Les littératures nordiques à l’honneur à la Comédie du livre 2014

A l’occasion de la 29e édition de la Comédie du Livre, la Ville de Montpellier a décidé de mettre à l’honneur les 23, 24 et 25 mai 2014 les littératures nordiques contemporaines.

Pendant ces trois jours, une trentaine d’écrivains islandais, norvégiens, suédois, danois et finlandais participeront à une très riche programmation de rencontres, de tables rondes et de lectures.

Seront présents : Jørn Riel, Herbjørg Wassmo, Jon Kalman Stefansson, Arnaldur Indridason, Jens-Christian Grøndahl, Maj Swöjall, Katarina Mazetti, Rosa Liksom, Johanna Sinisalo, Katja Kettu, Leif Davidsen, Jonas T. Bengtsson, Arni Thorarinsson, Tomas Espedal, Gunnar Staalesen, Roy Jacobsen, Steinar Bragi, Stefan Mani, Sjón, Bergsveinn Birgisson, Audur Ava Olafsdottir, Steinunn Sigurdardottir, Sara Lövestam, Erik Axl Sund… mais aussi des écrivains jeunesse et des auteurs-illustrateurs de romans graphiques et de bandes dessinées, Stian Hole, Åsa Lind, Joanna Hellgren, Lars Sjunnesson… ou encore, l’auteur du Dernier Lapon, Olivier Truc.

Cette année, les éditions Métailié célèbreront à Montpellier leurs 35 années d’existence : en présence d’Anne-Marie Métailié, une dizaine d’écrivains venus du monde entier et représentant toute la diversité d’un catalogue infiniment riche, exigeant et prestigieux.

Si l’Esplanade Charles-de-Gaulle, en plein cœur de Montpellier, continue à accueillir les librairies indépendantes de la ville, les ateliers, et quelques espaces de rencontres, de nouveaux lieux seront cette année associés à la Comédie du Livre : le Jardin des Plantes, La Panacée, nouveau centre d’art contemporain voué aux écritures numériques qui a ouvert ses portes en 2013…

Comme les éditions précédentes, projets scolaires et étudiants fleuriront au printemps. C’est encore près de 5000 jeunes cette année qui participeront de janvier à mai à des projets autour de la lecture, de l’écriture, du spectacle vivant, de la musique et du dessin, et qui rencontreront auteurs, éditeurs et libraires pendant les 3 jours de la Comédie du Livre.

Informations : www.comediedulivre.montpellier.fr

Pour ouvrir le cycle des rencontres littéraires consacrées cette année aux littératures nordiques, Coeur de livres accueille le spécialiste français des littératures scandinaves : Régis Boyer. Fin connaisseur du monde littéraire scandinave, Régis Boyer a été professeur de langue, littératures et civilisation scandinaves à l’université Paris-Sorbonne pendant plus de 30 ans,  et l’un des premiers à traduire les auteurs classiques de ces pays d’Europe du Nord, bien avant le succès des polars nordiques en France.

Voir aussi : Rubrique Livre, rubrique Littérature, rubrique Finlande, Le Kalevala retour aux origines poétiques, Présentation de la rencontre  La brochure Kalevala au format .pdf

 

Parachute sénatorial pour Dassault

affaire dassault 14Source Le  15 janvier 2014

Voir aussi : Rubrique Affaires, 5 questions pour comprendre, rubrique Médias, Avec qui pilote Dassault ?,

Il y a 30 ans, le patronat promettait emplois contre allègements

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Il y a 30 ans, Yvon Gattaz, le père de l’actuel patron du Medef, promettait déjà au gouvernement socialiste de l’époque des embauches contre des allègements du coût du travail et plus de flexibilité.

Il a obtenu gain de cause, mais aucune statistique officielle n’a pu montrer si la promesse d’embaucher plus de 400.000 personnes avait été tenue.

Le 10 avril 1984, Yvon Gattaz, alors président du Conseil national du patronat français (CNPF), l’ancêtre du Medef, affirme que les entreprises sont « prêtes à se mobiliser sur l’emploi ». La France, qui vient de prendre le tournant de la rigueur, compte 2,2 millions de chômeurs.

Selon lui, des emplois sont « disponibles », mais un « mur » de « contraintes fiscales, administratives, sociales » pèse sur les entreprises.

