Editions Espaces 34 : De la langue dans le texte

Le vent porte les passeurs
Le renouveau de l’édition théâtral a eu lieu. Après une mauvaise passe au début des années 80, de jeunes éditeurs téméraires ont repris le flambeau.Les grands éditeurs s’étaient dégagés de ce domaine en raison de la décision de la Société des auteurs en 1975 d’un changement de versement de droits. Avec la relève, la production d’ouvrages des éditeurs de théâtre a été décuplé au cours des vingt dernières années..
A l’heure où le monde éditorial fait rimer exigence intellectuelle avec précarité, la ligne conduite par Espaces 34 incarne une vision fantasmée de la profession pourrait-on penser. Celle du métier d’éditeur à l’ancienne, exercé par des passionnés dévoués à la littérature. Pourtant ce secteur spécialisé compte de nombreux passeurs qui contribuent au renouvellement de l’écriture en parvenant à trouver un équilibre économique. Actes Sud-Papiers, L’Avant-Scène, L’Arche, Les Editions théâtrales, Le Bord de l’eau, Les Solitaires intempestifs, sont autant d’aventures éditoriales déterminées, et originales ayant permis de sauvegarder et de pérenniser la production théâtrale. Près de 400 pièces de théâtre sont publiées chaque année.

 

L’éditrice Sabine Chevallier évoque son aventure éditoriale.

A Saint- Gély-du-Fesc dans l’Hérault, la discrète maison d’édition Espaces 34 ouvre le champ. Spécialisée dans l’édition théâtrale, elle creuse un sillon fertile en nouvelles formes d’écriture. 

Sabine Chevallier. Photo Rédouane Anfoussi

 » Nous publions des textes qui ne sont pas joués  » explique sobrement Sabine Chevallier. Issue du milieu de la recherche, elle a lancé son projet en 1990 à partir de collections scientifiques et médicales. « Il fallait assurer les fondations de la structure économique avant de démarrer l’édition théâtrale » se souvient-elle. Aujourd’hui Espaces 34 se consacre essentiellement à l’écriture dramatique avec une centaine de titres au catalogue. La ligne éditoriale est répartie en plusieurs collections : Théâtre contemporain, Théâtre du XVIIIe et XIXe siècle (d’auteurs ou de textes méconnus de Voltaire, Marivaux…), Théâtre de traduction, Théâtre jeunesse…

«  Notre travail permet de mettre un fonds à la disposition des metteurs en scène, des universitaires et du lectorat prêt à découvrir de nouveaux auteurs « . Mais dans un climat de crise où la pratique de la lecture est en baisse, lire un texte de théâtre n’est pas une évidence.

Nouvelles formes d’écriture

Face aux livres, Sabine Chevallier a conservé l’envie du lecteur. Elle s’engage sur les textes forts. Le 9 décembre dernier le lieu d’écriture contemporaine montpelliérain La Baignoire a inauguré les Bains d’écriture, un nouveau cycle de rencontres pour donner l’occasion aux auteurs de confronter leur démarche.

Premiers invités Yan Allegret dont le dernier ouvrage Neige a fait l’objet d’une radiodiffusion sur France Culture et Claudine Gallea qui vient de recevoir Le Grand prix de l’écriture dramatique 2011 pour Au Bord. Tous deux publiés chez Espaces 34. « C’est important de consacrer des rencontres à l’écriture théâtrale contemporaine. Cela permet de découvrir des auteurs et de dépasser certaines représentations, confirme l’éditrice. Aborder un texte théâtral , n’est pas plus difficile que de lire une nouvelle ou de la poésie. Les auteurs dramatiques éclatent les formes. Aujourd’hui le mot théâtre recouvre des littératures très différentes. Nous portons un soin particulier aux livres en terme de rythme et d’espace. Notamment dans la collection jeunesse où la présentation favorise l’accès aux textes. »

Les auteurs de théâtre, il faut les défendre dans la durée, Sabine Chevallier le sait. Contrairement au roman ou le roulement est excessivement rapide, le travail d’éditeur de théâtre se pratique au long cours. Environs 50% des textes publiés chez Espaces 34 ont été portés à la scène. Lorsque l’on est patient, la réalité croise souvent le mythe. Il a fallu dix ans avant que Le Médée de Max Rouquette soit mis en scène par Jean-Louis Martinelli. C’est aujourd’hui une des nombreuses références de la maison. Sabine Chevallier poursuit le chemin en s’impliquant avec passion pour éveiller notre curiosité et notre désir de lecteur.

