Le directeur général de la gendarmerie est remplacé brutalement

drapeau-du-gignSurprise dans la Gendarmerie nationale : son directeur général (DGGN) Roland Gilles est remercié ! Le conseil des ministres de ce matin a en effet décidé de remplacer le général Gilles, nommé en juin 2008, par son numéro 2, le général Jacques Mignaux, qui était jusqu’à présent major général. La passation devrait avoir lieu avant la fin du mois.

Selon nos informations, Roland Gilles devrait être nommé ambassadeur en Bosnie, ce qui s’apparente à un lot de consolation. Le général Gilles a eu la lourde tâche de piloter concrètement le rattachement de l’Arme au ministère de l’Intérieur, une réforme mal vécue en interne. Sur le plan des textes, le processus est achevé. Il pouvait passer la main et s’attendait d’ailleurs à le faire à l’été. La méthode employée par l’Elysée est pourtant d’une grande brutalité.

Selon nos informations, la décision a été prise durant le weekend et le général Gilles en a été officiellement informé hier à peu avant 17 heures ! Il ne faut sans doute pas surestimer l’importance de l’affaire Matelly dans cette décision. Certes, la grogne de la base gendarmique n’a pas arrangé la situation. Le poème antisarkosyste d’un adjudant-chef, comme le détournement du film La chute où le président de la République est comparé à Hitler n’a sans doute pas été apprécié avec tout l’humour nécessaire…

Dans cette période difficile pour elle, le général Gilles a défendu sa maison et cela ne lui a pas valu que des amis dans les cercles policiers très influents en haut lieu. Aucun fait particulier ne lui est reproché. Son successeur, Jacques Mignaux, a, lui, été , membre du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.

Mignaux sera-t-il le dernier général nommé DGGN ? Il y a quelques semaines, un grand responsable policier proche de l’Elysée le disait – estimant que les suivants seraient des préfets.

Voir aussi : Rubrique société rencontre avec  un superflic, délinquance  l’embarras des chiffres, Education nouvelle plainte des parents contre le fichier base élève, Justice droits de l’enfant en France, Affaire Villiers-le-Bel, la hausse de la délinquance des mineurs ne se confirme pas

Dans les coulisses peu reluisantes de Bollywood.

shobhaa_deShobhaa Dé une star indienne de passage à Montpelllier

Auteur à succès, journaliste, l’ex mannequin Shobhaa Dé est une star indienne qui s’est imposée avec détermination et dignité. Ecrivain très à l’écoute de la société, ses quatorze livres dont sept romans, abordent à travers le sexe et les problèmes de couples, la condition des femmes de manière décomplexée. Traduits dans plusieurs langues, ils se sont vendus en Inde à plusieurs millions d’exemplaires. Elle était hier l’invitée de la librairie Sauramps à l’occasion de la parution de La nuit aux étoiles, premier livre traduit en français qui dévoile les coulisses peu reluisantes de Bollywood.

Vous êtes un auteur très populaire en Inde où puisez-vous vos sources d’inspiration ?

De ma passion de vivre, de ma passion pour les mots, je pense que c’est cela qui me connecte avec mes lecteurs. C’est une connexion qui vient à la fois de la tête et du cœur.

La nuit des étoiles vous dévoilez l’envers du décor de Bollywood qui révèle un monde brutal…

Le travail d’un écrivain est de dire la vérité. Bollywood est en effet un monde de cruauté et de violence. Cela concerne tout le milieu mais cette violence se révèle plus particulièrement à l’encontre des femmes. J’ai écrit ce livre il y a vingt ans. Depuis les choses ont un peu évolué.

C’est le premier de vos livres traduit en français, pourquoi si tard ?

C’est sans doute lié au développement du cinéma de Bollywood en France. Je pense que chaque livre trouve son propre temps. Ce qui est très important c’est de trouver le bon éditeur.

Qu’est-ce qui a changé en vingt ans ?

Le cinéma indien concernait surtout le public national, avec la mondialisation, il s’est ouvert à l’international. Aujourd’hui les jeunes comédiennes choisissent de faire ce métier et font des études pour cela. Alors qu’auparavant leurs parents choisissaient pour elles. Comme dans le livre où les parents d’Aasha mettent quasiment leur fille de quinze ans dans le lit des producteurs. Le modèle de vie a beaucoup changé en vingt ans du moins dans les villes.

Dans le livre vous mettez en exergue les différences entre le Nord et le Sud ?

C’est différences s’expriment à travers la langue. Il est beaucoup plus difficile de réussir dans le cinéma si vous parler l’Hindi avec l’accent. Et puis il y a aussi la couleur de la peau. Le fait d’avoir des yeux clairs est un avantage.

La condition des femmes, un thème qui traverse votre œuvre, a-t-elle évolué durant cette période ?

A la tête du Congrès, Sonia Gandhi met un point d’honneur à la promotion des femmes dans la sphère politique. La semaine dernière un texte est passé. Il fait suite à la volonté du (BJP) parti nationaliste Hindous de réserver 33% des postes du parlement à des femmes. Elles n’étaient que 9% auparavant. C’est une avancée certaine. Les femmes sont de plus en plus puissantes en Inde.