Il propose au gouvernement alors dirigé par le socialiste Pierre Mauroy, parmi d’autres mesures de flexibilité, d’expérimenter pendant cinq ans des « emplois nouveaux à contraintes allégées » (ENCA), une formule susceptible, selon lui, de créer « 471.000 emplois supplémentaires, dont 400.000 dès la première année ».

Conditions: les nouvelles embauches ne doivent pas être comptabilisées dans les effectifs, afin d’éviter les effets de seuils fiscal et social aux entreprises qui créeraient ces emplois; elles doivent être exonérées des taxes assises sur les salaires (formation, apprentissage, etc.); possibilité de recours au licenciement économique pour ces emplois nouveaux, sans autorisation administrative préalable.

Les syndicats très réticents

Des négociations s’ouvrent entre les partenaires sociaux. Après sept mois et 14 séances de négociations, un protocole d’accord sur « l’adaptation des conditions d’emploi » est élaboré. Il propose, entre autres, une annualisation du temps de travail, un allongement de la durée des missions d’intérim et des contrats à durée déterminée. En outre, le paiement intégral des taxes de transport et de construction est réservé aux entreprises de plus de 20 salariés.

Une majorité de syndicats rejette le texte.

La situation reste bloquée jusqu’à la victoire de la droite aux élections législatives de mars 1986.

Sans exiger des contreparties en matière d’embauches, le gouvernement de Jacques Chirac satisfait plusieurs revendications patronales: suppression de l’autorisation administrative de licenciement, exonérations de charges sociales pour l’embauche de jeunes de moins de 25 ans et facilitation des recours aux CDD, au travail temporaire et au temps partiel.

 

Source AFP 15/01/14

Voir aussi : Rubrique Actualité France, rubrique Politique Politique économiqueLe changement c’est maintenant, rubrique Finance, rubrique Société, Emploi, rubrique Histoire,

 

Hollande : ses adieux à la gauche

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Ceux qui n’ont pas encore compris que je suis social-démocrate peuvent poser une question. »

Après 1h30 de discours et de questions, François Hollande a clos la partie « qui je suis, où je vais » par cette réponse un peu énervée à Ivan Levaï, chroniqueur à Radio France.

Le Président venait de déclarer :

« Je marche sur mes traces, je fais ce que je pense être conforme à mes idées et conforme à l’intérêt de la France. Social, réformiste, réaliste mais surtout patriote. Si j’ai un mot, c’est bien de ça dont il s’agit. […] Je prends des risques. »

Le social-libéral a parlé

Ce qui le différencie de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui, lui aussi, parlait de réduction des dépenses publiques, des impôts, de la fraude aux prestations sociales, c’est que lui, dit-il, il « fait » et s’attaque à la dette de la France, « afin de sauver notre modèle social » :

« L’enjeu entre la gauche et la droite, ce n’est pas le niveau des dépenses, mais la structure des dépenses, ce qu’on fait avec une fiscalité plus juste. »

Il dit aussi :

« Si être de gauche, c’est creuser les déficits, mes prédécesseurs étaient d’extrême gauche. »

Entre le social-démocrate et le social-libéral, c’est le deuxième qui a parlé ce 14 janvier. Il ne jure plus que par « l’offre » –les producteurs– pour relancer l’économie.

La réaction de Force ouvrière augure de lendemains compliqués avec les syndicats de salariés :

« Le président de la République a confirmé le caractère libéral de la politique économique mise en œuvre. L’allégement du coût du travail apparaît ainsi comme l’alpha et l’oméga de la politique. […]

Par ailleurs, la confirmation d’une réduction drastique des dépenses publiques et l’octroi aux régions d’un pouvoir réglementaire d’adaptation menacent l’égalité républicaine. De fait, le pacte de responsabilité risque d’entrer en contradiction avec le pacte républicain. »

Le Club des entrepreneurs, lui, se déclare enthousiaste et se félicite des annonces. Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, commente avec allégresse dans un tweet : « Keynes tué d’une balle dans la nuque ! »

Ce 14 janvier, François Hollande a quitté la gauche.

Blandine Grosjean

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Affaire Closer

« Une clarification avant le 11 février »

 

Vendredi, le magazine Closer révélait une liaison supposée entre le Président et la comédienne Julie Gayet. Dimanche, on apprenait que la compagne de François Hollande était hospitalisée pour un « gros coup de blues ». Aux questions sur le respect de la vie privée se sont vite ajoutées celles sur le « statut » de la Première dame. Plusieurs personnalités estiment qu’il faut en finir avec cette vieillerie de la République, demandant même, comme François Rebsamen, maire de Dijon et proche du Président, qu’on profite de cette « affaire » pour s’en débarrasser tout de suite.

