Hamlet. Sur les dalles flottantes du monde

Après Lattes et Alès (1), le drame shakespearien de la discordance mis en scène par Frédéric Borie sera jouée du 19 au 23 janvier au Théâtre des Treize Vents.

theatre-jacques-coeur-hamlet-extrait-1260955363-15133Après un puissant Timon d’Athènes, Frédéric Borie renoue avec Shakespeare en prenant le taureau par les cornes. Tragédie de la vengeance à large spectre, Hamlet est un animal fulgurant qui traverse les siècles. S’en saisir est un défi qui relève toujours un peu de l’exercice de style et de la captation du temps dans lequel on vit. L’intrigue semble simple. « Le roi du Danemark, père d’Hamlet, a été assassiné par son frère Claudius qui a épousé sa veuve et s’est emparé du trône. Le spectre de la victime apparaît sur les remparts du château d’Elseneur et demande à son fils Hamlet de le venger. » Mais l’enchaînement des situations et la cruauté du destin qui s’abat sur le personnage d’Hamlet le mettent dans l’incapacité de tenir son engagement.

Mise en scène irrésolue

Frédéric Borie épure le texte et modernise la langue. Il libère le spectateur d’une réflexion trop pesante. Sur le fond, il conserve le cadre classique du drame tout en nous menant sur les traces d’un Hamlet contemporain. Par moments, les brides de la modernité semblent trop retenues. Certaines scènes comme celle du spectre manquent de force. D’autres fonctionnent à merveille, comme celle des comédiens où le théâtre se regarde dans un miroir révélateur. Entre académisme et modernité, entre musique cérémonieuse et larsens, entre habits d’époque et costards trois pièces, le metteur en scène semble s’être pris au jeu de l’irrésolution mais il épouse le drame en lui donnant un reflet intense et sensible.

Inquiétude éternelle

A propos de la pièce, Borie évoque « le récit de jeune gens fauchés dans la fleur de l’âge par les inconséquences parfois énigmatiques de leurs aînés. Offrant le rôle titre à Nicolas Oton, dont la vigueur nerveuse convient bien à l’instabilité du personnage, le jeune metteur en scène a concentré son travail sur la tragédie familiale. Un des derniers lieux qui trompe l’indifférence générale, et où se déchaînent encore les passions. La quête de vérité d’Hamlet se pare des habits de la vertu comme elle prive le personnage de ses facultés d’agir. Ce mal être nous entraîne sur le chemin intérieur du personnage, qui dépend des autres, autant qu’il peut sarcastiquement les rejeter. De cette inquiétude éternelle la mort finit par triompher. Borie met en exergue l’aspect solaire du parcours, tout en découverte du jeune prince »en ayant préalablement pris soin de délaisser l’aspect historique et politique de l’œuvre. On touche là aussi la fragilité de notre temps. Un temps qui file vers le tragique, à l’image de l’eau qui monte sur la scène sans que personne ne s’en soucie…

Jean-Marie Dinh

Coproduction avec le CDN de Montpellier Et Le Cratère (Scène nationale d’Alès et l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier.)

Au Théâtre de Grammont du 19 au 23 janvier (réservations : 04 67 99 25 00)

Plaidoyer de députés pour une défense antimissile française et européenne

bouclier-antimissile-236x300La France et l’Union européenne ont le devoir de se doter d’une défense antimissile autonome face à la prolifération d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, estiment en substance des députés dans une étude rendue publique mercredi. « Il serait irresponsable pour la France de (…) négliger, par souci immédiat des coûts financiers, cette prolifération balistique », écrivent les auteurs de ce document publié par les Cercles interparlementaires d’étude air-espace et naval de défense.

Christophe Guilloteau (UMP), Francis Hillmeyer (NC) et Gilbert Le Bris (PS) pointent une situation géopolitique brouillée par « de nombreuses organisations telles qu’al-Qaïda, des Etats instables aux pouvoirs illégitimes, une course aux armements et aux capacités NBC (nucléaires, biologiques et chimiques, ndlr), une recherche de moyens balistiques ».
« Inde, Chine, Pakistan, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Israël, Russie détiennent l’arme nucléaire ; peut-être la Corée du Nord, mais plus encore demain, dans des horizons de temps différents : l’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Turquie, l’Algérie, le Brésil, voire le Japon », font-ils valoir.

