« Le Goncourt, je ne m’y attendais pas, j’écris instinctivement »

Atiq Rahimi : « Cette femme s'est imposée à moi »

Atiq Rahimi : « Cette femme s'est imposée à moi »

L’écrivain afghan Atiq Rahimi a reçu le prix Goncourt 2008 pour son livre Syngué sabour Pierre de patience.

Votre livre part d’une situation réelle et en même temps, la dépasse. D’où écrivez-vous ?

Cela remonte à 2005, un événement dramatique a joué un rôle moteur, l’assassinat de la poétesse Nadia Anjuman, célèbre pour ses vers sur la malédiction d’être femme en Afghanistan… Au départ, je voulais écrire quelque chose sur les hommes, sur son mari. Mais quand je me suis lancé dans l’écriture, cette femme s’est imposée à moi. Elle voulait que je parle d’elle, de ce qu’elle avait vécu. Je l’ai suivie sans connaître sa vie. C’est peut-être cette part de féminité que nous avons chacun en nous qui m’y a poussé…

Vous mettez en situation une femme veillant son mari à l’agonie. Une femme face à l’absence qui renvoie à la situation d’un monde autiste…

Malheureusement oui, on a toujours une part d’autisme vis- à vis de ce qui se passe dans le monde. Dans toutes les guerres on observe cela. Les femmes et les enfants sont toujours les premières victimes. Et ceux qui sont à l’origine, ceux qui imposent leurs lois, restent les plus indifférents à la souffrance.

Le temps modifie la situation. Face à l’intenable, la femme se libère, s’éloigne de son rôle et de la religion où elle s’était réfugiée…

Au début cette femme ne se rend pas compte de ce qui est arrivé. Elle est là. Cela fait quelques semaines qu’elle prie. Elle veille sur son mari. Elle lit le Coran. Mais comme la situation reste figée, au bout d’un moment, elle va commencer à se poser des questions. Et finit par se pencher sur elle-même. Petit à petit, elle s’aperçoit qu’elle ne peut pas sauver son mari mais qu’elle peut se libérer. C’est la première fois qu’elle arrive à parler d’elle. Il n’y a personne pour la blâmer. Elle profite de la situation. Cet homme devient sa pierre de conscience.

A ce moment, on quitte la sphère sacrificielle et religieuse pour entrer dans la sphère spirituelle et poétique ?

En effet, « Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps. » Cette phrase d’Artaud se retrouve dans le livre à travers trois étapes. Au début le corps sacrificiel est condamné au silence. Rien ne bouge. Ensuite la femme commence à parler de son corps, on voit que ce corps est un objet de honte comme le considèrent les trois religions monothéistes. Ensuite la femme se livre à la prostitution, le corps devient un objet de commerce et d’échanges. Et vers la fin, il prend une autre dimension parce que la femme n’est plus objet. Le corps devient sujet de révélation. Dans la pensée mystique persane, le corps ne se distingue pas de l’âme. Nous avons un mot intraduisible pour désigner cette symbiose. C’est le mot djâm : un corps sujet et âme sans séparation. C’est la vie. La prise de conscience de son corps est une délivrance. A la fin, même si l’homme tord le cou de sa femme. Elle rouvre les yeux. C’est une forme de renaissance.

L’attribution du Goncourt vous a-t-elle surpris ?

Quand je travaille, je ne pense pas du tout aux prix. J’écris très instinctivement. Je souhaitais faire paraître le livre en mars pour correspondre à notre nouvel an. Mais mon éditeur a décidé de le sortir pour la rentrée littéraire.

Juste après l’attribution du prix, vous avez lancé un appel pour éviter une expulsion collective ?

