Le Pentagone aurait dépensé 540 millions de dollars pour produire de fausses vidéos djihadistes

Le Pentagone

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Selon une enquête menée par un collectif britannique de journalistes d’investigation, le Pentagone aurait dépensé plus d’un demi-milliard de dollars, afin de réaliser de fausse vidéos d’Al-Qaïda. Tout cela dans le cadre d’une campagne de propagande entre 2006 et 2011 lors de la guerre en Irak.

Le scandale des fausses vidéos d’Al-Qaïda va-t-il surgir dans la dernière ligne droite de la présidentielle américaine ? C’est le Bureau of Investigative Journalism, un collectif britannique de journalistes d’investigation, qui a révélé dimanche 2 octobre que le Pentagone aurait dépensé plus de 540 millions de dollars afin de produire une campagne de propagande dans le cadre de la guerre en Irak entre 2006 et 2011.

C’est la société britannique de communication et de relations publiques Bell Pottinger qui aurait bénéficié de ce juteux contrat estimé à 120 millions par an. Leur mission ? Produire les contenus d’un programme de propagande classé « top secret ».

De fausses vidéos d’Al-Qaïda

Un ancien salarié de cette entreprise habituée à travailler avec les régimes les plus contestés (Syrie, Sri Lanka, Biélorussie…) a révélé l’envers du décor au Bureau of Investigative Journalism qui ont été relayés par le Daily Beast et le Sunday Times le 2 octobre.

Le réalisateur Martin Wells explique ainsi que la société Bell Pottinger -qui a employé jusqu’à 300 personnes en Irak- avait produit plusieurs vidéos tout en étant supervisé par des militaires du Pentagone. Au delà des films publicitaires anti-Al-Qaïda, qui étaient bien officiels, d’autres, beaucoup plus secrets, étaient fabriqués.

Selon son témoignage, des reportages vidéos étaient réalisés et produits de manière à faire croire qu’il s’agissait de « productions de télévisions arabes ». Ils étaient ensuite vendus, puis diffusés sur les chaînes locales, en omettant de signaler que le Pentagone en était le commanditaire.

Des appâts numériques

La révélation la plus fracassante de cet ancien employé réside dans le pistage des fausses vidéos. Toujours selon cet ancien employé de la firme britannique, de fausses vidéos de propagande signées Al-Qaïda aurait été crées par l’entreprise Bell Pottinger. Leur but ? Piéger et traquer les personnes qui les auraient visionnées.

Lord Bell said he was « proud » of Bell Pottinger’s secret propaganda work for the Pentagon in #Iraq https://t.co/IIvHhME8BT

— The Bureau (@TBIJ) 2 octobre 2016

Les vidéos, gravées sur CD, se transformaient ainsi en appâts numériques. La CIA pouvait localiser l’ordinateur « grâce à son adresse IP », précise L’Obs, car elles étaient encodées afin de se connecter automatiquement à internet lors du visionnage. Selon Martin Wells, certains de ces CD se seraient retrouvés en Iran, en Syrie, voir même aux Etats-Unis. La société aurait rendu des comptes au Pentagone, à la CIA, et au Conseil de sécurité national américain.

Un étrange écho

Le Pentagone, bien loin de réfuter les dires de Martin Wells ou l’article du BIJ, a confirmé avoir eu recours aux services de la société Bell Pottinger. Aussi, Tim Bell, l’ancien directeur de l’entreprise a confirmé au Sunday Times, que sa société avait signé un contrat en relation avec des opérations militaires, « protégé par plusieurs clauses de confidentialité ».

Comme l’écrivent nos confrères de France 24, « ces révélations trouvent un écho particulier aujourd’hui ». Nombreux spécialistes de la mouvance djihadistes estiment que le processus de radicalisation se fait aussi à travers le visionnage de vidéos de propagande. Indirectement, le Pentagone a peut-être contribué à promouvoir Al-Qaïda et à inspirer d’apprentis réalisateurs djihadistes de l’organisation EI.

