La banque africaine de développement et la Banque mondiale ont conjointement suspendu leur aide au Mali, alors que la Commission européenne a mis entre parenthèses ses activités dans le pays.
Après les condamnations unanimes de la communauté internationale, les premières sanctions économiques. Au lendemain du putsch militaire dont a été victime le président malien Amadou Toumani Touré, la Banque africaine de développement (BAD) et le Groupe de la Banque mondiale ont annoncé vendredi 23 mars dans un communiqué commun qu’elles suspendaient leurs opérations dans le pays à l’exception de l’aide d’urgence.
Les deux institutions « se joignent à l’Union africaine et à la Cedeao dans leur condamnation du coup d’État militaire ; ils en appellent à une résolution rapide de la crise et au rétablissement d’un gouvernement constitutionnel, en vue de préserver les acquis en matière de développement de ce pays et de son peuple », indique le communiqué.
Le commissaire au Développement de la Commission de l’Union européenne, Andris Piebalgs a de son côté « décidé de suspendre temporairement les opérations de développement de la Commission européenne dans le pays jusqu’à ce que la situation se clarifie ». Mais « cette décision ne concerne pas l’aide humanitaire », a indiqué le commissaire au Développement, rapporte l’AFP.
Washington réexamine son aide
Bruxelles avait décidé d’allouer 583 millions d’euros d’assistance au développement pour le Mali sur la période 2008-2013. Une aide destinée à des programmes de lutte contre la pauvreté, d’amélioration de l’accès à l’eau potable, ainsi que de soutien au renforcement de la sécurité. Jeudi, les États-Unis ont annoncé avoir avoir débuté le réexamen de leur aide annuelle de 137 millions de dollars (près de 103,5 millions d’euros), dont la moitié est humanitaire. Selon la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, aucune décision n’est pour le moment arrêtée.
Sur le plan politique, le Niger a ajouté son nom à la longue liste de pays condamnant l’action des putschistes. « Le Niger suit avec préoccupation et une totale désapprobation l’évolution de la situation au Mali (…) condamne tout changement anticonstitutionnel et en l’occurrence la remise en cause du processus démocratique en république sœur du Mali », déclare le communiqué du gouvernement lu à la radio publique nigérienne.
« Le gouvernement du Niger exige le retour de l’ordre constitutionnel, la libération des personnalités arrêtées, l’arrêt des violences et la préservation de la sécurité publique » au Mali, ajoute le texte.
Robert Fico, dont le parti de gauche Smer-SD a remporté haut la main les législatives en Slovaquie, s’est aussitôt déclaré solidaire avec l’Europe, aux prises avec la crise de la dette. »Notre programme est nettement pro-européen », a souligné dimanche à l’aube M. Fico qui entend faire payer les riches dans son pays pour en rééquilibrer les finances publiques. « Nous vivons au sein de l’UE, nous sommes pour la sauvegarde de la zone euro et pour la sauvegarde de l’euro en tant que monnaie européenne forte », a insisté M. Fico, 47 ans, naturellement pressenti au poste de Premier ministre.
Avec 44,41% des voix, son parti disposera d’une majorité absolue de 83 des 150 sièges au sein du Parlement monocaméral de la Slovaquie, membre de la zone euro depuis 2009. C’est la première fois depuis l’indépendance de ce pays de 5,4 millions d’habitants, né en 1993 de la partition à l’amiable de l’ex-Tchécoslovaquie, qu’un parti peut gouverner tout seul. La politique européenne du futur gouvernement de M. Fico sera « prévisible » et la Slovaquie aura sa place « dans le courant européen », a déclaré à l’AFP l’analyste Grigorij Meseznikov de l’Institut des Affaires publiques à Bratislava.
Cinq autres partis seront représentés au Parlement. Les chrétiens-démocrates KDH et le nouveau parti « Gens ordinaires » auront chacun 16 députés. Le parti de la minorité hongroise Most-Hid en aura 13, devant le SDKU-DS du Premier ministre sortant Mme Iveta Radicova et le parti libéral SaS avec 11 sièges chacun.
