Financement des TV publiques: Bruxelles renvoie Paris et Madrid en justice

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La Commission européenne a décidé lundi de renvoyer la France et l’Espagne devant la justice car elles refusent d’abolir des taxes imposées aux opérateurs télécoms pour financer la suppression de la publicité sur leurs télévisions publiques.

« La Commission européenne a décidé de traduire la France et l’Espagne devant la Cour de justice (de l’Union européenne) parce qu’elles continuent à imposer des taxes spécifiques sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications en violation de la législation de l’UE », explique-t-elle dans un communiqué.

Une « taxe télécoms » avait été instaurée en mars 2009 en France et en septembre 2009 en Espagne. Dans les deux cas, elle sert à compenser le manque à gagner pour les télévisions publiques engendré par la suppression de la publicité. Ses recettes ont été évaluées l’an dernier à quelque 400 millions par an en France, et 230 millions en Espagne.

La Commission fait valoir que selon le droit européen des télécoms, les taxes imposées aux opérateurs « doivent être directement liées à la couverture des coûts de la réglementation du secteur », ce qui n’est ici pas le cas. Elle avait envoyé un dernier avertissement à ce sujet fin septembre à Paris et Madrid, leur donnant deux mois pour abolir leur taxe, « mais elles sont toujours en vigueur », souligne le communiqué.

La publicité est interdite après 20H00 sur France Télévisions depuis 2009. Cette interdiction devait initialement s’étendre progressivement au reste de la journée, mais le gouvernement a annoncé l’an dernier un moratoire jusque janvier 2014. Pour compenser, la France a décidé de taxer à 0,9% le chiffre d’affaires des sociétés du secteur des télécoms, quand il dépasse 5 millions d’euros. Les opérateurs de téléphonie et les fournisseurs d’accès à internet, rassemblés dans la Fédération française des opérateurs de télécoms (FFT), avaient contesté cette taxe dans une plainte auprès de la Commission.

En Espagne, où la publicité sur les télévisions et les radios publiques a été supprimée complètement, la taxe télécoms porte sur 0,9% des recettes brutes des opérateurs. La Commission européenne a parallèlement ouvert lundi une procédure d’infraction contre un troisième pays ayant instauré une taxe sur le secteur télécoms jugée illégale, la Hongrie. La « taxe spéciale » hongroise vise essentiellement à augmenter les recettes fiscales du pays. Budapest espère en retirer environ 220 millions d’euros par an.

Dans une « lettre de mise en demeure », Bruxelles met en doute sa légalité vis-à-vis du droit européen des télécoms. La Hongrie a deux mois pour y répondre. Si ses arguments ne suffisent pas à convaincre Bruxelles, elle risque en dernier recours, comme la France et l’Espagne, un renvoi devant la justice.

AFP


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La FIJ appelle à sauver le World Service de la BBC

La Fédération internationale des journalistes et son groupe régional, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) a appelé les journalistes en Europe et dans le monde à s’unir pour défendre l’emblématique BBC World Service, l’un des médias indépendants les plus importants du monde et qui a été une inspiration internationale pour les personnes luttant pour la liberté d’expression.  Le World Service est en pleine lutte pour sa survie, selon l’affilié de la FIJ au Royaume-Uni, le syndicat national des journalistes (NUJ) qui présentera sa campagne pour défendre le service au Parlement britannique à Londres la semaine prochaine.

« La BBC a été un symbole depuis des décennies de la lutte pour la qualité et l’indépendance », a déclaré le Secrétaire général de la FEJ, Aidan White. « Mais des réductions de dépenses drastiques et la suppression de la BBC en ondes moyennes dans toute l’Europe sont une violente attaque envers le service public ».  La FEJ rappelle que le réexamen des dépenses de la BBC impliquera la suppression de plusieurs services linguistiques, tandis que des pays comme la Russie, la Chine et l’Iran, qui pratiquent une ingérence politique dans le journalisme, investissent massivement dans le renforcement de leurs propres médias en langue étrangère.

