Du brassage social et politique

Revue. Les temps nouveaux s’intéresse au mouvement social et à la lutte politique dans la perspective de construire une alternative.

les-temps-nouveauxL’idée de croiser les réflexions de responsables syndicaux et associatifs, intellectuels engagés et acteurs du mouvement social, qui enragent de l’atonie du débat sur les alternatives nécessaires, résonne bien avec le sentiment d’urgence qui se repend dans les têtes et dans les rues. Après trois décennies de politique libérale, la libération des forces du marché a développé à l’échelle de la planète des politiques destructrices de progrès social et de liberté, accompagnées d’une normalisation de la pensée et de la culture, constatent les protagonistes. Claude Debons, du Parti de gauche, pose dans l’éditorial l’ambition affichée d’élaborer une réponse associative, syndicale et politique à la hauteur des enjeux, et de construire dans un même temps des rapports de forces nécessaires à leur mise en œuvre.

Ce premier numéro de la revue publié par les éditions Au bord de l’eau, rassemble un bel éventail de pensées critiques. Chacun dans leur domaine, les contributeurs se retrouvent pour dénoncer les règles actuelles du pouvoir financier. De la montée en puissance de la stigmatisation, à l’enjeu social de la réforme des retraites, une cohérence se tisse.

La première partie fait le point sur l’actualité des mouvements, avec un regard sociologique mettant en perspective la grève des travailleurs sans papiers, qui trace les contours d’un droit de grève pour les salariés les plus précaires. Le dossier central aborde l’acuité de la crise en sondant en profondeur les contradictions du capitalisme financier, sans oublier de révéler sa face cachée.

La dégradation salariale et la montée de la souffrance au travail qui vont immanquablement s’intensifier invite ardemment à trouver une nouvelle issue. Après avoir dressé un état des lieux du chantier, l’économiste Michel Husson, membre de la fondation Copernic envisage des réponses progressistes en situant l’enjeu crucial : « quelle est sur l’échelle du radicalisme, la position du curseur qui permet le mieux de mobiliser ?

Une revue à découvrir où l’on ne renonce pas à l’exigence du sens, et où l’on se garde de confondre La gauche radicale de rupture avec le social-libéralisme d’accompagnement.

Jean-Marie Dinh

Les Temps Nouveaux, automne 2010, éd Le Bord de l’Eau, 14 euros.

Aucune date » pour une rencontre entre le pape et Nicolas Sarkozy

Aucune date n’a encore été fixée pour une éventuelle rencontre entre le pape Benoît XVI et Nicolas Sarkozy, évoquée mercredi par le président français, a indiqué vendredi le Vatican. »S’il y a une demande du président français, elle sera prise en considération, selon la procédure habituelle« , a déclaré à l’AFP le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

Mercredi, M. Sarkozy avait confié à des députés UMP qu’il devrait revoir « prochainement » Benoît XVI, dont les récents propos sur l’accueil des « légitimes diversités humaines » ont été interprétés comme une critique des expulsions de Roms par son gouvernement.

« Des contacts sont en cours pour une prochaine rencontre », a confirmé jeudi la présidence française, sans précision de date. Le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, a indiqué jeudi au quotidien La Croix que ce rendez-vous devrait avoir lieu « dans la première quinzaine du mois d’octobre ».

Le père Lombardi n’a pas pu préciser si une demande pour une audience privée avait déjà été présentée « de manière formelle et explicite » à la secrétairerie d’Etat du Vatican.

Le 22 août, quelques jours après le rapatriement par la France de plus de 200 Roms vers la Roumanie et la Bulgarie, Benoît XVI avait publiquement rappelé, en français, la nécessité de « savoir accueillir les légitimes diversités humaines ».

Alors que les démantèlements de camps illégaux et expulsions de Roms par Paris suscitaient de nombreuses réactions indignées en Europe et dans la classe politique française, ces propos avaient été largement considérés comme une critique de plus à l’encontre de la politique du gouvernement français.

