Les Nations unies ont qualifié de «carnage» les récentes frappes aériennes de la coalition arabe, menée par l’Arabie saoudite, au Yémen, accusant cette dernière d’avoir causé la grande majorité des morts civils dans le conflit.
«Ils ont frappé des marchés, des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des usines, des réceptions de mariage et des centaines de résidences privées dans des villages, des villes, y compris Sanaa, la capitale. Malgré de nombreuses démarches internationales, ces terribles incidents continuent de se produire avec une régularité inacceptable», a dénoncé dans un communiqué le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Zeid Ra’ad Al Hussein.
Alors que le conflit au Yémen a causé la mort de plus de 3 200 civils pour la seule année 2015, le Haut-commissaire de l’ONU a ajouté qu’«en regardant les chiffres, il semblerait que la coalition est responsable de deux fois plus de victimes civiles que toutes les autres forces réunies» présentes dans le pays.
Le 15 mars, la coalition arabe avait bombardé un marché populaire de la ville de Khamis, dans le nord du pays, causant la mort de 106 civils, dont 24 enfants, rapporte encore le responsable de l’ONU. Le porte-parole de la coalition avait affirmé viser un «rassemblement de miliciens».
C’est loin d’être la première cible civile visée par la coalition militaire, puisque des endroits comme des hôpitaux ou des mariages sont régulièrement frappés.
Alors que les rebelles chiites Houthis se sont emparés de larges parties du Yémen, dont la capitale Sanaa, la coalition arabe sunnite, dirigée par l’Arabie saoudite prête main forte au gouvernement en pratiquant une campagne de bombardements depuis mars 2015.
La 34e édition du Festival Cinéma d’Alès Itinérances débute ce soir. Dans la cité minière aux pieds des Cévennes, les cinéphiles et amateurs du ciné mondial se préparent à un périple richement épicé de dix jours
Le Délégué général Antoine Leclerc « Nous avons élargi les horizons avec gourmandise» Photo dr
Comme chaque année depuis vingt ans, le Délégué général Antoine Leclerc est à son poste. Malgré l’appréhension des derniers réglages, il semble encouragé par la motivation du public qui s’anime déjà à l’idée du coup d’envoi. Il y a plus de trois décennies une bande de passionnés décidait d’offrir ce grand rendez-vous du cinéma aux Alésiens en s’appuyant sur un terreau cinéphilique. Les 1 000 personnes réunis lors de la 1ère édition se sont depuis démultipliés pour concerner 48 000 personnes en 2015.
« Nous avons élargi les horizons avec gourmandise, résume Antoine Leclerc, en conservant la volonté d’un festival de cinéma généraliste sous toutes ses formes, court, moyen, long métrage, films documentaires, fiction et ouvert sur le monde comme l’indique son nom, Itinérances. La lettre S, est celle à laquelle nous sommes le plus attachés puisqu’elle ouvre sur les cultures lointaines et le brassage qui caractérise notre identité. »
Inédits et films en avant première
Le succès et l’effervescence d’Itinérances tient à la qualité de ses ingrédients que sont les films inédits et les avant-premières, 70 cette année sur les 230 films programmés. Les nombreux invités de marque reçus à Alès, avec la participation complice de la population, sont aussi un atout de poids. On attend notamment la documentaliste néerlandaise Heddy Honigmann, le polonais Jerzy Skolimowski, l’algérien Farid Bentoumi, l’écrivain et le réalisateur français Pascal Bonitzer dont le film Tout de suite maintenant compte parmi les trois avant-premières projetées aujourd’hui.
L’arrivée du Multiplex Cineplanet, 8 salles et 1300 places implantées en coeur de ville, ne perturbera pas la destiné du festival qui investi les lieux. « Le complexe dispose d’une labellisation Art et essai étendue à toutes les salles, ce qui est rare dans le cas d’un multiplex. Cela permettra d’améliorer le confort du public. Mais nous conservons évidemment les projections et débats au Cratère (scène nationale d’Alès) avec qui nous travaillons depuis le début, ainsi qu’avec la Médiathèque et Pôle Mécanique où se tient l’ exposition dédiée à Steve Mc Queen A toute vitesse ».
A J moins quelques heures tous les fondus du 7 arts des Cévennes, de Basse Ardèche, de Lozère, du Gard et de l’Hérault s’apprêtent à rejoindre Itinérances pour lui donner le droit de rejouer en 2017.
JMDH
Cirque et musique au coeur de l’édition 2016
Compétitions de courts-métrages, programmation jeune public, hommages, concert et nuits thématiques rythment ce festival qui, depuis près de trente ans, s’est fortement ancré dans le paysage culturel régional.
