Kourmanbek Bakiev : « Aucun pouvoir ne peut m’arrêter »

 Bakiev Kourmanbek mercredi 21 avril, à Minsk.

Le président déchu du Kirghizistan, Kourmanbek Bakiev, réfugié en Biélorussie, a affirmé mercredi 21 avril être toujours le chef d’Etat de ce pays stratégique d’Asie centrale. Le gouvernement kirghize intérimaire réclame pour sa part l’extradition de ce « criminel » et de ce « sadique ».

Arrivé sous bonne escorte au siège de la Communauté des Etats indépendants (ex-URSS moins les Etats baltes et la Géorgie), à Minsk, sa terre d’exil, Kourmanbek Bakiev a lu un communiqué dans lequel il s’est posé en dirigeant de son pays. « Moi, Kourmanbek Bakiev, je suis le président élu du Kirghizistan et reconnu par la communauté internationale. Je ne reconnais pas ma démission. J’ai été élu président (…) et aucun pouvoir ne peut m’arrêter. Seule la mort peut m’arrêter. »

« DES BANDITS TENTENT DE S’EMPARER DU POUVOIR »

Kourmanbek Bakiev a été renversé au début du mois par un soulèvement populaire sanglant à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, à l’issue duquel l’opposition s’est emparée du pouvoir. Il s’était envolé le 15 avril du Kirghizistan pour le Kazakhstan voisin, remettant sa démission après des négociations coordonnées par la Russie et les Etats-Unis, les deux puissances qui disposent de bases militaires sur le sol kirghiz. Puis il a rejoint la Biélorussie, lundi 19 avril.

M. Bakiev n’a pas mâché ses mots à l’égard du gouvernement intérimaire, formé à la suite des affrontements sanglants du 7 avril entre manifestants de l’opposition et policiers, qui ont fait quatre-vingt-cinq morts. « Tout le monde doit savoir que les bandits qui tentent de s’emparer du pouvoir sont les exécutants d’une force extérieure et n’ont aucune légitimité », a-t-il lancé, sans pour autant préciser ses accusations sur l’identité de la puissance étrangère.

LE POIDS DE LA RUSSIE

Certains analystes estiment que la Russie soutenait en sous-main l’opposition à M. Bakiev, ce dernier étant revenu sur une promesse de fermer la base aérienne américaine, près de Bichkek, qui est essentielle au déploiement des troupes en Afghanistan. Moscou s’est d’ailleurs empressé d’établir des relations avec le gouvernement provisoire, débloquant une aide financière de 50 millions de dollars, sous forme de crédit et de don à cette ancienne république soviétique au bord de la ruine.

Les autorités kirghizes, qui accusent M. Bakiev de corruption, de népotisme, et d’avoir approuvé l’usage des armes contre les manifestants de l’opposition, ont pour leur part prévenu qu’elles allaient demander l’extradition du président déchu. « Tous ceux qui ont souffert pensent qu’il ne peut y avoir de refuge nulle part au monde pour ce sadique. Ce criminel doit être extradé vers notre pays », a ainsi lancé mardi la chef du gouvernement provisoire, Rosa Otounbaïeva, s’adressant à des journalistes.

Le Monde fr et AFP 21/04/10

Manifestation contre la corruption du régime du président Kourmanbek Bakiev

Quelque 3 000 partisans de l’opposition du Kirghizistan ont manifesté mercredi 17 mars à Bichkek pour protester contre la corruption du régime du président Kourmanbek Bakiev et les pressions dont sont victimes les médias indépendants et opposants, a constaté sur place une journaliste de l’AFP.

Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Bakiev, cesse de voler ton peuple » ou encore « Liberté pour Ismaïl Issakov« , un ex-ministre de la défense passé à l’opposition et condamné en janvier à huit ans de prison. Les protestataires ont aussi crié des slogans de soutien à la radio en langue kirghize de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), qui est privée d’antenne depuis plusieurs jours. « Il faut créer des organes parallèles à ceux du pouvoir et avoir pour but de prendre le pouvoir », a déclaré devant les manifestants Omourbek Tekebaïev, un des dirigeants de l’opposition.