 Brice Laemle

Source : I télé 05/10/2016

Voir aussi : Actualité Internationale, Rubrique Etats-Unis, rubrique Politique«Radicalisations» et «islamophobie» : le roi est nu, Politique Internationale, rubrique Société, Propagande, La première victime de guerre c’est la vérité, Radicalisation, On LineLien vidéo,

Embarassant soutien de la «brigade Krasucki» aux salariés d’Air France

Depuis la Syrie, le soutien de la «brigade Krasucki» aux salariés d’Air France

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«Liberté pour les 16 d’Air France ! Victoire pour la CGT !» ont écrit sur un muret de la ville de Manbij les membres de ce groupe, qui ont rejoint un bataillon de syndicalistes britanniques luttant contre l’Etat islamique.«Syndicalistes, pas voyous ! Antifascistes, pas terroristes !» Ainsi se conclut le message de combattants français en Syrie, posté mardi sur la page Facebook de la CGT Cheminots Versailles. Sur la photo accompagnant le message, cinq hommes en tenue militaire, armés de fusils d’assaut, prennent la pose sur le toit d’un immeuble délabré, avec derrière eux ces mots écrits sur un muret : «Liberté pour les 16 d’Air France ! Victoire pour la CGT ! Brigade Henri Krasucki.» La date de la publication n’est pas anodine : mardi s’ouvrait le procès de quinze salariés (et non seize, mais l’un d’eux est mis en cause deux fois) d’Air France dans le cadre de l’affaire dite «de la chemise arrachée».

Source Libération :

Procès Air France : le soutien inattendu de la « brigade Krasucki » en Syrie

15511617Cest un soutien pour le moins inattendu. Les 15 salariés d’Air France, qui comparaissaient mardi et mercredi devant la justice dans l’affaire des « chemises arrachées », ont reçu un message de solidarité de la part de combattants alliés aux milices kurdes en Syrie.

Sur une photographie, on voit cinq hommes cagoulés, Kalachnikov au poignet. Les combattants posent devant un mur marqué de ce slogan :

« Liberté pour les 15 d’Air France. Victoire pour la CGT. »

Les inscriptions sont signées « Brigade Henri Krasucki ».

La photo peut paraître surréaliste, ou anachronique. Pourquoi ce message en français sur un mur de Syrie ? Et pourquoi une brigade de combattants porte-t-elle le nom d’un ex-dirigeant du syndicat français CGT ?

Est-ce un photomontage ? Non, le reporter Nicolas Hénin, spécialisé dans les conflits, assure qu’il n’y a aucun doute sur l’authenticité de la scène. « On avait déjà vu des photos et vidéos de ce groupe par le passé », explique-t-il à « l’Obs ».

D’où vient la photo ?

La photo est d’abord diffusée sur le compte Facebook de la CGT cheminot Versailles, qui a obtenu l’image via leurs homologues d’outre-Manche : « Nous sommes liés au syndicat cheminot britannique RMT. Au sein des Bataillons Internationalistes de Libération, s’est constituée la brigade ‘Bob Crow’, contenant des membres du syndicat anglais », explique à « l’Obs » le secrétaire de la CGT Cheminot Versailles qui a reçu la photo mardi, « c’est un responsable du RMT qui m’a envoyé la photo. »

Un message accompagne la photo et révèle les revendications de ce bataillon :

« Nous, combattants français, de la Brigade Henri Krasucki, du Bataillon Internationaliste de Libération, soutenons la journée de mobilisation contre la répression du 27 septembre à l’initiative de notre syndicat, la Confédération Générale du Travail ; et apportons notre soutien aux syndicalistes d’Air France et à toutes celles et ceux qui luttent. »

A la fin du communiqué, la brigade fait la corrélation entre leur lutte en Syrie et celle de la CGT en France :

« Si nous luttons ici, loin de chez nous, pour le peuple syrien opprimé par les années de guerre et successivement par les régimes dictatoriaux et fascistes djihadistes, si nous luttons aux côtés du peuple kurde pour sa libération et son indépendance, si nous luttons contre l’organisation terroriste fasciste DAECH, notre but n’est pas différent du vôtre : LIBERTE ET JUSTICE ! »

Enfin, le message conclut par :

« VIVE LA CGT ! SYNDICALISTES, PAS VOYOUS ! Antifascistes, pas terroristes ! »

Krasucki et l’esprit brigadiste

Les brigades internationalistes viennent de participer à la bataille de Manbij. Ils ont libéré la ville de Daech, d’où les inscriptions qui apparaissent sur le bâtiment de la photo. Ils combattent au Rojava, la région kurde du nord de la Syrie, auprès du YPG, émanation syrienne du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie. L’idéologie du PKK est issue du marxisme-léninisme et la région du Rojava s’est tournée vers un système confédéral, une gestion décentralisée de la politique et de l’économie. En théorie, une approche peu éloignée du syndicalisme.

