Primaire Les Républicains 2016 : le résultat des sondages, la liste des candidats

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Un programme interactif ?

CANDIDATS PRIMAIRE – La primaire UMP, devenue celle du parti Les Républicains (LR), aura lieu en novembre 2016. Les résultats des sondages commencent déjà à établir les rapports de force, à droite, entre les candidats.

[Mis à jour le 8 juillet à 12h42] L’élection présidentielle n’aura lieu que fin avril 2017 mais nombre de personnalités politiques du parti Les Républicains (LR) comptent déjà la course à l’Elysée parmi leurs ambitions. Nicolas Sarkozy, qui avec son retour aux manettes entendait s’imposer comme le candidat naturel de la droite pour cette élection, a finalement été contraint d’accepter la tenue de primaires, une expérimentation déjà tentée par le PS en 2011. Ce sera donc la première fois en 2016 que la droite choisira son candidat à l’élection présidentielle par le biais d’un scrutin ouvert dont le résultat reste encore incertain.

La date de la primaire des Républicains, autrefois primaire UMP, est fixée : elle se tiendra le dimanche 20 novembre 2016, puis le 27 novembre en cas de second tour. Un site internet a été mis en ligne pour informer le public. Les résultats désigneront le candidat pour la présidentielle 2017 entre ceux déjà déclarés ou pressentis comme Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, NKM, Bruno Le Maire ou François Fillon. Mais s’agira-t-il réellement d’une primaire de la droite et du centre, ouverte à ceux souhaitant participer à « l’alternance » ? Les militants de l’UDI se sont prononcés contre une participation de leur parti à cette primaire.

Date de la primaire des Républicains 2016

La primaire des Républicains se tiendra le dimanche 20 novembre 2016. Si aucun candidat ne parvient à recueillir 50% des voix, un second tour sera organisé le 27 novembre. Plusieurs responsables des Républicains voulaient toutefois que la date soit avancée en juin 2016. Ils espéraient déterminer au plus tôt le candidat, pour ainsi éviter les longs mois d’affrontement, et se donner le temps de renforcer l’union derrière la personne désignée alors que l’absence de la droite au second tour de la présidentielle au profit de Marine Le Pen est envisagée. Les partisans d’une primaire avancée étaient aussi des soutiens de Nicolas Sarkozy qui espèraient donner plus de chances au président des Républicains d’être élu candidat. Parmi eux, on comptait notamment Eric Ciotti, Luc Chatel, Gérard Longuet et Christian Jacob. Alain Juppé et François Fillon, qui seront les principaux opposants de l’ancien chef de l’Etat durant cette primaire, préféraient eux garder la date initialement choisie, arguant des difficultés d’organisation en cas de délais réduits. Finalement, le débat a été tranché par Christian Jacob mi-décembre, le calendrier est maintenu. « Il n’y a visiblement pas de consensus », a-t-il expliqué.

Modalités de la primaire des Républicains 2016

Le scrutin est ouvert à l’ensemble des personnes inscrites sur les listes électorales au 31 décembre 2015. Ceux souhaitant exprimer leur voix devront simplement payer deux euros et signer une « charte de l’alternance » assurant qu’ils partagent « les valeurs de la droite républicaine et du centre » et qu’ils s’engagent « pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France ». Pour cette primaire, le vote électronique tout comme la remise d’une procuration ne seront pas possibles, les électeurs devront donc se déplacer dans l’un des 10 000 bureaux de vote prévus sur l’ensemble du territoire.

Du côté des candidats, il sera nécessaire de recueillir un certain nombre de parrainages pour voir son nom figurer sur un bulletin de vote : au moins 20 venant de parlementaires, au moins 250 d’élus répartis sur minimum 30 départements et au moins 2 500 d’adhérents répartis sur minimum 15 départements. Ces élus devront également signer une charte d’adhésion aux valeurs de la droite afin de donner leur parrainage. D’après NKM, cette précision a été ajoutée après coup pour lui faire barrage : elle comptait en effet sur le soutien d’élus de gauche ou tout du moins de « non-inscrits ». Jean-François Copé comme Bruno Le Maire ont déjà annoncé avoir déposé les parrainages nécessaires, bien avant la clôture de la liste de candidats.