C’était donc Alain Barluet du Figaro qui s’y est collé dès le début de la conférence, en sa qualité de président de l’Association de la presse présidentielle. Au bout de 40 minutes, une éternité pour certains, il a enfin posé la question :

« Valérie Trierweiler est-elle toujours Première dame de France ?

– Je comprends votre question, et je suis sûr que vous comprendrez ma réponse. Chacun de nous dans sa vie privée peut traverser des épreuves, c’est notre cas. Ce sont des moments douloureux. J’ai un principe, c’est que les affaires privées se traitent en privé, dans l’intimité respectueuse de chacun. Ce n’est ni le lieu, ni le moment de le faire. »

Le Président a promis de clarifier la situation du couple présidentiel avant le voyage officiel à Washington, le 11 février. B.G.

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Prélèvements

« Moins de charges, plus d’emplois »

 

François Hollande veut « poursuivre l’allègement du coût du travail » engagé avec le lancement du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Le Président veut mettre fin d’ici 2017 pour les entreprises et les travailleurs indépendants aux cotisations familiales, qui représentent entre 30 et 35 milliards d’euros de charges :

« La discussion portera donc sur l’avenir du CICE et sur le mode de financement de la protection sociale. C’est la condition pour que les entreprises retrouvent leurs marges, non pas pour leur faire plaisir ou pour leur faire un “cadeau”. Mais pour l’investissement, parce que le taux de marge en 2012 est le plus bas de son histoire. »

Les entreprises financent en grande partie la branche famille de la Sécu. Le reste vient de prélèvements fiscaux, tels que la CSG. Pour mettre fin aux cotisations, trois leviers sont donc possibles :

  • le relèvement de la CSG ;
  • une hausse de la TVA ;
  • une baisse des dépenses.

C’est cette dernière piste que le Président a évoquée lors de sa conférence de presse, évoquant des coupes intelligentes guidées par un « conseil stratégique » :

« De 2015 à 2017, il faudra économiser 50 milliards de plus [en plus des 15 milliards d’euros d’économies en 2014, ndlr]. 4% des dépenses collectives. »

Le Président veut également donner de la « visibilité aux entreprises » avec une refonte de l’impôt sur les sociétés (IS) et une « diminution du nombre de taxes qui coûtent plus cher que ce qu’elles rapportent ». Le gouvernement visera tout particulièrement les PME avec son « pacte de responsabilité ».

En contrepartie de ces gages donnés aux entreprises, des « objectifs chiffrés d’embauches » seront définis au niveau national, déclinés par branches. Un « observatoire des contreparties » sera mis en place et le Parlement y sera associé :

« [Les contreparties] doivent être définies au niveau national et déclinées par branche. Elles porteront sur des objectifs chiffrés d’embauche, de travail des jeunes ou des seniors, la formation, les salaires, et la modernisation du dialogue social. Un observatoire sera mis en place et le parlement y sera associé. […]

Un document formalisera les engagements et les modalités de suivi des contreparties. Le gouvernement engagera sa responsabilité devant l’Assemblée sur ce texte, une loi sera votée à l’automne. »

Qu’est-ce que le pacte de responsabilité ?

François Hollande avait éveillé l’intérêt des patrons en évoquant lors de ses vœux un pacte de responsabilité : « Moins de charges, plus d’emplois ». C’était la réponse du Président au « pacte de confiance » [PDF] du patron du Medef, Pierre Gattaz.

Ce dernier n’hésitait pas à promettre un million d’emplois en cinq ans. En échange, il réclamait 100 milliards de baisse de charges et d’impôts (50 milliards sur le coût du travail et 50 milliards sur les impôts), gagés par autant d’économies de dépenses publiques sur cinq ans.

Au Canard enchaîné, un ministre expliquait mercredi dernier :

« Gattaz rêve tout éveillé. Car 100 milliards d’économies en cinq ans, personne ne sait faire. Pas plus nous que les autres. »

Rémi Noyon

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Simplification administrative

Un « Conseil de simplification » pour mettre en forme le « choc de simplification »

 

François Hollande a rappelé qu’il a confié à un député, Thierry Mandon, et un chef d’entreprise, Guillaume Poitrinal, la tête d’un « conseil de la simplification » en octobre :

« Ils passeront en revue les dix actes-clés de la vie d’une entreprise, de la création à la cession, en passant par les obligations comptables, les embauches.

