Le gouvernement conservateur de droite hongrois a adopté dans la nuit de lundi à mardi une loi restrictive sur les médias. Une nouvelle instance contrôlera à partir de janvier aussi bien la radio-télévision publique que les médias privés. Cette atteinte à la liberté de la presse est le pire début possible pour la présidence hongroise de l’UE, estiment les commentateurs.
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Non à la banalisation de l’enfermement des enfants en centre de rétention!
Manifestation virtuelle
Grâce à vous, la dernière étape de la manif virtuelle à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre a contribué à sensibiliser les sénatrices et sénateurs sur le traitement des étrangers malades en France. En effet, le Sénat a d’abord rejeté la réforme de l’Aide Médicale d’État. Et même si cette réforme a finalement été adoptée par la commission mixte paritaire Assemblée nationale/Sénat, votre action a constitué un petit grain sable qui a fait gripper la machine.
Pour provoquer le débat, il nous faut donc continuer à alerter les sénateurs et sénatrices sur les dangers du projet de loi sur l’immigration. Aujourd’hui en France, des centaines d’enfants scolarisés sont arrêtés, enfermés et expulsés pour le seul fait d’avoir des parents en situation irrégulière. Avec la politique du chiffre actuellement menée par le gouvernement, le nombre d’enfants placés dans les centres de rétention a doublé en six ans, passant de 165 en 2004 à 318 en 2009. Pourtant un mineur étranger ne peut pas être reconduit à la frontière, et donc ne peut pas être enfermé en centre de rétention. En officialisant le placement d’enfants en centres de rétention, la nouvelle loi sur l’immigration banalise l’enfermement des mineurs en dépit des conventions internationales. Sans compter qu’avec l’allongement de la durée de rétention à 45 jours, ce projet de loi va aggraver les conséquences psychologiques de l’enfermement pour ces enfants. Comment accepter que des enfants, parce qu’étrangers, puissent être maltraités ?
Parce que nous nous opposons à l’enfermement des enfants en centre de rétention, nous demandons aux sénateurs et sénatrices de refuser ce projet de loi sur l’immigration qui le banalise.
Mobilisez vous en écrivant aux sénateurs !
Envoyez ce texte aux sénateurs et sénatrices qui enseignent ou ont enseigné dans des écoles primaires. Leurs élèves étrangers ne sont pas à l’abri de telles mesures. Vous pouvez aussi l’envoyer à votre sénateur ou sénatrice ainsi qu’à vos proches!
étape 1 > Ouvrez dans votre messagerie un courriel à l’attention des sénateurs et sénatrices concernés
étape 2 > Téléchargez la proposition de message type et copiez la dans le courriel
étape 4 > Envoyez votre courriel!
London Calling
De violents incidents — filmés en direct par les télévisions en continu — ont éclaté jeudi en milieu d’après-midi à Londres entre policiers et manifestants mobilisés contre la hausse des droits d’entrée à l’université, faisant plusieurs blessés de part et d’autres, selon les reporters de l’AFP et la police. Scotland Yard a annoncé dans un communiqué que deux officiers avaient été blessés, dont un grièvement au niveau de la nuque après avoir été frappé. Le deuxième homme appartenant à la police montée a été hospitalisé avec des blessures aux jambes. Selon des témoins, il est tombé de sa monture qui l’a piétiné, après une charge. Par ailleurs, plusieurs étudiants sont sortis d’échauffourées le visage ensanglanté, après une intervention des policiers armés de matraques qui tentaient d’empêcher les manifestants de gagner le Parlement où les députés débattaient d’un projet de loi sur les frais d’inscription à l’université.