Quant aux partis autres que Les Républicains, il leur appartiendra de fixer les modalités et notamment le nombre de parrainages. Un geste pour permettre de réaliser la primaire la plus ouverte possible. Toutefois, les adhérents de l’UDI se sont prononcés contre une participation de leur parti à la primaire.

La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 9 septembre 2016 pour une diffusion de la liste définitive des candidats 12 jours plus tard, le 21 septembre, date à laquelle la campagne sera officiellement lancée. Avant de s’engager dans cette primaire, les candidats doivent savoir qu’ils ne pourront pas se présenter à la présidentielle sous une autre étiquette en cas de défaite. En effet, chaque candidat doit s’engager à « soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l’issue de la primaire et à prendre part à sa campagne ».

Concernant les dépenses de campagne de la primaire LR, elles figureront dans le compte de campagne du candidat à la présidentielle. En tout cas celles engagées à partir du 1er avril 2016. « Pour cela, nous allons décider d’un plafond des dépenses entre le 21 septembre, date du début de la campagne officielle, et le scrutin », a affirmé Thierry Solère. C’est qu’au vu des budgets prévus, l’argent dépensé pour cette primaire risque fort de peser sur le budget total du candidat sélectionné. Ainsi, Alain Juppé aurait déjà prévu 3 millions d’euros de dépenses, Bruno Le Maire et François Fillon 2 millions d’euros, NKM, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson 500 000 euros, Hervé Mariton 300 000 euros, Nadine Morano et Frédéric Lefebvre, moins de 100 000 euros. Des sommes à comparer aux 250 000 euros dépensés par François Hollande pour la primaire de 2011 (il n’était alors le plus dépensier). Le montant du plafond devrait être fixé fin avril, début mai lors d’un bureau politique des Républicains.

La primaire elle-même sera financée par le parti LR qui compte avancer 5 millions d’euros afin de couvrir les frais d’organisation. Cette somme devrait en partie être remboursée grâce aux deux euros de participation demandés aux votants. Pour que le parti puisse rentrer dans ses frais, 2,5 millions de personnes doivent se prononcer lors de cette primaire.

These moving photos of the refugee crisis just won a Pulitzer Prize

Gripping images of Europe’s refugee crisis won the 2016 Pulitzer Prize for breaking news photography on Monday.

The judging committee said that the joint first place prize was awarded to Mauricio Lima, Sergey Ponomarev, Tyler Hicks and Daniel Etter’s work for The New York Times and the photography staffers of news agency Thomson Reuters for photos that « captured the resolve of refugees, the perils of their journeys and the struggle of host countries to take them in. »

Covering hundreds of miles and telling dozens of individual stories, the images capture people at an uncertain moment in their lives, on unknown roads to uncertain destinations:

Refugees arrive by a Turkish boat near the village of Skala, on the Greek island of Lesbos (The New York Times/Sergey Ponomarev - November 16, 2015).

Refugees arrive by a Turkish boat near the village of Skala, on the Greek island of Lesbos (The New York Times/Sergey Ponomarev – November 16, 2015).

Desperate refugees board the train toward Zagreb at Tovarnik station on the border with Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev - September 18, 2015).

Desperate refugees board the train toward Zagreb at Tovarnik station on the border with Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev – September 18, 2015).

 

Ahmad Majid, in blue T-shirt at centre, sleeps on a bus floor with his children, his brother Farid Majid, in green sweater at right, and other members of their family and dozens of other refugees, after leaving Budapest on the way to Vienna. (The New York Times/Mauricio Lima - September 5, 2015).

Ahmad Majid, in blue T-shirt at centre, sleeps on a bus floor with his children, his brother Farid Majid, in green sweater at right, and other members of their family and dozens of other refugees, after leaving Budapest on the way to Vienna. (The New York Times/Mauricio Lima – September 5, 2015).

Migrants walking past a church, escorted by Slovenian riot police to a registration camp outside Dobova, Slovenia. The small Balkan nations along the path of the human migration through Europe have seen record numbers of refugees cross their borders, and have been overwhelmed in their ability to manage the human flow (Sergey Ponomarev, The New York Times - October 22, 2015).