Tout sera passé en revue, non pas pour diminuer les protections, mais pour simplifier et faciliter, et ce jusqu’à la fin du quinquennat. »

Le « choc de simplification »

Lancé en mars 2013, le « choc de simplification » vise à rendre plus fluides les relations entre citoyens et administration : accélérer les délais de réponse, faciliter les démarches.

Récemment, François Hollande avait déjà annoncé de nouveaux fronts dans cette entreprise de clarification : la construction et le logement, les marchés publics, la fiscalité des entreprises ou encore les règles comptables. Camille Polloni

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Fiscalité des ménages

Pour la baisse des impôts, on verra plus tard

 

La fiscalité des ménages, François Hollande n’en a pas parlé ou presque. Deux allusions uniquement :

  • lors de sa longue présentation du « pacte de responsabilité », le Président a assuré qu’il n’y aurait pas de « transfert des charges des entreprises vers les ménages ». Comprendre : ce ne sont pas les ménages qui prendront en charge la fin des cotisations familiales pour les entreprises ;
  • il a qualifié la réduction des déficits publics comme « préalable à toute baisse d’impôt ».

Les Assises de la fiscalité démarrent ce mercredi. D’abord sur la fiscalité des entreprises, puis, un peu plus tard, sur celle des ménages. L’ordre des priorités. Imanol Corcostegui

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Economies

L’Etat va « donner l’exemple »

 

Après les 15?milliards d’euros d’économies du budget 2014, 50 milliards supplémentaires doivent être trouvés de 2015 à 2017 pour réduire le déficit et le ramener sous la barre des 3%. Un montant qui pourrait encore grimper pour compenser les baisses de charges du « pacte de responsabilité » (pour qu’elles ne se répercutent pas en supplément d’impôt).

La grande question, c’est : où trouver tous ces milliards ? François Hollande était resté vague sur ce point : « Nous devons faire des économies partout où elles sont possibles », a-t-il indiqué le 31 décembre.

Ce mardi, le Président a donné des précisions : il ne veut pas faire de coupes « aveugles » et « indifférenciées » (une allusion à la RGPP).

D’abord, l’Etat va « donner l’exemple » et « toutes les structures » sont invitées à faire des efforts. Les discussions entre Bercy et les différents ministères débuteront fin janvier et les « volumes d’économie » seront fixés et communiqués à chacun au printemps (par une lettre de cadrage de Jean-Marc Ayrault).

Le Président a aussi parlé de la protection sociale, le « cœur de notre pacte républicain ». Il souhaite lutter contre la fraude sociale (représentant 600 millions d’euros), mais ce n’est pas la mesure essentielle.

Il souhaite surtout que le système de santé soit rationalisé :

  • baisse des prescriptions multiples et des actes médicaux redondants ;
  • utilisation plus systématique des médicaments génériques ;
  • parcours de soin à optimiser. Nolwenn Le Blevennec
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Dieudonné

« Il n’y a pas de système, la France est républicaine. »

 

« Il y a des personnes qui suivent monsieur Mbala Mbala sans penser qu’il est antisémite. Il était important qu’elles aient entendu la réponse de la justice. »

François Hollande a félicité le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour leur gestion de l’affaire Dieudonné (« Quand il y a une action, il doit y avoir un résultat »). Le gouvernement travaille maintenant sur « ce qui doit être fait sur Internet ».

Le Président a tenu à rappeler qu’il existait en France des actes antimusulmans « qui doivent tout autant être dénoncés » et des actes antichrétiens (il a cité le cas de la Femen qui a récemment uriné dans l’église de la Madeleine).

« Aucun de ces actes ne doit être accepté. Il n’y a pas de système, la France est républicaine. Il n’y a pas de complot, il n’y a pas de communauté. Le seul système que je connaisse, c’est le racisme. »

Nolwenn Le Blevennec

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Afrique

« Mission accomplie »

 

François Hollande a défendu l’action de la France en Afrique, criant « victoire » pour le Mali, et se montrant optimiste sur l’autre intervention des troupes françaises, en République centrafricaine.

S’agissant du Mali et de l’envoi des troupes françaises il y a quasiment un an jour pour jour, le chef de l’Etat a déclaré que c’était « une victoire contre le terrorisme, une victoire pour la démocratie, une victoire pour le développement ».

Il a annoncé que le nombre de soldats français serait de 1 600 hommes le mois prochain, et de 1 000 « à la fin du printemps ».