Le 25 février, les programmes d’information à la radio en portugais pour l’Afrique, en serbe, en albanais et en espagnol pour l’Amérique latine ont déjà été supprimées. Le 4 mars le service macédonien disparu et à la fin du mois russe, le chinois, l’azéri, le vietnamien, le hindi, l’indonésien, le kirghize, le népalais et swahili seront également supprimés. A partir du 27 mars, la BBC va arrêter la transmission de son service de langue anglaise en moyennes ondes sur 648 kHz, et ne sera plus disponible en Europe que par satellite, câble et en ligne.

« La BBC World Service est plus que jamais nécessaire. Ces services fournissent des nouvelles indépendantes et de qualité dans des régions où de profonds changements politiques sont en cours « , a déclaré White. « Le marché seul ne peut pas fournir aux gens l’information dont ils ont besoin dans un environnement mondial des médias. C’est pourquoi un service public est essentiel. « 

Le NUJ a organisé une réunion publique au Parlement le mardi 15 mars à la Chambre des communes (Londres) à 18:30 et encourage tous les supporteurs à se rendre au Parlement pour montrer leur soutien à la BBC World Service et au BBC Monitoring.

FIJ

Une pétition pour arrêter les coupes budgétaires. : http://www.petitionbuzz.com/petitions/savews

Voir aussi : Rubrique Médias, Médias hongrois sous contrôle, RFI silence sur les ondes, On line Acrimed Pour une refondation de l’audiovisuelle publique, Mélenchon dans la salle d’interrogatoire de Demorand,

Les poètes circulent en ville, place aux poèmes

le pouvoir vibratoire d’une poésie ancrée dans le réel.  Photo Jean-Louis Esteves

Initié en 1999, le Printemps des poètes est une manifestation nationale qui incite le plus grand nombre à fêter la poésie sous toutes ses formes d’expression. Il a contribué à changer la perception de la poésie en désacralisant le genre. Dans la région, La Maison de la poésie qui essaime à tous vents les voies poétiques avec une contagieuse passion a relayé la manifestation dès 2006. L’association présidée par le poète Jean Joubert vient de trouver cette année auprès de la Ville de Montpellier une juste reconnaissance. Elle dispose désormais d’un local et d’un soutien au fonctionnement. A l’occasion du 13e Printemps des poètes plus d’une vingtaine de rencontres gratuites sont programmées en ville.

Lundi 7 mars à l’occasion du lancement de la manifestation, l’adjoint à la culture Michaël Delafosse a salué l’éclectisme de la programmation concoctée par Annie Estèves, pour sa qualité et son ouverture en direction de la jeunesse et de la poésie contemporaine. Puis tout le monde s’est engouffré dans le tramway jusqu’à la Comédie pour suivre une intervention poétique. Symbolique démonstration du déploiement possible et nécessaire de cet art vivant dans l’espace publique. Un art dont le pouvoir vibratoire ouvre sur la profondeur du réel. La semaine s’est poursuivie au rythme de deux rendez-vous par soirée. A la Maison de la poésie à 18h30 et à la Salle St Ravy à 21h.

Le poème carrefour des arts

Mettre en avant la richesse poétique, c’est faire résonner le  fil intérieur du public, le captiver en croisant les arts. Lors de cette première semaine, la guitare flamenco de Pedro Soler s’est mêlée à la voix du poète Bruno Doucey pour un oratorio dédié à Federico Garcia Lorca. La puissance sauvage et citoyenne du comédien Julien Guill a fait retentir les paroles de Léo Ferré dans une interprétation hypnotique. Les comédiens David Léon et Frédérique Dufour ont marché sur le fil tendu de sang et de conscience par Jean Genet dans Le funambule.