A l’exception des « Gens ordinaires », il s’agit des quatre partis de centre-droit qui formaient le gouvernement sortant d’Iveta Radicova, ébranlé par une affaire de corruption éclatée en décembre. En place depuis juillet 2010, ce cabinet avait été mis en échec au Parlement en octobre, suite à un vote négatif sur le renforcement du Fonds de secours de la zone euro (FESF), assimilé à un vote de confiance.
La Slovaquie était alors le dernier des 17 pays de la zone à se prononcer sur l’élargissement à 440 milliards d’euros de ce fonds de secours aux pays en difficulté financière. Elle l’a finalement approuvé grâce au soutien de Smer-SD, alors en opposition, qui exigeait en échange des élections anticipées.
Dans ce deuxième pays le plus pauvre de la zone euro, où le chômage atteint 13,7%, le Smer-SD a gagné des points en prônant de nouveaux impôts pour les riches et les sociétés faisant des profits. Se présentant comme défenseur des plus démunis, M. Fico souhaite notamment supprimer la « flat tax » de 19% appréciée des milieux d’affaires, pour augmenter le taux d’imposition à 25% pour ceux dont les revenus annuels dépassent 33.000 euros.
« Nous sommes pour la consolidation des finances publiques, mais pas au détriment des gens aux bas revenus », a déclaré M. Fico, déjà chef du gouvernement en 2006-2010. Son équipe respectera l’engagement du cabinet précédent de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 pour respecter les critères de convergence européens, a-t-il assuré. « Il est possible d’assainir les finances publiques, d’encourager la croissance et de lutter contre le chômage, sans abaisser pour autant le niveau de vie des gens qui gagnent 200, 300 ou 400 euros par mois », a promis le chef du Smer-SD, à qui ses détracteurs attribuent des velléités populistes.
« La politique économique de M. Fico ne sera pas une politique libérale », selon M. Meseznikov. Les analystes s’interrogent aussi sur l’avenir des relations slovaco-hongroises, souvent tendues dans le passé. Avant les élections de 2010, M. Fico était allé jusqu’à qualifier la Hongrie de « pays extrémiste qui exporte sa peste brune ». Avec lui au pouvoir, « les relations slovaco-hongroises seront certes plus compliquées que celles entretenues par le gouvernement de centre-droit sortant », estime M. Meseznikov.
Qui désire s’informer aujourd’hui sur la place des kurdes au Moyen Orient ? Photo Rédouane Anfoussi
Opinion. Seize kurdes observent une grève de la faim contre la répression.
Depuis le 15 février, date anniversaire qui a conduit à l’arrestation du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan, près de 400 prisonniers politiques kurdes, dont quatre députés du BDP, mènent une grève de la faim illimitée dans les prisons turques. En soutien à leur compatriotes, seize kurdes montpelliérains se sont joints à cette grève qu’ils reconduisent chaque week-end pour une durée de deux jours.
Ils sont unis dans le petit local de l’association d’amitié franco-kurde Mala kurde, à proximité du bd Clemenceau. Revêtus d’un drap blanc sur lequel est inscrit : en grève de la faim, ils ont le regard doux. La discussion s’engage autour d’un thé, leur seul breuvage durant 48 h. La parole tourne, l’un des hommes traduit et chacun peut donner son point de vue. L’action menée à Montpellier participe d’un mouvement européen pour sensibiliser l’opinion à la répression menée par le gouvernement libéral turc d’Erdogan contre le peuple kurde. Du 1er au 18 février, les kurdes d’Europe ont mené une longue marche de Genève à Strasbourg dans le même but. Un rassemblement de 60 000 personnes a eu lieu dans la capital européenne, mais l’appel pour que l’UE face pression pour obtenir la libération Abdullah Öcalan et qu’elle cesse de soutenir la politique violente du gouvernement Turc, n’a pas été entendu. Depuis , un groupe de kurdes observe toujours une grève de la faim illimitée dans une église strasbourgeoise.