Le secrétaire de la CGT cheminot de Versailles estime pour sa part:

« Ils honorent la CGT en ayant cet esprit brigadiste, progressiste et en prenant le nom d’Henri Krasucki. Ce qui n’est pas un hasard. »

Henri Krasucki était une grande figure du syndicalisme français et secrétaire général de la CGT. Résistant pendant la Seconde guerre mondiale, il fut membre actif de la section juive des FTP-MOI et membre du Parti communiste. Ses actes de bravoures face à l’occupation allemande, sabotages, lancement de tracts depuis le métro aérien, actions militaires ou encore recrutement, explique pourquoi la brigade internationaliste française a choisi un tel nom pour la représenter.

Bob Crow, lui, était un responsable syndical anglais, ancien secrétaire général du syndicat RMT. La brigade « Bob Crow » est composée d’Anglais, d’Irlandais et de Canadiens. Elle a, tout comme le bataillon français, choisi de se ranger derrière une bannière internationaliste, à l’instar de la guerre d’Espagne. Ces combattants prennent part au conflit syrien pour lutter contre Daech, qui incarne « le fascisme ».

Charles Thiefaine

Source l’Obs 28/09/16

la CGT publie un « démenti« , en fin d’après-midi sur son site internet.

cgt-confederationC’est avec stupeur et consternation que la Confédération Générale du Travail et ses militants ont découvert sur les réseaux sociaux une publication d’une brigade, membre du bataillon international de libération, faisant référence à la CGT et à son ancien premier dirigeant Henri KRASUCKI.

La CGT tient à affirmer que ces individus agissent en leur nom propre et sans aucun mandat d’une organisation de la CGT.

Non seulement nous réfutons tout lien avec ce groupuscule mais surtout nous condamnons l’utilisation des valeurs de fraternité et de paix entre les peuples qui ont guidé notre ami et camarade Henri KRASUCKI tout au long de sa vie notamment au cours des heures les plus difficiles de sa jeunesse.

Montreuil, le 28 septembre 2016

 

Réponse de la brigade Henri-Krasucki à la confédération CGT, publié le 29 septembre 2016 sur la page Facebook du Bataillon international de libération du Rojava :

Camarades et amis,

Nous sommes étonnés du démenti qu’a dû fournir la direction de la CGT suite à notre message de soutien aux syndicalistes d’Air France en procès. La photo prise de la ville de Manbij et notre déclaration n’étaient destinés qu’aux camarades en procès pour leur assurer que, même a l’autre bout du monde, ils avaient du soutien, et aucun cas entraîner la CGT dans une quelconque polemique.

Non ce n’est absolument pas le syndicat qui nous a envoyés combattre en Syrie et ce n’est pas lui qui nous a organisés. Ce n’est pas le but de la CGT. C’est de notre propre chef que nous nous sommes rendu en Syrie pour combattre l’organisation fasciste Daech au côté du peuple kurde.

C’est ici même que nous nous sommes rendus compte que nous étions plusieurs à être syndiqués à la CGT, ce qui a renforcé notre lien, et c’est simplement de camarades à camarades que nous avon voulu apporter notre soutien aux syndicalistes en procès.

Même d’ici nous pouvons suivre l’actualité de notre pays et nous sommes fiers du travail effectué par la CGT, particulièrement lors des dernières grèves contre la loi Travail. Cependant nous n’avons aucun droit à nous exprimer au nom de la CGT. Nous nous excusons auprès de nos camarades si cela les a entraînés dans une polémique.

Cependant nous souhaitons répondre ceci à la direction de la CGT :

  • tout d’abord nous ne pouvons être considérés comme un « groupuscule » car nous ne sommes pas une organisation politique,
  • ensuite nous avons choisi le nom du camarade Henri Krasucki pour notre Brigade (ou takim ici) car nous pensons notre combat dans la continuité du sien. Internationaliste il a combatu l’occupant nazi en France dans les rangs des FTP-MOI, puis a continué son combat au sein du Parti communiste et à la direction de la CGT pour défendre les droit des tavailleuses et des travailleurs. Ses valeurs de fraternité et de paix, nous les portons ici contre l’organisation fasciste Daech et pour la liberté des peuples de Syrie écrasés par tant d’années de guerre.

Durant la guerre d’Espagne ce sont par centaines que l’on pouvait compter les membres de la CGT partis combattre le franquisme aux côtés des républicains espagnols.

Nous continuons leur combat.