Migrants walking past a church, escorted by Slovenian riot police to a registration camp outside Dobova, Slovenia. The small Balkan nations along the path of the human migration through Europe have seen record numbers of refugees cross their borders, and have been overwhelmed in their ability to manage the human flow (Sergey Ponomarev, The New York Times – October 22, 2015).

A man tries to shield his child from police beatings and tear gas at the border crossing in Horgos, Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev - September 16, 2015).

A man tries to shield his child from police beatings and tear gas at the border crossing in Horgos, Serbia (The New York Times/Sergey Ponomarev – September 16, 2015).

 

 

After battling rough seas and high winds from Turkey, refugees arrive by rubber raft on a jagged shoreline of Lesbos. Fearing capsize or puncture, some panicked and jumped into the cold water in desperation to reach land (The New York Times/Tyler Hicks - October 1, 2015). 1

After battling rough seas and high winds from Turkey, refugees arrive by rubber raft on a jagged shoreline of Lesbos. Fearing capsize or puncture, some panicked and jumped into the cold water in desperation to reach land (The New York Times/Tyler Hicks – October 1, 2015).
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Laith Majid, an Iraqi, broke down in tears, holding his son and daughter after they arrived safely in Kos, Greece, on a flimsy rubber boat (The New York Times/Daniel Etter - August 15, 2015).

Laith Majid, an Iraqi, broke down in tears, holding his son and daughter after they arrived safely in Kos, Greece, on a flimsy rubber boat (The New York Times/Daniel Etter – August 15, 2015).

 

An overcrowded inflatable boat with Syrian refugees drifts in the Aegean sea between Turkey and Greece after its motor broke down off the Greek island of Kos. (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - August 11, 2015)

An overcrowded inflatable boat with Syrian refugees drifts in the Aegean sea between Turkey and Greece after its motor broke down off the Greek island of Kos. (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – August 11, 2015)

 

A Syrian refugee holds onto his children as he struggles to walk off a dinghy after crossing a part of the Aegean Sea from Turkey to Lesbos (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - September 24, 2015).

A Syrian refugee holds onto his children as he struggles to walk off a dinghy after crossing a part of the Aegean Sea from Turkey to Lesbos (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – September 24, 2015).

Syrian migrants cross under a fence as they enter Hungary at the border with Serbia, near Roszke (Thomson Reuters/Bernadett Szabo - August 27, 2015).

Syrian migrants cross under a fence as they enter Hungary at the border with Serbia, near Roszke (Thomson Reuters/Bernadett Szabo – August 27, 2015).

 

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov - August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov – August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov - August 15, 2015).

A police officer tries to stop someone from boarding a train through a window at Gevgelija train station in Macedonia, close to the border with Greece (Thomson Reuters/Stoyan Nenov – August 15, 2015).

A Syrian man kisses his daughter as he walks through a rainstorm towards Greece's border with Macedonia, near Idomeni (Thomson Reuters/Yannis Behrakis - September 10, 2015).

A Syrian man kisses his daughter as he walks through a rainstorm towards Greece’s border with Macedonia, near Idomeni (Thomson Reuters/Yannis Behrakis – September 10, 2015).

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Philippines : meurtre d’une écologiste en campagne contre le lobby du charbon

Des résidents de Calaca regardent brûler un tas de terre ramassé à côté de la centrale à charbon dans leur ville, lors d'une manifestation devant le bureau du ministère de l'Environnement à Manille aux Philippines le 17 mars 2016. (Crédits : TED ALJIBE / AFP)
Il est près de 20 heures ce vendredi soir 1er juillet, lorsque deux hommes à motos surgissent dans le port de Lucanin, tout au sud de la péninsule de Bataan aux Philippines. L’un d’eux porte un casque, l’autre une serviette nouée sur la tête. Les deux individus marquent un arrêt au niveau du « videokehan », le karaoké de la famille Capitan, et ils ouvrent le feu au calibre 45. Trois balles atteignent Gloria Capitan à la tête et au bras, une autre vient égratigner son petit-fils âgé de huit ans. Assis sur une chaise en plastique, ce dernier se trouvait près de l’écran quand les assassins ont ouvert le feu sur sa grand-mère qui fixait les rideaux à la fenêtre du karaoké. Agée de 57 ans, Gloria Capitan meurt sur le coup. Cette figure de l’écologie locale était à la tête d’un groupe de défense de l’environnement qui s’était notamment opposé à l’expansion des zones de stockage de charbon à Mariveles dans la province de Bataan. Pour Reuben Muni, chargé de la campagne énergie à Greenpeace Manille, tout semble indiquer que cet assassinat est lié aux activités écologistes de la militante. Entretien.

