Miro : Des libres racines aux constellations

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Exposition.  Miro «Vers l’infiniment libre et l’infiniment grand » Le Musée Paul Valéry à Sète nous ouvre les portes de l’univers onirique de l’artiste. A découvrir jusqu’au 9 novembre.

 Miro au Musée Paul Valéry, s’avère une escale incontournable pour tous ceux qui rêvent de croissance ou trouvent notre vie corseté un peu terne. Ceux qui ont déjà fait la visite savent que le titre de cette exposition : Vers l’infiniment libre vers l’infiniment grand, s’avère particulièrement bien choisi.  « L’exposition met en évidence l’extrême liberté de l’artiste sur les plans de l’esthétique, de son regard sur les guerres qui, en Espagne et en Europe, ont traversé son époque, de la représentation de la femme, et son aspiration à introduire dans ses oeuvres une cosmologie personnelle spontanément liée à l’immensité des espaces célestes.» commente la directrice du Musée Maïté Vallès-Bled.

C’est au milieu des années vingt que Miro qui travaille à Paris, trouve un style personnel. Sous l’influence des surréalistes, il donne vie à un monde d’irréalité, univers oniriques peuplés d’étranges créatures tout en développant la poétique d’un langage pictural novateur et initiateur. L’artiste conservera son indépendance d’esprit à l’écart des surréalistes. Ce qui ne l’empêche pas  d’entretenir des liens amicaux avec Delnos, Eluard, ou Péret et  une relation cordiale avec Breton qui lui concède que sa production « atteste d’une liberté qui n’a pas été dépassée

Joan-mirc peinture de 1952. Photo : Blog en revenant de l'expo

Joan-mirc peinture de 1952.

Le parcours de l’exposition est construit avec un louable soucis , celui du respect de la démarche artistique. Il démontre en l’occurrence que ce que cherche Miro est plus important que ce qu’il trouve. Une manière de réaffirmer que l’art n’est pas une histoire de circulation d’objet d’art mais bien une aventure profonde.

Le visiteur suit ainsi la quête esthétique et intérieure de Miro. Face aux oeuvres on saisit rapidement que l’artiste a dépassé la recherche plastique, plus de perspectives, de profondeur et de claire obscure.Les dimensions réelles n’ont plus cours, l’artiste s’exprime dans un langage plastique qui lui appartient. Il suffit de se laisser prendre au jeu de la narration pour nous retrouver entraînés au coeur de la poésie et de la joie.

L’infini dans l’art

Nous nous trouvons face à des formes simples dépouillées et identifiables « Les formes s’engendrent en se transformant » disait l’artiste.  Les lignes sont pures et les boules presque rondes. Avec un sens des volumes fascinant, Miro créé un univers de signes et de symboles. L’artiste affirme autant son aptitude à produire des formes que sa capacité incroyable d’en sortir. On touche là à la dimension spirituelle de l’artiste.

« Si nous ne tâchons pas de découvrir l’essence religieuse, le sens magique des choses, nous ne ferons qu’ajouter de nouvelles sources d’abrutissement à celles qui sont offertes aujourd’hui aux peuples, sans compter », écrit-il dans Cahiers d’art en 1939.

Quand la forme sort de la forme,  elle devient un sens transmis à autrui, une énergie de naissance, une force.

Oiseau dans la nuit 1967

Oiseau dans la nuit 1967

Miro révolté

Miro sait que l’art n’est pas la vie et que celle-ci impose de franchir des obstacles. Son travail ouvre des voies à la beauté et à son contraire, la menace. Les positions politiques de l’artiste transparaissent silencieusement à travers des références aux tonalités sombres que l’on retrouve dans son oeuvre, face à la Guerre civile espagnole, ou encore mai 1968. Il s’est réfugié à Paris en 1936. C’est un homme courtois mais loin d’être insensible.

Un jour, que Franco faisait exécuter un révolutionnaire et Miro était en train de peindre en écoutant la radio, il raconte avoir baissé son pantalon pour déféquer sur sa toile et s’exclamer «quelle belle matière».

Sur un autre chemin, celui de la liberté apparaît une représentation de la relation homme/femme. « La femme n’échappe pas au rejet général de Miro pour la conventions qui régissent la représentation de la figure humaine. souligne Stéphane Tarroux. « Ce que j’appelle femme, ce n’est pas la créature femme, c’est un univers » précise l’artiste. Dans une belle scénographie, l’exposition présente une dizaine de toiles interdépendantes réalisées à plusieurs mois d’intervalle de la série femme et oiseau.

Quitter la terre

Vipère exaspérée devant l'oiseau rouge 1955

Vipère exaspérée devant l’oiseau rouge 1955

Le goût prononcé du peintre espagnol pour l’esthétique le convie à une interrogation de l’infiniment grand des constellation. Des années 1939-1941 au composition des années 70 l’artiste fait un triomphe au Comos et à l’admirable nature. « Cette échelle de l’évasion qui est souvent mise en valeur dans mon oeuvre représente une envolée vers l’infini, vers le ciel en quittant la terre.»