 

brigade Henri-Krasucki

 

Notes

Henri Krasucki jeune     Lors de son arrestation, en mars 1943. © coll. Préfecture de Police de Paris

Henri Krasucki jeune
Lors de son arrestation, en mars 1943. © coll. Préfecture de Police de Paris

Henri Krasucki a combattu le fascisme les armes à la main. Résistant sous l’Occupation, membre de la FTP-MOI, arrêté par la gestapo, torturé, déporté en camp de concentration, puis partie prenante de l’insurrection de Buchenwald, le 11 avril 1945.

* « Brigade Henri-Krasucki » est le nom que se s’est donné un groupe de cégétistes français engagés au sein du Bataillon international de libération du Rojava, qui accueille les volontaires venu.es de l’étranger pour participer à la lutte révolutionnaire au Kurdistan. Le bataillon est intégré aux Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance arabo-kurde se battant pour l’instauration du confédéralisme démocratique en Syrie.

Voir aussiActualité Internationale, Rubrique Société, Travail, Arcelor Mittal : 2 intérimaires ont chuté dans la fonte en fusion. La presse préfère parler de 2 chemises déchirées, Justice, rubrique Livre, Orwell un cran à gauche, Badiou Organiser une critique de la démocratie,

En Moselle, l’usine Smart passe officiellement aux 39H payées 37

Un salarié de l'usine Smart de Hambach (Moselle) vote lors référendum d'entreprise consultatif, le 28 juin 2016 afp.com - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Les employés de l’usine Smart de Hambach (Moselle) sont officiellement passés samedi, malgré l’opposition des syndicats majoritaires, aux 39 heures payées 37, un an après un référendum consultatif qui avait divisé le personnel.

« Nous étions à 37 heures déjà, et on passe au 1er octobre à 39 heures », a indiqué à l’AFP Jean-Yves Schmitt, directeur de la communication de l’usine. « Lors du premier changement, de 35 heures à 37, il y avait eu une augmentation de salaire, mais pas cette fois », a-t-il ajouté.

Si la mesure est effective depuis vendredi 30 septembre à minuit, c’est lundi matin qu’elle sera dans les faits adoptée par les ouvriers. Les dispositifs concernant les cadres – une réduction des jours de RTT – seront, eux, mis en place début 2017.

Ces changements sont le fruit d’un long bras-de-fer entre la direction de l’usine et les organisations syndicales, sur fond de menace de délocalisation, d’ambiance « délétère » selon les syndicats et de mouvement anti-loi travail.

Le 11 septembre 2015, ce « Pacte 2020 » avait été soumis à un référendum d’entreprise purement consultatif, mais qui avait suscité un grand intérêt médiatique et de nombreux commentaires politiques.

Le « pacte 2020 » prévoit un passage aux 39 heures hebdomadaires de travail, avant un retour aux 37 heures en 2019, puis aux 35 heures en 2020. En échange, la direction assure qu’elle ne procédera à aucun licenciement économique d’ici là.

Les quelque 800 salariés ayant participé au vote l’avaient approuvé à 56%. Mais le scrutin avait révélé les divisions du personnel, entre d’un côté des cadres, employés, techniciens et agents de maîtrise qui avaient dit « oui » à 74%, et de l’autre des ouvriers qui n’avaient été que 39% à approuver le projet.

Après ce référendum, la CGT et la CFDT, majoritaires à elles deux puisqu’elles représentent 53% des salariés, avaient cependant mis leur veto au projet de la direction.

Après de nouvelles semaines tendues, et pour contourner cette opposition, la direction a alors proposé aux employés de signer des avenants individuels à leurs contrats de travail. Le 18 décembre, elle annonçait que plus de 95% des employés les avaient signés.

Des signatures obtenues « sous la pression », de la part de salariés « apeurés », avait alors dénoncé Didier Getrey, de la CFDT Métallurgie Moselle.

Smart France produit à Hambach quelque 100.000 véhicules biplaces dans son usine située aux confins de la Lorraine, de l’Alsace et de l’Allemagne.

Source AFP 01.10.2016

Voir aussi : Actualité France, Rubrique Economie, Politique, Politique économique, Le Sénat adopte une version remaniée du projet de loi travail, rubrique Société, Travail , Emploi, Santé, Citoyenneté ,

Grand malaise à la rédaction de la radio France info

Newsroom de FranceInfo le 31 août 2016. / Bertrand Guay/Afp

Newsroom de FranceInfo le 31 août 2016. / Bertrand Guay/Afp

Le nouveau média franceinfo est dans la tourmente. Un conflit sur le recours à des journalistes multitâches (texte et montage vidéo) pour la chaîne d’info publique est sur le point de se résoudre avec la signature promise par FO et la CGT (mais pas le SNJ) d’un accord avec la direction de France Télévisions.