Kourmanbek Bakiev est arrivé au pouvoir en mars 2005 à l’issue d’une révolution émaillée de violences, promettant de démocratiser le Kirghizistan. Mais depuis, la plupart de ses compagnons de route ont rejoint l’opposition, accusant le président de corruption et de dérive autoritaire. Les militants des droits de l’homme sont de plus en plus critiques du régime, notamment en raison de la multiplication des attaques contre les journalistes et des poursuites judiciaires contre les opposants.

AFP 17/03/10


Le coup d’Etat au Kirghizistan montre la tragédie de l’Asie centrale

Après de violents affrontements, l’opposition a renversé le gouvernement au Kirghizistan. C’est le signe général de la mauvaise gestion et de la répression dans les pays d’Asie centrale que sont le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan, estime le quotidien The Times : « Les cinq pays, qui formaient autrefois le bas ventre musulman prospère et relativement stable de l’Union soviétique, affichent depuis leur indépendance un bilan misérable : régimes autoritaires, stagnation économique, violations des droits de l’homme et instabilité. … L’Asie centrale est une région immense, stratégiquement importante et potentiellement très riche. Les cinq nations disposent d’énormes ressources, très demandées en Chine, leur voisin oriental, et dans le sous-continent. Aucune d’entre elles n’a pourtant compris qu’un minimum de bonne gestion, de cohésion sociale et de tolérance politique sont nécessaires afin d’attirer les investissements étrangers. Le Kirghizistan est seulement l’exemple le plus récent de cette tragédie post-soviétique. »

The Time 08/04/10

Voir aussi : Rubrique Asie centrale: Bichkek promet une enquête sur le déclenchement des violence au Kirghizistan, Kirghizistan l’armée mobilisée,


Mémoires combattantes

Livre document. Témoignages de résistant(e)s de l’Hérault et de la région recueilli par François Berriot.

resistance-zone-sudL’universitaire montpelliérain François Berriot vient de publier aux éditions de l’Harmattan La France Libre, la résistance et la déportation (Hérault, Zone Sud). Ce livre constitué de vingt-quatre témoignages d’hommes et de femmes qui furent des acteurs de la Résistance dans notre région a été réalisé avec le soutien du Centre régional d’Histoire de la Résistance et de la Déportation basé à Castelnau-le-lez.

En zone Sud, la Région 3 regroupe l’Aude, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales. La naissance des maquis, à partir du printemps 1943, répond à des contingences topographiques et sécuritaires, délaissant la plaine côtière et la frontière espagnole au profit de l’arrière-pays. Mais les actes de résistance débutent bien en amont. L’ouvrage met notamment en exergue comment le combat contre l’occupant s’est nourri ici de l’expérience des Républicains espagnols. Comme le démontre le témoignage de Candido Lopez, en charge du dynamitage des trains entre Mireval et Frontignan qui débute dans le village espagnol de Prahua dès 1934 et passe par les conditions lamentables du camp d’Argelès.  » Le 28 février 1939, nous arrivons à la frontière épuisés. Un autre cauchemar nous attend en France. « 

Beaucoup de jeunes combattants rejoignent la résistance pour échapper à la mobilisation des travailleurs français requis pour le S.T.O afin de travailler pour le Reich. Jean Soto de Paulhan, évoque, lui, son expérience au sein des  » Groupe Francs « , puis des M.U.R (Mouvement unis de Résistance) et les contacts avec le Maquis de Bir Hakeim qui se déplace dans le Languedoc-Roussillon et le Sud Ouest.

On survole les techniques de guérilla adoptées, ponctuelles et diffuses. On mesure la volonté d’action de la jeunesse comme l’incertitude liée à la particularité des luttes qui contournent l’affrontement direct avec l’ennemi.  » Ce livre se veut uniquement un recueil de témoignages, confié par l’écrit ou, ce qui est encore plus émouvant, par la parole orale, précise François Berriot dans la préface, il ne prétend ni à l’exhaustivité ni au réalisme historique. « 

Il est peu question de l’aide fluctuante des Alliés et des choix politiques qui ont joué sur la nature et l’activité de ces maquis. La force de ce recueil vient de l’expérience humaine vécue. De la détermination profonde que le lecteur saisit entre les lignes du récit. Une force qui contribua à la libération du territoire particulièrement violente autour de la capitale régionale. Le livre participe à la construction d’une mémoire combattante, mémoire collective en lien avec le passé des hommes et des femmes, complémentaire à la version historique.