Si « la dissuasion nucléaire demeure le meilleur outil pour prévenir l’utilisation de certaines menaces provenant d’Etats clairement identifiés », estiment les députés, la « défense antimissile prend tout son sens » dans ce contexte. Pour eux, il s’agit d’un « complément de la dissuasion » et non d’un nouveau « risque de course aux armements ». Il en va, ajoutent-ils, de « l’autonomie stratégique » de la France et de l’UE face aux Etats-Unis engagés dans une politique de « couverture globale ».
La France, relèvent-ils également, s’apprête à se doter d’une « capacité initiale de défense antimissile balistique de théâtre » et pourrait s’appuyer sur le missilier européen MBDA « concepteur et développeur des capacités françaises et européennes actuelles ». Si toutefois Paris et l’UE décidaient d’une politique « a minima », ajoutent-ils, il faudrait « veiller à maintenir (une) maîtrise technologique afin (…) d’éviter une vassalisation complète de notre pays et des Européens ».

Pour Gilbert Le Bris, interrogé par l’AFP, « il faudra bien que les Européens et les Français qui ont le leadership dans ce domaine aient quelque chose à dire » lors du prochain sommet de l’Otan, prévu fin 2010 ou début 2011 à Lisbonne, sauf à laisser « les Américains décider pour eux et leur demander de participer financièrement à leur programme ». « Il ne faut pas croire que ça coûte des milliards », assure-t-il aussi, parlant d’une « adaptation progressive de notre outil de défense d’un coût annuel de l’ordre de 200 à 250 millions d’euros sur dix ans qui pourrait être partagé avec des partenaires européens ».

AFP

Voir aussi Rubrique politique internationale Washington renforce son arsenal autours de l’Iran

Les erreurs d’Obama, vues par Allan Lichtman

Allan Lichtman

C’est déjà l’heure des premiers bilans à Washington. Le 19 janvier, Barack Obama pourra célébrer le premier anniversaire de son installation à la Maison Blanche. Nous sommes notamment allés interroger Allan Lichtman, professeur d’histoire politique à l’American University. Démocrate non conformiste, il faisait partie de tous ceux qui avaient placé d’immenses espoirs en Obama, et s’avoue aujourd’hui « déçu ».

Que retenez vous de cette première année du président Obama?

J’ai été surpris et déçu. Je croyais qu’Obama avait le potentiel pour être un président de transformation de l’Amérique, comme Franklin Roosevelt ou Ronald Reagan. Comme Franklin Roosevelt, il a été élu à la fin d’une ère républicaine conservatrice, qui a commencé avec Reagan et s’est achevée avec W. Bush. Je pensais qu’il y avait là une occasion historique pour Obama. Mais cela ne s’est pas réalisé. A cause des erreurs de leadership qu’il a commises , mais aussi du contexte politique américain. La plus grande erreur d’Obama, je crois, est de ne pas avoir pris le contrôle du débat politique national. Il est notre président le plus charismatique depuis Ronald Reagan. Et il n’a pas utilisé son immense charisme pour mener le débat. Le meilleur exemple est la réforme de l’assurance maladie. Il était si soucieux d’éviter les erreurs de Bill Clinton qu’il a renvoyé le sujet au congrès. C’est une erreur énorme. On ne peut pas laisser le gouvernail aux 535 membres du Congrès. Le résultat est qu’il n’y a pas de message clair sur la santé. Les opposants ont pris la direction du débat. Une bonne partie de la population américaine associe maintenant la réforme à des coûts énormes, un contrôle gouvernemental, ou même des escadrons de la mort pour tuer les grand-mères… Tout cela est faux bien sûr, mais une fois le débat ainsi cadré, il est très difficile d’en sortir. Quand Obama a voulu le reprendre en main, il était trop tard. La même chose s’est produite avec le climat… On n’arrivera à rien de cette façon.

Il faut bien pourtant gagner le vote des sénateurs. Obama aurait-il pu s’y prendre autrement?

La question essentielle n’est pas le vote des sénateurs, mais la façon dont la réforme est présentée à l’opinion publique. Même si la loi sur la santé est adoptée, un nombre substantiel d’Américains s’y oppose maintenant. Ils ne comprennent pas un traître mot de cette loi.La seconde erreur commise par Obama a été de croire qu’il pourrait coopérer avec les républicains. S’il avait lu mon livre (White Protestant Nation: The Rise of the American Conservative Movement), il aurait su qu’on ne peut pas faire de compromis avec eux. Les Républicains ont un seul et unique objectif: le faire échouer. On ne peut pas être gentil avec l’opposition, de nos jours. Ils vous couperont la gorge. De toutes façons, un président américain n’a pas à être gentil. Si Franklin Roosevelt avait tenté d’apaiser les isolationnistes, il n’aurait pas gagné la guerre! Tout le cours de l’histoire mondiale aurait été différent.La troisième erreur de Barack Obama est la guerre en Afghanistan. Il aurait dû nous sortir d’Afghanistan. Le seul appui dont il dispose sur ce sujet, ce sont les républicains…

Tout de même, sur l’Afghanistan, on peut plaider qu’Obama a fait preuve de « leadership »…

Non. Ce n’est pas courageux que d’envoyer des troupes américains au champ de bataille. Tous les présidents l’ont fait. Ce qui serait courageux, c’est de quitter une guerre quand on n’y est pas obligé. Voilà qui serait plus rare: quel président a jamais abandonné une guerre sans y être forcé?