Deux jours plus tôt, le responsable du Vatican en charge de l’immigration, Mgr Agostino Marchetto, qui a depuis quitté ses fonctions, avait affirmé que « les expulsions en masse de Roms vont à l’encontre des normes européennes ».

La dernière rencontre entre Benoît XVI et Nicolas Sarkozy remonte à septembre 2008, lors du voyage du pape en France.

AFP

Voir aussi : : Rubrique Religion, Rubrique Politique, Sarkozy le discours de Latran, Aubry s’étonne, Entretien avec Daniel Bensaïd, Rubrique Education,

Le Parlement européen demande la suspension des expulsions de Roms

Le Parlement de l'UE, 09/09/10. photo AFP

«Je veux très clairement dire qu’il n’est pas question que la France suspende les reconduites dans les pays d’origine, qu’il s’agisse d’ailleurs de Roumains, de Bulgares ou de tout autre ressortissant.» Réponse sans appel ce jeudi du ministre de l’Immigration Eric Besson, en déplacement à Bucarest précisément sur cette question des expulsions, au Parlement européen.

Ce dernier a adopté dans la matinée une résolution demandant à la France en particulier et aux autres Etats de l’Union européenne de «suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms». Cette résolution présentée par les socialistes, les libéraux, les verts et les communistes a obtenu 337 voix contre 245.

Le texte adopté critique également la récente réunion sur l’immigration et la libre circulation organisée à Paris à l’initiative du gouvernement français. La résolution relève notamment que ces sujets relèvent, selon elle, «de la compétence de l’UE». «Cette attitude est allée de pair avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tziganes dans le discours politique», déplore le texte.

«Caricatures»

«Le droit de tous les citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans toute l’Union constitue un pilier de la citoyenneté de l’Union telle qu’elle est définie par les traités», souligne la résolution.

Pour Eric Besson, «le Parlement européen est sorti de ses prérogatives et nous n’avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique». Fidèle à la ligne adoptée depuis le début de la controverse sur le sujet, il a redit que «la France applique scrupuleusement le droit communautaire et elle respecte scrupuleusement la loi républicaine française». Et soutient par ailleurs que «la France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms», qui «ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité». Le ministre dit regretter «les caricatures et tentatives d’instrumentalisation» concernant la politique française.

La Commission, quant à elle, s’est d’ailleurs dite mardi globalement satisfaite des garanties apportées par la France, même si elle entend surveiller de près la situation.

Voir aussi : Rubrique Union Européenne L’UE critique l’expulsion des Roms, Rubrique société Quand la France se renie elle-même, Rubrique Rencontre Tony Gatlif Liberté,

L’UE critique l’expulsion des Roms

expulsion-rom

La Commission européenne a exprimé dans un document interne, des doutes concernant la légalité de la décision prise par la France de reconduire à la frontière des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie. Les commentateurs font l’éloge de la critique de Bruxelles à l’égard de l’initiative française mais regrettent que la réaction de l’UE soit trop hésitante.

Frankfurter Rundschau – Allemagne

Le comportement indigne de l’UE

L’UE réagit avec beaucoup trop d’hésitation aux expulsions de Roms par la France, écrit le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : « La Commission de l’UE à Bruxelles a la réputation douteuse d’éviter régulièrement d’entrer en conflit avec les Etats membres. C’est particulièrement vrai lorsque les Etats sont grands et puissants. Pourtant cette autorité pourrait se positionner avec assurance contre ces gouvernements. Si seulement elle osait le faire. Mais elle n’ose pas, comme les expulsions massives de Roms hors de France le montrent. Le comportement de la Commission est indigne. Elle nourrit de grandes réserves à l’encontre de l’initiative du gouvernement français de Nicolas Sarkozy mais elle ne les exprime pas de manière offensive. Et Barroso, le chef de la commission, se tait. » (03.09.2010)