Cet axe également présenté au Musée Paul Valéry confirme son éloignement de toute représentation de la réalité visible. Aux antipodes du descriptif et de la matériologie Miro nous rappelle que l’art n’est jamais l’objet que l’on a devant les yeux. L’invisible est partout, son oeuvre est une porte d’entrée que l’on traverse pour aller vers d’autres espaces un passage vers l’expérience non visible.

Jean-Marie Dinh

Source : La Marseillaise 25/08/2014

Photo : Blog en revenant de l’expo

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Grégoire Korganow « La photo aime le drame »

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Grégoire Korganow. Le photographe invité ose le corps-à-corps avec la danse et les danseurs. Il est le passeur de la 34e édition de Montpellier Danse.

Le photographe Grégoire Korganow travaille sur un projet de création photographique autour de la danse. Tout au long du festival, il installera son studio photo à l’Agora cité internationale de la danse et prendra des clichés des danseurs en sortie de scène. Il exposera chaque jour son butin en images dans tous les espaces de l’Agora. Rencontre

Comment photographier le mouvement ?

La danse immobile m’intéresse plus que la danse. Avec ce projet, je souhaite suggérer ce qui s’est passé à travers les stigmates, l’énergie, l’émotion laissés sur le corps… Je veux proposer une exploration de la photographie en creux.

C’est une approche singulière vous visez à montrer l’invisible ?

L’invisible et l’indicible oui. Aujourd’hui on peut tout montrer. Nous vivons les conflits mondiaux en direct. Je trouve intéressant de dématérialiser. Ce qui m’intéresse c’est ce qui se passe avant et après le drame. Je pense que la part de l’imaginaire devient plus importante que l’image en elle-même. L’image n’est qu’un résumé, une invitation à raconter. Je me sens plus passeur que témoin.

Pourquoi capter les danseurs à la sortie du plateau ?

Cela aurait pu aussi être l’avant scène. Quand je faisais des paysages, je travaillais toujours à l’aurore ou au crépuscule. Au moment où la lumière jaillit ou quand l’obscurité l’éteint, aux moments où tout est possible. La photographie aime bien le drame. Les danseurs seront les acteurs d’une fiction. Ils seront mes héros. Je pourrai plus facilement me les approprier dans un espace qui peut évoluer.

Vous jubilez déjà …

Le métier de photographe oscille entre le don et l’appropriation. C’est un jeu de tension permanent que je trouve sublime car au final l’image est évidente.

Quel rapport avez-vous avec le milieu de la danse ?

J’ai eu un grave accident de moto qui m’a cloué un certain temps au lit. Un chorégraphe intervenait à l’hôpital. J’ai saisi comment son métier le mettait en danger. Je me suis ouvert à ce monde à cette occasion. Cela ne m’a pas donné envie de faire des photos de danse mais de mêler l’écriture chorégraphique et photographique.

Ces deux langages vous semblent-ils proches ?

Je suis fasciné par la très grande liberté d’expression de la chorégraphie. C’est un monde non cloisonné où tout est possible. Il n’y a pas d’académisme. La danse contemporaine peut se nourrir de tout. Elle est comme une caisse de résonance de la société, de sa violence, de sa poésie. On met un pied dans le réel et la légèreté t’emmène… J’envisage mon travail de photographe de la même manière.

Mais le rapport au temps diffère…

Le temps de création chorégraphique est un temps long, puis vient le spectacle vivant avec tout ce qui se passe sur le plateau. Pour la photographie, il y a un travail de rétention. On se remplit et à un moment on lâche. C’est un temps court. Je suis passé au film parce que j’avais besoin d’un temps long.

Comment appréhendez-vous l’art numérique ?

Je regarde la génération du numérique avec envie et crainte. Le champ est immense. Je pense que la création ne fait que réinventer ce qui s’est déjà fait. Le numérique démocratise le côté bourgeois qu’avait la photo. Aujourd’hui l’image a pris le pouvoir. L’acte photo a perdu.

Vous proposez une proximité entre public et danseur ?

Je souhaite favoriser l’immédiateté et l’immersion dans la création. Par ailleurs je propose une installation sur la base d’une inversion où le public en mouvement ira vers le danseur à l’arrêt. L’oeuvre écrase trop souvent le spectateur.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 21/06/2014

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Pasolini l’irréductible

La culture était pour Pasolini «l’interprétation d’une existence entière»

La culture était pour Pasolini « l’interprétation d’une existence entière »

Théâtre. « Une vitalité désespérée ». Que la conscience fougueuse nous emporte ce soir à l’ENSAD…

C’est inhabituel mais en cette saison, les spectacles se font rares… Pour tromper la morosité sans perdre le fil avec le mouvement qui traverse le monde du spectacle vivant, on vous conseille vivement d’aller voir Une vitalité désespérée jusqu’à ce soir à (Ensad). C’est le premier spectacle programmé dans le cadre du Printemps des Comédiens qui joue en accord avec le mouvement unitaire des intermittents du Languedoc-Roussillon. Les élèves de première année qui se sont déclarés solidaires du mouvement peuvent ainsi livrer le fruit de leur travail au conservatoire d’Art dramatique de Montpellier. En revanche le spectacle de la promotion de 2011 – les 3e année en fin de parcours – qui devaient donner Les balayeurs de l’Aube dans le Bassin du Domaine d’O, ont rejoint les grévistes.