Comme celui de l’Ira ou de l’Eta, le problème kurde semble trop complexe pour susciter l’attention des français. Il relève pourtant d’un abus de pouvoir qui met à mal nos principes démocratiques. Questionner son actualité paraît d’autant plus prégnant qu’elle s’inscrit au croisement des grandes restructurations politiques du Moyen Orient.
« Nous devrions aller sur la place de la Comédie, plutôt que de rester ici où nous sommes invisibles », pense un gréviste. Mais les gens ne se soucient pas de nous et les jeunes sont dépolitisés, lui répond calmement un autre. Tous deux ne mangeront pas ce soir.
Evi Tsirigotaki : « J’ai voulu mettre en avant la mobilisation des artistes ». Photo Rédouane Anfoussi.
Expo. Collective éphémère et solidaire, Greeting From Greece. 20 artistes nous ouvrent les rues d’Athènes.
La Grèce fait la Une cette semaine. Dans une conciliante logique avec celle du couple Merkel-Sarko les médias français et allemands annoncent que le scénario catastrophe est évité, grâce à l’heureuse conduite des créanciers privés disposés à effacer une partie de l’ardoise grecque. Mais étrangement, on ne trouve que les comptables de l’addition pour s’en réjouir. On en sera un peu plus sur ce qu’en pensent, les Grecs et le peuple européen privés de banquet, en se rendant au bien nommé Luthier Gourmand* qui a ouvert, depuis hier, ses fenêtres sur Athènes.
A l’initiative de la journaliste Evi Tsirigotaki, l’exposition éphémère Greeting From Greece permet de découvrir les travaux d’une vingtaine d’artistes grecs qui inventent un autre mode de vie depuis le chaos de la réalité. « J’en ai marre de voir des images de violence sur mon pays. J’ai voulu mettre en avant la mobilisation des artistes, explique Evi. Beaucoup d’entre eux s’expriment actuellement en renouant avec le street art dans les rues d’Athènes ou à travers les collectifs qui se montent pour soutenir les victimes sociales de la crise. L’usage des nouvelles technologies permet de faire circuler des regards en contrepoint à la litanie des médias dominants. » A l’instar du patron du lieu d’accueil qui affirme avec simplicité « Je me suis senti concerné. On est tous Grec », l’initiative non subventionnée a rencontré un élan spontané très participatif.
Artistes et sphère publique
Documentaires, vidéos, photos, Djset, et concerts se succèdent jusqu’à 22h dans un lieu artistiquement désacralisé. Le temps semble en effet venu de porter un autre regard sur les créateurs grecs. L’annonce de la disparition, en janvier, du plus connu d’entre eux, le réalisateur Theo Angelopoulos décédé en raison du mauvais fonctionnement des services ambulanciers de la ville, invite à tourner la page. Comme le dit à sa manière, radicalement minimaliste, l’artiste Diohandi qui a emballé le pavillon grec de la dernière biennale de Venise dans une caisse en bois en portant à son entrée l’inscription « Sold Out », tout semble à reconstruire dans le berceau de la démocratie.
Cette expo offre l’occasion de découvrir une nouvelle génération en prise avec le vide postmodernisme, pense le metteur en scène Théodoros Terzopoulos auquel est consacré un documentaire. « Si les artistes institutionnels restent très silencieux, les jeunes sont débarrassés du décorum. Ce qui leur permet d’exprimer des commentaires politiques, de la colère. Beaucoup ont recours à l’humour noir. On assiste a un vrai renouveau, indique Evi Tsirigotaki, la photographe Stefania Mizara montre dans un Webdoc, comment les Athéniens sont sortis dans la rue qu’ils ont occupée pendant des mois pour réagir contre les mesures d’austérité. Le salaire minimum à baissé de 40% en deux ans. Les créateurs qui s’expriment ici sont en contact avec le mouvement social. »
Les artistes participants à Greeting From Greece reflètent un état de la société. Ils ne sont pas les seuls à vouloir renouveler l’écriture de leur destin…
Jean-Marie Dinh
* Place St Anne à Montpellier, rens : 06 42 61 73 46.