Jean-Marie Dinh

Retrouvez le catalogue sur www.editions-espaces34.fr/

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Espaces 34. L’éditrice Sabine Chevallier évoque son aventure éditoriale.

Roland Gori « La dignité face à la censure »

« Chaque société tend à privilégier les discours en affinité élective avec ses valeurs »

Roland Gori. L’initiateur de l’Appel des appels sera à Montpellier le 22 février pour évoquer son dernier livre. Il est professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste. Entretien.

Face aux nouvelles formes de la censure sociale, vous exprimez dans votre dernier livre la nécessité de dire et de partager notre expérience, mais cette censure sociale s’appuie sur une insécurité sociale en pleine croissance…

A l’heure actuelle nous nous trouvons face à une nouvelle étape du capitalisme qui « financiarise » les activités sociales et culturelles. L’Appel des appels montre à travers l’exemple des praticiens dans l’éducation, le soin, la justice, ou le journalisme, comment ces professionnels sont victimes d’une double violence. La violence économique matérielle : celle qui réduit les conditions d’existences sociales en insufflant toujours davantage de précarité et qui contribue au recul de leur statut, économiquement parlant. Et celle de la violence économique symbolique, au sens de Bourdieu, qui s’attaque à leur capital symbolique.

L’hégémonie économique, celle des marchés, s’exerce aussi sur la sphère politique en imposant une idéologie unique qui piétine les valeurs humaines. Au-delà de l’indignation, comment appliquer la réaffirmation subjective, que vous appelez de vos vœux, de manière collective ?

La question de la dignité se confronte aux nouvelles certitudes de l’évaluation. C’est une nouvelle forme de censure qui ne s’exerce plus sur les contenus mais sur les canaux de transmission. Aujourd’hui se sont les systèmes informatiques qui coordonnent la confiscation de la pensée au profit du numérique. Les classes moyennes se retrouvent prolétarisées au sens marxiste du terme. Le collectif n’est rien d’autre que le sujet de l’individu. C’est la même matrice qui contrôle la gestion des finances de l’Etat et l’évaluation des individus qui commence maintenant dès la gestation pour finir à la tombe. On pense en terme de prime d’assurance et cela concerne aussi bien les individus que le collectif. Il faut se réapproprier une certaine indépendance du politique par rapport à la logique du marché qui a colonisé les champs sociaux, politiques et culturels.

L’espace démocratique vous paraît-il menacé par le mécanisme européen de stabilité que le gouvernement s’apprête à constitutionaliser ?

Cela me paraît un enjeu extrêmement important face à la crise d’autorité du politique. Le mécanisme européen de stabilité et la règle d’or instaurent un dispositif de contrôle au nom d’une l’idéologie économique, que j’estime, par ailleurs, pas rentable. Si on inscrit cette règle comptable dans la constitution, on ne pourra plus réfléchir à ce que l’on fait. C’est le renversement entre la fin et les moyens. Dans cette configuration, les moyens sont leur propre fin. La démocratie fondée sur la distribution de la parole a évolué vers une démocratie d’expertise de l’opinion qui dépossède le citoyen de sa participation politique. Avec le contrôle et/ou la complicité des médias, on met en scène des faits divers pour adopter des lois en faisant croire que ces décisions sont exemptes de parti pris politique ».

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Invité par la Librairie Sauramps Roland Gori donnera une conférence merc 22 février à 19h salle Pétrarque. Dernier ouvrage paru : La Dignité de penser, éditions LLL, 16 euros.