Le spectacle, comme son titre, est plutôt de circonstance. Il a été conduit par l’homme de théâtre Christophe Perton, viscéralement lié à la création et aux écritures contemporaines. On passe deux heures captivantes, habilement construites autour de la vie et l’oeuvre de Pier Paolo Pasolini qui se confondent dans une incandescente trajectoire. A partir de bandes documentaires, d’extraits de pièces, de lettres et de poèmes Christophe Perton confie au douze élèves de l’Ensad la tâche de déployer la radicalité critique de l’artiste engagé. Un pari risqué et réussi. L’espace de jeu laissé aux acteurs permet d’atteindre une extrême exigence, de toucher l’immense sensibilité dans une douleur et une violence assumées.

L’intensité emplit la salle. L’énergie et la puissance revendicative propres à la jeunesse se libèrent sur les planches dans une mise en scène précise qui emprunte au cinéma pour les cadres, et à la chorégraphie pour la mise en espace.

La vision politique de Pasolini était de donner une explication sans tabou à l’angoisse qui habite la société bourgeoise. Le résultat d’une telle puissance de vie était jugé trop de gauche et l’est toujours, au point que l’on souhaite aujourd’hui encore, sa mort.

JMDH

Ce soir à 20h à l’Ensad, 19 rue Lallemand à Montpellier, entrée libre.

Le spectacle est dédié à la mémoire de Richard Mitou

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Intermittents : Valls temporise

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Le Premier ministre a repris les propositions du médiateur Jean-Patrick Gille, qui a recommandé de différer la mise en application du point le plus contesté de la convention Unedic, alors que la mobilisation des intermittents se durcit.

Opération déminage. Dans une allocution d’une prudence extrême, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé jeudi en fin de journée qu’il reportait la mise en application du point le plus contesté de la convention Unedic, le différé d’indemnisation qui a cristallisé la mobilisation des intermittents ces dernières semaines. Une proposition destinée à laisser le temps de bâtir une «nouvelle donne» pour le régime et puisée dans le rapport qui lui a été remis dans l’après-midi par le député PS d’Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille. Le Premier ministre a pris soin de commencer son discours en promettant l’agrément de l’intégralité de l’accord sur l’assurance-chômage, qui ne concerne pas seulement les intermittents. Et ce afin de donner des gages aux partenaires sociaux ayant signé ledit accord.

Une annonce insuffisante pour la CGT-Spectacle, qui a qualité de «mesurettes» les déclarations de Manuel Valls. Et d’annoncer un «probable préavis de grève» pour le 1er juillet. «Il est probable que nous déposions un préavis de grève», «on verra quelle forme il prendra», car «l’épée de Damoclès est toujours là, c’est une manoeuvre pour passer l’été», a déclaré le secrétaire général Denis Gravouil lors d’un point de presse.

Le Syndeac, syndicat des employeurs du spectacle, s’est lui dit «partagé», jugeant que «la porte était entrouverte» pour une sortie de crise malgré des «inquiétudes». «Nous sommes partagés. D’un côté il y a des éléments très positifs» avec «un budget préservé pour le domaine de la création» et le fait que «l’on crée des conditions assez précises de dialogue d’une autre nature que ce qui nous était jusque là offert, en remettant à plat l’ensemble du système de l’assurance-chômage des intermittents du spectacle», a dit à l’AFP Fabien André, chargé de mission au Syndeac (Syndicat des entreprises artistiques et culturelle).

«On fera tout pour que la promesse de ces discussions concrètes qui abordent le fond du sujet, cette réforme indispensable depuis plus de dix ans, donne un gage de sortie de crise», a-t-il ajouté. «A côté de ça, les éléments moins positifs, qui peuvent nous laisser circonspects, c’est quand on voit que l’Etat s’aventure sur la piste d’un partage du financement de la protection sociale», a-t-il dit.

Chargé le 8 juin par le Premier ministre d’une mission de médiation dans le conflit des intermittents, Jean-Patrick Gille, député PS d’Indre-et-Loire a quant à lui remis ce jeudi en fin d’après midi son rapport (voir ci-dessous) à Manuel Valls. Ce dernier préconisait deux pistes pour éviter le blocage des festivals de l’été et sortir du bras-de-fer en cours.