Mais un autre front s’est ouvert lundi 19 septembre 2016 à la Radio France Info. Une soixantaine de journalistes (sur environ 130), dont plusieurs rédacteurs en chef et la majorité des chefs de service, ont signé une « motion » intitulée « la naissance de franceinfo met en danger la crédibilité de notre station ».

Les signataires ont afflué après un épisode survenu samedi 17 septembre. « À 16 h 30, la chaîne franceinfo annonçait, sans employer le conditionnel, qu’une prise d’otages était en train de se dérouler dans l’église Saint-Leu à Paris, sur la base du témoignage d’une commerçante du quartier citant les réseaux sociaux », détaille Celia Quilleret, déléguée du personnel du Syndical national des journalistes (SNJ). Un quart d’heure plus tard, nous démentions sur la radio la rumeur d’une prise d’otages, en parlant de fausse alerte ». Sans être repris par la chaîne.

« Peur de perdre nos sources »

« Nous avons déjà relevé de nombreux exemples d’incohérence éditoriale entre les informations données sur notre radio et celles circulant sur la chaîne et le site franceinfo, poursuit la journaliste. Mais, là, nous craignons de perdre notre crédibilité. Plusieurs sources ont alerté des journalistes qu’ils pourraient cesser de leur donner des informations, si le site et la chaîne du même nom traitaient le même sujet de façon erronée ».

« Nous avons développé sur notre radio une culture de précaution, de vérification, à laquelle nous tenons et qui s’est encore renforcée » après les attentats de janvier 2015, confie un autre journaliste signataire. Lors de l’attentat du 13 novembre, nous avions bloqué beaucoup d’informations en attendant de les vérifier. Et les faits nous ont donné raison ». Une « agence de vérification », créée au sein de la radio, devait être le « centre névralgique » de la radio, de la télévision et du site franceinfo. Or ce ne serait pas le cas selon des journalistes de la station.

« Le vrai problème, c’est le nom »

« Le vrai problème, c’est le nom. Nous ne sommes pas cohérents avec nous-même puisque nous ne diffusons pas les mêmes infos sur la radio, la télévision et le site du même nom?!, résume Celia Quilleret. Notre grand souci est de sauver la crédibilité de notre station. Il y a une grande inquiétude. Et notre mobilisation est inédite ».

À cette fin, les journalistes signataires demandent « une plus grande coordination et davantage de mainmise éditoriale de la radio sur le site et la télévision ». Ils souhaitent aussi « une présence réelle » des contenus de la radio sur le site et l’application franceinfo. Précisons que la Radio France Info ne dispose plus de site spécifique depuis la fin août, et que ses contenus sont peu repris, selon la rédaction, sur le site commun avec France Télévisions.

D’autres dispositions portent sur les modalités d’une contribution des journalistes de la radio à la chaîne de télévision (droit à l’image et pige rémunérée pour un travail supplémentaire).

« Une véritable harmonisation »

« Il n’y a pas d’opposition globale à l’existence d’un média qui nous permet de devenir plus grand », souligne un journaliste de la station. Mais il y a un vrai problème de mise en œuvre?: des rédactions (l’ancienne équipe de francetvinfo, les rédactions des chaînes de France Télévisions, la trentenaire Radio France Info…), fonctionnent avec des cultures et des traditions différentes, sans jamais se concerter ».

Plusieurs journalistes soulignent que les rédactions de Radio France et de France Télévisions ne disposent d’aucun moyen pour se parler directement. Il est surtout prévu que leurs responsables puissent se concerter en cas de conflit important.

Les signataires de la motion ont obtenu un rendez-vous avec leur directeur Laurent Guimier ce vendrdei 20 septembre 2016. Ils souhaitent qu’un processus d’harmonisation puisse s’engager pour que « toutes les antennes parlent d’une même voix ». Les différentes directions (radio, chaîne et site) ont fait savoir que des groupes de travail, avec recueil des suggestions des salariés, seraient prochainement mis en place. Mettront-ils rapidement et suffisamment d’huile dans les rouages de franceinfo ?

