Montpellier : Métamorphose aoûtienne

Au cœur de la ville, on a tourné la page Juillet qui s’est éteint avec tous ses festivals et le sentiment d’excitation qui accompagne l’éclosion de l’été. Août à Montpellier c’est mortel disent certains. La majeure partie des habitants du centre désertent pour laisser place aux vacanciers du Nord. Tandis que la cité se peuple de Sphinx méconnus, les étudiants partent se refaire une santé familiale. Les activités culturelles se font plutôt rares, même si la relance des arts plastiques et visuels développée depuis quelques années offre de belles propositions *.

Désorienté il reste à se perdre

Les vendredis sur l’Esplanade, il y a les fameuses Estivales où prolifère une foule alcoolisée qui fait fonctionner les tiroirs-caisses et dore à peu de prix le blason de l’élu centriste en charge du commerce.

Pour circuler, mieux vaut louer un vélo ou s’entasser dans le petit train que de s’aventurer dans la ville en voiture. En temps normal, le plan de circulation décroche déjà la palme pour perdre tout  sens de l’orientation, y compris psychique, mais en été, on atteint des sommets. On vous aura prévenu. A Montpellier, si vous souhaitez vous rendre au Nord le plus sûr est de partir vers le Sud.

Les acteurs politiques et économiques de tous bords ne tarissent pas d’éloges sur les qualités visionnaires de l’ancien maire Georges Frêche qui a sorti la ville de sa torpeur méridionale. Le processus de changement permanent qu’il a mis en œuvre dans la cité se poursuit aujourd’hui comme une fuite en avant dans l’urbanisme pour faire face à la crise. Peut-être que le vrai défi politique serait d’en trouver la fin…

Pour l’heure, on continue hardiment à creuser des trous et à les reboucher, à poser des rails. Cet été les travaux des futures lignes du tram sont à l’origine d’une interruption partielle des lignes 1 et 2 ce qui promet d’allonger les bouchons sans empêcher une nouvelle augmentation des tarifs.

La lumière de l’insolite

En Août, le mieux est donc de rester sur place. A l’abri de l’invasion sonore des marteaux piqueurs, et autres scies circulaires, l’observateur trouvera dans l’espace urbain l’activité la plus équivoque des vivants libérés de toutes contraintes quotidiennes. Dans son prélassement, l’homme en vacances nous éclaire sur de nouvelles facettes de son identité. Un faux pas, une syllabe achoppée révèle souvent une excentricité insoupçonnée.

Sur la Comédie, le moment est choisi pour porter le regard sur la lumière de l’insolite. Sur le monde de l’éphémère, sur ceux qui font la sieste à l’ombre de l’Opéra.

Le café commandé à une terrasse ensoleillée semble produire des effets aphrodisiaques, clarté soudaine sous une jupe qu’on relève, d’une jambe qui se découvre. Sur l’asphalte brûlant, les jets d’eaux de l’Esplanade incitent à la déraison. Il suffit pour se combler de fraîcheur, d’enjamber la petite bordure et de se laisser glisser dans le bassin.

Jean-Marie Dinh

* Deux expositions gratuites à ne pas manquer actuellement Brassaï au Pavillon  Populaire, et Gérard Garouste au Carré St Anne, et la grande  expo d’été Odilon Redon au Musée Fabre. Rens : Office du Tourisme

Voir aussi : Rubrique Montpellier, rubrique Politique locale, Chroniques, Pas de bouchon sur la voie du milieu, On se retouvera sur la paille,

L’immigration, un bienfait !

L’hostilité aux immigrés atteint un niveau inquiétant dans presque tous les pays riches. C’est une maladie à laquelle ces pays doivent résister s’ils veulent continuer à prospérer. Une telle attitude aidera en outre les pays en développement à combattre la pauvreté et à parvenir à une croissance durable.

Une immigration plus importante est souhaitable au niveau mondial pour quatre raisons : elle est source d’innovation et de dynamisme, c’est une solution au manque de main d’œuvre, elle répond au problème du vieillissement de la population dans les pays développés et elle permet aux immigrés d’échapper à la pauvreté et aux persécutions. Par contre sa limitation freine la croissance économique et mine la compétitivité à long terme des pays qui choisissent cette voie ; creusant les inégalités et accentuant les clivages sur la planète, elle constitue un obstacle à la prospérité.