La première consistait, au stade de l’agrément de la nouvelle convention d’assurance chômage, à différer au 1er octobre prochain la mise en application de l’ensemble des modifications apportées aux annexes VIII et X (celles concernant les intermittents); la seconde option, privilégiée par le rapporteur et donc reprise par Manuel Valls, consisterait à «différer de six mois la seule disposition portant sur le différé d’indemnisation». C’est cette piste qu’a donc explicitement prônée le Premier ministre, posant le principe d’une neutralisation du différé dans les mois à venir, le temps d’engager une «nouvelle donne» pour le régime des intermittents.

En clair, il s’agit pour le gouvernement de faire pression sur les partenaires sociaux pour qu’ils acceptent que la disposition la plus controversée de l’accord, celle concernant l’allongement du délai de carence entre le versement des cachets et la perception des allocations-chômage, ne soit pas appliquée dans l’immédiat. Ce qui laisserait le temps de mettre en place «les conditions d’une discussion loyale» entre tous les interlocuteurs – partenaires sociaux, représentants des intermittents et des employeurs du secteur culturel, gouvernement -, pour remettre à plat le statut des intermittents et «casser la mécanique des crises à répétition».

Pour l’occasion, une commission de trois personnalités a été chargée de faire des propositions avant la fin de l’année: Hortense Archambault, qui a codirigé le Festival d’Avignon, Jean-Denis Combrexel, ancien directeur général du Travail, et Jean-Patrick Gille, le député PS à peine sorti de sa médiation.

Comme ce report aura un coût pour l’assurance chômage, le Premier ministre s’est engagé à ce que l’Etat finance la différence. Il aussi promis le maintien des crédits du spectacle vivant en 2015, 2016 et 2017. «C’est un effort très significatif dans cette période de diminution de la dépense publique et il atteste de l’importance que nous accordons à la création culturelle», a-t-il indiqué.

René Solis

Source Libération AFP 19/06/2014

 


Intermittents : Manuel Valls donne des gages au Medef

Le premier ministre a tenté d’apaiser les intermittents avec des compensations financières mais il a annoncé l’agrément de l’accord du 22 mars.

De l’argent pour apaiser les tensions, il fallait oser. Que propose Manuel Valls, ce soir, pour répondre à la mobilisation des intermittents du spectacle après avoir accusé réception du rapport du médiateur Jean-Patrick Gille à 17 heures ?

 Signer l’accord du 22 mars alors que des banderoles « Non à l’agrément » flottent encore sur un bon nombre d’édifices en France, dont l’échafaudage de la Philharmonie en construction à Paris. Argument du premier ministre : respecter l’accord auquel sont arrivés les partenaires sociaux. Sauf que la majorité des organisations d’employeurs du spectacle ne sont pas membres des organisations interprofessionnelles : Medef, CGPME et UPA., dixit le rapport d’information sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques rendu par Jean-Patrick Gille à l’Assemblée en avril 2013. Ce faisant, l’Etat donne des gages au Medef qui ne va pas voir d’un bon oeil son intrusion dans le débat mais pourra se féliciter de faire l’économie d’une discussion avec tous les partenaires concernés.

Lancer une nouvelle mission pour engager une « nouvelles donne » sur les intermittents. A sa tête : Hortense Archambault, ancienne co-directrice du Festival d’Avignon, Jean-Denis Combrexel, ancien directeur général du Travail, et Jean-Patrick Gille, député PS actuel médiateur qui se voit donc prolongé jusqu’à la fin 2014. Ce devrait prendre la forme d’une discussion tripartite Etats-partenaires sociaux-intermittents sur l’ensemble des questions liées à l’intermittence (lutte contre les abus et la permittence, professionnalisation, etc.).

Sauf que nombre d’études sérieuses ont déjà réalisées depuis dix ans sur les intermittents du spectacle, dont celle commandée par le Syndeac sur l’indemnisation des professionnels du spectacle et qui a fait son petit effet au Sénat le 4 juin dernier.

 Reporter le « différé d’indemnisation », une des mesures les plus controversées du texte qui, en allongeant le délai de carence entre le versement des cachets et la perception des allocations-chômage risquait de laisser un bon nombre d’intermittents sans revenus pendant plusieurs semaines. Un conseil que lui a donné le médiateur, Jean-Patrick Gille. Lequel affirme, ce soir :  » Il faut signer l’armistice pour se mettre autour de la table »

Sauf qu’en attendant, c’est l’Etat qui devra compenser l’effet de ce différé. Ce qui équivaut à remplacer la solidarité interprofessionnelle par la solidarité nationale. Alors même que les intermittents défendent un régime par mutualisation, l’Etat vote un système assurantiel individuel et se porte garant pour les précaires. Mais temporairement : pour six mois uniquement.