Jean-Marie Dinh

La France libre résistance et la déportation  (Hérault zone Sud) Editions de l’Harmattan

Voir aussi : Rubrique livre La  marche écrivains,

 

Meurtre de Terrre’Blanche

Le leader d'extrême droite sud-africain Eugene Terre'Blanche, le 11 juin 2004 à sa sortie de prison à Potchefstroom (AFP Alexander Joe)

Sa milice de protection, armée jusqu’aux dents et joignable 24 heures sur 24 par SMS, n’aura pas eu le temps de le sauver. Le leader extrémiste afrikaner Eugène Terre’Blanche a été assassiné samedi, dans sa ferme, par deux de ses ouvriers agricoles.

Les circonstances du meurtre sont encore floues. Les deux employés, âgés de 16 et 21 ans, ont eux-mêmes appelé la police après avoir roué le fermier de coups et clament la «légitime défense». Ils affirment que le drame est parti d’une bagarre et que leur patron, «un homme mauvais», ne voulait pas leur verser leur salaire de mars, soit 300 rands (30 euros) chacun. En Afrique du Sud, le salaire minimum légal est de 1 600 rands mensuels (160 euros). Ils ont confié à la police qu’Eugène Terre’Blanche les «abusait physiquement et verbalement».

«guerre froide». Président de l’AWB (Mouvement de résistance afrikaner), Eugène Terre’Blanche prônait la supériorité «génétique» de la «race» blanche sur les Noirs. Il se battait depuis la fin de l’apartheid contre «le joug de la suprématie noire», et réclamait un Etat indépendant afrikaner au sein du territoire sud-africain, sous la protection de Dieu et de la loi internationale qui défend le «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes». Dans une récente interview accordée à un journal local, il avait affirmé qu’il était dans son droit «de se séparer d’une nation rongée par le crime, la mort, le meurtre, le viol, le mensonge et la fraude». Antidémocrate, Eugène Terre’Blanche ne s’est jamais présenté à une élection, mais avait monté un dossier pour le présenter aux Nations unies. Si le monde ne lui accordait pas le droit de fonder son propre Etat, l’AWB avait promis de prendre les armes.

Aujourd’hui, l’AWB compterait 5 000 membres, même si ce chiffre est invérifiable. Il n’existe aucun recensement : «C’est stratégique, avait expliqué Terre’Blanche. On ne donne pas le nombre et l’identité de ses espions quand on mène une guerre froide.» Mais la menace n’a jamais vraiment été prise au sérieux. L’AWB, le mouvement qu’il a créé avec quatre amis en 1973, en plein apartheid, s’inspire du parti nazi, et ses membres arborent fièrement des bannières noir et rouge ornées d’un svastika, qui rappelle sans conteste la croix gammée. Ils ont toujours pensé que le régime d’apartheid n’était pas assez radical et que les leaders afrikaners ont «vendu» le pays de leurs ancêtres à des Noirs corrompus.

En 2001, Terre’Blanche est condamné à six ans de prison pour l’agression d’un pompiste noir, puis pour la tentative de meurtre d’un de ses anciens ouvriers agricoles. Finalement, il ne reste que trois ans sous les verrous. A sa libération, le mouvement a perdu de son éclat, et Eugène Terre’Blanche de son aura.