Le Jeudi – Luxembourg

La France salit les droits humains

La politique française à l’égard des Roms est intolérante et rappelle des temps révolus, critique l’hebdomadaire Le Jeudi : « En quelques mois, pour des raisons bassement politiques, les dirigeants actuels de notre voisin, la France, ont fait de leur pays une tache de honte sur la carte universelle des droits humains. A tel point que même le pape s’en est ému. … Pour remettre à flot un président qui, si les Français votaient aujourd’hui, serait largement battu par tous les ténors de l’opposition socialiste, les conseillers de l’Elysée n’ont trouvé d’autre parade que d’aller brouter intensément sur les terres de l’intolérance. Et de brandir deux menaces dignes de ces temps où appartenir à un peuple était suffisant pour être envoyé dans un camp de la mort : la stigmatisation d’un peuple, en l’occurrence des Roms, et la déchéance de la nationalité française. » (02.09.2010)

Dagens Nyheter – Suède

La Suède doit balayer devant sa propre porte

La ministre suédoise déléguée aux Affaires européennes, Birgitta Ohlsson, a vivement critiqué la politique française d’expulsion des Roms. Pourtant, l’indignation suscitée par la France peut paraît bien hypocrite car les Suédois sont encore bien plus durs à l’encontre des Roms, estime le quotidien suédois de centre gauche Dagens Nyheter : « Dans sa critique de la politique français, Ohlsson a usé de grands mots. C’est justifié, mais la police française n’expulse même pas les Roms pendant les trois premiers mois. … [Il est] important que la Commission européenne ait commencé à réagir et que les commissaires Cecilia Malmström et Viviane Reding interrogent Paris sur ce qui se passe dans ce pays. Les expulsions de masse en France sont extrêmement regrettables, de même que la politique ignoble menée par la Bulgarie et la Roumanie contre les Roms de leur pays. Toutefois, pour être crédible dans ses critiques, la Suède doit d’abord balayer devant la porte du Rosenbad [siège du gouvernement]. » (03.09.2010)

Irak : Un premier bilan de la guerre

Selon le recensement US : 4 400 soldats américains sont morts en Irak.

Les dernières troupes combattantes américaines ont quitté l’Irak. C’est ce qu’annoncent les Etats-Unis, même si 50 000 de leurs soldats, regroupés sur des dizaines de bases, demeureront encore jusqu’à fin 2011, « en appui » à l’armée irakienne. Ce retrait s’opère conformément à l’accord-cadre stratégique signé par l’administration Bush sur le départ avec le gouvernement irakien à la fin 2008. Le président Obama a décidé de respecter ce texte et d’accélérer le désengagement.

On peut certes prétendre que, par rapport à la situation existante à la fin 2006, avec une insurrection active et des attentats quotidiens meurtriers, le contexte actuel est meilleur. Il faut néanmoins prendre du recul par rapport à cette vision et essayer de dresser un bilan de cette guerre qui ne fut pas seulement une faute, mais un crime dont on aurait tort de dédouaner les Etats-Unis (lire « “Leurs” crimes et les “nôtres” »).

Cette guerre d’agression, non provoquée, déclenchée sous le faux prétexte de chercher des armes de destruction massive, est d’abord une violation des principes des Nations unies qui, le 14 décembre 1974, à travers leur assemblée générale, adoptaient un texte définissant l’agression (PDF). Son article 3 s’énonce ainsi :

« L’un quelconque des actes ci-après, qu’il y ait eu ou non déclaration de guerre, réunit, sous réserve des dispositions de l’article 2 et en conformité avec elles, les conditions d’un acte d’agression :

a) L’invasion ou l’attaque du territoire d’un Etat par les forces armées d’un autre Etat, ou toute occupation militaire, même temporaire, résultant d’une telle invasion ou d’une telle attaque, ou toute annexion par l’emploi de la force du territoire d’un autre Etat ;

b) Le bombardement, par les forces armées d’un Etat, du territoire d’un autre Etat, ou l’emploi de toutes armes par un Etat contre le territoire d’un autre Etat ;

c) Le blocus des ports ou des côtes d’un Etat par les forces armées d’un autre Etat ;

d) L’attaque par les forces armées d’un Etat contre les forces armées terrestres, navales ou aériennes, la marine ou l’aviation civiles d’un autre Etat ».