« Le fonds « social » d’Etat est fléché. Il doit pallier le manque de revenu dû à la carence (différé), mais exclusivement pour les annexes 8 et 10. Encore ne s’agit-il que d’une annonce pour tenter de désamorcer la mobilisation. Nous sommes face à l’application du pacte de responsabilité » qui prévoit 2 milliard d’économie sur l’assurance chômage, ce que l’accord du 22 mars met en ouvre (à hauteur de 400 millions d’économie dès 2014, le reste à suivre). Il y’a donc un accord parfait quand aux objectifs : réaliser des économies sur le dos des précaires et inciter à l’emploi non choisi, dans n’importe quelle conditions. il s’agit d’aller vers le plein emploi précaire. » , décrypte la Coordination des intermittents d’Ile-de-France.

- L’Etat annonce le « maintient intégral des crédits 2015, 2016, 2017 de la création du spectacle vivant », d’après Jean-Patrick Gille. Ce faisant, il tente de faire valoir l’intérêt particulier qu’il porte à la culture. Sauf qu’en période de coupes drastiques dans le budget de la culture, cette décision revient à mettre en concurrences les différents domaines culturels : le spectacle vivant contre la patrimoine, par exemple.

- Manuel Valls en appelle à la responsabilité de chacun pour contrer les annulations de festivals. C’est oublier que ces annulations pénalisent en premier ceux qui ont préparé les dits spectacles.

« Pour le moment, la seule piste évoquée est l’agrément et la table ronde réunissant tout le monde. Hier au comité de suivi, cette éventualité a été balayée par tous. Nous avons parlé de provocation, d’opération communication, qu’une table ronde était acceptable uniquement si l’agrément n’était pas donné. De toute façon, si la table ronde était nécessaire, pourquoi ne l’ont ils pas imposé AVANT ? », précise encore, à chaud, la Coordination des intermittents.

D’ors et déjà, un préavis de grève est lancé pour le 1er juillet. La CGT spectacle évoque des « mesurettes ».

Communiquer sur les efforts financiers en faveur du spectacle vivant en pleine politique d’austérité, en appeler à la responsabilité des intermittents alors même que le gouvernement refuse d’entendre leurs propositions, c’est à la fois renvoyer les intermittents dans leurs cordes et prendre le parti de rendre leur mouvement impopulaire auprès du contribuable, qui va être ravi de « payer à la place du Medef ». Aussi impopulaire que celui des cheminots…

C’est prendre aussi le risque d’ouvrir un nouveau front au Parti socialiste, dont certains parlementaires, sénateurs,élus, avaient pris position contre l’agrément. C’est enfin refuser d’assumer sa propre responsabilité dans les annulations de festivals. Et tenter d’acheter la paix, le temps de l’été.

Ingrid Merckx

Source Politis : 19/06/2014

 

Valls « recule » pour désamorcer le conflit avec les intermittents

Le premier ministre propose que l’État prenne à sa charge la principale mesure de la convention d’assurance-chômage à l’origine du conflit actuel.

A trop vouloir ménager la chèvre et le chou, on mécontente souvent tout le monde… Pour désamorcer un mouvement qui menaçait les festivals de l’été, le gouvernement a décidé de suspendre la mesure de la nouvelle convention d’assurance-chômage qui crispait le plus les intermittents: l’allongement du différé d’indemnisation (délai avant de percevoir l’allocation chômage). «Le nouveau différé ne s’appliquera pas» au 1er juillet comme prévu, a annoncé Manuel Valls jeudi. Une bonne nouvelle pour les intermittents. Mais pas pour les finances publiques. L’Unedic (gestionnaire de l’assurance-chômage) comptait réaliser 95 millions d’économies en année pleine grâce à ce différé, et 20 à 40 millions en 2014. L’État lui compensera cette perte. C’est donc l’ensemble des Français via l’État qui payeront la facture.

Est-ce un prélude à une nouvelle répartition des rôles, où l’État serait plus présent? Il est trop tôt pour le dire. Mais le gouvernement veut revoir tout l’architecture du système, pour «bâtir un cadre enfin stabilisé et sécurisé», selon Manuel Valls. Ce seront le patronat, les syndicats, les professionnels du secteur et l’État qui s’y attelleront, et ce dès la semaine prochaine. «Tous les sujets seront sur la table» a précisé François Rebsamen, le ministre du Travail. Cette concertation sera pilotée par trois personnalités: Hortense Archambault, l’ex-patronne du Festival d’Avignon ; Jean-Denis Combrexelle, l’ancien directeur général du Travail ; et le député PS Jean-Patrick Gille. C’était bien le moins pour celui qui a fait office de médiateur ces deux dernières semaines et dont le rapport, remis en catastrophe jeudi soir, a été peu repris. Ce chantier devrait s’achever en fin d’année. Et c’est pendant toute cette période que le différé d’indemnisation sera suspendu. Le gouvernement a encore décidé de maintenir intégralement le budget consacré à la création et au spectacle vivant en 2015, 2016, 2017.