C’était une coïncidence. Je ne crois pas que l’on m’ait donné le prix pour que je fasse cette déclaration (rire). Mais pour moi c’est un signe comme disait André Breton : c’est un hasard objectif. Pour moi ce prix est la reconnaissance d’une aventure littéraire dans une langue, même si je revendique l’écriture comme un acte politique. Parce que quoi que l’on fasse, la politique est là. Elle vous rattrape. Elle vous récupère d’une manière ou d’une autre.

recueilli par Jean-marie Dinh


Voir aussi : Rubrique France politique  expulsionsMinistre de reserve


La singularité d’un livre miroir

pierre-de-patience1L’histoire, précise l’auteur, se situe quelque part en Afghanistan ou ailleurs. Il y est question de la vie d’une femme se retrouvant seule avec ses deux filles, au chevet de son mari. Un héros de guerre, prétentieux, arrogant, violent mais aujourd’hui à l’agonie. Un roi régnant encore, par son seul souffle sur un jardin mort. Comme beaucoup de maris qui rentrent à la maison après leur travail. Dehors les bombes explosent. On tire à la Kalachnikov. La femme prie jusqu’au bout de ses limites. Avec le temps, arrive le moment où elle doit faire face à la réalité. Sortir du jardin mort, dépasser ses craintes pour se découvrir, elle-même. En confiant ses secrets, elle se découvre et se libère. Ce qui paraît naturel se retourne alors dans le mouvement de la vie.

L’écriture claire et épurée de Rahimi porte loin.  L’écrivain afghan signe une œuvre majeure.

En attribuant le Goncourt 2008 à l’auteur franco-afghan, Atiq Rahimi, le jury a fait le bon choix. Ce prix tombe comme une corde de rappel face au glissement de la littérature vers la sphère économique sous-tendu par les prix littéraires. Pour une fois, on peut se réjouir des commentaires qui ont suivi l’annonce du lauréat. Ils n’ont pas tourné autour des écuries éditoriales mais évoqué la singularité d’un livre miroir qui vaut vraiment un petit détour chez son libraire favori.

Atiq Rahimi, Syngué Sabour, 15 euros, chez Pol

Voir : Goncourt 2009

L’expression codifiée du Nô s’ouvre à l’opéra

no-rostainA l’instar des journées européennes de l’opéra qui avaient cette année pour thème le dialogue interculturel, le compositeur Susumu Yoshida inscrit la pièce Sumidagawa (la rivière Sumida )* sous les hospices d’un rapprochement des cultures en respectant leur diversités. Inspiré d’un Nô traditionnel du XVe siècle, « Sumidagawa » évoque l’histoire d’une femme partie à la recherche de son enfant disparu. Sa quête s’achève devant la rivière Sumida où elle rencontre le passeur qui lui apprendra la mort de son enfant, tout en l’aidant à surmonter sa douleur par la prière.

En soi universel, le thème a déjà inspiré Britten. Mais à la différence de « Curlew river », où le compositeur britannique propose une adaptation christianisée de l’œuvre de Kanse, Yoshida s’associe au metteur en scène Michel Rostain dont le parcours artistique appelait cette collaboration.

Le résultat aboutit à un opéra contemporain surprenant et vibrant. Très ancré dans leur rôle, la soprano Karen Wierzba et le baryton Armando Noguera interprètent avec une présence saisissante les deux personnages. Passée la surprise de la langue japonaise, interprétée à l’occidentale cette histoire nous transportent. Le quatuor de percussionnistes Rhizome donne de la résonance à une composition dont les timbres et les nuances ouvrent les portes d’un monde intemporel.

Le travail de mise en scène s’avérait plus délicat dans la mesure où le Nô traditionnel s’appuie sur le texte et la partition musicale pour éluder la structure et partiellement les actions. En choisissant de reprendre la partition deux fois Michel Rostain joue un peu (trop ?) la carte pédagogique. Dans la première version sur-titrée, les personnages s’effacent tout en libérant une intense tension dramatique. A laquelle s’ajoute l’esthétique du décor en mouvement. Au déroulement de « l’emaki », rouleau de papier où défilent les scènes succède le cadre fixe de la seconde partie. Version, plus matérialiste, où la psychologie prend le pas sur la poésie. Si la juxtaposition offre l’avantage de la comparaison on aurait espéré que cette confrontation ouvre un nouveau champ. Mais au XIVème siècle, le maître du Nô, Zeami, insistait déjà sur l’importance de la concordance entre l’auteur et son époque.