Concernant la mission en Centrafrique, qui se révèle dans les faits plus complexe que prévu, François Hollande a reconnu que « tout n’est pas réglé », mais a ironisé sur ceux qui s’attendaient à ce que les antagonismes prennent fin en à peine un mois.

Il a annoncé un soutien européen à venir pour les 1 600 soldats français et 4 000 soldats africains présents sur le terrain.

Des propos rassurants sur ces deux fronts qui donnent pourtant bien des soucis aux troupes françaises, à la fois avec la persistance de menaces sécuritaires dans le nord du Mali, et surtout une difficulté plus grande que prévue de mettre fin aux règlements de compte à Bangui, sans même parler du reste du pays. Pierre Haski

8

L’Europe

L’Europe passe par Berlin

 

Dans son propos liminaire, François Hollande a également traité du sujet de l’Europe, à quatre mois des élections européennes qui risquent d’être marquées par une forte abstention et la montée des populismes.

Il l’a fait sous la forme de l’annonce d’une triple initiative franco-allemande à venir, dont la plus spectaculaire est la proposition d’un « Airbus » franco-allemand de la transition énergétique.

Les deux autres sont une initiative pour la « convergence économique et sociale » entre la France et l’Allemagne, et une autre pour l’Europe de la défense, qui sera annoncée au Conseil des ministres commun aux deux pays qui se tiendra le 19 février.

« Il ne faut pas avoir peur de l’Union européenne »

Ces initiatives entre la France et une Allemagne désormais gouvernée par une grande coalition incluant le Parti social-démocrate allemand, ont pour but de donner le sentiment du mouvement dans une Union européenne vécue comme un problème plutôt que la solution par les Français.

François Hollande aura toutefois du mal à mobiliser sur ce terrain sur la base de ces seules promesses, après avoir fait croire pendant la campagne électorale qu’il renégocierait le « pacte de stabilité européen », là où il n’a pu qu’y rajouter un volet investissement fort limité.

Le Président a néanmoins tenté de rassurer les Français :

« Il ne faut pas avoir peur de l’Union européenne. Il faut plutôt craindre qu’elle ne s’affaiblisse et finisse par disparaître. »

Mais dans le calendrier politique, l’heure de l’Europe n’est pas encore arrivée : le scrutin européen de mai en donnera l’occasion, après ce tour de piste de rodage mardi. P.H.

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Décentralisation

Des régions plus puissantes

 

François Hollande veut « en terminer avec les enchevêtrements, les doublons, les confusions ». Il a annoncé quatre évolutions :

  • les régions seront « dotées d’un pouvoir réglementaire local d’adaptation » ;
  • les compétences des différentes collectivités seront clarifiées ;
  • les collectivités seront invitées à se rapprocher, voire à fusionner (« le nombre de régions peut évoluer ») ;
  • dans « les grandes aires métropolitaines », les départements seront priés de « redéfinir leur avenir » – c’est-à-dire s’effacer derrière la grande ville, si l’on prend l’exemple de ce qui s’est passé dans le Rhône. Mathieu Deslandes
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Education

Faire en sorte que les enseignants ne fuient plus les ZEP

 

François Hollande a promis des mesures pour rendre « plus attractifs les postes d’enseignants » en ZEP (zones d’éducation prioritaire). Le détail du plan doit être présenté ce mercredi 15 janvier en conseil des ministres par le ministre de l’Education. Est notamment prévue une « décharge horaire ». M.D.

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Fin de vie

Euthanasie active ou suicide assisté ?

 

François Hollande veut « permettre à toute personne majeure atteinte d’une maladie incurable provoquant une souffrance psychologique, physique, insupportable et qui ne peut être apaisée, de pouvoir demander, dans des conditions strictes, une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Euthanasie active ou suicide assisté ? Le rapport du comité d’éthique (attendu dans quelques semaines) puis des consultations de la ministre de la Santé doivent permettre d’aboutir à une solution consensuelle. M.D.


Ce que nous écrivions avant la conférence de presse

Qui, parmi les 600 journalistes annoncés, se dévouera pour poser « la » question sur la vie privée du Président ? Comment ce dernier évacuera-t-il le sujet ? Selon les informations du Lab, c’est Alain Barluet du Figaro qui devait s’y coller dès le début de la conférence. En tant que président de l’Association de la presse présidentielle, l’honneur – ou la corvée – lui revient.

