrique UE, Grèce, Syriza « La volonté d’un nouvel équilibre politique »,

Maguy Marin. BiT une créa anti Créon

Recherche d’un équilibre sur un sol incliné

Montpellier Danse. Bit de Maguy Marin en clôture du festival.

Maguy Marin suit depuis le début des années 80 le mouvement des sans futur pour être pleine et entière dans le présent. C’est l’Antigone française de la danse contemporaine. Celle qui percute les murs comme les graffers, en choisissant ses bombes.

La scénographie de BiT, sa dernière pièce, comporte sept échafaudages. On songe aux rambardes de lancement des skaters et autres pratiquants du deux roues en mode extrême. Plongé dans l’obscurité face à ces tremplins fatidiques, on entre dans une atmosphère inquiétante, proche de l’ambiance des films de Dario Argento où la présence musicale suggère l’existence d’un rite satanique.

Nous prenant au jeu des faux semblant, Maguy Marin instaure un climat noir terrifiant que contredit l’apparition des danseurs exécutant une rassurante farandole très ancrée au sol. Dans la première partie, lorsque les corps se lâchent, c’est pour se rattraper, avec le sentiment justifié que l’union assure. Mais bien vite les danseurs montent et descendent sur les rampes, glissent, apparaissent et disparaissent, changent, se perdent et le lien d’humanité se distend.

Intéressant sur le plan technique BiT n’est pas dénué de sens en référence à l’affrontement, à la continuité et au discontinu. Le trait de colère est précis et la couleur, politiquement non correcte, n’en demeure pas moins active. Chez Maguy, le moyen d’expression reste un moyen de lutte.

JMDH

Source : La Marseillaise 10 07 15

Voir aussi : Rubrique Festival, rubrique Danse, Montpellier Danse, Israel Galvan et Akram KhanBouchra Ouizguen et Christian Rizzo, Va Wölfl a-t-il tiré dans le disjoncteur ?  rubrique Montpellier,

Création Luis Garay. Mythique vision du vide saturée

Cocooning_2Montpellier Danse. Cocooning de Luis Garay avec les performeurs d’hTh & co.

C’est une collaboration qui décoiffe embarquant les performeurs de hTh & Co et le chorégraphe colombien Luis Garay. La création in situ Cocooning vient d’être donnée au Théâtre de la Vignette qui avait des allures d’après tsunami après le passage de ces mercenaires de l’ennui. Contrairement à l’univers fascinant du dispositif qui dématérialise la notion de spectacle et de temps, c’est à partir de l’état d’ennui profond que lui inspire le monde que Luis Garay le repense.

Cocooning ouvre un espace apocalyptique dont on se demande s’il reflète, ce qui vient juste de se produire, le présent, ou la vision d’un proche avenir. A mesure que le public se fraye un chemin à l’intérieur de ce compost géant du XXIe, il signifie son appartenance au désordre.

En nageant dans la glaise et les restes organiques d’un accouplement surnaturel entre l’Homme, la nature et les machines, on croise certains survivants. On découvre leur corps en état de pénible renaissance mais toujours respectueux des addictions, sexe, image, connexions, bagnole, masturbations, physique et intellectuelle… Ils sont déterminés comme le sont les larves pour se mouvoir. Chacun se démène avec son handicap tout le monde communique, personne n’est ensemble.

L’inconfort physique est majestueusement ignoré, la souffrance effacée, les corps des hommes et des femmes empêchés persistent à vivre pour reproduire leur aliénation. Une vraie vision.

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 08/07/2015

Voir aussi : Rubrique Festival, rubrique Danse, Montpellier Danse, Israel Galvan et Akram KhanBouchra Ouizguen et Christian Rizzo, Va Wölfl a-t-il tiré dans le disjoncteur ? rubrique Théâtre,  rubrique Montpellier,