Voir aussi : Rubrique Essai, rubrique Débat, rubrique Politique, Société civile, rubrique Sciences humaines, Psychanalyse un douteux discrédit, rubrique Rencontre, Jacques Broda : la crise morale, Gori et l’insurrection des consciences

FG Ossang : un cinéaste vampire qui vide le temps…

FJ Ossang : « C’est la phase terminale d’une époque… » Photo Rédouane Anfoussi

Festival 100%. Hommage au cinéma de FG Ossang, qui considère le cinéma  » comme un psychotrope « . Trois films à découvrir jusqu’au 11 février.

L’enfant est né en 1956. Une légende dit que quelques fées du rock qui passaient par là se seraient penchées sur le berceau de FG Ossang pour y vomir après une nuit trop arrosée. Le mystère plane toujours sur ce qu’elles avaient mangé la veille. Bref le pauvre gosse, qui a grandi depuis, est atteint par cette incurable maladie nommée créativité débordante. Celles qui ébranlent la société dans ses certitudes. Les symptômes témoignent d’un attachement profond aux grands espaces, à la nature et aux spiritualités diverses, chamaniques, incas, tibétaines… dans lesquelles l’homme est partie intégrante du Cosmos.

Invité par le festival 100% dans le cadre d’un hommage à son travail cinématographique, l’artiste était à Montpellier pour évoquer son dernier film Dharma Guns (2011). L’opus nous propulse dans un univers d’entre-mondes qui nous fait plonger dans la noirceur des âmes. Ossang brode sur le motif récurrent de la perdition :  » Je voulais revenir à une enfance de l’art. Le film procède par stratification. C’est une attaque par les périphéries qui parle du monde vampire, des machines qui aspirent tout. On ne peut plus faire d’alchimie. C’est la phase terminale d’une époque… » (rire).

Poète et écrivain halluciné, qui prend son petit déj’ chez Burroughs, son plat du jour avec Céline et son dîner chez Vaché et Artaud, Ossang donne aussi de la voix dans les groupes MKB et Trobbing Gristtle entre punk et indus.  » C’est un type à part. En tant qu’artiste il incarne vraiment la modernité. Il est écrivain, musicien et cinéaste et il associe complètement les différentes formes d’écriture dans son travail « , commente un organisateur conquis. On le sent bien dans Dharma Guns, où chaque forme d’écriture est exploité indépendamment comme pour répondre à la formule de Cocteau  » Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité.  » Dans cette mise en abyme du jeu de la représentation, les plans (en noir et blanc) sont très travaillés  » C’est étonnant que le monde soit si bête. Il ne faut pas être sérieux au cinéma, mais c’est quand même important dit Ossang qui joue avec la force omniprésente de l’accidentel.  » Le cinéma, c’est quelque chose de sauvage. Il est né dans les cirques et les bordels. Le cinéma c’est la commotion… « 

Ses films lui collent à la peau comme la profondeur de son regard sur un monde qu’il voit s’effondrer.  » Bientôt il n’y aura plus qu’à découvrir les films de série Z tellement le cinéma se rétrécit. On apprécie la puissance du cinéma dans des périodes qui correspondent à des académismes de courte durée.  » En attendant il rappelle la faculté du cinéma à s’émanciper de tout carcan formel pour reprendre sa liberté.

Jean-Marie Dinh

 

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 Encore à l’affiche aux Cinémas Diagonal, Le trésor des îles chiennes et Docteur Chance, jusqu’à samedi.

Jean-Christophe Victor : « Le monde change et il pourrait aller mieux…»

« Le logiciel mental de l’occident débouche sur une lenteur de compréhension ahurissante »

 

A la différence des atlas, vous avez opté pour une présentation sous forme d’itinéraires géopolitiques quels ont été vos choix de lecture ?