C’est ce qui amusait le plus ce mardi matin les journalistes de la BBC World qui rappelaient tout de même que la France, « cinquième économie mondiale », était aux prises avec de sérieux problèmes économiques (12% de chômage, une croissance atone) et que son Président sortait d’une annus horribilis, entre Leonarda, fronde fiscale, révolte des Bonnets rouges, non-inversion de la courbe du chômage et, pour couronner le tout, alors que cette conférence de presse avait été repoussée à plusieurs reprises pour trouver le « bon moment », l’affaire Gayet.

Cette troisième conférence du quinquennat devrait traduire en annonces les vœux présidentiels (que nous avions titrés « François Hollande, héros du Medef ») :

« Le Medef est heureux : le président de la République s’est rangé à ses vues. En octobre, l’organisation patronale avait proposé des allègements fiscaux sur les entreprises en échange de créations d’emplois. Puis l’organisation patronale avait menacé de boycotter les assises de la fiscalité des entreprises si elle n’était pas entendue sur ce sujet. François Hollande a saisi la perche, en avançant l’idée d’un “ pacte de responsabilité ” : baisse des charges contre créations d’emplois. »

ournant ou pas tournant ?

On attend François Hollande sur la clarification de sa politique générale, sur la fiscalité pour les ménages (quid de la « remise à plat fiscale » annoncée par Jean-Marc Ayrault ? Baisse ou pas des prélèvements obligatoires ?), les dépenses publiques (leur réduction d’au moins 50 milliards est devenue le leitmotiv de l’Elysée, au grand dam de l’aile gauche du PS, qui craint le pire quand le Président parle des « excès »), mais aussi le « choc de simplification », censé faciliter les démarches qui « paralysent l’action des entreprises et empoisonnent la vie quotidienne ».

« Tournant » ou « pas tournant » : c’est le débat le plus creux de ce début d’année. La vérité, c’est que Hollande a « tourné » dès le début de son quinquennat, en renonçant à secouer l’Europe et à la convaincre d’abandonner l’austérité généralisée. Il a mis le cap sur la rigueur budgétaire dès mai 2012, puis sur une politique de compétitivité en novembre 2012, après la remise du rapport Gallois et le lancement du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE).

S’il y a un « tournant », c’est seulement dans la façon de présenter sa politique, désormais dénuée de tout fard : lors de ses vœux à la nation, il a insisté sur la baisse des charges pour les entreprises, l’objectif de baisse des dépenses publiques et des impôts, la chasse aux abus dans les dépenses de sécurité sociale…

« Social-libéralisme »

Hollande, même s’il s’en défend, a rejoint le « social-libéralisme », un concept devenu péjoratif (seuls le consultant Alain Minc, l’ex-ministre Jérôme Cahuzac ou l’UDI Jean-Marie Bockel continuent à s’en réclamer ouvertement). Le social-libéralisme désigne une gauche ayant renoncé à l’intervention de l’Etat dans l’économie. Réconciliée avec l’entreprise, cette gauche libérale prône une modernisation de l’Etat et un assouplissement du marché du travail. Elle se borne à vouloir tempérer les excès du marché par des mécanismes de régulation et des filets sociaux.

Sur les questions internationales, la gauche du PS attend, espère que le Président défende une politique de croissance au niveau européen en rupture avec les choix d’austérité de plusieurs membres de l’Union.

Le rôle et les missions de la France en Afrique devraient aussi être évoqués.

Blandine Grosjean et Pascal Riché

Rue 89 14/01/2014

Affaire Serge Dassault : 5 questions pour comprendre

Une tentative d’assassinat, des millions d’euros transitant par des circuits opaques, des élections municipales annulées, la cinquième fortune de France mise en cause, et voilà la ville de Corbeil-Essonnes qui tremble, à trois mois de nouvelles échéances électorales.

  • Qui sont les principaux protagonistes ?

Serge Dassault. Il a donné son nom à l’affaire. Industriel multimilliardaire, propriétaire du Figaro, Serge Dassault se retrouve aujourd’hui empêtré dans une histoire à multiples fronts judiciaires. Maire de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009, il est soupçonné d’avoir mis en place un système clientéliste visant à garantir la paix sociale dans les quartiers sensibles de la ville et à acheter les votes de l’électorat populaire afin d’assurer sa réélection à la tête de la ville. En 2009, le conseil d’Etat a annulé son élection pour dons d’argent.