Jean-Marie Dinh

Spectacle donné à l’Opéra Comédie dans le cadre la programmation du théâtre des Treize vents

Entretien avec Susumu Yoshida et Michel Rostain

A la recherche d’une connexion

Les deux hommes étaient faits pour se rencontrer. Le compositeur contemporain Susumu Yoshida a suivi la classe de composition d’Olivier Messiaen. Il en est sorti avec le premier prix et une suggestion. « Messiaen était fasciné par le Nô. Je pense qu’il espérait inconsciemment une synthèse entre le Nô et l’opéra. Il m’avait conseillé de monter un Nô moderne. Une idée à laquelle je n’avais pas donné suite et que j’ai finalement mise en œuvre un quart de siècle plus tard. » Michel Rostain ex-directeur de la scène nationale de Quimper qu’il a vitalisée à travers ses choix artistiques, fut à ses débuts, l’assistant de Peter Brook dont il se sent proche de la démarche.

« Avec Sumidagawa la rivière de sumida nous n’avons pas cherché à faire un Nô. Nous sommes en dialogue avec le Nô ? à la recherche d’une connexion. Mais cela reste avant tout une rencontre vivante, pas une reconstitution poussiéreuse ». La création du spectacle a eu lieu à Quimper. Face au problème de la langue, mais aussi de la dramaturgie, pour le metteur en scène, la perception du public est au centre du questionnement. « Pour faire entrer le spectateur nous avons introduit la traduction dans le décor. A partir d’un parchemin traditionnel qui raconte l’histoire. Puis, dans la seconde partie nous redonnons la partition sans la traduction sans que cela pose de problème de compréhension », explique Michel Rostain.

« Je n’écris pas pour le spectateur ou l’auditeur, confie Susumu Yoshida, Je compose pour faire sortir quelque chose de moi. En même temps, comme le dit le samouraï, j’essaye toujours d’avoir deux sabres. Pour ne pas être autiste, je m’efforce aussi d’avoir les yeux et les oreilles du spectateur. C’est une exigence qui m’accompagne dans mon travail d’écriture. »

Le choix de la distribution s’est opéré avec le concours de l’opéra de Rennes. « Karen Wierzba et Armando Noguera ont tout de suite manifesté beaucoup d’enthousiasme lorsque je leur ai présenté le projet, indique le metteur en scène, Ils entrent vraiment dans leur personnage. Pour l’interprétation, je leur ai demandé d’oublier tout ce que l’on apprend dans les maisons d’opéra, tous les tiques lyriques qui appuient les actions. Et je trouve qu’ils s’en sortent très bien. »

Susumu Yoshilda partage à sa manière avec Messiaen la place et l’influence du spirituel dans ses compositions. « Je crois profondément en ce qui nous dépasse. Dans tout mon parcours de compositeur, j’ai cherché la dimension spirituelle. » « Pour moi le religieux n’a pas à voir avec le sacré, précise Michel Rostain, Je me sens beaucoup plus proche de l’œuvre de Yoshida que de celle de Britten. Cette idée de l’enfant livré à un éternel paradis m’ai étrangère. »

Recueilli par JMDH


Voir aussi : Rubrique Japon Le Kabuki-za ferme, rubrique Montpellier,De Goldorak à la cérémonie du thé , Danse La danse des ténèbres, Saburo Teshigawara physique et spirituel, Théâtre La naissance du théâtre moderne,

Novarina monté par Yves Gourmelon et Lydie Parisse « Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire »

Lydie Parisse

Le parti est ambitieux et réussi. Il ouvre et s’inspire de l’œuvre singulière de Valère Novarina en englobant sa dimension théâtrale, picturale et théorique autour de la parole. Le spectateur est invité à pénétrer dans le laboratoire de l’écriture ou s’élabore le langage de l’auteur contemporain. Quand on est monté à l’étage, qu’on a fait le tour du propriétaire, on ne sait plus très bien où l’on est. Mais on est bien quelque part. Là justement, sous le haut-parleur qui rabâche son questionnement sur les notions d’intérieur et d’extérieur.