Certes, suivant les lieux l’augmentation de l’immigration peut entraîner des problèmes à court terme qu’il faut résoudre de manière à en tirer les bénéfices à long terme – des bénéfices qui surpassent largement ces inconvénients momentanés. Malgré l’opposition des pays de destination des migrants, leur nombre a doublé depuis 25 ans et va encore doubler jusqu’à 2030. Le changement économique et politique rapide – et de plus en plus le changement environnemental – entraîne des déplacements de population et incite beaucoup de personnes à rechercher la sécurité et à tenter leur chance ailleurs.

Dans le contexte d’une mondialisation rapide, les risques et les coûts liés à l’immigration vont continuer à baisser. La combinaison de la croissance de la population mondiale, de la diminution des coûts de transport, de la facilité des communiquer et du développement des réseaux sociaux et économiques transnationaux pourrait et devrait conduire à une augmentation des déplacements. Si ce processus se met en œuvre, cela va stimuler la croissance mondiale et diminuer la pauvreté.

Néanmoins, si la réduction progressive des obstacles aux mouvements de capitaux, de biens et de services constitue une avancé majeure des décennies récentes, les migrations internationales n’ont jamais été autant contrôlées. Des économistes classiques comme John Stuart Mill considéraient que c’est illogique sur le plan économique et inacceptable sur le plan éthique. Adam Smith s’opposait à tout ce qui entravait « la libre circulation de la main d’œuvre d’un emploi à un autre ».

Au 19 siècle, avec le développement de la machine à vapeur et d’autres modes de transport, le tiers de la population de Scandinavie, d‘Irlande et de certaines parties de l’Italie ont émigré. La migration de masse a constitué pour des millions d’Européens le moyen d’échapper à la pauvreté et aux persécutions. Elle a participé au dynamisme et au développement de pays comme les USA, le Royaume-Uni et d’un certain nombre de colonies.

La montée du nationalisme avant la Première Guerre mondiale a conduit à l’introduction à grande échelle des passeports et à un contrôle plus strict des déplacements internationaux. Un siècle plus tard, malgré d’énormes progrès en matière de circulation des biens, des capitaux et de l’information, les entraves à la circulation des êtres humains n’ont jamais été aussi grandes.

Prés de 200 millions de personnes, soit environ 3% de la population mondiale, vivent hors de leur pays de naissance. Ce sont les orphelins du système international. Dans notre livre, Exceptional People, nous montrons que les pays qui accueillent les étrangers en tirent bénéfice. Ils constituent non seulement une source de main d’œuvre tant qualifiée que non qualifiée utile au pays d’accueil, mais leur contribution relative à l’innovation et à la création de richesses est plus élevée que celle des habitants du pays hôte. Ainsi les immigrants établis aux USA contribuent à plus de la moitié des brevets des start-up de la Silicon Valley. Leur contribution fiscale dépasse également les sommes qu’ils perçoivent au titre de la protection sociale.

Dans les pays développés, l’espérance de vie de la population augmente grâce aux progrès médicaux, alors que la population active est appelée à baisser en raison de la baisse de la natalité qui a suivi le baby boom de l’après-guerre.

Dans les pays développés, la baisse de la population en age de travailler va encore être aggravée par l’élévation du niveau d’éducation, car de moins en moins de gens voudront occuper un emploi peu qualifié, un emploi manuel ou travailler dans le bâtiment. Entre 2005 et 2025, dans les pays de l’OCDE la proportion de la population active ayant fait des études supérieures devrait augmenter de 35%. Or quand le niveau d’éducation augmente, il en est de même des attentes en matière d’emploi.

Même s’ils constituent une fuite des cerveaux pour leur pays d’origine, les migrants sont très utiles à ce dernier. Les expatriés taiwanais et israéliens sont des exemples du rôle vital joué par les immigrés en terme de soutien politique, d’investissements et de transfert technologique.