Cette année la rétrospective En Piste ! est consacrée à l’art du cirque sous toutes ses coutures. Une trentaine de films sont programmés de Chaplin (Le cirque) à Blancanieves de Pablo Berger en passant par Freaks de Tod Browning. Tous les maîtres du grand écran inspirés par l’art et le monde du cirque seront présents Fellini, Bergman, Ophuls, Feyder, Wenders Clint Eastwood… Sans oublier les Français, de Tati et Étaix à Jérôme Descamps. La thématique se déroule en collaboration avec la Verrerie d’Alès, le pôle national des arts du cirque et l’Université Paul Valéry de Montpellier.
Cinéma et Musique
La musique, inséparable du cinéma, sera aussi de la partie avec le concert de Zen Zila qui suivra la projection de l’avant-première du film de Wahid Chaïb et Laurent Benitah Chaâba, du bled au bidonville. Itinérances élargit ses collaborations avec des festivals Montpelliérains. Jacqueline Caux présentera, au travers d’un Super Talk mêlant musique, projections, photos et paroles, l’histoire passée et actuelle des femmes chanteuses et musiciennes arabes rebelles en partenariat avec Arabesques. Musique encore avec la carte blanche offerte à Chassol, musicien et compositeur qui fait pont entre le son et l’image en partenariat avec le festival Tropisme.
Les amendements du gouvernement à la loi sur le travail n’ont pas enrayé la dynamique de mobilisation étudiante ce jeudi 17 mars 2016. Si le nombre de manifestants est moindre que la semaine dernière, la jeunesse s’est plus mobilisée partout en France.
Après avoir occupé un amphithéâtre de la faculté de Tolbiac pour y faire une AG, des étudiants ont été évacués par les forces de l’ordre et «certains se sont faits taper dessus», assure l’un d’eux. Il y avait des visages en sang, des gens traînés par terre, lors des charges policières contre les étudiants. Les gens qui voulaient sortir du site devaient le faire à visage découvert et étaient filmés par la police rapporte Sylvain Mouillard de Libération.
Le résumé de la journée de mobilisation (chiffres Police)
Après le blocage de quelques dizaines de lycées et campus, plusieurs milliers de lycéens et étudiants sont descendus dans la rue jeudi pour réclamer le retrait de la loi Travail. Leur nombre a été estimé à 69 000 par les autorités. Hormis Paris où la police a compté entre 8 800 et 9 200 manifestants, les villes les plus mobilisées ont été Lyon (3 000), Toulouse (2 500), Bordeaux (2 200), Grenoble (1 300). L’Unef, principale organisation étudiante, évoque 150 000 manifestants dans toute la France, dont 35 000 à Paris, 12 000 à Rennes, 10 000 à Lyon ou 6 000 à Toulouse.
Des incidents se sont produits dans plusieurs villes, conduisant à 23 interpellations, dont quatre dans la capitale. A Paris et à Nantes des vitrines d’agences bancaires ont notamment été dégradées et des membres des forces de l’ordre légèrement blessés, selon la police. A Rennes, des centaines de manifestants ont envahi la gare et sont descendus sur les voies, provoquant l’interruption du trafic pendant une demi-heure. A Marseille, des échauffourées ont brièvement opposé une centaine de jeunes, dont certains cagoulés, et des policiers devant un commissariat sur la Canebière. A Strasbourg, plusieurs manifestants ont été blessés lors d’une intervention de CRS. A Cherbourg, une personne a été blessée après une altercation.
Le ministère de l’Education nationale a décompté 115 lycées bloqués en France, totalement ou partiellement, sur 2 500 lycées publics. Les organisations lycéennes évoquent une mobilisation «largement» supérieure à celle du 9 mars, parlant de 120 à 200 établissements bloqués. Côté universités, plusieurs sites étaient fermés: certains campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac, Saint-Denis), Lumière-Lyon II et le campus Victoire à Bordeaux.
Le sénateur Philippe Bas (LR) défend son amendement devant le Sénat, le 16 mars, à Paris. FRANCOIS GUILLOT / AFP
Cette fois, il n’y a plus de doute : le principe de la déchéance de nationalité ne sera pas inscrit dans la Constitution. En adoptant, jeudi 17 mars, une version de cette mesure radicalement différente de celle votée à l’Assemblée, le Sénat a mis fin à un suspens qui n’en était plus vraiment un.
Faute de pouvoir faire l’objet d’un accord entre les deux chambres, l’article 2 de la révision constitutionnelle, concernant la déchéance de nationalité pour les terroristes, ne pourra jamais aboutir et être entériné par les parlementaires réunis en Congrès.
Comme cela était attendu, les sénateurs sont revenus à peu de chose près à la version antérieure du texte, tel qu’il avait été présenté en conseil des ministres fin décembre, avant d’être modifié par l’Assemblée. À 186 voix contre 150 et 8 abstentions, ils ont adopté un article qui prévoit une déchéance de nationalité réservée aux seuls binationaux, en cas de crimes terroristes et qui serait prononcée par décret. Les députés avaient eux voté une déchéance de nationalité pouvant toucher tous les Français, en cas de crimes et délits et prononcée par un juge.