Christos Chryssopoulos : l’intelligence par le vide
Roman. La Destruction du Parthénon de Christos Chryssopoulos.
Un livre vivement conseillé à tous ceux que l’odieuse version des faits qui nous est donnée de la crise obsède. La lecture de La Destruction du Parthénon, dernier ouvrage du jeune et talentueux écrivain grec Christos Chryssopoulos, apaisera certainement les esprits contrariés, mais peut-être pas tous… C’est un court roman d’anticipation pourrait-on dire, si l’on se réfère à la prévisible et hallucinante exigence de Berlin de démolir le Parthénon au motif non moins attendu que le coût de l’entretien du site serait trop élevé et menacerait l’équilibre des finances publiques grecques.
Christos Chryssopoulos pose lui aussi comme nécessité vitale de s’attaquer au symbole de marbre vieux de vingt-cinq siècles, en situant l’action libératrice de son principal protagoniste dans la ligné du cercle surréaliste Les Annonciateurs du chaos. Ceux là même qui dès 1944, appelaient à faire sauter l’Acropole ! Un slogan choc et provocateur relayé à Athènes au début des années 50 par un groupe d’intellectuels affiliés au Mouvement des irresponsables.
L’action du livre a lieu soixante ans plus tard. Le jeune héros de Christos Chryssopoulos vient de passer à l’acte. Il a ruminé sur sa ville, son fonctionnement, la béatitude de ses habitants. L’absurdité de la situation lui a donné l’énergie d’agir. Il a pulvérisé le Parthénon. La ville est orpheline. Est-elle encore elle-même ?
A Athènes, c’est la consternation. L’enquête s’ouvre. On recherche le terroriste, son mobile… Sur ce point, le probable monologue de l’auteur des faits, livre quelques pistes : « Quand je me suis lancé, je n’avais pas la moindre idée de la façon dont je devais m’y prendre. Je n’avais pas de plan. Je n’avais aucun idéal. Le point de départ à été une impulsion, un élan qui m’a poussé à en arriver là. Cela aurait tout aussi bien pu m’emporter je ne sais où. »
Quel avenir, pour le pays amputé de son miroir déformant ? La beauté serait désormais à chercher dans chacun de ses habitants.
JMDH
La destruction du Parthénon, 12 euros, éditions Actes-Sud
Mise sous tutelle. Le mot a fait bondir. Evoqué par certains Etats de la zone euro – Allemagne en tête – qui souhaitent conférer à l’Union européenne (UE) un pouvoir décisionnel sur la gestion budgétaire du pays, ce droit de regard absolu sur la gestion d’un pays soumis à un plan d’aide n’est pas sans rappeler les plans d’ajustement structurels (PAS) imposés par le Fonds monétaire international (FMI) dans les années 80 aux pays surendettés.
Si les deux méthodes semblent bien différentes, il s’agit dans les deux cas de justifier un contrôle supranational de la politique économique, contrôle généralement axé sur la rigueur budgétaire, afin d’assainir des finances publiques en déroute. Pourtant, l’héritage des PAS a fait l’objet de bilans plus que contrastés. Pourquoi donc l’idée d’une mise sous tutelle est-elle remise au goût du jour ?
L’inusable « consensus de Washington »
Dans le cas de la Grèce comme dans celui des pays soumis au PAS, le consensus des économistes, largement dominé par l’école de Washington, part du principe que seule la stabilité macro-économique d’un pays est à même de générer de la croissance. Il ne s’agirait alors que de rétablir cette stabilité pour sortir le pays de l’endettement.
Partant de ce postulat, les PAS ont donc pour principal objectif de rééquilibrer la balance des paiements : l’aide du FMI est donc conditionnée à l’assainissement des finances publiques du pays.
Afin de satisfaire à ces exigences, le FMI et la Banque mondiale – superviseurs des PAS – contraignent les gouvernements à adopter des mesures radicales : coupes claires dans les dépenses publiques (éducation, santé, logement, aide sociale), privatisation des entreprises d’Etat, suppression des subventions, abolition du contrôle des prix et des barrières protectionnistes. Le coût social de telles mesures est incalculable.