Contexte

Gloria Capitan, un nom qui sonne comme celui d’une star de la pop musique et qui aujourd’hui vient s’ajouter à la longue liste des « martyrs » de la cause environnementale tués pour leur engagement écologiste. Pendant que la nouvelle administration de Rodrigo Duterte poursuit les cartels de la drogue, les bandes organisées continuent de semer la mort parmi les écologistes, les journalistes et plus généralement chez les défenseurs de l’environnement qui s’opposent à certains intérêts politico-industriels aux Philippines.

C’est cette « culture de l’impunité » que dénonce aujourd’hui Greenpeace. Gloria Capitan travaillait pour l’association Kilusang Pambansang Demokratiko (KPD), un groupe local opposé à différents projets du lobby du charbon dans la province de Bataan à l’ouest de Manille. Tout semble indiquer aujourd’hui, disent ses proches, qu’elle a été tuée du fait de son engagement pour la défense de l’environnement. Selon un rapport paru le 20 juin dernier de l’ONG Global Witness, 185 défenseurs de l’environnement ont été tués l’an passé dans le monde, soit 60 % de plus qu’en 2014. Parmi eux, figurent 33 militants philippins assassinés pour s’être opposés à la destruction de la faune et de la flore.

Stéphane Lagarde

Source : Asialyst
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Les remords de Blair face aux accusations de la commission d’enquête sur la guerre en Irak

4964937_6_6c99_devant-le-centre-de-conferences-ou-devait_14dfa6a3b6a525056cdefca568d7666eLe Royaume-Uni est intervenu en Irak en mars 2003 aux côtés des Etats-Unis alors que Saddam Hussein « ne présentait pas de menace imminente » et que « toutes les alternatives pacifiques (…) n’avaient pas été épuisées ». John Chilcot, le haut fonctionnaire qui préside la commission d’enquête sur les conditions de l’engagement britannique, en a dressé, mercredi 6 juillet, un bilan accablant, en particulier pour le premier ministre travailliste de l’époque, Tony Blair. « Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, a souligné le rapporteur, le Royaume-Uni a participé à l’invasion et à l’occupation complète d’un Etat souverain. »

Peu après la publication du document, M. Blair s’est exprimé lors d’une conférence de presse : « C’était la décision la plus difficile que j’ai jamais prise, a déclaré Tony Blair. Je l’ai prise de bonne foi. J’en endosse l’entière responsabilité. J’éprouve plus de peine, de regrets et d’excuses que vous pouvez l’imaginer. »

Fort de douze volumes et de 2,6 millions de mots, le rapport Chilcot, rendu public mercredi établit que M. Blair s’est appuyé sur son propre jugement alors que les services de renseignement « n’avaient pas établi de façon incontestable » que Saddam Hussein, le dictateur qu’il s’agissait de renverser, continuait de produire des armes chimiques et biologiques. En particulier, devant la Chambre des communes, le 24 septembre 2002, Tony Blair a présenté « avec une certitude qui n’était pas justifiée [la] sévérité de la menace » posée par ces armes de destruction massive.