Par ailleurs la migration est historiquement le meilleur moyen d’échapper à la pauvreté. Les envois d’argents des travailleurs immigrés vers leur pays d’origine ont dépassé 440 milliards de dollars en 2010, les deux tiers de cette somme étant à destination de pays en développement. Pour les pays pauvres de petite taille, ces sommes représentent souvent plus du tiers de leur PIB et pour ceux de taille plus importante, elles dépassent fréquemment 50 milliards de dollars par an. En Amérique latine et dans les Antilles, plus de 50 millions de personnes vivent grâce à ces envois d’argent, et ce nombre est encore plus élevé en Afrique et en Asie.

Tant les pays riches que les pays pauvres bénéficieraient d’une hausse des flux migratoires et ce sont les pays en développement qui en bénéficieraient le plus. On estime qu’une augmentation de seulement 3% de la main d’œuvre immigrée dans les pays développés générerait des gains à hauteur de 356 milliards de dollars, dont plus des deux tiers reviendraient aux pays en développement. L’ouverture totale des frontières générerait une somme imposante : 39 000 milliards de dollars pour l’économie mondiale sur une période de 25 ans.

On a beaucoup discuté de la nécessité de conclure le cycle de négociation de Doha sur le commerce mondial et d’augmenter l’aide aux pays pauvres. Ce sont des choses importantes, mais la réforme de l’immigration est au moins aussi importante. Une petite augmentation de l’immigration serait encore plus bénéfique à l’économie mondiale et aux pays en développement que l’accroissement de l’aide et une réforme du commerce mondial.

Aujourd’hui, les pays les plus puissants ne veulent ni d’une réforme des flux migratoires, ni d’une organisation internationale qui serait chargée de sa régulation, alors que la hausse de ces flux serait dans l’intérêt de tous. Le débat public est trop important pour l’abandonner aux politiciens, une réflexion en profondeur doit être suivie par une action audacieuse.

Ian Goldin et Geoffrey Cameron

 

Voir aussi :  Rubrique Politique de l’immigration, rubrique Economie, rubrique Débat Claudio Magtis sur les dangereuses frontières intérieures de l’Europe, rubrique Méditerranée, Jusqu’à quand la politique migratoire de l’UE va-t-elle s’appuyer sur les dictatures ?, rubrique Livre, Atlas des migrants d’Europe, La nature humaine contrevient aux lois du marché, Amin Maalouf : L’Occident est peu fidèle à ses propres valeurs,

Don DeLillo: La mort inspirée d’une légende US

Don DeLillo. Great Jones Street ou l’histoire d’une rock star qui plante son groupe pour s’enfermer dans un appart.

Enfin traduit, ce roman de Don DeLillo date de 1973.  Cette année-là, les forces US quittent le Vietnam, c’est le retour des GI à la maison. John McLaughlin produit sa dernière prestation avec son groupe Mahavishnu Orchestra et les New-york Dolls réinventent les années folles. Picasso casse sa pipe. Pinochet se paie Alliendé et Marco Ferreri fait scandale à Cannes avec La Grande Bouffe.

Pendant se temps, Don DeLillo écrit son troisième roman Great Jones Street, l’histoire d’une rock star qui plante son groupe au sommet de la gloire pour s’enfermer dans un appart minable de l’East Village. Démission du monde. Besoin de faire le vide, de redevenir intime avec sa propre folie. Bucky Wunderlick ne veut plus être le gourou de personne. Il demande aux parasites qui viennent le voir de rentrer chez eux.

Great Jones Street n’est pas plus un livre rock qu’Americana* serait une histoire de l’Amérique. Scalpel en main l’auteur américain coupe sa matière en tranches. Il se tape le boulot du légiste, et le cadavre parle, découvrant les excroissances d’une civilisation en mal de revival. Au passage DeLillo restitue le climat dans lequel s’inscrit l’hallucinante histoire de la pop culture américaine. « Tout le monde connaît l’histoire du nombre infini de singe, dit Fenig. On place un nombre infini de singes devant une machine à écrire, et à la longue, l’un d’entre eux reproduira une grande œuvre littéraire. » Près de 40 ans plus tard Don DeLillo est devenu l’auteur incontournable de la littérature postmoderne. Mais cela n’a rien d’un coup de dé.