« Fuck the police »
Avant d’être évacué pour subir des soins, Julyan Phillips, 23 ans, étudiant au Goldsmiths College de Londres, a déclaré à l’AFP, le crâne en sang: «J’étais sur la ligne de front, j’ai marché jusqu’au cordon de police, mains derrière le dos, pour leur expliquer que leur encerclement était amoral et inhumain». «Des types poussaient des barrières métalliques tout à côté, mais un policier a préféré me taper sur la tête», a-t-il ajouté. Des manifestants ont tenté en vain de renverser des barrières placées autour du Parlement. D’autres ont peint des slogans «policiers enc….» et «éducation pour les masses» sur la statue de l’ancien Premier ministre conservateur et chef de guerre Winston Churchill, située en face de la Chambre des Communes. Plusieurs fumigènes ont été lancés depuis les rangs des manifestants en direction de la police, qui avait du mal à contenir la foule. De nombreux étudiants brandissaient des pancartes demandant: «Supprimez les frais universitaires et les coupes budgétaires».
Mise en garde
Des milliers de personnes participaient à cette manifestation estudiantine, la quatrième organisée à Londres en un peu plus d’un mois. Les forces de l’ordre avaient mis en garde contre une répétition des violences survenues en marge de précédentes mobilisations estudiantines. Les députés doivent voter en fin d’après-midi le projet gouvernemental visant à relever le plafonnement des droits d’entrée à l’université, qui seraient portés d’ici 2012 de 3.290 livres (près de 4.000 euros) à 9.000 livres par an, «dans des circonstances exceptionnelles».
Les débats parlementaires étaient houleux, les libéraux-démocrates, partenaires clefs de la coalition gouvernementale aux côtés des conservateurs, faisant face à une rébellion de leur base.
AFP
Voir aussi : Rubrique Grande-Bretagne, les Britanniques à l’heure du travail forcé, les libéraux imposent une sévère cure d’austérité, rubrique UE, L’Europe doit écouter la rue, Les contribuables européens vont payer pour les banques irlandaises, rubrique Finance, la spéculation attaque l’Europe par le Sud,
Islam éthique et société
Conférence. Tariq Ramadan au multiplexe de Montpellier à l’invitation de L’Union des musulmans de l’Hérault.
Ambiance particulière hier au Gaumont Multiplexe où se croisent la ruée pour aller voir le dernier Harry Potter et le public venu assister à la journée de rencontres initiée par l’Union des musulmans de l’Hérault. « Notre objectif est de fédérer les musulmans de Montpellier et de l’Hérault au-delà de leur appartenance ethnique explique le coordinateur Abdelkader El Marraki de l’UOIF, un groupement d’associations locales et d’individus qui s’efforce d’incarner un islam civique et citoyen. « Dans un premier temps, la mairie nous avait accordé la Salle des Rencontres avant de nous proposer la salle G. de Nogaret mais 300 places, c’était trop petit pour faire entrer tout le monde. Nous avons finalement loué à nos frais une grande salle ici. » En fin de matinée près de 600 personnes étaient présentes dans le temple du pop-corn pour écouter la conférence de l’intellectuel Tariq Ramadan sur le thème : Ethique musulmane face aux défits de la société moderne.
Recherche de sens
S ‘adressant à la communauté musulmane, l’universitaire qui enseigne dans les plus prestigieuses universités internationales, demande à son public des efforts de concentration. Le téhologien contreversé envisage l’éthique comme un approfondissement de la foi. « L’éthique se comprend à la lumière du sens », ce qui signifie pour les musulmans « à la lumière de la révélation ». Durant 50 mn le conférencier s’efforce d’apporter des repères pour adapter les règles d’un comportement éthique au monde d’aujourd’hui « plus rapide et superficiel ». Il prône notamment une éthique de l’intérieur qui bouscule les dogmes pour allier les grands principes de l’islam à la vie intime et collective : favoriser le dialogue au sein de la cellule familiale, reconnaître le besoin d’écoute et d’amour des individus, protéger son intelligence en évitant les drogues et en favorisant l’accès à l’enseignement public des enfants sans distinction de genre, apporter une contribution musulmane au monde globale en militant pour un monde plus juste. Un discours de raison pas exempt de critiques à l’égard des musulmans : « Vous pouvez dire de Guantanamo c’est une honte mais 80% des pays à majorité musulmane pratiquent la torture (…) la dignité humaine ne doit pas s’appliquer en fonction du passeport (…) Il n’y a pas d’éthique à géométrie variable (…) soyez des sujets pas des consommateurs…
Devenir de l’Islam en France
Le discours semble visiblement assez loin de l’activisme des groupements radicaux mis en avant dans les masses médias qui cristallisent en France toutes les angoisses et les phobies, insécurité, mixité sociale, multiculturalisme, intégration de la Turquie dans l’UE… Reste les tensions liées à la perception de l’Islam par la société française. A commencer par la classe politique qui se voile souvent la face en se réfugiant derrière le principe de la laïcité. De vraies questions se posent, notamment à l’égard de la Charia, ensemble de lois doctrinales qui codifient à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociétales. L’heure semble plus que venue de quitter l’islamoscepticisme ambiant pour s’intéresser plus sérieusement aux opportunités de renouveau de cette religion dans la société française.