Des «mesurettes»

Reste que même avec ces gestes, le gouvernement n’a pas calmé la colère des intermittents. La CGT spectacle les a qualifiés de «mesurettes» et a appelé…. à amplifier le mouvement alors que Manuel Valls a conclu son point presse en souhaitant que les festivals se déroulent normalement! «Il est probable que nous déposions un préavis de grève» pour le 1er juillet, a déclaré son secrétaire général, Denis Gravouil. Quant au collectif des intermittents, il demande toujours le non-agrément de la convention d’assurance-chômage.

Or Manuel Valls a redit jeudi que le gouvernement allait agréer cette convention, au nom du respect des partenaires sociaux. Ce texte est en effet issu d’un accord signé par le patronat, la CFDT, FO et la CFTC. Et l’exécutif ne pouvait pas se fâcher avec eux. Sauf que là aussi, l’objectif est en partie manqué. Si FO a affiché sa satisfaction, la CFDT a protesté contre la mesure sur le différé qui «rompt l’équité entre le salariés». De fait, les cadres subiront eux pleinement un différé sur les chèques de départ. Quant au Medef, il n’a pas réagi jeudi soir. Mais gageons qu’il proposera des mesures choc, comme la révision des 193 métiers ouvrant au statut d’intermittents.

Cécile Crouzel

Source Le Figaro 19/06/2014

Intermittents : «Une manœuvre de Valls pour passer l’été»

FRANCE-CULTURE-ENTERTAINMENT-SOCIAL-LABOURLes propositions du premier ministre pour mettre fin à la polémique autour de la convention de l’assurance chômage sont loin de faire l’unanimité.

Son allocution était très attendue. À 19h, moins d’une heure après la réception du rapport du médiateur Jean-Patrick Gille, Manuel Valls a mis fin aux interrogations concernant l’agrément de l’accord du 22 mars sur la convention d’assurance chômage. L’accord signé par les partenaires sociaux sera bien agréé. Pour le premier ministre, une «refonte en profondeur du système est de l’avis de tous indispensable». Pour mener cette refonte, un groupe de trois experts a été nommé pour formuler d’ici la fin de l’année des propositions pour une remise à plat d’un système qui fait l’objet d’abus. Parmi ce trio, Hortense Archambault, ancienne co-directrice du festival d’Avignon. Le signal envoyé aux festivaliers est fort. Suffisant ?

Une seule mesure rencontre l’unanimité: l’annonce d’un maintien du budget de la création pour les trois prochains exercices. «Afin de promouvoir l’emploi dans le secteur culturel», le budget alloué à la création et au spectacle vivant sera «maintenu intégralement en 2015, 2016 et 2017», a annoncé en effet Manuel Valls à l’issue de la remise à Matignon du rapport du médiateur. «C’est un effort très significatif dans cette période de diminution de la dépense publique et il atteste de l’importance que nous accordons à la création culturelle», a-t-il ajouté, précisant que ses mesure répondent à l’exigence de retrouver une «sérénité nécessaire à un dialogue».

La CGT-spectacle n’a visiblement pas envie de l’entamer, elle a d’ores et déjà annoncé «le probable dépôt d’un préavis de grève au 1er juillet». «On verra quelle forme il prendra car l’épée de Damoclès est toujours là, c’est une manoeuvre pour passer l’été» a déclaré Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle.

Principale main tendue: l’annonce que le gouvernement prendra intégralement à sa charge la mesure la plus contestée de l’accord et ses conséquences sur le différé d’indemnisation qui sera finalement intégralement pris en charge par l’État. «Les intermittents concernés ne verront pas de changement de leur situation par rapport à la situation actuelle», a ainsi précisé Manuel Valls, allant plus loin que ce que suggérait Jean-Patrick Gille.

«Si tu agrées, prépare tes gréements, ça va valser!»

Du côté des intermittents, on dénonce, pêle-mêle, la langue de bois du chef du gouvernement, sa volonté de jouer la montre. Ou pis, de simples effets de manche pour sauver la saison des festivals. À l’annonce du maintien de la mesure, le compte twitter Interluttants, qui représente la Coordination des intérimaires, intermittents et précaires du Nord-Pas-de-Calais, a interpellé le ministre avec colère: «Si tu agrées, prépare tes gréements, ça va valser!». Même son de cloche chez la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France (CIP-IDF) qui a menacé: «Valls est donc aux ordres du Medef. Nos Actions ne connaîtront pas de pause.» Le syndicat des musiques actuelles a lui tâclé: «Euh… Et c’est sans rien régler, ni écouter personne d’autre que l’Unedic et le Medef qu’on s’en sort?» Pour ce qui est du différé, ils ont encore évoqué une simple «mesure transitoire». L’acteur Samuel Churin, figure active de la Coordination des intermittents du spectacle, parle pour sa part d’un «scandale». Il va même plus loin: «Valls exhauce le rêve du Medef. Sortie de l’interprofessionnel avec caisse autonome. À vomir.»