L’émancipation des femmes s’opère-t-elle aussi face à l’hindouiste qui vénère la femme mais la considère comme servante et garante, à travers la parenté, du système de caste ?

Il y a un fossé entre le monde riche et urbain et le monde pauvre et rural où vit 42% de la population. Mais les choses sont en train de changer. Mayawati, leader du BSP, représentant les intouchables, a été élue à la tête de l’Etat d’Uttar Pradesh, le plus peuplé d’Inde. Aujourd’hui, 7o% de la population à moins de trente ans. Les jeunes femmes ont de plus en plus accès à l’information et elles prennent conscience de leurs droits.

recueilli par Jean-Marie Dinh

La nuit aux étoiles, Actes Sud, 23 euros

Voir aussi : Rubrique Inde

Berlusconi triomphe d’une faible opposition

regional_berlusconiAprès le décompte des voix, l’alliance de centre-droit du Premier ministre Silvio Berlusconi sort vainqueur des élections régionales italiennes. Elle a pu prendre quatre régions à la gauche. Pour la presse européenne, l’alliance de Berlusconi n’est pas seulement attrayante de par son populisme, mais aussi en raison des faiblesses criantes de l’opposition.


La formule du Cavaliere gagne de nouveau

La gauche n’offre aucune alternative aux électeurs en Italie, estime le quotidien Diário de Notícias, qui explique ainsi la victoire du parti du Premier ministre Silvio Berlusconi : « Les résultats montrent de nouveau que bien que la moitié … des Italiens déteste le Cavaliere, l’autre moitié s’identifie à lui. C’est finalement un homme qui s’est construit une fortune, qui possède le club de football du Milan AC et qui est toujours entouré de belles femmes. A 73 ans, il constitue un véritable symbole de succès. Mais avant toute chose, la victoire de Berlusconi montre une nouvelle fois qu’il n’existe aucune alternative à gauche. Même avec Romano Prodi ou Massimo D’Alema, la gauche n’est jamais parvenue à former une forte coalition à même de conserver le pouvoir. Ce n’est pas un hasard si Berlusconi, qui a déjà été élu trois fois au poste de Premier ministre, soit le seul chef de gouvernement italien qui ait effectué un mandat complet au pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (31.03.2010)

Diário de Notícias – (Portugal)


L’opposition doit proposer des alternatives

L’alliance de centre-droit du Premier ministre italien Silvio Berlusconi a fait un meilleur résultat qu’escompté lors des élections régionales. Les électeurs punissent ainsi l’opposition de ne pas proposer d’alternative, estime le quotidien progressiste Romano Prodi  : « De ce point de vue, il est inutile que le Parti démocrate s’obstine à vouloir trouver des solutions en changeant de chef de parti. Il est également absurde de croire qu’il pourra se libérer de sa perte d’identité sans une véritable clarification de son rôle. Surtout avec une équipe de dirigeants qui a vieilli au sein d’un déclin étouffant fait de luttes intestines. Il n’y a que deux issues : la première consisterait pour le Parti démocrate à représenter la majorité de l’opposition dans notre pays et à obtenir de temps en temps des victoires provisoires grâce à des erreurs flagrantes des adversaires. La deuxième passe par l’ambition de persuader une partie de l’électorat de Berlusconi et [du chef de la Ligue du Nord Umberto] Bossi que l’on peut aussi gouverner l’Italie autrement. » (31.03.2010)

La Stampa -( Italie)

La question de Palestine

couv-sac2a8d-la-q-palestineEdward W. Said nous offre une analyse documentée et subtile de l’affrontement, à la fin du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, entre la société palestinienne, occultée par l’idéologie dominante en Europe, et le mouvement sioniste, considéré comme une partie intégrante de l’entreprise coloniale européenne. Il dresse ensuite un tableau de la Palestine et des Palestiniens avant et après la guerre de 1967, et souligne la cristallisation, face à la discrimination, à l’occupation et à la dispersion, d’une forte conscience nationale incarnée par l’OLP. La dernière partie du livre est consacrée à une étude attentive des accords de Camp David, conclus sous l’égide des Etats-Unis entre Israël et l’Egypte, et de leurs conséquences au Proche-Orient.

L’édition augmentée de 1992 traduite chez Actes Sud prend en outre en considération les principaux événements survenus jusqu’alors : l’invasion du Liban en 1982, la première intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid.

Informer l’opinion américaine et occidentale sur la «réalité du traumatisme collectif national» du peuple palestinien. Permettre la compréhension d’une «situation pas très bien connue et certainement incorrectement appréhendée». Faire prendre conscience que la question de Palestine a été ignorée par les Sionistes et les Américains alors qu’elle constitue une «part concrète et importante de l’histoire». Mettre en lumière le fait que la question juive en Europe chrétienne s’est résolue par la colonisation des terres palestiniennes par les Sionistes, contraignant les Palestiniens musulmans et chrétiens à quitter leur patrie pour devenir des réfugiés. Faire de la question de Palestine «un objet de discussion et de compréhension» afin de la sortir du gouffre de l’Histoire et de l’état d’isolement dans laquelle elle a été confinée.