Au-delà de cette dimension juridique et des querelles qu’elle peut susciter, le bilan de la guerre américaine, menée sans l’aval des Nations unies, est accablant :

— Destruction du pays, de ses structures étatiques et administratives. Il n’existe plus d’Etat irakien qui fonctionne. Sept ans après la guerre, l’électricité arrive à peine quelques heures par jour, la production pétrolière stagne, l’administration ne fonctionne pas, les écoles et les universités sont à l’abandon, etc. Reconstruire une structure unifiée et efficace nécessitera sans doute des décennies.

— Le confessionnalisme, encouragé dès les premiers jours par l’occupant, a été institué dans toutes les fonctions, et la répartition des postes se fait désormais en fonction de l’appartenance communautaire ou nationale. Les principales forces politiques sont « chiites », « sunnites » ou « kurdes ». Et demeurent une série de bombes à retardement, comme la délimitation des « frontières incertaines du Kurdistan ». La question de Kirkouk, où un référendum est prévu depuis décembre 2007 (et sans cesse reporté) pour décider du rattachement ou non de cette ville à la région autonome du Kurdistan, n’est pas le moindre des défis.

— Le bilan humain est terrible. Si on connaît précisément les pertes américaines (environ 4 400 tués), celles des Irakiens ont fait l’objet d’évaluations très diverses : on ne recense pas un mort « arabe » comme on recense un mort « occidental » ; seul ce dernier a un visage. Entre cent mille et plusieurs centaines de milliers de personnes tuées, des milliers de disparus, des centaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés (notamment en Syrie – lire Theodor Gustavsberg, « Silencieux exil des Irakiens en Syrie » – et en Jordanie), des centaines de milliers de blessés.

— Malgré les coups qui lui ont été portés depuis 2007, Al-Qaida, qui, rappelons-le, était absente d’Irak jusqu’en 2003, s’y est implantée. Elle garde des structures efficaces, comme le prouvent les attentats coordonnées de ce mois d’août 2010. Des milliers de combattants du monde arabe et musulmans ont transité ces dernières années par l’Irak et ont ensuite porté le combat en Afghanistan, en Somalie, au Liban, en Afrique du Nord.

Seul point positif, la chute de la dictature de Saddam Hussein, l’une des plus brutales de la région. On ne peut que s’en féliciter, mais cela valait-il de telles souffrances ? D’autant que le risque est grand de voir émerger un « pouvoir autoritaire à dominante chiite ».

Et la question que personne ne posera : qui sera jugé pour ce crime ? Comment s’étonner que nombre de pays ne suivent pas le Tribunal pénal international quand il inculpe le président soudanais Omar Al-Bachir, ou des criminels de tel ou tel petit pays africain, alors que MM. George W. Bush, Dick Cheney et Donald Rumsfeld continuent tranquillement à couler des jours heureux en donnant des conférences sur le monde libre, la démocratie et le marché pour quelques dizaines de milliers de dollars la prestation ?

Environs 660 000 irakiens sont morts. Qui sera jugé pour ce crime ?

Environs 660 000 irakiens sont morts. Qui sera jugé pour ce crime ?

Personne n’affirme plus que les Etats-Unis ont gagné la guerre en Irak, surtout si l’on se reporte aux objectifs initiaux du président George W. Bush : installation à Bagdad d’un gouvernement allié, prêt à collaborer avec Washington, à lui accorder des bases et disposé à établir des relations diplomatiques avec Israël ; ouverture des ressources de l’Irak au marché libre ; démocratisation du Proche-Orient ; isolement du régime iranien.

Personne n’explique plus doctement que, certes, la guerre était une erreur, mais que si les Etats-Unis se retiraient ce serait encore pire. Il faut le répéter : c’est la présence américaine qui est la cause de l’instabilité, et non l’instabilité qui nécessite la présence américaine.