L’année dernière, on a cru à une renaissance de la formation. Le leader avait rassemblé plus de 300 personnes pour fêter la bataille des Afrikaners contre le peuple Matabele en 1836. Armés de fusils et de leur Bible, les membres de l’AWB se sont rappelés avec nostalgie l’époque du Grand Trek, lorsque les premiers Afrikaners ont conquis les terres d’Afrique du Sud, promises par Dieu. Eddie Von Maltitz, ami de Terre’Blanche, était présent au meeting. Selon lui, «Eugène Terre’Blanche était un homme bon. Les Noirs l’aimaient et il aimait les Noirs. Mais il est prouvé que leur ADN est moins développé. Ils détruisent tout ce qui est bon pour eux.»

fermiers. La mort de Terre’Blanche pourrait relever du simple fait divers, comme il s’en passe tant d’autres dans les campagnes sud-africaines… Mais, à deux mois de la Coupe du monde de football et quelques semaines après les provocations répétées de Julius Malema, président du mouvement de jeunesse de l’ANC, le parti au pouvoir, beaucoup de Sud-Africains y voient plutôt la montée en puissance d’un racisme anti-Blanc… et, pourquoi pas, un meurtre politique. Malema chantait lors de son dernier meeting «tuez les Boers, tuez les fermiers blancs, car ce sont des violeurs». Les Blancs ne peuvent s’empêcher de s’identifier à leurs voisins zimbabwéens. En 2000, le président Mugabe avait lancé une réforme agraire pour expulser tous les fermiers blancs du pays. Sur 4 000 fermiers, il n’en reste plus que 300.

Malema est justement au Zimbabwe en voyage officiel ce week-end. Vêtu d’une chemise bariolée à l’effigie du dictateur de 86 ans, il a célébré le «courage et la détermination» de Robert Mugabe face aux «impérialistes». Dans une ultime provocation, Julius Malema a réentonné son chant de la discorde devant 2 000 supporteurs en furie, samedi après-midi, à l’heure même où Terre’Blanche était tué : «Tuez les Boers, tuez les fermiers blancs, car ce sont des violeurs.» Avant de reprendre :«Apportez-moi ma mitraillette.»

Les deux ouvriers agricoles accusés du meurtre du néonazi sud-africain Eugène Terre’Blanche plaideront la légitime défense après une agression sexuelle, rapporte la presse dominicale en citant un des avocats de la défense.

«Selon mon client, il y a eu une sorte de sodomie et c’est ce qui a déclenché le meurtre de M. Terre’Blanche. Ce sera un des éléments de notre défense pendant le procès», a déclaré Me Puna Moroko à l’hebdomadaire Sunday Times.

Défenseur de la suprématie blanche, Eugène Terre’Blanche a été battu à mort le 3 avril à l’âge de 69 ans. Il a été retrouvé sur son lit, le pantalon baissé au niveau des genoux, selon le procureur.

Deux de ses ouvriers agricoles, Chris Mahlangu âgé de 28 ans et un mineur de 15 ans, s’étaient immédiatement rendus à la police. Ils ont été inculpés mardi de meurtre, effraction, tentative de vol et atteinte à la dignité de la victime.

Jusqu’à présent, la presse rapportait que le motif du meurtre était pécuniaire et portait sur un salaire impayé. Eugène Terre’Blanche a essayé de faire boire les deux hommes avant d’agresser sexuellement «un ou les deux», selon la version de Me Moroko, qui défend Chris Malhangu.

Son collègue Zola Majavu, avocat du mineur, a refusé d’entrer dans les détails. «Quelque chose de choquant a eu lieu le jour du crime. Je révèlerai ce que mon client m’a confié pendant le procès», a-t-il dit au journal. Mon client «a subi tous les tests nécessaires pour soutenir mes arguments», a-t-il ajouté.

Les deux hommes doivent comparaître mercredi devant le tribunal de Ventersdorp (nord-ouest) pour une audience de procédure au cours de laquelle ils pourront demander une remise en liberté sous caution. Le meurtre d’Eugène Terre’Blanche a ravivé les tensions raciales en Afrique du Sud, où la couleur de la peau reste facteur de divisions seize ans après la chute de l’apartheid.

 AFP

Voir aussi : rubrique Afrique du Sud, Fils de colons , Rencontre Steven CohenLa revanche raciale

La reconstruction de la Bosnie, objet d’un prochain forum à Sarajevo

L’émergence d’une société civile commune aux différentes ethnies en Bosnie-Herzégovine favoriserait la reconstruction et le développement du pays, selon plusieurs associations organisatrices d’un forum sur le sujet à Sarajevo pendant trois jours à partir du 14 avril.