Les pays en développement victimes des dogmes du FMI
En 2002, soit une vingtaine d’années après l’instauration de ces PAS, Joseph Stiglitz en tire d’amères leçons dans son livre La Grande Désillusion. Le Prix Nobel d’économie parle en connaissance de cause puisqu’il fut vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale, le partenaire financier du FMI dans le cadre des PAS.
Dans son livre, M. Stiglitz remet en cause la rigueur budgétaire imposée par le FMI aux pays en développement et prend notamment pour exemple l’Ethiopie, qui s’est vu, en 1997, couper les vivres et ce à cause d’un déficit budgétaire galopant. Pourtant, ses résultats macroéconomiques étaient conformes aux exigences du FMI, avec une inflation quasi nulle et des capacités de production en hausse.
Autre dogme du FMI, celui qui voudrait que l’équilibre budgétaire d’un pays dépende des seuls impôts et n’intègre pas l’aide étrangère. Un principe rejeté par M. Stiglitz, qui regrette que le Fonds considère que cette aide, qu’il juge « instable », doive constituer une réserve au lieu d’être dépensée dans le cadre de politiques de développement. Or l’économiste démontre dans ses travaux que les rentrées de l’aide internationale sont justement plus régulières, plus constantes que les rentrées fiscales.
Des programmes de libéralisation inadaptés
Entre autres « croyances dogmatiques » dénoncées par Joseph Stiglitz, la libéralisation du marché financier, jugée indispensable à la baisse des taux d’intérêts. Se pliant à la doctrine, le Kenya – un des premiers pays à avoir bénéficié d’un PAS – a ouvert au début des années 90 son marché financier à la concurrence et scindé ses banques en plusieurs établissements de moindre envergure.
A l’instar de l’Ethiopie, qui avait suivi les mêmes recommandations, le Kenya a vu, lui aussi, les préconisations du FMI se révéler franchement contre-productives : la fragmentation du secteur bancaire a entraîné une série de banqueroutes en 1993-1994 et l’augmentation des taux d’intérêts.
Et toujours pas de « politique d’éradication de la pauvreté »
En Amérique latine, l’Argentine ne fut pas mieux lotie. Après avoir indexé, sur les conseils du FMI, sa monnaie sur le dollar, l’inflation a certes baissé mais l’instauration d’un taux de change fixe a largement freiné la croissance du pays.
Quant à l’ouverture du système bancaires argentin aux investissements étrangers – mesure pourtant saluée par le FMI -, elle a pénalisé les PME, qui ont vu leur accès au crédit se tarir. Or l’octroi de prêts aux entreprises locales est indispensable à la croissance, souligne M. Stiglitz.
Dans les cas où les PAS ont permis le retour à l’équilibre macro-financier, la croissance résulte de facteurs exogènes. En Algérie, c’est notamment la hausse du prix des hydrocarbures, à l’échelle mondiale, qui a permis la réduction des déséquilibres et le retour à un taux de croissance positif.
Tutelle réelle contre tutelle morale
Si l’expérience des PAS jette un doute sur l’efficacité de politiques rigoristes sur des finances publiques souffrantes, il ne faut pas oublier que l’Union européenne comprend en son sein des mécanismes de surveillance qui n’ont a priori rien à envier à ceux du FMI. La simple existence du Pacte de stabilité, qui limite le niveau des déficits des pays membres, en est un exemple. Pour autant, la crise a révélé combien cette « tutelle » de Bruxelles sur les finances des membres de l’UE restait théorique.
La mainmise des autorités européennes sur la politique budgétaire de la Grèce représenterait à ce titre une première. Bien qu’elle semble hors de question pour l’instant, une telle éventualité pourrait se préciser si la République hellénique venait à faire défaut le 20 mars, date d’une échéance de 14,4 milliards d’euros, pour laquelle une solution est à l’étude depuis déjà plusieurs semaines à Athènes. Sans résultat pour l’instant.