Lire :  A Corbeil, ces « grands frères » dévoyés par l’argent de Dassault

Jean-Pierre Bechter. Il est le bras droit de Serge Dassault. Administrateur de la Socpresse, la société qui possède le Figaro, il a pris la suite de l’industriel à la mairie de Corbeil-Essonnes après l’invalidation de son élection en 2009. Son élection est annulée cette même année après que la mention « secrétaire général de la fondation Serge Dassault » sur le bulletin de vote ait été jugée non conforme. Il est finalement élu maire en 2010. Aujourd’hui, la justice s’interroge afin de déterminer si des achats de votes ont eu lieu pendant sa campagne.

Younès Bounouara. Aujourd’hui incarcéré pour tentative d’assassinat, il a été l’homme de main de Serge Dassault dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes pendant de nombreuses années. Serge Dassault a reconnu sa proximité avec lui, ainsi que le rôle qu’il avait joué afin de lui permettre d’entrer en contact avec des familles des Tarterêts, l’un des quartiers sensibles de la ville. En 2011, Serge Dassault lui a donné 2 millions d’euros. D’après l’industriel, il s’agissait de l’aider à investir en Algérie. « Comme il m’avait pas mal aidé, et que je ne lui avais jamais donné d’argent, je lui ai dit OK », a affirmé le sénateur au Journal du dimanche.

Certains considèrent qu’il était destiné à acheter des votes et donc à rétribuer les intermédiaires du système. Younès Bounouara est soupçonné d’avoir gardé cet argent pour lui, suscitant jalousie et convoitise. C’est dans ce contexte qu’en février il a tiré sur un homme, Fatah Hou, le blessant grièvement. Lui affirme qu’il était victime de menaces de la part d’un « gang qui pense que Dassault [lui] a donné beaucoup d’argent pour [qu’il] redistribue ».

Lire (en édition abonnés) :  Younès Bounouara, personnage-clé de l’affaire Dassault, se rend à la justice

Fatah Hou. Boxeur de 32 ans, il connaît le système Dassault de l’intérieur. Il fait partie d’une équipe qui a filmé clandestinement Serge Dassault. Pour sa part, M. Hou affirme ne pas avoir été à l’origine, ni avoir été le détenteur des vidéos dont des extraits ont été relayés par des médias et où on entend Serge Dassault évoquer le versement d’importantes sommes d’argent. Il se dit persuadé cependant qu’il a été pris pour cible car il voulait « balancer le système ». En novembre, les avocats de Serge Dassault ont déposé plainte à Evry pour « appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d’extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits » visant Fatah Hou et René Andrieu.

René Andrieu. Ancien proche de Serge Dassault, il est l’un des premiers à l’avoir introduit dans les quartiers populaires de la ville. Cet homme de 62 ans, ancien braqueur, a longtemps travaillé pour l’édile avec les jeunes des Tarterêts. Accusé aujourd’hui de faire partie d’une équipe de maîtres-chanteurs, il était avec Fatah Hou quand celui-ci a été visé par les tirs de Younès Bounouara. Il serait à l’origine de la vidéo clandestine révélée par Mediapart, ce qu’il s’est toujours refusé à confirmer.

  • Quelles sont les enquêtes en cours ?

De nombreuses enquêtes judiciaires sont en cours à Evry et à Paris. Chaque partie assure être la victime et a déposé des plaintes en ce sens, à l’image de M. Dassault qui a de nouveau saisi la justice de « menaces » et d’un chantage dont il se dit la victime.

A Evry, les juges enquêtent sur deux tentatives d’assassinat dans le cadre de procédures distinctes. La première concerne celle qui a visé Fatah Hou. C’est dans cette procédure que Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter ont été entendus. La seconde concerne les tirs dont a été la cible Rachid Toumi, un jeune homme de Corbeil-Essonnes. Il dénoncera ensuite dans le Parisien le système d’achat de votes auquel il a participé liant à ce contexte la tentative d’assassinat dont il a été victime.

Après une enquête préliminaire, une information judiciaire est ouverte à Paris en mars 2013 pour corruption, abus de biens sociaux, blanchiment et achat de votes présumés aux élections municipales, entre 2008 et 2010. Dans sa décision annulant l’élection municipale de 2008, le Conseil d’Etat avait tenu pour « établis » des dons d’argent aux électeurs, sans se prononcer sur leur ampleur. Les juges financiers en charge de ce dossier ont demandé au bureau du Sénat, qui doit se prononcer mercredi 8 janvier, de lever l’immunité parlementaire de Serge Dassault.