Jean-Marie Dinh

* Premier roman de DeLillo paru en 1971.
Great Jones Street , éditions Actes-sud, 22 euros

Voir aussi : Rubrique Livre, rubrique Littérature Anglo-Saxone, Don DeLillo, l’inachevé demeure la part du lecteur, Ray Carver tragédien de la banalité,

Garouste : La force de l’intemporel contemporain

Gérard Garouste : La vérité ne peut s’aborder qu’avec les mythes et les contes

Il ne faut pas manquer les œuvres (peintures, toiles, bronzes) de Gérard Garouste visibles depuis hier au Carré Sainte-Anne. Les toiles de l’artiste nous introduisent dans un monde baroque fait de l’étoffe des mythes où se mêle une acuité toute contemporaine. Peuplés d’étranges oiseaux, d’hommes et insectes à la fois constructeurs et destructeurs, l’œuvre touche les espaces éternels d’un monde infini. Elle orne déjà la République depuis les plafonds du Palais de l’Elysée jusqu’au rideau de scène du Théâtre du Châtelet.

Le choc que l’on éprouve au Carré Sainte-Anne crédite l’idée du collectionneur Bernard Macini – invité à Montpellier pour sa généreuse contribution – selon laquelle l’artiste français figure parmi les plus grands peintres contemporains de son époque. On ressent fortement les choses que nous révèle la vision inspirée de l’artiste y compris celle qui nous échappe. Pour tout saisir, il faudrait être doté des cent yeux d’Argus dont seulement cinquante se ferment durant son sommeil.

« Pour peindre, j’ai besoin de textes fondateurs, explique Gérard Garouste, parce que la vérité ne peut s’aborder qu’avec les mythes et les contes. Je ne crois pas à l’Histoire qui est truffée d’erreurs. »

Dante et Rabelais

L’exposition installée au Carré Sainte-Anne s’intitule, Gérard Garouste et la Source, une association que le peintre a fondée en milieu rural pour promouvoir l’art et la culture auprès des jeunes issus de milieux sociaux défavorisés.

Elle recoupe plusieurs périodes de la carrière de l’artiste entre 1985 et 1998. On y découvre une succession d’œuvres, d’une grande intensité, dont les peintures créées en parallèle aux chants de la Divine Comédie de Dante ou encore la Dive Bacbuc. Une installation qui se présente comme une arène de six mètres de diamètre inspirée de l’œuvre de Rabelais.

« Avec cette pièce, j’ai voulu transmettre le combat de Rabelais qui souhaitait sortir des dogmes. Pour y parvenir il avait recours au comique et au grotesque, qui exprime un non dit. C’est une toile fermée sur elle-même. Les thèmes abordés sont annoncés à l’extérieur. Pour conserver l’idée du secret on ne peut jamais voir l’ensemble intérieur, mais les détails successifs qui le composent. Le secret reste caché on doit le découvrir par nous-même. »

La Source à Montpellier ?

Les œuvres de collaboration artistes-jeune public sont parallèlement présentées à la Galerie Saint-Ravy. « L’expo est un peu un cheval de Troie, pour ouvrir de nouveau champs à l’association, qui met l’art au service du social », confie Gérard Garouste. L’idée d’une prolongation locale des actions de l’association est d’ailleurs à l’ordre du jour. Dans ce projet, l’implication de l’artiste est totale. « La Source n’est pas une école elle transmet le sens de la liberté et de la responsabilité. Cela donne du sens à ma peinture  au niveau du fond. Quand je pense à la postérité j’aimerais que  la Source soit ce qui reste de mon art. »

Entre Redon, Brassaï et Garouste, Montpellier s’impose cet été comme une escale incontournable et singulière aux amateurs d’art. Prenons le temps d’en profiter !