 

 » Ce n’est pas facile de construire un sommaire qui puisse refléter les questions du monde en évolution sur une période longue. Ces itinéraires proposent des classements et des hiérarchies qui ont demandé d’opérer des arbitrages. Nous avons par exemple, renoncé à ouvrir une fenêtre sur le Nigeria qui aurait eu toute sa place, nous aurions pu aussi doubler l’espace que nous consacrons à l’Indonésie. Le livre offre une vision politique qui se découpe en trois parties : le basculement du monde, les violences et le passage des frontières. Les éléments évoluent dans chacune d’entre elles et ils se croisent. Ce n’est pas un livre collectif mais j’ai travaillé avec l’équipe du Lépac*, le terme itinéraire signifie que ce sont mes propres choix.

Quels sont les causes et enjeux principaux de la redistribution du pouvoir mondial ?

Parmi les éléments importants, il y a le facteur démographique avec des pays comme le Brésil, l’Inde et la Chine qui disposent d’un taux de natalité important sans être trop élevé pour leur économie nationale. Ce sont des pays qui ont proprement émergé comme en témoignent l’amélioration de leur système de santé publique et l’allongement de l’espérance de vie. Le différentiel de taux de croissance de plusieurs points en leur faveur depuis une quinzaine d’années, apparaît comme un autre facteur incontournable. On observe un troisième point qui découle du second à travers le fait que les élites chinoises, indiennes, indonésiennes, brésiliennes… construisent un discours politique. Elles souhaitent, à juste titre, que leurs voix soient prises en compte dans les orientations de la politique mondiale. Elles voudraient devenir membre du Conseil de Sécurité, elles mènent bataille contre l’OMC pour un accès aux médicaments génériques…

On a pourtant le sentiment que l’occident fonctionne avec le même logiciel. Est-ce une erreur d’appréhension ou un refus de la réalité ?

Pour reprendre votre expression, on peut considérer qu’il y a le logiciel mental et le logiciel économique. L’économie s’adapte au déplacement des espaces vers l’Asie notamment. Elle a compris que les marchés sont là. Elle entend répondre au besoin de consommation des nouvelles classes moyennes. Toutes les analyses de l’OCDE ou d’Ubifrance pour l’hexagone, le confirment. En revanche, le logiciel mental débouche sur une lenteur de compréhension ahurissante que l’on peut considérer comme une forme de refus de s’adapter à la nouvelle donne. C’est un peu comparable à la décolonisation institutionnelle. Elle s’est opérée dans les années 60, mais nous n’en avons toujours pas terminé avec la décolonisation mentale.

Malgré les 30% de sa population sous le seuil de pauvreté, vous qualifiez la situation de L’Afrique du Sud comme une source d’espérance pour le continent…

 

La société sud-africaine demeure, il est vrai, très inégalitaire. L’apartheid s’est déplacé, il est aujourd’hui socio-économique. Mais malgré ses fractures le pays est aujourd’hui une grande puissance économique avec un afflux migratoire important. C’est aussi une grande puissance diplomatique. Le pays investit en Afrique australe. Sur dix ans on relève une augmentation constante de son budget de l’éducation à l’instar de la Corée du Sud dans les années 70. Autre indicateur important, c’est un des premiers pays du monde pour les affectations privées /publiques en recherche et développement ce qui devrait encore propulser son économie.

On a vu les Brics et le FMI se porter au secours de l’Europe engluée dans la crise financière. Quelles incidences peut-on en attendre ?

Pour les Brics, c’est un signal fort. Le ministre des finances brésilien vient d’appeler son homologue portugais pour lui proposer de le soulager de certaines dettes, le ministre angolais a fait la même démarche. On imagine avec quelle satisfaction… Notons que l’offre ne valait pas que pour le plaisir mais aussi parce qu’ils en avaient la capacité. Il en va de même quand la Chine offre sa contribution pour soutenir l’Euro, elle le fait parce qu’elle a diversifié ses placements sur le marché monétaire. Depuis un certain temps, le FMI mène également une politique de diversification des aides. Sa participation financière en Europe découle de cette logique. L’UE n’a pas attendu le FMI pour s’engager dans une politique d’austérité.