Comment expliquez-vous ces « erreurs » de Barack Obama? Manquait-il d’expérience des rouages de Washington?

C’est peut-être une partie du problème. Il avait peu d’expérience à Washington. Mais Abraham Lincoln aussi n’avait servi que deux ans au Sénat avant d’être élu président, contre quatre ans pour Barack Obama. Obama écoute trop les consultants, les sondeurs et tous les intermédiaires. Ou les généraux, qui sont formés pour tuer ou détruire. Il faudrait se débarrasser de tous les consultants politiques, qui ne font que vous tirer vers le bas. Ils suivent les sondages au jour le jour, et vous poussent toujours vers le plus petit dénominateur commun. Ils ne veulent pas que vous preniez des risques. Quand tu es aussi brillant que Barack Obama, pourquoi écouter tous ces gens qui ne font que te rabaisser? S’il y avait eu tous ces sondages et ces consultants à l’époque de Lincoln, nous aurions peut-être deux pays aujourd’hui. Lincoln aurait été paralysé. Les grands présidents ont toujours été audacieux. En 100 jours, Franklin Roosevelt avait fait adopter quinze lois par le congrès. S’il avait suivi la méthode Obama, il n’y en aurait pas eu une seule… Mais il faut reconnaître aussi que les circonstances historiques ne sont pas les mêmes.

Vous oubliez que Barack Obama a fait adopter, très vite, un énorme plan de relance…

Oui, mais c’était facile.Tout le monde voulait l’argent de la relance. A part cela, il n’a pas accompli grand chose durant cette première année. Même si la réforme de la santé est adoptée, on ne sait pas encore si la loi sera bonne ou non. Il faudra cinq ou dix ans pour en juger car beaucoup de ses dispositions n’entreront pas en vigueur avant plusieurs années.

N’est-ce pas plutôt que l’Amérique est devenue ingouvernable?

Oui, les circonstances sont particulièrement difficiles. D’abord à cause de cette règle des 60 voix au Sénat, pour éviter le filibuster. C’est devenu un énorme problème. Tout le débat sur la santé aurait été différent s’il suffisait de 50 voix au lieu de 60. On ne se soucierait pas de Joe Lieberman ou Ben Nelson, qui ont maintenant toute latitude pour démolir la loi. Ensuite, il y a le problème du partisanisme extrême, avec un parti républicain très dur qui n’a pour seul souci que de revenir au pouvoir. Nous n’avons plus ces républicains progressistes qu’on appelait Rockefeller Republicans, du nom du gouverneur de New York Nelson Rockefeller. Richard Nixon fut sans doute le dernier président progressiste que nous ayons eu. Avec le républicain Nixon, nous avons eu les lois de protection de l’environnement, des traités majeurs avec l’Union soviétique, la percée avec la Chine, une vaste extension du système de sécurité sociale et des avancées pour les droits civiques. Il a fait beaucoup plus que Jimmy Carter ou Bill Clinton. Mais ces républicains n’existent pratiquement plus, ils appartiennent à l’histoire.

Qu’en est-il de la promesse Obama de changer la façon dont on gouverne à Washington?

Il n’a rien fait. Et c’est le troisième élément qui rend les choses si difficiles: le pouvoir de l’argent et des lobbyistes. Obama est le président dont la campagne a été la plus coûteuse de tous les temps, et de loin. Jadis il suffisait de quelques dizaines de millions de dollars pour être un candidat crédible à la présidence. Il faut maintenant des centaines de millions. Même pour un poste local, cela vous coûtera maintenant 100 000 dollars pour se présenter à un county council. Des millions de dollars pour faire campagne pour un siège au Congrès, dans une circonscription disputée. Où trouver cet argent? A moins d’être vous-même très riche, il faut l’obtenir auprès de grands groupes d’intérêts. Et ce ne sont pas les hommes politiques qui profitent le plus de tout cet argent qui vont changer ce système.