Beaucoup de commentaires sur la twittosphère s’interrogent ce soir sur le financement ce différé d’indemnisation, soupçonnant qui pèserait sur les impôts de la population française.

Claire Rodineau

Source Le Figaro 19/06/2014

Voir aussi : Rubrique Politique, Politique Economique, Politique culturelle, Société, Mouvements sociaux,

Comédie du livre 2014

Les littératures nordiques et le réel

Comédie du Livre. La 29ème édition débute ce soir. Tandis que l’on s’apprête à découvrir les passionnantes lettres du Nord, des interrogations planent sur la 30ème édition.

Grand événement culturel montpelliérain autour des livres et des pensées, légères ou profondes, qu’ils génèrent, La Comédie du livre débute ce soir avec une soirée d’ouverture* consacrée à l’écrivain islandais Arnaldur Indridason. Auteur emblématique des littératures nordiques invitées de cette 29 édition, Indridason donne dans le roman policier. Il est traduit dans trente-sept pays et édité aux éditions Métailié qui  fêtent cette année leurs 35 ans à Montpellier. Mais surtout, Indridason a construit son œuvre en l’imbriquant intimement dans le tissu de la réalité de son pays, comme la majeure partie de ses homologues nordiques invités à Montpellier.

Ce sont ces réalités, historiques, économiques, politiques, sociales culturelles et environnementales que vont nous donner à sentir et à lire, plus de trente écrivains venus de la Norvège, d’Islande, de Suède, de la Finlande ou du Danemark. A noter que ce lien étroit entre littérature et réalité, propre aux écrivains du nord, n’est pas l’apanage du roman noir qui reste  brillamment représenté. A commencer par Maj Sjöwall qui en a fait dès 1965 une arme politique en dessinant une virulente critique de la société suédoise.

Katja Kettu

Katja Kettu

Les orfèvres de la blanche

La littérature dite blanche ne se trouve pas en reste pour faire voler en éclat le fameux modèle social scandinave. On se délectera avec l’écriture des Finlandaises  Johanna Sinisalo, qui mêle adroitement drame intime et catastrophe écologique, et Katja Kettu dont la voix éclatante nous plonge en pleine guerre de Laponie dans La Sage-femme. De même que la nature, l’histoire est souvent présente, dans les récits scandinaves. La suédoise Katarina Mazetti en donne une brillante illustration. Le monde entier peut s’effondrer, le grand arbre du monde résiste décrit la prophétesse. Depuis les lointaines sagas, l’univers surnaturel traverse les littératures du nord. Jusqu’au réalisme magique de Sjon, qui incarne la nouvelle génération d’auteur islandais. Parolier de Björk, il est aussi dramaturge. Il ne faudra pas manquer l’illustrateur suédois Lars Sjunnesson, devenu l’emblème de la communauté punk pour sa très irrévérencieuse manière de défier l’autorité et la bourgeoisie. Dans un autre registre on plongera au cœur de l’histoire norvégienne avec les six volumes du Roman de Bergen de Gunnar Staalesen qui nous immerge dans cette ville de 250 000 habitants en explorant toutes les composantes historiques, sociales et politiques, sur plus d’un siècle. Arni Thorarinsson dissèque, lui, la société actuelle islandaise et la crise qui l’ébranle. L’occasion nous est offerte de fréquenter ces littératures et de découvrir la place prépondérante qu’elles occupent aujourd’hui.

Changements en perspective…

Depuis 2011, année où la direction de l’événement a été confiée à l’association Cœur de Livres composée de libraires, la Ville de Montpellier, via la direction des affaires culturelles, a recentré la manifestation autour de la littérature des pays invités. Voyant là un moyen de palier à la dispersion des propositions et d’approfondir le contenu littéraire. En quatre ans, la solidarité et l’organisation entre les libraires se sont renforcées et la manifestation a gagné en qualité, mais la situation économique des libraires, historiquement à l’origine de l’événement, s’est tendue. Chaque année un lot de libraires disparaissent en France, et Montpellier qui demeure une ville de grands lecteurs n’est pas épargnée. La crise on le sait, ne ménage pas non plus les fonds publics.

Le nouveau maire Philippe Saurel qui avait pris soin de ne pas s’engager sur la question en tant qu’adjoint à la culture, s’est fixé comme objectif d’étendre la manifestation à l’ensemble des quartiers de la ville. Lors de la présentation, il a insisté sur le coût actuel de la manifestation (500 000 euros) et sommé l’association Cœur de livres de trouver un(e) président(e). Cédric de Saint Jouan, l’adjoint à la culture de Montpellier a quant à lui pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de tous les libraires. Pour la trentième édition, on s’attend à une redistribution des cartes. Dans quelle mesure les changements vont s’opérer, et quelles en seront les conséquences ? Difficile de le dire.