Le rapport souligne la docilité du premier ministre à l’égard du président américain Georges W. Bush, et même ses pressions en faveur d’une invasion. Le 28 juillet 2002, dix mois après le 11-Septembre, le premier ministre britannique assurait par écrit le président américain : « Je serai avec vous quoiqu’il arrive. »

Cent soixante-dix-neuf soldats tués en Irak

Or, selon le rapport Chilcot, non seulement Saddam Hussein ne posait pas de menace imminente, non seulement « la stratégie de confinement [poursuivie par les Nations unies] pouvait continuer pendant un certain temps », non seulement « le Royaume-Uni a sapé l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU », mais en plus « les conséquences de l’invasion ont été sous-estimées ». Selon M. Chilcot, le gouvernement britannique « a échoué à prendre en compte l’ampleur de la tâche nécessaire pour stabiliser, administrer et reconstruire l’Irak et les responsabilités qui allaient incomber au Royaume-Uni ». A propos des relations anglo-américaines, le rapport estime qu’« un soutien inconditionnel n’est pas nécessaire lorsque nos intérêts ou notre appréciation diffèrent ».

C’est peu dire que les conclusions du rapport, commandé le 15 juin 2009 par Gordon Brown, successeur de M. Blair à Downing Street, étaient attendues. Les familles des 179 soldats britanniques morts en Irak menaçaient même de poursuites judiciaires en cas de nouveau report. En 2009, au moment du retour des derniers combattants, M. Brown, avait annoncé que les investigations dureraient un an.

Sept ans plus tard, l’enquête était devenue un mauvais feuilleton et son indépendance mise en doute, tant les services du premier ministre ont tenté – finalement en vain – d’empêcher la déclassification de documents, notamment la correspondance entre Tony Blair et George Bush, et tant M. Blair lui-même a multiplié les embûches et les « droits de réponse ». Dans l’intervalle, 120 personnes, dont MM. Blair et Brown ont été entendues, pour un coût de 10 millions de livres (11,7 millions d’euros), l’un des membres de la commission est mort et M. Chilcot lui-même a fêté ses 77 ans.

La publication officielle du rapport a été organisée dans un centre de conférences en face du Parlement de Westminster, en présence de familles des militaires décédés. Certaines envisagent de s’appuyer sur ses conclusions pour lancer des poursuites à l’encontre de Tony Blair. « Il a détruit nos familles. On devrait lui retirer tout ce qu’il possède, témoignait ainsi le père d’un soldat mort au front. Cette guerre était illégale. Mon fils est mort pour rien. »

Devant le centre de conférences où devait être présenté le rapport Chilcot sur l’engagement britannique dans la guerre contre le régime de Saddam Hussein, à Londres, le 6 juillet 2016. Matt Dunham / AP

Devant le centre de conférences où devait être présenté le rapport Chilcot sur l’engagement britannique dans la guerre contre le régime de Saddam Hussein, à Londres, le 6 juillet 2016. Matt Dunham / AP

« Pas d’opinion sur la légalité de l’intervention »

Alors que les Verts et l’aile gauche du Parti travailliste – dont son chef actuel Jeremy Corbyn – militent afin que M. Blair soit poursuivi pour « complicité de crimes de guerre », le rapport « n’exprime pas d’opinion sur la légalité de l’intervention militaire », renvoyant la question à la compétence d’une cour internationale.

Devant le centre de conférence, sur un podium dressé par la coalition « Stop the war », très active en 2003 et dont M. Corbyn a longtemps été le président, un personnage portant un masque de Tony Blair avait pris place entre deux faux juges perruqués. « Blair a menti. Des milliers de gens sont morts », claquait la banderole. « Blair est un criminel de guerre », a lancé Caroline Lucas, la dirigeante des Verts.

Aux Communes, un débat de deux jours sur le rapport Chilcot sera organisé mi-juillet. Mais dès mercredi après-midi, moment traditionnel des questions au gouvernement, le premier ministre démissionnaire David Cameron et le chef contesté du Labour, Jeremy Corbyn, se sont exprimés.

M. Cameron a appelé à « retenir les leçons du rapport » Chilcot. « Il serait faux d’en conclure que la Grande-Bretagne ne doit pas soutenir les Etats-Unis, a-t-il tempéré. Il serait faux d’en conclure qu’une intervention armée ne peut être couronnée de succès. » Le locataire en fin de bail de Downing Street avait reporté la publication du rapport Chilcot au-delà du référendum du 23 juin, pour ne pas perturber le Labour dans la campagne contre le Brexit, mais aussi pour l’affaiblir une fois la victoire passée. Le scénario s’est révélé différent : il a perdu le référendum et le Labour est depuis lors en état de guerre civile.