Barack Obama semble très soucieux de sa place dans l’Histoire. Sur la base de cette première année, quelle pourrait-elle être?

Oui, il se soucie de son rôle dans l’histoire, comme tous les présidents. Mais il n’a pas fait grand chose encore pour devenir un président historique. Les grands présidents, qui ont marqué l’histoire, comme Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, Franklin Roosevelt ou Ronald Reagan, deux républicains et deux démocrates, étaient tous des audacieux. On n’admire pas les Jimmy Carter ou les William Harrison, les présidents du « milieu de la route », les pragmatiques.  S’il continue sur la même voie, Barack Obama sera vite oublié. Il sera peut-être réélu, comme Bill Clinton l’a été. Mais il n’entrera pas dans l’histoire comme un Ronald Reagan ou un Franklin Roosevelt, des présidents qui ont marqué leur époque.

Justement, vous avez élaboré un système de « clés » (The Keys to the White House, 1996), permettant de prédire l’élection des présidents américains. Que disent vos clés actuellement au sujet d’une réelection de Barack Obama?

Les clés disent qu’ils sera réélu. Car il est peu probable que l’économie reste dans le fossé jusqu’à l’élection. L’économie va sûrement repartir, et les républicains n’ont pas de candidat charismatique à opposer à Obama. Mais être réélu ne veut pas dire qu’il sera un grand président. Bill Clinton aussi a été réélu…

Vous êtes vraiment sévère, ce n’est qu’une première année…

Oui, je suis sévère. Et d’ailleurs Obama peut encore se reprendre. Il a encore trois ans, c’est beaucoup. Il est jeune, intelligent. Mais je crois qu’il devra changer de méthode. Peut-être aussi son second mandat sera différent, s’il n’a plus besoin de se soucier de sa réélection.

Recueillis par Lorraine Millot (blog)

Voir aussi : Revue de Presse Obama un an après

Obama un an après

Il y un an aujourd’hui, Barack Obama prenait officiellement ses fonctions de président américain. Le monde a placé de grands espoirs dans sa politique et a été déçu, estiment certains commentateurs. D’autres recommandent la patience en ce qui concerne la résolution des problèmes mondiaux. » suite

Extraits des publications suivantes:
Hospodá?ské noviny – République tchèque, Der Standard – Autriche, Delo – Slovénie, La Repubblica – Italie

Hospodá?ské noviny – République tchèque

Au cours de sa première année en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama a considérablement amélioré l’image des Etats-Unis, salue le journal économique Hospodá?ské Noviny. Mais son aspiration au dialogue et aux solutions pacifiques n’a pas rencontré de succès notable : « L’Afghanistan peut devenir le Vietnam d’Obama. Les talibans ont salué sa déclaration malheureuse selon laquelle l’Amérique ne mènerait pas une guerre interminable à tout prix en Afghanistan. Une rhétorique plus sévère à l’égard de la Russie ne serait pas de trop non plus. Obama a offert à Moscou un visage plus pacifique que son prédécesseur. Il n’est malgré tout pas parvenu à négocier jusqu’au bout le traité Start pour un nouveau cycle de désarmement. La Russie se révèle être un partenaire auquel on ne peut pas se fier, même en ce qui concerne la demande d’une pression accrue sur l’Iran. » (20.01.2010)


Der Standard – Autriche

Le président américain s’en est bien sorti au cours de sa première année de mandat, estime le quotidien Der Standard. Mais il ne faudrait tirer un bilan qu’à partir de 2012 : « Lors de ses douze premiers mois de mandat, Obama a dû aussi s’attaquer à des questions impopulaires. La réforme de la santé ou le renforcement des troupes en Afghanistan ont fait partie des sujets difficiles à faire passer, même pour Obama. A cela s’ajoute un ‘enthousiasm gap’, une grande désillusion avec laquelle tout président aurait des difficultés. … Outre la critique systématique d’Obama, la comparaison historique avec d’autres présidents est une discipline très en vogue en ce moment à Washington. Il résulte de tout cela que Ronald Reagan est le seul président à avoir disposé d’une côte plus défavorable que celle d’Obama après un an d’exercice. Le Californien avait obtenu sa réélection en 1984 par une large avance. Rien ne dit qu’Obama ne puisse en faire autant. Car on ne fera pas les comptes après sa première année de mandat, mais bien en 2012 seulement. » (20.01.2010)