Le maire a rappelé à tous les acteurs la relation unissant la littérature au réel. Mais ce n’est pas une relation à sens unique. Le réel est aussi tributaire de la littérature. En attendant, les Montpelliérains ont ancré le rendez-vous sur leurs tablettes et personne ne songe un instant à leur couper l’accès aux livres. Ils vont découvrir avec bonheur la cohorte des écrivains nordiques et leur sens de la collectivité, ce qui pourrait leur donner l’envie d’écrire…

Jean-Marie Dinh

L’Hérault du Jour  22/05/2014

 *  A 19h Centre Rabelais.

 

Les éditions Gaïa : la connexion Landes-Grand Nord qui fait mouche

 

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Herbjorg Wassno

Vingt ans après la publication de La Vierge froide et autres racontars de Jorn Riel, Gaïa compte plus de 200 auteurs dans son catalogue. La majorité d’entre eux est originaire de l’Europe septentrionale mais la maison d’édition s’est ouverte à d’autres régions du globe en accueillant des auteurs des Balkans ou d’Allemagne.

 Basée dans les Landes, Gaïa fait partie des pionniers qui ont donné à voir le vrai visage des littératures du Nord. Des fictions qui ne signifient point frimas et âpreté, lieux communs longtemps véhiculés par l’imaginaire collectif, mais qui tend à disparaître depuis que l’excellente série Borgen a mis en lumière le dynamisme et la modernité de la démocratie danoise via le personnage fictif de Birgitte Byborg (qui n’est pas sans rappeler Helle Thorning-Schmidt), auprès du grand public.

Les lecteurs connaissent d’ailleurs plusieurs succès scandinaves publiés et remarquablement traduits sous l’œil avisé de Susanne Juul, la fondatrice de Gaïa. C’est probablement le cas du roman Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti, qui sera présente à Montpellier. Quatre autres auteurs de la maison d’édition seront également de la partie comme Jorn Riel ou la très populaire spécialiste des sagas, Herbjorg Wassno, dont la trilogie Le Livre de Dina fut adaptée au cinéma. L’auteur de polar Gunnar Staalesen viendra avec sa célèbre fresque à suspens Varg Veum, dont le dernier tome intitulé Face à Face ouvre sur la découverte d’un mystérieux cadavre dans la salle d’attente pourtant pas si hospitalière du détective. Enfin, Leif Davidsen sera accompagné de son tout dernier roman, Le gardien de mon frère, qui mêle avec ambition intrigues et grande histoire.

Pour Marion Lasalle, ce rendez-vous était incontournable : «Nous sommes très contents d’avoir des auteurs invités à la Comédie du Livre car c’est un événement à rayonnement national. Nos auteurs ne sont pas aussi connus que les têtes d’affiche, mais c’est l’occasion pour le public de découvrir qui se cachent derrière des romans qui ont eu un succès honorable et qui ne se déplace que très rarement en France.»

 Désireuse de suivre ses romanciers sur l’ensemble de leur œuvre plutôt que sur un seul livre, Gaïa défend une ligne éditoriale dont la cohérence repose sur la qualité plutôt que le marketing. «Nous comptons sur le bouche à oreille des libraires qui nous restent fidèles. En 2006, Le Mec de la tombe d’à côté démarrait très doucement en France et c’est leur engouement qui a fait décollé le roman. C’est pour cela que nous privilégions ce réseau, avant les ventes en ligne, même si on ne peut pas les négliger, souligne Marion Lasalle. Mais on se bat pour que les librairies indépendantes puissent nous représenter car, sans elles, une maison d’édition comme Gaïa n’existerait plus.»

 Géraldine Pigault

Rencontre dimanche 25 mai 11h30 au Centre Rabelais

En bref
Programme Modification et annulation
Changement d’horaires : la table ronde autour de la Fantasy aura lieu dimanche à 10h avec Jérôme Noirez et Laurent Kloetzer (toujours à l’auditorium du Musée Fabre). Annulation : les auteurs Étienne Klein, Valter Hudo Mae, Annie Pietri et Jean-Philippe Blondel ne pourront être présents.

Sélection vendredi
Anticipation et critique sociale
Avec Johanna Sinisalo , Rosa Montero et Thomas Day.Venue de Finlande, d’Espagne ou de France, les œuvres de ces trois écrivains illustrent la vitalité et la grande diversité du roman d’anticipation européen. Mais l’invention d’imaginaire ne doit pas occulter la dimension critique d’intrigues qui n’hésitent pas à mettre fortement en accusation les travers et dérives bien réelles de nos sociétés. Demain à 14h30 Centre Rabelais.

Grand Entretien avec Sjón
Sjón l’inclassable a récemment été qualifié de « Mage du Nord » par la grande romancière britannique A.S. Byatt. Considéré comme « le fer de lance du réalisme magique à l’islandaise », Sjón crée des fictions mêlant Histoire et surnaturel, légendes et souvenirs vécus, excelle dans l’art de la citation, multiplie les intrigues, avec pour seul principe le plaisir de raconter des histoires. À découvrir absolument. Demain à La Panacée à 11h30.