Sarajevo

Sarajevo

Depuis la fin de la guerre de Bosnie en 1996, « la société civile est plus importante et se fait mieux entendre » a déclaré Srdjan Dizdarevic, ancien président du Comité Helsinki pour les Droits de l’homme, en présentant ce colloque jeudi à Paris. Selon lui, l’émergence de la société civile se manifeste notamment dans les mouvements de jeunes bosniens se disant « anarchiques ». Ces groupes n’ont pas de structure classique (sous forme de parti politique par exemple) mais ils sont très dynamiques. Début 2008, plusieurs milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs semaines dans les rues de Sarajevo pour protester contre l’immobilisme du gouvernement sur les violences interethniques.     La situation sociale reste fragile et les revendications sont nombreuses. « Le pays est aujourd’hui à 60 ou 70 % du développement d’avant-guerre. Il reste très bureaucratisé avec 40 % de pauvres ». Selon Srdjan Dizdarevic, « le pouvoir se refuse à tout dialogue, en essayant parfois même de corrompre ces réseaux ».

Julie Biro, membre du Comité d’action contre la faim et pour le développement (CCFD Terre solidaire), a insisté sur la responsabilité de l’Union européenne dans le développement du pays. Or, l’UE ne soutient pas le forum de manière officielle. « L’Europe ne va pas au-delà du discours nationaliste des dirigeants. Elle n’est pas attentive à cette expression d’une alternative possible au sein de la société civile ».
Pourtant, l’adhésion à l’UE serait « extrêmement bénéfique » pour la Bosnie : « Une identité européenne permettrait de gommer certains antagonismes et de diminuer les rivalités entre ethnies, a expliqué Srdjan Dizdarevic. L’harmonisation passera par Bruxelles et non par Sarajevo. Selon les sondages, 76 à 82 % de la population est favorable à l’adhésion, a-t-il rappelé.

AFP 08 04 10

Le directeur général de la gendarmerie est remplacé brutalement

drapeau-du-gignSurprise dans la Gendarmerie nationale : son directeur général (DGGN) Roland Gilles est remercié ! Le conseil des ministres de ce matin a en effet décidé de remplacer le général Gilles, nommé en juin 2008, par son numéro 2, le général Jacques Mignaux, qui était jusqu’à présent major général. La passation devrait avoir lieu avant la fin du mois.

Selon nos informations, Roland Gilles devrait être nommé ambassadeur en Bosnie, ce qui s’apparente à un lot de consolation. Le général Gilles a eu la lourde tâche de piloter concrètement le rattachement de l’Arme au ministère de l’Intérieur, une réforme mal vécue en interne. Sur le plan des textes, le processus est achevé. Il pouvait passer la main et s’attendait d’ailleurs à le faire à l’été. La méthode employée par l’Elysée est pourtant d’une grande brutalité.

Selon nos informations, la décision a été prise durant le weekend et le général Gilles en a été officiellement informé hier à peu avant 17 heures ! Il ne faut sans doute pas surestimer l’importance de l’affaire Matelly dans cette décision. Certes, la grogne de la base gendarmique n’a pas arrangé la situation. Le poème antisarkosyste d’un adjudant-chef, comme le détournement du film La chute où le président de la République est comparé à Hitler n’a sans doute pas été apprécié avec tout l’humour nécessaire…

Dans cette période difficile pour elle, le général Gilles a défendu sa maison et cela ne lui a pas valu que des amis dans les cercles policiers très influents en haut lieu. Aucun fait particulier ne lui est reproché. Son successeur, Jacques Mignaux, a, lui, été , membre du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.

Mignaux sera-t-il le dernier général nommé DGGN ? Il y a quelques semaines, un grand responsable policier proche de l’Elysée le disait – estimant que les suivants seraient des préfets.

Voir aussi : Rubrique société rencontre avec  un superflic, délinquance  l’embarras des chiffres, Education nouvelle plainte des parents contre le fichier base élève, Justice droits de l’enfant en France, Affaire Villiers-le-Bel, la hausse de la délinquance des mineurs ne se confirme pas