Delo – Slovénie

Un an après la prise de fonctions du président américain Barack Obama, les problèmes qu’il avait promis de résoudre pendant sa campagne sont toujours là, écrit le quotidien Delo : « Le système capitaliste américain et sa spéculation financière effrénée, les immenses inégalités sociales, la relation servile de la politique avec les grandes entreprises, le non-respect des droits des travailleurs et la terrible tragi-comédie que l’on qualifie de meilleur système de santé du monde : rien de tout cela n’a changé. Les adversaires d’Obama avaient déjà dit, avant son élection à la présidence, qu’il tenait de bons discours mais qu’il n’y avait aucune garantie que ses propos seraient également suivis par des actes. … Obama fait justement partie d’un système duquel il pourrait seulement tirer les forces surnaturelles d’un Baron de Münchhausen. » (20.01.2010)


La Repubblica – Italie

Après la première année de mandat de Barack Obama, le prix Nobel d’économie Paul Krugman, dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, demande avant tout au président américain une plus grande résistance à ses détracteurs : « Barack Obama ne s’est pas mis à l’abri des critiques de ses opposants. Obama a omis de faire ce qu’avait fait Ronald Reagan au début de son mandat : se préserver de toute critique en expliquant et en rappelant que la responsabilité de ce qui ne fonctionnait pas incombait aux gouvernements précédents. … Quelle qu’en soit la raison, Obama a ainsi toujours toléré que le public oublie très rapidement que les problèmes économiques n’ont pas débuté sous sa présidence. … La seule chose que peut désormais tenter de faire Obama, c’est de présenter les républicains pour ce qu’ils sont : des opposants aux réformes. Les démocrates doivent désormais tout mettre en œuvre pour mener à terme la réforme de la santé. L’adoption de celle-ci ne constituera certes pas leur salut politique, mais son rejet signifierait assurément leur perte. » (20.01.2010)

Voir aussi : Rubrique internationale Ses erreurs vues par Allan Lichtman

Statistiques délinquance Hérault : La présentation des chiffres 2009 masque un certain embarras

Les vols à main armée en hausse de 33,7%

Unique femme sur les seize membres présents composant l’État major de la sécurité départemental, Guilaine Sévajol a dû se sentir un peu seule hier, à l’occasion de la présentation des chiffres 2009 de la délinquance départementale. La psychologue du commissariat de police de Montpellier intervient, hors cadre procédural, auprès de victimes en situation traumatique. Dans 60% des cas le soutien apporté fait suite à des violences faites aux femmes (21%) ou aux gardes à vue pour alcoolémie au volant (41%) .

A côté d’elle, sérieux comme des papes, les procureurs de la République de Montpellier et de Béziers et les responsables de la sécurité demeurent groupés autour du préfet Claude Baland. Période électorale oblige, la mise en avant de la politique de sécurité publique est un exercice incontournable et délicat où le consensus s’impose.

Malgré les priorités gouvernementales, la délinquance générale stagne (-0,13%) au niveau régional. Elle est réduite de 2,38% dans l’Hérault et progresse de 5,24% dans le Gard. Le bilan synthétique d’un peu plus d’une heure met l’accent sur une baisse de la délinquance de proximité (cambriolages, vols à la tire, destructions et dégradations diverses) de 2,23 % dans l’Hérault. On prend soin de s’attacher aux aspects positifs, comme le taux d’élucidation qui progresse de 7,21%, beaucoup plus qu’à leur réelle signification. On minimise en revanche l’augmentation des violences contre les personnes qui se poursuit (+3,44% après les 10,7% de 2008) liée, selon le chef de la sécurité publique, à des  » déclarations frauduleuses pour se faire rembourser un téléphone mobile.  » A noter l’évolution considérable des vols à mains armée (+33,73%) et des vols avec violence (+11,88%) dans lesquels le préfet voit sans rire une délinquance de substitution liée au progrès de l’industrie automobile en matière de sécurité contre le vol.

Reste la méthode, axe politique modulable à l’image des groupes de travail nommés par Brice Hortefeux où l’on passe indistinctement de commissions  » ordre, autorité, sécurité  » à  » construire un nouveau respect réciproque.  » « Il n’y a qu’une seule méthode, le 100 % respect réciproque », avait souligné il y a quatre mois le ministre de l’Intérieur, en présence de la secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara avant que celle-ci ne revienne à l’assainissement au Karsher.

A deux semaines des élections professionnelles, des syndicats de police dénoncent pour leur part l’impasse de la politique du chiffre et celle du résultat aujourd’hui sur la sellette faute de résultat justement.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique société les esclaves du capitalisme , rencontre avec  un superflic, Education nouvelle plainte des parents contre le fichier base élève, Justice droits de l’enfant en France, Affaire Villiers-le-Bel, Etude : la hausse de la délinquance des mineurs ne se confirme pas