Pas de « leçon à recevoir »
Avant même le début du débat, le premier ministre avait mis en garde les sénateurs : « votre proposition ne sera jamais adoptée par une majorité de députés ». Or une révision constitutionnelle ne peut aboutir que si les deux chambres arrivent d’abord à se mettre d’accord sur le même texte, afin de pouvoir, ensuite, le faire voter par une majorité des trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès.
D’emblée, Manuel Valls a donc fait comprendre aux sénateurs que si la déchéance de nationalité échouait, il les porteraient pour responsables. « À l’Assemblée, nous avons trouvé un accord. Ce consensus a été difficile, parfois douloureux, dans ma famille politique mais aussi dans les autres groupes. Au Sénat, vous ne l’avez pas recherché », a-t-il reproché à la majorité de droite, sous les contestations de plusieurs de ses membres.
Piqué au vif, le président Les Républicains de la commission des lois et rapporteur du texte, Philippe Bas, lui a rétorqué ne pas avoir « de leçon à recevoir ». « Ce n’est pas en renonçant à nos convictions que nous ferons aboutir cette révision constitutionnelle », a poursuivi le sénateur de la Manche, sous les applaudissements de son camp. Les avertissements de Manuel Valls n’y ont rien fait ; le rapporteur a présenté comme prévu son amendement pour réécrire l’article 2, avec le soutien de la majorité des élus de droite et du centre et l’opposition de toute la gauche.
« Manœuvre pour empêcher le vote »
Et, avec cette fois la bénédiction du premier ministre, Philippe Bas a même réussi à considérablement réduire l’espace d’expression des opposants grâce à une ruse de procédure. Alors que près de 70 sénateurs, issus de tous les bords, avaient signé des amendements pour supprimer l’article 2 sur la déchéance, ils n’ont finalement pas pu les mettre aux voix.
À la surprise générale – et avec l’accord nécessaire du gouvernement – le rapporteur a fait valoir une disposition du règlement lui permettant de faire passer d’abord son amendement pour réécrire l’article. Une fois celui-ci adopté, tous les amendements de suppression qui concernaient l’article avant modificiation sont automatiquement devenus caduques et sont « tombés ». Une « manœuvre pour empêcher le vote » aussitôt dénoncée par Eliane Assassi (Seine-Saint-Denis) et d’autres de ses collègues communistes mais aussi par certains socialistes.
D’autant, qu’au final, elle n’apportera rien de plus. S’adressant à Manuel Valls, le sénateur et secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent (Paris), a bien résumé l’absurdité de la situation : « Vous offrez la possibilité au président de la commission de faire valoir sa demande sur le débat pour finalement vous enfoncer dans une impasse qui ne débouchera sur rien. » Si aucun représentant du gouvernement ne l’a encore dit officiellement, la suite de l’histoire apparaît de plus en plus clairement.
Déchirements dans tous les camps
Une fois le projet de loi adopté solennellement dans l’hémicycle du Sénat, le 22 mars, son article 2 sur la déchéance de nationalité finira par être abandonné ? c’est-à-dire supprimé probablement lors du prochain passage à l’Assemblée ? et la révision constitutionnelle pourra être présentée en Congrès avec son seul article 1, bien moins polémique, visant à constitutionnaliser l’état d’urgence.
Lors de cette séance du Congrès, un autre texte pourrait également être entériné, celui réformant le conseil supérieur de la magistrature, dans les tuyaux parlementaires depuis 2013, et sur lequel Assemblée et Sénat devraient tomber d’accord. François Hollande finira donc par avoir son Congrès, mais tronqué et obtenu au prix de déchirements dans tous les camps politiques.
Les films de Fernando León sont des portraits humains marquants, servis par de très bons acteurs bien dirigés et par des dialogues remarquablement écrits, souvent drôles, ne sombrant jamais dans le cliché, le pathos ou la lourdeur. Fernando León a pourtant fait le pari délicat de raconter « ce qui ne compte pas ». Dernier en date, A Perfect day retrace la vie d’un groupe d’humanitaires en mission dans les Balkan en 1995.
Le film a été tournée en Bosnie. Mambru,et son équipe doivent sortir un corps d’un puits afin que les habitants puissent se réapprovisionner en eau potable. Mais un tas d’obstacles vont rendre leur mission impossible.
On peut en rire, ça n’empirera pas les choses…
Fernando León démontre l’absurdité d’un conflit et au-delà, de la situation calamiteuse des relations internationales, dans lequel on suit le parcours de ces humanitaires lors d’une journée presque parfaite.
Un film rythmé, intelligent, drôle, où les coups de feu sont remplacés par le un sens aigu de la dérision des humanitaires…