Les conséquences régionales de cette guerre sont aussi graves. Incontestablement et paradoxalement, elle a renforcé le poids de l’Iran, même s’il ne faut pas croire que les chiites irakiens regardent tous vers Téhéran, ni sous-estimer le poids du nationalisme irakien et arabe. L’absence de pouvoir central entraîne forcément l’ingérence des puissances voisines dans les affaires irakiennes : ni la Turquie, ni l’Arabie saoudite, ni la Syrie, ni bien évidemment l’Iran ne s’en privent. Ankara a ouvert plusieurs consulats, dont un à Bassorah, dans le sud chiite ; il a aussi développé ses relations avec le pouvoir autonome kurde, ce qui n’a pas mis un terme à ses bombardements contre les forces du PKK réfugiées au Kurdistan.

Quel est désormais le poids des Etats-Unis en Irak ? Les élections de mars 2010 ont débouché sur une impasse et le pays n’a toujours pas de gouvernement. Quatre forces se partagent le Parlement : un bloc kurde qui représente une région vivant sous autonomie de fait ; le bloc du premier ministre en exercice Nouri Al-Maliki, à majorité chiite ; le bloc de l’ancien premier ministre Iyad Allaoui, chiite qui a obtenu le vote de nombreux sunnites ; et, enfin, l’Alliance nationale composée de l’organisation de Moqtada Al-Sadr et du Conseil suprême islamique, deux formations chiites.

Joost Hiltermann, dans un article de la New York Review of Books (19 août 2010) intitulé « Iraq : The impasse », remarque :

« Ce qui est frappant avec l’approche actuelle de l’administration Obama n’est pas seulement sa préférence pour un parti donné, celui de Allaoui en l’occurrence, mais son manque de volonté inexplicable de pousser pour une solution donnée, un fait que tous les politiciens ont noté. Les Etats-Unis essaient d’exercer une forte pression uniquement de manière sporadique, sous la forme d’une visite du vice-président Joe Biden, l’envoyé spécial de facto de l’administration en Irak. » Mais leurs tentatives d’obtenir la formation d’un gouvernement d’unité entre Maliki et Allaoui avant leur retrait n’ont pas abouti. Et Hiltermann de conclure que les Etats-Unis sont « une puissance en déclin » en Irak.

Ce n’est pas l’avis de tous les commentateurs, comme en témoigne un éditorial de Seumas Milne dans le quotidien britannique The Guardian (4 août 2010), « The US isn’t leaving Iraq, it’s rebranding the occupation ». Pour Milne, les Etats-Unis donnent simplement un autre visage à une occupation qui se poursuit sous d’autres formes.

Alexander Cockburn lui répond vertement dans « Thank You, Glenn Beck ! » (CounterPunch, 27-29 août). Il reprend certains arguments de Rosen et explique aussi que, sur le pétrole, pour l’essentiel, ce ne sont pas les compagnies pétrolières américaines qui ont bénéficié des premiers contrats passés, mais des sociétés russe, norvégienne, chinoise, malaisienne, etc.

Alors, poursuite de l’occupation sous d’autres formes ou non ? Ce qui est sûr, c’est que, en ce XXIe siècle, aucune puissance ne peut gouverner durablement un pays étranger, lui imposer sa volonté. A ceux qui rêvaient d’un retour de l’empire, la guerre d’Irak a apporté un démenti flagrant. Un démenti qui sera confirmé demain en Afghanistan.

Alain Gresh*


*Alain Gresh est directeur adjoint du Monde Diplomatique, spécialiste du Proche Orient. Il est notamment l’auteur de Israël Palestine, vérités sur un conflit  (Fayard 2007).

Voir aussi : Rubrique Irak, Une série d’attentats marque l’ouverture des élections , Pétrole contre nourriture L’Irak demande des réclamations, Le président irakien vient conclure des contrats à Paris, Rubrique Afghanistan, Enlisement total , Rubrique Turquiel’UE est une machine kafkaïenne, Lien On Line Le blog d’Alain Gresh Nouvelles d’Orients,