Jean-Marie Dinh

Les deux expositions sont visibles jusqu’au 11 septembre 2011

Voir aussi : Rubrique  Exposition, Rubrique Montpellier,

Chili : les étudiants se soulèvent contre les restes de l’ère Pinochet

Le Chili est en proie à un mouvement de contestation estudiantin sans précédent depuis le retour à la démocratie, en 1990. Mardi 9 août, plusieurs dizaines de milliers de manifestants (150 000 selon les organisateurs, 70 000 selon la police) ont battu le pavé de six villes du pays, dont Santiago, sa capitale, pour réclamer une réforme en profondeur du système éducatif et universitaire du pays.

Démarré en juin dernier, ce mouvement a été lancé par le corps enseignant et la jeunesse étudiante, représentée par exemple par Camila Vallejo, militante des jeunesses communistes chilienne et présidente de la Fédération des étudiants de l’université du Chili. Soutenus par près de 80 % de la population, selon un sondage, ils interpellent le gouvernement conservateur de Sebastian Pinera, le milliardaire élu en 2010, pour en finir avec le système éducatif hérité de l’époque Pinochet.

Un système libéralisé par Pinochet

« ¡ Y va a caer, y va a caer, la educación de Pinochet ! » (« Et elle va tomber, et elle va tomber, l’éducation de Pinochet ! ») scandaient les manifestants durant la marche organisée à Santiago. Le système éducatif chilien fonctionne essentiellement sur le modèle de l’université privée. Les facultés publiques, sous-dotées, n’ont pas bonne réputation.

Petit rappel historique : après le coup d’Etat et la chute du président Allende le 11 septembre 1973, le nouveau pouvoir réduit les dépenses publiques. Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement décide, entre autres, une réduction drastique de ses programmes d’aides, dont les bourses pour les étudiants modestes. En 1980, la réforme de l’université permet de libéraliser le système. Désormais, chaque formation a son propre prix, et les diplômes, en fonction de l’établissement, donnent accès à des emplois plus ou moins bien rémunérés.

Endettement sur quinze ans

Aujourd’hui, les manifestants reprochent à l’Etat de ne consacrer que 4,4 % de son PIB à l’éducation, bien en deçà des 7 % recommandés par l’Unesco. Le Chili jouit pourtant d’une croissance solide : 9,8 % au premier trimestre 2011, un chiffre inédit depuis seize ans.

« L’université coûte l’équivalent de 400 à 600 euros mensuels, qu’elle soit publique ou privée. Je paie 600 euros par mois pour la scolarité de mon fils à l’université Adolfo Ibanez. Imaginez lorsque vous avez trois ou quatre enfants à charge pour un salaire moyen de 900 euros. C’est impossible de joindre les deux bouts », observe un fonctionnaire et diplomate chilien résidant à Santiago. C’est pourquoi les étudiants et leurs parents s’endettent en contractant des emprunts, parfois sur quinze ans, afin de s’inscrire dans le supérieur.

Si la mobilisation de mardi a marqué un record de participation à travers tout le pays, les revendications estudiantines ne sont pas nouvelles. En 2006, la présidente socialiste, Michelle Bachelet, à peine élue, faisait face à un mouvement de contestation des étudiants contre le prix des transports et des tarifs scolaires, comme l’a raconté Rodrigo Torres, étudiant au Chili à l’époque, sur le blog Carnet du Chili. Sur le fond, rien n’a réellement changé.

« Cacerolazo »

La manifestation de mardi s’est achevée par des heurts entre policiers et manifestants, qui ont employé, pour la première fois depuis les années 1980, les bruits de casserolles, appelés « cacerolazo ». Le chef de l’Etat, dont la côte de popularité n’est qu’à 26 %, selon un récent sondage, a réuni, ce mercredi, son équipe gouvernementale. Il pourrait par exemple décider d’assouplir les exigences pour l’obtention des prêts étudiants et étendre l’accès aux bourses universitaires.

Mais la contestation semble s’étendre à d’autres problématiques que la seule question éducative. « Plus qu’un mouvement étudiant, c’est un ras-le-bol face à un système dont la grande majorité se sent exclue, car si l’éducation est un désastre, le systeme de santé en est un aussi », note ainsi Helen Herting, une lectrice du Monde.fr résidant au Chili.

Mathias Destal (Le Monde)

 

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