« Poètes vos papiers. » scandait Ferré ce qui est aussi une façon de dire qu’on ne décrète pas un territoire poétique comme un couvre feu. Pour ouvrir un espace urbain sur l’infini, il faut l’irriguer de liberté. La ville entend affirmer la présence essentielle des poètes au sein d’une cité qui en a grand besoin. Ce ne sera pas une sinécure dans cet environnement de rails, de bruit et de poussière. La fuite effrénée au développement permanent et le conformisme des représentations qui l’accompagne n’est guère propice à l’espace poétique. Mais on le sait, quand la fenêtre est ouverte, le poème sait entrer avec une sincérité déconcertante. Il nous traverse, et  nous habite seulement quand on lui laisse le temps de poser son souffle. Il parcourt actuellement la ville. Sachez en profiter.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Poésie, Quelques prévisions de veillées poétiques, Voix de la Méditerranée le contenu d’une union , L’espace des mots de Pierre Torreilles, Salah Stétié, Rubrique Rencontre Jean Joubert, Bernard Noël, Gabriel Monnet,

Mobilisation contre l’arsenal répressif

Photo David Maugendre

Ils étaient une cinquantaine hier à 15h sous la pluie devant la préfecture a avoir répondu à l’appel de « Reste à quai » pour demander le retrait total du texte LOPPSI 2 adopté le 16 février dernier. Le collectif rassemble des citoyens, des associations, des partis politiques et des d’organisations syndicales de gauche, unis pour endiguer la dérive sécuritaire qui s’abat sur les libertés individuelles.

La récente décision du Conseil constitutionnel qui vient de censurer 13 articles de la loi Loppsi 2 est assurément un revers pour le gouvernement et le Président de la République. Parmi les articles jugés anticonstitutionnels qui font suite à la volonté de Nicolas Sarkozy exprimée dans son fameux discours de Grenoble, on relève pêle-mêle : la volonté qui permettrait à des personnes privées la surveillance générale de la voie publique et ainsi de leur déléguer des compétences de  police (art 18) ; celle d’étendre au mineurs des peines  minimales (plancher), jugée contraire à la justice pénale des mineurs (art 37) ; l’autorisation donnée au procureur de la République de convoquer un mineur sans saisir préalablement le juge des enfants (art 41) ; le fait de punir le représentant légal pour une infraction commise par un mineur (art.43) (bien que la possibilité pour le préfet d’instaurer un couvre feu pour les mineurs soit maintenue) ; l’autorisation donnée au préfet de procéder à l’évacuation forcée de terrains occupés illégalement, à toute époque de l’année, sans considération de la situation personnelle ou familiale de personnes défavorisées (art 90) ; l’extension à des agents de police municipale, qui relèvent de l’autorité communale, de procéder à des contrôles d’identité, disposition jugée contraire à la Constitution qui impose que la police judiciaire soit placée sous la direction et le contrôle de l’autorité judiciaire.

Résister à l’édifice sécuritaire

« Le Conseil constitutionnel n’est pas resté totalement sourd à la mobilisation contre ce texte, ont estimé hier les manifestants, mais ne nous y trompons pas, il se prononce sur le droit et ne s’oppose pas dans le fond à la surcharge des lois sécuritaires. 129 articles de LOPPSI 2 restent encore valides. »

Le texte déposé par le gouvernement en mai 2009, comptait quarante-six articles. Il n’a cessé d’enfler au fil des lectures pour en compter 142 à l’arrivée. Il complète l’édifice sécuritaire qui s’est constitué avec Loppsi, LSQ (sur la sécurité quotidienne), les loi Perben 1 et Perben 2, la loi sur la sécurité intérieure et d’innombrables décrets.