Jean-Marie Dinh
Commentaire : La publication de cet article dans l’Hérault du Jour a valu à son auteur une remontrance de sa direction.
Voir aussi : Rubrique Religion, rubrique société laïcité et république, rubrique livre diversité musulmane,
Le Sénat adopte d’extrême justesse la réforme territoriale
La gauche misait gros sur la colère des centristes, cela n’aura pas suffi. Le Sénat a adopté mardi d’extrême justesse le texte de compromis trouvé avec l’Assemblée nationale sur la réforme territoriale.
Il fallait 166 voix pour, il y en a eu 167. Une voix, qui sauve la mise au gouvernement, bien mal embarqué dans ce projet de loi.
A l’issue de nombreuses heures de négociations avec les sénateurs centristes dont les voix étaient nécessaires pour l’adoption du projet de loi, 167 sénateurs ont voté pour le compromis Assemblée-Sénat élaboré en Commission mixte paritaire (CMP), alors que la majorité absolue requise était de 166 voix. 163 ont voté contre et neuf se sont abstenus. C’est la plus faible majorité obtenue par un texte au Sénat depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.
En revanche, le compromis devrait être adopté sans difficulté le mardi 16 novembre à l’Assemblée nationale, où l’UMP est majoritaire.
En cas de rejet du texte par l’une des deux chambres, le gouvernement aurait dû demander une troisième lecture au Sénat puis à l’Assemblée, qui aurait alors eu le dernier mot. Une perspective qui déplaisait à de nombreux sénateurs, représentants des collectivités territoriales.
Allô, c’est Nicolas Sarkozy
L’objectif de faire adopter le texte, avant le congrès des maires de France (à la fin du mois), et en tous cas « avant la fin de l’année », caressé par Nicolas Sarkozy aurait alors été compromis en raison de l’encombrement du calendrier parlementaire. Le président, qui a lancé cette réforme il y plus de deux ans, a lui-même téléphoné pour convaincre plusieurs récalcitrants, ont indiqué des sénateurs centristes.
D’importants points de divergence subsistaient, entre les deux assemblées, avant la CMP, en particulier sur le mode de scrutin du futur conseiller territorial, au centre de la réforme. Il devrait siéger à la fois aux assemblées régionales et départementales à partir de 2014.
Avant le vote, le patron des sénateurs UMP Gérard Longuet a plaidé pour « que le Sénat garde la main sur la réforme des collectivités » en adoptant les conclusions de la CMP.
Hervé Maurey (Union centriste, Nouveau Centre) a justifié son abstention estimant que « l’Assemblée avait fait table rase du travail du Sénat ».
« Il n’est pas question pour moi que je vote le texte » qui « a été pourri par des arrières pensées électoralistes », a lancé le non-inscrit Jean-Louis Masson. « Je partage tout à fait l’opinion de l’ex Premier ministre Dominique de Villepin sur Nicolas Sarkozy ».
L’Expresse et AFP
Voir aussi : Rubrique Politique France, Un train de réforme peut en cacher un autre, Politique culturelle, Garder des forces,