On entre alors dans la salle de spectacle pour regarder la prétentieuse télévision qui parle à notre place et nous laisse dans le silence. Et puis entre l’acteur qui explique que nous sommes en condition physique de ne rien comprendre puisque tout est déjà dit. Est-ce la place du théâtre d’aujourd’hui de présenter notre déreprésentation humaine ? Et que doit-il nous montrer ce théâtre? Que la parole est trouée, nous dit Novarina. Que l’homme lui-même est un trou et qu’il faut jouer au bord !

Cela, on le comprend avec cette pièce qui nous bombarde de sens dans tous les sens, piétine nos valeurs sans pondération pour finalement nous abandonner à notre passivité. Reste l’instinct, la métaphysique et la poésie pour immerger. Ce n’était pas une illusion. C’était un très bon spectacle comme il ne s’en fait plus assez.

Jean-Marie Dinh

Lafarge comdamné par l’UE pour entente illicite

le tribunal de première instance de l’UE, a confirmé le jugement rendu en 2002 et l’amende de 249,6 millions d’euros que doit verser Lafarge pour entente sur les prix des plaques de plâtre.

La Commission européenne considère que « 80% des consommateurs européens auraient été affectés par cette entente illicite sur les prix »

Voir aussi : Rubrique Politique, Affaires, rubrique Justice,

La voix de Polanyi toujours actuelle ?

jeromemaucourantMaître de conférence de sciences économiques à l’université de Saint-Étienne, Jérome Maucourant revient sur les idées historiques, politiques et sociales de Karl Polanyi

« Si l’on dit que la redistribution rend la dette acceptable, cela veut dire que le politique qui est le vecteur de la redistribution doit intervenir. »


« Dans l’œuvre multiforme de Polanyi, certaines grandes idées se dégagent. Celle par exemple que le marché ne serait pas naturel ?

Effectivement, le paradigme que nous connaissons depuis vingt cinq ans est celui de la naturalité du marché. Le marché est pensé comme une institution qui ne proviendrait pas d’un dessein conscient. En réfléchissant à la montée des fascismes, à l’échec de l’étalon-or et à la crise des années 30, Polanyi en arrive à l’idée que le marché est une construction sociale et politique mise en place par des desseins délibérés.

Quelles sont les conséquences de cette construction?

Il a une formule assez forte qui dit que le laissé faire est planifié et la planification est spontanée. Il veut dire par-là que des politiques très particulières ont constitué des marchés et que les conséquences imprévues du fonctionnement de ces marchés ont crée des contre mouvements de protection de la société, qui ont rendu possible pour un temps, la société de marché. Sans cela la société n’aurait jamais supporté les conséquences du point de vue humain, social, culturel d’une fiction aussi grossière qui consiste à faire en sorte que, la terre, la monnaie et le travail soient constitués comme marchandises.

En quoi la fin de l’étalon-or s’avère-t-elle déterminante ?

Si la crise des années 30 a expulsé l’étalon-or des institutions, sa fin programmée s’annonce dès le XIXème en Grande-Bretagne puis aux Etats-Unis quand les banques centrales se constituent. C’est-à-dire que dès qu’on a voulu instituer la monnaie comme une marchandise, – la monnaie n’étant qu’une image de la marchandise alors que l’étalon-or était pensé comme un bien pouvant être échangé contre d’autres biens – les désordres économiques ont été tels, que les banque centrales sont entrées dans la politique. Dans les années 20, on assiste à une régulation de la macroéconomie pour essayer de mettre en œuvre la monnaie parce que cela ne marche pas tout seul et qu’il faut une intervention. Et très vite, les interventions prennent différentes formes ; monétaire budgétaire, etc.