« La droite et l’UMP peuvent encore se satisfaire. Car elles progressent dans leur entreprise d’aggravation continue de l’arsenal répressif, constate Gerard Arnaud du collectif « Reste à quai ». Nous ne voulons  pas dissocier les articles un à un mais avoir une vision d’ensemble. Ce qui se passe, c’est qu’on nous impose toujours plus de contrôle social et toujours moins de droits sociaux. Sarko et sa bande ne sont que les valets de l’ordre libéral. Ils mettent en place l’étau  qui nous comprime pour mieux nous exploiter et exploiter les ressources de  notre environnement. » Le collectif « Reste à quai » appelle à maintenir la mobilisation et à sensibiliser les citoyens à une résistance pour la préservation des libertés individuelles et collectives.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Société Loppsi 2 les dictateurs en ont rêvé Sarkozy l’a fait, Montée de la violence policière, rubrique  Justice, entretien avec la bâtonnière, Le SM dénonce un fourre tout législatif, Conseil constitutionnel: une institution encore fragile, Médias, Médias banlieue et représentations, Une piètre image de la France,

Séisme Japon l’accident nucléaire

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L’état d’urgence a été décrété dimanche dans une deuxième centrale nucléaire touchée par le fort séisme qui a frappé le Japon vendredi et où un niveau élévé de radioactivité a été enregistré, a annoncé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« Les autorités japonaises ont informé l’AIEA que le premier (c’est-à-dire le plus bas) état d’urgence dans la centrale d’Onagawa a été signalé par la Tohoku Electric Power Company », a déclaré dans un communiqué l’agence onusienne, dont le siège est à Vienne.

« Les autorités japonaises tentent de déterminer la source des radiations », a ajouté l’agence. Le gouvernement japonais a mis en garde dimanche contre le risque d’une nouvelle explosion à la centrale de Fukushima N°1 en raison d’une accumulation d’hydrogène.

Au lendemain du tremblement de terre de 8,9 sur l’échelle de Richter et du tsunami qui a suivi, touchant les côtes nord-est du pays, ce sont les installations nucléaires japonaises qui concentrent les plus fortes inquiétudes. Une explosion a été rapportée samedi  à la centrale nucléaire de Fukushima (à 250 km au nord de Tokyo). Le toit et les murs se sont effondrés.

Le Premier ministre japonais a tenu une conférence de presse pour tenter de rassurer la population : la cuve du réacteur serait intacte et le vent chasserait, pour l’instant, les particules radioactives vers l’océan. Sur place, la radioactivité reçue en une heure par personne correspond à la limite à ne pas dépasser annuellement.

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Le Mox, combustible particulièrement toxique

Le MOX, combustible utilisé dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, qui concentrait dimanche toutes les inquiétudes, est un matériau particulièrement toxique, a souligné le Réseau Sortir du nucléaire (RSN). Le réacteur N°3 en particulier, en proie à une forte surchauffe, fonctionne au MOX – pour « mélange d’oxydes »- un combustible « extrêmement dangereux qui entre plus facilement en fusion que les combustibles classiques », indique RSN dimanche.

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« La France et le Japon porte parole au niveau mondial d’une utilisation résonnée de l’énergie nucléaire »

Composé d’uranium et de plutonium, issu de déchets nucléaires recyclés, le MOX est « bien plus réactif que les combustibles standard », a expliqué à l’AFP Jean-Marie Brom, ingénieur atomique, directeur de recherches au CNRS. « Le plutonium, qui n’existe pas à l’état naturel, est un poison chimique violent. Le mieux aurait été de ne pas en mettre du tout », explique-t-il. Selon RSN, sa « toxicité est redoutable: il suffit d’en inhaler une particule pour développer un cancer du poumon ».

Le Japon a commencé récemment à utiliser du MOX pour faire fonctionner ses centrales et avait prévu depuis 2008, d’étendre progressivement son usage en 2011-2012. Un contrat de fourniture de MOX a d’ailleurs été passé avec l’opérateur nucléaire français AREVA.