Tels sont quelques uns des objectifs qui ont incité Edward W. Said à publier, en 1979, La Question de Palestine. Réédité en 1992, cet ouvrage vient d’être publié en langue française aux Éditions Actes Sud.

Voir aussi : rubrique Israël Le rapport de l’ONU sur Gaza , Le discours de Netanyahu torpille les initiatives de paix, Documentaire, Mort de Rachel à Rafah, conflit israélo-palestinien Repère sur la guerre de Gaza, Livre rencontre avec Elias Sambar,

La réévaluation du yuan en question

Une réévaluation de la monnaie chinoise, le yuan, comme l’ont récemment demandé les Etats-Unis, ne résolvera pas le déséquilibre du commerce mondial et pourrait même menacer l’économie mondiale, ont déclaré des experts ainsi qu’une agence de l’ONU.

CHINA CURRENCYLe poids du rééquilibrage de l’économie mondiale ne doit pas reposer sur un seul pays et sur sa monnaie, a déclaré mardi la Conéfrence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). « Attendre de la Chine qu’elle livre son taux de change à la merci de marchés hautement incertains et qu’elle prenne le risque de s’embourber dans une crise à la japonaise suite à l’appréciation de sa devise c’est ignorer l’importance du yuan pour la stabilté intérieure chinoise ainsi que pour la stabilité régionale et mondiale », souligne un document d’orientation émis par l’agence onusienne. Une perte de compétitivité de la Chine aurait des conséquences dangereuses pour le monde, précise le document.

Soumis à la pression des échéances électrorales et du taux de chômage élevé, cinq sénateurs américains ont présenté mardi un projet de loi comportant des sanctions sévères à l’encontre de la Chine au cas où elle ne réévaluerait pas sa monnaie. Ce projet est l’une des diverses propositions présentées par les membres du Congrès américain contre ce qu’ils appellent un yuan délibérément sous-évalué. Lundi, 130 membres du Congrès ont écrit au gouvernement, demandant à l’administration Obama de prendre des mesures pour tenter de réévaluer le yuan par rapport au dollar.

Cepandant, la CNUCED a noté qu’un système de taux de change complètement fixe/lié ou à l’inverse entièrement flexible/flottant nest pas efficace. L’expérience montre que ces « fausses solutions » contribuent à la volatilité et aggravent les déséquilibres mondiaux. Selon l’agence onusienne, la Chine est l’économie émergente qui a le plus oeuvré pour stimuler la demande intérieure pour lutter contre la crise mondiale. Ainsi, le volume de ses importations s’est considérablement accru. La consommation privée chinoise a augmenté à l' »allure folle » de 9% en 2009 en chiffres absolus, dépassant de loin les tentatives des autres grandes économies de relancer leur marché intérieur, a précisé la CNUCED.

Les tensions autour du yuan chinois ont commencé à émerger un mois avant que le département du Trésor américain ne décide ou non de qualifier dans son rapport semestriel au Congrès la Chine comme un pays manipulateur de devise. Le président Barack Obama a demandé jeudi dernier à la Chine d’adopter un taux de change davantage orienté vers le marché, ou de permettre le renforcement du yuan.La pression du président américain sur la Chine concernant le taux de change de sa monnaie est une manifestation de l’hypocrisie des pays occidentaux et ne fonctionnera pas, a déclaré un économiste britannique. » Le président joue avec le feu (…) Obama doit vraiment faire preuve de prudence. Les Etats-Unis courent le risque de déclencher ce qui pourrait devenir une guerre commerciale acharnée », a écrit dans le Sunday Telegraph Liam Halligan, économiste en chef chez Prosperity Capital Management. Même si les exportations chinoises se sont accrues de 46% au cours des deux premiers mois de 2010 en glissement annuel, il faut relativiser cette augmentation qui part d’un niveau bas dans la mesure où le mois de février 2009 se trouvait au milieu de la tempête des subprimes qui avait pris naissance aux Etats-Unis, a-t-il noté.

Il a également souligné le fait que l’excédent commercial de la Chine a chuté de 51% au cours de la même période, ce qui signifie que le fruit des exportations de la Chine a été inférieur à la hausse des importations. « Cela n’appuie pas l’hypothèse de M. Geithner (secrétaire américain au Trésor) selon laquelle le yuan est bien trop bas », a martelé M. Halligan. Evoquant l’appel lancé par M. Obama à la Chine pour qu’elle adopte un « taux de change plus orienté vers le marché », M. Halligan a indiqué que Washington est en fait le plus grand manipulateur de devise au monde.

« La réalité est que la politique du dollar faible des Etats-Unis – pratiquée depuis longtemps pour permettre à la dépréciation de leur monnaie afin de réduire la valeur de leur dette étrangère – est la plus grande manipulation de devise de toute l’histoire de l’humanité », a indiqué M. Halligan.

Xinhua

Voir aussi : Rubrique finance , La Chine resserre ses taux hypotécaires, Si Pékin cessait d’acheter la dette américaine,