Votre itinéraire se conclut sur une note optimiste…

Oui, je dis souvent aux gens de créer leur propre système d’acquisition de l’information. Ce qui est désormais possible avec Internet. Il est difficile de sortir du prisme de l’information qui confond l’urgent et l’important, ce qui ne donne pas un reflet exact de la situation. A la fin du livre, on trouve un tableau qui fait apparaître des évolutions souvent imperceptibles. On se rend compte que globalement le nombre d’enfants scolarisés et d’adultes alphabétisés est en hausse – y compris la scolarisation des filles dans les pays arabes – que les budgets de santé publique sont en augmentation en part du PIB, que le nombre de conflits est historiquement bas… Il reste que ce faisceau de bonnes nouvelles demeure très inégalement réparti, mais le monde change et il pourrait même aller mieux… « 

recueilli par Jean-Marie Dinh

* Le Lépac est un laboratoire privé, indépendant, de recherche appliquée en géopolitique et prospective.

Le Dessous des cartes Itinéraires Géopolitiques, éditions Tallandier, 29,9 euros.

Voir aussi : Rubrique International, rubrique Géopolitique, rubrique Politique internationale, Rubrique Société, Décolonisation, rubrique, Rencontre,

 

André Markowicz : passeur littéraire

Le secret et imprévu André Markowicz  se trouve rarement où on l’attend. Il s’est posé un jour quelque part sur le chemin de la littérature russe, dans une forêt profonde, au carrefour du sens interculturel franco-russe. Ses traductions de Ostrovski Pouchkine, Gorki, Dostoievski,  Gogol, Tchékov… s’inscrivent dans une véritable démarche littéraire qui ne relève pas d’une simple transcription, mais d’une mûre digestion.« Je me rends compte qu’il est tellement plus intéressant pour moi de traduire L’Idiot plutôt que d’essayer d’écrire un mauvais roman (…)

Je suis beaucoup plus utile à traduire. Et, en ce qui concerne l’écriture, ce sont les traductions une à une qui posent la question : comment on peut faire ça en français ? »L’œuvre d’André Markowicz se forge de lignes nécessaires qui restaurent la langue russe fil par fil. Il vient de signer chez Actes Sud Le soleil d’Alexandre, celui de Pouchkine ou plus exactement celui des poètes du cercle de Pouchkine toujours présents dans l’âme russe contemporaine où demeure leurs mémoires. D’une œuvre à l’autre, les textes  des poètes russes traversent l’histoire en se faisant écho. Les auteurs furent toujours perturbés par un climat hostile, persécutés, exilés.

Le soleil d’Alexandre débute par un texte de 1845, écrit par Wilhelm Küchelbecker, un ami d’enfance de Pouchkine, décembriste, placé en résidence surveillée dans un village de Sibérie où il finira sa vie aveugle et tuberculeux. La plupart des auteurs de ce mouvement furent décimés par la répression de Nicolas Ier  à la suite coup d’État avorté du 14 décembre 1825.

Le livre d’André Markowicz n’a rien d’une anthologie, il évoque la génération brisée du cercle de ses poètes indignés par l’absolutisme, Joukovski, Batiouchkov, Delvig, Baratynski… On sait que la fin du tsarisme n’ouvrira pas le champ de la liberté comme en témoigne le brigand littéraire Alexandre Vvedenski, (1905-1941), et bien d’autres poètes victimes du stalinisme. Et la malédiction des poètes semble se prolonger dans la Russie du XXIe siècle. Tout le talent de Markowicz est de tirer de cette ombre une vraie lumière.

Jean-Marie Dinh

Aujourd’hui à 19h00, André Markowicz est l’invité de la Maison de la Poésie, en partenariat avec Sauramps.

Le soleil d’Alexandre, éditions Actes Sud, 475p, 28 euros

Voir aussi : Rubrique Livre, Littérature, Littérature russe, , Poésie, rubrique Russie, l’Eglise orthodoxe censure un conte de Pouchkine,