AFP

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Voir aussi : Rubrique Japon, rubrique Politique internationale, Fillon et Sarkozy misent sur l’aide de tokyo pour défendre le nucléair civil, rubrique Economie, Nucléair civil:  tour du monde des nouvelles puissances, Rubrique Santé, Manifeste pour l’indépendance de l’OMS, On Line l’article d’Owni «Areva au cœur du réacteur de Fukushima»

« Dans un roman, tout se joue sur le temps. »

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Le prix Goncourt des lycéens 2010 pour Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias Enard, était l’invité de la librairie Sauramps pour évoquer son dernier livre. Court roman par sa taille, grand par son contenu, L’alcool et la nostalgie, nous embarque avec Mathias à bord du Transsibérien pour accompagner le cercueil de son ami décédé à l’autre bout de la Russie.

Ce roman s’inscrit-il dans un contexte particulier ?

« Oui, au départ c’était une commande de France Culture dans le cadre de l’année de la France en Russie qui a donné naissance à une fiction radiophonique diffusée en juillet 2010. Je me suis embarqué dans le Transsibérien à Moscou pour rejoindre Novossibirsk. J’étais avec des comédiens et j’écrivais le texte au jour le jour. L’expérience a duré trois semaines. J’étais censé produire un récit de voyage mais je ne sais pas écrire des livres de voyages.

On découvre un faux livre de voyage où la traversée de la Russie vient nourrir le récit…

Je me suis naturellement réfugié dans la fiction. C’était mon premier voyage en Russie. Mais j’ai eu l’occasion d’apprendre la langue russe et je connaissais le pays à travers la littérature, et la musique. J’avais l’étrange sentiment d’avoir lu et entendu l’espace que je découvrais en fait pour la première fois. J’ai mis mes impressions au service d’un dispositif fictionnel.

Mathias, Jeanne et Vladimir, les trois personnages du livre, ont une psychologie plutôt complexe…

Ils me sont venus alors que je me promenais à Moscou. Je suis tombé sur un jeune couple de très jeunes drogués dans un tunnel pour piétons. Par la suite, la trame s’est élaborée pendant le voyage. Elle est liée à l’isolement du voyageur dans son wagon. C’est un très long voyage. On s’endort et l’on se réveille et l’on s’endort encore, et ainsi de suite durant des jours avec le paysage qui défile. Les conditions sont propices aux drogues et aux rêveries.

Vos trois héros métaphysiques et fragiles entretiennent une relation passionnée et dangereuse. Ils n’ont connu ni la révolution ni la guerre et semblent rêver de courage. Un aspect que l’on retrouve dans votre œuvre…

J’appartiens à cette génération qui n’a connu ni la guerre, ni les révoltes sociales comme celle de 68, une génération où la passion idéologique est moins forte. Dans mes romans, il y a  quelque part une volonté de réenchanter le monde, de remettre certaines choses en lumière. C’est peut-être lié à cette volonté d’engagement. En ce moment, je suis avec intérêt ce qui se passe  sur l’autre rive de la Méditerranée.

Vous qui avez vécu en Syrie, en Tunisie et en Egypte, comment décryptez-vous ce mouvement citoyen, révolte ou révolution ?

En Egypte, je pense que c’est plutôt une révolution. Les choses ne seront jamais plus comme avant. On ne reviendra pas en arrière. C’est la fin du régime des héritiers de Nasser. La fin d’une époque, les révolutions des années 50 ont échoué.

L’alcool et la nostalgie, évoque des films comme Jules et Jim, Ceux qui m’aiment prendront le train ou encore Dead Man. Le voyage en lui même s’apparente à un  grand travelling. Quel est votre rapport au cinéma ?

De nos jours l’image est omniprésente mais l’écriture est très différente du cinéma. Le roman est un espace où tout se joue sur le temps. Il offre des possibilités multiples, on peut faire des descriptions brèves ou rapides, choisir le rythme, jouer sur plusieurs espaces temporels. Le rapport au temps d’un narrateur est plus complexe qu’au cinéma où l’on est dans l’instant. En littérature il faut tout construire ».

Recueilli par Jean-Marie Dinh

L’alcool et la nostalgie, éditions inculte, 13 euros.

Voir aussi : Rubrique Livre, Rubrique Litterature française, Le terrorisme en dix leçons,