Vendredi 5 janvier, comme l’a révélé France Inter, Fatah Hou a porté plainte auprès du parquet d’Evry, notamment pour association de malfaiteurs, une procédure qui vise Serge Dassault, son successeur à la mairie Jean-Pierre Bechter, un employé municipal et un diplomate marocain. Il les soupçonne d’avoir ourdi un stratagème pour le faire arrêter au Maroc et l’éloigner ainsi de Corbeil-Essonnes. Le parquet peut classer cette plainte, joindre les faits reprochés à une des enquêtes en cours à Evry, ou diligenter une enquête préliminaire avant d’éventuellement saisir des juges.

Après des plaintes d’enfants de Serge Dassault victimes d’appels malveillants, une information judiciaire est ouverte à Paris le 24 janvier 2013. Trois frères, originaires de Corbeil-Essonnes, ont été mis en examen à la fois pour appels téléphoniques malveillants, tentatives d’extorsion de fonds, atteintes à l’intimité de la vie privée ou encore violation du secret des correspondances et des communications téléphoniques. Le sénateur UMP Olivier Dassault fait partie des plaignants.

Une enquête préliminaire est en cours au parquet de Paris pour extorsion en bande organisée, après des prêts accordés par M. Dassault à des habitants de Corbeil-Essonnes. Cette enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclo).

Deux plaintes ont été déposées le 4 novembre par Serge Dassault pour « appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d’extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits », l’une à Evry visant René Andrieu et Fatah Hou, l’autre à Paris visant Mamadou K., mis en examen dans le dossier d’appels malveillants.

  • Quel rôle jouent les enregistrements ?

Depuis plusieurs années déjà, alors que les rumeurs d’achats de votes n’ont fait qu’enfler, de nombreuses vidéos tournées clandestinement et mettant en cause Serge Dassault circulent dans la ville. Certaines d’entre elles ont été publiées dans les médias. Ce fut d’abord le cas d’une vidéo diffusée par Canal Plus dans laquelle plusieurs jeunes viennent demander de l’argent à Serge Dassault pour financer des projets d’entreprises.

Puis en septembre, Mediapart a révélé des extraits d’une autre vidéo où l’avionneur échange avec René Andrieu, et reconnaît avoir donné de l’argent de manière illégale à Younès Bounouara. L’intégralité de la vidéo a ensuité été mise en ligne par le JDD. Pour l’entourage de Dassault, ces vidéos n’ont qu’un seul but, le faire chanter afin qu’il continue à distribuer de l’argent.

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  • Que risque Serge Dassault ?

Mercredi 8 janvier, à la demande des magistrats qui instruisent le volet financier de l’affaire, le bureau du sénat doit examiner la demande de levée d’immunité du sénateur UMP de l’Essonne. C’est la condition sine qua non pour que les juges puissent l’entendre dans le cadre d’une garde-à-vue. Les magistrats d’Evry avait fait une demande similaire mais ils s’étaient heurté, en juillet 2013, au refus du Sénat qui lui-même s’était rangé à l’avis défavorable du parquet général.

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A l’issue d’une éventuelle garde-à-vue, Serge Dassault pourrait être mis en examen pour « corruption », « abus de biens sociaux », « blanchiment » ou encore « achat de votes », des infractions passibles de peines de prison ferme.

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  • Quelle est la défense de Serge Dassault ?

Depuis la révélation par Mediapart d’une vidéo dans laquelle Serge Dassault reconnaît avoir donné de l’argent à Younès Bounouara via le Liban, ses avocats ont ouvert plusieurs front judiciaires pour expliquer que leur client était avant tout une victime. Pour Me Jean Veil, l’un de ses conseils, cela ne fait aucun doute. Il en veut pour preuve les menaces dont il a fait l’objet encore récemment. Il a ainsi déposé plainte le 8 septembre dernier après avoir reçu des SMS d’insultes et de menaces de mort.

Concernant les dons d’argent M. Dassault a assuré au JDD qu’il n’avait pas « le billet facile. Ce que j’ai fait, après 1995, après être devenu maire, c’est d’aider les gens à travailler. Il m’est arrivé de donner de l’argent, mais jamais sans raison. J’ai acheté un camion à l’un, une pizzeria à un autre, des choses comme cela. Tout ce que j’ai financé, je l’ai financé avec mon argent personnel et toujours officiellement » démentant par ailleurs tout système d’achat de votes.

Simon Piel

Source Le Monde 06/01/2014

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