Polanyi souligne que la gestion monétaire porte sur un contenu de classe…

Il y a effectivement un contenu de classe et plus globalement un contenu social. Polanyi montre que ce qui est fondamental dans toute société humaine c’est la question de la circulation de la dette. Ici, on se rend compte de l’importance de la politique monétaire. C’est elle qui permet d’assurer une bonne évaluation et circulation des dettes. Si l’on admet que la perpétuation des dettes et leur négociation permettent à la société de tenir debout, on réalise que la monnaie n’est plus quelque chose de purement technique mais permet de gérer les équilibre sociaux.

On pense à la crise actuelle…

Il est évident que l’effondrement de la finance est tout simplement l’effondrement d’un certain mode social d’accumulation des richesses. Il suffit de voir que la croissance américaine ne favorise qu’un pour mille de la population. Et la seule façon qu’on ait trouvé pour perpétuer ce système, est l’explosion de la dette dans les classes inférieures et moyennes de la société. Un compromis existait à la fois aux Etats-Unis et dans les pays émergents pour financer une dette qui était un peu le socle social de l’accumulation mondial du capital.

L’alternative appelle-t-elle une régulation ?

Oui, ce qui signifie une chose très simple, si l’on dit que la redistribution rend la dette acceptable, cela veut dire que le politique, qui est le vecteur de la redistribution, doit intervenir. Et le faire plus massivement qu’il ne le faisait.

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Les essais de Karl Polanyi, éd du Seuil

Effectivement, cette idée contredit certains historiens qui évoquent le terme de démocratie de marché. La survie de la société moderne est liée à une articulation fonctionnelle entre la sphère politique et économique. La sphère politique est fondée démocratiquement par le vote des citoyens selon l’idéal d’égalité et doit nécessairement se confronter à l’économie qui ne fonctionne pas sur ce principe. Il y a donc un risque de clash permanent. C’est tellement vrai que Polanyi invitait à prendre Hitler au sérieux quand celui-ci pose dans son discours de 1934, l’impossibilité de la coexistence de la propriété des moyens de production et du principe démocratique.

Polanyi s’inspire du Capital, comment se distingue-t-il de Marx ?

Son œuvre serait incompréhensible sans la lecture de Marx. Les textes qui sont publiés essayent de mettre en valeur une réactualisation du marxisme que Polanyi a pu faire dans les années 30 en tentant de saisir pleinement ce moment historique. Ce qui influence Polanyi c’est le Marx de l’aliénation, en revanche Polanyi est plus critique sur l’idée que l’économie serait le squelette de toute une société. Il concède cependant au marxisme ce fait dans la société capitaliste.

En quoi son œuvre peut-elle être utile à la gauche ?

Polanyi c’est toujours considéré comme un socialiste. Il a eu pleinement conscience, avant même son échec, de l’impossibilité d’une économie planifiée. S’il y a un message à donner aux gauches actuelles c’est que, si l’anticapitalisme se traduit par la négation absolue du marché, on court irrémédiablement à l’échec. Il y a énormément de confusions qu’il faudrait lever. Certains anticapitalistes sont peu conscients que le marché peut avoir une place dans une société qui n’est pas globalement capitaliste. Polanyi nous invite à penser au fonctionnement de la société à partir des méthodes de marché, de redistribution, et de réciprocités qui renvoient à l’économie solidaire.

Un autre message que l’on peut lancer à la gauche qui se dit libérale, c’est de créer un socialisme qui prenne en compte les problèmes de notre époque comme la question de l’environnement, de la brevatibilité du vivant et généralement de l’écologie. Il est évident que cela ne peut pas être résolu par des procédures marchandes. Or une bonne partie de la gauche libérale justement par son adhésion sans faille au traité européen, qui est un projet de privatisation de la société par le marché, n’est pas en mesure de proposer une alternative. Il serait bon que les socialistes libéraux tirent les conclusions de l’histoire et de leur échec au moment même où le capitalisme financier s’effondre. »

Recueilli par Jean-Marie Dinh

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Jérome Maucourant « Avez-vous lu Polanyi ?», éd. La dispute