Une « catastrophe » selon le chef du Labour

Son chef, Jeremy Corbyn, a mis en cause les dirigeants de l’époque pour « tromperie dans l’engagement de la guerre ». « Tous ceux qui ont pris les décisions mises en évidence dans le rapport Chilcot doivent subir les conséquences de leurs actes quelles qu’elles soient », a-t-il ajouté, visant implicitement Tony Blair. « L’invasion et l’occupation de l’Irak ont été une catastrophe, a poursuivi M. Corbyn. Elles ont conduit à casser la confiance dans la politique et dans les institutions. »

Rappelant l’énorme manifestation anti-guerre organisée en février 2003 au Royaume-Uni et dans d’autres pays, le chef du Labour a ajouté : « Pendant que la classe gouvernante se trompait si cruellement, une large partie de notre peuple a eu raison. » Une remarque qui renvoie directement à sa situation actuelle. Jeremy Corbyn, appelé à la démission par 80 % des députés travaillistes en raison de son faible engagement pro-européen dans la campagne contre le Brexit, se maintient en poste en se prévalant du mandat (59,5 %) qu’il a reçu de la base du parti.

Philippe Bernard

Source Le Monde 06/07/2016

 

Voir aussi: Actualité Internationale, Rubrique EuropeGrande Bretagne, Rubrique Moyen Orient  Irak : Un premier bilan de la guerre, Une série d’attentats marque l’ouverture des élections , Pétrole contre nourriture L’Irak demande des réclamations, Le président irakien vient conclure des contrats à Paris, rubrique Afghanistan, Enlisement total : Actualité nationale Les « idiots utiles » de la guerre en Irak , Gilles Kepel : « La politique française arabe est difficile à décrypter. » , La première victime de guerre c’est la vérité , On line  En 2015, les excuses de Tony Blair pour la guerre en Irak, une « opération de communication »

Montpellier Danse. L’odyssée salvatrice de Papaioannou

 "Still life", légende contemporaine du peuple européen. Crédit DR


« Still life », légende contemporaine du peuple européen. Crédit DR

Avec Still Life, le chorégraphe  Dimitris Papaioannou fait décoller l’Opéra Berlioz de  Montpellier pour deux soirs célestes

Le fil rouge méditerranéen de cette 36e édition du festival  devient fil d’Ariane avec Dimitris Papaioannou qui nous embarque avec Still Life dans une odyssée plastique et chorégraphique d’une  classe infinie.

Sur le plateau, la nature brute de la roche où se traîne l’humanité est surplombée d’une sphère massive, globe suspendu emplie de gaz, qui circule comme le fond les nuages et les courants liquides sur la planète. Dans la beauté de l’espace se rejoue le mythe de Sisyphe que le chorégraphe assimile à « des héros de la classe ouvrière ».

C‘est la première fois que Dimitris Papaioannou est invité à Montpellier. Il a étudié aux Beaux-Arts d’Athènes, travaillé auprès  du peintre grec Yannis Tsarouchis, puis dansé avec Eric Hawkins et le chorégraphe butô, Min Tanaka, à New York. Au début des années 1990, il suit de près certains spectacles de Bob Wilson.

En 2004, on est venu le chercher dans un squat où il travaillait avec des artistes depuis dix sept ans pour mettre en scène les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO d’Athènes. Depuis il créé librement et rencontre succès et reconnaissance sans changer ses habitudes.

Still Life enchaîne les tableaux de l’existence dans une recherche constante d’équilibre qui s’effrite. L’utilisation de matériaux brutes et d’huile de coude renvoie aux efforts et aspirations constantes du peuple  face à un monde hors sol qui s’impose comme une fatalité.

Les Sisyphe de Still Life s’évertuent à avancer, à construire des remparts avec leurs corps pour repousser la catastrophe. Se laissant parfois aller aux chimères absurdes du moment, ils renouent par défaut avec le sens et la pensée européenne dans un élan candide et poétique qui semble plus que jamais à l’ordre du jour.

JMDH

Source : La Marseillaise 06/07/2015

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