Aude Carasco
Source  La Croix 20/09/1016

Trafic d’influence : garde à vue prolongée pour Squarcini, Flaesch convoqué chez le juge

Christian Flaesch, ex-directeur de la PJ parisienne, et Bernard Squarcini, ex-directeur central du renseignement intérieur (photos de 2013). Crédits photo : Briquet Nicolas/Lemouton Stephane/ABACA

Christian Flaesch, ex-directeur de la PJ parisienne, et Bernard Squarcini, ex-directeur central du renseignement intérieur (photos de 2013). Crédits photo : Briquet Nicolas/Lemouton Stephane/ABACA

La garde à vue de l’ancien patron de la PJ parisienne, Christian Flaesch, a été levée mardi soir. l’ex-directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, était quant à lui toujours entendu dans les locaux de l’IGPN pour une affaire de trafic d’influence.

Une chape de plomb, plus lourde encore que celle pouvant couvrir une opération antiterroriste, pèse sur les gardes à vue entourant une trouble affaire de trafic d’influence présumé au cœur de laquelle se trouverait Bernard Squarcini. Depuis lundi, l’ex-directeur central du renseignement intérieur, réputé proche de Nicolas Sarkozy et évincé de ses fonctions après l’arrivée des socialistes au pouvoir en 2012, est inquiété sur la base d’interceptions téléphoniques remontant, semble-t-il, à plus de trois ans. Effectuées plus exactement en mars et avril 2013, comme le relate Le Monde, elles ont été exhumées des archives judiciaires où elles sommeillaient en perspective d’un procès pour manquement aux obligations déclaratives visant l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui s’ouvre à Paris en mai prochain.

Une note établie à l’époque par l’ancienne Division nationale d’investigations financières et fiscales détaillerait les contacts de l’ex-cador du renseignement, aussi connu sous le pseudo «le Squale» et reconverti dans le privé, où il a fondé une société d’intelligence économique et de conseil en sécurité, Kyrnos. C’est dans ce contexte que Bernard Squarcini a travaillé pour LVMH. Il est notamment soupçonné d’avoir demandé en 2013 à Christian Flaesch, alors à la tête de la police judiciaire parisienne, des éléments sur une enquête conduite par la brigade financière sous l’autorité du parquet de Paris après une plainte d’Hermès accusant, toujours selon Le Monde, LVMH d’avoir manœuvré en secret pour monter à son capital.

Christian Flaesch a été interpellé à son domicile

Entendu tout comme Bernard Squarcini par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», Christian Flaesch a été interpellé à son domicile. «Il est anormal qu’un ancien grand flic de cette valeur, qui a trente ans de services et qui aurait pu répondre à une convocation, soit traité comme un vulgaire voyou. La seule chose qu’on pouvait lui reprocher était un sens aigu de la rigueur…», s’insurge un policier de haut rang qui a travaillé à ses côtés. Sa garde à vue a été levée mardi soir, a indiqué une source proche de l’enquête à l’AFP. Il a été convoqué à une date ultérieure devant le juge d’instruction «aux fins de mise en examen», ajoute cette source. Il pourra ressortir de cette audition avec le statut de témoin assisté.

Fin 2013, Christian Flaesch avait été évincé de son poste de patron du Quai des Orfèvres après une mise en garde du parquet général de la cour d’appel de Paris à propos d’un appel passé à son ancien ministre de tutelle, Brice Hortefeux. Lors de ce coup de fil, il semblait lui indiquer comment préparer une audition dans un dossier judiciaire concernant Nicolas Sarkozy.

L’enquête dans laquelle Bernard Squarcini est en garde à vue se nourrirait également d’écoutes téléphoniques ordonnées dans un autre dossier. Dans certaines conversations, en avril 2013, l’ancien numéro un de la DCRI semble rechercher des informations sur l’enquête pour fraude fiscale visant Jérôme Cahuzac pour les transmettre à ses interlocuteurs, dont l’ancien préfet de police de Paris, Michel Gaudin. Directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, ce dernier a été interrogé lundi dans le cadre d’une audition libre. Épluchant les contacts du Squale, l’IGPN aurait aussi placé en garde à vue un analyste de la DGSI, soi-disant «consulté»par son ancien mentor sur certaines histoires corses, comme celle de la bande du Petit Bar citée dans la mort de l’avocat Me Antoine Sollacaro.

Christophe Cornevin

Source Le Figaro 27/09/2016

Voir aussi ; Actualité France, rubrique Politique, Affaires, rubrique Société, Justice,